Résidence Provence

Route des Fréchets, 44600 Saint-Nazaire

98

Programme

Réhabilitation de cinq immeubles de logements sociaux en site occupé comprenant la rénovation thermique et le désamiantage de 86 logements, la création de balcons et de trois cages d’ascenseurs, la requalification des halls et des espaces communs ainsi que l’aménagement d’un local commercial.

Concepteurs

  • Bohuon Bertic et associé.e.s

Commune

  • Saint-Nazaire

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Silène Habitat

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2024

Surface(s)

Surface de plancher 3 575m² (existant)

Coûts

5 072 000 €HT

COMMANDE / MAÎTRISE D’OUVRAGE / MAÎTRISE D’ŒUVRE
La rénovation de la résidence Provence s’inscrit dans une démarche de revalorisation d’un ensemble de logements sociaux des années 1960, composé de cinq bâtiments au cœur d’un tissu urbain mêlant habitat pavillonnaire, grands ensembles et équipements commerciaux.
Le projet, mené en site occupé, répondait à plusieurs enjeux : amélioration des performances thermiques et acoustiques, mise en accessibilité, création d’ascenseurs et de balcons, requalification des parties communes et amélioration du confort des logements. Au-delà de cette mise à niveau technique, l’ambition partagée avec le maitre d’ouvrage, Silène Habitat était de transformer l’image de la résidence et la qualité d’usage offerte aux habitants, sans rompre avec les caractéristiques du site.
La démarche de projet s’est appuyée sur une lecture attentive de l’existant afin de révéler les potentiels du bâti plutôt que de les effacer.

ENVIRONNEMENT / RESSOURCES
Le projet développe une intervention sobre et mesurée fondée sur la transformation plutôt que sur la démolition. La rénovation thermique par l’extérieur, l’amélioration de l’enveloppe et des équipements techniques permettent d’atteindre un niveau BBC rénovation tout en prolongeant durablement la vie des bâtiments existants.
L’intervention conserve la structure originelle de la résidence et limite les transformations lourdes. Les nouveaux balcons prolongent les usages des logements tout en améliorant le confort quotidien des habitants.
Une palette restreinte de matériaux et de teintes compose le projet : enduits sable et blanc, serrurerie métallique et tôles perforées. Cette sobriété matérielle permet d’unifier les bâtiments tout en installant une atmosphère lumineuse et pérenne, en lien avec le contexte maritime de Saint-Nazaire.

USAGES / FONCTIONNALITÉS
Le projet cherche à améliorer les conditions d’habiter à toutes les échelles : confort thermique et acoustique des logements, accessibilité des bâtiments, qualité des circulations et valorisation des entrées et des halls.
La création des ascenseurs et des balcons transforme durablement l’usage quotidien de la résidence. Les espaces extérieurs privatifs prolongent désormais les logements tandis que les halls et parcours d’accès requalifiés participent à une meilleure lisibilité de l’ensemble résidentiel.
L’intervention développe également une attention particulière aux seuils et aux parcours dans le quartier afin de renforcer le sentiment d’adresse et l’appropriation des bâtiments par les habitants.

INTÉGRATION / ESTHÉTIQUE
Le projet repose sur une écriture architecturale simple et attentive à l’existant. Les façades ont été requalifiées par un travail de bichromie associant des teintes sable et blanches, permettant de distinguer les différentes situations du projet tout en apportant une nouvelle identité à la résidence.
Le coloris sable fait écho à la lumière et au paysage littoral de Saint-Nazaire, tandis que le blanc accentue la luminosité des façades côté cœur d’îlot. Les encadrements en surépaisseur des fenêtres composent un motif régulier qui anime les élévations et atténue la répétition du bâti existant.
Les nouveaux balcons métalliques, les garde-corps perforés et le traitement homogène des halls et parties communes participent à une relecture sobre et cohérente de l’ensemble. Le projet cherche ainsi à transformer l’image du logement social par une architecture discrète, durable et attentive au cadre de vie quotidien.


Label(s) obtenu(s) : Niveau BBC Rénovation

Bureau(x) d’études : Betom, ECMS, Zéphyr paysages
Photographe : Juan Cardona

Résidence Nidea – Zac Champ de Manœuvre

Rue René Rivet, 44300 Nantes

105

Programme

Construction de 28 logements dont 23 logements intermédiaires (R+2/3+C) en locatif social et 5 maisons individuelles en accession sociale, aménagement du cœur d’ilot et des abords.

Concepteurs

  • Bohuon Bertic et associé.e.s

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Nantes Métropole Habitat

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2023

Surface(s)

Surface de plancher 1 970m²Surface utile 1 835m²Surface extérieure aménagée 1 600m²

Coûts

3 990 000 €HT(dont 3 745 000€HT bâtiment et 245 000€ HT VRD/EV)

Documents

COMMANDE / MAITRISE D’OUVRAGE / MAITRISE D’ŒUVRE
La résidence NIDÉA s’inscrit dans le projet urbain Champ de Manœuvre, au Nord-Est de Nantes, sur un site singulier, le Bois Sauvage, habité par une végétation dense. Le projet est né d’une volonté partagée entre Nantes Métropole Habitat et l’équipe de maîtrise d’œuvre de proposer une forme d’habitat social attentive aux usages quotidiens, à la qualité des espaces extérieurs et au rapport au vivant.
La réflexion s’est construite autour d’une question centrale : quelle forme d’habitat collectif peut aujourd’hui offrir de véritables qualités d’usage dans le logement social, aussi bien en locatif qu’en accession ? Le projet développe ainsi une attention particulière aux espaces partagés et aux transitions entre espace collectif et sphère intime. Cette démarche a conduit à concevoir un ensemble où la générosité des circulations, la multiplicité des vues et la présence du paysage participent pleinement à la qualité de vie des habitants.

ENVIRONNEMENT / RESSOURCES
La résidence est constituée d’un linéaire de maisons mitoyennes, installé au premier plan Rue René Rivet, et d’une bande de logements intermédiaires au second plan, décomposée en deux parties, de part et d’autre d’une faille révélant l’entrée du bâtiment. Ainsi fractionné en deux grands ensembles, le projet permet l’inclusion de la végétation existante à la composition bâtie et la préservation des arbres hautes tiges du site et de ses abords.
Le cœur d’îlot constitue un filtre aux vis à vis entre l’immeuble collectif et les maisons. Alimenté en eau par des noues, il est aussi un paysage singulier à regarder au fil des saisons avec des végétaux de zones humides, des massifs arbustifs, les sujets conservés et de nouveaux arbres à floraisons intéressantes.
Le système constructif en prémurs béton a été choisi pour limiter les interventions lourdes sur ce site contraint et préserver les chênes.

USAGES / FONCTIONNALITÉS
Nous nous sommes interrogés sur ce qui permet de qualifier aujourd’hui l’espace de vie dans l’habitat social et nous nous sommes naturellement orientés vers le rapport entre l’intérieur et l’extérieur. Les contraintes de typologie, de surface, de cahier des charges à respecter produisent des plans de logements optimisés. La marge de manœuvre se situe alors dans l’espace entre clos et ouvert. Dans le cadre de ce projet, préservant un cœur d’îlot végétal, la question prend toute sa valeur. Notre proposition traite du « vivre-ensemble » en élargissant les capacités d’usage, en qualifiant les espaces pour les transformer en lieux de vie selon le désir des futurs habitants. La générosité des espaces de transition, l’étagement des limites entre public et privé, la qualité des seuils, le tissage des vues proches et lointaines, sont autant d’éléments qui permettent de créer du lien et donc de « bien voisiner » au fil des saisons.

INTÉGRATION / ESTHÉTIQUE
L’écriture architecturale du projet repose sur une composition fragmentée de volumes à doubles pentes qui s’insère avec douceur dans le site. L’alternance de petites entités permet de réduire l’impact du programme tout en donnant au projet une silhouette identifiable.
Le projet cherche une forme de sobriété où la répétition des éléments et la palette de matériaux limités produisent une unité d’ensemble. Les façades monochromes en béton lasuré captent les variations d’ensoleillement et les ombres portées de la végétation ; les menuiseries en bois et les éléments de serrurerie galvanisée apportent finesse et profondeur aux façades.
Les loggias, protégées par des tôles perforées, les jeux de retraits et les grands châssis vitrés en bois participent à une architecture attentive aux usages autant qu’au paysage. Le projet propose ainsi une image du logement social généreuse, durable et ancrée dans son territoire.


Bureau(x) d’études : Betom, ECMS, Zephyr paysages
Photographe : Juan Cardona

Amazing Amazones : l’îlot 4B

Îlot 4B, Boulevard de Berlin, 44000 Nantes

107

Programme

Construction d'un îlot mixte de bureaux, de 91 logements en accession autour d'un complexe sportif et ludique.

Concepteurs

  • a+ samueldelmas architectes (architecte mandataire)
  • DLW architectes (architecte associé)

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Altarea-Cogedim

Thèmes

  • Architecture
  • Urbanisme

Année de réalisation

2023

Surface(s)

Surface de plancher : 25 500 m² dont 16 200 m² de bureaux, 5 800 m² de logements, 3500 m² de centre sportif UCPA

Coûts

55 M € HT (Février 2019)

Documents

À la pointe du quartier Euronantes Gare, une triangulation de contraintes enserre un îlot : voies ferrées d’un côté, boulevard de l’autre, neuf mètres de dénivelé, nuisances sonores et les pieds dans l’eau ! Et pourtant, à quelques pas seulement, le calme s’installe. Là, à la jonction de l’ancien et du nouveau, le projet prend racine. Il prolonge le corridor écologique formé par la petite Amazonie, enclave sauvage et sanctuaire de biodiversité. Il densifie sans heurts, mêle les usages et favorise la rencontre autour du sport. À grande échelle, il propose une réponse urbaine où les masses s’entrouvrent pour cadrer les paysages de la ville.

Rencontres urbaines
Trois typologies, un seul dessin : logements, bureaux et complexe sportif s’assemblent dans une composition audacieuse. Ce morceau de ville révèle les qualités d’un quartier où vie quotidienne et activité professionnelle s’entremêlent.

Les gabarits ont été développés pour permettre une coexistence harmonieuse des différentes échelles de la ville, tout en préservant les vues vers les grands repères nantais. En prenant de la hauteur, les usagers découvrent ainsi le panorama nantais, la Loire et le pont Tabarly qui se dessinent en perspective.

Le projet revendique une écriture de la variation. Chaque bâtiment développe sa propre écriture afin de composer un véritable morceau de ville. À rebours des grands ensembles homogènes, l’ambition est ici de fabriquer un mini-quartier vivant et diversifié, où la composition crée l’identité urbaine.

Co-visibilités
Le bâti se segmente en volumes cousins et complémentaires. Chaque entité est autonome mais solidaire, liée à l’autre par des jeux de transparence, de co-visibilité, de percées visuelles. Les espaces s’ouvrent par des loggias continues, des balcons filants, des paliers où l’on respire, où la lumière pénètre sans filtre. Un grand châssis, des menuiseries cachées, un plein, un vide : l’architecture s’épure. Les limites s’estompent.

Rez-de-chaussée
Le socle actif, où se croisent les usagers, s’ancre sur le boulevard et dans la pente. Sa singularité réside dans la relation constante aux espaces extérieurs : chaque hall se prolonge par un patio arboré. Des séquences piétonnes redessinent la parcelle comme une promenade urbaine. Au niveau du sol, l’assise sportive accueille un monde en mouvement. Musculation, danse, escalade : un grand volume se déploie, haut de trois à onze mètres, organisé autour d’un vide. Le bois dialogue avec le béton, les passerelles s’élancent entre les poteaux, les murs d’escalade habillent les parois de bois tactiles. Les espaces traversent, filtrent, tempèrent, ouvrent vers l’extérieur.

Symbiose citadine
Ce sol vivant se prolonge en paysage habité en hauteur où jardins suspendus, loggias généreuses, terrasses panoramiques densément plantées de baliveaux et espaces sportifs résonnent avec le ciel. À la croisée des usages, il accueille les terrasses actives des bureaux, les patios arborés en cœur d’îlot, la terrasse-jardin conviviale du café UCPA. Au sommet, les logements s’élèvent. Tous ouverts sur leurs angles, ils s’ouvrent au panorama. La lumière pénètre à 180°. Le hall d’entrée en double hauteur donne la mesure.

Flexibilité
Les logements reposent sur des plateaux libres et des cloisons en SAD, structurés par des noyaux et des façades porteuses, permettant des transformations typologiques dans le temps. Les bureaux sont conçus comme des plateaux libres et ouverts, capables d’accueillir des configurations de travail variées et évolutives. Guidé par la souplesse d’usage et la réversibilité, le projet accompagne ainsi les évolutions futures de la ville.


Label(s) obtenu(s) : HQE "Excellent"
BREEAM "Very Good"
RT2012 -30%

Informations complémentaires :
Type de marché : Concours privé

Bureau(x) d’études : D'ICI LÀ (paysagiste), EVP (structure), OTE (fluides+vrd), OTEIS (économie), WONDERFULIGHT (concepteur lumière), PEUTZ (acoustique)
Photographe : Thibaut Voisin

Centre de secours et d’intervention routier

Zone de l'Europe - Rue De Bruxelles, 44210 Pornic

98

Programme

Construction d’un Centre d’Intervention Routière et d’un Centre d’Incendie et de Secours réunissant espaces opérationnels, administratifs et de vie : deux remises pour les véhicules d’intervention, des bureaux, une salle de formation, des vestiaires, des locaux de sport et de vie commune, vingt chambres de garde et les équipements techniques associés (tour de manœuvre, station de lavage, stockage extérieur et stationnement).

Concepteurs

  • Bohuon Bertic et associé.e.s

Commune

  • Pornic

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Sdis 44

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2023

Surface(s)

Surface de plancher 4 250 m² (construction neuve) Surface extérieure aménagée 13 750m²

Coûts

8 340 000 €HT (dont Bâtiment 7 175 000€HT et 1 165 000€ HT VRD/EV)

COMMANDE / MAÎTRISE D’OUVRAGE / MAÎTRISE D’ŒUVRE
Le CIR-CIS de Pornic réunit sur une même parcelle deux équipements habituellement séparés. Cette volonté de mutualisation s’est construite autour d’un objectif commun MOA/MOE : offrir un outil de travail efficace, durable et adapté aux réalités quotidiennes des usagers.
Le dialogue mené tout au long du projet avec les pompiers et les agents routiers a permis d’affiner les usages, les circulations et les rapports entre espaces partagés et espaces autonomes. Le projet cherche ainsi un équilibre entre fonctionnement opérationnel, qualité de vie au travail et présence institutionnelle.

ENVIRONNEMENT / RESSOURCES
L’implantation du bâtiment au centre de la parcelle organise clairement les différents usages tout en limitant l’emprise construite. Cette composition simple favorise la lisibilité du site et la rationalité des flux.
Le projet privilégie une architecture sobre et pérenne, pensée pour la robustesse d’un équipement tertiaire fortement sollicité. Le bardage aluminium doré inscrit le bâtiment dans l’atmosphère lumineuse et balnéaire de Pornic. Sa teinte métallique évolue selon la couleur du ciel, la lumière et les variations météorologiques, faisant du bâtiment une présence changeante au fil des saisons et des heures de la journée.
L’attention portée à la lumière naturelle et à la qualité des ambiances intérieures participe au confort quotidien des équipes et à la durabilité des espaces de travail.

USAGES / FONCTIONNALITÉS
L’organisation du projet repose sur une lecture claire des usages. À l’Est, la façade opérationnelle accompagne les départs d’intervention ; à l’ouest, l’équipement dialogue avec la zone d’activités ; au nord et au sud, les espaces extérieurs répondent aux besoins spécifiques des agents routiers d’une part, et des pompiers, d’autre part.
Les remises prennent place aux extrémités du bâtiment tandis que les espaces administratifs et partagés occupent le cœur du projet et s’ouvrent sur un généreux patio végétalisé. Cette disposition permet à chaque entité de conserver son autonomie tout en favorisant des usages communs et des relations quotidiennes entre équipes.
Le bâtiment cherche à offrir des espaces simples, lisibles et accueillants, capables d’accompagner aussi bien les situations d’urgence que les temps ordinaires de travail et de repos.

INTÉGRATION / ESTHÉTIQUE
Dans un environnement commercial hétérogène, le projet affirme une présence identifiable sans chercher l’effet démonstratif. L’écriture architecturale repose sur une forme d’abstraction sobre et compacte : des façades uniformes enveloppent l’ensemble du programme dans un geste continu, souligné par des angles arrondis qui accompagnent les circulations autour du bâtiment.
Cette continuité de l’enveloppe renforce l’unité architecturale du projet malgré la diversité des usages qu’il accueille. Les entrées et sorties sont révélées par des creux sombres dans la façade donnant à lire le fonctionnement du bâtiment avec simplicité et précision.
Par sa volumétrie, sa matérialité et la retenue de son écriture, le projet cherche à inscrire durablement cet équipement dans le paysage de Pornic. L’architecture assume ainsi son rôle civique tout en proposant un cadre de travail attentif aux usages et au territoire.


Informations complémentaires :
Concours

Bureau(x) d’études : Egis BET TCE, Alhyanhe BET acoustique
Photographe : Juan Cardona

Les lanternes de Neyman

Bvd Jean de Neyman, 44600 Saint-Nazaire

108

Programme

32 logements : 11 logements collectifs R+4 max./ 6 logements intermédiaires R+2 max + 15 maisons individuelles groupées

Concepteurs

  • MAGNUM urbanistes mandataire - CAMPO paysagistes

Commune

  • Saint-Nazaire

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • SILENE

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2023

Surface(s)

2765 m² SHAB – 2940 m² SP

Coûts

4 750 000 € (2023)

Documents

Critère 1 — Une exigence portée conjointement entre maîtrise d’ouvrage et maîtrise d’œuvre, où le dialogue de projet élève le niveau d’ambition

Le projet comme espace de dialogue et d’invention
Le projet est né d’une ambition portée collectivement par la maîtrise d’ouvrage et la maîtrise d’œuvre : dépasser l’idée d’un logement réduit à une simple cellule standardisée, normée et suréquipée. Dans un contexte où les surfaces se rationalisent, où les usages se figent et où le végétal devient souvent un simple décor, nous avons cherché ensemble à proposer une alternative plus généreuse et plus ouverte des manières d’habiter.
Silène et Magnum ont engagé un dialogue de projet constant, fondé sur une exigence commune : concevoir des logements pensés comme des volumes à vivre plutôt que comme une addition de mètres carrés. Cette réflexion partagée a permis de défendre, dans le respect de l’équilibre économique de l’opération, des qualités d’usage ambitieuses et parfois atypiques : espaces capables, seuils appropriables, micro-programmes favorisant les rencontres, porosités entre l’intime et le collectif.
Cette collaboration étroite a permis de maintenir l’usager au cœur du projet. Ensemble, nous avons défendu l’idée d’un habitat laissant une place à l’appropriation, où l’habitant conserve le pouvoir d’achever et de faire évoluer son espace de vie dans le temps. Plus qu’une réponse technique ou réglementaire, le projet revendique une vision optimiste et évolutive de l’habitat contemporain.

Critère 2 — Une approche attentive aux ressources et aux contextes, proposant des réponses adaptées aux enjeux environnementaux contemporains

Habiter différemment la profondeur de l’ilot.
Sur ce projet, le boulevard et le coeur d’ilot sont habités différemment. « Les lanternes de Neyman » s’attachent à proposer des modes de vie variant en fonction du contexte, de la profondeur de la parcelle.
Le bâtiment collectif, résolument urbain, participe à la régénération du boulevard. Sa silhouette est sculptée pour briser les effets de masse et s’élancer vers le ciel. Pour respecter le voisinage, le gabarit du bâti s’apaise (R+2) sur sa partie Ouest. Résolument urbain, il puise son identité dans les codes de la ville, avec un travail sur la trame en façade, l’usage de la loggia, associé à des percements généreux.
Alors qu’en fond de parcelle, des maisons groupées de grande typologie s’ouvrent généreusement sur l’espace paysager, tel un hameau résidentiel.
Entre eux, un bâtiment intermédiaire propose, au-delà d’une transition d’épannelage, une alternative entre l’habitat collectif et individuel. S’élevant en R+2, il adopte pour autant la matérialité et le motif architecturale des maisons au Sud (toiture double pente, jardins individuels…). Il est composé de deux volumes distincts relié par une coursive. Un soin particulier est apporté au traitement de la circulation verticale, l’escalier étant couvert pour un confort d’usage et génère un apaisement volumétrique entre les deux masses du bâtiment.

Critère 3 — Une conception répondant aux usages actuels, tout en anticipant les évolutions à venir

Des espaces « capables » intégrés.
Parce que nous vivons tous singulièrement, nous proposons une alternative au plan type, en y intégrant un dispositif singulier à s’approprier : alcôve, double hauteur, balcon, triplex, loggia, terrasse, jardin en RDC, extérieur couvert …
Chaque logement est unique par son plan, son orientation, sa forme … produisant ainsi une singularité d’habitat tout en conservant une sobriété architecturale.
Nous avons poussé notre logique « sur-mesure » jusqu’au choix du système constructif : tandis que les maisons sont en ossature bois, le collectif est en maçonnerie. Le bâtiment intermédiaire adopte un principe mixte.

Critère 4 — Une recherche sensible de qualité architecturale et paysagère, alliant audace et intégration

Une architecture vivante au profit de l’appropriation.
Enfin, persuadés que la singularité architecturale participe aussi à l’appropriation, nous avons le désir d’une architecture vivante, sculptée, d’inspiration vernaculaire avec une volumétrie détournée par une lecture plus contemporaine.
Le 1er ilot de maisons oriente les jardins privatifs sur la coulée verte et sur les sujets végétaux préexistants. Alors que les autres ilots orientent les espaces extérieurs privatifs et les pièces à vivre vers le Sud. En tête d’îlot, des maisons singulières en triplex produisent des signaux marquant les angles intra-parcellaires. Le dessin généreux des ouvertures sur ces émergences propose alors la nuit venue un effet de lanternes.
Le projet s’inspire de la palette végétale « VILLE LITTORALE Ambiance Balnéaire ». les arbres existants sont conservés et une quarantaine nouveaux sont plantés (en cépé ou haute tige). Haies arbustives, frange champêtre et plantes grimpantes agrémentent les espaces publics.


Informations complémentaires :
marché loi MOP

Bureau(x) d’études : ECMS (économie/OPC) – EVEN (structure) – RABIER FLUIDES CONCEPT (Fluides & Développement durable) – A3GI (VRD)
Photographe : Juan Cardona

Accueil Librairie Château des Ducs de Bretagne

4 place Marc Elder, 44000 Nantes

112

Programme

Réaménagement de l’accueil billetterie et de la librairie du musée d’histoire de Nantes

Concepteurs

  • Tact Architectes

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Le Voyage à Nantes

Thèmes

  • Aménagement
  • Architecture

Année de réalisation

2025

Surface(s)

220m² SP

Coûts

Coût bâtiment : 247 000 € HT soit 1122 € HT/m²Pas de VRD ni Espaces verts

Documents

En tant qu’architectes, c’est pour nous un honneur d’avoir travaillé sur un projet dans un site aussi prestigieux que celui du musée d’histoire de Nantes au Château des Ducs de Bretagne. Ce lieu patrimonial majeur, fortement attractif sur le plan touristique, voit sa fréquentation et sa visibilité croître continuellement au fil des années.
Nous avons étroitement partagé avec l’ensemble des acteurs de la maîtrise d’ouvrage les préoccupations et les valeurs qui fondent ce projet de réaménagement : contribuer à l’image d’un musée citoyen et accessible, d’un musée vivant – capable d’accueillir, tout au long de l’année, des propositions artistiques et des événements – et d’un musée engagé dans son époque.

Ce projet de réaménagement dialogue avec les espaces existants majestueux dans lequel il prendre place, tout en répondant aux enjeux de qualité d’accueil, de lisibilité des flux et de confort d’usage pour l’ensemble des publics.

Les intentions projectuelles de ce réaménagement se traduisent par l’introduction de touches chromatiques et matérielles élégantes et chaleureuses qui agissent par contraste délicat avec la spatialité minérale de ces lieux de pierre. La proposition s’appuie sur l’emploi de matériaux nobles et durables – meubles en chêne naturel ou lasuré, textiles épais acoustiques, étagères métalliques lasurées, ponctuations d’éléments en laiton – entrant en résonance avec la pierre et la ferronnerie existantes.

Le parti pris du projet repose sur la déclinaison de trois familles de mobilier, chacune conçue en dialogue avec les éléments patrimoniaux et participant à la définition des zones fonctionnelles :

Des mobiliers d’accueil immédiatement identifiables.

Des mobiliers de pourtour ou de surface, venant effleurer les murs et s’inscrire en écho avec leur épaisseur, leurs redents et leurs aspérités. Leur implantation veille à préserver la lisibilité des éléments patrimoniaux, et notamment des cheminées existantes.

Des mobiliers mobiles, installés au cœur des espaces, reconfigurables en fonction des usages et des appropriations, tout en maintenant une perception pleine et entière des volumes des salles.

Ce projet d’accueil des visiteurs a été pensé afin d’être à la hauteur de la noblesse du site, tout en demeurant convivial et généreux, offrant dès l’entrée un avant-goût de la richesse et de la densité des contenus exposés.


Informations complémentaires :
Mission complète + Opc

Salle polyvalente et restaurant scolaire

Impasse de la Grée, 44540 Le Pin

139

Programme

Réhabilitation et extension d’un bâtiment agricole en restaurant scolaire et salle polyvalente

Concepteurs

  • SET architectes

Commune

  • Le Pin

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Commune du Pin

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2025

Surface(s)

Surface réhabilité 110m², Surface créée 264m²

Coûts

1,52 M € HT

Documents

Pour améliorer l’offre de service sur son territoire, la mairie de Le Pin a souhaité créer un bâtiment polyvalent pour son école, ses habitants et les associations locales. Au-delà de sa fonction quotidienne de restaurant scolaire et d’accueil périscolaire, ce nouvel équipement, composé d’une salle polyvalente et d’une salle d’activités, est envisagé comme un lieu de vie culturelle propice aux échanges et rencontres.
Dans une logique de valorisation de son patrimoine, un bâtiment ancien en pierre situé en bordure du pré – à proximité immédiate de l’école Saint Joseph et du centre bourg – est très vite ciblé par les élus. Resté sans affectation pendant plusieurs années, sa transformation en articulation avec des volumes neufs est très vite imaginée.
Au regard des surfaces et des liaisons à respecter entre les différentes parties du programme, le cahier des charges prévoit notamment l’implantation de la grande salle polyvalente « à cheval » entre la partie neuve et la partie réhabilitée. Les premières études ont été l’occasion de réinterroger cette organisation à travers l’élaboration de plusieurs esquisses élargissant le champ des possibles. Très vite, l’idée d’implanter les deux salles dans la partie neuve et d’offrir un hall plus généreux dans la partie existante est devenue une évidence.
A travers cette répartition simplifiée, le bâtiment ancien est ainsi libéré et maintenu lisible depuis la rue du Sacré Cœur. Positionné à la jonction des deux salles et des sanitaires, le hall d’entrée y est aménagé à la manière d’un « espace tampon » non chauffé et bénéficiant de l’inertie propre à cette construction.
Côté sud, face au pré, l’extension est organisée dans la longueur dans un volume unique de forme simple et régulière. De grandes ouvertures vitrées permettent de bénéficier des apports solaires en hiver et offrent un cadrage sur le paysage lointain. De larges débords de toiture protègent des risques de surchauffe et contribuent à la durabilité des façades bois.
Un vide central est préservé pour maintenir des vues traversantes et offrir un rapport constant à l’extérieur. Positionné entre les deux salles et le hall d’entrée, ce « patio » baigne de lumière ces pièces et encourage leur ventilation naturelle.
L’opération s’inscrit dans une démarche environnementale ambitieuse portée par tous les acteurs dans un esprit de « bon sens » et de sobriété conceptuelle : choix de l’implantation, organisation générale du programme, définition du mode constructif et des équipements techniques associés.
Le recours à des filières biosourcées — bois pour la structure, les menuiseries et le mobilier sur-mesure / isolants en chanvre, lin et coton pour les plafonds / isolants en fibre de bois et paille pour les murs à ossature bois — limite d’abord considérablement l’empreinte carbone de l’opération classée RE2020 seuil 2028. A travers le recours à un savoir-faire local, les pierres issues des nouvelles ouvertures sont réutilisées pour la reconstitution du pignon du hall.
Les équipements techniques ont été définis en étroite concertation avec la mairie et les agents techniques chargés de leur exploitation future. La sobriété et l’efficacité ont guidé tous les choix : plancher chauffant et production d’eau chaude alimentés par trois forages géothermiques réalisés côté jardin, ventilation double flux, installation photovoltaïque en toiture dans une démarche d’autoconsommation collective à l’échelle de la commune, et mise en place d’une cuve de récupération des eaux pluviales et de composteurs pour le potager pédagogique aménagé au pied de la cuisine.
Fruit d’une étroite collaboration avec les utilisateurs lors des études, les espaces sont conçus au plus près des besoins du personnel et des enfants : l’emploi de matériaux absorbants et chaleureux garants du confort acoustique et de la qualité des ambiances, l’intégration de mobiliers et d’équipements sanitaires ergonomiques favorisant l’autonomie des enfants, ou encore à l’aménagement d’espaces extérieurs abrités propices aux moments d’attente ainsi qu’un jardin ludique jouant avec la pente.
Un soin particulier a été porté à l’intégration de l’équipement dans son environnement naturel. D’abord par l’expression de ses matériaux, le dialogue entre la pierre, l’ardoise et le bois, ainsi qu’à travers l’attention portée aux vues et aux espaces extérieurs. Leur traitement et le choix de la palette végétale ont été menés en étroite concertation avec les services de la mairie, notamment à travers une visite collective de la pépinière du Val d’Erdre.
Véritable lieu du quotidien, simple d’utilisation et durable, cet équipement communal se distingue par son approche globale, conciliant qualité d’usage, maîtrise économique et performance environnementale.


Label(s) obtenu(s) : RE2020 Seuil 2028

Informations complémentaires :
Procédure adaptée

Bureau(x) d’études : Techniques & Chantiers (économie + OPC), Arest (structure), AB Ingénierie (fluides), Acoustex (acoustique)
Photographe : Simon Guesdon

Parvis de la médiathèque – Ilot Sanglerie

15 rue des Écoles, 44840 Les Sorinières

102

Programme

L’îlot de la Sanglerie est à proximité immédiate du centre-ville. C’est un lieu de croisement intergénérationnel, entre les aînés et les jeunes générations qui offre des usages mixtes au public : avec la proximité de la maison médicale, l’EPHAD, l’école, les commerces du centre, les logements et qui se renforce aujourd’hui avec la nouvelle médiathèque et son parvis : nouveau lieu de partage et d’échange. La réflexion menée sur le renouvellement urbain de cet îlot s’inscrit dans une volonté plus globale de se réinventer, de remettre en perspective la qualité des services et des espaces publics du centre-ville pour offrir un cadre urbain qualitatif aux habitants et répondre à l’évolution de sa population et de ses besoins. C’est dans ce contexte que l’Atelier du Lieu a accompagné Nantes Métropole Aménagement pour concevoir la requalification des espaces publics : rues, parvis de l’école et de la médiathèque, chemins piétons.

Concepteurs

  • Atelier du Lieu

Commune

  • Les Sorinières

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Commune des Sorinières
  • Nantes Métropole Aménagement

Thèmes

  • Aménagement
  • Urbanisme

Année de réalisation

2024

Surface(s)

5,5 ha

Coûts

333 400€ HT

Documents

La réflexion porte sur le renouvellement urbain de l’îlot Sanglerie jouxtant le centre-ville des Sorinières. Il s’agit de définir le programme de la nouvelle médiathèque et d’étudier la mise en œuvre opérationnelle de l’étude urbaine réalisée sur ce secteur, avec Nantes Métropole, en 2014. Le sujet a été pensé de façon globale pour répondre aux enjeux de développement de la commune. Conforter le pôle intergénérationnel de la Sanglerie participe à remettre à l’échelle le centre-ville des Sorinières. En résulte une attention particulière sur la qualité de la forme urbaine ainsi que sur la multiplication des connexions douces.

Commande Maîtrise d’ouvrage/Maîtrise d’œuvre :
Afin d’écrire le projet culturel puis d’établir un programme pour la nouvelle médiathèque, en parallèle de l’étude de programmation urbaine, l’équipe a travaillé avec les habitants, élus, technicien, BDLA et la DRAC à la préprogrammation. Cette démarche innovante s’est construite en différents ateliers en 2017 :
– Un atelier rêve pour laisser les habitants et les bénévoles imaginer leur médiathèque du futur librement,
– Une matinée de visite d’équipements en illustration et approfondissement des suggestions du premier atelier,
– Un atelier programmation pour échanger sur l’esquisse de programmation proposée par l’Atelier du Lieu,
– Une réunion de travail avec les élus et techniciens,
– Un comité technique,
– Une plénière pour une expérimentation à l’échelle 1 de la pré-programmation .

En 2018, avec Nantes Métropole Aménagement, l’Atelier du Lieu, Zephyr paysage et A3Gi ont retravaillé les études de 2014 dans le cadre d’une mission de MOE des espaces publics, de la rue des écoles et de la Sanglerie au parvis de la médiathèque, en passant par la venelle piétonne à créer, tout en menant la mission d’analyse des ilots à construire.

L’agence d’architecture Tetrarc a été retenue pour réaliser le nouvel équipement avec des logements superposés. Les extérieurs faisant partie intégrante des attentions, il a été décidé de prolonger la démarche de concertation une fois le chantier bien avancé afin de visualiser les lieux :
Encadrées par l’Atelier du Lieu, plusieurs rencontres ont fait évoluer les aménagements :
– Un panel sur la base du volontariat.
– Un « atelier distanciel » réalisé durant la période Covid pour enrichir et coproduire autour du projet en cours et informer les habitants, riverains, utilisateurs et usagers de la médiathèque et de l’école.
– Un « atelier grandeur nature », mené en collaboration avec Tetrarc, où le projet a été tracé selon ses dimensions et emprise réelles. Cette rencontre a permis de multiples discussions entre les usagers et utilisateurs de la bibliothèque, Nantes Métropole et la maîtrise d’œuvre. La « matière » récoltée a pour objectif d’enrichir les scénarios de projet en respectant les orientations des élus qui statueront sur le projet final.
– Des temps d’échanges avec des acteurs spécifiques : école, médiathèque.
Les travaux d’aménagements du parvis ont alors pu avoir lieu en même temps que ceux de l’équipement, en incorporant les retours de ces ateliers.

Ce jour, les réflexions continuent autour de l’ilot C, dont le périmètre foncier a été sécurisé et élargi par la commune, et de la venelle nord encore à aménager. Bien que dessinée, elle est liée à l’ilot B, de logements dont le projet retenu est mené par l’agence JBA.

Usages/fonctionnalités :
Lieu de passage et de rencontre, les extérieurs de la médiathèque ont été pensés comme un espace public pouvant s’adapter à divers usages. Le parvis, ouvert sur la rue des écoles, invite les passants à s’arrêter, traverser et déambuler. Une colline végétalisée, aux contours arrondis, occupe le centre de la placette. Légèrement surélevée, elle est un îlot de fraîcheur qui structure l’espace, permet de s’asseoir tout au long de son pourtour ou encore offre un parcours de motricité libre. En son cœur, une rose des vents ou planétarium, selon les imaginaires, dessine le circuit d’un jeu de billes. Cet espace, nommé « La bulle » a été concerté avec les usagers. Il offre ainsi un terrain de jeu idéal, laissé à l’interprétation, pour les enfants. Le parvis mène au jardin vivrier. Espace à l’ambiance colorée, il permet aux visiteurs de repartir avec des herbes aromatiques ou de cueillir un bouquet. Les cheminements doux, notamment ceux menant au centre-ville, ont fait l’objet d’une requalification. Leur prolongation permet d’améliorer la connexion entre les logements et les différents équipements. En parallèle, les rues adjacentes ont été pensées pour développer les modes alternatifs à la voiture. La chaussée a été rétrécie, au profit de bandes cyclables, de la gestion de la desserte des cars et bus, de trottoirs élargis et de plantations participant à la sécurisation de l’ensemble de la voie.
La venelle nord piétonne offrira quand à elle un maillage doux et végétal, une ambiance de forêt au cœur de cet espace urbain, et des espaces ludiques qui compléteront l’offre du parvis, en lien avec la médiathèque et l’école.

Environnement, ressources :
L’îlot est inclus dans une structure paysagère forte, mais aux masses végétales éparses. La requalification du site a permis de lier les différentes entités pour former une trame verte plus cohérente. L’aspect paysager a été finement travaillé pour faciliter cette lecture du lieu. Ainsi, des masses arbustives ont été plantées en limite de propriété. Jouant un rôle de pare-vue, elles protègent les espaces de vie tout en conservant une certaine porosité, afin de ne pas fermer le site. Les essences végétales intéressantes repérées sur site ont été conservées autant que possible. En parallèle, les joints enherbés des pavés assurent la continuité entre les espaces minéralisés et les espaces végétalisés.

La Sanglerie constitue désormais un pôle mixte de « bien-vivre ensemble », en extension directe du centre-ville. Se voulant être un espace public adapté à des usagers de tout âge, il prend en compte les impacts du changement climatique pour rester confortable en toute saison. La couleur claire du revêtement du sol limite l’absorption de la chaleur en cas de température élevée, et lutte ainsi contre l’effet d’îlot de chaleur urbain. La gestion des eaux pluviales a été pensée à la parcelle, de façon aérienne. Un caniveau recueille les eaux de pluies, qui, grâce à la légère pente du parvis, arrivent dans l’ouvrage de régulation de 150 m² qui sert aussi d’espace de jeu et participe à l’ilot de fraîcheur qu’est le parc de l’EPHAD. L’infiltration dans le sol est complémentée par la colline centrale, semi-perméable de par ses espaces plantés et l’utilisation de pavés adaptés.

Intégration esthétique :
Ce secteur, comme d’autres aux Sorinières, montre une volonté de proposer des architectures contemporaines et urbaines. Leurs formes et implantations en lien avec l’espace public sont remarquables, et témoignent de l’extension du centre-ville urbain : mairie annexe, pôle enfance, EHPAD… Les projets sélectionnés répondent à cet enjeu de prolongement de l’urbanité des Sorinières.

L’aménagement des espaces publics donne aussi à voir l’ambition architecturale et conforte l’urbanité du centre-ville sur et vers l’îlot de la Sanglerie. Il révèle le cœur d’îlot et crée un lien entre les fonctions du site, à la fois parvis végétal et urbain de la médiathèque, à la fois complément de la sortie des écoles, ou enfin, possible sortie du parc de l’EHPAD et prolongement de ce dernier grâce à l’ouvrage de régulation végétalisé.


Informations complémentaires :
Type de marché : procédure ouverte adaptée

Bureau(x) d’études : A3Gi VRD, Zephyr paysage
Photographe : Germain ROZO, Atelier du Lieu

Base nautique de Port Jean

Chemin de Port Jean, 44470 Carquefou

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Programme

Le projet concerne la base nautique de Port Jean pour la Ville de Carquefou : bâtiment, parc à bateau, quai, rampe de mise à l’eau, remise en état de la boire, prairie événementielle et autres espaces extérieurs. La Vallée de l’Erdre, site classé, est soumise à des exigences fortes en termes de protections environnementales. Il s’agissait de restructurer les activités nautiques de Port Jean, tout en valorisant les bords de l’Erdre. Le programme a donc été travaillé en accord avec l’inspecteur des sites classés et l’Architecte des Bâtiments de France. Une première étude, comportant diagnostic et scénarios, menée en concertation avec les utilisateurs, a permis de préciser le cahier des charges. L’Atelier du Lieu a alors pu remobiliser cette base pour continuer la démarche participative, notamment lors de la phase de conception.
Le bâtiment hébergeant 2 associations a été démoli, repensé et reconstruit pour s’adapter aux usages et améliorer son intégration dans le milieu naturel remarquable dans lequel il s’inscrit.

Concepteurs

  • ATELIER DU LIEU architecte mandataire
  • Ouest'Am (paysagiste VRD)

Commune

  • Carquefou

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Ville de Carquefou

Thèmes

  • Aménagement
  • Architecture

Année de réalisation

2023

Surface(s)

402m² SHAB

Coûts

1 100 000€ HT : 650 000€ HT Bâtiment et 450 000 € HT pour l’aménagement Ratio coût bâtiments HT : 1 140€ / m² habitable

Documents

Commande Maitrise d’ouvrage/Maîtrise d’œuvre :
Le projet s’inscrit dans une réflexion de longue date : En 1995, la ville de Carquefou et la Direction Régionale de l’Environnement (DIREN) dans le cadre de l’opération Grand site national de la vallée de l’Erdre initie un projet de recomposition des paysages de Port Breton et de Port Jean. Réunie autour de l’architecte urbaniste Yves Steff, l’équipe imagine la restructuration des activités nautiques avec notamment un port. Mis à jour 15 ans plus tard par SCE, le programme ambitieux ne peut aboutir dans son intégralité du fait des exigences environnementales.

En 2018, l’agence paysagiste Ouest Am’, mandataire, accompagnée par l’Atelier du lieu reprend le projet pour l’inscrire en cohérence avec les attendus de la commission des sites : Une reconquête des vues sur l’Erdre et son site remarquable, une structuration et une pérennisation des activités sportives et récréatives du site et un renforcement des qualités environnementales et paysagères. Le bâtiment accueillant les associations de voile et de canoë-kayak devait être rénové. Les ateliers de concertation menés par l’Atelier du Lieu, architectes, démontrent un besoin bien plus important qu’initialement programmé : le bâtiment existant est trop exigu pour répondre aux usages recensés. Devant ce constat, conjointement et connaissant les risques de changement d’équipes, MOA et MOE décident d’arrêter le projet en phase AVP. La MOA relance un nouvel appel d’offre de projet de base nautique, neuve. Face à ces nouveaux enjeux, la commune passe d’un montant travaux de 430 00€ HT à 1 100 000€ HT. L’Atelier du Lieu, désormais mandataire, remporte le nouvel appel d’offre en 2019 avec Ouest’Am, Gefi, Arest et ECMS.

Les ateliers de concertation se prolongent durant toute la conception du nouveau projet pour affiner les besoins et délivrer un projet par et pour les usagers et les associations. Les échanges dans l’équipe et avec la commune ont permis de tenir les budgets sans sacrifier l’esthétique globale.

En parallèle, de nombreuses discussions et visites ont lieu avec l’inspecteur des sites ainsi que l’architecte des bâtiments de France pour la reconquête du corridor écologique et des perspectives sur l’Erdre. L’ensemble existant est démoli, des arbustes sont arrachés, le dénivelé adouci, une partie du sol est décrouté de sorte à libérer les vues sur l’Erdre et afin de rapprocher le projet neuf de la boire. L’Erdre se révèle depuis la route d’arrivée, les arbres plantés orientent les perspectives, le bâti s’efface au profit des vues vers l’eau. La commission valide le projet ambitieux et souligne les choix osés de la MOA et MOE qui révèlent le site.

Usages/fonctionnalités :
La modernisation de la base nautique permet de revoir complètement l’agencement des locaux pour répondre aux besoins fonctionnels et de stockage des usagers.

Les temps de présentation des étapes de projet ont eté pensés comme des réunions de travail avec la collectivité qui a su associer les services concernés, dont la direction des Sports et des Loisirs. Les associations de voile et de canoë-kayak ont également fait part de leurs aspirations lors d’ateliers de concertation. Ainsi, la surface couverte par le nouveau bâtiment a été multipliée par 3 pour permettre d’accueillir 60 enfants et leurs accompagnateurs, soit l’équivalent d’un car. La requalification du site devait également permettre de conserver les différentes activités prenant place à Port Jean : les activités nautiques bien sûr, mais aussi des manifestations estivales telles que les Rendez-vous de l’Erdre, les Dîners guinguette ou la tenue d’une restauration par la paillote des pêcheries de Loire.

L’ensemble des surfaces allouées au stockage, dont l’intérieur est visible depuis l’extérieur, donne vers la boire ou l’Erdre. Les locaux vestiaires, techniques, etc. sont accessibles dès l’arrivée du stationnement et donnent sur le cheminement longeant l’équipement et le parc extérieur de bateaux. Enfin, le bureau et l’accueil des associations occupent l’angle nord du bâtiment avec la meilleure vue vers l’eau et le grand paysage.

Intégration Esthétique :
L’architecture a été imaginée de plain-pied, tout en compacité avec deux grandes toitures à double pente au niveau des espaces de stockage et d’atelier, émergeant d’un volume plus bas abritant les espaces servants (bureaux, vestiaires…). L’édifice se niche le long de la boire, au pied des arbres existants qui lui offrent un fond de scène naturel exceptionnel.

Les toitures en pente marquent les vues depuis l’arrivée viaire mais aussi depuis la surface de l’eau lorsque l’on navigue sur l’Erdre. Elles offrent des espaces généreux intérieurs et permettent de dissimuler les éléments techniques sans perdre de surface utile.

Le choix d’un bardage bois favorise également l’intégration du bâti dans son environnement, permettant un dialogue avec les massifs arborés qui l’entourent tout en assumant un langage affirmé d’équipement public au service de la population.
Les pignons orientés à l’ouest permettent de créer des ouvertures apportant lumière et ventilation naturelle depuis l’Erdre. La consommation énergétique du bâtiment est alors limitée.

Les locaux intérieurs, dont les ambiances sont le fruit d’échanges continus avec les futurs occupants et la commune ont été travaillés pour valoriser ces espaces souvent relégués au rang d’espaces techniques. Les mobiliers tous agencés, la signalétique est travaillée, les vestiaires et douches sont colorés et accueillants pour le confort et le plaisir des occupants.

L’audace réside dans l’implantation du bâtiment, différente du bâti existant. Permettant de libérer les vues tout en s’installant le long de la boire et des arbres. L’abattage de certains sujets est ainsi longuement discuté avec la commission des sites pour valider ce parti pris, au service du site.

Environnement, ressources :
La reconstruction de la base nautique s’insère dans un projet plus vaste de paysage sur tout le site de Port Jean. La composition de l’équipe réunissant des architectes, des urbanistes, des environnementalistes et des paysagistes a permis de traiter l’ensemble avec une cohérence globale et un dialogue constant entre les différentes dimensions du projet. Afin de redonner au lieu son caractère naturel, différentes ambiances ont été déployées. Ainsi, en entrée de site, c’est le bocage qui est conforté. Un nouveau parking y est aménagé avec des places semi-perméables. Un paysage de prairie ouverte sur l’Erdre est réalisé par la renaturalisation de l’ancien parking. En bordure de noue, l’esplanade est gérée en prairie haute. La végétation de berge est confortée et adoucie. Une ambiance humide est affirmée le long de la boire et des noues de gestion des eaux pluviales ceinturent le site. En parallèle, la boire a été restaurée, avec une forte dépollution, créant une douve de mise à l’eau pour les kayaks. Le projet a permis d’ouvrir des vues sur l’Erdre et de renaturaliser les berges, tout en confortant les cheminements piétons.

La base nautique de Carquefou a donc été pensée comme un site aux usages mixtes, pleinement intégrée à son environnement, le long des promenades de l’Erdre, donnant l’impression qu’elle a toujours été là.


Informations complémentaires :
Subventions :
– DREAL : 30 000€
– DSIL : 100 000€

Bureau(x) d’études : GEFI (Fluides), Arest (Structure), ECMS (Economiste)
Photographe : Patrick MIARA

Maison Hun

Privée, 44100 Nantes

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Programme

Extension / surélévation
Rénovation / Réhabilitation

Concepteurs

  • Tact Architectes

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Privée

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2025

Surface(s)

110 m² SHAB

Coûts

Cout total opération : 207 545 € HT € HT soit 1887 € HT/m²Coût bâtiment (hors VRD / Espace Vert) : 201561 € HT soit 1832 € HT/m²

Documents

Le projet concerne la réhabilitation et la transformation d’une maison située dans le quartier Zola à Nantes, caractérisé par un tissu de maisons de ville typiques des faubourgs nantais. L’intervention s’appuie sur les atouts existants de cette ancienne maison ouvrière – notamment son jardin luxuriant, son orientation ouest et sa configuration traversante – afin de révéler les qualités intrinsèques du lieu avec justesse et mesure.

Un travail conjoint avec la maîtrise d’ouvrage a été menée sur la juste définition des besoins pour dépasser la seule question d’adapter une maison familiale pour permettre le maintient à domicile de ses usagers à long terme, en réfléchissant notamment la question du vieillissement et de l’accessibilité, au travers de l’optimisation des parcours et des espaces. L’architecture a été ici le moyen, à partir de cette demande fonctionnelle, d’une requalification subtile de l’existant qui reconsidère d’un côté le rapport à la rue et de l’autre au jardin.

À partir de l’étude des usages existants, la configuration spatiale est ainsi repensée autour d’un meuble central épais qui organise côté rue les fonctions servantes (entrée, escalier, salle d’eau) et côté jardin les espaces de vie (cuisine, séjour, salon). Cette redistribution du rez-de-chaussée constitue le premier geste structurant.

Cette nouvelle organisation est complétée par une fine extension qui recompose la façade ouest. Conçue comme une galerie en ossature bois, elle agit comme un espace d’entre-deux reliant l’intérieur au jardin, accueillant une terrasse abritée, offrant de nouveaux rangements et permettant l’ouverture généreuse du séjour sur le végétal.

Le bois, par sa texture chaleureuse et apaisante, structure avec subtilité l’aménagement intérieur ainsi que l’extension tournée vers le jardin, dialoguant avec les végétaux et leurs nuances de vert dans lesquelles elle s’inscrit harmonieusement.

Par ailleurs, des touches de couleurs vives — allant du pourpre à l’orangé, en passant par des teintes corail pastel — viennent dynamiser l’ensemble. Elles participent à la composition des volumes, soulignent les différentes strates spatiales et contribuent à créer une atmosphère intérieure conviviale et lumineuse.

Enfin, la rénovation de l’enveloppe du bâtiment (isolation ciblée à base de matériaux biosourcés, création de nouvelles ouvertures, ravalement des façades) vient parfaire l’intervention. Cette approche contemporaine valorise les matériaux existants — pierre, brique, ardoise et végétation — en les associant à la chaleur du bois et à des accents colorés, donnant naissance à une architecture à la fois ancrée dans son contexte et résolument joyeuse.


Informations complémentaires :
Marché privé
Mission complète + Opc

Photographe : tact-architectes