L’Épicerie

24 GRANDE RUE, 44240 Sucé-sur-Erdre

75

Programme

Transformation d’une épicerie en tiers-lieu

Concepteurs

  • 1 - LOOM Architecture- architectes

Commune

  • Sucé-sur-Erdre

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • LOOM Architecture

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2025

Surface(s)

70m2

Coûts

130 000€ HT

Documents

Situé au cœur du bourg, ce bâtiment du XIXe siècle, autrefois épicerie de village puis logement, était inoccupé depuis plus de vingt-cinq ans lorsque notre agence a entrepris sa transformation en lieu de travail partagé et tiers-lieu culturel. Le projet est né d’une démarche engagée portée directement par la maîtrise d’œuvre, à la fois architecte, conceptrice et maître d’ouvrage de l’opération. Cette double posture a permis de mener une réflexion exigeante sur la réhabilitation du patrimoine ordinaire, en faisant de nos propres bureaux un laboratoire de pratiques architecturales, sociales et environnementales. Pensé comme un lieu de travail ouvert sur le bourg, le projet accueille également des événements, ateliers et initiatives associatives, participant ainsi à la redynamisation du centre ancien.
Le projet s’inscrit dans une démarche attentive aux ressources existantes et à la réparation du bâti ancien. Plutôt que de masquer les traces du temps, la transformation s’appuie sur une mise à nu du bâtiment afin de retrouver ses qualités originelles et révéler la matière existante. Les interventions successives les plus altérantes ont été déposées : enduits ciment, doublages plâtre, revêtements synthétiques, cloisonnements rapportés. Cette approche sobre limite les transformations structurelles et valorise les qualités intrinsèques du bâtiment existant. La réhabilitation privilégie des matériaux biosourcés et peu transformés : enduits terre-paille, chaux, brique de terre crue, bois et acier brut. Chaque choix constructif participe à une démarche de sobriété, de pérennité et de confort sensible.
La conception répond à des usages hybrides et évolutifs, en conciliant espace de travail quotidien et lieu partagé ouvert au public. Le rez-de-chaussée devient un espace libre et traversant accueillant aussi bien des expositions, ateliers, rencontres professionnelles, brocantes, café associatif ou événements culturels. L’ancienne épicerie retrouve ainsi sa vocation première : être un lieu vivant, accessible et fédérateur au sein du bourg. Les espaces de bureaux prennent place dans les étages autour d’un vide central apportant lumière naturelle et continuité visuelle entre les niveaux. La création de cette trémie transforme profondément la perception intérieure et met en scène un escalier central sculptural, véritable pivot spatial et lieu d’échange du projet. La souplesse des espaces permet d’envisager des appropriations et évolutions futures sans figer les usages.
Le projet développe enfin une écriture architecturale sensible, fondée sur un dialogue entre restauration patrimoniale et expression contemporaine. À l’extérieur, la façade retrouve une présence sobre et élégante grâce à la restitution des encadrements en tuffeau, aux enduits à la chaux et aux menuiseries bois claires. À l’intérieur, les matières demeurent volontairement brutes et authentiques : pierre apparente, terre, bois et acier composent une atmosphère chaleureuse et artisanale. Un contraste assumé s’installe entre la noblesse restaurée de la façade sur rue et l’intériorité plus brute et organique des espaces. Cette dualité participe de l’identité du lieu : une architecture discrète mais engagée, capable de conjuguer mémoire, usages contemporains et intensité spatiale.


Informations complémentaires :
subvention de la mairie de Sucé sur Erdre pour la rénovation de la façade d’un montant de 6000€

Photographe : François BAUDRY

Construction d’un accueil périscolaire et d’un centre de loisirs

Rue de l'Ecole, 44330 La Regrippière

80

Programme

Construction d’un accueil périscolaire et d’un centre de loisirs

Concepteurs

  • Atelier Horizons (Paysagiste) LOOM Architecture (architecte mandataire)

Commune

  • La Regrippière

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Mairie de La Regrippière

Thèmes

  • Aménagement
  • Architecture

Année de réalisation

2024

Surface(s)

470m2

Coûts

1 500 000€ HT

Documents

Cette opération de centre de loisirs et accueil périscolaire est née d’un dialogue étroit entre la maîtrise d’ouvrage, les élus, l’équipe pédagogique et la maîtrise d’œuvre. Dès les premières réflexions, le projet a été envisagé comme une démarche collective, attentive aux usages, aux enjeux éducatifs contemporains et à l’inscription du bâtiment dans son environnement communal. Cette exigence partagée a permis de dépasser une réponse strictement fonctionnelle pour concevoir un lieu à la fois accueillant, évolutif et porteur de qualité d’usage.
Implanté en cœur de bourg, sur l’emprise d’un ancien terrain sportif minéral, le projet transforme un espace imperméabilisé en un lieu largement végétalisé et perméable. L’insertion paysagère s’appuie sur une volumétrie simple, inspirée des toitures à double pente environnantes, réinterprétées dans une écriture contemporaine et ludique. Le bâtiment s’installe en limite nord afin de préserver une cour largement ensoleillée au sud et d’ouvrir les espaces intérieurs sur le vallon. Le projet valorise les ressources locales à travers l’emploi de matériaux biosourcés et pérennes : ossature bois, isolation en laine de chanvre, bardage en douglas naturel et couverture en tuiles locales. Les aménagements extérieurs favorisent également la désimperméabilisation des sols et la biodiversité grâce à la plantation d’une vingtaine d’arbres et à la création d’espaces plantés participant au confort climatique du site.
Le projet a été conçu autour des besoins des enfants et des équipes éducatives, avec une attention particulière portée à la qualité des usages présents et futurs. Le préau mutualisé constitue un espace fédérateur entre l’école et le périscolaire, tout en anticipant une possible évolution de l’organisation des accès afin de renforcer à terme la sécurité des cheminements piétons. Les espaces extérieurs sont pensés sans hiérarchisation des pratiques afin de permettre à chaque enfant de trouver sa place. Les questions d’inclusivité, de genre et de diversité des usages ont nourri la conception des espaces intérieurs comme extérieurs, dans une recherche d’équité et de bien-être. Le traitement du dénivelé par une rampe accessible, des assises paysagères et un toboggan participe à une appropriation libre et ludique des lieux. À l’intérieur, les ouvertures basses permettent aux enfants de bénéficier pleinement des vues sur le paysage, affirmant que la qualité architecturale doit être accessible à tous les âges. Une attention particulière a également été portée au confort acoustique afin de créer une ambiance feutrée et apaisante.
Enfin, le projet revendique une architecture sensible, capable d’allier sobriété, identité locale et générosité spatiale. Le dialogue entre le bois, la tuile et la lumière naturelle construit une atmosphère chaleureuse et protectrice. Le préau creusé dans le volume principal devient à la fois seuil, espace de rencontre et dispositif bioclimatique, offrant ombre et confort d’été. Les cadrages sur le paysage, les transparences, le travail des filtres bois et les variations de lumière contribuent à créer un équipement à échelle d’enfant, ouvert sur son territoire et profondément ancré dans son contexte paysager et humain.


Bureau(x) d’études : ALS, Matrice économie, AIREO
Photographe : François DANTART

Médiathèque La Parenthèse

33 Rue de la Vallée, 44880 Sautron

72

Programme

Extension, restructuration et rénovation énergétique de la médiathèque de Sautron

Concepteurs

  • Vignault x Faure

Commune

  • Sautron

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Ville de Sautron

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2023

Surface(s)

669 m² SP (restructuration) + 137 m² (extension)

Coûts

757 000 € HT (Base 2022)

Documents

Le projet porte sur l’extension et la restructuration de la médiathèque de Sautron. Plus qu’un nouvel espace, cette requalification répond à l’accroissement des demandes et aux besoins associatifs de la commune dans le cadre de sa politique de développement culturel instaurée en 2020.

Située en centre bourg, la médiathèque se trouvait en retrait par rapport aux équipements de services voisins : Mairie, Musée, Espaces Familles… Redonner une véritable place à la médiathèque en renforçant la visibilité du site tout en améliorant le confort d’été et d’hiver, a donc été au cœur de ce projet.

Afin de redonner une unité à l’ensemble du site constitué de bâtis du 19ème siècle et de plusieurs extensions construites à différentes époques, nous avons travaillé sur la mise en œuvre d’un véritable manteau thermique performant en matériaux bio-sourcés. Chaque façade a été traitée de manière différenciée pour respecter au mieux l’existant tout en conservant une identité cohérente. Une résille en clairevoie se déroule également au niveau des murs rideaux qui ont été remplacés permettant de se protéger du soleil et ainsi d’éviter les surchauffes dans la salle de consultation et la nouvelle extension (ossature bois).

À l’intérieur, la distribution des espaces a été complètement repensée en concertation avec les usagers tout en mettant en valeur le patrimoine bâti. Une fois entré, le hall devient un véritable espace de vie et d’expositions rayonnant vers tous les espaces. L’ancien four à pain a été conservé et est visible dans l’espace de consultation. La grange et la mezzanine qui étaient sous exploités et dissociés du reste de la médiathèque, sont maintenant intégrées dans le complexe par des interventions subtiles et ludiques (filet de lecture…) qui lient l’ensemble comme un ruban.


Informations complémentaires :
Procédure adaptée

Bureau(x) d’études : ECB, AREST, ISOCRATE, GAMBA
Photographe : vxf

Gina

4 rue Suzanne Képès, 44200 Nantes

95

Programme

Bureaux dédiés notamment à l’accueil de la filière Santé (Station S, CHU), restaurant et ateliers (occupés par Redeem – entreprise de réemploi de dispositifs médicaux, le hall Santé et la maison des Enfants).
42 places de stationnement en sous-sol destinés à l’ensemble des immeubles du bloc G

Concepteurs

  • BEAL&BLANCKAERT (mandataire)
  • De long en large (paysagiste)
  • Officina (suivi DET)

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • NOVAPOLE Immobilier (filiale de LOD et de la Banque des Territoires)

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2025

Surface(s)

5 430m² SP

Coûts

12 millions €HT compris stationnement (année 2025)

Documents

Gina au cœur du quartier de la santé sur l’ile de Nantes à proximité du futur CHU a été pensé pour accueillir des petites et moyennes entreprises du secteur médical à des loyers modérés. La réponse architecturale devait ainsi conjuguer plusieurs exigences : économie de moyens, modularité, qualité d’usage et attention particulière au bien-être des futurs occupants.
De la rencontre entre Novapole Immobilier/Loire Océan Développement, historiquement aménageur mais ici opérateur, et l’agence Béal Blanckaert, reconnue pour son approche frugale et sensible de l’architecture, est né un projet singulier, à rebours des standards habituels du bâtiment tertiaire.
Partagé avec la SAMOA aménageur de l’ile de Nantes, le choix d’un concours fondé non pas sur une simple « image » mais sur une note méthodologique sans perspective extérieure a permis d’éviter l’écueil d’un projet démonstratif cherchant davantage à séduire qu’à répondre concrètement aux usages. Grace à un dialogue constructif, le projet s’est ainsi construit collectivement entre la maîtrise d’ouvrage, les architectes et les bureaux d’études spécialisés, autour de valeurs communes et grâce à des workshops organisés toutes les deux semaines.
La démarche collaborative portée par l’architecte et la maîtrise d’ouvrage a permis de développer une architecture à la fois simple, flexible et facilement appropriable par ses occupants. Le projet repose sur des principes clairs et rationnels : une trame structurelle rigoureuse, une hauteur sous plancher généreuse de 3,16 m permettant d’envisager l’évolution future des usages, des réseaux techniques pensés dès l’origine, dimensionnés au plus juste et concentrés dans les trames centrales afin de libérer les espaces. Le choix d’un chauffage et rafraîchissement par le sol associé à un plancher technique garantit également une grande souplesse d’aménagement dans le temps.
Cette réflexion s’est aussi traduite dans les parcours et les usages collectifs du bâtiment, avec la création de doubles hauteurs servant à la fois de lieux de rencontre, d’espaces traversants et de respirations lumineuses,
Autant de choix qui participent à la maîtrise des coûts — enjeu devenu aujourd’hui incontournable — sans jamais conduire à une architecture standardisée ou banale. Bien au contraire, cette démarche a permis de faire émerger des espaces généreux, lumineux et accueillants, en relation constante avec des extérieurs végétalisés répartis à tous les niveaux du bâtiment : cour commune et espaces de travail partagés pour les ateliers du rez-de-chaussée, terrasses couvertes, jardins suspendus et lieux de pause ouverts sur le paysage.

L’approche frugale a permis de concevoir un bâtiment tertiaire confortable grâce à des solutions passives et un recours limité aux équipements techniques (sans climatisation ni BSO). La structure mixte bois béton permet d’utiliser chaque matériau au mieux dans ses caractéristiques techniques. Une dalle active à chaque niveau, permet de supprimer le principe de terminaux en métal (carbone) qui complexifie le recloisonnement, au profit d’une solution de chauffage doux et homogène par le sol et qui pourrait offrir également la possibilité d’un rafraîchissement estival. Les eaux pluviales sont récupérées pour alimenter les WC et l’arrosage. De grandes terrasses végétalisées offrent un accès extérieur à chaque étage. Les façades sont réalisées en tuiles poreuses permettant un rafraichissement léger de l’ilot de chaleur en déphasage par évapotranspiration tandis que la toiture accueille des panneaux photovoltaïques.

Ce projet, mené conjointement par les architectes, les bureaux d’études et la maîtrise d’ouvrage, s’est développé dans une démarche de conception libre de tout a priori et sans recherche d’une image démonstrative à laquelle les usages auraient ensuite dû s’adapter. L’architecture s’est au contraire construite comme l’expression directe des réponses structurelles, organisationnelles, environnementales et éthiques apportées au projet.
Les façades traduisent ainsi les besoins réels du bâtiment : contreventements visibles, retraits générés par les espaces plantés, mise en valeur de la structure mixte bois-béton, ou encore brise-soleil fixes dont l’inclinaison spécifique permet d’éviter le recours à des systèmes motorisés, plus coûteux et plus carbonés. Les matériaux sont laissés bruts, sobres et durables, sans éléments superflus.
À rebours de nombreux projets tertiaires contemporains, souvent caractérisés par des façades répétitives et des espaces intérieurs standardisés, Gina propose une vision singulière du lieu de travail et de l’architecture. Le projet se construit à travers une multitude d’attentions portées aux usages, aux espaces, aux matériaux, aux détails et aux ambiances, permettant selon nous une véritable appropriation par ses occupants. Un bâtiment vivant, avant tout.


Label(s) obtenu(s) : En cours : certification BEE, Label E3 C1 et biosourcé niveau 1

Informations complémentaires :
19 millions de coût d’opération. Financement = 80% emprunts et 20% fonds propres Novapole.

Bureau(x) d’études : OTEIS, INGEBOIS, Cabinet HEDOND
Photographe : Stephane Chalmeau, Yann L’hostis

Construction du lycée d’enseignement général, technologique et professionnel « Alice Milliat » de 1000 élèves extensible à 1200 élèves

10 rue du Grand Savoir, 44160 Pontchâteau

69

Programme

Construction neuve d’un bâtiment d’enseignement secondaire comprenant : - un hall bioclimatique, des salles de cours, des salles polyvalentes, foyer des élèves un CDI, des bureaux administratifs - un pôle technologique comprenant des ateliers de sciences de l'industrie et système d'informations numériques - un pôle professionnel et industriel comprenant une halle aéronautique - une restauration collective - 1550 couverts par jour - un internat (80 lits) et 8 logements de fonction 1000 élèves extensibles à 1210 élèves. 725 élèves général et technologique avec extension possible à 935 élèves 2850 élèves professionnel : pôle tertiaire et pôle matériel

Concepteurs

  • ARS - architectes urbanistes associés

Commune

  • Pontchâteau

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Région des Pays de la Loire

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2024

Surface(s)

17 480 m² SDP, extérieurs : 17 505 m²

Coûts

34 M€ HT valeur Mars 2025 Aménagements extérieurs : 512 735 € HT VRD Terrassement : 1 174 607 € HT

Documents

1. Commande / MOE
La réalisation du lycée polyvalent de Pontchâteau s’est inscrite dans une démarche de co-conception exigeante, dictée par une forte ambition éco-responsable de la Maîtrise d’Ouvrage qui visait le niveau « Excellent » du référentiel HQE BD 2016®. Pour y répondre, la Maîtrise d’Œuvre a instauré une gouvernance axée sur l’analyse en coût global, conciliant une gestion rigoureuse des investissements avec une sobriété d’exploitation future. La synergie de l’équipe de conception s’est traduite par le choix d’un bâtiment unique et compact afin de regrouper l’ensemble des filières (générale, technologique et professionnelle). Cette stratégie de compacité a permis d’optimiser le foncier, de préserver les qualités naturelles du site et de garantir un dialogue constant entre les impératifs programmatiques de la Région et la réalité technique du projet.
2. Intégration esthétique
Le projet s’est intégré avec délicatesse au cœur d’un site bocager remarquable en frange de tissu pavillonnaire. Le parti architectural a composé harmonieusement avec la topographie et a tiré parti d’un ruisseau existant pour structurer le plan de masse : le corps de bâtiment principal s’est installé au sud, tandis que les logements de fonction ont occupé la berge nord. Les limites séparatives et les abords ont été traités de manière douce grâce à un parvis paysager équipé de passerelles métalliques à platelage bois qui ont franchi le cours d’eau, mettant ainsi en valeur ce corridor écologique. L’audace du projet a résidé dans le traitement de ses façades. Le rez-de-chaussée a présenté un ancrage minéral fort en béton architectonique matricé de motifs végétaux verticaux, tandis que les étages se sont habillés d’une vêture en écailles d’inox poli. Ce parement réfléchissant a créé un dialogue poétique avec le paysage en pixelisant les variations du ciel et de la végétation au fil des saisons. En signal d’entrée, le volume du CDI s’est élancé vers le parvis, magnifié par des lames de verre coloré qui ont rythmé et coloré la lumière.
3. Environnement / Ressources
L’engagement environnemental du projet s’est traduit d’abord par le choix de matériaux pérennes et biosourcés. Structure bois : poteau poutre en douglas et épicé, panneau de pin massif en CLT collé, charpente en épicéa lamellé-collé, isolation intérieure des murs en fibre de bois. Réemploi des arbres existants dans les parements intérieurs de la restauration. Sur le plan énergétique, le lycée a affiché une haute performance avec une réduction de 25 % par rapport au Bbio max réglementaire. Le mix énergétique a reposé sur une chaudière biomasse qui a couvert 100 % des besoins de chauffage et d’eau chaude sanitaire (notamment pour l’internat et la restauration), complétée par un appoint gaz, tandis que les logements de fonction ont bénéficié de pompes à chaleur aérothermiques individuelles. La biodiversité a été préservée par la valorisation du ruisseau, qui a été remis à ciel ouvert.
4. Usages / Fonctionnalités
Conçu pour offrir une qualité de vie optimale à ses usagers, le bâtiment a organisé la mixité de ses programmes au sein d’une organisation spatiale claire et inclusive. La compacité de la construction en R+2 a limité les distances de parcours intérieurs, qui ont été structurés autour d’un grand hall en atrium et d’un vaste préau bioclimatique vitré, véritable cœur de vie abrité des vents dominants. Pour renforcer la convivialité du lycée, des espaces informels de coworking sont proposés le long des circulations.
L’ensemble de la cour est végétalisé et bénéficie dans son prolongement de l’espace paysager du corridor écologique. La préservation des espèces tant végétales qu’animales a été un enjeu du projet. Les mobilités ont été soigneusement différenciées : les accès piétons et vélos ont été sécurisés depuis la gare routière et le parvis, tandis que la logistique et le stationnement du personnel ont été relégués sur une voie périphérique en enrobé drainant. L’ensemble du site a garanti une accessibilité PMR totale. Le confort des usagers a été assuré par une orientation Nord-Sud majoritaire des salles de cours, favorisant l’éclairage naturel tout en évitant les surchauffes. Enfin, le projet a anticipé l’évolutivité des usages : la structure a permis des extensions futures déjà planifiées au plan de masse, les ateliers professionnels ont offert des plateaux libres modulables sans poteaux intermédiaires, et les réseaux techniques ont été sectorisés pour permettre une utilisation autonome de l’amphithéâtre, de l’internat ou de la restauration en dehors des périodes scolaires.


Label(s) obtenu(s) : Label bâtiment biosourcé répond au niveau E2C1. BBC Effinergie 2017, certificat HQE BD niveau excellent

Bâtiment basse consommation : le bâtiment atteint le niveau BBC Effinergie 2017, qui correspond à de très basses consommations pour les postes chauffage / ventilation / eau chaude sanitaire / éclairage (RT2012-25% et niveau E2 du label E+C-). Pour arriver à ces résultats, nous avons opté pour :
o Une enveloppe thermique fortement isolée, calquée sur les principes du bioclimatisme, et d’une grande compacité (Bbio-50%)
o Un système de chauffage 100% biomasse (granulés de bois) à haut rendement (chaudière à condensation)
o De la ventilation par insufflation ou via double flux avec échangeur de chaleur
o Des espaces lumineux et à éclairage LED généralisé
o Une pompe à chaleur au CO2 pour la production de l’eau chaude sanitaire de l’internat
o Une récupération d’énergie des groupes froids de la cuisine
o Bâtiment bas carbone : niveau C1 du label E+C- : intégration d’éléments bois dans la construction (planchers, façades, charpente), minimisation de l’impact carbone des produits de construction dans le choix des produits (linoleum, peinture et isolants biosourcés,…)

Informations complémentaires :
Concours , Type de marché : Loi MOP.

Bureau(x) d’études : EGIS Bâtiments Centre-Ouest, BEGC, ACOUSTIBEL, OBIO PAYSAGE
Photographe : Sergio GRAZIA

Centre médico-psychologique et hôpital de jour Joséphine Baker

24 rue des Chalonnières, 44400 Rezé

77

Programme

Reconstruction d’un Centre Médico-Psychologique de quatre unités infanto juvéniles et d’un hôpital de jour avec jardin et parking.

Concepteurs

  • a+ samueldelmas architectes (architecte mandataire)

Commune

  • Rezé

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • CHU de Nantes Georges Daumézon

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2025

Surface(s)

SDP : 1500 m2 SU : 1380 m2

Coûts

4,4 M € HT (Juin 2021)

Documents

Concevoir un lieu de soins psychiatrique pour enfants est un exercice aussi délicat qu’essentiel, tant les enjeux sont importants. Convaincues que l’architecture joue un rôle dans le processus thérapeutique, maîtrise d’ouvrage et maîtrise d’œuvre ont imaginé un havre paisible, entouré de nature garantissant à la fois l’accueil, la protection et la prise en charge adaptée des enfants afin de les accompagner au mieux dans leurs parcours.

Un écrin protecteur
Le Centre Médico-Psychologique et hôpital de jour Joséphine Baker présente un plan masse clair et lisible. La voiture est limitée à l’axe d’arrivée, dans un stationnement paysagé et arboré permettant de le fragmenter et d’en réduire sa perception. Le reste de la parcelle est ainsi entièrement dédiée au programme, sans perte de surface en circulation automobile.

Compact et rationnel, le bâtiment s’insère avec délicatesse dans son environnement en s’appuyant sur l’une des seules véritables qualités du site : sa végétation. Il conserve ainsi tous les arbres du site, qui forment un cocon ombragé.

En se développant latéralement au parking, jusqu’aux limites séparatives, le bâtiment fait écran, développe et protège un espace intime pour les enfants, tourné vers les arbres et la végétation du cœur d’îlot. Sa volumétrie simple et rigoureuse, sous un grand toit unitaire et protecteur, apporte une échelle domestique et rassurante au bâtiment.

Une architecture des cinq sens
Le programme s’organise autour d’un patio central, cœur lumineux d’un dispositif ouvert. Les jeux de transparences, d’ouvertures et de percées visuelles permettent aux enfants de s’orienter aisément et de s’approprier le bâtiment. Celui-ci s’apparente à une grande maison, aux ambiances calmes et familières.

La circulation fluide et sans recoin, forme une boucle sans impasse, favorisant les rencontres et les échanges dans des espaces informels et lumineux.

Les intérieurs, chaleureux et apaisant sont centrés sur le bien-être des enfants, tout en préservant l’intimité et la concentration nécessaires aux soins. L’environnement s’adapte aux spécificités des troubles pris en charge : absence de couleurs vives, homogénéité des sols, qualité acoustique et lisibilité des parcours. Le bois et la végétation, partout visibles, sont sources de biophilie. L’organisation générale s’inspire notamment des principes du Tao en feng shui. Les cours – jardins généreuses et paysagées avec soin, amènent de la fraîcheur.

Une construction biosourcée et durable
Une attention particulière est portée au choix et à la mise en œuvre de matériaux biosourcés et pérennes : charpente bois apparente, bio-brique de terre cuite, isolant biosourcé et enduit naturel à la chaux. Cette démarche s’accompagne d’une réflexion sur les coûts d’exploitation et d’entretien. Les menuiseries bois-aluminium, formant de grands châssis toute hauteur disposés en quinconce, rythment les façades.

Une structure flexible et évolutive
L’organisation rationnelle du bâtiment, et le principe de structure – un plan libre poteaux-poutres – garantissent une grande modularité, flexibilité et une évolutivité. Cette approche permet d’anticiper différentes configurations des espaces intérieurs ainsi que l’évolution des pratiques thérapeutiques ou des capacités d’accueil. Le plan intègre également la possibilité d’extensions futures.

Sobriété & bien-être
Par l’optimisation de ses géométries, le projet affirme une écriture simple et rationnelle, économique et pertinente. Cette sobriété permet ainsi de concentrer les efforts, et les moyens, sur les qualités spatiales intérieures et les ambiances, pour proposer un lieu apaisé et adapté au soins des enfants.


Label(s) obtenu(s) : Biosourcé niveau 3
E2C1

Informations complémentaires :
Type de marché : concours public restreint

Bureau(x) d’études : AR-C (structure), Barbanel (fluides, thermique, HQE), Alhyange (acoustique), Ateve (VRD), CMB (économiste, OPC)
Photographe : Thibaut Voisin

Extension d’Algosolis

Rue du campus, 44600 Saint-Nazaire

71

Programme

Extension de la partie tertiaire d’Algosolis, plateforme de recherche sur les micro-algues.
Hall d’accueil, salle de réunion, bureaux
Restructuration d’une partie du bâtiment existant

Concepteurs

  • Vendredi Architecture & Urbanisme (mandataires)

Commune

  • Saint-Nazaire

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Université de Nantes

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2023

Surface(s)

101m² SU neuve50m² de SU restructurée dans le bâtiment existant

Coûts

316 000€ HT

Documents

La plateforme de recherche en microalgues Algosolis est construite en 2015 dans le quartier Gavy, à deux pas de la plage de Trebezy. Elle est pilotée par l’Université de Nantes et opérée par le laboratoire GEPEA (Génie des Procédés Environnement – Agroalimentaire). Elle offre l’infrastructure et les équipements nécessaires aux études visant l’exploitation contrôlée, intensifiée et durable de la ressource microalgue à grande échelle. En 2019, l’Université lance un concours en vue de concevoir une extension capable de recevoir un véritable hall d’accueil, un espace de réunion et des bureaux supplémentaires.

Notre proposition est un volume simple qui développe les surfaces utiles sur deux niveaux et s’étire en hauteur afin de proposer une émergence visible de loin, dès l’arrivée sur le boulevard de l’Université. Cette hauteur accrue offre un troisième plateau accessible, jardin sur le toit, venant restituer en hauteur l’espace perdu au sol. Cette terrasse jardin, traitée en pergola, ajoute au programme un espace de convivialité en lien avec l’océan tout proche, ressource originelle de la plateforme. C’est encore un volume capable, permettant d’envisager à nouveau une extension de la plateforme.

Cette visibilité depuis le domaine public participe au rayonnement et à l’image de marque de la plateforme. A l’aube comme au crépuscule, le volume suspendu et ajouré se tamise de lumières filtrées, projetant sur ses rives un halo lumineux, en écho aux micro-algues fluorescentes.

Le confort et l’aménité des lieux est une priorité. Les espaces de bureaux profitent de la lumière naturelle, tout en bénéficiant du confort d’été : triple orientation pour assurer une ventilation naturelle, brise-soleil et rideaux intérieurs pour contrôler les apports solaires.

Cette extension, vitrine d’Algosolis, est conçue de la manière la plus vertueuse possible sur le plan environnemental : emprise au sol réduite, fonctionnement bioclimatique, recours à un maximum de matériaux biosourcés. Sur des fondations et un soubassement en béton, la structure est entièrement construite en bois : murs, planchers, toit terrasse et pergola. A l’intérieur, meubles intégrés en bois, linoléum et peinture aux algues renforcent la démarche bas carbone. Une démarche de réemploi a été menée avec le déplacement de portes et fenêtres du bâtiment existant et l’utilisation de matériaux de réemploi pour les aménagements intérieurs (placards, étagères).


Label(s) obtenu(s) : Biosourcé Niveau 3

Informations complémentaires :
Intervention en site occupé

Bureau(x) d’études : ECMS (économie), ALS (Structure), Kypseli (Fluides), Log (Acoustique)
Photographe : François Dantart

EPF Engeneering School

5 Esp. Germaine Tillon, 44600 Saint-Nazaire

78

Programme

Ecole d’ingénieurs avec administration, salles d’enseignement, vie étudiante, Atrium, Amphithéatre (90 places), Lab et plateforme technologique.

Concepteurs

  • GCC (entreprise générale mandataire) - MAGNUM architectes

Commune

  • Saint-Nazaire

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • SCI EPF Patrimoine

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2025

Surface(s)

3 450 m² SP

Coûts

8 500 000 € (2025)

Documents

Critère 1 — Une exigence portée conjointement entre maîtrise d’ouvrage et maîtrise d’œuvre, où le dialogue de projet élève le niveau d’ambition

Le projet du campus EPF est né d’un dialogue engagé dès les phases esquisse et avant-projet sommaire. Ce temps d’échange approfondi entre maîtrise d’ouvrage, entreprise mandataire, maîtrise d’œuvre et futurs usagers a permis de dépasser une simple réponse programmatique pour construire une vision commune du projet et de son ambition.
La confiance instaurée au cours de ce processus a favorisé une véritable émulation collective autour de l’identité pédagogique et des valeurs portées par l’EPF. La compréhension fine des modes d’enseignement, des enjeux d’innovation et de la volonté de faire du campus un support démonstrateur des transitions environnementales a nourri les choix architecturaux, constructifs et spatiaux du projet.
Le dialogue itératif mis en place avec la maîtrise d’ouvrage a permis d’affiner progressivement les usages, les matérialités, les volumes et l’évolutivité du bâtiment afin de proposer un équipement à la fois robuste, pédagogique et évolutif.
Cette démarche commune se traduit notamment par une trame constructive rationnelle et favorable à l’évolutivité, l’utilisation conjointe de matériaux biosourcés et minéraux, les façades à ossature bois, ainsi que l’intégration d’un mur trombe en terre participant à la fois au confort thermique, à l’inertie du bâtiment et à la dimension pédagogique du campus.
Au-delà de la seule performance technique, le projet affirme ainsi une ambition partagée : faire du bâtiment un véritable outil d’apprentissage, capable d’incarner concrètement les valeurs d’innovation, de sobriété et de responsabilité environnementale portées par l’école.

Critère 2 — Une approche attentive aux ressources et aux contextes, proposant des réponses adaptées aux enjeux environnementaux contemporains

Le projet du nouveau campus EPF s’est inscrit en lieu et place d’un parking imperméable libre de toute construction au sein du quartier de l’ancienne base sous-marine dans le port de Saint-Nazaire. L’école jouxte l’ancienne gare récemment réhabilitée et reconvertie ainsi que le théâtre Simone Veil. Elle amorce le développement et la redynamisation du quartier initié avec l’étude urbaine de l’agence ANMA.
Le projet EPF est conçu avec une volumétrie simple, compacte et fonctionnelle, cherchant à s’intégrer harmonieusement à son environnement.
Partant d’un volume maximum à R+4, le projet se déhanche, en fonction des orientations, des accès, et de son organisation. Dans la filiation de la fiche de lot, le bâtiment propose un épannelage progressif allant de R+2 au Sud jusqu’à R+4 au Nord.
La façade principale, située à l’Ouest présente un débord de protection solaire à partir du R+1, qui rappelle l’ancien auvent de la gare des voyageurs. La marquise béton se dilate au niveau du hall d’accès du bâtiment et guide les visiteurs vers le hall d’entrée central. Cette façade offre un accès sécurisé et abrité, distinct des flux logistiques situés au Nord-Est et au Sud-Est.
L’enveloppe du bâtiment est constituée de façades en ossature bois et de menuiseries tramées, qui permettent une interaction entre l’intérieur et l’extérieur. La transparence du bâtiment offre une vue sur l’activité et la vie intérieure, selon le plan et les orientations.
Des modénatures bois verticales et horizontales en saillie participent à la protection solaire passive tout en répartissant les pleins et les vides.

Critère 3 — Une conception répondant aux usages actuels, tout en anticipant les évolutions à venir

L’organisation du bâtiment en plan et en coupe est dictée par un objectif de clarté dans la disposition des fonctions, et de rationalité des systèmes techniques.
Cette grande lisibilité est intensifiée par :
– L’intégration d’une « saillie repère » sur la façade ouest signalant l’accès et y accompagnant les visiteurs avec la marquise en béton et la protection solaire.
– Un Atrium central révélant la coupe du bâtiment et donnant immédiatement à lire les diverses fonctions de manière intuitive.
– Un dispositif efficace et limpide de circulations verticales et horizontales.
– Une répartition de chaque pôle du projet (Enseignements, administratif, vie étudiante, locaux techniques, …) dans des formes simples pour une appréhension logique des espaces. — Une diffusion dans les étages des bureaux d’enseignement a été imaginé avec l’EPF pour une plus grande agilité dans les échanges quotidiens.

Tramé, le bâtiment se développe sur 4 niveaux (R+3 & attique) présentant un système de plan similaire tout en respectant les spécificités fonctionnelles de chaque pôle.
Ce système de plan est structuré à chaque niveau, par une large circulation horizontale Nord- Sud naturellement éclairées, connectée aux espaces extérieurs, et deux blocs de distributions verticales.
Le toit a une place prédominante dans ce projet. Le projet, par sa forme, crée des vides contenus (Atrium), des échancrures vers la ville et le ciel (les terrasses et loggias) qui sont autant d’espaces partagés, mutualisés, ou supports d’applications pédagogiques, comme la terrasse à R+4.

Trame structurelle : un atout du projet

Notre projet revendique l’usage d’une trame structurelle, omniprésente et identitaire des façades.
Cette trame est une composante importante dans l’écriture architecturale du projet, mais surtout, elle garantit une efficacité structurelle et une excellente modularité des locaux. Elle permettra notamment d’appréhender les ajustements du projet avec simplicité.

Critère 4 — Une recherche sensible de qualité architecturale et paysagère, alliant audace et intégration

Les espaces extérieurs de pleine terre sont composés d’espaces engazonnés, de haies, de massifs plantés, d’arbustes ainsi que d’arbres de moyennes et hautes tiges venant structurer les abords du projet. Cette trame végétale participe à la requalification d’un site aujourd’hui très imperméabilisé, tout en recréant des espaces de respiration et des continuités paysagères. Les essences retenues sont adaptées au climat océanique et au caractère exposé du site.

Les terrasses paysagées prolongent cette ambition en offrant des usages extérieurs qualitatifs et largement végétalisés.

« des matériaux vertueux pour une satisfaction durable ». Cette ambition guide notre approche à toutes les échelles du projet, de la volumétrie aux détails constructifs.
Le bâtiment repose sur une structure béton associée à des façades à ossature bois (FOB), conciliant robustesse, modularité et performance environnementale. Les menuiseries aluminium laquées et le parement minéral Caréa participent à une écriture architecturale sobre, pérenne et contemporaine. La qualité des matériaux et le soin apporté à leur mise en œuvre garantissent une excellente durabilité ainsi qu’un faible coût d’entretien, dans une logique de développement durable et de maîtrise du cycle de vie du bâtiment.

En cohérence avec la pédagogie du Campus tournée vers l’ingénierie des transitions, le projet intègre également une dimension géosourcée avec la création d’un mur Trombe en terre crue issue d’extractions locales, intégré à une salle de réunion. Véritable dispositif passif de régulation thermique, il constitue également un support pédagogique valorisant les ressources et savoir-faire du territoire.


Bureau(x) d’études : CAIRN (TCE) – ASCIA (structure et économie) – Inddigo (Développement Durable) – Alhyange (Acoustique) – Ingetel (Réseaux)
Photographe : Juan Cardona

Rénovation énergétique, et restructuration extension du Collège public René Guy Cadou de 34 divisions (1200 élèves)

185 boulevard René-Guy Cadou, 44150 Ancenis

67

Programme

Réhabilitation – Restructuration et extension de locaux, et rénovation énergétique globale – 34 divisions d'enseignement général, 1 SEGPA, 1 demi-pension et 4 logements de fonction. Aménagement intérieur et extérieur cours et préau. Travaux réalisés en site occupé urbain avec cohabitation des élèves, trois phases de chantier, installation de salles de classe préfabriquées type modulaires bois pour permettre le phasage. Gestion des modulaires pendant la durée du chantier. Restructuration et réorganisation des flux. Rénovation énergétique du bâtiment, traitement des façades par structure ossature bois rapportée, isolation par l'extérieur et habillage bardage métallique. Préfabrication de l’ensemble. Rénovation complète du collège.

Concepteurs

  • ARS - architectes urbanistes associés

Commune

  • Ancenis

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • département de la loire atlantique

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2023

Surface(s)

7 900 m² SDP Surface utile : 8 625 m² dont 8 084 m² Su réhabilitée et 541 m² SU créée

Coûts

10,5 M€ HT valeur juin 2024

Documents

1. Commande / Maîtrise d’Œuvre (MOE)
Le projet de réhabilitation globale du collège René Guy Cadou à Ancenis a été porté par un groupement de maîtrise d’œuvre à la fois qualifié et ancré localement. Emmenée par l’agence ARS – architectes urbanistes associés (architecte mandataire), l’équipe a associé de manière complémentaire EGIS Bâtiment Centre-Ouest pour l’ingénierie tous corps d’état, BEGC pour l’ingénierie des grandes cuisines et ACOUSTIBEL pour l’expertise acoustique.
La gouvernance mise en place a reposé sur une démarche partenariale et itérative forte avec le Département de Loire-Atlantique. Dès la phase concours, le projet s’est structuré autour d’une synergie collaborative poussée grâce à l’adoption du protocole BIM. La maquette numérique partagée a permis un dialogue simultané et une réactivité optimale entre architectes et ingénieurs, ce qui a sécurisé l’enveloppe budgétaire et la pertinence technique avant même le début du chantier. La démarche de l’équipe a accordé une importance primordiale à la phase de diagnostic initial, transformant la commande en un véritable projet de co-construction où les orientations méthodologiques, le phasage et la gestion des interfaces de co-traitance avaient été rigoureusement anticipés.
2. Intégration esthétique
Face à un établissement qui souffrait d’une image hétérogène et fragmentée par des extensions successives, le parti architectural a proposé une requalification volumétrique forte qui a redonné une identité claire et valorisante au collège au sein de son quartier. Le projet a dialogué harmonieusement avec le contexte environnant en utilisant la teinte blanche comme un cadre unificateur majeur. Ce squelette pérenne en panneaux composites a capté la lumière et a redéfini l’esthétique globale du site, y compris pour les logements de fonction qui ont adopté un traitement résidentiel assorti.
L’audace du projet a résidé dans le traitement graphique de ses façades. À l’intérieur des cadres blancs, les ouvertures ont été rythmées par un jeu de fines lames métalliques verticales aux couleurs franches (rouge, bleu, orange, vert et jaune) posées sur des fonds sombres à l’aplomb des vitrages, ce qui a créé un effet cinétique et scintillant. Le projet réinterprète la thématique d’origine avec des bandeaux colorés autour des ouvertures sur des façades blanches et redonne une image identifiable au collège Cadou. Le traitement architectural a été appliqué de manière équivalente sur toutes les orientations, refusant ainsi l’existence de façades secondaires dégradées. Le soin apporté aux détails s’est manifesté particulièrement dans le réaménagement des abords et la requalification des limites : l’entrée principale est devenue un signal urbain fort, matérialisé par un auvent protecteur et une rampe d’accès douce parfaitement intégrée au paysage qui a guidé intuitivement les usagers.
3. Environnement / Ressources
L’ambition environnementale du projet a été dictée par la sobriété énergétique, visant une réduction des consommations de 40 % par rapport à la réglementation thermique de l’existant. Pour y parvenir, l’équipe a fait le choix technique majeur d’une enveloppe hautement performante en s’appuyant sur la préfabrication industrielle en atelier de caissons isolants à ossature bois (épicéa). Le projet s’appuie sur une technique hors site de façades ossature bois rapportées, apportant l’isolation thermique des façades avec intégration des menuiseries, s’appuie en parement de la structure béton existante. Cette technique biosourcée a limité l’impact carbone, a valorisé des savoir-faire de construction raisonnée et a réduit drastiquement la durée d’intervention sur le site ainsi que les nuisances de chantier.
La pérennité et le cycle de vie des matériaux ont guidé chaque arbitrage : l’utilisation de panneaux composites durables et autonettoyants en partie basse a garanti une haute résistance aux chocs, tandis que les lames métalliques thermolaquées ont supprimé tout besoin de découpe ou de traitement ultérieur sur le site. Sur le plan des installations techniques, la performance a été assurée par le remplacement des anciennes installations par des chaudières gaz à condensation à haut rendement et une ventilation mécanique optimisée, le tout piloté par une Gestion Technique du Bâtiment (GTB) ergonomique. Enfin, la santé des occupants a fait l’objet d’une attention stricte à travers une méthodologie rigoureuse de confinement et de désamiantage, tandis que les aménagements extérieurs ont intégré la préservation des écosystèmes existants, notamment la mare écologique du site.
4. Usages / Fonctionnalités
Le projet a placé le confort des collégiens et du personnel de l’établissement au centre de ses préoccupations spatiales. L’optimisation du confort thermique d’été et de la qualité lumineuse a fait l’objet de simulations numériques dynamiques (STD) et d’études du Facteur de Lumière du Jour (FLJ), conduisant à l’implantation de protections solaires passives individualisées (casquettes en aluminium) sur les façades les plus exposées. À l’intérieur, la qualité d’usage s’est traduite par une signalétique chromatique intuitive dans les circulations et par l’utilisation de tasseaux de bois ajourés associés à des feutres acoustiques pour garantir un grand confort sonore dans les espaces partagés comme la restauration, le foyer ou la salle de musique. La réhabilitation intérieure du collège a permis une réorganisation des flux et des secteurs d’enseignement pour un usage approprié facilitant le repérage et la surveillance. Un patio central est réorganisé pour créer un lieu événementiel.
La mobilité et l’accessibilité universelle ont été intégrées de façon fluide grâce à la mise aux normes PMR de l’ensemble des pôles (administration, enseignement, loge) et à la création d’un nouveau local vélos sécurisé et visible depuis l’accueil. L’entretien et la maintenance ont été anticipés dès la conception pour simplifier la vie de l’exploitant : des garde-corps périphériques continus ont sécurisé les toitures et des escaliers extérieurs dédiés ont permis d’accéder directement aux locaux techniques sans traverser les zones d’enseignement. Enfin, le lien avec les usagers et la continuité de service public ont été préservés grâce à une planification minutieuse en six phases, qui a limité les interventions bruyantes aux périodes de vacances scolaires et a permis une réhabilitation pièce par pièce sans interruption de l’activité pédagogique.


Informations complémentaires :
Type de marché : concours – réalisation en loi MOP

Bureau(x) d’études : EGIS Bâtiments centre-Ouest, BEGC, ACOUSTIBEL
Photographe : Simon GUESDON

Essor

ZAC Coeur de Ville, 44840 Les Sorinières

68

Programme

81 logements collectifs
Commerces

Concepteurs

  • AGENCE D'ARCHITECTURE HUCA

Commune

  • Les Sorinières

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Ataraxia

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2025

Surface(s)

4965 m² SHAB, 1870 m² commerces

Coûts

10 500 000 €HT

Documents

Le projet de l’îlot Nord de la ZAC Cœur de Ville aux Sorinières développe une opération mixte de logements et de commerces qui participe à la restructuration du centre-ville autour d’un urbanisme de proximité, dense et ouvert. Pensé comme une pièce structurante du renouvellement urbain engagé à l’échelle de la ZAC, le projet affirme une ambition métropolitaine tout en recherchant une insertion fine dans le tissu existant et les usages quotidiens du centre-bourg.
L’écriture urbaine repose sur la création d’un îlot poreux, traversé de continuités visuelles et piétonnes reliant les espaces publics, les commerces et le cœur d’îlot paysager. La composition volumétrique fragmente les masses bâties en plusieurs séquences afin d’éviter l’effet de front continu et de favoriser une perception plus domestique du projet. Les failles, retraits, décrochements et variations d’épannelage produisent une skyline vivante, en dialogue avec les bâtiments voisins et les principes urbains de l’îlot Sud.
Le projet se développe sur une relation étroite entre socle commercial et habitat. Les commerces constituent un rez-de-chaussée actif et continu sur l’espace public tandis que les logements se déploient au-dessus dans une diversité de formes : attiques, loggias, terrasses creusées, toitures à deux pans ou toitures végétalisées. Cette superposition des usages permet de construire une véritable intensité urbaine tout en garantissant des qualités résidentielles généreuses.
L’architecture s’appuie sur une matérialité sobre et pérenne, inspirée du patrimoine local. Les façades alternent béton peint blanc, béton matricé brun et toitures métalliques claires. Cette écriture réinterprète les matériaux vernaculaires dans une logique graphique et sensible, permettant au projet de s’inscrire dans une continuité urbaine tout en affirmant une identité architecturale forte.
Le paysage constitue l’un des éléments majeurs du projet. Le cœur d’îlot est conçu comme un jardin suspendu partagé, véritable lieu de rencontre pour les habitants. Accessible depuis les différentes cages d’escalier, il accueille des cheminements, des espaces plantés, une placette centrale et du mobilier favorisant les usages collectifs. Le traitement végétal multiplie les strates, les ambiances saisonnières et les essences locales afin de produire un paysage évolutif et habité.
La place accordée à la pleine terre, aux revêtements perméables et à la végétalisation participe pleinement à la qualité environnementale de l’opération. Les stationnements sont intégrés dans un parking paysager sous treilles végétalisées, les eaux pluviales sont infiltrées par des sols drainants, et les toitures végétalisées prolongent les continuités écologiques jusque dans les niveaux hauts du projet. Cette approche permet de limiter l’impact minéral de l’opération tout en améliorant le confort climatique des habitants.
Le projet développe également une attention particulière aux parcours résidentiels et aux usages quotidiens. Les logements bénéficient majoritairement de doubles orientations, les circulations sont naturellement éclairées et ventilées, et les espaces extérieurs préservent les intimités par un jeu de loggias, retraits et terrasses. La multiplication des halls et des accès contribue à fabriquer un adressage clair et une échelle résidentielle qualitative malgré la densité du programme.
Par sa capacité à articuler intensité urbaine, mixité programmatique, qualité résidentielle et continuités paysagères, l’îlot Nord de la ZAC Cœur de Ville propose une réponse cohérente aux enjeux contemporains de revitalisation des centralités et de transition écologique. Le projet démontre qu’une densité importante peut être compatible avec des espaces habités généreux, une forte présence du végétal et une attention portée aux usages collectifs du quotidien.


Bureau(x) d’études : Urbaterra, Solab, IBA, EXE
Photographe : @agencehuca