Centre médico-psychologique et hôpital de jour Joséphine Baker

24 rue des Chalonnières, 44400 Rezé

143

Programme

Reconstruction d’un Centre Médico-Psychologique de quatre unités infanto juvéniles et d’un hôpital de jour avec jardin et parking.

Concepteurs

  • a+ samueldelmas architectes (architecte mandataire)

Commune

  • Rezé

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • CH Georges Daumézon

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2025

Surface(s)

SDP : 1500 m2 SU : 1380 m2

Coûts

4,4 M € HT (Juin 2021)

Documents

Concevoir un lieu de soins psychiatrique pour enfants est un exercice aussi délicat qu’essentiel, tant les enjeux sont importants. Convaincues que l’architecture joue un rôle dans le processus thérapeutique, maîtrise d’ouvrage et maîtrise d’œuvre ont imaginé un havre paisible, entouré de nature garantissant à la fois l’accueil, la protection et la prise en charge adaptée des enfants afin de les accompagner au mieux dans leurs parcours.

Un écrin protecteur
Le Centre Médico-Psychologique et hôpital de jour Joséphine Baker présente un plan masse clair et lisible. La voiture est limitée à l’axe d’arrivée, dans un stationnement paysagé et arboré permettant de le fragmenter et d’en réduire sa perception. Le reste de la parcelle est ainsi entièrement dédiée au programme, sans perte de surface en circulation automobile.

Compact et rationnel, le bâtiment s’insère avec délicatesse dans son environnement en s’appuyant sur l’une des seules véritables qualités du site : sa végétation. Il conserve ainsi tous les arbres du site, qui forment un cocon ombragé.

En se développant latéralement au parking, jusqu’aux limites séparatives, le bâtiment fait écran, développe et protège un espace intime pour les enfants, tourné vers les arbres et la végétation du cœur d’îlot. Sa volumétrie simple et rigoureuse, sous un grand toit unitaire et protecteur, apporte une échelle domestique et rassurante au bâtiment.

Une architecture des cinq sens
Le programme s’organise autour d’un patio central, cœur lumineux d’un dispositif ouvert. Les jeux de transparences, d’ouvertures et de percées visuelles permettent aux enfants de s’orienter aisément et de s’approprier le bâtiment. Celui-ci s’apparente à une grande maison, aux ambiances calmes et familières.

La circulation fluide et sans recoin, forme une boucle sans impasse, favorisant les rencontres et les échanges dans des espaces informels et lumineux.

Les intérieurs, chaleureux et apaisant sont centrés sur le bien-être des enfants, tout en préservant l’intimité et la concentration nécessaires aux soins. L’environnement s’adapte aux spécificités des troubles pris en charge : absence de couleurs vives, homogénéité des sols, qualité acoustique et lisibilité des parcours. Le bois et la végétation, partout visibles, sont sources de biophilie. L’organisation générale s’inspire notamment des principes du Tao en feng shui. Les cours – jardins généreuses et paysagées avec soin, amènent de la fraîcheur.

Une construction biosourcée et durable
Une attention particulière est portée au choix et à la mise en œuvre de matériaux biosourcés et pérennes : charpente bois apparente, bio-brique de terre cuite, isolant biosourcé et enduit naturel à la chaux. Cette démarche s’accompagne d’une réflexion sur les coûts d’exploitation et d’entretien. Les menuiseries bois-aluminium, formant de grands châssis toute hauteur disposés en quinconce, rythment les façades.

Une structure flexible et évolutive
L’organisation rationnelle du bâtiment, et le principe de structure – un plan libre poteaux-poutres – garantissent une grande modularité, flexibilité et une évolutivité. Cette approche permet d’anticiper différentes configurations des espaces intérieurs ainsi que l’évolution des pratiques thérapeutiques ou des capacités d’accueil. Le plan intègre également la possibilité d’extensions futures.

Sobriété & bien-être
Par l’optimisation de ses géométries, le projet affirme une écriture simple et rationnelle, économique et pertinente. Cette sobriété permet ainsi de concentrer les efforts, et les moyens, sur les qualités spatiales intérieures et les ambiances, pour proposer un lieu apaisé et adapté au soins des enfants.


Label(s) obtenu(s) : Biosourcé niveau 3
E2C1

Informations complémentaires :
Type de marché : concours public restreint

Bureau(x) d’études : AR-C (structure), Barbanel (fluides, thermique, HQE), Alhyange (acoustique), Ateve (VRD), CMB (économiste, OPC)
Photographe : Thibaut Voisin

Extension d’Algosolis

Rue du campus, 44600 Saint-Nazaire

96

Programme

Extension de la partie tertiaire d’Algosolis, plateforme de recherche sur les micro-algues.
Hall d’accueil, salle de réunion, bureaux
Restructuration d’une partie du bâtiment existant

Concepteurs

  • Vendredi Architecture & Urbanisme (mandataires)

Commune

  • Saint-Nazaire

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Université de Nantes

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2023

Surface(s)

101m² SU neuve50m² de SU restructurée dans le bâtiment existant

Coûts

316 000€ HT

Documents

La plateforme de recherche en microalgues Algosolis est construite en 2015 dans le quartier Gavy, à deux pas de la plage de Trebezy. Elle est pilotée par l’Université de Nantes et opérée par le laboratoire GEPEA (Génie des Procédés Environnement – Agroalimentaire). Elle offre l’infrastructure et les équipements nécessaires aux études visant l’exploitation contrôlée, intensifiée et durable de la ressource microalgue à grande échelle. En 2019, l’Université lance un concours en vue de concevoir une extension capable de recevoir un véritable hall d’accueil, un espace de réunion et des bureaux supplémentaires.

Notre proposition est un volume simple qui développe les surfaces utiles sur deux niveaux et s’étire en hauteur afin de proposer une émergence visible de loin, dès l’arrivée sur le boulevard de l’Université. Cette hauteur accrue offre un troisième plateau accessible, jardin sur le toit, venant restituer en hauteur l’espace perdu au sol. Cette terrasse jardin, traitée en pergola, ajoute au programme un espace de convivialité en lien avec l’océan tout proche, ressource originelle de la plateforme. C’est encore un volume capable, permettant d’envisager à nouveau une extension de la plateforme.

Cette visibilité depuis le domaine public participe au rayonnement et à l’image de marque de la plateforme. A l’aube comme au crépuscule, le volume suspendu et ajouré se tamise de lumières filtrées, projetant sur ses rives un halo lumineux, en écho aux micro-algues fluorescentes.

Le confort et l’aménité des lieux est une priorité. Les espaces de bureaux profitent de la lumière naturelle, tout en bénéficiant du confort d’été : triple orientation pour assurer une ventilation naturelle, brise-soleil et rideaux intérieurs pour contrôler les apports solaires.

Cette extension, vitrine d’Algosolis, est conçue de la manière la plus vertueuse possible sur le plan environnemental : emprise au sol réduite, fonctionnement bioclimatique, recours à un maximum de matériaux biosourcés. Sur des fondations et un soubassement en béton, la structure est entièrement construite en bois : murs, planchers, toit terrasse et pergola. A l’intérieur, meubles intégrés en bois, linoléum et peinture aux algues renforcent la démarche bas carbone. Une démarche de réemploi a été menée avec le déplacement de portes et fenêtres du bâtiment existant et l’utilisation de matériaux de réemploi pour les aménagements intérieurs (placards, étagères).


Label(s) obtenu(s) : Biosourcé Niveau 3

Informations complémentaires :
Intervention en site occupé

Bureau(x) d’études : ECMS (économie), ALS (Structure), Kypseli (Fluides), Log (Acoustique)
Photographe : François Dantart

EPF Engeneering School

5 Esp. Germaine Tillon, 44600 Saint-Nazaire

99

Programme

Ecole d’ingénieurs avec administration, salles d’enseignement, vie étudiante, Atrium, Amphithéatre (90 places), Lab et plateforme technologique.

Concepteurs

  • GCC (entreprise générale mandataire) - MAGNUM architectes

Commune

  • Saint-Nazaire

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • SCI EPF Patrimoine

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2025

Surface(s)

3 450 m² SP

Coûts

8 500 000 € (2025)

Documents

Critère 1 — Une exigence portée conjointement entre maîtrise d’ouvrage et maîtrise d’œuvre, où le dialogue de projet élève le niveau d’ambition

Le projet du campus EPF est né d’un dialogue engagé dès les phases esquisse et avant-projet sommaire. Ce temps d’échange approfondi entre maîtrise d’ouvrage, entreprise mandataire, maîtrise d’œuvre et futurs usagers a permis de dépasser une simple réponse programmatique pour construire une vision commune du projet et de son ambition.
La confiance instaurée au cours de ce processus a favorisé une véritable émulation collective autour de l’identité pédagogique et des valeurs portées par l’EPF. La compréhension fine des modes d’enseignement, des enjeux d’innovation et de la volonté de faire du campus un support démonstrateur des transitions environnementales a nourri les choix architecturaux, constructifs et spatiaux du projet.
Le dialogue itératif mis en place avec la maîtrise d’ouvrage a permis d’affiner progressivement les usages, les matérialités, les volumes et l’évolutivité du bâtiment afin de proposer un équipement à la fois robuste, pédagogique et évolutif.
Cette démarche commune se traduit notamment par une trame constructive rationnelle et favorable à l’évolutivité, l’utilisation conjointe de matériaux biosourcés et minéraux, les façades à ossature bois, ainsi que l’intégration d’un mur trombe en terre participant à la fois au confort thermique, à l’inertie du bâtiment et à la dimension pédagogique du campus.
Au-delà de la seule performance technique, le projet affirme ainsi une ambition partagée : faire du bâtiment un véritable outil d’apprentissage, capable d’incarner concrètement les valeurs d’innovation, de sobriété et de responsabilité environnementale portées par l’école.

Critère 2 — Une approche attentive aux ressources et aux contextes, proposant des réponses adaptées aux enjeux environnementaux contemporains

Le projet du nouveau campus EPF s’est inscrit en lieu et place d’un parking imperméable libre de toute construction au sein du quartier de l’ancienne base sous-marine dans le port de Saint-Nazaire. L’école jouxte l’ancienne gare récemment réhabilitée et reconvertie ainsi que le théâtre Simone Veil. Elle amorce le développement et la redynamisation du quartier initié avec l’étude urbaine de l’agence ANMA.
Le projet EPF est conçu avec une volumétrie simple, compacte et fonctionnelle, cherchant à s’intégrer harmonieusement à son environnement.
Partant d’un volume maximum à R+4, le projet se déhanche, en fonction des orientations, des accès, et de son organisation. Dans la filiation de la fiche de lot, le bâtiment propose un épannelage progressif allant de R+2 au Sud jusqu’à R+4 au Nord.
La façade principale, située à l’Ouest présente un débord de protection solaire à partir du R+1, qui rappelle l’ancien auvent de la gare des voyageurs. La marquise béton se dilate au niveau du hall d’accès du bâtiment et guide les visiteurs vers le hall d’entrée central. Cette façade offre un accès sécurisé et abrité, distinct des flux logistiques situés au Nord-Est et au Sud-Est.
L’enveloppe du bâtiment est constituée de façades en ossature bois et de menuiseries tramées, qui permettent une interaction entre l’intérieur et l’extérieur. La transparence du bâtiment offre une vue sur l’activité et la vie intérieure, selon le plan et les orientations.
Des modénatures bois verticales et horizontales en saillie participent à la protection solaire passive tout en répartissant les pleins et les vides.

Critère 3 — Une conception répondant aux usages actuels, tout en anticipant les évolutions à venir

L’organisation du bâtiment en plan et en coupe est dictée par un objectif de clarté dans la disposition des fonctions, et de rationalité des systèmes techniques.
Cette grande lisibilité est intensifiée par :
– L’intégration d’une « saillie repère » sur la façade ouest signalant l’accès et y accompagnant les visiteurs avec la marquise en béton et la protection solaire.
– Un Atrium central révélant la coupe du bâtiment et donnant immédiatement à lire les diverses fonctions de manière intuitive.
– Un dispositif efficace et limpide de circulations verticales et horizontales.
– Une répartition de chaque pôle du projet (Enseignements, administratif, vie étudiante, locaux techniques, …) dans des formes simples pour une appréhension logique des espaces. — Une diffusion dans les étages des bureaux d’enseignement a été imaginé avec l’EPF pour une plus grande agilité dans les échanges quotidiens.

Tramé, le bâtiment se développe sur 4 niveaux (R+3 & attique) présentant un système de plan similaire tout en respectant les spécificités fonctionnelles de chaque pôle.
Ce système de plan est structuré à chaque niveau, par une large circulation horizontale Nord- Sud naturellement éclairées, connectée aux espaces extérieurs, et deux blocs de distributions verticales.
Le toit a une place prédominante dans ce projet. Le projet, par sa forme, crée des vides contenus (Atrium), des échancrures vers la ville et le ciel (les terrasses et loggias) qui sont autant d’espaces partagés, mutualisés, ou supports d’applications pédagogiques, comme la terrasse à R+4.

Trame structurelle : un atout du projet

Notre projet revendique l’usage d’une trame structurelle, omniprésente et identitaire des façades.
Cette trame est une composante importante dans l’écriture architecturale du projet, mais surtout, elle garantit une efficacité structurelle et une excellente modularité des locaux. Elle permettra notamment d’appréhender les ajustements du projet avec simplicité.

Critère 4 — Une recherche sensible de qualité architecturale et paysagère, alliant audace et intégration

Les espaces extérieurs de pleine terre sont composés d’espaces engazonnés, de haies, de massifs plantés, d’arbustes ainsi que d’arbres de moyennes et hautes tiges venant structurer les abords du projet. Cette trame végétale participe à la requalification d’un site aujourd’hui très imperméabilisé, tout en recréant des espaces de respiration et des continuités paysagères. Les essences retenues sont adaptées au climat océanique et au caractère exposé du site.

Les terrasses paysagées prolongent cette ambition en offrant des usages extérieurs qualitatifs et largement végétalisés.

« des matériaux vertueux pour une satisfaction durable ». Cette ambition guide notre approche à toutes les échelles du projet, de la volumétrie aux détails constructifs.
Le bâtiment repose sur une structure béton associée à des façades à ossature bois (FOB), conciliant robustesse, modularité et performance environnementale. Les menuiseries aluminium laquées et le parement minéral Caréa participent à une écriture architecturale sobre, pérenne et contemporaine. La qualité des matériaux et le soin apporté à leur mise en œuvre garantissent une excellente durabilité ainsi qu’un faible coût d’entretien, dans une logique de développement durable et de maîtrise du cycle de vie du bâtiment.

En cohérence avec la pédagogie du Campus tournée vers l’ingénierie des transitions, le projet intègre également une dimension géosourcée avec la création d’un mur Trombe en terre crue issue d’extractions locales, intégré à une salle de réunion. Véritable dispositif passif de régulation thermique, il constitue également un support pédagogique valorisant les ressources et savoir-faire du territoire.


Bureau(x) d’études : CAIRN (TCE) – ASCIA (structure et économie) – Inddigo (Développement Durable) – Alhyange (Acoustique) – Ingetel (Réseaux)
Photographe : Juan Cardona

Rénovation énergétique, et restructuration extension du Collège public René Guy Cadou de 34 divisions (1200 élèves)

185 boulevard René-Guy Cadou, 44150 Ancenis

98

Programme

Réhabilitation – Restructuration et extension de locaux, et rénovation énergétique globale – 34 divisions d'enseignement général, 1 SEGPA, 1 demi-pension et 4 logements de fonction. Aménagement intérieur et extérieur cours et préau. Travaux réalisés en site occupé urbain avec cohabitation des élèves, trois phases de chantier, installation de salles de classe préfabriquées type modulaires bois pour permettre le phasage. Gestion des modulaires pendant la durée du chantier. Restructuration et réorganisation des flux. Rénovation énergétique du bâtiment, traitement des façades par structure ossature bois rapportée, isolation par l'extérieur et habillage bardage métallique. Préfabrication de l’ensemble. Rénovation complète du collège.

Concepteurs

  • ARS - architectes urbanistes associés

Commune

  • Ancenis

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • département de la loire atlantique

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2023

Surface(s)

7 900 m² SDP Surface utile : 8 625 m² dont 8 084 m² Su réhabilitée et 541 m² SU créée

Coûts

10,5 M€ HT valeur juin 2024

Documents

1. Commande / Maîtrise d’Œuvre (MOE)
Le projet de réhabilitation globale du collège René Guy Cadou à Ancenis a été porté par un groupement de maîtrise d’œuvre à la fois qualifié et ancré localement. Emmenée par l’agence ARS – architectes urbanistes associés (architecte mandataire), l’équipe a associé de manière complémentaire EGIS Bâtiment Centre-Ouest pour l’ingénierie tous corps d’état, BEGC pour l’ingénierie des grandes cuisines et ACOUSTIBEL pour l’expertise acoustique.
La gouvernance mise en place a reposé sur une démarche partenariale et itérative forte avec le Département de Loire-Atlantique. Dès la phase concours, le projet s’est structuré autour d’une synergie collaborative poussée grâce à l’adoption du protocole BIM. La maquette numérique partagée a permis un dialogue simultané et une réactivité optimale entre architectes et ingénieurs, ce qui a sécurisé l’enveloppe budgétaire et la pertinence technique avant même le début du chantier. La démarche de l’équipe a accordé une importance primordiale à la phase de diagnostic initial, transformant la commande en un véritable projet de co-construction où les orientations méthodologiques, le phasage et la gestion des interfaces de co-traitance avaient été rigoureusement anticipés.
2. Intégration esthétique
Face à un établissement qui souffrait d’une image hétérogène et fragmentée par des extensions successives, le parti architectural a proposé une requalification volumétrique forte qui a redonné une identité claire et valorisante au collège au sein de son quartier. Le projet a dialogué harmonieusement avec le contexte environnant en utilisant la teinte blanche comme un cadre unificateur majeur. Ce squelette pérenne en panneaux composites a capté la lumière et a redéfini l’esthétique globale du site, y compris pour les logements de fonction qui ont adopté un traitement résidentiel assorti.
L’audace du projet a résidé dans le traitement graphique de ses façades. À l’intérieur des cadres blancs, les ouvertures ont été rythmées par un jeu de fines lames métalliques verticales aux couleurs franches (rouge, bleu, orange, vert et jaune) posées sur des fonds sombres à l’aplomb des vitrages, ce qui a créé un effet cinétique et scintillant. Le projet réinterprète la thématique d’origine avec des bandeaux colorés autour des ouvertures sur des façades blanches et redonne une image identifiable au collège Cadou. Le traitement architectural a été appliqué de manière équivalente sur toutes les orientations, refusant ainsi l’existence de façades secondaires dégradées. Le soin apporté aux détails s’est manifesté particulièrement dans le réaménagement des abords et la requalification des limites : l’entrée principale est devenue un signal urbain fort, matérialisé par un auvent protecteur et une rampe d’accès douce parfaitement intégrée au paysage qui a guidé intuitivement les usagers.
3. Environnement / Ressources
L’ambition environnementale du projet a été dictée par la sobriété énergétique, visant une réduction des consommations de 40 % par rapport à la réglementation thermique de l’existant. Pour y parvenir, l’équipe a fait le choix technique majeur d’une enveloppe hautement performante en s’appuyant sur la préfabrication industrielle en atelier de caissons isolants à ossature bois (épicéa). Le projet s’appuie sur une technique hors site de façades ossature bois rapportées, apportant l’isolation thermique des façades avec intégration des menuiseries, s’appuie en parement de la structure béton existante. Cette technique biosourcée a limité l’impact carbone, a valorisé des savoir-faire de construction raisonnée et a réduit drastiquement la durée d’intervention sur le site ainsi que les nuisances de chantier.
La pérennité et le cycle de vie des matériaux ont guidé chaque arbitrage : l’utilisation de panneaux composites durables et autonettoyants en partie basse a garanti une haute résistance aux chocs, tandis que les lames métalliques thermolaquées ont supprimé tout besoin de découpe ou de traitement ultérieur sur le site. Sur le plan des installations techniques, la performance a été assurée par le remplacement des anciennes installations par des chaudières gaz à condensation à haut rendement et une ventilation mécanique optimisée, le tout piloté par une Gestion Technique du Bâtiment (GTB) ergonomique. Enfin, la santé des occupants a fait l’objet d’une attention stricte à travers une méthodologie rigoureuse de confinement et de désamiantage, tandis que les aménagements extérieurs ont intégré la préservation des écosystèmes existants, notamment la mare écologique du site.
4. Usages / Fonctionnalités
Le projet a placé le confort des collégiens et du personnel de l’établissement au centre de ses préoccupations spatiales. L’optimisation du confort thermique d’été et de la qualité lumineuse a fait l’objet de simulations numériques dynamiques (STD) et d’études du Facteur de Lumière du Jour (FLJ), conduisant à l’implantation de protections solaires passives individualisées (casquettes en aluminium) sur les façades les plus exposées. À l’intérieur, la qualité d’usage s’est traduite par une signalétique chromatique intuitive dans les circulations et par l’utilisation de tasseaux de bois ajourés associés à des feutres acoustiques pour garantir un grand confort sonore dans les espaces partagés comme la restauration, le foyer ou la salle de musique. La réhabilitation intérieure du collège a permis une réorganisation des flux et des secteurs d’enseignement pour un usage approprié facilitant le repérage et la surveillance. Un patio central est réorganisé pour créer un lieu événementiel.
La mobilité et l’accessibilité universelle ont été intégrées de façon fluide grâce à la mise aux normes PMR de l’ensemble des pôles (administration, enseignement, loge) et à la création d’un nouveau local vélos sécurisé et visible depuis l’accueil. L’entretien et la maintenance ont été anticipés dès la conception pour simplifier la vie de l’exploitant : des garde-corps périphériques continus ont sécurisé les toitures et des escaliers extérieurs dédiés ont permis d’accéder directement aux locaux techniques sans traverser les zones d’enseignement. Enfin, le lien avec les usagers et la continuité de service public ont été préservés grâce à une planification minutieuse en six phases, qui a limité les interventions bruyantes aux périodes de vacances scolaires et a permis une réhabilitation pièce par pièce sans interruption de l’activité pédagogique.


Informations complémentaires :
Type de marché : concours – réalisation en loi MOP

Bureau(x) d’études : EGIS Bâtiments centre-Ouest, BEGC, ACOUSTIBEL
Photographe : Simon GUESDON

Essor

ZAC Coeur de Ville, 44840 Les Sorinières

99

Programme

81 logements collectifs
Commerces

Concepteurs

  • AGENCE D'ARCHITECTURE HUCA

Commune

  • Les Sorinières

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Ataraxia

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2025

Surface(s)

4965 m² SHAB, 1870 m² commerces

Coûts

10 500 000 €HT

Documents

Le projet de l’îlot Nord de la ZAC Cœur de Ville aux Sorinières développe une opération mixte de logements et de commerces qui participe à la restructuration du centre-ville autour d’un urbanisme de proximité, dense et ouvert. Pensé comme une pièce structurante du renouvellement urbain engagé à l’échelle de la ZAC, le projet affirme une ambition métropolitaine tout en recherchant une insertion fine dans le tissu existant et les usages quotidiens du centre-bourg.
L’écriture urbaine repose sur la création d’un îlot poreux, traversé de continuités visuelles et piétonnes reliant les espaces publics, les commerces et le cœur d’îlot paysager. La composition volumétrique fragmente les masses bâties en plusieurs séquences afin d’éviter l’effet de front continu et de favoriser une perception plus domestique du projet. Les failles, retraits, décrochements et variations d’épannelage produisent une skyline vivante, en dialogue avec les bâtiments voisins et les principes urbains de l’îlot Sud.
Le projet se développe sur une relation étroite entre socle commercial et habitat. Les commerces constituent un rez-de-chaussée actif et continu sur l’espace public tandis que les logements se déploient au-dessus dans une diversité de formes : attiques, loggias, terrasses creusées, toitures à deux pans ou toitures végétalisées. Cette superposition des usages permet de construire une véritable intensité urbaine tout en garantissant des qualités résidentielles généreuses.
L’architecture s’appuie sur une matérialité sobre et pérenne, inspirée du patrimoine local. Les façades alternent béton peint blanc, béton matricé brun et toitures métalliques claires. Cette écriture réinterprète les matériaux vernaculaires dans une logique graphique et sensible, permettant au projet de s’inscrire dans une continuité urbaine tout en affirmant une identité architecturale forte.
Le paysage constitue l’un des éléments majeurs du projet. Le cœur d’îlot est conçu comme un jardin suspendu partagé, véritable lieu de rencontre pour les habitants. Accessible depuis les différentes cages d’escalier, il accueille des cheminements, des espaces plantés, une placette centrale et du mobilier favorisant les usages collectifs. Le traitement végétal multiplie les strates, les ambiances saisonnières et les essences locales afin de produire un paysage évolutif et habité.
La place accordée à la pleine terre, aux revêtements perméables et à la végétalisation participe pleinement à la qualité environnementale de l’opération. Les stationnements sont intégrés dans un parking paysager sous treilles végétalisées, les eaux pluviales sont infiltrées par des sols drainants, et les toitures végétalisées prolongent les continuités écologiques jusque dans les niveaux hauts du projet. Cette approche permet de limiter l’impact minéral de l’opération tout en améliorant le confort climatique des habitants.
Le projet développe également une attention particulière aux parcours résidentiels et aux usages quotidiens. Les logements bénéficient majoritairement de doubles orientations, les circulations sont naturellement éclairées et ventilées, et les espaces extérieurs préservent les intimités par un jeu de loggias, retraits et terrasses. La multiplication des halls et des accès contribue à fabriquer un adressage clair et une échelle résidentielle qualitative malgré la densité du programme.
Par sa capacité à articuler intensité urbaine, mixité programmatique, qualité résidentielle et continuités paysagères, l’îlot Nord de la ZAC Cœur de Ville propose une réponse cohérente aux enjeux contemporains de revitalisation des centralités et de transition écologique. Le projet démontre qu’une densité importante peut être compatible avec des espaces habités généreux, une forte présence du végétal et une attention portée aux usages collectifs du quotidien.


Bureau(x) d’études : Urbaterra, Solab, IBA, EXE
Photographe : @agencehuca

Bibliothèque Municipale

8 rue Anne de Bretagne, 44360 Vigneux-de-Bretagne

109

À Vigneux-de-Bretagne, dans le bourg de La Paquelais, la bibliothèque municipale occupait initialement une pièce unique d’une cinquantaine de mètres carrés, en annexe d’un ancien équipement périscolaire. Animée par l’amicale laïque et une équipe de bénévoles, elle se trouvait à l’étroit, tandis que les espaces attenants, progressivement libérés, restaient vacants.

La commande formulée par la commune relevait d’une logique d’ajustement : étendre la surface, mettre aux normes, améliorer le fonctionnement. Toutefois, dès les premiers échanges, une autre lecture du lieu s’est imposée.

Le projet s’est construit dans un dialogue étroit entre maîtrise d’ouvrage, bénévoles et maîtrise d’œuvre. Au-delà des besoins exprimés, les échanges ont révélé un attachement au bâtiment, pourtant simple dans son écriture architecturale, et une attention portée à ce qu’il pouvait déjà contenir. Cette convergence a progressivement élargi l’ambition du projet : ne pas seulement adapter un équipement, mais engager une transformation attentive, à partir de ses qualités existantes.

Le cadre économique étant très contraint, le projet s’inscrit dans une logique d’économie de moyens et de valorisation de l’existant. Ici, le bâtiment constitue la première ressource du projet. Les interventions se concentrent sur l’intérieur, en privilégiant des interventions de retrait plutôt que d’ajout. Les strates accumulées — faux plafonds, doublages, revêtements — sont déposées pour révéler une charpente bois traditionnelle et des murs en pierre jusque-là masqués. Cette mise à nu, engagée en concertation avec les acteurs du projet, redonne au lieu une épaisseur matérielle et une amplitude spatiale, sans transformation de l’enveloppe.

Cette économie de moyens s’accompagne d’une attention portée aux matériaux et à leur mise en œuvre. Le projet privilégie des solutions issues de filières biosourcées, notamment à travers l’emploi d’un sol en fibre de lin et d’un plafond constitué de panneaux en fibre de bois participant à la fois à l’ambiance et au confort acoustique. L’isolation de la toiture est renforcée afin d’améliorer la performance énergétique du bâtiment. Le système de chauffage, récemment remplacé avant l’intervention, est conservé, avec de simples adaptations ponctuelles, notamment le déplacement de certains radiateurs pour accompagner la nouvelle organisation des espaces.

Dans cette continuité, le réemploi du mobilier existant devient un principe actif du projet, complété ponctuellement par des éléments neufs dimensionnés au plus juste. À l’échelle du chantier, cette approche a également favorisé le recours à des entreprises locales, dont certaines implantées sur la commune, prolongeant ainsi la logique de ressource à l’échelle du territoire.

L’organisation spatiale s’appuie sur les usages et leurs évolutions possibles. La bibliothèque est pensée comme un lieu traversé par des pratiques diverses — consultation rapide, lecture, travail, accueil de groupes — sans cloisonnement rigide. Un grand volume central, rendu lisible par la dépose des plafonds, structure l’ensemble.

La mise en accessibilité constitue un élément structurant du projet. Les espaces existants présentaient des différences de niveaux entre l’ancienne bibliothèque et les surfaces libérées. Une rampe est ainsi mise en place pour effacer une marche isolée, accompagnée d’un mobilier sur mesure en bois. Ce dispositif assure simultanément plusieurs fonctions : sécurité des usagers, continuité des parcours, mais aussi support d’usages — assises, postes de consultation, rangements — et délimitation d’un espace pouvant accueillir des temps collectifs ou événementiels. Il permet de maintenir une continuité spatiale tout en proposant des situations différenciées.

Cette logique se prolonge dans le traitement des éléments techniques et des espaces de service. Un sanitaire accessible est créé sous l’escalier, à partir d’un recloisonnement qui intègre un bloc technique plus large. Celui-ci regroupe les fonctions nécessaires au fonctionnement de l’équipement : mise en accessibilité des sanitaires, intégration d’un monte-charge reliant les niveaux, et création d’un local ménage au rez-de-chaussée. Le dessin en courbe de ce cloisonnement accompagne les circulations, invite à la déambulation et participe à une partition souple entre les espaces enfance, jeunesse et les accès réservés aux bénévoles à l’étage.

Une banque d’accueil sur mesure est également intégrée au projet. Elle regroupe les fonctions nécessaires aux bénévoles — gestion des prêts, outils informatiques, rangements — tout en prenant en compte les exigences d’accessibilité. À proximité, un espace de tisannerie est aménagé, offrant un lieu de convivialité partagé entre bénévoles et usagers.

Les niveaux supérieurs, jusque-là peu exploités, retrouvent une fonction logistique et d’atelier. L’intégration d’un monte-charge accompagne cet usage et participe à l’amélioration des conditions de travail des bénévoles, au cœur du fonctionnement quotidien de l’équipement.

L’intervention s’attache ainsi à mettre en cohérence ce qui est déjà là, en limitant les apports et en clarifiant les usages. La matérialité existante — bois, pierre — est prolongée par des interventions sobres, cherchant une continuité plutôt qu’un contraste. Une signalétique discrète accompagne les parcours, dans une logique d’accessibilité et de lisibilité partagée.

Sans transformation visible de son enveloppe, la bibliothèque se redéfinit par l’intérieur, à partir de ses ressources propres et des usages qu’elle accueille. Le projet affirme ainsi une posture : faire avec ce qui est déjà là, révéler plutôt qu’ajouter, et inscrire la transformation dans une continuité matérielle, spatiale et d’usages. L’équipement trouve un nouvel équilibre, à la fois discret et structurant, entre transformation des espaces, adaptation aux pratiques et attention portée aux ressources mobilisées.


Informations complémentaires :
MAPA

Photographe : Charles Bouchaïb

Renaturation de la Place Jean-Claude Demaure

Place Jean-Claude Demaure, 44200 Nantes

128

Programme

Désimperméabilisation, renaturation d’un site urbain pour créer un îlot de fraîcheur. Sols pollués.

Concepteurs

  • MAP [PAYSAGISTES] mandataire

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Nantes Métropole et Ville de Nantes

Thèmes

  • Aménagement

Année de réalisation

2025

Surface(s)

4600 m²

Coûts

520 000€ HT

Documents

Le projet de réaménagement du triangle Viviani, aujourd’hui renommé Place Jean-Claude Demaure, s’inscrit dans la dynamique engagée par la Ville de Nantes et Nantes Métropole pour renforcer la présence du vivant dans l’espace public et accompagner les mutations climatiques et urbaines de l’Île de Nantes.
Conçu par MAP [PAYSAGISTES]mandataires du groupement formé avec Tugec Ingénierie, ce projet constitue une traduction concrète et sensible du « Plan Pleine Terre », démarche ambitieuse visant à redonner une place centrale au sol vivant, à l’eau et au végétal dans la fabrique urbaine.
Située dans un quartier dense et fortement minéralisé, ce carrefour urbain faisait face à plusieurs enjeux : améliorer le confort d’usage des habitants, lutter contre les îlots de chaleur urbains, favoriser l’infiltration des eaux pluviales et créer un espace public plus apaisé, plus hospitalier et plus résilient.
Le projet s’organise autour d’une composition sensible en « bulles » de pleine terre venant ponctuer et transformer progressivement le paysage minéral existant. Ces émergences plantées créent des séquences d’usages, des respirations et des microclimats à l’échelle du piéton. La parcelle concernée par des sols pollués, un important travail de reconstitution des horizons fertiles a été mené à partir de l’amendement des terres découvertes et conservées sur place. Cette intervention a permis de redonner vie au sol tout en générant de légères buttes plantées, offrant une épaisseur paysagère et écologique nouvelle à l’espace public. Le projet propose ainsi une transformation profonde du site par une désimperméabilisation importante des surfaces, l’introduction de nouvelles strates végétales et la création d’un paysage de proximité capable d’évoluer dans le temps. Des « bulles » de paysage.

L’intervention repose sur une approche sobre et attentive au contexte existant. Le dessin de la place privilégie les continuités piétonnes, les usages quotidiens et la qualité des ambiances. Les matériaux employés ont été choisis pour leur durabilité, leur capacité d’infiltration et leur cohérence avec les objectifs environnementaux du projet. Une attention particulière a également été portée au réemploi des matériaux, afin de réduire l’empreinte carbone du chantier et d’inscrire le projet dans une logique d’économie circulaire. Des murs ont ainsi été réalisés à partir de béton scié issu du décroûtage des sols d’un projet simultané conduit dans le cadre du Plan Pleine Terre sur l’Allée Frida Kahlo. Le projet intègre également le réemploi de pavés béton provenant du chantier du Mail du Front Populaire sur l’Île de Nantes. Ces choix constructifs traduisent une volonté de valoriser les ressources existantes du territoire tout en donnant une matérialité singulière et narrative à l’espace public.
La végétation, largement développée, participe autant à l’amélioration du microclimat qu’à la requalification de l’image du lieu. Les massifs ont été conçus selon une composition stratifiée intégrant les différentes strates végétales — arborée, arbustive ainsi que les vivaces et bulbes — afin de renforcer la biodiversité, de créer des ambiances évolutives au fil des saisons et d’assurer une présence végétale dense et pérenne dans l’espace public. Les plantations contribuent également au développement de la biodiversité urbaine et à la création d’un cadre de vie plus agréable pour les habitants et les personnes qui travaillent autour de la Place, qui y trouvent un endroit de pause conviviale idéal.

Au-delà de ses qualités paysagères, le projet témoigne d’une réflexion plus large sur la manière de transformer les espaces publics métropolitains face aux enjeux contemporains. La place devient un support d’expérimentation concrète autour des questions de pleine terre, de cycle de l’eau et d’adaptation climatique. Elle démontre qu’un espace public de proximité peut conjuguer performance environnementale, qualité d’usage et identité urbaine.
Cette réalisation illustre pleinement les valeurs portées par le Prix APERÇUS 44 : innovation dans les pratiques d’aménagement, attention portée au cadre de vie, qualité paysagère et engagement environnemental. Le projet est également le fruit d’un travail d’équipe étroit et ambitieux mené avec la Direction Nature et Jardins de la Ville de Nantes, dans une dynamique de dialogue constant et de coopération active. Cette complicité heureuse entre maîtrise d’ouvrage, maîtrise d’œuvre, entreprises et pépinières locales a permis de développer une approche collective exigeante, attentive à la qualité d’exécution, au choix des végétaux et à l’ancrage territorial du projet. Cette manière de faire, fondée sur la confiance, l’expérimentation et l’intelligence collective, constitue l’une des forces majeures de l’opération. Le projet met également en lumière le dialogue étroit entre maîtrise d’ouvrage et maîtrise d’œuvre pour produire un espace à la fois fonctionnel, sensible et durable.

Tant par son inscription dans une stratégie métropolitaine ambitieuse, par la qualité de sa mise en œuvre que par sa capacité à transformer durablement les usages et les perceptions du site, la Place Jean-Claude Demaure constitue une réalisation exemplaire des nouvelles manières d’adapter les espaces publics contemporains en ville. La reconnaissance du projet dépasse aujourd’hui l’échelle locale puisqu’il a été intégré au programme des visites techniques internationales (« Technical Tours ») organisées dans le cadre du congrès mondial de l’IFLA à Nantes en septembre 2025, témoignant de l’intérêt porté à cette réalisation par la communauté internationale du paysage et de l’aménagement urbain.


Informations complémentaires :
accord-cadre d’assistance à maîtrise d’ouvrage et maîtrise d’œuvre mono-attributaire suite à une procédure adaptée

Bureau(x) d’études : Tugec Ingénierie bureau d’étude VRD co-traitant

Pôle élémentaire George Sand

3 impasse Philippe Touzot, 44850 Saint-Mars-du-Désert

96

Programme

Construction d’une école élémentaire de 12 classes (+ extension anticipée de 6 classes) en RDC et R+1 avec restaurant scolaire, accueil périscolaire, bibliothèque, salle plurivalente et cours de récréation Oasis. Aménagement paysager non genré et végétal de la cour avec gestion naturelle des EP.

Concepteurs

  • designer
  • économiste de la construction et OPC
  • PADW SCOP d’architecture architecte mandataire

Commune

  • Saint-Mars-du-Désert

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Commune de Saint-Mars-du-Désert

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2025

Surface(s)

2 736 m² SDP + 2 193 m² aménagements extérieurs

Coûts

5 433 960 €HT (valeurs 2025) Bâtiment neuf : 4 884 530 €HT Aménagements extérieurs (VRD + paysage) : 549 430 €HT

Documents

Connu pour son écosystème, la qualité exceptionnelle de ses tourbières et pour accueillir sur son territoire une des plus grandes pépinières de l’Ouest, la commune de Saint-Mars-du-Désert distille une aura particulière. Celle d’un paysage vivant et accueillant, au travers duquel le bourg qui grandit, dialogue avec son environnement et s’y épanouit. La reconstruction du pôle élémentaire Georges Sand et sa mutualisation avec l’accueil périscolaire et un pôle restauration nous a donc inspiré la plus grande délicatesse quant à son inscription urbaine.

Depuis l’impasse Philippe Touzot, entre talus et gymnase, le site de projet se déploie sur la profondeur jouissant d’une intériorité, en retrait de l’espace public. Comme demandé, afin de préserver une emprise foncière suffisante à l’extension des salles sportives Audrey Le Morvan, nous avons posé un cadre à notre intervention en réservant le nord de la parcelle. Anticipant également l’évolution des besoins, l’école conserve aussi la place de s’étendre. Résolument tournée vers l’espace public, le projet s’attache à créer les conditions d’un équipement scolaire ancré dans son site et ouvert à la vie de la commune.

Trois principes ont guidé sa conception, et au premier desquels : la valeur d’usage. L’école est un lieu qui rassemble, stimule, et enthousiasme. C’est un écosystème où s’éveillent les caractères, où grandissent les corps, où se développent les sens. À ce titre, les espaces conçus répondent à la diversité des sensibilités, avec une attention singulière pour que chacune trouve sa place et puisse s’y exprimer. A dont été développé une réflexion prospective sur la liberté pédagogique et le partage des lieux ressources proposés par l’établissement. Le projet permet ainsi l’intensification des usages sous toutes ses formes : les espaces sont pensés de manière agile pour s’adapter aux besoins et aux attentes de tous les publics.

Les salles de classes ont à cet égard fait l’objet d’une démarche singulière, envisageant une mutualisation des espaces (salles d’exercice et salles d’activités) à utiliser alternativement pour la classe ou le périscolaire. Offrant davantage de liberté de mouvement, de possibilités d’activités et d’apprentissage, la maximisation de leur taux d’occupation va également dans le sens d’une approche raisonnée sur les consommations d’énergie à l’échelle de l’équipement. De la même façon, la salle plurivalente est accessible et fonctionnelle indépendamment de l’école et de l’accueil périscolaire. Elle dispose d’une entrée dédiée et d’un espace extérieur associé accessible depuis le parvis, offrant ainsi un tiers lieu, disponible hors des temps scolaires à la vie associative, sportive ou culturelle du quartier.

La valeur technique est le deuxième pilier du projet. À l’innovation et l’expérience d’usages, a été associée une stratégie technique globale, s’appuyant sur la performance, le confort et la maîtrise des risques et des coûts. Le projet fait le choix de l’hybridation (matériaux, énergies…) et propose une conception simple, robuste et fiable. La mise en œuvre de systèmes et de solutions biosourcés éprouvées vise à garantir un confort pérenne et une résilience face au changement sur le temps long : en somme un équipement vraiment durable. Le bâtiment met ainsi en œuvre béton et bois dans un souci d’équilibre et de performance. Autonome, le bâtiment couvre 100% de ses besoins en énergie par des sources renouvelables grâce à une chaufferie bois. Le confort en toutes saisons, comme la qualité de l’air et la lumière naturelle, sont permis grâce l’orientation du bâti, l’ergonomie, l’organisation spatiale du projet, la mise en place d’une sur-ventilation naturelle nocturne et des protections solaires judicieusement positionnées. Ancré dans son environnement, le nouveau pôle élémentaire jouit également du rafraichissement offert par le paysage composé par la cour-jardin et l’aménagement du parvis. L’innovation prend ainsi corps dans l’alliance délicate des systèmes et des matériaux.

Enfin la valeur de la matière première est aujourd’hui au cœur de nos préoccupations. Dans le cadre de la transition écologique, la disponibilité des ressources est un enjeu à ne pas ignorer. Aussi le projet est conçu de façon à tirer profit de tous les atouts du territoire : faire avec toutes les matières et intelligences disponibles. Nous nous sommes dès le départ mis en posture d’avoir recours au réemploi et à l’économie circulaire. Par exemple, en relation avec la pépinière du Val de l’Erdre et les exploitants agricoles, branches, brindilles, et paille contribueront à enrichir les sols vivants des plantations, à recouvrir de copeaux les aires de jeux de la cour de récréation… Les finitions intérieures pourraient également être travaillées en collaboration avec les recycleries locales. D’une largeur d’1m, le bardage bois offre aussi la possibilité à l’ouvrage d’être « réparé » au sens le plus noble du terme : d’être amélioré au fil du temps. D’un ouvrage performant E3C1, il sera capable de renouveler son enveloppe, comme un arbre son écorce, de grandir et de s’adapter aux besoins à venir.

Le projet se déploie dès lors sur toute la largeur de la parcelle, adressant sur la voie publique une façade urbaine continue et repère. Dans une succession de volumes, les différents pôles sont ainsi répartis en deux ailes et sur deux niveaux suivant une logique de flux et d’usages. À l’angle sud-est, un premier volume signale l’école. Stratégique par sa position et les fonctions qu’il abrite, il est élégamment porté par des arches en « V » créant un effet de porche naturel. Y sont implantées les entités supports de l’établissement : salle plurivalente, bibliothèque, bureaux des équipes encadrantes et de la direction en lien avec le parvis. Celui-ci aménage une transition douce entre l’espace public et le groupe scolaire, introduisant l’entrée principale, situé dans le creux du bâti. Le parvis se prolonge ainsi dans un hall généreux dont la double hauteur renforce encore la connexion dedans-dehors. Depuis ce hall-forum, chacun trouve aisément son chemin grâce à la mise en scène des parcours offerts par la mezzanine et une signalétique adaptée.

D’un côté, l’école se déploie en R+1 vers le nord, de l’autre un volume bas héberge l’accueil périscolaire et la restauration. Ouverte vers le plan d’eau, la salle de restaurant offre ainsi une véritable pause au moment du déjeuner. L’accès livraison et à la cour technique s’effectue par l’angle à sud-ouest, permettant de dissocier les flux piétons et véhicules. Ainsi implanté sur les limites est et sud de la parcelle, le bâtiment libère en cœur d’îlot un espace paysager et ludique, propice à la récréation, au sport ou à la pause. La cour est pensée comme un jardin avec un espace stabilisé, une aire de jeux et divers espaces enherbés et plantés. Sans sortir de l’enceinte de l’école, les équipements sportifs voisins pourront être accessibles. Un bassin rectangulaire permet la rétention et l’infiltration des eaux de pluie.

Reprenant les codes des tourbières, il offre une oasis de fraîcheur accueillant la biodiversité du territoire pour l’observation, l’étude et l’émerveillement des petits et des grands. Sages et épurés, les façades offrent une qualité homogène au travers d’un bardage composé de bardeaux bois horizontaux rythmé verticalement tous les mètres. Le bois s’exprime également au travers d’une double peau légère à lames ajourées. Protégeant le sud du soleil, elle anime la façade de jeux d’ombres et de lumières au fil de la journée. Volontairement, le volume d’angle se distingue par un bardage métallique au motif discret. Il révèle les fonctions accueillies et offre des perspectives sur le quartier. Le projet offre ainsi à être vécu par toute la communauté habitante et les équipes encadrantes comme un lieu ressource, ouvert et libre.


Label(s) obtenu(s) : E3C1

Informations complémentaires :
Concours sur esquisse

Financeurs :

Région : 1 000 000€ au titre de l’Union Européenne et du FEDER, 150 000€ pour la Région Pays-de-la-Loire.

Préfecture de la Loire-Atlantique : 710 000€

Département de Loire-Atlantique : 400 000€

CAF de Loire-Atlantique : 300 000€

ADEME : 116 340€ au titre du fonds chaleur

Communauté de Communes Erdre & Gesvres :167 093€ au titre du fond de concours

Bureau(x) d’études : IBA structures, SOLAB fluides SSI cuisine, WIGWAM thermique HQE, ITAC acoustique, AGEIS VRD, OAK paysage
Photographe : Simon Guesdon

Temple bouliste – Halle du Parc Paysager

Parc Paysager - avenue Léo Lagrange, 44600 Saint-Nazaire

107

Programme

Halle couverte
6 à 8 pistes de pétanque & pratiques libres

Concepteurs

  • Conception de la halle : Vendredi architectes
  • D'Ici là paysage (mandataire groupement Plan guide et aménagement Parc paysager)

Commune

  • Saint-Nazaire

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Commune de Saint-Nazaire

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2025

Surface(s)

463m² de surface couverte

Coûts

514 577 € HT (valeur 2025)Bâtiment seul (construction comprise dans un projet d'aménagement du boulodrome)

Documents

La construction de la halle s’inscrit dans un projet plus vaste de réaménagement du Parc Paysager de St-Nazaire, dirigé par d’Ici là Paysages et qui porte de fortes ambitions écologiques et sociales : intensifier les usages, diversifier les formes de nature, faire face à l’urgence climatique en faisant du parc un lieu ressource pour affronter des canicules plus fréquentes et plus longues.
L’architecture du boulodrome couvert poursuit cette démarche en usant de matériaux bruts issus directement de la nature, pour une empreinte carbone très réduite : la halle est un grand parapluie de bardeaux mélèze sur une charpente de pin douglas, dans une volonté d’emploi exclusif de bois massif.
De plan carré, la halle peut accueillir 8 pistes de pétanque comme une multiplicité d’usages libres. La charpente en fermes rayonnantes autour d’un oculus zénithal décentré a constitué un véritable défi structurel pour assurer une surface libre de jeu de 15x15m. La double galerie de poteaux soutient et stabilise cette charpente atypique. Les poteaux sont appuyés sur des socles de béton brut coulés en place et sablés. Dans chaque angle, ils s’étirent pour former des bancs qui contreventent la structure.
Les 4 versants de la toiture se rejoignent en partie haute autour d’un oculus zénithal qui baigne le volume intérieur d’une lumière diffuse. Formée d’un vitrage de 3x3m sans recoupement, la verrière a été autre pari majeur du projet.
Hormis l’eau de la verrière, canalisée par un chéneau-gargouille en inox, l’eau de pluie s’écoule librement sur le grand toit de bardeaux. Elle est récupérée et drainée dans des impluviums en granit puis conduite dans la noue à l’est.
La forme radicale et la matérialité de la halle dialoguent avec la « Soucoupe », Monument Historique brutaliste inauguré en 1974 face au boulodrome. Bâtiment iconique des architectes Vissuzaine, Longuet, Rivière et Joly, elle a été construite par levées successives de béton dans des coffrages de différentes profondeurs, créant une texture très graphique à laquelle les bardeaux de la halle rendent hommage… dans une version décarbonée.


Label(s) obtenu(s) : Pas de label mais un bâtiment biosourcé & bas carbone puisque composé presque entièrement de bois !

Informations complémentaires :
Accord cadre Plan guide et maîtrise d’œuvre pour l’aménagement du Parc Paysager

Bureau(x) d’études : Ingeligno (Structure bois), Artelia (VRD)
Photographe : Gaëtan Chevrier (bâtiment livré) & Flore Larrazet (photos de chantier) – dessins BD Raphaël Beuchot

Étude stratégique de requalification du centre-ville

Boulevard Général de Gaulle, 44430 Loroux-Bottereau

96

Programme

Le Loroux-Bottereau, lauréat du programme « Petites Villes de Demain » est situé à 20 km de Nantes, au cœur des vignobles. L’ambition est de répondre aux exigences d’une population en forte croissance tout en respectant l’âme de la ville et son cadre de vie. Ainsi, la commune vise à retrouver un urbanisme apaisé et cohérent avec sa trame urbaine et paysagère, tout en étant soucieuse des enjeux de développement durable et de transition écologique.

A travers le plan de référence du centre-ville du Loroux-Bottereau, il s’agit d’accompagner la collectivité, en coproduction avec ses habitants et son instance de citoyenneté, dans l’élaboration d’une stratégie à mettre en œuvre sur les dix à quinze ans à venir sur des thématiques variées.

L’équipe Atelier du Lieu et ses cotraitants (Futurouest et Ouest’AM), composée d’architectes, d’urbanistes, de géographes, de paysagistes, d’environnementalistes et d’ingénieurs voirie a été retenue pour accompagner la commune et mobiliser la population dans une démarche de concertation.

Concepteurs

  • Atelier du Lieu Architectes urbanistes mandataire

Commune

  • Loroux-Bottereau

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Commune du Loroux-Bottereau

Thèmes

  • Urbanisme

Année de réalisation

2023

Surface(s)

1060 ha

Coûts

Sans objet - étude urbaine sans maitrise d'œuvre

Documents

1 – LE PROJET :
Penser à terme la ville :
Un pôle urbain de la taille du Loroux-Bottereau est tourné vers des lieux de ressources qui s’inscrivent dans un paysage plus large avec une pénétration dans le centre-ville par la vallée du Breil rendue lisible. Ce pôle urbain rayonne sur un territoire plus large par l’offre concentrée d’équipements, de services, de commerces, une économie urbaine basée sur un socle coopératif inscrite sur des relations de proximité. Les axes de communication participent à affirmer ce positionnement dans le Nord du Vignoble Nantais, pôle d’échanges, où la multimodalité prend appui sur l’axe Nord-Sud, véritable colonne vertébrale du tissu urbain reliant les quartiers depuis la RD115, à la vallée du Breil par le centre-ville. La confirmation d’un centre-ville fort et connecté passe par :
– Un cœur ancien, vivant, commerçant, végétalisé et habité, lisible dans son entièreté par la densité, les aménagements, le parcours marchand et l’apport de nouvelles activités, révélé au sein du secteur en mutation des balcons du Breil.
– Le plateau des équipements est renforcé et accueille des logements. Il se reconnecte avec la vallée et le Claray.
– Un développement maitrisé au profit d’une intensification urbaine ciblée et qualitative offrant une variété de quartiers et de types d’habitats cohérents avec les parcours résidentiels.
– Des quartiers affirmés et dotés d’espaces de proximité : places et ilots de fraicheurs.
– La valorisation patrimoniale et remise en lecture de la cité et de ses murs.
– La diversification de l’offre commerciale et son affirmation dans le centre-ville.
– L’animation d’une gouvernance de l’aménagement partagée.
– La convivialité urbaine vivante dans les espaces publics.

Les supports d’une convivialité urbaine multi-facettes
Intervenir sur l’espace public apporte animation, divertissement, beauté, sécurité… le tout propice aux rencontres. L’espace public permet de circuler, d’échanger, de faire ensemble. L’identification de ces lieux vivants dans le tissu urbain du Loroux-Bottereau a fait l’objet de réflexions, projections, intentions des participants au plan guide (élus, habitants) pour faciliter la convivialité dans le centre-ville. L’adaptabilité de ces espaces publics au profit de lieux mixtes et intergénérationnels est propice à des moments conviviaux, et même exceptionnels. Cette transformation légère s’appuie sur des univers porteurs déjà existants ou à compléter dans les champs de l’évènementiel (guinguette, festival…), du commerce (marché ambulant, brocante, food truck…), du sport et du jeu (city stade, grimpe arbre, jeu de boules, skate parc…), de la culture et du patrimoine (exposition, valorisation d’un bâti lié à l’histoire locale…), de la nature (ilot de fraîcheur, découverte de la biodiversité, fleurissement, jardins partagés, vergers nourriciers…), et enfin du partage (tables de pique-nique, bancs…)… Mixer ces univers de la convivialité génère des ambiances variées selon les saisons et les moments de la journée, au profit des usages d’une diversité de publics (jeunes, actifs, seniors, visiteurs…).

2 – LA COMMANDE :
Loroux-Bottereau, commune lauréate du programme «Petites Villes de Demain » :
Située au cœur du Vignoble nantais et à proximité de Nantes et de la vallée de la Loire, la commune du Loroux-Bottereau est caractérisée par sa topographie, son paysage viticole, son rôle de pôle local et la croissance régulière de sa population (8400 habitants en 2019). Centralité urbaine attractive, elle offre de multiples services aux habitants de son bassin de vie, avec le concours du tissu associatif et des entreprises. Le Loroux-Bottereau est lauréate du programme national « Petites Villes de Demain » engagé en octobre 2020 qui permet aux communes de moins de 20 000 habitants de bénéficier d’un soutien spécifique de l’Etat et de ses partenaires dont la Banque des Territoires, pour élaborer et mettre en œuvre leurs projets de revitalisation urbaine (mise en œuvre de l’action Shop’In sur la revitalisation commerciale du centre-ville). Partie intégrante du Plan de relance, ce programme vise à conforter le rôle structurant de ces petites villes dans le développement des territoires ruraux.

Les grands objectifs de l’étude stratégique de requalification du centre-ville :
L’ambition est de répondre aux exigences d’une population en forte croissance (+1,1%/an de 2013 à 2018) tout en respectant l’âme de ce pôle du Vignoble Nantais et son cadre de vie. Ainsi, la Ville vise à retrouver un urbanisme apaisé et cohérent avec sa trame urbaine et paysagère, tout en étant soucieuse des enjeux de développement durable et de transition écologique. Cette mise en cohérence d’une identité globale du Loroux-Bottereau est affirmée avec les objectifs suivants :
• Améliorer la qualité du cadre de vie et d’usage du centre-ville,
• Dynamiser le commerce et conforter les services, permettre l’animation et la vie en cœur de ville,
• Requalifier les espaces publics,
• Sécuriser et renforcer les déplacements doux,
• Mettre en valeur et développer les qualités paysagères,
• Valoriser les ensembles stratégiques,
• Co-construire un projet partagé.

3 – LA METHODE :
Une étude urbaine pour imaginer la ville de demain :
Au-delà de la définition du schéma directeur à l’échelle du centre-ville, des réflexions ciblées sont dessinées sur des secteurs spécifiques à enjeux de la commune, comme celui de l’ancien hôpital. L’équipe de l’Atelier du Lieu et ses cotraitants (Futurouest et Ouest Am’), composée d’architectes, d’urbanistes, de géographes, de paysagistes, d’environnementalistes et d’ingénieurs voirie, a été retenue pour accompagner la commune et mobiliser la population dans une démarche de concertation. La volonté des élus au travers de cette approche collaborative est d’aboutir à la définition d’un projet cohérent proposant des solutions opérationnelles concrètes et chiffrées. Celui-ci est adapté à la taille et aux possibilités financières de la commune. Il se décline sous la forme d’un diagnostic, d’un projet avec une stratégie et enfin des fiches d’actions.
– Le diagnostic a permis de poser les atouts et points d’amélioration ainsi que les enjeux pour les scénarios de l’étude de revitalisation du centre-ville du Loroux-Bottereau. Cela a aussi permis d’affiner le périmètre de l’étude en croisant le retour de la parole des élus, les entretiens réalisés avec des acteurs clés ainsi que les habitants de la commune.
– Les différents scénarios réalisés ont été travaillés pour définir la stratégie préférentielle du Loroux-Bottereau, donnant lieu au schéma directeur à l’échelle du centre-ville.
– Les échanges ont précisé des réflexions sur des secteurs spécifiques à enjeux de la commune, comme celui de l’ancien hôpital. Elles ont alors été transformées en fiches d’actions (sectorielles et thématiques).

La démarche itérative :
Dans ce cadre, les habitants et acteurs du territoire ont été conviés à partager leur expertise et leurs représentations sur la commune à différents moments clés :
– L’Atelier du Lieu et Futurouest sont allés à la rencontre des habitants lors du marché bi-hebdomadaire.
– Le soir-même, un premier atelier avec un panel volontaire s’est déroulé en deux temps : une balade urbaine et un atelier imaginaire, sur le devenir du Loroux-Bottereau.
– 7 entretiens ont été réalisés avec des acteurs clés du territoire.
– Un second atelier avec le panel a été mené lors de la phase scénarii et a permis de nourrir le schéma d’orientation global de la commune à travers plusieurs immersions de récit imaginaire.
– Le troisième atelier « programme et actions » s’est déroulé avec le panel autour des sites spécifiques du Loroux-Bottereau. Les habitants ont contribué à affiner le programme et à réfléchir à la manière d’activer ces secteurs à court terme.
– Une présentation publique a été réalisée à la suite afin d’exposer le projet et de penser une première action.
– Enfin, cette première action a été réalisée en mode urbanisme transitoire. Aux côtés de la commune, l’équipe de l’Atelier du Lieu et ses cotraitants s’est unit à des associations pour proposer un événement nommé « village de la transition ». Situé sur la place du Général de Gaulle, le secteur en cœur de ville a été ciblé pendant l’étude comme un site à enjeux. Au sol, une rivière a été dessinée par des artistes locaux, à taille réelle, pour simuler la réouverture du Breil. Différentes animations ont nourri les échanges avant et pendant la festivité. Les élèves du lycée Briacé ont ainsi participé à la mise en place de la scène végétale, enjambée par une passerelle en bois recyclé construite par les bénévoles du café associatif Le Labo. Tout au long de la journée, les associations locales et environnementales ont tenus leur stand pour aborder le développement durable par différentes entrées, tandis qu’un conteur (Pierre Desvigne) réinventait le lieu à travers ses histoires. En parallèle, des balades environnementales ont été organisées sur site permettant aux citoyens de découvrir la faune et la flore qui réapparaitraient après renaturation. Pendant ce temps, la LPO amenait des personnes sur le vrai reméandrage réalisé non loin. Les objectifs de cette journée étaient multiples. Il s’agissait de tester, à l’échelle 1, le projet de place vivante imaginé lors de l’étude. Des situations concrètes ont alors éclairé des enjeux plus globaux. Par exemple, interroger la place de la nature en ville ou transformer l’esplanade en un espace public requiert la suppression du parking. Ce qui soulève des interrogations concernant l’arrivée des cars déposant les enfants à la piscine, et plus largement, la question de la voiture en centre-ville. La matérialisation, bien que temporaire, a permis d’appréhender ce qui est physiquement réalisable, et de nourrir le projet des remarques de la population. Enfin, le plan de référence étant tout juste terminé, cette journée a permis de raconter le travail réalisé, dans un contexte ancrant le projet dans une démarche globale de transition.

L’équipe et la commune ont travaillé ensemble, et avec les habitants et acteurs locaux, pour concevoir cette requalification du centre-ville. Du diagnostic à la fiche action, les décisions politiques se sont coconstruites pour et par le territoire.


Informations complémentaires :
Type de marché : procédure adaptée

MOA accompagnée par l’ANCT, Petites villes de demain, Région Pays de la Loire

Bureau(x) d’études : Futurouest, Ouest Am’ paysage et VRD
Photographe : ATDL