Mellinet – 81 logements en structure bois et béton de chanvre

41-51 Mail de la Caserne Mellinet, 44000 Nantes

119

Programme

81 Logements (5247 m² SHAB)
4 surfaces d’activités (800 m² SU)
Un parking de 81 places en infrastructure.
R+2 à R+6 – 2ème et 3ème famille A

Concepteurs

  • Atelier d'Architecture RAMDAM
  • PALAST

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • BATI NANTES
  • ICEO

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2025

Surface(s)

6392 m² SDP5247 m² SHAB800 m² SU

Coûts

14 500 000 € HT2237€ HT/m² SDP

Documents

Depuis 2019, nous, Atelier d’architecture RAMDAM et PALAST recherchons, explorons, échangeons, débattons, convainquons, dessinons, ajustons, rêvons de la construction d’un ensemble immobilier de 81 logements aux façades de béton de chanvre. Après plus de quatre ans d’études et deux ans et demi de chantier nous sommes fiers de voir ce projet devenir réalité. D’abord dans les ateliers de Wallup Prefa où 450 modules chanvre ont été préfabriqués. Ensuite à la Caserne Mellinet de Nantes où ils ont été assemblés à la structure bois par les charpentiers d’ACDF puis enduits à la chaux.

Aujourd’hui, les habitants s’approprient les logements et demain les commerces vont s’installer. Dans quelques mois, nous l’espérons, il restera de notre aventure un immeuble vivant, intégré à son quartier, symbole qu’il est possible déconstruire avec des matériaux plus vertueux.

QUALITÉ INTÉGRATION DANS UN CONTEXTE EXISTANT
La parcelle du projet se situe à l’entrée de l’ancienne Caserne Mellinet depuis la Place du 51ème Régiment d’Artillerie.Ce nouveau quartier est divisé en six « hameaux » par les urbanistes. Notre projet constitue la dernière pièce du hameau Chapus qui assure la transition entre le faubourg Saint-Donatien et le cœur de la caserne et ses bâtiments cossus. Il en forme le front bâti, le long du grand mail piéton. Cette situation lui permet de s’inscrire véritablement dans un dialogue avec le « déjà-là » formé par les nouveaux logements, le patrimoine bâti et les arbres remarquables du mail. Le travail sur les variations volumétriques des constructions contribue à l’animation des espaces publics et à la transition subtile entre les maisons de la ville ancienne et le cœur du nouveau quartier plus monumental. Il génère sur la promenade et au sein de la parcelle une variation de l’intensité lumineuse et des ombres portées, permettant d’éviter un effet de masse. Les découpages judicieux participent à la silhouette urbaine du projet et à l’identification des logements. Ceux-ci bénéficient de vues dégagées profitant des axes paysagers et des interstices entre les bâtiments environnants. Les porches d’accès aux immeubles constituent de véritables fenêtres vers le cœur d’ilot partagé avec les immeubles voisins.

CONSTRUIRE AUTREMENT, PENSER (et dessiner) DIFFÉREMMENT
La transformation de l’ancienne caserne Mellinet, située au cœur de la ville de Nantes, représente une opportunité formidable de répondre aux enjeux de la ville contemporaine.Le projet s’inscrit dans une ambition constructive forte, en proposant une structure bois et des façades minérales en béton de chanvre enduites en cohérence avec la volonté des urbanistes de prolonger l’identité du faubourg Saint-Donatien dans le nouveau quartier. Par son écriture architecturale, le projet tend à donner à lire ce mode constructif novateur et vertueux, entre minéralité et légèreté.L’ordonnancement des niveaux bas et des niveaux hauts et l’échelle des volumes renvoient à l’architecture des bâtiments de casernement conservés. La domesticité du projet se retrouve dans l’échelle de la fenêtre, de sa proportion et de sa modénature.

Le rythme de la façade répond à la disposition des logements, et permet de séquencer les volumes, grâce à l’alternance de grandes baies et de trumeaux en béton de chanvre aux arrêtes adoucies. Ces trumeaux courbes donnent à voir la plasticité du béton de chanvre et mettent en valeur la qualité et l’intérêt d’un enduit à la chaux.L’architecture douce et subtile présente une vibration légère soulignée par les ombres portées.Ici, la réappropriation de l’une des premières plantes cultivé par l’homme permet de questionner notre manière de construire des immeubles de logements.

LE BÉTON DE CHANVRE – PROTOTYPES
Plante historique et abondante en Pays de la Loire, le chanvre est une ressource végétale renouvelable annuellement utilisée pour l’assolement. Elle a un cycle de croissance rapide et consomme très peu d’eau.
Au regard des forts enjeux économiques liés à la commercialisation de logements et compte tenu de l’échelle du projet, la question de la préfabrication hors site est abordée dès le concours. Le projet propose une manière relativement singulière de construire à partir de matériaux biosourcés, avec l’ambition plus globale de démontrer la réplicabilité du processus et l’efficience des installations techniques. Pour cela une série de prototypes a été testée,d’abord en maquette à l’agence d’architecture, puis en modélisation informatique en vue de la réalisation échelle 1 par un artisan du chanvre au stade du permis de construire, enfin, sur le chantier pendant la phase de préparation du chantier.Des évolutions de la réglementation sont ratifiées pendant l’élaboration de ce démonstrateur témoignant du caractère novateur de cette démarche. (Règles professionnelles de la construction chanvre 2024)

LE BÉTON DE CHANVRE – MISE EN ŒUVRE
Aggloméra de paille de chanvre (la chènevotte), de chaux et d’eau, le béton de chanvre est habituellement projeté ou banché sur site. L’échelle du projet nous a conduit à préconiser la fabrication des panneaux en chanvre dans les ateliers du charpentier. La dépendance au climat est ainsi limitée, le temps de séchage maitrisé. La dimension des trumeaux est optimisée.Stockés debout, ils sont faciles à transporter et à mettre en œuvre. Une fois installés, ils apporteront des qualités d’inertie et aideront à la régulation de l’hygrométrie du bâtiment.

STRUCTURE
L’infrastructure, le rez-de-chaussée et les noyaux de distribution verticaux (escaliers/ascenseurs) sont réalisés en béton. Le reste des immeubles est construit en structure poteau/poutre/planchers/charpente bois. Si le bois est très peu apparent au sein des logements en raison des réglementations en vigueur pour des immeubles de cette envergure, les discussions avec le bureau de contrôle ont tout de même permis de garder une partie des poteaux apparents, et de réaliser les espaces extérieurs privatifs en bardage.

RÉEMPLOI
Parmi les engagements du Maitre d’Ouvrage à l’aménageur, la promesse de pourvoir 26 des 81 logements de parquet de réemploi dans les pièces sèches. Issus de chantiers de déconstruction ou de réhabilitation en Pays de la Loire, la quête de gisements a parfois été délicate. La mise en œuvre le fut tout autant que la disparité de ces ressources. En résulte une expérience enrichissante et de très beaux logements.

UNE EXIGENCE CONJOINTE AVEC LA MAITRISE D’OUVRAGE
Si la relation avec les opérateurs de la promotion immobilière est parfois délicate, pour ne pas dire tendue, nous nous devons tout de même de saluer l’engagement de notre Maitre d’Ouvrage à réaliser un tel projet. Les moyens humains mis en place jusqu’à la livraison du projet et la confiance finalement accordée pendant toute la phase de chantier ne sont pas très courant.

Dès les prémices, nous, architectes des ateliers RAMDAM et PALAST avions décelé que l’ambition du projet était telle que nous ne pouvions que faire corps pour pouvoir la porter. C’est ainsi que nous avons pris la décision de ne faire qu’un ensemble à l’écriture architecturale unique. Cette posture nous a permis de faire front derrière le projet et devant notre Maitre d’Ouvrage, même aux heures les plus dures des études et de l’appel d’offres.


Label(s) obtenu(s) : Le projet atteint un niveau d’intégration des matériaux biosourcés 3 fois supérieur au niveau 3 du label : 104kg/m2 deSDP

Informations complémentaires :
Mission complète + OPC
Concours restreint Promoteur-Architectes

Bureau(x) d’études : CAN-ia (BE spécialiste du chanvre), Synergie Bois(BE structure), SoLAB (BE environnement), Rousseau (Economiste), Fondasol (Géotechnicien), Lalu (Paysagiste), Cycle-up (AMO réemploi), Quatuor (MOX et OPC)
Photographe : Charles Bouchaïb, Javier Callejas

Halte Vélo

La pierre Percée, 44450 Divatte-sur-Loire

124

Programme

Halte à vélo, capitainerie et belvédère sur Loire

Concepteurs

  • Tact Architectes

Commune

  • Divatte-sur-Loire

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Communauté de Commune Sèvre et Loire

Thèmes

  • Aménagement
  • Architecture

Année de réalisation

2024

Surface(s)

160 m² SP

Coûts

Coût bâtiment : 325 000 € HT compris Aménagement extérieur, soit un ratio de 2031 €m² HT

Documents

Le projet consiste à remplacer un cabanon existant par une halte à vélos multifonctionnelle à Divatte-sur-Loire, intégrant un belvédère, des sanitaires et une capitainerie. Pensé comme une halte importante sur l’itinéraire « La Loire à Vélo », cet aménagement vise à accueillir divers publics (habitants, promeneurs, touristes) tout en valorisant le site de la Pierre Percée et son territoire.
Dans ce contexte paysager remarquable, le projet s’emploie à déclencher un nouvel imaginaire à partir de l’histoire des lieux. La démarche consiste à s’appuyer sur des références formelles et des savoir-faire locaux, en transformant l’existant avec délicatesse afin d’ouvrir la voie à de nouveaux récits. Cette approche puise notamment :
-dans le registre des formes des serres maraîchères, l’effet cinétique de leurs structures légères en acier, leurs lignes courbes, la continuité des couvertures et les jeux de transparence
-dans le registre des formes ligériennes, telles que les nasses en vannerie, la toue de Loire ou encore les pontons.

Le site, par son positionnement exceptionnel, en balcon sur le fleuve nous a engagé à développer un projet fonctionnel, intégrant les aménités nécessaires à l’accueil des cyclistes et des promeneurs. Pour cela, nous avons veillez à faire de ce lieu un signal, par une architecture remarquable mais néanmoins respectueuse du contexte et inscrite dans le paysage ligérien.
L’organisation des fonctions et des espaces s’appuie sur les différents niveaux d’accès (la levée en partie haute et le chemin en contrebas- afin de permettre une simultanéité des usages tout en valorisant les qualités intrinsèques du lieu : la matérialité du sol, des murs et la végétation des bords de Loire au niveau des quais ; la relation visuelle à la rive d’en face et à l’horizon depuis la digue ; la vision panoramique et le ciel ligérien depuis un belvédère accessible.


Informations complémentaires :
Mission complète + Opc

Photographe : © Pierre-Romain Guedj et © jamet.vlad

Haras de Nantes

16 Rue Gulliver, 44240 La Chapelle-sur-Erdre

110

Programme

Création d’un centre de formation, de supports de compétitions et requalification des espaces extérieurs existant

Concepteurs

  • Tact Architectes

Commune

  • La Chapelle-sur-Erdre

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Haras la Vaillantière

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2025

Surface(s)

503m² SP chauffé + 500m² couvert

Coûts

2 433 100 € HT soit un coût au m² de 1775 euros/m²1 780 000 € HT (hors VRD et aménagement paysager) soit un coût au m² de 2 426 euros/m²

Documents

Le Haras de Nantes est situé au lieudit La Vaillantière, au nord de La Chapelle-sur-Erdre. Premier club de licenciés de Loire-Atlantique, il s’engage aujourd’hui dans une nouvelle phase de son développement, à la croisée de la continuité et du renouveau.
Le site se distingue par des qualités paysagères remarquables. Il s’inscrit dans un paysage de bocage structuré par un maillage dense de haies et d’éléments végétaux linéaires, véritables réservoirs de biodiversité. Ce territoire est également marqué par une forte présence agricole, alternant pâturages et cultures.
L’existant révèle une juxtaposition de hangars, majoritairement en charpente bois et couverts de toitures métalliques à deux pentes. Un premier bâtiment linéaire, doté d’une façade en bois reposant sur un soubassement en parpaings, est percé de larges portes coulissantes permettant l’accès des chevaux. Plus au sud-est, quatre entités bâties se distinguent par leurs volumes, leurs dessins et leurs systèmes constructifs, tout en formant un ensemble cohérent par leur implantation contiguë. Elles composent une succession de pignons ouverts qui participent à l’identité singulière du site. Enfin, au nord-est, le grand manège se distingue par sa structure en bois lamellé-collé de grande portée, offrant une écriture à la fois sobre et élégante, largement ouverte sur le paysage.

L’esthétique de cette architecture agricole, fondée sur les relations entre usages, structures et paysages, constitue le socle du projet. Celui-ci s’inscrit dans cette continuité tout en affirmant une expression contemporaine, qui ouvre une nouvelle histoire. Il propose l’implantation de deux nefs longitudinales dans la partie nord du site, articulant les nouvelles fonctions du site :
• La petite nef, au nord-est, accueille les espaces de convivialité et de formation. Elle s’implante à l’interface entre la carrière existante et le cheminement piéton d’entrée.
• La grande nef, au nord-ouest, abrite un espace polyvalent de type podium/préau ainsi qu’un espace de réception. Elle assure la continuité entre le grand manège existant et la future grande carrière au nord.

Ces deux structures sont conçues sur pilotis afin de limiter l’impact sur le sol et de préserver les écoulements naturels. Les éléments de charpente, laissés apparents, participent pleinement à l’expression architecturale. De larges débords de toiture permettent la création de coursives couvertes, favorisant les circulations et renforçant le lien entre intérieur et extérieur.

Le décalage entre les deux nefs permet à la fois de s’adapter à la topographie du site et de dégager un parvis paysager généreux, valorisant l’ensemble du centre équestre.

Le projet développe une écriture sobre et rationnelle, inspirée des principes de l’architecture agricole : ossature bois, toitures métalliques à deux pentes, simplicité des assemblages. Le travail du bois, la précision des détails et la qualité de mise en œuvre contribuent à une esthétique contemporaine, fondée sur une économie de moyens et de matière. Le recours à des matériaux biosourcés (bois français, isolants naturels) ainsi que la valorisation des savoir-faire régionaux (menuiserie, charpente) s’inscrivent dans une démarche responsable.

Les matériaux sont choisis dans une logique de faible transformation et de durabilité, en acceptant notamment le vieillissement naturel du bois. Quelques touches de couleur viennent ponctuer l’ensemble et relier les parties neuves et les existants requalifiés, notamment par l’usage d’une peinture de falun vert clair.
À l’image des ambitions portées pour le Haras de Nantes, ce projet propose une architecture alliant simplicité, exigence de détail, frugalité et attractivité.


Informations complémentaires :
Mission complète + Opc

Bureau(x) d’études : Mâat, Ingéligno, Sisba, Sud Vrd
Photographe : tact architectes

Terracotta

Chemin des Virées Rouillard, 44600 Saint-Nazaire

105

Programme

33 logements locatifs sociaux

Concepteurs

  • Tact Architectes

Commune

  • Saint-Nazaire

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • SILENE

Thèmes

  • Architecture
  • Urbanisme

Année de réalisation

2024

Surface(s)

2 132 m² SHAB

Coûts

Coût bâtiment totale de l’opération : 4 738 029 € HT soit 2 411 € HT/m²Coût bâtiment (hors VRD/Espace vert) : 4 181 626 € HT soit 1 965 € HT/m²Coût VRD / Espaces verts : 556 403 € HTRatio avec VRD/Espace Vert : 2 226 € HT/m²

Documents

Situé en bordure de la Route Bleue, le long de la route de Saint-André-des-Eaux, le site des Virées Rouillard s’inscrit en proche périphérie de Saint-Nazaire, au cœur d’un paysage périurbain hétérogène, fortement marqué par la présence d’infrastructures de transport et de zones commerciales.
L’ambition partagée avec la maitrise d’ouvrage était alors de ménager en ce lieu les conditions d’une habitabilité et de constituer un nouveau quartier amène.
De forme triangulaire, la parcelle se trouve à l’articulation de contextes variés : elle prolonge un tissu résidentiel au nord, surplombe des jardins vivriers au sud-est et fait face à un centre commercial à l’ouest. La topographie en pente et les merlons qui ceinturent le site contribuent à une atmosphère singulière, atténuant les vues sur les infrastructures environnantes tout en ouvrant des perspectives vers le ciel et l’horizon, au-delà du chemin des Virées Rouillard.
Si cette configuration offre un ensoleillement favorable, orienté plein sud, elle est néanmoins affectée par d’importantes nuisances sonores, liées à la proximité de la voie de décélération de la RD 213 et du rond-point du Chêne Vert, situé au nord-ouest. La coexistence de ces contraintes, à la fois réglementaires et acoustiques, a conduit à envisager la création d’un paysage autonome à l’échelle de la parcelle : un micro-écosystème capable de préserver la qualité du cadre de vie.
Le projet se déploie ainsi comme une composition paysagère qui part du sol et favorise les cheminements doux. Nous avons travaillé avec grande attention le paysage à l’échelle de la parcelle, à la fois par les jeux d’implantation des volumes bâtis entre eux mais également par la qualification des sols : forte présence du végétal, alternance de pavements, sols en stabilisé, platelages bois.
Le travail du sol s’accompagne d’une réflexion sur les éléments de délimitation. Trois types de clôtures sont ainsi déclinés selon les situations : murs en briques, palissades en bois et ganivelles.
Une nouvelle voie, la rue Joséphine Baker, traverse le site d’Ouest en Est et structure l’ensemble. Rythmée par une succession de places et de placettes, elle distribue les logements via des venelles orientées nord-sud. Au nord, un cheminement piéton et cyclable relie le chemin des Virées Rouillard au rond-point du Chêne Vert, assurant une transition douce avec le quartier existant.
Les 36 places de stationnement sont intégrées à la topographie sous forme de petites entités. Cette organisation en sous-ensembles favorise une relation de proximité avec les logements tout en limitant l’emprise des voiries.
Le projet s’articule autour de huit corps de bâtiments principaux, conçus comme des longères contemporaines en écho à celles présentes dans l’environnement proche et dans les paysages des marais de Brière. Leur construction repose sur des systèmes hybrides, combinant maçonnerie traditionnelle et ossature bois.
Les formes, volontairement simples, évitent toute complexité technique superflue. Ces longères accueillent à la fois des logements individuels et collectifs. Leurs toitures à deux pentes, largement débordantes, protègent des terrasses en bois couvertes pour chaque logement. Enfin, le traitement des clôtures et l’implantation d’appentis, destinés à abriter celliers ou garages, participent à la richesse du maillage paysager de ce nouveau quartier.


Informations complémentaires :
Mission complète + OPC

Bureau(x) d’études : Iba – Solab – Naonec – Gsp – Tugec
Photographe : Patrick Miara

Aménagement de la place de l’église

Place de l'église, 44470 Mauves sur Loire

139

Programme

La commune de Mauves sur Loire finalise la refonte complète des espaces publics de son centre-ville en aménageant sa place de l’église. L’objetif est ici de réinventer un espace en capacité d’être activé, rendu aux pietons et en phase avec les nouvelles attentes des habitants de Mauves.

Concepteurs

  • Chemins de traverse paysagiste concepteur et concertation

Commune

  • Mauves sur Loire

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • commune de Mauves sur Loire
  • Nantes Métropole

Thèmes

  • Aménagement

Année de réalisation

2025

Surface(s)

4200 m2

Coûts

Montant travaux (tous lots ) : 903 000 € HTMontant du lot 1 (Voirie et assainissement): 730 000 € HTMontant du lot 2 (Réseaux souples) : 103 000 € HTMontant du lot 03 (paysage) : 70 000 € HTRatio au m2 : 215 € / M2

Documents

Commande MOUV/MOE
Démarche
L’aménagement de la place de l’église de Mauves sur Loire est le dernier acte de l’aménagement du centre bourg de cette commune intégrée à la Communauté Urbaine de Nantes Métropole.
Le compagnonnage avec la Commune et les services de Nantes Métropole aura duré plus de 15 ans, puisque Emmanuel Rolland au sein de sa précédente agence Céramide aura successivement conçu et réalisé l’aménagement des espaces publics de la ville basse (rues de la Gare, de la Loire- 2010 -2012), puis des phases 1 et 2 du centre-ville, partie haute (Rues du Cellier, du Carteron, de la Mairie, parvis des écoles publiques et privées – 2016-2019).
A noter que nous avons travaillé avec trois équipes municipales différentes au cours de ces trois mandats. Ce point a son importance, car c’est bien le renouvellement des élus qui fût à l’origine des choix réalisés pour cette dernière phase de projet.

Le projet de requalification des abords de l’église ambitionne de requalifier la partie Nord de l’édifice religieux, mais également de revenir sur l’aménagement au Sud et qui fût livré en 2007. Le projet s’articule autour de quatre axes structurants
– Rationnaliser l’offre de stationnement afin de libérer l’espace public et ce en lien avec le nouveau schéma de déplacement à l’échelle du village.
– Récréer un espace généreux et accueillant au Sud de l’église, lieux d’activation du centre-ville entre place d’église et anciens jardins du presbytère.
– Requalifier l’espace public et valoriser le patrimoine architectural du bourg.
– Recomposer la trame végétale de la place en lien avec le bâtit existant, les arbres déjà là, les futurs usages

Nous conduisons ce projet en le fondant sur les 5 piliers suivants * :
– L’humain et les piétons d’abord : l’ensemble des abords de l’église s’inscrit dans une zone 30. De larges trottoirs sont créés le long des rues et un vaste ensemble piétonnier au sud de l’église se déploie au travers des quatre terrasses en balcon sur la Loire (incluant le jardin du presbytère).

– Des espaces pour toutes et tous : mise aux normes PMR de l’ensemble de l’aménagement, mise en accessibilité des commerces et de l’église ; désencombrement du lieu ainsi requalifiés afin de fabriquer un espace public agréable pour tous les genres et tous les âges.

– Des espaces en réseaux et en relations : les espaces au sud de l’église sont totalement transformés afin de créer une nouvelle place de village en capacité d’accueillir le marché hebdomadaire augmenté et diverses manifestations. Cette intervention permet la mise en lien entre les commerces en rez-de-chaussée rue de la Côte Saint-Denis, le bar-restaurant, les échoppes de la place au Nord et la rue de la Mairie. Ainsi, le parcours marchand du centre-ville de Mauves est-il rendu plus cohérent et plus attractif. La petite maison blanche à l’angle de la rue de la Mairie et de la rue du Prieuré est conservée (sa démolition fût un temps évoquée ! ). Elle accueille désormais deux nouveaux commerces ainsi que du logement à l’étage. Vers la Loire, le projet affirme le lien entre place de l’église et les terrasses du jardin du presbytère. Un niveau en sablé à vocation ludique est réservé et annonce l’activation future des jardins.

– L’accueil du vivant : six grands tilleuls taillés en tête de chat de manière sévère tous les 5 ans viennent se plaquer le long du flanc Nord de la nef et devant le porche de l’église. Seront conservés deux sujets en capacité de voir leur houpier conduis désormais en port libre. Le parvis de l’église est ainsi dégagé et des poiriers communs sont plantés mais cette fois à bonne distance de l’édifice. La nouvelle esplanade au Sud accueille un arbre à grand développement. Également les terrasses sont plantées d’arbres annonçant les jardins plus au Sud : chêne liège, robinier, chêne verte vont ainsi pouvoir ombrager le lieu. Un travail sur l’ouverture des sols permet de créer des massifs d’espaces verts généreux et de planter les pieds de façades de la place.

– Sobriété, simplicité et gestion : le projet emploie des matériaux simples à maintenir et durables. L’essentiel des matériaux de structure sont d’origine recyclée. L’accent a été mis sur la facilité d’entretien et notamment les nouveaux espaces verts créés.
‘ * référence au guide de conception « la Boussole » édité par Nantes Métropole en 2005.

Dialogue
Le projet de nouvelle place a fait l’objet d’un dispositif de concertation basé sur deux ateliers participatifs. S’agissant d’une nouvelle équipe d’élus et dans la cadre du démarrage de leur mandat, un format spécifique de séance de brainstorming à base de jeux de rôles a permis de projeter les nouveaux usages pour la place. Le projet a été présenté en réunion publique.

Environnement et ressources
Le choix de la pierre naturelle pour ce projet nous permet de nous inscrire dans un registre patrimonial. Des espaces en sablé sont privilégiés lorsque cela est possible : terrasse ludique, poche de stationnement derrière l’église (accès VL à la maison des associations).
Les nouveaux espaces verts contribuent à la désimperméabilisassions du site à hauteur de 520 m2 (hors pelouses derrière l’église déjà existantes) ce qui apparait relativement important compte tenu d’un projet d’hypercentre ville aussi contraint.
Le bilan arbres et canopée recréés à terme est largement positif : 24 arbres et grands arbustes ont été plantés (20 sujets supplémentaires pour le bilan net). Les surfaces de canopée sont significativement augmentées et stabilisées avec la nouvelle gestion des houpiers des tilleuls conservés sur la place : la place passe de de 330 m2 de canopée les meilleures années (réduction de 70% lors des tailles) à 650 m2 à terme.

Intégration et esthétique
Le village de Mauves sur Loire s’inscrit dans la géographie si particulière de la Vallée de la Loire. La partie haute du village s’implante « en balcon » sur les berges escarpées de la rive droite du fleuve et donne à voir la plaine alluviale, entre milieux naturels sauvages et tenues maraichères.
La place de l’église s’est organisée sous forme d’un fer à cheval qui faisait face à un ensemble construit formé par l’église et le presbytère. Ce dernier fût en partie démoli dans les années 2000, permettant ainsi d’ouvrir la place au Sud sur un jardin en terrasses et de ménager des échappées visuelles exceptionnelles sur la vallée de la Loire.
Le bâti de la place est ancien et convoque à la fois le granite pour les sous-bassement mais également le calcaire pour les façades. Le lieu est solaire.
Lors des phases précédentes de la requalification du centre-ville, nous avions mis au point une charte d’aménagement. Cette charte proposait les choix d’écriture architecturale pour les différents espaces publics à l’échelle du centre bourg.
L’aménagement de la place de l’église s’est pleinement inscrit dans cette charte : mise en œuvre de matériaux naturels et simples d’entretien : pavés 14X20 (ou 10X10 pour les voiries les plus circulées) en granit blond, serrurerie en acier corten, emmarchements également en granite blond, mobilier en métal comme pour le reste du centre-ville.
L’écriture se veut ici sobre et valorise le bâtit. Elle permet également d’envisager plus sereinement le travail d’agencement des différents niveaux de la place qui peut apparaître complexe.
Le travail de composition menée en ce qui concerne la trame végétale permet de mettre en cohérence trame végétale et redimensionnement de l’espace. Les tilleuls non conservés permettent de désengoncer l’édifice religieux et de redécouvrir et s’approprier l’architecture de l’église et son parvis.
Chacune des terrasses est plantée et ce dans le respect des vues lointaines sur la vallée de la Loire. Les nouveaux arbres de la place ont vocation à créer des ilots de fraicheur notamment pour la partie de la place exposée au Sud.
La trame végétale met aussi l’accent sur l’expérientiel à échelle du piéton en proposant des massifs horticoles soignés qui annoncent le jardin du presbytère.

Usages / fonctionnalités
L’objectif premier du projet était de retrouver une place de centre-ville en capacité d’être réactivée. Une fois rationalisée la place de la voiture, le projet a tendu à redonner de l’espace appropriable au Sud de l’église notamment.
De la même manière, les trottoirs de la place ont été considérablement agrandie offrant désormais un vrai confort pour le piéton, mais également une commercialité renforcée.
Un embryon de marché hebdomadaire à Mauves sur Loire existait avant l’aménagement, il donne sa pleine puissance désormais. La terrasse du bar-restaurant de la rue de la Côte Saint Denis s’est également transformé en s’ouvrant d’avantage sur l’espace public et en trouvant sa continuité naturelle avec les tables hautes disposées sur la place.
La nouvelle esplanade permet dorénavant la programmation de manifestations en hypercentre-ville.
Le projet met à disposition assises et borne fontaine pour les nombreux cyclistes usagers de la Loire à vélo et qui choisissent de faire halte à Mauves, le temps d’un café et d’une viennoiserie.
L’activation des jardins du presbytère reste à venir.


Informations complémentaires :
Marché Nantes Métropole, Procédure adapté

Bureau(x) d’études : BET Céramide (Mandataire)
Photographe : François Dantart

Aménagement du parc de la Rive d’Estuaire

Avenue St Hubert, 44600 Saint-Nazaire

123

Programme

La Ville de Saint-Nazaire souhaite révéler la présence et la puissance de la Loire, poursuivre le réaménagement de la promenade du front de mer jusqu’au Petit Maroc, aménager un nouvel espace public majeur et fédérateur, avec de nouveaux usages récréatifs et conviviaux, sur la rive de l’estuaire de la Loire. Le Grand Port Maritime dispose d’un foncier stratégique sur l’avant-port de Saint-Nazaire, situé sur le Petit Maroc. Son ambition est de valoriser le patrimoine bâti et paysager de ce site au potentiel exceptionnel, de le rendre plus attractif pour les habitants, usagers et visiteurs et d’ouvrir de nouvelles perspectives vers la Loire, dans le prolongement du front de mer. La Ville de Saint-Nazaire et le Grand Port Maritime de Nantes Saint-Nazaire se sont associés pour imaginer et concevoir ensemble ce vaste projet de requalification des espaces publics du Petit Maroc. Ils ont décidé de missionner une équipe de concepteurs afin de réaliser un plan-guide commun puis de disposer d’un maître d’œuvre unique pour l’étude et la réalisation des différents espaces publics du Petit Maroc, dont le parc cœur d’Estuaire, imaginé comme aboutissement du Front de Mer côté Loire, à l’instar de la plage de Villès-Martin côté Sud.

Concepteurs

  • PHYTOLAB- paysagistes (mandataire)
  • Studio Vicarini (concepteur lumière)

Commune

  • Saint-Nazaire

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Ville de Saint-Nazaire et Grand Port Maritime de Nantes Saint-Nazaire

Thèmes

  • Aménagement

Année de réalisation

2025

Surface(s)

1.8 ha

Coûts

• Lot 1 : terrassement, assainissement, revêtements et réseau dragage CHARIER – 1 184 704€HT • Lot 2 : réseau et mobilier éclairage BOUYGUES – 338 638€HT • Lot 3 : aménagements paysagers et mobiliers EFFIVERT – 544 202€HT

Documents

1. Commande Moa / Moe

En 2023, la ville de Saint-Nazaire et le Grand Port Maritime de Nantes Saint-Nazaire souhaitent mettre en valeur leur territoire commun de l’île du Petit Maroc. Grande surface libre avec des atouts indéniables, le Petit Maroc apparaît (à l’exception du Rocher) comme délaissé et renvoie, au quotidien, une image de site à l’abandon : espaces publics intégralement revêtus en enrobés, usages indéfinis, vastitude des lieux, déconnection à la fois du centre-ville, de l’océan, de la Loire et du port, etc.
Notre équipe de maîtrise d’œuvre multidisciplinaire est retenue dans le cadre d’un appel d’offre pour un accord-cadre. Ainsi, en plus de Phytolab mandataire du groupement, l’équipe se compose d’Artelia (bureau d’études techniques), du Studio Vicarini (concepteur lumière), d’Interland (Architectes urbanistes), de l’Atelier Mima (Architectes) et de BOC (programmiste).
Partenaires de longue date, les membres de l’équipe ont l’habitude de travailler ensemble, et par ailleurs, le territoire nazairien est pour certains d’entre eux un lieu plusieurs fois traversé, éprouvé. Ainsi, Phytolab a déjà travaillé à plusieurs reprises pour la ville de Saint-Nazaire. Et cette connaissance du terrain facilite les échanges avec les interlocuteurs techniques ou les élus, rencontrés à de nombreuses reprises au travers de comités techniques, de comités de pilotage, de réunions sur site qui ont permis de collecter toutes informations pour produire une carte à l’image du site.

2. Intégration / esthétique

Contexte
Pour le visiteur pressé, le Petit Maroc ne présente a priori que peu d’intérêt, si ce n’est le stationnement sur les grandes surfaces d’enrobé.
Pourtant le « Rocher » est le point de départ de toute l’histoire de Saint-Nazaire. Il est une ancienne presqu’île où s’édifièrent les premières habitations. Il est le premier port de la ville, abrité par le Môle terminé en 1835. Il est modelé au fil des siècles, remblayé au Nord et à l’Est, séparé du continent en 1907 lors de la création de l’écluse Sud. Et il est détruit, comme le reste de la ville, durant la Seconde Guerre Mondiale. C’est un lieu de profondes mutations, plus connu aujourd’hui sous le nom de Petit Maroc.
Le Petit Maroc est une destination pour le travail certes, un port industriel, mais également un lieu de promenade comme le montrent les anciennes cartes postales avec le jardin de l’entrepôt ou encore la grande estacade. Mais ce qui fait de lui un site vraiment unique est que cette tradition a perduré et qu’aujourd’hui encore il reste un lieu d’événements et un fabuleux belvédère : mise à l’eau de Paquebot comme le France, ou plus récemment le plus grand voilier du monde l’Orient Express Corinthian, ou encore le Festival des Escales.
Et il change encore. Il absorbe les époques grâce à sa grande plasticité. C’est un lieu d’histoire à la géographie unique qu’il s’agit de replacer au cœur de la vi(ll)e.
Le parc de la rive d’estuaire est également un lieu de mémoire et de commémoration. Le site présente un belvédère sur l’œuvre de l’artiste réunionnais et malgache Jean-Claude Mayo et qui commémore l’abolition de l’esclavage (installée depuis 1989). Par ailleurs, le site du Petit Maroc a été aux premières loges de l’opération Chariot (27 mars 1942), opération britannique qui visait à rendre inutilisable certains équipements dont la forme Jobert. Tous les ans, des cérémonies s’y déroulent et différents totems disposés dans le parc retracent les événements. Enfin, dernier point, l’écomusée ainsi que l’Espadon, sous-marin que l’on peut visiter, complètent ce tableau patrimonial.
Intentions du projet
Dans le cadre de la mission de maîtrise d’œuvre, après avoir édité un plan guide sur l’ensemble du Petit Maroc, un des secteurs a pu être identifié, celui de la façade Est le long de la rive d’estuaire. Le projet porte en lui le premier geste de préfiguration et s’inscrit dans le réseau d’espaces publics de la ville de Saint-Nazaire. Il est pensé comme l’aboutissement du Front de Mer côté Loire, à l’instar de la plage de Villès-Martin côté Sud. La transformation de cette partie du plateau du Petit Maroc a immédiatement été imaginée en parc par la ville de Saint-Nazaire permettant ainsi de révéler la dimension de loisirs qui parcourt ce site depuis le XIXème siècle.
Hier l’emprise du site était consommée par un parking dont l’usage initial s’était drastiquement réduit suite à l’arrivée du pont de Saint-Nazaire. Les revêtements étaient aux mieux désuets, aux pires impraticables car soulevés par les racines des pins (une largeur considérable de l’avenue de Saint-Hubert ainsi que de nombreuses places de stationnement étaient neutralisées). Le large dalot du réseau de dragage du Grand Port ne permettait pas une promenade adaptée à tous les publics le long de la rive car les grandes dalles béton qui le recouvraient, étaient cassées et plus ou moins soulevées les unes par rapport aux autres.
Mais le potentiel était considérable et la vue extraordinaire.
Le patrimoine arboré donnait une ossature à ce grand terrain vague et, dans sa partie Nord, un air de bout du monde très agréable. Le site accueille une grande Halle possédant une belle charpente et un terrain de basket. Les deux équipements sont d’ailleurs maintenus dans le cadre des réaménagements.
Aux abords du vieux Môle, de belles pierres de bord à quai apportent une qualité inestimable en même temps qu’une rudesse propre à ces lieux.
Le parc a pour ambition d’offrir un nouveau lieu pour les Nazairiens mais également de d’être en mesure d’accueillir les grands événements comme le Festival des Escales, de permettre l’exploitation du Grand Port.
Composition du parc
La composition du parc de la Rive d’estuaire est le jeu de lignes simples, tendues. Les matériaux font parfois écho à la promenade du front de mer, et parfois sont ancrées dans le site du Petit Maroc. C’est un lieu de métissage entre la ville et le port.
La promenade en béton lisse, et dédiée aux piétons, se développe depuis le vieux Môle jusqu’à l’écomusée et permet de profiter de la vue sur mer et des marqueurs du paysage de l’estuaire avec le pont de Saint-Nazaire, le port industriel, la côte brévinoise et bien sûr le Môle et son phare iconique. Quelques équipements ponctuent la promenade côté parc, tout en s’attachant à rester dans une grande sobriété : grandes tables de pique-nique, bancs filants et bornes d’éclairage.
Le parc est traité en modelés légers à modérés afin de démultiplier les points de vue et les jeux de cache-cache avec le grand paysage (et les parents) mais il y a aussi un grand terrain plat qui permet les jeux de balles. Un cheminement en dallage d’enrobé au travers du « vallon » offre une alternative à la promenade du bord de mer en se faufilant entre les dépressions et les buttes.
La plus grande butte (+3.80m par rapport au niveau fini) accueille un gradinage béton et devient un théâtre de verdure orienté vers le pont de Saint-Nazaire. Support d’animations du site, il permet l’organisation de spectacles pour les associations mais également pour le festival des Escales, ou encore de belvédère pour les mises à l’eau des bateaux des Chantiers de l’Atlantique.
Une allée centrale dont l’emprise s’appuie pour partie sur l’ancienne avenue de Saint-Hubert, est dédiée aux modes doux et les caniveaux en pavés granite d’hier retrouvent naturellement leur place dans le projet.

3. Usages / fonctionnalités

Accessibilité pour tous
Le parc Rive d’Estuaire, dédié aux modes doux et en particulier aux promeneurs, est naturellement limité en accès véhicule.
L’avenue St-Hubert est travaillée en impasse côté Nord tout en maintenant un accès aux stationnements existants de l’Ecomusée et en permettant le demi-tour pour les cars déposant les touristes pour les départs de croisières sur l’estuaire. Dans sa séquence au droit du parc, elle est dédiée aux modes doux et en particulier aux cycles. De nombreux supports sont ainsi disposés de part et d’autre de l’allée centrale. Cependant, l’accès à l’allée centrale est toujours possible pour les véhicules techniques autorisés. Par ailleurs, le projet a dû tenir compte des accès nécessaires pour les travaux de dragage du bassin de Saint-Nazaire par le Grand Port (le réseau a été entièrement repris au droit du parc), l’accès à la cale du vieux Môle (accès SNSM notamment), et l’accès car pour les départs croisières. Et enfin, un stationnement pour les véhicules légers a été ménagé au Nord du site (76 places environs + 6PMR).
Afin de permettre au plus grand nombre de profiter du nouveau parc, de nombreux bancs dont des bancs séniors sont répartis dans le site. Il a été fait le choix de mise en œuvre de revêtements roulants pour la promenade principale le long de l’estuaire (en béton dans la continuité des aménagements du front de mer) avec un bord à quai avec saignées pour une permettre une détection à la canne. Des grandes tables offrent des emplacements pour les fauteuils roulants. A noter que le site accueillera prochainement des sanitaires.

Equilibre entre espaces libres et équipements
Le parc doit permettre d’accueillir de grands événements et d’offrir des équipements tout au long de l’année. Ainsi, on y trouve des tables de pique-nique XXL, un théâtre de verdure pour Les Escales et événements portés par des associations ou la ville (borne foraine à disposition), un terrain de basket (existant avant le projet et accueillant des compétitions), trois terrains de pétanque, un terrain d’aventure, une grande emprise pour jeux de ballons (en complémentarité par rapport aux usages des écoles qui utilisent le plateau du Petit Maroc pour les séances d’EPS).
Des habitants et des usagers consultés
Des ateliers ont été réalisés durant les études afin de construire un projet partagé. Les habitants ont pu partager leur quotidien et soumettre des idées pour le futur parc. De plus, différents interlocuteurs du Grand Port ont été rencontrés pour des aspects techniques et programmatiques, de la capitainerie au pôle immobilier, du service responsable du dragage aux lamaneurs. Enfin, pour poursuivre cette démarche, le centre de formation SNSM ainsi que l’écomusée ont été consultés sur leurs fonctionnement et leur besoin.

Choix des revêtements, mobiliers et palette végétale
Lors des comités techniques, qui ont eu lieu à chacune des phases du projet, les détails ont été affinés afin de permettre une prise en main du site par les services techniques après le chantier la plus optimum possible. Du choix de l’essence du bois, à la palette végétale adaptée aux conditions de bord de mer et la gestion à terme des espaces verts, aux des ouvrages pour le nouveau raccordement du réseau de dragage. Les mobiliers standards ont été définis selon la charte de la ville (bancs, corbeilles, bornes foraines, supports vélos, potelets…) afin de simplifier l’entretien et les remplacements. Par ailleurs, la présence de l’équipe technique du Festival des Escales durant les études et surtout durant la phase chantier ont permis de réaliser des adaptations « en direct » pour encore plus d’efficience lors des événements qui seront organisés dans le parc.

4. Environnement / ressources
Réemploi
Un des objectifs du projet est la réutilisation des matériaux en place, soit parce que leur état est très satisfaisant – c’est le cas de l’enrobé sous la halle qui a été réalisé récemment – soit en les récupérant – c’est le cas des surfaces de parking qui ont été décroutées pour être réutiliser en dallage du cheminement du vallon. Les pavés des caniveaux ont également être récupérés pour venir cadrer l’allée centrale. Les bordures en granite ont été utilisées posées en dallage sous certains bancs et tables de pique-nique. Le reste a été mis à disposition pour un autre chantier sur le Petit Maroc. Les modelés du cœur du parc sont réalisés à partir des déblais pollués du site, ce qui a permis de réduire considérablement les exports vers les filières de tri. Et enfin, la terre végétale qui a été mise en place après amendement est issue de curage de fossé du territoire nazairien. Elle a été amendée avec du compost issue d’un centre situé à Pont-Château. Dernier point, des troncs tombés lors des tempêtes ont été scénographiés dans le parc et deviennent tantôt un parcours d’aventures, tantôt un banc sorti de contes fantastiques.

Santé
Offrir un nouveau parc aux Nazairiens participe à mailler le territoire de lieux plantés, d’esplanades vertes et apporte de nombreux bienfaits sur la santé mentale et physique des plus jeunes aux plus anciens. Ainsi, dès cet été, il sera désormais possible d’avaler les 4km entre la plage Villès-Martin et le parc de la Rive d’Estuaire dans un espace dédié, plantés de nombreux arbres et ponctués de plusieurs parcs, en vélo, en courant ou en marchant. On y retrouve également des lieux de convivialité avec les terrains de pétanques, le terrain de baskets ou encore les grandes tablées.

Gestion de l’eau
Le bilan de surfaces désimperméabilisées entre un parking et un parc est évidemment positif, ainsi on passe de 12% de surfaces perméables à 60%.
Mais c’est à grande échelle que ce projet prend tout son sens : les usages, qu’ils soient en lien avec l’exploitation du Grand Port ou celui des Escales demandent des surfaces minérales, du « tout carrossable », et l’émergence d’un parc dans ce type d’environnement fait exception. Il est le fruit d’échanges constructifs entre l’ensemble des interlocuteurs.


Informations complémentaires :
Marché subséquent relatif à l'accord-cadre de maîtrise d’œuvre urbaine pour l'aménagement du secteur du Petit Maroc
Projet financé par :
– département de Loire-Atlantique : 413 568 € HT
– fond vert :163 468 € HT
– contrat Pays de la Loire 2026 : 788 705 € HT
– fond de concours Saint-Nazaire agglomération – La Carene : 500 000 € HT

Bureau(x) d’études : Artelia bureau d'études techniques, Studio Vicarini concepteur lumière, Interland architectes urbanistes, Atelier Mima architectes, BOC programmiste

Construction d’un Centre technique municipal

10 bis route de la Violière, 44260 Bouée

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Programme

Centre Technique Municipal :
Atelier de stockage et réparation, bureau, vestiaires, sanitaires.

Concepteurs

  • Eric Piton Architectures mandataire

Commune

  • Bouée

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Commune de Bouée

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2025

Surface(s)

Surface de plancher : 272 m² + Surface couverte (préau) 76m²

Coûts

512 500 € HT (compris VRD)

Documents

La commune de Bouée souhaitait se doter d’un Centre Technique Municipal afin de regrouper en un même lieu les équipements et les ateliers destinés à ses agents. Jusqu’alors, les espaces de stockage étaient dispersés dans différents bâtiments vétustes situés dans le bourg.

Afin de cerner précisément les besoins et d’évaluer les surfaces nécessaires, nous avons visité les différents sites existants. Un inventaire complet du matériel et des véhicules a été effectué, complété par des échanges fructueux avec les agents utilisateurs et les élus.

Face aux étendues agricoles, le terrain retenu, situé en lisière de bourg, est une réserve foncière initialement prévue pour l’extension du cimetière.

L’implantation du bâtiment s’appuie sur la topographie marquée du site, caractérisée par une pente descendante vers le nord. Le bâtiment est ainsi partiellement encastré côté cimetière, ce qui en limite l’impact visuel.

Le projet développe une volumétrie sobre et compacte. Son orientation ainsi que l’inclinaison de la toiture sont optimisées pour l’intégration de panneaux photovoltaïques.
L’espace de fabrication et de réparation est implanté au sud. Il bénéficie d’un apport généreux de lumière naturelle grâce à un bandeau en polycarbonate protégé des surchauffes estivales par un débord de toiture.

Les locaux chauffés sont volontairement réduits au strict nécessaire : un bureau, des sanitaires et des vestiaires. Ils sont directement accessibles depuis l’atelier pour faciliter les circulations et limiter les surfaces dédiées aux dégagements.

Les espaces de rangement et de stockage sont optimisés par l’aménagement d’une mezzanine au-dessus des locaux chauffés. Un grand préau, ouvert au nord, permet le rangement de matériel en extérieur.

Dans une démarche d’intégration paysagère et de respect de l’environnement, le projet privilégie l’emploi de matériaux tels que le bois (pour la structure et le bardage), l’acier de teinte claire en bardage et en toiture, ainsi que des isolants biosourcés pour les espaces chauffés.
Des bandeaux en polycarbonate assurent par ailleurs un éclairage naturel de l’atelier en journée.

Esthétiquement, le projet développe une écriture en « recto-verso », offrant deux visages complémentaires :
Depuis le chemin communal d’accès, l’entrée du CTM affirme une identité industrielle par l’emploi de métal en façade.
A l’inverse, depuis la départementale en entrée de bourg, le bâtiment présente une silhouette inspirée des codes de l’architecture agricole en bois, en écho au paysage rural environnant.


Informations complémentaires :
Financements : Commune de Bouée, Département de Loire Atlantique, Etat, Union Européenne, Communauté de communes Estuaire et Sillon.
Type de marché : procédure adaptée.

Bureau(x) d’études : Economiste-BET structures : ASCIA, BET Fluides : SCADE
Photographe : Eric Piton

Aménagement du Jardin Extraordinaire, deuxième phase

1 Rue Joseph Cholet, 44100 Nantes

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Programme

Le projet d’extension du Jardin extraordinaire s’inscrit dans la continuité de la première phase d'aménagement livre en 2019. Le projet a pour ambition la consolidation du projet déjà engagé, tout en ouvrant de nouveaux usages et de nouvelles expériences de parcours : espaces marais, espaces vergers tropical, bassin de baignade de faible profondeur en gestion biofiltre,... L’ensemble s’ancre dans le projet urbain d'ensemble du Bas Chantenay, dont les orientations structurent les choix d’aménagement. La cale Misery y joue un rôle central, comme point de convergence des parcours du coteau, de la plaine et du fleuve.

Concepteurs

  • Carta Reichen et Robert associés urbaniste
  • Phytolab paysagiste concepteur mandataire

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Nantes Métropole Aménagement

Thèmes

  • Aménagement

Année de réalisation

2025

Surface(s)

1.7 ha

Coûts

6 330 000 € HT

Documents

Le projet d’extension du Jardin extraordinaire s’inscrit dans la continuité de la première phase d’aménagement livre en 2019. Le projet a pour ambition la consolidation du projet déjà engagé, tout en ouvrant de nouveaux usages et de nouvelles expériences de parcours : espaces marais, espaces vergers tropical, bassin de baignade de faible profondeur en gestion biofiltre,…
L’ensemble s’ancre dans le projet urbain d’ensemble du Bas Chantenay, dont les orientations structurent les choix d’aménagement. La cale Misery y joue un rôle central, comme point de convergence des parcours du coteau, de la plaine et du fleuve.

Le projet repose sur une lecture fine des dynamiques écologiques existantes et sur leur amplification. La végétation en place est considérée comme une ressource structurante, conservée et intégrée dans le dessin global. Les sols sont désimperméabilisés afin de favoriser l’infiltration naturelle des eaux.

L’eau devient un élément central du fonctionnement écologique du site, circulant en circuits fermés, maîtrisés et renouvelés.
Les milieux sont diversifiés afin de multiplier les habitats et renforcer la biodiversité locale. Zones humides, espaces rocailleux et formations boisées composent un système écologique complexe et continu.
L’équipement spécifique de baignade naturelle de faible profondeur dispose d’un dispoditif de phytoépuration permettent de traiter l’eau sans recours au chlore, en s’appuyant sur les capacités des végétaux.Le jardin étendu propose une diversité d’usages qui transforme le site en véritable espace d’exploration urbaine.

L’ensemble du projet s’inspire de l’univers de Jules Verne pour nourrir l’imaginaire des parcours. Le jardin devient ainsi un espace narratif où chaque séquence propose une forme de découverte. Les usages combinent loisirs, contemplation, exploration et pratiques sportives douces. Cette diversité permet une appropriation large et évolutive du site par les usagers. Le jardin s’affirme comme un lieu vivant, ouvert et en constante activation.

La baignade naturelle constitue un nouveau cœur vivant du projet, accessible et ouvert à tous les publics. Sa faible profondeur et son traitement écologique en font un lieu de détente autant que de rafraîchissement.
Autour de cette pièce d’eau, les usages se déploient dans une ambiance végétale et paysagère continue, offrant des expériences sensibles et évolutives.
. La via ferrata introduit une dimension sportive et immersive, en lien avec le relief de la carrière, et en compléments des voies d’escalades existantes sur le site.
. La laurisylve propose une immersion sensorielle au cœur d’un espace boisé propice à l’exploration.
. Le verger tropical et les jardins thématiques enrichissent les ambiances et les temporalités du site.
. Le marais constitue un espace de transition vivant, franchissable et animé par le mouvement de l’eau.
. Les dispositifs aquatiques, brumes et écoulements renforcent la dimension expérientielle du lieu.

Le projet s’inscrit dans une logique d’intégration fine au paysage du Bas Chantenay.
Il prolonge les continuités géographiques entre coteau, plaine et fleuve en les traduisant en formes paysagères. Le dessin général repose sur une organisation souple, inspirée des dynamiques naturelles du site.
Les transitions entre les différents milieux sont traitées comme des gradients plutôt que des ruptures.
La mémoire géologique de la carrière reste perceptible dans la composition du paysage.
L’eau, la roche et la végétation structurent ensemble une esthétique cohérente et évolutive.
Les ambiances varient entre milieux luxuriants, zones humides et espaces plus ouverts.
Le projet joue sur les contrastes tout en maintenant une continuité d’ensemble.
Les dispositifs architecturaux restent discrets et intégrés au vocabulaire paysager.
Les références à l’imaginaire vernien introduisent une dimension narrative dans la lecture du site.
Les effets de brume et de lumière participent à une scénographie sensible du jardin.
Le paysage devient un espace d’expériences visuelles et sensorielles en mouvement permanent.


Informations complémentaires :
Marché subséquent relatif à l'accord cadre de maîtrise d’œuvre urbain pour l'aménagement du Bas-Chantenay

Bureau(x) d’études : SCE BET VRD, Jacques Chevalier fontainerie
Photographe : Phytolab

CETEX Babinière, Centre technique d’exploitation tramway, Nantes

5 Allée des Coquelicots, 44240 La Chapelle-sur-Erdre

148

Programme

n vitrine sur le périphérique, l’implantation préfigure le raccord des lignes 1 et 2 existantes et la future organisation radiale des flux de déplacement tramways, le projet est réparti en trois bâtiments :
Le vaste Atelier (12 000 m²) qui permet la réparation simultanée de 16 rames de tramways nouvelles génération.
La Station-service qui assure le lavage et le plein de sable des rames en fin de journée
Le bâtiment d’Exploitation qui accueille les conducteurs à leur prise de poste et à leur retour, assure la formation et permet la supervision du réseau.

Concepteurs

  • Architecte cotraitant : DLW Architectes
  • Architecte mandataire : AIA Life Designers

Commune

  • La Chapelle-sur-Erdre

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Nantes métropole (MOA)
  • Sémitan Nantes (MOA Déléguée)

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2025

Surface(s)

CETEX : 16 801 m² SP (+ parking en surface de 148 places)

Coûts

41,7 M€ HT

Documents

Le Centre Technique et d’Exploitation de Babinière constitue le nouveau site stratégique de maintenance et de remisage des tramways de Nantes Métropole, implanté à La Chapelle-sur-Erdre. Mis en service le 25 août 2025, il est le plus grand centre technique de tramway en France.
Conçu pour accueillir et entretenir les 61 nouvelles rames longues Citadis, cet équipement est dimensionné pour répondre aux besoins d’exploitation et de maintenance sur les cinquante prochaines années, garantissant performance, pérennité et adaptabilité du réseau.

Une conception collaborative au service de l’usage

Issu d’un concours, le projet a été conçu par les agences AIA et DLW Architectes, en étroite collaboration avec la Semitan. Cette démarche partenariale forte a permis de développer un outil parfaitement adapté à son exploitation, en intégrant dès l’origine les besoins des utilisateurs.

Cette co-conception s’est traduite par :

  • Une définition fine des besoins de maintenance et d’exploitation,
  • Une attention particulière à l’ergonomie des postes de travail,
  • Une optimisation des flux (circulation des rames, déplacements du personnel, organisation des interventions).

Une pièce majeure du réseau métropolitain

Le CETEX s’inscrit dans le redéploiement du réseau de tramway à l’échelle métropolitaine notamment avec le prolongement de la ligne 1 au-delà du périphérique. Cette extension permettra prochainement de réaliser la connexion entre les lignes 1 et 2.

Il accompagne la création de la station Babinière, 1ere gare tramway de la Chapelle sur Erdre et nouveau terminus de la ligne 1 relié à Haluchère via Ranzay.

Autour de cette infrastructure, un véritable pôle d’échange multimodal se déploie, comprenant :

  • Un parc relais de 500 places en bordure de périphérique,
  • Un terminal de bus,
  • Une gare de tram-train vers Nort sur Erdre, Chateaubriand.

Un équipement dimensionné pour le long terme

Le site s’étend sur 8 hectares et offre des capacités techniques de premier plan :

  • Un atelier principal de 12 000 m² permettant la maintenance simultanée de 16 rames
  • Remisage de 61 rames
  • 3 voies de lavage et de sablage,
  • 16 voies dédiées à l’atelier.

Il intègre également :

  • Un bâtiment d’exploitation de 1 200 m² (base des conducteurs, bureaux, formation, espaces de repos et supervision du réseau),
  • Une station technique de 2 300 m² dédiée au nettoyage et au réapprovisionnement en sable, essentiel à l’adhérence roue-rail.

Une architecture fonctionnelle, durable et intégrée

Une écriture cinétique inspirée du mouvement dans ce paysage de bordure de périphérique

Les bâtiments épousent les courbes des voies ferrées et la forme des tramways, tandis que ses façades aux teintes brunes tellurique fait écho aux rails en acier oxydé et aux bobines de cuivre transportant l’électricité.

Des espaces de travail robustes et lumineux

Les halles de maintenance mettent en œuvre des matériaux bruts et résistants – béton et acier – adaptés aux contraintes industrielles. Cette robustesse est contrebalancée par une grande qualité de lumière naturelle :

  • Une canopée en charpente bois,
  • Des voûtes d’éclairement diffusant une lumière douce et homogène, réduisant ainsi le recours à l’éclairage artificiel.

L’organisation intérieure distingue deux halles complémentaires :

  • Une halle de proximité dédiée à l’entretien courant,
  • Une halle centrale pour les opérations de maintenance lourde.

Une vitrine du savoir-faire technique

Une large façade transparente au nord offre une visibilité directe sur les activités, ouvrant le site sur l’espace public et valorisant les métiers de la maintenance.

Un parcours architectural lisible et ouvert

De grandes failles verticales marquent les accès principaux et offrent des perspectives traversantes sur toute la profondeur de l’atelier. Elles structurent les circulations verticales et mènent à une mezzanine en balcon, permettant d’observer les activités de maintenance.

Une conception bioclimatique

Le projet intègre des principes bioclimatiques visant à optimiser le confort et les performances énergétiques :

  • Largement vitré au nord pour laisser voir l’activité depuis l’espace public et assez opaque au sud pour limiter les apports solaires
  • Débords de toiture limitant les surchauffes estivales,
  • Grandes ouvertures en façade est et ouest ainsi qu’en toiture assurant une ventilation naturelle traversante.

L’atelier est construit avec deux types de charpente ; bois et métal en distinguant :

  • Les zones d’exploitation par une structure acier (mezzanine techniques, support de pont roulant, support de la ligne d’alimentation)
  • L’enveloppe bioclimatique par une structure bois.

Les grandes portées (20 à 30 m) dessinent une canopée légère et élégante qui enveloppe les espaces de travail de lumière naturelle et de teinte chaude.

Un équipement engagé pour la transition écologique

Le CETEX intègre des dispositifs ambitieux en matière de durabilité :

  • Toiture végétalisée,
  • Installation de panneaux photovoltaïques couvrant les besoins énergétiques en jours ouvrés et réinjectant l’énergie produite dans le réseau en période creuse,
  • Gestion technique centralisée (GTC) optimisant les consommations,
  • Infrastructures numériques dédiées (datacenter).

Bureau(x) d’études : Ingénierie TCE + Economie : AIA Ingénierie, OPC : AIA Management, Développement durable : AIA Environnement, Bureau d’études ferroviaire : Geste Ingénierie, Ingénierie acoustique : Tysseyre + Associés.
Photographe : © AIA Life Designers architecture_Adagp 2026 & DLW architectes – photos : Stéphane Chalmeau

Le Domaine des Trois toits : les frontières fertiles de la ville

51 rue du champ de pie, 44120 Vertou

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Programme

Cécile et Vincent sont vignerons dans le Muscadet. Sur leur domaine, Les Trois Toits, ils sont engagés dans l’agriculture biologique et l’agroforesterie.

Dès leur installation, ils portent l’ambition de produire un vin de qualité issu d’une vigne saine aux portes est de la métropole nantaise. Leur parcelle se situe à la lisière de la ville de Vertou (44), en contact avec la route de Clisson, le hameau Ville au Blanc et la zone commerciale Pôle Sud Basse-Goulaine.

En 2023, ils acquièrent 12 hectares de vignes en déprise dans un contexte de forte pression urbaine. Tout est alors à imaginer : organisation des rangs de vigne, haies, chemins, adaptation au dérèglement climatique, implantation du chai et intégration dans l’environnement périurbain.

Avec une certaine audace, ils choisissent de se faire accompagner par La Plume et le Sécateur, des paysagistes nantais qui vont mettre leur expertise au service de l’agriculture de demain. À travers cet attelage atypique, les problématiques sont abordées dans leur transversalité, avec l’articulation des échelles comme fil conducteur. Le projet ne cherche pas le beau, mais le juste rapport aux choses.

La viticulture fait face à des mutations profondes : déprise agricole, vieillissement des vignerons, remise en question des pratiques culturales ou intensité des aléas climatiques. Pour y faire face, plusieurs questions se posent. Comment inscrire la vigne dans des milieux naturels plutôt que dans une logique de monoculture ? De quelle manière organiser l’espace agricole au regard des nouvelles pratiques vigneronnes ? Le génie des lieux (Genius Loci) peut-il servir pour la réintroduction des haies ?

En miroir des réflexions menées par les vignerons, des attentes émergent aussi du côté des citoyens et des habitants riverains des espaces agricoles : environnement, santé, qualité du cadre de vie, biodiversité, parcours de promenade et tourisme dessinent les contours d’un idéal de campagne habitée. Du cep de vigne à l’échelle territoriale, le projet articule l’emboîtement des échelles : il vise à concilier les enjeux agricoles et paysagers afin d’organiser la cohésion du territoire.

La collaboration du vigneron et du paysagiste donne naissance à un projet viticole innovant et vivifiant mêlant travail de la vigne, sols vivants, dynamique de l’arbre, bosquets, haies et plus largement celle des écosystèmes. Par cette approche, le projet recompose les paysages façonnés par l’agriculture. Une orientation réussie à l’échelle du domaine Les Trois Toits, puis reprise par la profession, pourrait ouvrir la voie à une nouvelle image du vignoble du Muscadet.

La méthode, vignerons et paysagistes main dans la main : l’intervention du paysagiste dans un processus agricole apporte une vision transversale de l’occupation du sol et du vivant. Elle évite l’approche cloisonnée en silo. Les échanges avec les vignerons sont rapidement fructueux. Dès le début, trois principes de travail sont actés :

– des workshops réguliers, sous forme d’ateliers collaboratifs, pour rester au plus proche des pratiques culturales et de la connaissance du site par les vignerons

-une démarche itérative permettant d’enrichir progressivement le projet (plan actualisé à 5 reprises à ce jour). Le travail avec le vivant nécessite une approche dynamique du projet.

-la mise en œuvre de chantiers collaboratifs favorisant la transmission des savoirs, savoir-faire et la cohérence des engagements (retours d’expérience, bilans, amendements du projet, ajustements de la méthode)

Concepteurs

  • La Plume et le Sécateur

Commune

  • Vertou

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Domaine Les Trois Toits

Thèmes

  • Aménagement
  • Urbanisme

Année de réalisation

2025

Surface(s)

12 hectares

Coûts

Etude : 18k HTCout des travaux : 250k HT

Documents

À proximité du hameau Ville au Blanc, un domaine viticole s’active pour faire émerger un nouveau modèle agricole, où l’arbre et la vigne coexistent.

Le domaine des Trois Toits s’inscrit à l’interface ville/campagne à Vertou (44). Suite aux travaux de 2024, un paysage atypique s’y déploie. Un saut de quelques années permet de se représenter les lieux. À l’horizon 2030, la vigne est cultivée au sein de clairières arborées. Une trame de haies structure l’espace en « unités de culture » d’environ 50 ares chacune : le « vigneron » est utilisé comme métrique de base pour dimensionner les parcelles. Le paysage renvoie à l’échelle humaine, en lien avec le travail du quotidien : parcourir un rang, accomplir une tâche en une journée, vendanger, mesurer son avancée et trouver une satisfaction concrète dans le geste. Ici la longueur du rang est de 100 mètres, contre plusieurs centaines sur certains domaines ultra mécanisés.

L’eau s’infiltre dans des sols actifs et vivants. Trois mares ont été creusées. L’eau migre lentement vers le bas du coteau, retenue ça et là par la présence de haies et bosquets. Dans les grappes de raisin, les baies sont préservées des aléas climatiques, donnant au vin de beaux équilibres au fil des millésimes.

Au cœur des clairières, les ceps, alignés en rangs, sont conduits avec un couvert végétal permanent. Des semis de seigle, trèfle et féverole protègent les sols de l’érosion. Autour, la végétation spontanée colonise les tournières*, tandis que les haies offrent refuge et ressources à la faune. Chaque portion du domaine est pensée comme un espace de cohabitation avec le vivant. Toutes les strates sont concernées : herbacées, arbustives et arborées.

Dans ses interactions avec le milieu, la vigne bénéficie de services écosystémiques qui renforcent sa résilience face aux aléas : gel, stress hydrique, fortes chaleurs ou ravageurs. La présence d’arbres, par exemple, contribue à limiter les effets du gel. Un équilibre maîtrisé entre ombre et ensoleillement permet de concilier qualité aromatique des vins et diversité végétale.

Le domaine fédère autour de lui un ensemble urbain hybride composé des villages de Vertou, d’une zone commerciale, traversé par des chemins de randonnée et de patrimoine bâti. Il est traversé par des chemins ruraux et ponctué d’éléments remarquables : la chapelle de la Ville au Blanc, d’anciens chemins creux, des vues sur la vallée de la Sèvre et de belles orchidées sauvages. Il forme un paysage à la fois productif, habité et sensible.

Partie prenante d’une nouvelle séquence paysagère, le domaine met en relation les pratiques agricoles, les usages récréatifs et les qualités écologiques du site. Du paysage au vin, le domaine devient l’expression d’un terroir vivant au sein même de la ville. On trouvera des similitudes avec les modèles dits de « négociation » développés par Sébastien Marot, dans son ouvrage, Prendre la clef des champs, (éditions Wildproject).

En matière agricole, l’organisation du domaine offre une grande souplesse d’adaptation. Les unités de culture communiquent entre elles par les tournières*, facilitant les manœuvres. Une orientation homogène des rangs dans la pente laisse ouverte l’évolution des pratiques : tracteur enjambeur, tracteur inter-rang plus léger ou traction animale (cheval). Penser l’agriculture résiliente, c’est tenir compte du défi humain qu’engendrent les changements de pratiques dans leurs temporalités multiples (agraire, entrepreneuriale, financement, outillage, sociétale, etc…)

Depuis 2024, la mise en œuvre des travaux se déploie progressivement, au rythme des saisons viticoles et des financements mobilisés. Le projet s’appuie sur une diversité d’acteurs : les vignerons et leurs équipes, les chantiers animés par l’agence La Plume et le Sécateur (bûcheronnage, réemploi des rémanents pour la constitution de haies de Benjes, piquetage), des entreprises de travaux agricoles (broyeur forestier, empierrement des chemins), ainsi que les services des espaces verts de la Ville de Vertou (réhabilitation de noues).

Comme Vincent le dit lui-même dans le documentaire, « Terre À Part », il conduit désormais le domaine dans une « esthétique de paysage ». Une façon pour lui de prendre de la hauteur vis-à-vis de son action quotidienne dans les parcelles agricoles, et de s’inscrire raisonnablement dans le territoire.

Tournières* : chemins permettant de faire demi-tour en bout de rang.
Terre À Part* documentaire de Clarice Rampillon, disponible sur YouTube et consacré au domaine Trois Toits (https://www.youtube.com/watch?v=wzWhRnnuQ34)


Informations complémentaires :
Subventions la chambre d’agriculture Pays de la Loire

Bureau(x) d’études : La Plume et le Sécateur
Photographe : Benjamin Péneau