Relier les impasses – Maisons et espace de travail partagé à Nantes

Privée, 44000 Nantes

102

Programme

Construction d’une agence d’architecture, d’un espace de travail partagé et de trois maisons créant une liaison entre les impasses Audran et Vignolle à Nantes

Concepteurs

  • BIGRE ! Architecture- architectes

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • BOUGRES et maîtrise d'ouvrage privée

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2023

Surface(s)

Surface aménagée Agence 172 m2 + Auvent 16 m2 + Terrasse 30 m2Surfaces Maison A (T3 / 2 chambres)86 m2 + Terrasse 15 m2Surface Maison B (T4 / 3 chambres)96 m2 + Terrasse 17 m2Surfaces Maison C (T3 / 2 chambres)76 m2 + Terrasse 15 m2

Coûts

Montant Agence / 308 000 € HT / marchés 2019Montants Maisons / 690 000 € HT / marchés 2019

Documents

A Nantes, à proximité de la Cathédrale, les impasses Audran et Vignolle sont de ces impasses insoupçonnées qu’abrite le tissus urbain de ce quartier à l’arrière du bel ordonnancement des cours Saint-Pierre et Saint-André. Relier ces impasses, comme le demande le Plan de Sauvegarde et de Mise en Valeur de la Ville de Nantes, c’est risquer de rompre l’équilibre fragile entre espace public et espace intime offert à des logements souvent accessibles directement depuis les cours mais c’est l’ouvrir à la promenade pour les habitants du quartier comme les promeneurs curieux.

Si l’espace est public autant qu’il est intime, c’est parce que la ville compose ici une rupture d’échelle et de temps propice à la sociabilité autant qu’à la convivialité. C’est avec ces intuitions que nous devons bâtir un programme et imaginer de nouveaux lieux de vie et de travail. Ils seront accessibles à vélo plutôt qu’en voiture en libérant les impasses d’un vaste hangar.

Son usage étant passé d’atelier de plomberie – pour les derniers artisans mais une ancienne cheminée en briques révèlent sans doute une ancienne forge ou bien d’autres activités – à espace de stationnement pour les voitures des riverains. Ce dernier usage ayant un peu entaché la poésie d’un lieu que plusieurs projets de rénovation d’habitants et d’autres architectes essaient pourtant de tenir et révéler.

La cour, telle que nous la découvrons, est ceinturée de plusieurs habitations individuelles basses, avec aménagement de terrasses et jardinières. La cour comprend de nombreuses bordures plantées d’arbustes accompagnant des plantes grimpantes. La parcelle est presque intégralement couverte par une série de hangars bardés de bois et de tôles ondulées. L’ensemble est en mauvais état. Les hangars coupent toute liaison entre l’impasse Audran et l’impasse Vignolle.

Avec un autre maître d’ouvrage souhaitant créer des logements en centre ville de Nantes, nous imaginons ce programme pour répondre à la demande de la Ville de régénérer ces impasses. S’ouvre alors un dialogue avec l’urbaniste en charge du PSMV, l’architecte des Bâtiments de France et le service urbanisme de la Métropôle.

Le programme, le voici : pour nous, la nouvelle agence est un lieu de travail partagé, lumineux avec une terrasse pour voir le ciel et le paysage environnant ; pour les voisins, trois maisons s’articulant autour de courettes, terrasses et plantations, complétant ce tissu dense d’intérieur d’îlot ; pour l’architecte des bâtiments de France, profiter de l’opération pour révéler et mettre en valeur les arches d’anciennes écuries déjà transformées en habitations.

Depuis l’impasse Audran, le projet prévoit la construction de notre agence reconstituant une façade au fond de l’impasse Audran tout en libérant un passage piéton via un porche entre les impasses Vignolle et Audran. Les constructions basses et implantées de manière relativement denses, sont séparées par de petits espaces plantés ou minéraux dans l’esprit des courettes visibles depuis l’impasse Vignolle. L’implantation des maisons permet de libérer la vue sur la façade ordonnancée de la limite Est et de couvrir le pignon aveugle de la cour.

L’agence reprend les héberges d’une construction plus ancienne en venant s’adosser sur le pignon et la façade aveugle de l’immeuble adjacent. Maisons et agence sont couvertes en ardoises naturelles : simple pente pour l’agence et deux maisons adossées aux mitoyens et double pente avec faîtage à lignolets pour la maison centrale. Les terrasses sont accessibles et traitées en bois naturel. Les trois maisons sont bardées en lames de bois naturel verticales, tandis que le bardage de l’agence est réalisé en bois brûlé selon le procédé nippon du Shou sugi ban. De petits volumes annexes, espaces servants des maisons, sont également bardées de lames de bois noires. Le brûlage du bois de bardage a été l’occasion de plusieurs journées de formation et d’autoconstruction ainsi que d’une démonstration offerte aux habitants de l’impasse Vignolle suivi d’un moment festif.

Notre projet, très intégré dans son contexte, est aussi l’occasion de recueillir les eaux pluviales pour alimenter les sanitaires, de limiter l’imperméabilisation des sols et de maintenir la végétation, d’en offrir de nouvelle, comme l’amélanchier planté avec les voisins lors d’un moment partagé, de préserver la faune en intégrant nids et nichoirs dans le bardage pour les mésanges bleues du quartier.

Afin de limiter les besoins énergétiques, les différents bâtiments qui dessinent le projet sont composés d’une enveloppe performante et compacte en matériaux biosourcés, recyclables, limitant l’empreinte carbone et la toxicité des matériaux, de vitrages performants diminuant les déperditions et favorisant les apports solaires passifs, aussi limités par des stores extérieurs, lorsque cela est nécessaire.

Limitant l’emploi du béton au stricte minimum, les superstructures comme les aménagements intérieurs du projet sont principalement conçues en bois. Les bois sont d’essences locales et ne nécessitent pas de traitement. L’agencement est réalisé en contreplaqué de bouleau ou de pin alliant qualités esthétique et mécanique. Intégrée à l’intérieur des murs à ossature bois, l’isolation est composée d’un mélange coton, lin et chanvre. Les sols sont en caoutchouc naturel et les peintures sont fabriquées à base d’algues. Intégralement blancs, les espaces des maisons et de l’agence ne sont jamais de la même couleur graçe aux variations de lumière que nous offrent les multiples orientations des ouvertures.

Chaque maison dispose d’un grand espace de vie en rez-de-cours perméable dedans/dehors réunissant séjour et cuisine autour d’un ilôt menuisé et d’un poële à pellets. Chacun de ces espaces à vivre dispose d’un cellier attenant formant rangement et buanderie et d’un local extérieur pour entreposer vélos et poussettes. A l’étage, des circulations éclairées naturellement, aménageables pour lire ou travailler, desservent terrasses, chambres et pièces d’eau.

L’agence se développe sur trois niveaux à partir du quai reconstitué et pavé de l’ancien hangar. De part et d’autre du porche prennent place un atelier et un local archive en regard de l’entrée ouverte sur un espace de réunion. Une estrade en bois complété d’un rideau délimitant l’espace de réunion se prolonge par un escalier invitant à rejoindre l’étage, composé d’espaces traversants. Au centre un petit salon accueille un poële à pellets, unique source de chauffage de l’agence, et distribue deux espaces de travail partagé de six places chacun. Séparé du salon par une paroi vitrée, un espace de rangement et de repro dispose d’un escalier rejoignant le dernier plateau. Celui-ci accueille une cuisine, servant aussi de grande salle de réunion, un poste de travail ponctuel et dissimule un espace où dormir. Une pièce d’eau servant de vestiaires aux plus sportifs d’entre nous est accessible depuis ce plateau. Cet étage se poursuit par une grande terrasse dont le garde corps épais intègre un bac à compost, une jardinière pour les plantes aromatiques et des coffres de rangement. Cette terrasse est propice aux pauses ensoleillées avec vue sur un grand cèdre et le clocher de l’église Saint-Clément toute proche.


Photographe : Gwenaëlle Hoyet

Tiers lieu « Maison de la gare »

Place Jean Monnet, 44240 Sucé-sur-Erdre

108

Programme

Réhabilitation de la maison de la gare en tiers lieu, co-working, salles de réception et associatives

Concepteurs

  • LAUS architectes mandataire ; SOCLE architecte associé

Commune

  • Sucé-sur-Erdre

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Commune de Sucé-sur-Erdre

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2024

Surface(s)

300 m² surface plancher réhabilitée

Coûts

798 000 €HT

Documents

** Mutation patrimoniale et programmatique **

L’architecture de la gare de Sucé-sur-Erdre raconte son ancienne affectation : de tels édifices jalonnent le territoire français. Avec la transformation des usages et l’avènement du numérique, la gare n’a plus lieu d’être physiquement au sein de la commune. Il s’agit alors de faire évoluer ce petit patrimoine sucéen en tiers-lieu municipal (salles associatives et de convivialité) et en coworking.
Ce Tiers Lieu est une programmation ouverte sur la ville, un endroit d’hospitalité et de proximités, qui s’adapte à différents modes et rythmes de vie (lieu de travail hebdomadaire ou ponctuel, associatif, etc.). Le projet met en scène convivialité et ambiance collective. Pour équilibrer visibilité du public et sérénité des espaces de travail, il hiérarchise les accès et les flux.

** Faire projet par le vide **

Modifiée par touches à chaque changement d’usage, la gare a progressivement perdu sa lisibilité constructive originelle. Pour la retrouver, un dialogue s’est engagé avec la maîtrise d’ouvrage qui envisageait initialement une extension. En optimisant et densifiant les plateaux, il était possible d’épargner la gare et son environnement arboré de tout ajout. C’est une valorisation par l’absence : les façades sont inchangées, mais révélées par l’apparition de menuiseries en chêne. La toiture est réparée. Le projet prône davantage une mutation par l’usage que par l’image.
A l’intérieur, un nouveau vide central accueille les distributions verticales (escalier, ascenseur, sanitaires) et optimise les circulations. Cela libère de grandes salles (convivialité, réunion, plateau de coworking) et des espaces plus intimes (cuisine, petits bureaux) de part et d’autre d’un mur refend existant.

** S’adapter à l’existant pour le conserver, valoriser les savoir-faire **

Profitant de la proximité des voies de chemin de fer, le bâtiment historique a été réalisé avec des matériaux locaux comme les moellons ou plus lointains comme le tuffeau et les poutrelles métalliques. La réhabilitation rend lisible la juxtaposition des techniques de chaque époque. Sont notamment conservés les planchers construits avec la technique de type « Roussel ». Ils sont composés de poutres métalliques en I reliées entre elles par des fentons à crochets métalliques et fermés par des augets en plâtre. Les interventions de trémie en gros œuvre et métal sont laissées brutes.
Les ouvrages rapportés racontent des savoir-faire. L’escalier en métal dessiné avec le serrurier est une réinterprétation de l’escalier extérieur existant. Le bois se décline sur la plupart des ajouts. Les menuiseries extérieures sont en chêne, les menuiseries et ameublements intérieurs sont en hêtre, massif pour les portes et cloisons vitrées, contreplaqué pour l’habillage du noyau central et les placards.

** Viser l’exemplarité environnementale **

Le bâtiment est le plus passif possible, et la majorité des matériaux employés est d’origine biosourcée. Les murs périphériques sont doublés avec un isolant mélangeant fibres de chanvre, lin et coton. Le doublage fermacell améliore l’inertie intérieure. L’isolation acoustique des salles est en panneaux de fibre de bois. L’ensemble du bâtiment est doté de planchers chauffants alimentés par une pompe à chaleur air/eau. Le renouvellement de l’air est assuré par une ventilation simple flux avec des entrées d’air réchauffées ponctuellement. Profitant d’une toiture ensoleillée plein sud, le bâtiment est équipé de panneaux solaires.


Informations complémentaires :
procédure adaptée

Bureau(x) d’études : BETEM be tce ; ALHYANGE Socotec smart solution acousticien
Photographe : Simon Guesdon ; Laus (existant)

Les petites écuries de Mellinet, arts du feu et du faire

1-4 Square Mathurin Méheut, 44000 Nantes

115

Programme

Requalification des écuries de la zac Mellinet en centre d’artisanat d’art, d’enseignement, résidence d’artiste, galerie d’exposition

Concepteurs

  • LAUS architectes mandataire ; collectif VOUS architectes associé ; LA TERRE FERME paysagiste

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Nantes Métropole Aménagement

Thèmes

  • Aménagement
  • Architecture

Année de réalisation

2025

Surface(s)

735 m² surface plancher réhabilitée2012 m² aménagement extérieur

Coûts

1 785 000 €HT

Documents

** Accueillir des artisans en cœur de ville **

Les petites écuries réunissent autour d’une cour intérieure ouverte au public, des ateliers des arts du feu, des salles d’enseignement, des résidences d’artistes, et une galerie d’exposition. En dialogue avec le quartier de la ZAC de Mellinet, ce lieu est propice à la flânerie, la création, la production.
Dans un contexte où la ville de Nantes cherche à réinjecter des activités artisanales en centre-ville, la renaissance des petites écuries passe par le faire et la transmission. Pour permettre la réalisation du projet, Il s’agissait d’une part d’assurer la venue des preneurs, et les conditions de leurs occupations. D’autre part d’adapter les lieux aux besoins des artisans mais aussi au voisinage résidentiel qui ne doit pas être gêné par leurs activités. Les architectes ont accompagné la maîtrise d’ouvrage dans le questionnement de la programmation, des modes d’exploitations, la recherche des artisans, puis les adaptations du projet aux exigences règlementaires et d’usages inhérentes à leurs activités. Cette conversation au long court (diagnostic, études et chantier) s’est tenue avec la ville de Nantes, Nantes Métropole Aménagement, les acteurs de la ZAC, l’école des beaux-arts, et les artisans.

** Requalifier pour inviter **

Autrefois fermées à la ville par un mur en moellons, les écuries de l’ancienne caserne Mellinet constituaient une enclave dans l’enclave. Le projet rend poreuse cette limite sans l’effacer, pour montrer ces nouveaux usages sur la ville. La cour traversée et le mur d’enceinte percé et restauré ménagent ainsi des points de vue et des entrées invitantes.
Pour allier l’ouverture au public d’un site d’intérêt patrimonial avec la découverte des artisanats du feu, des dispositifs spatiaux et paysagers instaurent une cohabitation sereine entre visiteurs et travail des artisans. La requalification propose de préserver l’esprit du lieu, tant dans l’intervention architecturale que paysagère, grâce au réemploi et à des actions douces sur l’existant. Si l’attitude générale est de lire les interventions (réparations, réutilisations, suppressions, ajouts, etc.), celles-ci sont arrangées de façon à ne pas immédiatement distinguer l’inchangé du changé, l’hérité du réorganisé. C’est aussi lié au fait que les parties modifiées prolongent les façons de faire originelles. Ce lissage qui n’en est finalement pas un, favorise le sentiment d’autorisation des utilisateurs dans leur appropriation des lieux, les encourage à réintervenir et fabriquer à leur manière.

** La durabilité par le soin **

Des éléments iconiques de l’ancienne caserne militaire sont réutilisés : les portails, grilles, et marquises en serrurerie sont rénovés et repeints. Un abreuvoir maçonné est transformé en bac planté d’herbes aromatiques. Des pavés granits sont réutilisés en maintien des terres et soubassements des bancs. Certains proviennent des écuries, d’autres de la déconstruction des bâtiments de la caserne Mellinet. Des plots en pierre qui servaient autrefois à attacher des chevaux sont replacés dans la cour en protection de zone plantées.
La nature du terrain ne permettant pas l’infiltration des eaux pluviales, des auges galva ont été rapportées en pied de chute d’eau pluviales pour retenir les eaux de toiture avant leur rejet dans les fils d’eau de la cour puis le réseau d’eau pluviale de la ZAC. Ces auges sont plantées, quelques-unes en eau élèvent des nénuphars.
Ainsi, certains ouvrages sont laissés en l’état ou réparés (sols pavés, murs maçonnés, toitures ardoises, certaines menuiseries bois) ; d’autres sont remplacés (menuiseries extérieures bois) ; d’autres encore mélangent existant et neuf (dauphins fontes et auges neufs en pied de descentes d’eaux pluviales existantes). Lorsque les bâtiments sont frangés pour permettre un fonctionnement en enfilade (des ateliers par exemple), cela se voit.
Dans des volumes intérieurs qui dosent aspect brut et interventions soignées, les stratégies de chauffage se règlent sur les occupations. Les parties non chauffées montrent leurs murs existants, accueillent parfois des boites neuves en ossature bois isolées (ce sont des espaces de travail chauffés et abrités des ateliers bruyants). Les parties chauffées sont isolées en béton de chanvre.
Le projet adopte volontairement une esthétique du réparé, de l’économie de moyens et matières. Il défend une durabilité par le soin.


Informations complémentaires :
procédure adaptée

Bureau(x) d’études : BETEM be tce ;ALHYANGE Socotec smart solution acousticien
Photographe : Théophile Trossat ; Vous ; Laus ; Nantes Métropole Aménagement (drone)

Halle de Missillac

10 rue du Château, 44780 Missillac

115

Programme

Halle de marché et évènementielle ouverte, Liaison piétonne, Kiosque associatif, alcôves d’expositions, locaux techniques et sanitaires PMR

Concepteurs

  • LAUS architectes (mandataire)

Commune

  • Missillac

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Commune de Missillac

Thèmes

  • Aménagement
  • Architecture

Année de réalisation

2023

Surface(s)

266 m² couvert, 820 m² extérieur

Coûts

579 000 €HT

Documents

** Co-construire un programme **

Depuis une dizaine d’années, la ville de Missillac a amorcé une revitalisation. Elle inclut ses projets architecturaux dans une cohérence urbaine, qu’elle tâche d’organiser sur une vision longue. Elle développe notamment une maille piétonne entre ses équipements. Elle attache une grande importance au maintien des commerçants au sein du bourg. Elle entretient avec eux un dialogue continu.
L’ancienne mairie était un bâtiment à l’alignement de la rue, en entrée de bourg. Sa démolition tardive a révélé une dent creuse en interface de la rue et d’un îlot doté d’une belle variété d’arrières : école, parcelles résidentielles, théâtre. C’est par l’étude urbaine sur la réactivation de cet îlot, qu’a émergé l’opportunité d’un lien traversant et s’appuyant sur une halle de marché en entrée d’îlot et en amorce du bourg.
Le marché se tenait auparavant sur la place de l’église, son dépaysement vers l’entrée de bourg a dû être argumenté auprès des commerçants. De cet échange tripartite architecte – ville – commerçants est né un programme, intégré au dispositif « petites villes de demain ». Dès la genèse du projet, il apparaissait fondamental pour le couple maîtrise d’œuvre – maîtrise d’ouvrage que ce qui se fabriquerait serait un espace public ouvert et disponible, c’est-à-dire non clôturé : condition sine qua non de l’opération.

** Une halle pour accompagner une entrée de bourg **

Dans cette dent creuse récemment libérée, la nouvelle halle retisse la maille urbaine. Elle offre une respiration apaisée en réponse à la place de l’église qui est proche. Par son implantation en recul sur 2 de ses limites, elle dégage un parvis contre la rue principale et ouvre une venelle reliée au cœur d’îlot en mutation. Par épaississement des 2 limites restantes, elle offre des volumes servants clos. Enchâssée dans un site en pente douce, la halle propose une présence signifiante, non dominante et atemporelle : un repli dans la ville, ouvert, animé et accueillant.

** Un abri dans la ville **

La halle s’inscrit dans un héritage des équipements urbains structurants et frugaux, qui valorisent la vie extérieure de la cité. C’est un abri ouvert aux annexes non chauffées, qui s’exprime dans un minimum de matériaux, en utilisant le savoir-faire des entreprises locales : béton (sols, annexes) et bois (charpente, bardages, menuiseries, couverture). Pour leur pérennité et réparabilité, les ouvrages techniques et assemblages sont apparents. La couverture en bardeaux de mélèze brut se scinde en ouïes : elles apportent l’hiver une ventilation de la toiture, et une fraiche respiration l’été.

** Faire sens pour longtemps **

Dans une unité de matériaux où le bois prévaut, l’ambiance recherchée est expressive mais épurée. La charpente est tramée et dansante : le principe de ciseaux des poteaux et arbalétriers brouille la lecture entre éléments porteurs et de stabilité. L’alternance d’assemblages de la charpente bois, avec le retournement d’une ferme sur deux, apporte une diversité dans la répétition. Les plateaux de couvertures, en ouïes, sont posés sur des chevrons suspendus aux pannes. En contraste de cette légèreté, les annexes forment des limites épaisses, monolithiques, en continuité du sol béton. Elles intègrent de grandes baies actives en panneaux de bois brut fixes ou mobiles. Un système de contrepoids sur poulies permet la levée de volets pour ouvrir le bar du kiosque, et des alcôves d’expositions.


Label(s) obtenu(s) : petites villes de demain

Informations complémentaires :
procédure adaptée

Bureau(x) d’études : ASCIA ingénierie
Photographe : Gaëtan Chevrier ; Laus (existant)

Médiathèque de Trignac

29 Rue Marcel Sembat, 44570 Trignac

109

Programme

Médiathèque

Concepteurs

  • ATELIER BELENFANT ET DAUBAS (architecte mandataire)
  • HÉLÈNE HOUPERT ARCHITECTE (Architecte associé)
  • LA TERRE FERME (paysagiste)
  • Nathalie ROUGER (Architecte d’intérieur)

Commune

  • Trignac

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • COMMUNE DE TRIGNAC

Thèmes

  • Aménagement
  • Architecture
  • Urbanisme

Année de réalisation

2025

Surface(s)

Surface de plancher total 810m² dont 404m² d'extension (406m² de réhabilité)

Coûts

Coût total (hors foncier, hors VRD, hors honoraires compris agencement et mobilier) : 2 585 000 €HT Montant aménagement extérieur et VRD : 397 000€ HT

Documents

Trignac – Une médiathèque dans la ville

Un enjeu de requalification urbaine :
À l’issue de la programmation urbaine réalisée en 2019, l’enjeu assigné au réaménagement de cet îlot, dans lequel prennent place les bâtiments de la médiathèque, était de conférer à cet équipement communal une cohérence à l’échelle d’un renouveau du cœur urbain de Trignac. Ce devait être un projet initiateur d’un élan vers la requalification urbaine d’un territoire communal distendu.
C’est ainsi que notre parti a consisté à dessiner la forme urbaine avant le bâtiment, le vide avant le plein.
Le terre-plein par lequel se concluait le carrefour avec la rue de la Mairie, déjà planté de charmes et d’un robinier, a été intégré à un nouvel espace public qui allait se déployer d’un seul tenant le long de l’axe majeur de la rue Louis Labro, grâce au déclassement et à la suppression d’une voirie redondante.
Cette nouvelle disposition urbaine permettait de rendre un foncier disponible pour la partie en extension de la médiathèque, sans que celle-ci n’empiète et ne vienne fractionner à nouveau cet espace public.
De plus les jardins au-devant des anciens logements des forges de Trignac, manifestaient une qualité d’espace que nous ne voyions pas occupé autrement que par le jardin de lecture de la future médiathèque.
L’espace ainsi recomposé par le choix stratégique de la disposition du bâtiment et de ses abords, a permis la mise en synergie d’une place polyvalente, ouverte sur la ville, et d’un équipement public culturel central de la commune. Cette place encadrée des charmes et du robinier qui ont été préservés, et d’un mail planté de magnolias, assure maintenant sa fonction hebdomadaire de place du marché et de lieu occasionnel pour des rassemblements festifs et culturels.

Un patrimoine architectural et urbain :
L’enjeu patrimonial se focalise sur la particularité d’un bâtiment emblématique de la production architecturale qui accompagne la seconde révolution industrielle, très présente sur le territoire communal. C’est une architecture composée, un assemblage ordonné et attentif à la juste place des matériaux : le granite en soubassement, la brique en modénature, le moellon pour les maçonneries. Mais au-delà du bâti, la valeur patrimoniale est constituée par l’assemblage des constructions dans un urbanisme à l’échelle humaine, fait d’un maillage fin de ruelles et de jardins, qui fabrique l’ambiance de cet habitat populaire.

Enjeu technique de la réhabilitation :
L’appréhension de l’état du bâtiment existant a nécessité un diagnostic approfondi pour anticiper ses problématiques spécifiques. Les maçonneries en appareillage de moellons et de briques, ont un fonctionnement hygrothermique particulier dont il faut anticiper la réhabilitation avec des matériaux adaptés. L’absence de coupure de capillarité en pied de mur implique la prise en compte dans la paroi d’un régime hydrique dynamique, auquel il faut répondre par le maintien de la perspirance des parois. Tous les matériaux ajoutés, intérieur et extérieur, sont en cohérence avec ce fonctionnement et maintiennent la perméabilité à la vapeur d’eau de la paroi. Toute autre solution technique invasive pourrait se montrer contre-productive et menacer à terme la pérennité du bâtiment. Les revêtements extérieurs sont ainsi réalisés par des enduits traditionnels et badigeons à la chaux. Les compléments d’isolation intérieure des murs sont réalisés en terre allégée (terre + chanvre) et revêtus d’un enduit en terre crue.
Tous les autres isolants sont bio-sourcés (ouate de cellulose et laine de bois).

Enjeu de l’extension neuve :
Le bâtiment neuf en extension se positionne comme un complément à cette composition dont l’ambition est de laisser la part belle à l’expression des qualités spatiales déjà présentes. Le volume neuf en toit à deux pentes au gabarit similaire à l’existant, est légèrement en retrait. Le rez-de-chaussée manifeste, au premier plan, l’accueil depuis le parvis, et se prolonge au-devant du pignon existant pour accompagner l’adressage du public. Cette extension affirme en façade et en toiture la texture du bardeau de châtaignier, comme une matière naturelle vivante et nuancée, en cohérence avec la projection vers une ère de frugalité.

Organisation spatiale :
L’organisation spatiale privilégie un adressage sur la place publique qui borde la rue Louis Labro. La composition d’ensemble emmène le visiteur vers l’entrée de la médiathèque, en donnant à voir depuis l’extérieur un aperçu de l’activité intérieure. La consultation adulte, et surtout le kiosque à périodiques sont à l’interface, et en co-visibilité avec l’espace public. Une salle mutualisée appelé La Fabrique est accessible indépendamment des heures d’ouverture de la médiathèque.
Tous les espaces de consultation sont de plain-pied, flexibles, abondamment éclairés de lumière naturelle, et en communication réciproque.
La consultation adultes occupe l’espace central. Ses ambiances sont variées par les différentes hauteurs sous plancher et sous toiture, et en co-visibilité avec l’espace public du parvis.
Le bâtiment neuf en construction bois, s’appuie sur la façade nord des anciens logements, qui devient façade intérieure, dégagée sur toute sa hauteur.
L’espace de consultation enfants prend place au rez-de-chaussée du bâtiment existant. C’est une enceinte protectrice et rassurante, par l’épaisseur de ses parois, par sa relation étroite au jardin de lecture sur lequel il s’ouvre en façade sud.
L’espace des adolescents avec son alcôve dédiée aux jeux vidéos, est d’une ambiance encore différente. Il est constitué par un prolongement qui va chercher la vue et la lumière en façade nord.
Pour une bonne surveillance, l’accueil se trouve au centre, à la convergence visuelle de tous ces espaces et de l’accès du personnel.

Le jardin de lecture :
Le jardin de lecture occupe l’espace majeur de la composition. C’est un lieu de détente et de flânerie, clos et apaisé. Il profite d’une situation privilégiée, encadré par les deux bâtiments jumeaux qui se font face, avec une échappée visuelle sur le mail.

La médiathèque dans le paysage :
Aujourd’hui, la médiathèque est quai, à +4,00 m NGF, au sec, en attendant que la mer monte.
Trignac est une presqu’île dans le lit majeur de la Loire et de ses marais voisins.
La médiathèque est une arche de Noé, avec ses livres et ses lecteurs, à juste un mètre au-dessus du niveau moyen des terres pâturées, des anciennes forges voisines et du stade de rugby.
La place s’ouvre au-devant et libère un espace de forme simple pour le marché, la fête de la musique, la projection de la prochaine finale de la coupe du monde de rugby par exemple en 2027… Cette place est cadrée d’arbres existants qui ont été conservés et élagués pour cohabiter avec cette histoire urbaine vivante. Un gradin de 40 centimètres sert à la fois de rive au quai de la médiathèque et de mise en scène théâtralisée de son espace au-devant, où la vie peut prendre place et le spectacle se jouer.
La place est accompagnée d’un mail de magnolias et de lisières propices à la cueillette. Ces banquettes épaisses plantées en creux sont bordées de bancs simples pour servir à la fois de protection des plantes et d’assise pour en assurer le côtoiement revivifiant.
Le jardin de lecture a été dessiné en continuité de l’élégante géométrie architecturale de la façade de la médiathèque, dans cet intervalle entre les bâtiments jumeaux des anciens logements des forges. Ce jardin a fait l’objet d’un soin particulier de dessins d’ouvrages bois sur mesure pour mettre en scène les espaces dans un savant partage dédié à la lecture et aux plantes. Comme le dit Yves GILLEN, en ses jardins du Marais à Herbignac, commune voisine : « les bordures font les allées, les allées font les jardins » . Ici, les allées du jardin de lectures sont adressées au droit des ouvertures de la médiathèque.
Un vieux pommier, « arbre de la connaissance » rappelé par Claude Aufort, Maire de Trignac, a été conservé de haute lutte et cohabite aujourd’hui avec un érable à papier, premier arbre symbolique plantée avec quelques enfants et le Maire le jour de l’inauguration.

Pourquoi la construction en terre crue ?
Ce qu’on appelle construction conventionnelle est un système très récent mis en place après 1950 sous l’impulsion du plan Marshall pour massifier les matériaux et modes constructifs industrialisés. La contrepartie de ce choix politique a été l’élimination brutale des savoir-faire traditionnels. Le système normatif, réglementaire et assurantiel du bâtiment, tel que nous le connaissons aujourd’hui, a été bâti sur cette orientation quasi-exclusive. Il y a maintenant un combat de fond auquel nous participons pour remettre ces techniques en usage. Les bienfaits que procure la construction en terre crue sont de trois ordres : environnemental, sociétal, et individuel.
La terre qu’on utilise dans la construction n’est pas la terre arable qui est laissée à l’agriculture et au vivant. Nous utilisons la terre minérale qui est un matériau universel et abondant. La terre crue est un matériau dit « géosourcé », car il nécessite peu de transformation, pas de cuisson, peu ou pas de transport. Bien plus qu’un matériau recyclable, c’est le seul matériau dont on peut dire qu’il est véritablement réversible. En fin de vie, le matériau a conservé l’intégralité de ses propriétés initiales et il reste identique à ce qu’il était dans le milieu naturel, si on a pris soin de ne pas y ajouter de produits de stabilisation (chaux ou ciment). Son cycle de vie très vertueux en fait un matériau à l’impact environnemental quasi nul.
Le bénéfice sociétal vient de ce que la construction en terre crue se prête modérément à la mécanisation et à l’industrialisation. Elle donne lieu à une forte intensité sociale qui valorise le travail humain et le savoir-faire. Cet aspect ne fait partie ni des exigences réglementaires actuelles, ni des objectifs assignés généralement à la construction. Mais il nous semble indispensable d’y faire contribuer chacun de nos projets.
Les bénéfices individuels concernent l’impact du matériau sur le confort. Ses performances surpassent de loin tous les autres matériaux, particulièrement quand on l’additionne de fibres végétales (paille, chanvre, lin, …). C’est ce qu’on appelle l’effet hygrothermique, qui fait que le matériau rafraîchit l’ambiance en période chaude, et la réchauffe en période froide. C’est un climatiseur naturel en été, et un chauffage naturel en hiver !
Dans les bénéfices individuels, on peut noter que c’est un matériau qui s’entretient et se répare facilement. Il n’est rien de plus facile que de boucher un trou ou un éclat dans une paroi en terre, en colmatant avec la même terre humidifiée. Il ne reste ensuite qu’à passer un coup d’éponge pour homogénéiser la surface, et la différence entre la réparation et l’existant est indiscernable.

Technique de la terre allégée :
Parmi les différentes techniques connues de construction en terre crue, celle qui a été employée pour la médiathèque est la terre allégée. C’est une technique moderne qui consiste à utiliser la fraction la plus fine de la terre (sables fins, limons et argiles) mélangée à de la fibre végétale pour obtenir un mélange léger avec des propriétés isolantes et mécaniques satisfaisantes. Ce mélange est ensuite projeté ou banché, sur une structure porteuse en ossature bois ou en maçonnerie et ensuite recouvert d’un enduit fait de la même terre et de fibres dans des proportions différentes.

Impact environnemental de la terre crue :
La terre d’excavation constitue le principal déchet du BTP. Il n’est donc pas nécessaire de l’extraire spécialement pour réaliser un chantier en terre. On peut récupérer la terre du chantier lui-même, et ainsi éviter le transport pour sa mise en décharge. On peut aussi la récupérer sur un autre chantier à proximité. Elle évite donc la mobilisation d’autres matériaux consommateurs d’énergie et de ressources, et émetteurs de CO2. La terre crue a fait la preuve de sa durabilité millénaire dans la construction. Elle était l’une des principales ressources de la construction, avec la pierre et le bois, avant la révolution industrielle et l’utilisation massive des énergies fossiles. Elle est bien placée pour jouer ce rôle à nouveau dans un contexte de transition énergétique où la recherche de sobriété devient incontournable.
Dans l’alimentation, on s’indigne à raison que des produits ultra-transformés fasse le tour de la planète avant de finir dans nos assiettes, tout en générant des impacts délétères sur notre environnement et sur notre santé. Il en est de même dans la construction où l’analyse du cycle de vie met en évidence que la plupart de nos matériaux conventionnels ont des impacts négatifs sur l’environnement. La construction en terre crue se positionne comme une filière à très faible impact, lorsqu’elle est menée avec bon sens. De l’extraction de la ressource à la mise en œuvre sur chantier il n’y a que quelques kilomètres, et souvent quelques mètres lorsque l’on utilise la terre du chantier ! Le matériau se réutilise perpétuellement sans perdre aucune de ses qualités initiales. Et si on décide de s’en débarrasser, elle retourne tout simplement à son état d’origine dans le milieu naturel.


Informations complémentaires :
Concours

Bureau(x) d’études : ITAC (acoustique), INGELIGNO (structure bois), SISBA (structure béton), ÔMSWEETÔM ENVIRONNEMENT (environnement), AIREO ENERGIES (fluide/thermique), JD ECONOMIE (économiste)
Photographe : Gaëtan Chevrier

La Fabrique Terre

Rue du Pré Fertile - Zac maison Neuve, 44350 Guérande

94

Programme

Atelier de fabrication de brique de terre crue

Concepteurs

  • Atelier Belenfant Daubas

Commune

  • Guérande

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Loire-Atlantique développement SELA

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2025

Surface(s)

Surface de plancher: 334m² Surface Utile: 331m²

Coûts

Coût total en 305 000€ HT (hors foncier, hors honoraires) en 2024 dont 40 000€ HT de VRD

Documents

Implantée au cœur de la ZAC Maison Neuve à Guérande, La Fabrique Terre répond à un besoin concret du territoire en développant une filière locale de production de briques en terre crue. Le projet traduit une démarche ambitieuse et collaborative entre maîtrise d’ouvrage, concepteurs et acteurs locaux, associant production artisanale, recherche et expérimentation constructive. Pensé pour être réversible, le bâtiment anticipe son évolution en logements, lorsque la future tranche de la ZAC englobera le site actuel, affirmant une vision durable et adaptable de son architecture.

Le projet valorise les ressources locales et les savoir-faire liés à la terre crue et à la construction bois. Les matériaux biosourcés dominent : charpente en bois massif, bardage en douglas, remplissage en torchis et enduits terre. Les menuiseries de réemploi ainsi que la réduction importante du béton grâce à la sollicitation de la dalle pour lestage de la charpente, participent à la diminution de l’empreinte carbone. Les dispositifs passifs de ventilation et d’éclairage naturel assurent un fonctionnement sobre et confortable pour les occupants du lieu.

L’architecture du bâtiment s’intègre pleinement dans l’identité de l’écoquartier en développant un vocabulaire inspiré du colombage et des hangars agricole. Les façades expriment directement les usages et les techniques constructives, tout en animant l’espace urbain par une matérialité évolutive. Les filets brise-vent évoquent le paysage agricole local et apportent une dimension mesurée et expérimentale au projet, affirmant une esthétique à la fois technique et contextuelle.

Le bâtiment privilégie des espaces fonctionnels et modulables adaptés à l’activité artisanale tout en anticipant une reconversion future en logements. Cette réversibilité structurelle garantit la pérennité du projet et sa capacité d’adaptation aux évolutions de la ZAC. Les matériaux laissés bruts, la charpente apparente et les dispositifs naturels de ventilation participent à la qualité des espaces de travail et limitent les besoins d’entretien, dans une logique de simplicité constructive et de confort d’usage.


Bureau(x) d’études : CREA ECO CONSTRUCTION (structure bois), AIREO ENERGIES (fluide/thermique), JD ECONOMIE (économiste)
Photographe : Stephane Chalmeau

Extension du siège social de Biolait

5 rue des Entrepreneurs, 44390 Saffré

68

Programme

Tertiaire, Extension des bureaux du premier collecteur de lait biologique en France

Concepteurs

  • Atelier Belenfant Daubas
  • La Terre Ferme

Commune

  • Saffré

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • SAS BIOLAIT

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2023

Surface(s)

Surface de plancher total des bureaux: 1089 m² dont l'extension Surface de plancher réalisé pour l'extension :654 m² Surface utile de l'extension: 626.73m² (344.10m² RDC et 283.63m² R+1)

Coûts

1 597 168 € H.T. (Hors foncier, hors VRD, hors honoraires) chiffré entre 2022 et 2023

Documents

Le projet s’inscrit dans une continuité entre deux phases de construction (2009 et 2023), traduisant une confiance entre la maitrise d’ouvrage et la maitrise d’œuvre. Malgré des systèmes constructifs totalement différents, une démarche unifiée a été retenue afin d’exprimer un seul siège social cohérent. Cette volonté reflète le dialogue entre les équipes et les temporalités du projet, privilégiant l’ambition de développement d’une entreprise ancré dans un territoire.

L’approche environnementale repose sur des valeurs communes entre MOA et MOE en valorisant les replantations, le respect d’une zone humide et la considération de l’impact carbone. Le projet mobilise des matériaux biosourcés (bois, chanvre) et géosourcés (terre). Ce bâtiment produit plus d’énergie qu’il n’en consomme :20 kw/h/m²/an. L’autonomie énergétique est assurée par le photovoltaïque, tandis que la conception sans climatisation privilégie le confort passif (casquette, brise soleil, inertie ) la qualité de l’air et la santé des usagers.

L’écriture architecturale cherche l’unité entre les deux phases du projet et une sobriété de langage mettant en avant **l’intériorité** et le **confort des usagers**. L’expression des façades reste maîtrisée en les unifiant malgré leur passé différent. Ce projet à été le terrain des jeux des artisans terre, dans le cadre d’une formation sur site, ayant réaliser de nombreuses expérimentations dans les murs intérieurs afin de mieux connaître et développer ce matériaux selon différentes techniques ( bauge, torchis, terre allégée, enduit intérieur).

Comme mentionné auparavant, le projet privilégie le confort des usagers à travers une forte performance thermique, une isolation efficiente et l’absence de climatisation. Les matériaux naturels contribuent à la qualité de vie intérieure, notamment via l’inertie et l’autorégulation hygrothermique. La conception constructive simple et durable favorise un entretien accessible à tous et une bonne pérennité, tout en assurant une fonctionnalité adaptée aux usages professionnels.


Bureau(x) d’études : ITAC (acoustique), Ingeligno (structure bois), SISBA (structure béton), Aireo Energie (fluides et thermique), JD économie (économie), ABEIL (VRD), MO (OPC)
Photographe : Jérome Blin

Le Raisin à Plume

15 la Poultière, 44521 Oudon

217

Programme

Jacques est un vigneron convaincu de son impact en faveur de l'environnement, du paysage et du plaisir du goût. Pour ce chai vigneron engagé, notre proposition exploite la déclivité du terrain dans l’intérêt du programme. L’espace de vinification est partiellement enterré au Nord afin de bénéficier de l’inertie naturelle du sol. Les locaux à destination des travailleurs saisonniers localisés au Sud bénéficient de la chaleur du soleil. Construction en matériaux géosourcés et biosourcés : Bois massif Douglas français non traité, remplissage paille hachée (provenance Vendée), doublage biosourcé, bardage bois. Mur bois remplissage terre-chanvre et enduit terre (terre du site). Phyto-assainissement.

Concepteurs

  • Alexandre Gaudin (architecte associé)
  • atelier CARTOUCHE architecture (architecte mandataire)

Commune

  • Oudon

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Domaine Le Raisin à Plume (M. Jacques Février)

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2024

Surface(s)

354 m² de surface utile closes 590 m² de surface aménagée (compris surface de préau)

Coûts

Coût total : 584 563,00 €HT (juillet 2024) décomposition : Coût Terrassement-VRD : 79 865,00 €HT Coût Phyto-assainissement : 28 615,00 €HT Coût Bâti : 480 851,00 €HT, dont : - coût paille : 19 550,00 €HT - coût terre allégée : 8 502,00 €HT

Documents

Un dialogue exigeant au service d’une ambition partagée :
Ce projet est né d’une collaboration étroite et itérative avec notre client, où chaque choix a été co-construit pour répondre à une double exigence : celle d’un programme polyvalent (agriculture, vinification, dégustations, stockage, vente) et celle d’une intégration respectueuse de son territoire. Ensemble, nous avons élevé le niveau d’ambition, en faisant de la contrainte (un site très visible et marqué par son relief) une opportunité pour innover.

Une réponse ancrée dans son contexte, sobre et résiliente :
Littéralement moulée dans le paysage, la proposition s’encastre dans la topographie existante, tandis que sa toiture claire, en écho aux lumières changeantes du ciel, protège naturellement le vin des surchauffes estivales. L’usage de la paille hachée — matériau local, abondant et porteur d’une identité agricole forte — incarne notre volonté de puiser dans les ressources du territoire. Premier chantier de ce type en Pays de la Loire, il a nécessité de convaincre, former et fédérer les acteurs locaux, sélectionnés pour leur proximité et leur savoir-faire.

Anticipation et adaptabilité :
Conçu comme un outil vivant, le chai anticipe les évolutions des pratiques viticoles et des attentes sociétales (accueil de professionnels et clients, pédagogie, flexibilité des espaces). La co-conception avec le maître d’ouvrage a permis d’ajuster chaque détail aux usages actuels et futurs, garantissant une pérennité fonctionnelle et symbolique.

Une qualité architecturale au service de la sensibilisation :
Au-delà de sa performance technique et environnementale, le projet se veut pédagogique : par sa matérialité brute et son insertion discrète, il invite à interroger notre rapport au paysage et aux ressources. Une démonstration concrète que l’audace partagée peut rimer avec humilité — et que l’architecture, même utilitaire, peut devenir un levier de prise de conscience collective.


Label(s) obtenu(s) : Lauréat du Prix Régional de la construction Bois Pays-de-la-Loire 2025, catégorie "Travailler, Accueillir"
Finaliste du Prix National de la construction Bois 2025

Photographe : Patrick Miara

LES ACHIMISTES

15 rue Ada Lovelace, 44400 Rezé

180

Programme

Bâtiment destiné à l’activité de tri et de massification de matières organiques : atelier, bureaux et locaux sociaux

Concepteurs

  • GLV architectes et Christian FARES architecte

Commune

  • Rezé

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • LES ALCHIMISTES

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2025

Surface(s)

580m2

Coûts

436 000€HT, compris VRD et aménagement paysager

Documents

Projet « Les Alchimistes » – Rezé
Note de présentation – Prix CAUE 44 2026
Le projet réalisé pour Les Alchimistes à Rezé accompagne le développement d’une activité de collecte et de valorisation des déchets organiques, dans une démarche conjuguant sobriété constructive, adaptation fonctionnelle et ancrage territorial. Le bâtiment associe atelier de process et espaces tertiaires, dans une écriture architecturale simple, durable et évolutive.
1. Commande – Dialogue MOA/MOE
Le projet est né d’un dialogue étroit entre l’équipe des Alchimiste et l’équipe de maîtrise d’œuvre composée de GLV architectes, Christian Fares, et les BET AREST (structure), WOR (fluides)
Dès les premières réflexions d’implantation sur le site, l’équipe a accompagné Les Alchimistes dans une démarche d’AMO afin de définir précisément les besoins, les usages et les évolutions constantes de leur activité, dans un cadre financier contraint.
Des échanges avec d’autres sites des Alchimistes ont également permis d’intégrer des retours d’expérience concrets afin d’optimiser le fonctionnement du bâtiment et sa capacité à évoluer, notamment en réserves de surfaces de bureaux.
2. Environnement – Ressources
Le projet privilégie une approche bas carbone et frugale en ressources.
La structure, la charpente, le bardage bois et les bureaux en MOB mobilisent des matériaux biosourcés et des savoir-faire locaux, avec une préfabrication hors site limitant les nuisances et les déchets de chantier.
Les empierrements existants ont été réemployés afin de limiter les apports de matériaux et les transports.
Une installation de cuves de récupération des eaux pluviales a été mise en place pour accompagner les usages du site (Lavage des bacs).
La toiture mono-pente orientée au sud supporte une installation photovoltaïque participant à la production d’énergie renouvelable.
3. Intégration esthétique
Implanté dans une ZAC, le bâtiment s’adosse à une construction existante dont il reprend le gabarit tout en affirmant une identité propre grâce à une matérialité bois assumée.
Le bardage brut de sciage posé à claire-voie engendre une vibration de façade en résonance avec l’activité de massification des matières organiques, tout en renforçant la ventilation naturelle du hangar.
Le projet affirme également une dimension technique singulière avec la mise en œuvre de portes coulissantes suspendues de 36 m², 4 portes d’accès aux engins, vers les bennes de transfert.
4. Usages – Fonctionnalité
Le projet a été conçu à partir d’une analyse des flux et des process de travail : arrivée des déchets organiques, tri, aiguillage, lavage des bacs, massification puis départ des camions…
L’organisation spatiale intègre également l’évolution constante de cette activité en forte croissance.
Deux typologies d’espaces ont été développées : un atelier largement ventilé naturellement, et des bureaux conçus avec une forte exigence de confort thermique et de sobriété énergétique (performance de l’enveloppe, protections solaires, limitation du recours aux équipements techniques).
L’ensemble vise un cadre de travail durable, fonctionnel et adapté aux usages quotidiens.


Informations complémentaires :
marché privé

Bureau(x) d’études : AREST (BET structure) et WOR (BET Fluides)
Photographe : crédit photos GLV/CF architectes

Musée Dobrée

1 place Jean V, 44000 Nantes

118

Programme

Réhabilitation des bâtiments existants, privilégiant un usage d’exposition pour le Palais Dobrée et le Manoir Jean V, et création d’extensions neuves pour intégrer accueil, boutique, espace de restauration légère, salle polyvalente (conférences, expositions, événements), avec valorisation et requalification des espaces extérieurs

Concepteurs

  • Atelier Donjerkovic (architecte du patrimoine)
  • Atelier Moabi (Paysage)
  • Atelier Novembre (architecte mandataire)
  • Ateliers Adeline Rispal (Scénographie)

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • DÉPARTEMENT DE LOIRE ATLANTIQUE

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2024

Surface(s)

5 000 m² SU soit 7 400 m² SP, dont 1000m² d'extension enterrée (démoli 1 200 m²)

Coûts

32 M€ HT de travaux (valeur 2024)

Documents

Enjeux du projet : un contexte sensible à réunifier
En plein cœur de Nantes, le musée Dobrée abrite des collections uniques par leur richesse et leur diversité tout en réunissant un ensemble patrimonial remarquable constitué de trois bâtiments d’époques et de factures différentes : le palais (bâtiment du XIXe siècle d’inspiration néo-romane), le manoir Jean V (bâtiment du XVe siècle) et le bâtiment Voltaire (caractéristique de l’architecture brutaliste des années 1970).
Outre la rénovation lourde de ce bâti existant, le principal enjeu du projet a donc consisté à résoudre la question de l’unité du lieu en intervenant notamment sur la redistribution des flux et la simplification des parcours des visiteurs, mais également à créer des espaces fonctionnels tout en révélant les potentialités de ce patrimoine bâti. Par une approche globale et sensible, les propositions architecturales, paysagères et scénographiques s’attachent ainsi à répondre à l’ambition du Département de Loire-Atlantique « de révéler et faire rayonner le site du musée Dobrée dans toute son originalité ». En requalifiant ce parc muséal et urbain, le futur domaine a pour vocation de devenir une composante forte de l’identité de la Ville et un des nouveaux leviers de son attractivité.

— Intentions architecturales et paysagères
Initiée par une pente douce qui se glisse entre le manoir de la Touche et le bâtiment Voltaire, une promenade libre d’accès met en scène les édifices et relie les différents espaces extérieurs du site. Le projet paysager participe pleinement au fonctionnement de l’établissement en affirmant ses accès, et en liant les différents bâtiments du domaine pour les inscrire dans un ensemble cohérent et convivial sans conflit de gestion ni d’usages. Quatre espaces s’entrecroisent ainsi : une promenade végétalisée hors douane participant à la vie de quartier pour flâner et se détendre ; un vaste jardin dédié aux activités ludiques et aux jeux d’enfants ; un parvis pour profiter d’un café à l’ombre des arbres ; et enfin un cœur de jardin (sous douane) pensé comme une pièce de musée qui invite le visiteur à contempler les détails architecturaux du palais.
Souhaitant susciter à la fois curiosité et étonnement, le projet architectural propose des ponctuations qui animent les parcours et rendent lisibles les composantes du site. Une écriture identitaire et contemporaine est ainsi conçue pour permettre à la fois de signaler une nouvelle urbanité, de prolonger par son originalité l’énigme de l’œuvre singulière de Thomas Dobrée mais aussi de résoudre délicatement la question de l’unité du lieu.
Agissant comme un fil conducteur, un matériau unique est utilisé pour signifier les interventions nouvelles : le glacis de la rampe qui accompagne dès l’entrée le visiteur, l’auvent qui identifie les espaces d’accueil, le volume ajouré du noyau vertical du manoir de la Touche et l’incision pratiquée dans le jardin central. Le choix s’est porté sur des parements ou profils métalliques dont la texture et les oxydations jouent par mimétisme avec la richesse des couleurs des moellons granitiques du manoir de la Touche, des schistes et pierres de Chauvigny du palais Dobrée et des bétons architectoniques du bâtiment Voltaire. La cohérence de cette intervention vient agir, sans ambiguïté, comme un trait d’union pour requalifier le site.

— Approche scénographique de ce musée de collectionneur
Les collections du musée Dobrée sont constituées de 135 000 œuvres et racontent 500 000 ans d’Histoire (de la Préhistoire au XXe siècle) sur 5 continents. Déployant ce fond exceptionnel, le musée offre un espace permanent d’exposition de plus de 2 000 m² dans le palais, complété par un espace d’expositions temporaires de 400 m² dans le manoir.
Pour ce musée d’objets, le projet scénographique propose au public une approche intimiste en grande proximité avec les collections. L’ambition est de concevoir un « musée à vivre » : plus qu’un lieu d’expositions, il est pensé comme lieu de vie où le public peut librement découvrir les collections par des approches diverses, des rencontres culturelles mais aussi selon ses envies – faire une pause, lire, contempler, étudier, ou se restaurer à la terrasse du café, participer à une visite guidée ou à un spectacle.
Porté par le Département de Loire-Atlantique, ce projet de rénovation souhaite donc révéler toute l’originalité de ce lieu atypique, ainsi qu’offrir aux futurs visiteurs une expérience muséographique unique, vivante, accessible à tous les publics.

— Réconcilier les époques et anticiper les usages à venir
Cette ambitieuse restructuration a ainsi conduit à des interventions relativement conséquentes pour répondre aux objectifs de fonctionnalité, d’attractivité et d’évolutivité. Bien que les bâtiments ne soient pas protégés au titre des monuments historiques, ils font partie du patrimoine nantais et constituent, avec les collections, le fonds patrimonial de l’institution.
Il est donc apparu nécessaire de valoriser et prolonger la mémoire du site par de justes interventions contemporaines, sans ostentation, en se nourrissant de toutes les données du site, des époques les plus anciennes aux interventions du XXe siècle, considérant que chacune a contribué à écrire un pan d’histoire de ce lieu très apprécié des habitants.

— Qualité de la relation entre le maître d’ouvrage et l’équipe de maîtrise d’œuvre
Outre la modernisation du musée, les intervenants qui ont porté ce projet avaient pour point de mire l’idée d’un équipement confortable et fonctionnel qui puisse « produire » du lien, c’est à dire créer les conditions de rencontres entre les différents publics, une institution qui contribue à engendrer des opportunités ou des invitations.
Le travail conjoint de la maîtrise d’ouvrage et de l’équipe de maîtrise d’œuvre a en ce sens stimulé les imaginations pour apporter une réponse architecturale, patrimoniale, paysagère et scénographique globale et cohérente. Il a permis un dialogue riche, à l’image de la complexité de ce morceau de ville.
Au-delà du concours, ce processus de réflexion a pu s’enrichir d’un dialogue fécond, nourri notamment de réunions publiques participatives.


Informations complémentaires :
Musée fermé depuis 2011 ; premier concours recalé par la justice administrative en 2014 ; second concours loi MOP (avec l’Atelier Novembre lauréat) en 2017.
Financement (50 M€ TDC, Toutes Dépenses Confondues, dont 32 M€ HT de travaux) :
– Département de Loire-Atlantique
– Etat / Ministère de la Culture (via la Direction régionale des affaires culturelles des Pays-de-la-Loire, à hauteur de 4,5 M€)
– Région Pays-de-la-Loire (à hauteur de 3 M€)

Bureau(x) d’études : Oteis (Tce, Opc, Economie, Ssi & Sécurité), Jean-Paul Lamoureux (Acoustique), Innovision (Audiovisuel, Multimédia, Numérique), Temeloy (Conception lumière), Chevalvert (Graphisme, Signalétique)
Photographes : ©Luc Boegly (photos : 1 et 12 à 19) ©Shimmura Takuji (photos : 2 à 11 et 20)