Bibliothèque Municipale

8 rue Anne de Bretagne, 44360 Vigneux-de-Bretagne

82

À Vigneux-de-Bretagne, dans le bourg de La Paquelais, la bibliothèque municipale occupait initialement une pièce unique d’une cinquantaine de mètres carrés, en annexe d’un ancien équipement périscolaire. Animée par l’amicale laïque et une équipe de bénévoles, elle se trouvait à l’étroit, tandis que les espaces attenants, progressivement libérés, restaient vacants.

La commande formulée par la commune relevait d’une logique d’ajustement : étendre la surface, mettre aux normes, améliorer le fonctionnement. Toutefois, dès les premiers échanges, une autre lecture du lieu s’est imposée.

Le projet s’est construit dans un dialogue étroit entre maîtrise d’ouvrage, bénévoles et maîtrise d’œuvre. Au-delà des besoins exprimés, les échanges ont révélé un attachement au bâtiment, pourtant simple dans son écriture architecturale, et une attention portée à ce qu’il pouvait déjà contenir. Cette convergence a progressivement élargi l’ambition du projet : ne pas seulement adapter un équipement, mais engager une transformation attentive, à partir de ses qualités existantes.

Le cadre économique étant très contraint, le projet s’inscrit dans une logique d’économie de moyens et de valorisation de l’existant. Ici, le bâtiment constitue la première ressource du projet. Les interventions se concentrent sur l’intérieur, en privilégiant des interventions de retrait plutôt que d’ajout. Les strates accumulées — faux plafonds, doublages, revêtements — sont déposées pour révéler une charpente bois traditionnelle et des murs en pierre jusque-là masqués. Cette mise à nu, engagée en concertation avec les acteurs du projet, redonne au lieu une épaisseur matérielle et une amplitude spatiale, sans transformation de l’enveloppe.

Cette économie de moyens s’accompagne d’une attention portée aux matériaux et à leur mise en œuvre. Le projet privilégie des solutions issues de filières biosourcées, notamment à travers l’emploi d’un sol en fibre de lin et d’un plafond constitué de panneaux en fibre de bois participant à la fois à l’ambiance et au confort acoustique. L’isolation de la toiture est renforcée afin d’améliorer la performance énergétique du bâtiment. Le système de chauffage, récemment remplacé avant l’intervention, est conservé, avec de simples adaptations ponctuelles, notamment le déplacement de certains radiateurs pour accompagner la nouvelle organisation des espaces.

Dans cette continuité, le réemploi du mobilier existant devient un principe actif du projet, complété ponctuellement par des éléments neufs dimensionnés au plus juste. À l’échelle du chantier, cette approche a également favorisé le recours à des entreprises locales, dont certaines implantées sur la commune, prolongeant ainsi la logique de ressource à l’échelle du territoire.

L’organisation spatiale s’appuie sur les usages et leurs évolutions possibles. La bibliothèque est pensée comme un lieu traversé par des pratiques diverses — consultation rapide, lecture, travail, accueil de groupes — sans cloisonnement rigide. Un grand volume central, rendu lisible par la dépose des plafonds, structure l’ensemble.

La mise en accessibilité constitue un élément structurant du projet. Les espaces existants présentaient des différences de niveaux entre l’ancienne bibliothèque et les surfaces libérées. Une rampe est ainsi mise en place pour effacer une marche isolée, accompagnée d’un mobilier sur mesure en bois. Ce dispositif assure simultanément plusieurs fonctions : sécurité des usagers, continuité des parcours, mais aussi support d’usages — assises, postes de consultation, rangements — et délimitation d’un espace pouvant accueillir des temps collectifs ou événementiels. Il permet de maintenir une continuité spatiale tout en proposant des situations différenciées.

Cette logique se prolonge dans le traitement des éléments techniques et des espaces de service. Un sanitaire accessible est créé sous l’escalier, à partir d’un recloisonnement qui intègre un bloc technique plus large. Celui-ci regroupe les fonctions nécessaires au fonctionnement de l’équipement : mise en accessibilité des sanitaires, intégration d’un monte-charge reliant les niveaux, et création d’un local ménage au rez-de-chaussée. Le dessin en courbe de ce cloisonnement accompagne les circulations, invite à la déambulation et participe à une partition souple entre les espaces enfance, jeunesse et les accès réservés aux bénévoles à l’étage.

Une banque d’accueil sur mesure est également intégrée au projet. Elle regroupe les fonctions nécessaires aux bénévoles — gestion des prêts, outils informatiques, rangements — tout en prenant en compte les exigences d’accessibilité. À proximité, un espace de tisannerie est aménagé, offrant un lieu de convivialité partagé entre bénévoles et usagers.

Les niveaux supérieurs, jusque-là peu exploités, retrouvent une fonction logistique et d’atelier. L’intégration d’un monte-charge accompagne cet usage et participe à l’amélioration des conditions de travail des bénévoles, au cœur du fonctionnement quotidien de l’équipement.

L’intervention s’attache ainsi à mettre en cohérence ce qui est déjà là, en limitant les apports et en clarifiant les usages. La matérialité existante — bois, pierre — est prolongée par des interventions sobres, cherchant une continuité plutôt qu’un contraste. Une signalétique discrète accompagne les parcours, dans une logique d’accessibilité et de lisibilité partagée.

Sans transformation visible de son enveloppe, la bibliothèque se redéfinit par l’intérieur, à partir de ses ressources propres et des usages qu’elle accueille. Le projet affirme ainsi une posture : faire avec ce qui est déjà là, révéler plutôt qu’ajouter, et inscrire la transformation dans une continuité matérielle, spatiale et d’usages. L’équipement trouve un nouvel équilibre, à la fois discret et structurant, entre transformation des espaces, adaptation aux pratiques et attention portée aux ressources mobilisées.


Informations complémentaires :
MAPA

Photographe : Charles Bouchaïb

Pôle élémentaire George Sand

3 impasse Philippe Touzot, 44850 Saint-Mars-du-Désert

69

Programme

Construction d’une école élémentaire de 12 classes (+ extension anticipée de 6 classes) en RDC et R+1 avec restaurant scolaire, accueil périscolaire, bibliothèque, salle plurivalente et cours de récréation Oasis. Aménagement paysager non genré et végétal de la cour avec gestion naturelle des EP.

Concepteurs

  • designer
  • économiste de la construction et OPC
  • PADW SCOP d’architecture architecte mandataire

Commune

  • Saint-Mars-du-Désert

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Commune de Saint-Mars-du-Désert

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2025

Surface(s)

2 736 m² SDP + 2 193 m² aménagements extérieurs

Coûts

5 433 960 €HT (valeurs 2025) Bâtiment neuf : 4 884 530 €HT Aménagements extérieurs (VRD + paysage) : 549 430 €HT

Documents

Connu pour son écosystème, la qualité exceptionnelle de ses tourbières et pour accueillir sur son territoire une des plus grandes pépinières de l’Ouest, la commune de Saint-Mars-du-Désert distille une aura particulière. Celle d’un paysage vivant et accueillant, au travers duquel le bourg qui grandit, dialogue avec son environnement et s’y épanouit. La reconstruction du pôle élémentaire Georges Sand et sa mutualisation avec l’accueil périscolaire et un pôle restauration nous a donc inspiré la plus grande délicatesse quant à son inscription urbaine.

Depuis l’impasse Philippe Touzot, entre talus et gymnase, le site de projet se déploie sur la profondeur jouissant d’une intériorité, en retrait de l’espace public. Comme demandé, afin de préserver une emprise foncière suffisante à l’extension des salles sportives Audrey Le Morvan, nous avons posé un cadre à notre intervention en réservant le nord de la parcelle. Anticipant également l’évolution des besoins, l’école conserve aussi la place de s’étendre. Résolument tournée vers l’espace public, le projet s’attache à créer les conditions d’un équipement scolaire ancré dans son site et ouvert à la vie de la commune.

Trois principes ont guidé sa conception, et au premier desquels : la valeur d’usage. L’école est un lieu qui rassemble, stimule, et enthousiasme. C’est un écosystème où s’éveillent les caractères, où grandissent les corps, où se développent les sens. À ce titre, les espaces conçus répondent à la diversité des sensibilités, avec une attention singulière pour que chacune trouve sa place et puisse s’y exprimer. A dont été développé une réflexion prospective sur la liberté pédagogique et le partage des lieux ressources proposés par l’établissement. Le projet permet ainsi l’intensification des usages sous toutes ses formes : les espaces sont pensés de manière agile pour s’adapter aux besoins et aux attentes de tous les publics.

Les salles de classes ont à cet égard fait l’objet d’une démarche singulière, envisageant une mutualisation des espaces (salles d’exercice et salles d’activités) à utiliser alternativement pour la classe ou le périscolaire. Offrant davantage de liberté de mouvement, de possibilités d’activités et d’apprentissage, la maximisation de leur taux d’occupation va également dans le sens d’une approche raisonnée sur les consommations d’énergie à l’échelle de l’équipement. De la même façon, la salle plurivalente est accessible et fonctionnelle indépendamment de l’école et de l’accueil périscolaire. Elle dispose d’une entrée dédiée et d’un espace extérieur associé accessible depuis le parvis, offrant ainsi un tiers lieu, disponible hors des temps scolaires à la vie associative, sportive ou culturelle du quartier.

La valeur technique est le deuxième pilier du projet. À l’innovation et l’expérience d’usages, a été associée une stratégie technique globale, s’appuyant sur la performance, le confort et la maîtrise des risques et des coûts. Le projet fait le choix de l’hybridation (matériaux, énergies…) et propose une conception simple, robuste et fiable. La mise en œuvre de systèmes et de solutions biosourcés éprouvées vise à garantir un confort pérenne et une résilience face au changement sur le temps long : en somme un équipement vraiment durable. Le bâtiment met ainsi en œuvre béton et bois dans un souci d’équilibre et de performance. Autonome, le bâtiment couvre 100% de ses besoins en énergie par des sources renouvelables grâce à une chaufferie bois. Le confort en toutes saisons, comme la qualité de l’air et la lumière naturelle, sont permis grâce l’orientation du bâti, l’ergonomie, l’organisation spatiale du projet, la mise en place d’une sur-ventilation naturelle nocturne et des protections solaires judicieusement positionnées. Ancré dans son environnement, le nouveau pôle élémentaire jouit également du rafraichissement offert par le paysage composé par la cour-jardin et l’aménagement du parvis. L’innovation prend ainsi corps dans l’alliance délicate des systèmes et des matériaux.

Enfin la valeur de la matière première est aujourd’hui au cœur de nos préoccupations. Dans le cadre de la transition écologique, la disponibilité des ressources est un enjeu à ne pas ignorer. Aussi le projet est conçu de façon à tirer profit de tous les atouts du territoire : faire avec toutes les matières et intelligences disponibles. Nous nous sommes dès le départ mis en posture d’avoir recours au réemploi et à l’économie circulaire. Par exemple, en relation avec la pépinière du Val de l’Erdre et les exploitants agricoles, branches, brindilles, et paille contribueront à enrichir les sols vivants des plantations, à recouvrir de copeaux les aires de jeux de la cour de récréation… Les finitions intérieures pourraient également être travaillées en collaboration avec les recycleries locales. D’une largeur d’1m, le bardage bois offre aussi la possibilité à l’ouvrage d’être « réparé » au sens le plus noble du terme : d’être amélioré au fil du temps. D’un ouvrage performant E3C1, il sera capable de renouveler son enveloppe, comme un arbre son écorce, de grandir et de s’adapter aux besoins à venir.

Le projet se déploie dès lors sur toute la largeur de la parcelle, adressant sur la voie publique une façade urbaine continue et repère. Dans une succession de volumes, les différents pôles sont ainsi répartis en deux ailes et sur deux niveaux suivant une logique de flux et d’usages. À l’angle sud-est, un premier volume signale l’école. Stratégique par sa position et les fonctions qu’il abrite, il est élégamment porté par des arches en « V » créant un effet de porche naturel. Y sont implantées les entités supports de l’établissement : salle plurivalente, bibliothèque, bureaux des équipes encadrantes et de la direction en lien avec le parvis. Celui-ci aménage une transition douce entre l’espace public et le groupe scolaire, introduisant l’entrée principale, situé dans le creux du bâti. Le parvis se prolonge ainsi dans un hall généreux dont la double hauteur renforce encore la connexion dedans-dehors. Depuis ce hall-forum, chacun trouve aisément son chemin grâce à la mise en scène des parcours offerts par la mezzanine et une signalétique adaptée.

D’un côté, l’école se déploie en R+1 vers le nord, de l’autre un volume bas héberge l’accueil périscolaire et la restauration. Ouverte vers le plan d’eau, la salle de restaurant offre ainsi une véritable pause au moment du déjeuner. L’accès livraison et à la cour technique s’effectue par l’angle à sud-ouest, permettant de dissocier les flux piétons et véhicules. Ainsi implanté sur les limites est et sud de la parcelle, le bâtiment libère en cœur d’îlot un espace paysager et ludique, propice à la récréation, au sport ou à la pause. La cour est pensée comme un jardin avec un espace stabilisé, une aire de jeux et divers espaces enherbés et plantés. Sans sortir de l’enceinte de l’école, les équipements sportifs voisins pourront être accessibles. Un bassin rectangulaire permet la rétention et l’infiltration des eaux de pluie.

Reprenant les codes des tourbières, il offre une oasis de fraîcheur accueillant la biodiversité du territoire pour l’observation, l’étude et l’émerveillement des petits et des grands. Sages et épurés, les façades offrent une qualité homogène au travers d’un bardage composé de bardeaux bois horizontaux rythmé verticalement tous les mètres. Le bois s’exprime également au travers d’une double peau légère à lames ajourées. Protégeant le sud du soleil, elle anime la façade de jeux d’ombres et de lumières au fil de la journée. Volontairement, le volume d’angle se distingue par un bardage métallique au motif discret. Il révèle les fonctions accueillies et offre des perspectives sur le quartier. Le projet offre ainsi à être vécu par toute la communauté habitante et les équipes encadrantes comme un lieu ressource, ouvert et libre.


Label(s) obtenu(s) : E3C1

Informations complémentaires :
Concours sur esquisse

Financeurs :

Région : 1 000 000€ au titre de l’Union Européenne et du FEDER, 150 000€ pour la Région Pays-de-la-Loire.

Préfecture de la Loire-Atlantique : 710 000€

Département de Loire-Atlantique : 400 000€

CAF de Loire-Atlantique : 300 000€

ADEME : 116 340€ au titre du fonds chaleur

Communauté de Communes Erdre & Gesvres :167 093€ au titre du fond de concours

Bureau(x) d’études : IBA structures, SOLAB fluides SSI cuisine, WIGWAM thermique HQE, ITAC acoustique, AGEIS VRD, OAK paysage
Photographe : Simon Guesdon

Temple bouliste – Halle du Parc Paysager

Parc Paysager - avenue Léo Lagrange, 44600 Saint-Nazaire

77

Programme

Halle couverte
6 à 8 pistes de pétanque & pratiques libres

Concepteurs

  • Conception de la halle : Vendredi architectes
  • D'Ici là paysage (mandataire groupement Plan guide et aménagement Parc paysager)

Commune

  • Saint-Nazaire

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Commune de Saint-Nazaire

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2025

Surface(s)

463m² de surface couverte

Coûts

514 577 € HT (valeur 2025)Bâtiment seul (construction comprise dans un projet d'aménagement du boulodrome)

Documents

La construction de la halle s’inscrit dans un projet plus vaste de réaménagement du Parc Paysager de St-Nazaire, dirigé par d’Ici là Paysages et qui porte de fortes ambitions écologiques et sociales : intensifier les usages, diversifier les formes de nature, faire face à l’urgence climatique en faisant du parc un lieu ressource pour affronter des canicules plus fréquentes et plus longues.
L’architecture du boulodrome couvert poursuit cette démarche en usant de matériaux bruts issus directement de la nature, pour une empreinte carbone très réduite : la halle est un grand parapluie de bardeaux mélèze sur une charpente de pin douglas, dans une volonté d’emploi exclusif de bois massif.
De plan carré, la halle peut accueillir 8 pistes de pétanque comme une multiplicité d’usages libres. La charpente en fermes rayonnantes autour d’un oculus zénithal décentré a constitué un véritable défi structurel pour assurer une surface libre de jeu de 15x15m. La double galerie de poteaux soutient et stabilise cette charpente atypique. Les poteaux sont appuyés sur des socles de béton brut coulés en place et sablés. Dans chaque angle, ils s’étirent pour former des bancs qui contreventent la structure.
Les 4 versants de la toiture se rejoignent en partie haute autour d’un oculus zénithal qui baigne le volume intérieur d’une lumière diffuse. Formée d’un vitrage de 3x3m sans recoupement, la verrière a été autre pari majeur du projet.
Hormis l’eau de la verrière, canalisée par un chéneau-gargouille en inox, l’eau de pluie s’écoule librement sur le grand toit de bardeaux. Elle est récupérée et drainée dans des impluviums en granit puis conduite dans la noue à l’est.
La forme radicale et la matérialité de la halle dialoguent avec la « Soucoupe », Monument Historique brutaliste inauguré en 1974 face au boulodrome. Bâtiment iconique des architectes Vissuzaine, Longuet, Rivière et Joly, elle a été construite par levées successives de béton dans des coffrages de différentes profondeurs, créant une texture très graphique à laquelle les bardeaux de la halle rendent hommage… dans une version décarbonée.


Label(s) obtenu(s) : Pas de label mais un bâtiment biosourcé & bas carbone puisque composé presque entièrement de bois !

Informations complémentaires :
Accord cadre Plan guide et maîtrise d’œuvre pour l’aménagement du Parc Paysager

Bureau(x) d’études : Ingeligno (Structure bois), Artelia (VRD)
Photographe : Gaëtan Chevrier (bâtiment livré) & Flore Larrazet (photos de chantier) – dessins BD Raphaël Beuchot

Résidence Provence

Route des Fréchets, 44600 Saint-Nazaire

73

Programme

Réhabilitation de cinq immeubles de logements sociaux en site occupé comprenant la rénovation thermique et le désamiantage de 86 logements, la création de balcons et de trois cages d’ascenseurs, la requalification des halls et des espaces communs ainsi que l’aménagement d’un local commercial.

Concepteurs

  • Bohuon Bertic et associé.e.s

Commune

  • Saint-Nazaire

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Silène Habitat

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2024

Surface(s)

Surface de plancher 3 575m² (existant)

Coûts

5 072 000 €HT

COMMANDE / MAÎTRISE D’OUVRAGE / MAÎTRISE D’ŒUVRE
La rénovation de la résidence Provence s’inscrit dans une démarche de revalorisation d’un ensemble de logements sociaux des années 1960, composé de cinq bâtiments au cœur d’un tissu urbain mêlant habitat pavillonnaire, grands ensembles et équipements commerciaux.
Le projet, mené en site occupé, répondait à plusieurs enjeux : amélioration des performances thermiques et acoustiques, mise en accessibilité, création d’ascenseurs et de balcons, requalification des parties communes et amélioration du confort des logements. Au-delà de cette mise à niveau technique, l’ambition partagée avec le maitre d’ouvrage, Silène Habitat était de transformer l’image de la résidence et la qualité d’usage offerte aux habitants, sans rompre avec les caractéristiques du site.
La démarche de projet s’est appuyée sur une lecture attentive de l’existant afin de révéler les potentiels du bâti plutôt que de les effacer.

ENVIRONNEMENT / RESSOURCES
Le projet développe une intervention sobre et mesurée fondée sur la transformation plutôt que sur la démolition. La rénovation thermique par l’extérieur, l’amélioration de l’enveloppe et des équipements techniques permettent d’atteindre un niveau BBC rénovation tout en prolongeant durablement la vie des bâtiments existants.
L’intervention conserve la structure originelle de la résidence et limite les transformations lourdes. Les nouveaux balcons prolongent les usages des logements tout en améliorant le confort quotidien des habitants.
Une palette restreinte de matériaux et de teintes compose le projet : enduits sable et blanc, serrurerie métallique et tôles perforées. Cette sobriété matérielle permet d’unifier les bâtiments tout en installant une atmosphère lumineuse et pérenne, en lien avec le contexte maritime de Saint-Nazaire.

USAGES / FONCTIONNALITÉS
Le projet cherche à améliorer les conditions d’habiter à toutes les échelles : confort thermique et acoustique des logements, accessibilité des bâtiments, qualité des circulations et valorisation des entrées et des halls.
La création des ascenseurs et des balcons transforme durablement l’usage quotidien de la résidence. Les espaces extérieurs privatifs prolongent désormais les logements tandis que les halls et parcours d’accès requalifiés participent à une meilleure lisibilité de l’ensemble résidentiel.
L’intervention développe également une attention particulière aux seuils et aux parcours dans le quartier afin de renforcer le sentiment d’adresse et l’appropriation des bâtiments par les habitants.

INTÉGRATION / ESTHÉTIQUE
Le projet repose sur une écriture architecturale simple et attentive à l’existant. Les façades ont été requalifiées par un travail de bichromie associant des teintes sable et blanches, permettant de distinguer les différentes situations du projet tout en apportant une nouvelle identité à la résidence.
Le coloris sable fait écho à la lumière et au paysage littoral de Saint-Nazaire, tandis que le blanc accentue la luminosité des façades côté cœur d’îlot. Les encadrements en surépaisseur des fenêtres composent un motif régulier qui anime les élévations et atténue la répétition du bâti existant.
Les nouveaux balcons métalliques, les garde-corps perforés et le traitement homogène des halls et parties communes participent à une relecture sobre et cohérente de l’ensemble. Le projet cherche ainsi à transformer l’image du logement social par une architecture discrète, durable et attentive au cadre de vie quotidien.


Label(s) obtenu(s) : Niveau BBC Rénovation

Bureau(x) d’études : Betom, ECMS, Zéphyr paysages
Photographe : Juan Cardona

Résidence Nidea – Zac Champ de Manœuvre

Rue René Rivet, 44300 Nantes

71

Programme

Construction de 28 logements dont 23 logements intermédiaires (R+2/3+C) en locatif social et 5 maisons individuelles en accession sociale, aménagement du cœur d’ilot et des abords.

Concepteurs

  • Bohuon Bertic et associé.e.s

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Nantes Métropole Habitat

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2023

Surface(s)

Surface de plancher 1 970m²Surface utile 1 835m²Surface extérieure aménagée 1 600m²

Coûts

3 990 000 €HT(dont 3 745 000€HT bâtiment et 245 000€ HT VRD/EV)

Documents

COMMANDE / MAITRISE D’OUVRAGE / MAITRISE D’ŒUVRE
La résidence NIDÉA s’inscrit dans le projet urbain Champ de Manœuvre, au Nord-Est de Nantes, sur un site singulier, le Bois Sauvage, habité par une végétation dense. Le projet est né d’une volonté partagée entre Nantes Métropole Habitat et l’équipe de maîtrise d’œuvre de proposer une forme d’habitat social attentive aux usages quotidiens, à la qualité des espaces extérieurs et au rapport au vivant.
La réflexion s’est construite autour d’une question centrale : quelle forme d’habitat collectif peut aujourd’hui offrir de véritables qualités d’usage dans le logement social, aussi bien en locatif qu’en accession ? Le projet développe ainsi une attention particulière aux espaces partagés et aux transitions entre espace collectif et sphère intime. Cette démarche a conduit à concevoir un ensemble où la générosité des circulations, la multiplicité des vues et la présence du paysage participent pleinement à la qualité de vie des habitants.

ENVIRONNEMENT / RESSOURCES
La résidence est constituée d’un linéaire de maisons mitoyennes, installé au premier plan Rue René Rivet, et d’une bande de logements intermédiaires au second plan, décomposée en deux parties, de part et d’autre d’une faille révélant l’entrée du bâtiment. Ainsi fractionné en deux grands ensembles, le projet permet l’inclusion de la végétation existante à la composition bâtie et la préservation des arbres hautes tiges du site et de ses abords.
Le cœur d’îlot constitue un filtre aux vis à vis entre l’immeuble collectif et les maisons. Alimenté en eau par des noues, il est aussi un paysage singulier à regarder au fil des saisons avec des végétaux de zones humides, des massifs arbustifs, les sujets conservés et de nouveaux arbres à floraisons intéressantes.
Le système constructif en prémurs béton a été choisi pour limiter les interventions lourdes sur ce site contraint et préserver les chênes.

USAGES / FONCTIONNALITÉS
Nous nous sommes interrogés sur ce qui permet de qualifier aujourd’hui l’espace de vie dans l’habitat social et nous nous sommes naturellement orientés vers le rapport entre l’intérieur et l’extérieur. Les contraintes de typologie, de surface, de cahier des charges à respecter produisent des plans de logements optimisés. La marge de manœuvre se situe alors dans l’espace entre clos et ouvert. Dans le cadre de ce projet, préservant un cœur d’îlot végétal, la question prend toute sa valeur. Notre proposition traite du « vivre-ensemble » en élargissant les capacités d’usage, en qualifiant les espaces pour les transformer en lieux de vie selon le désir des futurs habitants. La générosité des espaces de transition, l’étagement des limites entre public et privé, la qualité des seuils, le tissage des vues proches et lointaines, sont autant d’éléments qui permettent de créer du lien et donc de « bien voisiner » au fil des saisons.

INTÉGRATION / ESTHÉTIQUE
L’écriture architecturale du projet repose sur une composition fragmentée de volumes à doubles pentes qui s’insère avec douceur dans le site. L’alternance de petites entités permet de réduire l’impact du programme tout en donnant au projet une silhouette identifiable.
Le projet cherche une forme de sobriété où la répétition des éléments et la palette de matériaux limités produisent une unité d’ensemble. Les façades monochromes en béton lasuré captent les variations d’ensoleillement et les ombres portées de la végétation ; les menuiseries en bois et les éléments de serrurerie galvanisée apportent finesse et profondeur aux façades.
Les loggias, protégées par des tôles perforées, les jeux de retraits et les grands châssis vitrés en bois participent à une architecture attentive aux usages autant qu’au paysage. Le projet propose ainsi une image du logement social généreuse, durable et ancrée dans son territoire.


Bureau(x) d’études : Betom, ECMS, Zephyr paysages
Photographe : Juan Cardona

Amazing Amazones : l’îlot 4B

Îlot 4B, Boulevard de Berlin, 44000 Nantes

79

Programme

Construction d'un îlot mixte de bureaux, de 91 logements en accession autour d'un complexe sportif et ludique.

Concepteurs

  • a+ samueldelmas architectes (architecte mandataire)
  • DLW architectes (architecte associé)

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Altarea-Cogedim

Thèmes

  • Architecture
  • Urbanisme

Année de réalisation

2023

Surface(s)

Surface de plancher : 25 500 m² dont 16 200 m² de bureaux, 5 800 m² de logements, 3500 m² de centre sportif UCPA

Coûts

55 M € HT (Février 2019)

Documents

À la pointe du quartier Euronantes Gare, une triangulation de contraintes enserre un îlot : voies ferrées d’un côté, boulevard de l’autre, neuf mètres de dénivelé, nuisances sonores et les pieds dans l’eau ! Et pourtant, à quelques pas seulement, le calme s’installe. Là, à la jonction de l’ancien et du nouveau, le projet prend racine. Il prolonge le corridor écologique formé par la petite Amazonie, enclave sauvage et sanctuaire de biodiversité. Il densifie sans heurts, mêle les usages et favorise la rencontre autour du sport. À grande échelle, il propose une réponse urbaine où les masses s’entrouvrent pour cadrer les paysages de la ville.

Rencontres urbaines
Trois typologies, un seul dessin : logements, bureaux et complexe sportif s’assemblent dans une composition audacieuse. Ce morceau de ville révèle les qualités d’un quartier où vie quotidienne et activité professionnelle s’entremêlent.

Les gabarits ont été développés pour permettre une coexistence harmonieuse des différentes échelles de la ville, tout en préservant les vues vers les grands repères nantais. En prenant de la hauteur, les usagers découvrent ainsi le panorama nantais, la Loire et le pont Tabarly qui se dessinent en perspective.

Le projet revendique une écriture de la variation. Chaque bâtiment développe sa propre écriture afin de composer un véritable morceau de ville. À rebours des grands ensembles homogènes, l’ambition est ici de fabriquer un mini-quartier vivant et diversifié, où la composition crée l’identité urbaine.

Co-visibilités
Le bâti se segmente en volumes cousins et complémentaires. Chaque entité est autonome mais solidaire, liée à l’autre par des jeux de transparence, de co-visibilité, de percées visuelles. Les espaces s’ouvrent par des loggias continues, des balcons filants, des paliers où l’on respire, où la lumière pénètre sans filtre. Un grand châssis, des menuiseries cachées, un plein, un vide : l’architecture s’épure. Les limites s’estompent.

Rez-de-chaussée
Le socle actif, où se croisent les usagers, s’ancre sur le boulevard et dans la pente. Sa singularité réside dans la relation constante aux espaces extérieurs : chaque hall se prolonge par un patio arboré. Des séquences piétonnes redessinent la parcelle comme une promenade urbaine. Au niveau du sol, l’assise sportive accueille un monde en mouvement. Musculation, danse, escalade : un grand volume se déploie, haut de trois à onze mètres, organisé autour d’un vide. Le bois dialogue avec le béton, les passerelles s’élancent entre les poteaux, les murs d’escalade habillent les parois de bois tactiles. Les espaces traversent, filtrent, tempèrent, ouvrent vers l’extérieur.

Symbiose citadine
Ce sol vivant se prolonge en paysage habité en hauteur où jardins suspendus, loggias généreuses, terrasses panoramiques densément plantées de baliveaux et espaces sportifs résonnent avec le ciel. À la croisée des usages, il accueille les terrasses actives des bureaux, les patios arborés en cœur d’îlot, la terrasse-jardin conviviale du café UCPA. Au sommet, les logements s’élèvent. Tous ouverts sur leurs angles, ils s’ouvrent au panorama. La lumière pénètre à 180°. Le hall d’entrée en double hauteur donne la mesure.

Flexibilité
Les logements reposent sur des plateaux libres et des cloisons en SAD, structurés par des noyaux et des façades porteuses, permettant des transformations typologiques dans le temps. Les bureaux sont conçus comme des plateaux libres et ouverts, capables d’accueillir des configurations de travail variées et évolutives. Guidé par la souplesse d’usage et la réversibilité, le projet accompagne ainsi les évolutions futures de la ville.


Label(s) obtenu(s) : HQE "Excellent"
BREEAM "Very Good"
RT2012 -30%

Informations complémentaires :
Type de marché : Concours privé

Bureau(x) d’études : D'ICI LÀ (paysagiste), EVP (structure), OTE (fluides+vrd), OTEIS (économie), WONDERFULIGHT (concepteur lumière), PEUTZ (acoustique)
Photographe : Thibaut Voisin

Centre de secours et d’intervention routier

Zone de l'Europe - Rue De Bruxelles, 44210 Pornic

68

Programme

Construction d’un Centre d’Intervention Routière et d’un Centre d’Incendie et de Secours réunissant espaces opérationnels, administratifs et de vie : deux remises pour les véhicules d’intervention, des bureaux, une salle de formation, des vestiaires, des locaux de sport et de vie commune, vingt chambres de garde et les équipements techniques associés (tour de manœuvre, station de lavage, stockage extérieur et stationnement).

Concepteurs

  • Bohuon Bertic et associé.e.s

Commune

  • Pornic

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Sdis 44

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2023

Surface(s)

Surface de plancher 4 250 m² (construction neuve) Surface extérieure aménagée 13 750m²

Coûts

8 340 000 €HT (dont Bâtiment 7 175 000€HT et 1 165 000€ HT VRD/EV)

COMMANDE / MAÎTRISE D’OUVRAGE / MAÎTRISE D’ŒUVRE
Le CIR-CIS de Pornic réunit sur une même parcelle deux équipements habituellement séparés. Cette volonté de mutualisation s’est construite autour d’un objectif commun MOA/MOE : offrir un outil de travail efficace, durable et adapté aux réalités quotidiennes des usagers.
Le dialogue mené tout au long du projet avec les pompiers et les agents routiers a permis d’affiner les usages, les circulations et les rapports entre espaces partagés et espaces autonomes. Le projet cherche ainsi un équilibre entre fonctionnement opérationnel, qualité de vie au travail et présence institutionnelle.

ENVIRONNEMENT / RESSOURCES
L’implantation du bâtiment au centre de la parcelle organise clairement les différents usages tout en limitant l’emprise construite. Cette composition simple favorise la lisibilité du site et la rationalité des flux.
Le projet privilégie une architecture sobre et pérenne, pensée pour la robustesse d’un équipement tertiaire fortement sollicité. Le bardage aluminium doré inscrit le bâtiment dans l’atmosphère lumineuse et balnéaire de Pornic. Sa teinte métallique évolue selon la couleur du ciel, la lumière et les variations météorologiques, faisant du bâtiment une présence changeante au fil des saisons et des heures de la journée.
L’attention portée à la lumière naturelle et à la qualité des ambiances intérieures participe au confort quotidien des équipes et à la durabilité des espaces de travail.

USAGES / FONCTIONNALITÉS
L’organisation du projet repose sur une lecture claire des usages. À l’Est, la façade opérationnelle accompagne les départs d’intervention ; à l’ouest, l’équipement dialogue avec la zone d’activités ; au nord et au sud, les espaces extérieurs répondent aux besoins spécifiques des agents routiers d’une part, et des pompiers, d’autre part.
Les remises prennent place aux extrémités du bâtiment tandis que les espaces administratifs et partagés occupent le cœur du projet et s’ouvrent sur un généreux patio végétalisé. Cette disposition permet à chaque entité de conserver son autonomie tout en favorisant des usages communs et des relations quotidiennes entre équipes.
Le bâtiment cherche à offrir des espaces simples, lisibles et accueillants, capables d’accompagner aussi bien les situations d’urgence que les temps ordinaires de travail et de repos.

INTÉGRATION / ESTHÉTIQUE
Dans un environnement commercial hétérogène, le projet affirme une présence identifiable sans chercher l’effet démonstratif. L’écriture architecturale repose sur une forme d’abstraction sobre et compacte : des façades uniformes enveloppent l’ensemble du programme dans un geste continu, souligné par des angles arrondis qui accompagnent les circulations autour du bâtiment.
Cette continuité de l’enveloppe renforce l’unité architecturale du projet malgré la diversité des usages qu’il accueille. Les entrées et sorties sont révélées par des creux sombres dans la façade donnant à lire le fonctionnement du bâtiment avec simplicité et précision.
Par sa volumétrie, sa matérialité et la retenue de son écriture, le projet cherche à inscrire durablement cet équipement dans le paysage de Pornic. L’architecture assume ainsi son rôle civique tout en proposant un cadre de travail attentif aux usages et au territoire.


Informations complémentaires :
Concours

Bureau(x) d’études : Egis BET TCE, Alhyanhe BET acoustique
Photographe : Juan Cardona

Les lanternes de Neyman

Bvd Jean de Neyman, 44600 Saint-Nazaire

74

Programme

32 logements : 11 logements collectifs R+4 max./ 6 logements intermédiaires R+2 max + 15 maisons individuelles groupées

Concepteurs

  • MAGNUM urbanistes mandataire - CAMPO paysagistes

Commune

  • Saint-Nazaire

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • SILENE

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2023

Surface(s)

2765 m² SHAB – 2940 m² SP

Coûts

4 750 000 € (2023)

Documents

Critère 1 — Une exigence portée conjointement entre maîtrise d’ouvrage et maîtrise d’œuvre, où le dialogue de projet élève le niveau d’ambition

Le projet comme espace de dialogue et d’invention
Le projet est né d’une ambition portée collectivement par la maîtrise d’ouvrage et la maîtrise d’œuvre : dépasser l’idée d’un logement réduit à une simple cellule standardisée, normée et suréquipée. Dans un contexte où les surfaces se rationalisent, où les usages se figent et où le végétal devient souvent un simple décor, nous avons cherché ensemble à proposer une alternative plus généreuse et plus ouverte des manières d’habiter.
Silène et Magnum ont engagé un dialogue de projet constant, fondé sur une exigence commune : concevoir des logements pensés comme des volumes à vivre plutôt que comme une addition de mètres carrés. Cette réflexion partagée a permis de défendre, dans le respect de l’équilibre économique de l’opération, des qualités d’usage ambitieuses et parfois atypiques : espaces capables, seuils appropriables, micro-programmes favorisant les rencontres, porosités entre l’intime et le collectif.
Cette collaboration étroite a permis de maintenir l’usager au cœur du projet. Ensemble, nous avons défendu l’idée d’un habitat laissant une place à l’appropriation, où l’habitant conserve le pouvoir d’achever et de faire évoluer son espace de vie dans le temps. Plus qu’une réponse technique ou réglementaire, le projet revendique une vision optimiste et évolutive de l’habitat contemporain.

Critère 2 — Une approche attentive aux ressources et aux contextes, proposant des réponses adaptées aux enjeux environnementaux contemporains

Habiter différemment la profondeur de l’ilot.
Sur ce projet, le boulevard et le coeur d’ilot sont habités différemment. « Les lanternes de Neyman » s’attachent à proposer des modes de vie variant en fonction du contexte, de la profondeur de la parcelle.
Le bâtiment collectif, résolument urbain, participe à la régénération du boulevard. Sa silhouette est sculptée pour briser les effets de masse et s’élancer vers le ciel. Pour respecter le voisinage, le gabarit du bâti s’apaise (R+2) sur sa partie Ouest. Résolument urbain, il puise son identité dans les codes de la ville, avec un travail sur la trame en façade, l’usage de la loggia, associé à des percements généreux.
Alors qu’en fond de parcelle, des maisons groupées de grande typologie s’ouvrent généreusement sur l’espace paysager, tel un hameau résidentiel.
Entre eux, un bâtiment intermédiaire propose, au-delà d’une transition d’épannelage, une alternative entre l’habitat collectif et individuel. S’élevant en R+2, il adopte pour autant la matérialité et le motif architecturale des maisons au Sud (toiture double pente, jardins individuels…). Il est composé de deux volumes distincts relié par une coursive. Un soin particulier est apporté au traitement de la circulation verticale, l’escalier étant couvert pour un confort d’usage et génère un apaisement volumétrique entre les deux masses du bâtiment.

Critère 3 — Une conception répondant aux usages actuels, tout en anticipant les évolutions à venir

Des espaces « capables » intégrés.
Parce que nous vivons tous singulièrement, nous proposons une alternative au plan type, en y intégrant un dispositif singulier à s’approprier : alcôve, double hauteur, balcon, triplex, loggia, terrasse, jardin en RDC, extérieur couvert …
Chaque logement est unique par son plan, son orientation, sa forme … produisant ainsi une singularité d’habitat tout en conservant une sobriété architecturale.
Nous avons poussé notre logique « sur-mesure » jusqu’au choix du système constructif : tandis que les maisons sont en ossature bois, le collectif est en maçonnerie. Le bâtiment intermédiaire adopte un principe mixte.

Critère 4 — Une recherche sensible de qualité architecturale et paysagère, alliant audace et intégration

Une architecture vivante au profit de l’appropriation.
Enfin, persuadés que la singularité architecturale participe aussi à l’appropriation, nous avons le désir d’une architecture vivante, sculptée, d’inspiration vernaculaire avec une volumétrie détournée par une lecture plus contemporaine.
Le 1er ilot de maisons oriente les jardins privatifs sur la coulée verte et sur les sujets végétaux préexistants. Alors que les autres ilots orientent les espaces extérieurs privatifs et les pièces à vivre vers le Sud. En tête d’îlot, des maisons singulières en triplex produisent des signaux marquant les angles intra-parcellaires. Le dessin généreux des ouvertures sur ces émergences propose alors la nuit venue un effet de lanternes.
Le projet s’inspire de la palette végétale « VILLE LITTORALE Ambiance Balnéaire ». les arbres existants sont conservés et une quarantaine nouveaux sont plantés (en cépé ou haute tige). Haies arbustives, frange champêtre et plantes grimpantes agrémentent les espaces publics.


Informations complémentaires :
marché loi MOP

Bureau(x) d’études : ECMS (économie/OPC) – EVEN (structure) – RABIER FLUIDES CONCEPT (Fluides & Développement durable) – A3GI (VRD)
Photographe : Juan Cardona

Accueil Librairie Château des Ducs de Bretagne

4 place Marc Elder, 44000 Nantes

74

Programme

Réaménagement de l’accueil billetterie et de la librairie du musée d’histoire de Nantes

Concepteurs

  • Tact Architectes

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Le Voyage à Nantes

Thèmes

  • Aménagement
  • Architecture

Année de réalisation

2025

Surface(s)

220m² SP

Coûts

Coût bâtiment : 247 000 € HT soit 1122 € HT/m²Pas de VRD ni Espaces verts

Documents

En tant qu’architectes, c’est pour nous un honneur d’avoir travaillé sur un projet dans un site aussi prestigieux que celui du musée d’histoire de Nantes au Château des Ducs de Bretagne. Ce lieu patrimonial majeur, fortement attractif sur le plan touristique, voit sa fréquentation et sa visibilité croître continuellement au fil des années.
Nous avons étroitement partagé avec l’ensemble des acteurs de la maîtrise d’ouvrage les préoccupations et les valeurs qui fondent ce projet de réaménagement : contribuer à l’image d’un musée citoyen et accessible, d’un musée vivant – capable d’accueillir, tout au long de l’année, des propositions artistiques et des événements – et d’un musée engagé dans son époque.

Ce projet de réaménagement dialogue avec les espaces existants majestueux dans lequel il prendre place, tout en répondant aux enjeux de qualité d’accueil, de lisibilité des flux et de confort d’usage pour l’ensemble des publics.

Les intentions projectuelles de ce réaménagement se traduisent par l’introduction de touches chromatiques et matérielles élégantes et chaleureuses qui agissent par contraste délicat avec la spatialité minérale de ces lieux de pierre. La proposition s’appuie sur l’emploi de matériaux nobles et durables – meubles en chêne naturel ou lasuré, textiles épais acoustiques, étagères métalliques lasurées, ponctuations d’éléments en laiton – entrant en résonance avec la pierre et la ferronnerie existantes.

Le parti pris du projet repose sur la déclinaison de trois familles de mobilier, chacune conçue en dialogue avec les éléments patrimoniaux et participant à la définition des zones fonctionnelles :

Des mobiliers d’accueil immédiatement identifiables.

Des mobiliers de pourtour ou de surface, venant effleurer les murs et s’inscrire en écho avec leur épaisseur, leurs redents et leurs aspérités. Leur implantation veille à préserver la lisibilité des éléments patrimoniaux, et notamment des cheminées existantes.

Des mobiliers mobiles, installés au cœur des espaces, reconfigurables en fonction des usages et des appropriations, tout en maintenant une perception pleine et entière des volumes des salles.

Ce projet d’accueil des visiteurs a été pensé afin d’être à la hauteur de la noblesse du site, tout en demeurant convivial et généreux, offrant dès l’entrée un avant-goût de la richesse et de la densité des contenus exposés.


Informations complémentaires :
Mission complète + Opc

Salle polyvalente et restaurant scolaire

Impasse de la Grée, 44540 Le Pin

114

Programme

Réhabilitation et extension d’un bâtiment agricole en restaurant scolaire et salle polyvalente

Concepteurs

  • SET architectes

Commune

  • Le Pin

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Commune du Pin

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2025

Surface(s)

Surface réhabilité 110m², Surface créée 264m²

Coûts

1,52 M € HT

Documents

Pour améliorer l’offre de service sur son territoire, la mairie de Le Pin a souhaité créer un bâtiment polyvalent pour son école, ses habitants et les associations locales. Au-delà de sa fonction quotidienne de restaurant scolaire et d’accueil périscolaire, ce nouvel équipement, composé d’une salle polyvalente et d’une salle d’activités, est envisagé comme un lieu de vie culturelle propice aux échanges et rencontres.
Dans une logique de valorisation de son patrimoine, un bâtiment ancien en pierre situé en bordure du pré – à proximité immédiate de l’école Saint Joseph et du centre bourg – est très vite ciblé par les élus. Resté sans affectation pendant plusieurs années, sa transformation en articulation avec des volumes neufs est très vite imaginée.
Au regard des surfaces et des liaisons à respecter entre les différentes parties du programme, le cahier des charges prévoit notamment l’implantation de la grande salle polyvalente « à cheval » entre la partie neuve et la partie réhabilitée. Les premières études ont été l’occasion de réinterroger cette organisation à travers l’élaboration de plusieurs esquisses élargissant le champ des possibles. Très vite, l’idée d’implanter les deux salles dans la partie neuve et d’offrir un hall plus généreux dans la partie existante est devenue une évidence.
A travers cette répartition simplifiée, le bâtiment ancien est ainsi libéré et maintenu lisible depuis la rue du Sacré Cœur. Positionné à la jonction des deux salles et des sanitaires, le hall d’entrée y est aménagé à la manière d’un « espace tampon » non chauffé et bénéficiant de l’inertie propre à cette construction.
Côté sud, face au pré, l’extension est organisée dans la longueur dans un volume unique de forme simple et régulière. De grandes ouvertures vitrées permettent de bénéficier des apports solaires en hiver et offrent un cadrage sur le paysage lointain. De larges débords de toiture protègent des risques de surchauffe et contribuent à la durabilité des façades bois.
Un vide central est préservé pour maintenir des vues traversantes et offrir un rapport constant à l’extérieur. Positionné entre les deux salles et le hall d’entrée, ce « patio » baigne de lumière ces pièces et encourage leur ventilation naturelle.
L’opération s’inscrit dans une démarche environnementale ambitieuse portée par tous les acteurs dans un esprit de « bon sens » et de sobriété conceptuelle : choix de l’implantation, organisation générale du programme, définition du mode constructif et des équipements techniques associés.
Le recours à des filières biosourcées — bois pour la structure, les menuiseries et le mobilier sur-mesure / isolants en chanvre, lin et coton pour les plafonds / isolants en fibre de bois et paille pour les murs à ossature bois — limite d’abord considérablement l’empreinte carbone de l’opération classée RE2020 seuil 2028. A travers le recours à un savoir-faire local, les pierres issues des nouvelles ouvertures sont réutilisées pour la reconstitution du pignon du hall.
Les équipements techniques ont été définis en étroite concertation avec la mairie et les agents techniques chargés de leur exploitation future. La sobriété et l’efficacité ont guidé tous les choix : plancher chauffant et production d’eau chaude alimentés par trois forages géothermiques réalisés côté jardin, ventilation double flux, installation photovoltaïque en toiture dans une démarche d’autoconsommation collective à l’échelle de la commune, et mise en place d’une cuve de récupération des eaux pluviales et de composteurs pour le potager pédagogique aménagé au pied de la cuisine.
Fruit d’une étroite collaboration avec les utilisateurs lors des études, les espaces sont conçus au plus près des besoins du personnel et des enfants : l’emploi de matériaux absorbants et chaleureux garants du confort acoustique et de la qualité des ambiances, l’intégration de mobiliers et d’équipements sanitaires ergonomiques favorisant l’autonomie des enfants, ou encore à l’aménagement d’espaces extérieurs abrités propices aux moments d’attente ainsi qu’un jardin ludique jouant avec la pente.
Un soin particulier a été porté à l’intégration de l’équipement dans son environnement naturel. D’abord par l’expression de ses matériaux, le dialogue entre la pierre, l’ardoise et le bois, ainsi qu’à travers l’attention portée aux vues et aux espaces extérieurs. Leur traitement et le choix de la palette végétale ont été menés en étroite concertation avec les services de la mairie, notamment à travers une visite collective de la pépinière du Val d’Erdre.
Véritable lieu du quotidien, simple d’utilisation et durable, cet équipement communal se distingue par son approche globale, conciliant qualité d’usage, maîtrise économique et performance environnementale.


Label(s) obtenu(s) : RE2020 Seuil 2028

Informations complémentaires :
Procédure adaptée

Bureau(x) d’études : Techniques & Chantiers (économie + OPC), Arest (structure), AB Ingénierie (fluides), Acoustex (acoustique)
Photographe : Simon Guesdon