Étude stratégique de requalification du centre-ville

Boulevard Général de Gaulle, 44430 Loroux-Bottereau

96

Programme

Le Loroux-Bottereau, lauréat du programme « Petites Villes de Demain » est situé à 20 km de Nantes, au cœur des vignobles. L’ambition est de répondre aux exigences d’une population en forte croissance tout en respectant l’âme de la ville et son cadre de vie. Ainsi, la commune vise à retrouver un urbanisme apaisé et cohérent avec sa trame urbaine et paysagère, tout en étant soucieuse des enjeux de développement durable et de transition écologique.

A travers le plan de référence du centre-ville du Loroux-Bottereau, il s’agit d’accompagner la collectivité, en coproduction avec ses habitants et son instance de citoyenneté, dans l’élaboration d’une stratégie à mettre en œuvre sur les dix à quinze ans à venir sur des thématiques variées.

L’équipe Atelier du Lieu et ses cotraitants (Futurouest et Ouest’AM), composée d’architectes, d’urbanistes, de géographes, de paysagistes, d’environnementalistes et d’ingénieurs voirie a été retenue pour accompagner la commune et mobiliser la population dans une démarche de concertation.

Concepteurs

  • Atelier du Lieu Architectes urbanistes mandataire

Commune

  • Loroux-Bottereau

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Commune du Loroux-Bottereau

Thèmes

  • Urbanisme

Année de réalisation

2023

Surface(s)

1060 ha

Coûts

Sans objet - étude urbaine sans maitrise d'œuvre

Documents

1 – LE PROJET :
Penser à terme la ville :
Un pôle urbain de la taille du Loroux-Bottereau est tourné vers des lieux de ressources qui s’inscrivent dans un paysage plus large avec une pénétration dans le centre-ville par la vallée du Breil rendue lisible. Ce pôle urbain rayonne sur un territoire plus large par l’offre concentrée d’équipements, de services, de commerces, une économie urbaine basée sur un socle coopératif inscrite sur des relations de proximité. Les axes de communication participent à affirmer ce positionnement dans le Nord du Vignoble Nantais, pôle d’échanges, où la multimodalité prend appui sur l’axe Nord-Sud, véritable colonne vertébrale du tissu urbain reliant les quartiers depuis la RD115, à la vallée du Breil par le centre-ville. La confirmation d’un centre-ville fort et connecté passe par :
– Un cœur ancien, vivant, commerçant, végétalisé et habité, lisible dans son entièreté par la densité, les aménagements, le parcours marchand et l’apport de nouvelles activités, révélé au sein du secteur en mutation des balcons du Breil.
– Le plateau des équipements est renforcé et accueille des logements. Il se reconnecte avec la vallée et le Claray.
– Un développement maitrisé au profit d’une intensification urbaine ciblée et qualitative offrant une variété de quartiers et de types d’habitats cohérents avec les parcours résidentiels.
– Des quartiers affirmés et dotés d’espaces de proximité : places et ilots de fraicheurs.
– La valorisation patrimoniale et remise en lecture de la cité et de ses murs.
– La diversification de l’offre commerciale et son affirmation dans le centre-ville.
– L’animation d’une gouvernance de l’aménagement partagée.
– La convivialité urbaine vivante dans les espaces publics.

Les supports d’une convivialité urbaine multi-facettes
Intervenir sur l’espace public apporte animation, divertissement, beauté, sécurité… le tout propice aux rencontres. L’espace public permet de circuler, d’échanger, de faire ensemble. L’identification de ces lieux vivants dans le tissu urbain du Loroux-Bottereau a fait l’objet de réflexions, projections, intentions des participants au plan guide (élus, habitants) pour faciliter la convivialité dans le centre-ville. L’adaptabilité de ces espaces publics au profit de lieux mixtes et intergénérationnels est propice à des moments conviviaux, et même exceptionnels. Cette transformation légère s’appuie sur des univers porteurs déjà existants ou à compléter dans les champs de l’évènementiel (guinguette, festival…), du commerce (marché ambulant, brocante, food truck…), du sport et du jeu (city stade, grimpe arbre, jeu de boules, skate parc…), de la culture et du patrimoine (exposition, valorisation d’un bâti lié à l’histoire locale…), de la nature (ilot de fraîcheur, découverte de la biodiversité, fleurissement, jardins partagés, vergers nourriciers…), et enfin du partage (tables de pique-nique, bancs…)… Mixer ces univers de la convivialité génère des ambiances variées selon les saisons et les moments de la journée, au profit des usages d’une diversité de publics (jeunes, actifs, seniors, visiteurs…).

2 – LA COMMANDE :
Loroux-Bottereau, commune lauréate du programme «Petites Villes de Demain » :
Située au cœur du Vignoble nantais et à proximité de Nantes et de la vallée de la Loire, la commune du Loroux-Bottereau est caractérisée par sa topographie, son paysage viticole, son rôle de pôle local et la croissance régulière de sa population (8400 habitants en 2019). Centralité urbaine attractive, elle offre de multiples services aux habitants de son bassin de vie, avec le concours du tissu associatif et des entreprises. Le Loroux-Bottereau est lauréate du programme national « Petites Villes de Demain » engagé en octobre 2020 qui permet aux communes de moins de 20 000 habitants de bénéficier d’un soutien spécifique de l’Etat et de ses partenaires dont la Banque des Territoires, pour élaborer et mettre en œuvre leurs projets de revitalisation urbaine (mise en œuvre de l’action Shop’In sur la revitalisation commerciale du centre-ville). Partie intégrante du Plan de relance, ce programme vise à conforter le rôle structurant de ces petites villes dans le développement des territoires ruraux.

Les grands objectifs de l’étude stratégique de requalification du centre-ville :
L’ambition est de répondre aux exigences d’une population en forte croissance (+1,1%/an de 2013 à 2018) tout en respectant l’âme de ce pôle du Vignoble Nantais et son cadre de vie. Ainsi, la Ville vise à retrouver un urbanisme apaisé et cohérent avec sa trame urbaine et paysagère, tout en étant soucieuse des enjeux de développement durable et de transition écologique. Cette mise en cohérence d’une identité globale du Loroux-Bottereau est affirmée avec les objectifs suivants :
• Améliorer la qualité du cadre de vie et d’usage du centre-ville,
• Dynamiser le commerce et conforter les services, permettre l’animation et la vie en cœur de ville,
• Requalifier les espaces publics,
• Sécuriser et renforcer les déplacements doux,
• Mettre en valeur et développer les qualités paysagères,
• Valoriser les ensembles stratégiques,
• Co-construire un projet partagé.

3 – LA METHODE :
Une étude urbaine pour imaginer la ville de demain :
Au-delà de la définition du schéma directeur à l’échelle du centre-ville, des réflexions ciblées sont dessinées sur des secteurs spécifiques à enjeux de la commune, comme celui de l’ancien hôpital. L’équipe de l’Atelier du Lieu et ses cotraitants (Futurouest et Ouest Am’), composée d’architectes, d’urbanistes, de géographes, de paysagistes, d’environnementalistes et d’ingénieurs voirie, a été retenue pour accompagner la commune et mobiliser la population dans une démarche de concertation. La volonté des élus au travers de cette approche collaborative est d’aboutir à la définition d’un projet cohérent proposant des solutions opérationnelles concrètes et chiffrées. Celui-ci est adapté à la taille et aux possibilités financières de la commune. Il se décline sous la forme d’un diagnostic, d’un projet avec une stratégie et enfin des fiches d’actions.
– Le diagnostic a permis de poser les atouts et points d’amélioration ainsi que les enjeux pour les scénarios de l’étude de revitalisation du centre-ville du Loroux-Bottereau. Cela a aussi permis d’affiner le périmètre de l’étude en croisant le retour de la parole des élus, les entretiens réalisés avec des acteurs clés ainsi que les habitants de la commune.
– Les différents scénarios réalisés ont été travaillés pour définir la stratégie préférentielle du Loroux-Bottereau, donnant lieu au schéma directeur à l’échelle du centre-ville.
– Les échanges ont précisé des réflexions sur des secteurs spécifiques à enjeux de la commune, comme celui de l’ancien hôpital. Elles ont alors été transformées en fiches d’actions (sectorielles et thématiques).

La démarche itérative :
Dans ce cadre, les habitants et acteurs du territoire ont été conviés à partager leur expertise et leurs représentations sur la commune à différents moments clés :
– L’Atelier du Lieu et Futurouest sont allés à la rencontre des habitants lors du marché bi-hebdomadaire.
– Le soir-même, un premier atelier avec un panel volontaire s’est déroulé en deux temps : une balade urbaine et un atelier imaginaire, sur le devenir du Loroux-Bottereau.
– 7 entretiens ont été réalisés avec des acteurs clés du territoire.
– Un second atelier avec le panel a été mené lors de la phase scénarii et a permis de nourrir le schéma d’orientation global de la commune à travers plusieurs immersions de récit imaginaire.
– Le troisième atelier « programme et actions » s’est déroulé avec le panel autour des sites spécifiques du Loroux-Bottereau. Les habitants ont contribué à affiner le programme et à réfléchir à la manière d’activer ces secteurs à court terme.
– Une présentation publique a été réalisée à la suite afin d’exposer le projet et de penser une première action.
– Enfin, cette première action a été réalisée en mode urbanisme transitoire. Aux côtés de la commune, l’équipe de l’Atelier du Lieu et ses cotraitants s’est unit à des associations pour proposer un événement nommé « village de la transition ». Situé sur la place du Général de Gaulle, le secteur en cœur de ville a été ciblé pendant l’étude comme un site à enjeux. Au sol, une rivière a été dessinée par des artistes locaux, à taille réelle, pour simuler la réouverture du Breil. Différentes animations ont nourri les échanges avant et pendant la festivité. Les élèves du lycée Briacé ont ainsi participé à la mise en place de la scène végétale, enjambée par une passerelle en bois recyclé construite par les bénévoles du café associatif Le Labo. Tout au long de la journée, les associations locales et environnementales ont tenus leur stand pour aborder le développement durable par différentes entrées, tandis qu’un conteur (Pierre Desvigne) réinventait le lieu à travers ses histoires. En parallèle, des balades environnementales ont été organisées sur site permettant aux citoyens de découvrir la faune et la flore qui réapparaitraient après renaturation. Pendant ce temps, la LPO amenait des personnes sur le vrai reméandrage réalisé non loin. Les objectifs de cette journée étaient multiples. Il s’agissait de tester, à l’échelle 1, le projet de place vivante imaginé lors de l’étude. Des situations concrètes ont alors éclairé des enjeux plus globaux. Par exemple, interroger la place de la nature en ville ou transformer l’esplanade en un espace public requiert la suppression du parking. Ce qui soulève des interrogations concernant l’arrivée des cars déposant les enfants à la piscine, et plus largement, la question de la voiture en centre-ville. La matérialisation, bien que temporaire, a permis d’appréhender ce qui est physiquement réalisable, et de nourrir le projet des remarques de la population. Enfin, le plan de référence étant tout juste terminé, cette journée a permis de raconter le travail réalisé, dans un contexte ancrant le projet dans une démarche globale de transition.

L’équipe et la commune ont travaillé ensemble, et avec les habitants et acteurs locaux, pour concevoir cette requalification du centre-ville. Du diagnostic à la fiche action, les décisions politiques se sont coconstruites pour et par le territoire.


Informations complémentaires :
Type de marché : procédure adaptée

MOA accompagnée par l’ANCT, Petites villes de demain, Région Pays de la Loire

Bureau(x) d’études : Futurouest, Ouest Am’ paysage et VRD
Photographe : ATDL

Amazing Amazones : l’îlot 4B

Îlot 4B, Boulevard de Berlin, 44000 Nantes

107

Programme

Construction d'un îlot mixte de bureaux, de 91 logements en accession autour d'un complexe sportif et ludique.

Concepteurs

  • a+ samueldelmas architectes (architecte mandataire)
  • DLW architectes (architecte associé)

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Altarea-Cogedim

Thèmes

  • Architecture
  • Urbanisme

Année de réalisation

2023

Surface(s)

Surface de plancher : 25 500 m² dont 16 200 m² de bureaux, 5 800 m² de logements, 3500 m² de centre sportif UCPA

Coûts

55 M € HT (Février 2019)

Documents

À la pointe du quartier Euronantes Gare, une triangulation de contraintes enserre un îlot : voies ferrées d’un côté, boulevard de l’autre, neuf mètres de dénivelé, nuisances sonores et les pieds dans l’eau ! Et pourtant, à quelques pas seulement, le calme s’installe. Là, à la jonction de l’ancien et du nouveau, le projet prend racine. Il prolonge le corridor écologique formé par la petite Amazonie, enclave sauvage et sanctuaire de biodiversité. Il densifie sans heurts, mêle les usages et favorise la rencontre autour du sport. À grande échelle, il propose une réponse urbaine où les masses s’entrouvrent pour cadrer les paysages de la ville.

Rencontres urbaines
Trois typologies, un seul dessin : logements, bureaux et complexe sportif s’assemblent dans une composition audacieuse. Ce morceau de ville révèle les qualités d’un quartier où vie quotidienne et activité professionnelle s’entremêlent.

Les gabarits ont été développés pour permettre une coexistence harmonieuse des différentes échelles de la ville, tout en préservant les vues vers les grands repères nantais. En prenant de la hauteur, les usagers découvrent ainsi le panorama nantais, la Loire et le pont Tabarly qui se dessinent en perspective.

Le projet revendique une écriture de la variation. Chaque bâtiment développe sa propre écriture afin de composer un véritable morceau de ville. À rebours des grands ensembles homogènes, l’ambition est ici de fabriquer un mini-quartier vivant et diversifié, où la composition crée l’identité urbaine.

Co-visibilités
Le bâti se segmente en volumes cousins et complémentaires. Chaque entité est autonome mais solidaire, liée à l’autre par des jeux de transparence, de co-visibilité, de percées visuelles. Les espaces s’ouvrent par des loggias continues, des balcons filants, des paliers où l’on respire, où la lumière pénètre sans filtre. Un grand châssis, des menuiseries cachées, un plein, un vide : l’architecture s’épure. Les limites s’estompent.

Rez-de-chaussée
Le socle actif, où se croisent les usagers, s’ancre sur le boulevard et dans la pente. Sa singularité réside dans la relation constante aux espaces extérieurs : chaque hall se prolonge par un patio arboré. Des séquences piétonnes redessinent la parcelle comme une promenade urbaine. Au niveau du sol, l’assise sportive accueille un monde en mouvement. Musculation, danse, escalade : un grand volume se déploie, haut de trois à onze mètres, organisé autour d’un vide. Le bois dialogue avec le béton, les passerelles s’élancent entre les poteaux, les murs d’escalade habillent les parois de bois tactiles. Les espaces traversent, filtrent, tempèrent, ouvrent vers l’extérieur.

Symbiose citadine
Ce sol vivant se prolonge en paysage habité en hauteur où jardins suspendus, loggias généreuses, terrasses panoramiques densément plantées de baliveaux et espaces sportifs résonnent avec le ciel. À la croisée des usages, il accueille les terrasses actives des bureaux, les patios arborés en cœur d’îlot, la terrasse-jardin conviviale du café UCPA. Au sommet, les logements s’élèvent. Tous ouverts sur leurs angles, ils s’ouvrent au panorama. La lumière pénètre à 180°. Le hall d’entrée en double hauteur donne la mesure.

Flexibilité
Les logements reposent sur des plateaux libres et des cloisons en SAD, structurés par des noyaux et des façades porteuses, permettant des transformations typologiques dans le temps. Les bureaux sont conçus comme des plateaux libres et ouverts, capables d’accueillir des configurations de travail variées et évolutives. Guidé par la souplesse d’usage et la réversibilité, le projet accompagne ainsi les évolutions futures de la ville.


Label(s) obtenu(s) : HQE "Excellent"
BREEAM "Very Good"
RT2012 -30%

Informations complémentaires :
Type de marché : Concours privé

Bureau(x) d’études : D'ICI LÀ (paysagiste), EVP (structure), OTE (fluides+vrd), OTEIS (économie), WONDERFULIGHT (concepteur lumière), PEUTZ (acoustique)
Photographe : Thibaut Voisin

Parvis de la médiathèque – Ilot Sanglerie

15 rue des Écoles, 44840 Les Sorinières

102

Programme

L’îlot de la Sanglerie est à proximité immédiate du centre-ville. C’est un lieu de croisement intergénérationnel, entre les aînés et les jeunes générations qui offre des usages mixtes au public : avec la proximité de la maison médicale, l’EPHAD, l’école, les commerces du centre, les logements et qui se renforce aujourd’hui avec la nouvelle médiathèque et son parvis : nouveau lieu de partage et d’échange. La réflexion menée sur le renouvellement urbain de cet îlot s’inscrit dans une volonté plus globale de se réinventer, de remettre en perspective la qualité des services et des espaces publics du centre-ville pour offrir un cadre urbain qualitatif aux habitants et répondre à l’évolution de sa population et de ses besoins. C’est dans ce contexte que l’Atelier du Lieu a accompagné Nantes Métropole Aménagement pour concevoir la requalification des espaces publics : rues, parvis de l’école et de la médiathèque, chemins piétons.

Concepteurs

  • Atelier du Lieu

Commune

  • Les Sorinières

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Commune des Sorinières
  • Nantes Métropole Aménagement

Thèmes

  • Aménagement
  • Urbanisme

Année de réalisation

2024

Surface(s)

5,5 ha

Coûts

333 400€ HT

Documents

La réflexion porte sur le renouvellement urbain de l’îlot Sanglerie jouxtant le centre-ville des Sorinières. Il s’agit de définir le programme de la nouvelle médiathèque et d’étudier la mise en œuvre opérationnelle de l’étude urbaine réalisée sur ce secteur, avec Nantes Métropole, en 2014. Le sujet a été pensé de façon globale pour répondre aux enjeux de développement de la commune. Conforter le pôle intergénérationnel de la Sanglerie participe à remettre à l’échelle le centre-ville des Sorinières. En résulte une attention particulière sur la qualité de la forme urbaine ainsi que sur la multiplication des connexions douces.

Commande Maîtrise d’ouvrage/Maîtrise d’œuvre :
Afin d’écrire le projet culturel puis d’établir un programme pour la nouvelle médiathèque, en parallèle de l’étude de programmation urbaine, l’équipe a travaillé avec les habitants, élus, technicien, BDLA et la DRAC à la préprogrammation. Cette démarche innovante s’est construite en différents ateliers en 2017 :
– Un atelier rêve pour laisser les habitants et les bénévoles imaginer leur médiathèque du futur librement,
– Une matinée de visite d’équipements en illustration et approfondissement des suggestions du premier atelier,
– Un atelier programmation pour échanger sur l’esquisse de programmation proposée par l’Atelier du Lieu,
– Une réunion de travail avec les élus et techniciens,
– Un comité technique,
– Une plénière pour une expérimentation à l’échelle 1 de la pré-programmation .

En 2018, avec Nantes Métropole Aménagement, l’Atelier du Lieu, Zephyr paysage et A3Gi ont retravaillé les études de 2014 dans le cadre d’une mission de MOE des espaces publics, de la rue des écoles et de la Sanglerie au parvis de la médiathèque, en passant par la venelle piétonne à créer, tout en menant la mission d’analyse des ilots à construire.

L’agence d’architecture Tetrarc a été retenue pour réaliser le nouvel équipement avec des logements superposés. Les extérieurs faisant partie intégrante des attentions, il a été décidé de prolonger la démarche de concertation une fois le chantier bien avancé afin de visualiser les lieux :
Encadrées par l’Atelier du Lieu, plusieurs rencontres ont fait évoluer les aménagements :
– Un panel sur la base du volontariat.
– Un « atelier distanciel » réalisé durant la période Covid pour enrichir et coproduire autour du projet en cours et informer les habitants, riverains, utilisateurs et usagers de la médiathèque et de l’école.
– Un « atelier grandeur nature », mené en collaboration avec Tetrarc, où le projet a été tracé selon ses dimensions et emprise réelles. Cette rencontre a permis de multiples discussions entre les usagers et utilisateurs de la bibliothèque, Nantes Métropole et la maîtrise d’œuvre. La « matière » récoltée a pour objectif d’enrichir les scénarios de projet en respectant les orientations des élus qui statueront sur le projet final.
– Des temps d’échanges avec des acteurs spécifiques : école, médiathèque.
Les travaux d’aménagements du parvis ont alors pu avoir lieu en même temps que ceux de l’équipement, en incorporant les retours de ces ateliers.

Ce jour, les réflexions continuent autour de l’ilot C, dont le périmètre foncier a été sécurisé et élargi par la commune, et de la venelle nord encore à aménager. Bien que dessinée, elle est liée à l’ilot B, de logements dont le projet retenu est mené par l’agence JBA.

Usages/fonctionnalités :
Lieu de passage et de rencontre, les extérieurs de la médiathèque ont été pensés comme un espace public pouvant s’adapter à divers usages. Le parvis, ouvert sur la rue des écoles, invite les passants à s’arrêter, traverser et déambuler. Une colline végétalisée, aux contours arrondis, occupe le centre de la placette. Légèrement surélevée, elle est un îlot de fraîcheur qui structure l’espace, permet de s’asseoir tout au long de son pourtour ou encore offre un parcours de motricité libre. En son cœur, une rose des vents ou planétarium, selon les imaginaires, dessine le circuit d’un jeu de billes. Cet espace, nommé « La bulle » a été concerté avec les usagers. Il offre ainsi un terrain de jeu idéal, laissé à l’interprétation, pour les enfants. Le parvis mène au jardin vivrier. Espace à l’ambiance colorée, il permet aux visiteurs de repartir avec des herbes aromatiques ou de cueillir un bouquet. Les cheminements doux, notamment ceux menant au centre-ville, ont fait l’objet d’une requalification. Leur prolongation permet d’améliorer la connexion entre les logements et les différents équipements. En parallèle, les rues adjacentes ont été pensées pour développer les modes alternatifs à la voiture. La chaussée a été rétrécie, au profit de bandes cyclables, de la gestion de la desserte des cars et bus, de trottoirs élargis et de plantations participant à la sécurisation de l’ensemble de la voie.
La venelle nord piétonne offrira quand à elle un maillage doux et végétal, une ambiance de forêt au cœur de cet espace urbain, et des espaces ludiques qui compléteront l’offre du parvis, en lien avec la médiathèque et l’école.

Environnement, ressources :
L’îlot est inclus dans une structure paysagère forte, mais aux masses végétales éparses. La requalification du site a permis de lier les différentes entités pour former une trame verte plus cohérente. L’aspect paysager a été finement travaillé pour faciliter cette lecture du lieu. Ainsi, des masses arbustives ont été plantées en limite de propriété. Jouant un rôle de pare-vue, elles protègent les espaces de vie tout en conservant une certaine porosité, afin de ne pas fermer le site. Les essences végétales intéressantes repérées sur site ont été conservées autant que possible. En parallèle, les joints enherbés des pavés assurent la continuité entre les espaces minéralisés et les espaces végétalisés.

La Sanglerie constitue désormais un pôle mixte de « bien-vivre ensemble », en extension directe du centre-ville. Se voulant être un espace public adapté à des usagers de tout âge, il prend en compte les impacts du changement climatique pour rester confortable en toute saison. La couleur claire du revêtement du sol limite l’absorption de la chaleur en cas de température élevée, et lutte ainsi contre l’effet d’îlot de chaleur urbain. La gestion des eaux pluviales a été pensée à la parcelle, de façon aérienne. Un caniveau recueille les eaux de pluies, qui, grâce à la légère pente du parvis, arrivent dans l’ouvrage de régulation de 150 m² qui sert aussi d’espace de jeu et participe à l’ilot de fraîcheur qu’est le parc de l’EPHAD. L’infiltration dans le sol est complémentée par la colline centrale, semi-perméable de par ses espaces plantés et l’utilisation de pavés adaptés.

Intégration esthétique :
Ce secteur, comme d’autres aux Sorinières, montre une volonté de proposer des architectures contemporaines et urbaines. Leurs formes et implantations en lien avec l’espace public sont remarquables, et témoignent de l’extension du centre-ville urbain : mairie annexe, pôle enfance, EHPAD… Les projets sélectionnés répondent à cet enjeu de prolongement de l’urbanité des Sorinières.

L’aménagement des espaces publics donne aussi à voir l’ambition architecturale et conforte l’urbanité du centre-ville sur et vers l’îlot de la Sanglerie. Il révèle le cœur d’îlot et crée un lien entre les fonctions du site, à la fois parvis végétal et urbain de la médiathèque, à la fois complément de la sortie des écoles, ou enfin, possible sortie du parc de l’EHPAD et prolongement de ce dernier grâce à l’ouvrage de régulation végétalisé.


Informations complémentaires :
Type de marché : procédure ouverte adaptée

Bureau(x) d’études : A3Gi VRD, Zephyr paysage
Photographe : Germain ROZO, Atelier du Lieu

Terracotta

Chemin des Virées Rouillard, 44600 Saint-Nazaire

104

Programme

33 logements locatifs sociaux

Concepteurs

  • Tact Architectes

Commune

  • Saint-Nazaire

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • SILENE

Thèmes

  • Architecture
  • Urbanisme

Année de réalisation

2024

Surface(s)

2 132 m² SHAB

Coûts

Coût bâtiment totale de l’opération : 4 738 029 € HT soit 2 411 € HT/m²Coût bâtiment (hors VRD/Espace vert) : 4 181 626 € HT soit 1 965 € HT/m²Coût VRD / Espaces verts : 556 403 € HTRatio avec VRD/Espace Vert : 2 226 € HT/m²

Documents

Situé en bordure de la Route Bleue, le long de la route de Saint-André-des-Eaux, le site des Virées Rouillard s’inscrit en proche périphérie de Saint-Nazaire, au cœur d’un paysage périurbain hétérogène, fortement marqué par la présence d’infrastructures de transport et de zones commerciales.
L’ambition partagée avec la maitrise d’ouvrage était alors de ménager en ce lieu les conditions d’une habitabilité et de constituer un nouveau quartier amène.
De forme triangulaire, la parcelle se trouve à l’articulation de contextes variés : elle prolonge un tissu résidentiel au nord, surplombe des jardins vivriers au sud-est et fait face à un centre commercial à l’ouest. La topographie en pente et les merlons qui ceinturent le site contribuent à une atmosphère singulière, atténuant les vues sur les infrastructures environnantes tout en ouvrant des perspectives vers le ciel et l’horizon, au-delà du chemin des Virées Rouillard.
Si cette configuration offre un ensoleillement favorable, orienté plein sud, elle est néanmoins affectée par d’importantes nuisances sonores, liées à la proximité de la voie de décélération de la RD 213 et du rond-point du Chêne Vert, situé au nord-ouest. La coexistence de ces contraintes, à la fois réglementaires et acoustiques, a conduit à envisager la création d’un paysage autonome à l’échelle de la parcelle : un micro-écosystème capable de préserver la qualité du cadre de vie.
Le projet se déploie ainsi comme une composition paysagère qui part du sol et favorise les cheminements doux. Nous avons travaillé avec grande attention le paysage à l’échelle de la parcelle, à la fois par les jeux d’implantation des volumes bâtis entre eux mais également par la qualification des sols : forte présence du végétal, alternance de pavements, sols en stabilisé, platelages bois.
Le travail du sol s’accompagne d’une réflexion sur les éléments de délimitation. Trois types de clôtures sont ainsi déclinés selon les situations : murs en briques, palissades en bois et ganivelles.
Une nouvelle voie, la rue Joséphine Baker, traverse le site d’Ouest en Est et structure l’ensemble. Rythmée par une succession de places et de placettes, elle distribue les logements via des venelles orientées nord-sud. Au nord, un cheminement piéton et cyclable relie le chemin des Virées Rouillard au rond-point du Chêne Vert, assurant une transition douce avec le quartier existant.
Les 36 places de stationnement sont intégrées à la topographie sous forme de petites entités. Cette organisation en sous-ensembles favorise une relation de proximité avec les logements tout en limitant l’emprise des voiries.
Le projet s’articule autour de huit corps de bâtiments principaux, conçus comme des longères contemporaines en écho à celles présentes dans l’environnement proche et dans les paysages des marais de Brière. Leur construction repose sur des systèmes hybrides, combinant maçonnerie traditionnelle et ossature bois.
Les formes, volontairement simples, évitent toute complexité technique superflue. Ces longères accueillent à la fois des logements individuels et collectifs. Leurs toitures à deux pentes, largement débordantes, protègent des terrasses en bois couvertes pour chaque logement. Enfin, le traitement des clôtures et l’implantation d’appentis, destinés à abriter celliers ou garages, participent à la richesse du maillage paysager de ce nouveau quartier.


Informations complémentaires :
Mission complète + OPC

Bureau(x) d’études : Iba – Solab – Naonec – Gsp – Tugec
Photographe : Patrick Miara

Le Domaine des Trois toits : les frontières fertiles de la ville

51 rue du champ de pie, 44120 Vertou

97

Programme

Cécile et Vincent sont vignerons dans le Muscadet. Sur leur domaine, Les Trois Toits, ils sont engagés dans l’agriculture biologique et l’agroforesterie.

Dès leur installation, ils portent l’ambition de produire un vin de qualité issu d’une vigne saine aux portes est de la métropole nantaise. Leur parcelle se situe à la lisière de la ville de Vertou (44), en contact avec la route de Clisson, le hameau Ville au Blanc et la zone commerciale Pôle Sud Basse-Goulaine.

En 2023, ils acquièrent 12 hectares de vignes en déprise dans un contexte de forte pression urbaine. Tout est alors à imaginer : organisation des rangs de vigne, haies, chemins, adaptation au dérèglement climatique, implantation du chai et intégration dans l’environnement périurbain.

Avec une certaine audace, ils choisissent de se faire accompagner par La Plume et le Sécateur, des paysagistes nantais qui vont mettre leur expertise au service de l’agriculture de demain. À travers cet attelage atypique, les problématiques sont abordées dans leur transversalité, avec l’articulation des échelles comme fil conducteur. Le projet ne cherche pas le beau, mais le juste rapport aux choses.

La viticulture fait face à des mutations profondes : déprise agricole, vieillissement des vignerons, remise en question des pratiques culturales ou intensité des aléas climatiques. Pour y faire face, plusieurs questions se posent. Comment inscrire la vigne dans des milieux naturels plutôt que dans une logique de monoculture ? De quelle manière organiser l’espace agricole au regard des nouvelles pratiques vigneronnes ? Le génie des lieux (Genius Loci) peut-il servir pour la réintroduction des haies ?

En miroir des réflexions menées par les vignerons, des attentes émergent aussi du côté des citoyens et des habitants riverains des espaces agricoles : environnement, santé, qualité du cadre de vie, biodiversité, parcours de promenade et tourisme dessinent les contours d’un idéal de campagne habitée. Du cep de vigne à l’échelle territoriale, le projet articule l’emboîtement des échelles : il vise à concilier les enjeux agricoles et paysagers afin d’organiser la cohésion du territoire.

La collaboration du vigneron et du paysagiste donne naissance à un projet viticole innovant et vivifiant mêlant travail de la vigne, sols vivants, dynamique de l’arbre, bosquets, haies et plus largement celle des écosystèmes. Par cette approche, le projet recompose les paysages façonnés par l’agriculture. Une orientation réussie à l’échelle du domaine Les Trois Toits, puis reprise par la profession, pourrait ouvrir la voie à une nouvelle image du vignoble du Muscadet.

La méthode, vignerons et paysagistes main dans la main : l’intervention du paysagiste dans un processus agricole apporte une vision transversale de l’occupation du sol et du vivant. Elle évite l’approche cloisonnée en silo. Les échanges avec les vignerons sont rapidement fructueux. Dès le début, trois principes de travail sont actés :

– des workshops réguliers, sous forme d’ateliers collaboratifs, pour rester au plus proche des pratiques culturales et de la connaissance du site par les vignerons

-une démarche itérative permettant d’enrichir progressivement le projet (plan actualisé à 5 reprises à ce jour). Le travail avec le vivant nécessite une approche dynamique du projet.

-la mise en œuvre de chantiers collaboratifs favorisant la transmission des savoirs, savoir-faire et la cohérence des engagements (retours d’expérience, bilans, amendements du projet, ajustements de la méthode)

Concepteurs

  • La Plume et le Sécateur

Commune

  • Vertou

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Domaine Les Trois Toits

Thèmes

  • Aménagement
  • Urbanisme

Année de réalisation

2025

Surface(s)

12 hectares

Coûts

Etude : 18k HTCout des travaux : 250k HT

Documents

À proximité du hameau Ville au Blanc, un domaine viticole s’active pour faire émerger un nouveau modèle agricole, où l’arbre et la vigne coexistent.

Le domaine des Trois Toits s’inscrit à l’interface ville/campagne à Vertou (44). Suite aux travaux de 2024, un paysage atypique s’y déploie. Un saut de quelques années permet de se représenter les lieux. À l’horizon 2030, la vigne est cultivée au sein de clairières arborées. Une trame de haies structure l’espace en « unités de culture » d’environ 50 ares chacune : le « vigneron » est utilisé comme métrique de base pour dimensionner les parcelles. Le paysage renvoie à l’échelle humaine, en lien avec le travail du quotidien : parcourir un rang, accomplir une tâche en une journée, vendanger, mesurer son avancée et trouver une satisfaction concrète dans le geste. Ici la longueur du rang est de 100 mètres, contre plusieurs centaines sur certains domaines ultra mécanisés.

L’eau s’infiltre dans des sols actifs et vivants. Trois mares ont été creusées. L’eau migre lentement vers le bas du coteau, retenue ça et là par la présence de haies et bosquets. Dans les grappes de raisin, les baies sont préservées des aléas climatiques, donnant au vin de beaux équilibres au fil des millésimes.

Au cœur des clairières, les ceps, alignés en rangs, sont conduits avec un couvert végétal permanent. Des semis de seigle, trèfle et féverole protègent les sols de l’érosion. Autour, la végétation spontanée colonise les tournières*, tandis que les haies offrent refuge et ressources à la faune. Chaque portion du domaine est pensée comme un espace de cohabitation avec le vivant. Toutes les strates sont concernées : herbacées, arbustives et arborées.

Dans ses interactions avec le milieu, la vigne bénéficie de services écosystémiques qui renforcent sa résilience face aux aléas : gel, stress hydrique, fortes chaleurs ou ravageurs. La présence d’arbres, par exemple, contribue à limiter les effets du gel. Un équilibre maîtrisé entre ombre et ensoleillement permet de concilier qualité aromatique des vins et diversité végétale.

Le domaine fédère autour de lui un ensemble urbain hybride composé des villages de Vertou, d’une zone commerciale, traversé par des chemins de randonnée et de patrimoine bâti. Il est traversé par des chemins ruraux et ponctué d’éléments remarquables : la chapelle de la Ville au Blanc, d’anciens chemins creux, des vues sur la vallée de la Sèvre et de belles orchidées sauvages. Il forme un paysage à la fois productif, habité et sensible.

Partie prenante d’une nouvelle séquence paysagère, le domaine met en relation les pratiques agricoles, les usages récréatifs et les qualités écologiques du site. Du paysage au vin, le domaine devient l’expression d’un terroir vivant au sein même de la ville. On trouvera des similitudes avec les modèles dits de « négociation » développés par Sébastien Marot, dans son ouvrage, Prendre la clef des champs, (éditions Wildproject).

En matière agricole, l’organisation du domaine offre une grande souplesse d’adaptation. Les unités de culture communiquent entre elles par les tournières*, facilitant les manœuvres. Une orientation homogène des rangs dans la pente laisse ouverte l’évolution des pratiques : tracteur enjambeur, tracteur inter-rang plus léger ou traction animale (cheval). Penser l’agriculture résiliente, c’est tenir compte du défi humain qu’engendrent les changements de pratiques dans leurs temporalités multiples (agraire, entrepreneuriale, financement, outillage, sociétale, etc…)

Depuis 2024, la mise en œuvre des travaux se déploie progressivement, au rythme des saisons viticoles et des financements mobilisés. Le projet s’appuie sur une diversité d’acteurs : les vignerons et leurs équipes, les chantiers animés par l’agence La Plume et le Sécateur (bûcheronnage, réemploi des rémanents pour la constitution de haies de Benjes, piquetage), des entreprises de travaux agricoles (broyeur forestier, empierrement des chemins), ainsi que les services des espaces verts de la Ville de Vertou (réhabilitation de noues).

Comme Vincent le dit lui-même dans le documentaire, « Terre À Part », il conduit désormais le domaine dans une « esthétique de paysage ». Une façon pour lui de prendre de la hauteur vis-à-vis de son action quotidienne dans les parcelles agricoles, et de s’inscrire raisonnablement dans le territoire.

Tournières* : chemins permettant de faire demi-tour en bout de rang.
Terre À Part* documentaire de Clarice Rampillon, disponible sur YouTube et consacré au domaine Trois Toits (https://www.youtube.com/watch?v=wzWhRnnuQ34)


Informations complémentaires :
Subventions la chambre d’agriculture Pays de la Loire

Bureau(x) d’études : La Plume et le Sécateur
Photographe : Benjamin Péneau

Nouveau quartier république

rue franceline ribard, 44000 Nantes

99

Programme

Le bloc A – débuté en 2023, 5 opérations livrées en 2025

du R+1 au R+10
54 4000m² SP
+de 20 parcelles

256 logements dont :
– 148 libres
– 43 abordables
– 33 sociaux

11 200m² bureaux

2 600m² RDC actifs et locaux artisanaux dont 1800m² investisseur unique

223 place de parking mutualisés a l’ensemble du bloc

700m² de panneaux photovoltaiques

gestion de l’eau a la parcelle

Objectif : proposer au moins trois typologies différentes d’habitat (maison, duplex, petit collectif, appartement)

mixer habitat et travail a l’échelle du bloc

proposer au moins 2 façons d travailler

Disposer d’opérations singulières au sein du bloc (des programme non écrits et a définir dans le futur)

Concepteurs

  • ajoa laq

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • SAMOA

Thèmes

  • Urbanisme

Année de réalisation

2025

Surface(s)

Pour le moment, c'est environ 24 400m² SP déployés :- 256 logements : 38% de logements sociaux, 17% abordables, 45% libres- 11 200 m² SP bureauxParking mutualisé à l'ensemble du bloc et foisonné de 223 places

Coûts

prix moyen ttc investisseur : 5553 €prix moyen ttc propriétaire occupant : 4379€

Documents

maitrise d’oeuvre urbaine et paysagere, creation des fiches de lot et suivi opérationnel


Bureau(x) d’études : mageo, zefco, biodiversita
Photographe : DIVERS (voir nom photos)

Le Plessis

Rue du Plessis, 44600 Saint-Nazaire

105

Programme

Réhabilitation de 120 logements collectifs répartis en 4 bâtiments, et réaménagement des espaces extérieurs

Concepteurs

  • AÜD ARCHITECTES mandataire
  • LA TERRE FERME paysagiste concepteur

Commune

  • Saint-Nazaire

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • SILENE

Thèmes

  • Aménagement
  • Architecture
  • Urbanisme

Année de réalisation

2025

Surface(s)

Surface habitable : 7 200 m² Surface parcelle : 18 376 m²

Coûts

Coût total : 5 483 260 euros HT dont - VRD : 680 000 euros HT - Aménagements extérieurs : 350 000 euros HT

Documents

COMMANDE MOUV/MOE

Le projet est issu d’un processus plutôt qu’un produit.
Démarche indissociable d’une concertation, d’échanges avec tous les intervenants, en créant une relation de travail constructive, un dialogue permanent, entre :
– – SILENE
– – La Ville
– – Les Habitants
– – CERUR
– – Architectes & Paysagiste

La volonté a été de prolonger la démarche entreprise par SILENE avec CERUR, Sociologues & Urbanistes, Agnès Lemoine, qui a établi une enquête sociale auprès des habitants.

En se saisissant des résultats de cette enquête établie auprès d’un échantillon représentatif des habitants :
– Aboutir à un diagnostic partagé.
– S’inscrire dans la démarche initiée sur ce Quartier Prioritaire de la Politique de la Ville

OBSERVER & RELEVER :
– Dimension sociale, un regard fin sur les pratiques du territoire et des espaces communs
– Contexte historique
– Contexte paysager
– Approfondir l’analyse urbaine aux abords de chacun des bâtiments
– Analyse sur les pratiques des espaces communs intérieurs et extérieurs
– Pathologies éventuelles non visibles
– Relevés des parties communes pour l’électricité et l’éclairage extérieur
– Relevés et prise de connaissance des installations techniques intérieures aux logements (plomberie, chauffage, ventilation, électricité)
– Objectif d’exhaustivité en phase étude pour éviter les surprises en phase travaux
– Visite de logements pour palier à toutes les incertitudes en phase étude.
– Rencontre des habitants
– Questionnaire sur les problématiques connues afin d’en déterminer les origines. Des questions ouvertes établies de concert avec SILENE et CERUR permettant aux habitants :
– Exprimer leurs souhaits et aspirations
– Retranscrire le regard qu’ils portent sur leur résidence
– Etre force de proposition sur l’évolution de leur immeuble
– Connaître leur savoir faire

Diagnostic en marchant
– Déroulement sur une journée.
– Groupe composé d’un pilote Architecte avec son regard, un rapporteur, un photographe, un preneur de note et un garant du temps.
– Les problèmes sont pointés, les dysfonctionnements, mais aussi les atouts et richesses du secteur.
– Temps convivial, un événement festif.
– Travail de synthèse fait par le groupe ainsi qu’une restitution collective.
– Compte-rendu élaboré et diffusé.
– Témoignage de compréhension de la particularité de chacun, hors normalisation, individuellement ou en groupe
Ces rencontres cherchent à entendre les demandes souvent non formulées et permettent une interprétation plus fine des demandes. Il faut entrer en empathie pour qualifier des paroles souvent mal formulées souvent par manque de mots.
– Principe d’une Journée « Barnum »
– Démarche de formation active mettant l’habitant en capacité d’agir, ce qui provoque un impact non seulement sur l’apprentissage personnel et aussi sur la capacité à s’investir/participer à la vie sociale de la résidence et du quartier.
– repositionner l’acte d’habiter au cœur de la résidence
– Fédérer les habitants autour d’un projet qui leur est destiné
– Inverser l’isolement croissant des foyers en rétablissant du collectif

INTEGRATION ESTHETIQUE
La commune de Saint Nazaire bénéficie d’ambiances urbaines variées :
– Bords de mer : Ecriture balnéaire
– Estuaire : Ambiance et Ecriture portuaire et de faubourg
– Brière…

C’est dans ce dernier, en frange Nord de la Commune, que se situe la résidence le Plessis.
Même si la contournante Ouest et les voies ferrées marquent une rupture physique avec ce paysage, le panorama très ouvert vers la parc de Brière est embrassé.

La résidence est située à l’articulation :
– Ensemble pavillonnaire à L’Ouest
– Equipement scolaire à L’Est
Un lieu traversé matérialisé par les chemins de chèvre.
Il ne constitue pas une exception dans ce tissu.
– Les volumes sont de hauteur contenue en R+3
– Les masses font écho aux bâtiments d’équipement

Une superposition d’une vue aérienne de 1950 et de ce jour met en évidence l’inscription sur des tracés historiques. Il est constaté un léger décalage de l’alignement des bâtiments par rapport à la voie.
Il n’y a pas de notion façade rue ou jardin. C’est le traitement des espaces extérieurs qui leur donne leur statut.
– Desserte des différentes adresses d’un seul coté de la rue
– Façade Ouest non active

Cette résidence est une composante essentielle de la vie de ce quartier à l’échelle des équipements et du paysage qui le composent.
La voie de desserte intérieure est inscrite dans le réseau viaire du quartier.
– Deux accès automobiles depuis les voies publiques avec une circulation en boucle.
– La résidence apparait composée autour de sa voie intérieure.
– Linéarité de la composition
– Favorise la vitesse de circulation accentuée par l’effet de glissement
– Répartition des stationnements uniquement fonctionnelle et quantitative.
De beaux sujets qualifient la résidence. Ils participent au caractère très arboré du quartier dans lequel la végétation semble infiltrer l’architecture.
Par contre, les espaces extérieurs (stationnements, entrées, liaisons douces, jardins, plantes) sont mal adaptés aux usages des habitants.
La répartition des stationnements est uniquement fonctionnelle et quantitative.

L’ensemble est d’une modernité cohérente avec un parallélisme parfait qui ne s’oppose pas au réseau viaire ou encore à la trame parcellaire du quartier : Une légère inflexion.
La composition avec décalages et glissements définit différents espaces communs dont le statut n’est pas défini.

Dans cet environnement paysager et architectural caractérisé, le projet consiste en la réhabilitation thermique des bâtiments et des espaces extérieurs. La proposition n’est pas uniquement technique. Le tout participe au renouvellement de l’image des bâtiments.
En s’appuyant sur un diagnostic exhaustif, tant paysager, architectural, d’usages et technique, le projet a pour objectif :
– Garantir un traitement urbain qualitatif d’accompagnement
– Enrichir de la silhouette architecturale
– Favoriser les perméabilités.
– Sécurisation des cheminements
– Une matérialité et un traitement à l’échelle du grand paysage.
– Augmenter la qualité d’usage.

Un local encombrant existant au milieu du site sera démoli. Cette modification lui enlève son caractère central au profit d’un aménagement plus fluide.
Tous les logements, quelque soit leur typologie, ont sensiblement la même surface de balcon. Il est identifié que les grandes typologies sont défavorisées. Des extensions de balcon pour les types 04 sont développées sur les façades Ouest à chaque extrémité des linéaires.

Chaque adresse a actuellement un hall qui ouvre directement sur l’escalier de distribution. Des SAS sont créés. Ils apportent une réponse multiple à différentes problématiques. Ils constituent à la fois un tampon thermique et par cet appendice, séquencent les linéaires de façade, jalonnent la circulation automobile et permettent de mieux identifier l’adressage.
Il a été identifié des désordres sur les actuels balcon en béton. Le projet se saisit de cette difficulté pour redéfinir l’écriture général des bâtiments. A une composition verticale est substituée une écriture horizontale.

Par une succession de strates à la matérialité différente, le projet dialogue à l’échelle du paysage. Une alternance d’enduit et de bois permet de lisser, de moderniser et d’intégrer dans l’écriture générale le dessin des balcons nouvellement créés.
Pour identifier chacune des adresses, la teinte de la partie enduite est différente. La ville a été associée, via l’architecte conseil, aux essais sur site des couleurs avant tout engagement de travaux de mise en peinture, sous couche et finition.

La résidence, rue du Plessis à Saint Nazaire est installée dans un parc qui comprend un grand nombre d’arbres plantés en moyenne il y a 50 ans. Quelques uns sont remarquables, très peu, beaucoup sont abîmés, morts en partie. Les essences ne sont pas très variées (moins de 10) et certaines sont peu adaptées aux usages (stationnements, liaisons douces) comme le murier. Peu d’arbustes et aucune vivace ne sont présents dans le parc.
Les arbres sont plantés ça et là, parfois sur des buttes, peut être pour dessiner ou refermer des espaces. Cette configuration ne les aide pas à survivre : l’eau de pluie ne reste pas à leurs pieds, les usagers grimpent sur les buttes et piétinent le pied des arbres.
Aujourd’hui le parc a besoin d’être régénéré afin de faire perdurer son caractère arboré et de développer sa biodiversité, au sein de ce paysage plat et venté, à la lisière du marais de Brière.

A l’appui d’un diagnostic phytosanitaire, il est décidé la suppression d’une trentaine d’arbres morts, malades ou peu adaptés, la plantation d’une soixantaine d’arbres, en creux, de façon à ce qu’ils accueillent l’eau de pluie à leurs pieds. Les arbres seront placés dans des banquettes d’arbustes et de vivaces plantés densément (5 plants/m2) et donc impénétrables et non piétinables. plus de 5000 m2 de plantation d’abres, arbustes et vivaces sont réalisés afin de créer plus de biodiversité.
Les arbres seront plantés de manière à dessiner des pièces ou bosquets aux usages différents et empruntant le vocabulaire d’un parc : alignement pour souligner une grande cour et les stationnements, square, place, jeux d’enfants, etc.

PAYSAGE

Le contexte urbain
La résidence du Plessis/La Berthauderie, au bord du marais de
Brière, est cernée par des équipements scolaires, sportifs
et un quartier résidentiel au Sud et à l’Ouest. Les
bâtiments sont vieillissants et les espaces extérieurs sont
mal adaptés aux usages des habitants.

Le projet d’aménagement et d’urbanisme
Le projet est redessine des liaisons douces continues autour
des bâtiments reliant les immeubles à leur environnement proche,
tout en identifiant un véritable parc de la résidence.
Les circulations piétonnes desservent un espace « côté cour » et un
espace « côté jardin ».

Côté cour, les circulations des véhicules sont redessinées avec un
marquage au sol et des matérialités favorisant une circulation
plus sécurisée et moins de surfaces enrobé. Les entrées sont plus lisibles, évidentes.
Un grand alignement se poursuit sur toute la longueur Nord/Sud de la
résidence. Les pieds de bâtiments sont plantées. Des appuis vélos
et des bancs sont installés. Un réemploi massif d’enrobé décrouté
et de bordures T2 permet la confection de 550ml de muret façon pierre sèche.

Côté Jardin, des espaces ouverts (grandes pelouses, place
stabilisée, square) ou fermés (bosquet de jeux, jungle, bosquets plantés)
caractérisent chacun des jardins derrières chacun des 4 immeubles.
Charmes, acacias dorés, sorbiers de oiseaux et petits fruits cohabitent
avec les pins et chênes conservés et élagués. Les couronnes des arbres sont
relevées pour remettre en lumière la résidence. Les allées et contre-allées dessinent le parc
et offrent un adressage clair et franc à la ville


Informations complémentaires :
Procédure avec négociation.
Financement essentiellement par prêts de la CDC.

Bureau(x) d’études : ISOCRATE, DIGUET SB, ECMS, AGE
Photographe : AÜD ARCHITECTES, LA TERRE FERME

Médiathèque de Trignac

29 Rue Marcel Sembat, 44570 Trignac

149

Programme

Médiathèque

Concepteurs

  • ATELIER BELENFANT ET DAUBAS (architecte mandataire)
  • HÉLÈNE HOUPERT ARCHITECTE (Architecte associé)
  • LA TERRE FERME (paysagiste)
  • Nathalie ROUGER (Architecte d’intérieur)

Commune

  • Trignac

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • COMMUNE DE TRIGNAC

Thèmes

  • Aménagement
  • Architecture
  • Urbanisme

Année de réalisation

2025

Surface(s)

Surface de plancher total 810m² dont 404m² d'extension (406m² de réhabilité)

Coûts

Coût total (hors foncier, hors VRD, hors honoraires compris agencement et mobilier) : 2 585 000 €HT Montant aménagement extérieur et VRD : 397 000€ HT

Documents

Trignac – Une médiathèque dans la ville

Un enjeu de requalification urbaine :
À l’issue de la programmation urbaine réalisée en 2019, l’enjeu assigné au réaménagement de cet îlot, dans lequel prennent place les bâtiments de la médiathèque, était de conférer à cet équipement communal une cohérence à l’échelle d’un renouveau du cœur urbain de Trignac. Ce devait être un projet initiateur d’un élan vers la requalification urbaine d’un territoire communal distendu.
C’est ainsi que notre parti a consisté à dessiner la forme urbaine avant le bâtiment, le vide avant le plein.
Le terre-plein par lequel se concluait le carrefour avec la rue de la Mairie, déjà planté de charmes et d’un robinier, a été intégré à un nouvel espace public qui allait se déployer d’un seul tenant le long de l’axe majeur de la rue Louis Labro, grâce au déclassement et à la suppression d’une voirie redondante.
Cette nouvelle disposition urbaine permettait de rendre un foncier disponible pour la partie en extension de la médiathèque, sans que celle-ci n’empiète et ne vienne fractionner à nouveau cet espace public.
De plus les jardins au-devant des anciens logements des forges de Trignac, manifestaient une qualité d’espace que nous ne voyions pas occupé autrement que par le jardin de lecture de la future médiathèque.
L’espace ainsi recomposé par le choix stratégique de la disposition du bâtiment et de ses abords, a permis la mise en synergie d’une place polyvalente, ouverte sur la ville, et d’un équipement public culturel central de la commune. Cette place encadrée des charmes et du robinier qui ont été préservés, et d’un mail planté de magnolias, assure maintenant sa fonction hebdomadaire de place du marché et de lieu occasionnel pour des rassemblements festifs et culturels.

Un patrimoine architectural et urbain :
L’enjeu patrimonial se focalise sur la particularité d’un bâtiment emblématique de la production architecturale qui accompagne la seconde révolution industrielle, très présente sur le territoire communal. C’est une architecture composée, un assemblage ordonné et attentif à la juste place des matériaux : le granite en soubassement, la brique en modénature, le moellon pour les maçonneries. Mais au-delà du bâti, la valeur patrimoniale est constituée par l’assemblage des constructions dans un urbanisme à l’échelle humaine, fait d’un maillage fin de ruelles et de jardins, qui fabrique l’ambiance de cet habitat populaire.

Enjeu technique de la réhabilitation :
L’appréhension de l’état du bâtiment existant a nécessité un diagnostic approfondi pour anticiper ses problématiques spécifiques. Les maçonneries en appareillage de moellons et de briques, ont un fonctionnement hygrothermique particulier dont il faut anticiper la réhabilitation avec des matériaux adaptés. L’absence de coupure de capillarité en pied de mur implique la prise en compte dans la paroi d’un régime hydrique dynamique, auquel il faut répondre par le maintien de la perspirance des parois. Tous les matériaux ajoutés, intérieur et extérieur, sont en cohérence avec ce fonctionnement et maintiennent la perméabilité à la vapeur d’eau de la paroi. Toute autre solution technique invasive pourrait se montrer contre-productive et menacer à terme la pérennité du bâtiment. Les revêtements extérieurs sont ainsi réalisés par des enduits traditionnels et badigeons à la chaux. Les compléments d’isolation intérieure des murs sont réalisés en terre allégée (terre + chanvre) et revêtus d’un enduit en terre crue.
Tous les autres isolants sont bio-sourcés (ouate de cellulose et laine de bois).

Enjeu de l’extension neuve :
Le bâtiment neuf en extension se positionne comme un complément à cette composition dont l’ambition est de laisser la part belle à l’expression des qualités spatiales déjà présentes. Le volume neuf en toit à deux pentes au gabarit similaire à l’existant, est légèrement en retrait. Le rez-de-chaussée manifeste, au premier plan, l’accueil depuis le parvis, et se prolonge au-devant du pignon existant pour accompagner l’adressage du public. Cette extension affirme en façade et en toiture la texture du bardeau de châtaignier, comme une matière naturelle vivante et nuancée, en cohérence avec la projection vers une ère de frugalité.

Organisation spatiale :
L’organisation spatiale privilégie un adressage sur la place publique qui borde la rue Louis Labro. La composition d’ensemble emmène le visiteur vers l’entrée de la médiathèque, en donnant à voir depuis l’extérieur un aperçu de l’activité intérieure. La consultation adulte, et surtout le kiosque à périodiques sont à l’interface, et en co-visibilité avec l’espace public. Une salle mutualisée appelé La Fabrique est accessible indépendamment des heures d’ouverture de la médiathèque.
Tous les espaces de consultation sont de plain-pied, flexibles, abondamment éclairés de lumière naturelle, et en communication réciproque.
La consultation adultes occupe l’espace central. Ses ambiances sont variées par les différentes hauteurs sous plancher et sous toiture, et en co-visibilité avec l’espace public du parvis.
Le bâtiment neuf en construction bois, s’appuie sur la façade nord des anciens logements, qui devient façade intérieure, dégagée sur toute sa hauteur.
L’espace de consultation enfants prend place au rez-de-chaussée du bâtiment existant. C’est une enceinte protectrice et rassurante, par l’épaisseur de ses parois, par sa relation étroite au jardin de lecture sur lequel il s’ouvre en façade sud.
L’espace des adolescents avec son alcôve dédiée aux jeux vidéos, est d’une ambiance encore différente. Il est constitué par un prolongement qui va chercher la vue et la lumière en façade nord.
Pour une bonne surveillance, l’accueil se trouve au centre, à la convergence visuelle de tous ces espaces et de l’accès du personnel.

Le jardin de lecture :
Le jardin de lecture occupe l’espace majeur de la composition. C’est un lieu de détente et de flânerie, clos et apaisé. Il profite d’une situation privilégiée, encadré par les deux bâtiments jumeaux qui se font face, avec une échappée visuelle sur le mail.

La médiathèque dans le paysage :
Aujourd’hui, la médiathèque est quai, à +4,00 m NGF, au sec, en attendant que la mer monte.
Trignac est une presqu’île dans le lit majeur de la Loire et de ses marais voisins.
La médiathèque est une arche de Noé, avec ses livres et ses lecteurs, à juste un mètre au-dessus du niveau moyen des terres pâturées, des anciennes forges voisines et du stade de rugby.
La place s’ouvre au-devant et libère un espace de forme simple pour le marché, la fête de la musique, la projection de la prochaine finale de la coupe du monde de rugby par exemple en 2027… Cette place est cadrée d’arbres existants qui ont été conservés et élagués pour cohabiter avec cette histoire urbaine vivante. Un gradin de 40 centimètres sert à la fois de rive au quai de la médiathèque et de mise en scène théâtralisée de son espace au-devant, où la vie peut prendre place et le spectacle se jouer.
La place est accompagnée d’un mail de magnolias et de lisières propices à la cueillette. Ces banquettes épaisses plantées en creux sont bordées de bancs simples pour servir à la fois de protection des plantes et d’assise pour en assurer le côtoiement revivifiant.
Le jardin de lecture a été dessiné en continuité de l’élégante géométrie architecturale de la façade de la médiathèque, dans cet intervalle entre les bâtiments jumeaux des anciens logements des forges. Ce jardin a fait l’objet d’un soin particulier de dessins d’ouvrages bois sur mesure pour mettre en scène les espaces dans un savant partage dédié à la lecture et aux plantes. Comme le dit Yves GILLEN, en ses jardins du Marais à Herbignac, commune voisine : « les bordures font les allées, les allées font les jardins » . Ici, les allées du jardin de lectures sont adressées au droit des ouvertures de la médiathèque.
Un vieux pommier, « arbre de la connaissance » rappelé par Claude Aufort, Maire de Trignac, a été conservé de haute lutte et cohabite aujourd’hui avec un érable à papier, premier arbre symbolique plantée avec quelques enfants et le Maire le jour de l’inauguration.

Pourquoi la construction en terre crue ?
Ce qu’on appelle construction conventionnelle est un système très récent mis en place après 1950 sous l’impulsion du plan Marshall pour massifier les matériaux et modes constructifs industrialisés. La contrepartie de ce choix politique a été l’élimination brutale des savoir-faire traditionnels. Le système normatif, réglementaire et assurantiel du bâtiment, tel que nous le connaissons aujourd’hui, a été bâti sur cette orientation quasi-exclusive. Il y a maintenant un combat de fond auquel nous participons pour remettre ces techniques en usage. Les bienfaits que procure la construction en terre crue sont de trois ordres : environnemental, sociétal, et individuel.
La terre qu’on utilise dans la construction n’est pas la terre arable qui est laissée à l’agriculture et au vivant. Nous utilisons la terre minérale qui est un matériau universel et abondant. La terre crue est un matériau dit « géosourcé », car il nécessite peu de transformation, pas de cuisson, peu ou pas de transport. Bien plus qu’un matériau recyclable, c’est le seul matériau dont on peut dire qu’il est véritablement réversible. En fin de vie, le matériau a conservé l’intégralité de ses propriétés initiales et il reste identique à ce qu’il était dans le milieu naturel, si on a pris soin de ne pas y ajouter de produits de stabilisation (chaux ou ciment). Son cycle de vie très vertueux en fait un matériau à l’impact environnemental quasi nul.
Le bénéfice sociétal vient de ce que la construction en terre crue se prête modérément à la mécanisation et à l’industrialisation. Elle donne lieu à une forte intensité sociale qui valorise le travail humain et le savoir-faire. Cet aspect ne fait partie ni des exigences réglementaires actuelles, ni des objectifs assignés généralement à la construction. Mais il nous semble indispensable d’y faire contribuer chacun de nos projets.
Les bénéfices individuels concernent l’impact du matériau sur le confort. Ses performances surpassent de loin tous les autres matériaux, particulièrement quand on l’additionne de fibres végétales (paille, chanvre, lin, …). C’est ce qu’on appelle l’effet hygrothermique, qui fait que le matériau rafraîchit l’ambiance en période chaude, et la réchauffe en période froide. C’est un climatiseur naturel en été, et un chauffage naturel en hiver !
Dans les bénéfices individuels, on peut noter que c’est un matériau qui s’entretient et se répare facilement. Il n’est rien de plus facile que de boucher un trou ou un éclat dans une paroi en terre, en colmatant avec la même terre humidifiée. Il ne reste ensuite qu’à passer un coup d’éponge pour homogénéiser la surface, et la différence entre la réparation et l’existant est indiscernable.

Technique de la terre allégée :
Parmi les différentes techniques connues de construction en terre crue, celle qui a été employée pour la médiathèque est la terre allégée. C’est une technique moderne qui consiste à utiliser la fraction la plus fine de la terre (sables fins, limons et argiles) mélangée à de la fibre végétale pour obtenir un mélange léger avec des propriétés isolantes et mécaniques satisfaisantes. Ce mélange est ensuite projeté ou banché, sur une structure porteuse en ossature bois ou en maçonnerie et ensuite recouvert d’un enduit fait de la même terre et de fibres dans des proportions différentes.

Impact environnemental de la terre crue :
La terre d’excavation constitue le principal déchet du BTP. Il n’est donc pas nécessaire de l’extraire spécialement pour réaliser un chantier en terre. On peut récupérer la terre du chantier lui-même, et ainsi éviter le transport pour sa mise en décharge. On peut aussi la récupérer sur un autre chantier à proximité. Elle évite donc la mobilisation d’autres matériaux consommateurs d’énergie et de ressources, et émetteurs de CO2. La terre crue a fait la preuve de sa durabilité millénaire dans la construction. Elle était l’une des principales ressources de la construction, avec la pierre et le bois, avant la révolution industrielle et l’utilisation massive des énergies fossiles. Elle est bien placée pour jouer ce rôle à nouveau dans un contexte de transition énergétique où la recherche de sobriété devient incontournable.
Dans l’alimentation, on s’indigne à raison que des produits ultra-transformés fasse le tour de la planète avant de finir dans nos assiettes, tout en générant des impacts délétères sur notre environnement et sur notre santé. Il en est de même dans la construction où l’analyse du cycle de vie met en évidence que la plupart de nos matériaux conventionnels ont des impacts négatifs sur l’environnement. La construction en terre crue se positionne comme une filière à très faible impact, lorsqu’elle est menée avec bon sens. De l’extraction de la ressource à la mise en œuvre sur chantier il n’y a que quelques kilomètres, et souvent quelques mètres lorsque l’on utilise la terre du chantier ! Le matériau se réutilise perpétuellement sans perdre aucune de ses qualités initiales. Et si on décide de s’en débarrasser, elle retourne tout simplement à son état d’origine dans le milieu naturel.


Informations complémentaires :
Concours

Bureau(x) d’études : ITAC (acoustique), INGELIGNO (structure bois), SISBA (structure béton), ÔMSWEETÔM ENVIRONNEMENT (environnement), AIREO ENERGIES (fluide/thermique), JD ECONOMIE (économiste)
Photographe : Gaëtan Chevrier