Allée Frida Kahlo et Mail du Front Populaire

Allée Frida Kahlo et Mail du Front Populaire, 44200 Nantes

23

Programme

Désimperméabilisation et renaturation d'espaces urbains contraints, aux sols pollués - adaptation au changement climatique - Plan Pleine Terre de la Ville de Nantes et Nantes Métropole

Concepteurs

  • MAP [PAYSAGISTES] mandataire

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Ville de Nantes et Nantes Métropole

Thèmes

  • Aménagement

Année de réalisation

2025

Surface(s)

3500m² dont 1120m² de pleine terre et de sols régénérés accueillant 73 jeunes arbres plantés pour assurer 35% de canopée à terme (contre 3% = 1 magnolia solitaire initialement)

Coûts

490 000€ HT

Au cœur du Quartier de la Création sur l’Île de Nantes, l’adaptation des espaces piétons interstitiels du Mail du Front Populaire et de l’Allée Frida Kahlo transforme deux espaces linéaires fortement minéralisés en une séquence de « rues-jardins » capables d’offrir fraîcheur, usages et continuités écologiques dans un contexte urbain dense et contraint.
Inscrit dans la démarche du Plan Pleine Terre portée par Nantes Métropole et la Ville de Nantes, le projet accompagne la mutation des anciennes emprises industrielles Alstom en un quartier métropolitain vivant, mêlant enseignement, culture, logements, bureaux et espaces publics. Situés entre les Nefs, l’École des Beaux-Arts, Magmaa et les nouveaux îlots urbains du secteur Léon Bureau, le Mail du Front Populaire et l’Allée Frida Kahlo constituent aujourd’hui des axes de circulation très fréquentés, soumis à des conditions climatiques extrêmes : forte exposition au soleil pour l’allée Frida Kahlo, vents dominants pour le Mail du Front Populaire, sols largement imperméabilisés et faibles capacités d’accueil du végétal.
Le projet conçu par MAP [PAYSAGISTES], associé à TUGEC Ingénierie, propose une renaturation ambitieuse et contextualisée de ces espaces publics. Cette transformation est également le fruit d’un dialogue étroit et constructif entre l’équipe de maîtrise d’œuvre, la Ville de Nantes, Nantes Métropole, la Samoa et les différents acteurs du site. La conduite du projet en mode accéléré, dans le cadre du Plan Pleine Terre, a favorisé une méthode de travail collaborative, fondée sur des échanges continus entre concepteurs, Direction Nature et Jardin (pilote du Plan Pleine Terre), services techniques, exploitants, entreprises, Samoa et usagers afin d’adapter en permanence les réponses de projet aux contraintes de terrain, aux enjeux d’usage et aux ambitions écologiques portées collectivement. L’intervention repose sur une stratégie de désimperméabilisation massive et de reconquête de la pleine terre afin de recréer un cycle de l’eau plus naturel, renforcer la biodiversité urbaine et améliorer durablement le confort climatique des usagers.
L’enjeu principal consistait à réintroduire des sols ouverts et vivants, capables de redonner l’eau à la terre dans un environnement particulièrement contraint : réseaux techniques denses, accès pompiers et livraisons à maintenir, héritage industriel des sols induisant des pollutions et donc l’interdiction d’exporter les déblais, fortes fréquentations piétonnes et coexistence d’usages multiples. Le projet répond à cette complexité par un travail précis de couture urbaine, conciliant performances environnementales, sobriété constructive et intensité des usages afin de relier, par un fil vert, les différents espaces de nature du quartier, de tisser un réseau d’espaces de fraîcheur en profondeur sur l’Île de Nantes et de faire résonner la présence des berges toutes proches.
Le Mail du Front Populaire est recomposé comme une promenade végétale reliant le Parc des Chantiers aux espaces publics de ruelles et venelles caractéristiques du secteur. Les nouvelles fosses de pleine terre et bandes plantées créent une continuité de canopée à l’échelle du secteur, tout en préservant les circulations de secours et les accès logistiques. Les espaces de pause prennent place dans des alcôves végétalisées accompagnées de murets-bancs réalisés à partir du réemploi des dalles béton existantes. La palette végétale, composée d’arbres, d’arbustes et de vivaces adaptés au contexte climatique nantais, introduit une diversité de strates et de textures favorisant l’ombrage, l’infiltration des eaux pluviales et l’appropriation quotidienne des lieux. Les plantations mêlent notamment tilleuls à petites feuilles, érables champêtres, micocouliers, cerisiers à fleurs, ormes résistants, noisetiers de Byzance, ainsi qu’un sous-bois de gauras, stipas, iris, sauges, verveines de Buenos Aires et pennisetums, créant une atmosphère changeante au fil des saisons.
L’Allée Frida Kahlo développe une écriture plus immersive et sensible. Le projet s’organise autour du « Jardin Frida Kahlo », conçu comme un hommage à l’univers végétal, coloré et foisonnant de l’artiste mexicaine. À proximité immédiate du parvis de l’École des Beaux-Arts, cet espace devient un jardin traversant et habité, où les cheminements poreux, les plantations exubérantes et les assises libres composent un paysage propice aux rencontres, à la contemplation et aux usages spontanés. Les références aux jardins de la Casa Azul de Coyoacán créés par l’artiste elle-même inspirent une palette végétale méditerranéenne et exotique, résistante aux fortes chaleurs et capable de créer une atmosphère singulière au cœur du quartier. Le jardin associe ainsi jacarandas, palmiers du Mexique, bananiers, eucalyptus, agaves, cactus, cordylines, goyaviers du Brésil, yuccas, phormiums, kniphofias, cannas et euphorbes dans une composition foisonnante évoquant les paysages mexicains chers à Frida Kahlo.
La démarche environnementale constitue l’un des fondements du projet. Les matériaux issus de la démolition des dalles béton sont réemployés in situ sous forme de murets-bancs, réduisant l’empreinte carbone du chantier et valorisant la mémoire matérielle du site. Les pavés déposés sont également réutilisés dans les nouvelles compositions d’espace public et en lien avec un autre chantier du Plan Pleine Terre concomitant à celui de la place Jean-Claude Demaure. Cette logique de transformation par réemploi inscrit le projet dans une économie circulaire concrète et visible. On fait avec ce qui est déjà-là. Les matériaux déjà patinés s’insèrent naturellement dans leur environnement, rien ne se perd, tout se transforme. Les pavés en béton sont reposés pour créer des alcôves bordées de murets en béton issus du recyclage des dalles sciées pour créer les fosses de pleine terre. Au total, 1100 m² de pleine terre sont gagnés grâce à la dépose de 700 m² de dalle béton et 600 m² de pavés, dont 200 m² réemployés. 73 jeunes arbres sont plantés pour initier la canopée de demain.
Le projet accorde également une attention particulière à la qualité d’usage et à l’hospitalité des espaces publics. L’augmentation importante du nombre d’appuis-vélos, l’intégration d’assises multiples, la création d’une borne-fontaine et le maintien des usages libres déjà présents sur le site renforcent l’attractivité et la convivialité quotidienne des lieux. Les espaces végétalisés accompagnent les pratiques existantes — promenades, terrasses, regroupements étudiants, danse urbaine, rollers, nombreux évènements organisés par la Samoa — sans les contraindre, dans une logique de cohabitation et d’ouverture. Le projet a permis d’inviter l’art dans le jardin : les étudiants de l’École des Beaux-Arts ont participé à un concours initié par la Ville de Nantes, en collaboration avec l’équipe pédagogique de l’ESBAN et la Samoa, afin de proposer une œuvre sur l’espace public faisant écho aux aménagements du parvis. La fresque réalisée par Omar Fall prolonge ainsi symboliquement le jardin Frida Kahlo dans l’espace minéral de l’allée et témoigne de la volonté commune de faire dialoguer paysage, usages et création artistique. Un travail fin de reconnexion des mobilités douces de l’Allée Frida Kahlo à la rue de la Tour d’Auvergne a été réalisé : accompagnement de la rampe existante de bandes plantées et de bancs, plantations de rue, pose d’appuis-vélos, abaissement des bordures et création d’un nouveau passage piéton.
Au-delà de l’aménagement ponctuel, le projet participe à la consolidation d’une véritable trame paysagère à l’échelle de l’Île de Nantes. Il reconnecte les sols vivants entre le Parc des Chantiers, les berges de Loire et les espaces publics de rues, placettes et venelles du quartier tout en anticipant l’intensification des flux piétons liée à l’arrivée du nouveau pont Anne-de-Bretagne et de la future ligne de tramway.
Par sa capacité à transformer des espaces complexes et fortement imperméabilisés en lieux de vie généreux, résilients et désirables, l’aménagement du Mail du Front Populaire et de l’Allée Frida Kahlo illustre une nouvelle manière d’adapter la ville : une ville plus résiliente, plus sensible et attentive aux usages ordinaires, plus perméable, plus fraîche et plus joyeuse.


Informations complémentaires :
Accord-cadre d'assistance à maîtrise d'ouvrage et de maîtrise d’œuvre mono-attributaire suite à procédure restreinte

Bureau(x) d’études : TUGEC Ingénierie bureau d'étude VRD
Photographe : MAP [PAYSAGISTES]

Requalification de la traversée du Village de Vue

Depuis Tournebride jusqu'à la Route de Nantes, 44640 VUE

31

Programme

Requalification de l’ensemble de la traversée du village de Vue, ainsi que la route de Chauvé. Réactivation des places Sainte-Anne et du Haras

Concepteurs

  • Chemins de traverse paysagiste concepteur et concertation

Commune

  • VUE

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Commune de Vue
  • Loire Atlantique Développement
  • MOA déléguée

Thèmes

  • Aménagement

Année de réalisation

2025

Surface(s)

35 000 m2

Coûts

Montant travaux (tous lots): 3 090 000 € Montant du lot 1 (Voirie et assainissement) : 2 720 000 € HTMontant du lot 2 (paysage) : 370 000 € HTRatio au m2 : 60 € / M2Nota : les travaux pour les réseaux souples sont pilotés par TE44

Documents

Composition de l’équipe et synergies
Paysagiste concepteur : Chemins de traverse
BET : Céramide (Mandataire du groupement)
Concertation : Chemins de traverse
AMO déléguée : LAD 44 pour : la coordination des acteurs, l’établissement d’un planning global d’opération, gestion du foncier, coordination avec une mission de plan guide qui fait suite à une étude du CAUE. etc..
Synergie avec TE 44 pour les réseaux, avec le Conseil Départemental 44 et notamment la délégation de Machecoul pour les aspects mobilités, avec la Région des Pays de la Loire pour les choix sur les transports en commun, avec la DRAC pour la gestion du patrimoine archéologique de Vue.

Démarche
Le projet réinterroge en profondeur l’étude préalable qui a permis d’établir un budget d’opération. Le nouveau projet vise à :
– Mieux prendre en charge les mobilités douces et notamment le vélo. Le scénario d’une voie verte en marais est abandonné au profit d’une voie verte urbaine intégrée à l’axe principal desservant l’intégralité du village rue. Pacifier la circulation automobile tout au long de la traversée du bourg.
– Transformer le cœur de village et l’activer, tout en anticipant les usages futurs
– Introduire le végétal de manière plus affirmée afin de préparer le tissu urbain au réchauffement climatique, notamment en créant des ilots de fraicheur.

Nous conduisons ce projet en le fondant sur les 5 piliers :
– L’humain et les piétons d’abord : trottoirs, voie verte urbaine, passages piétons et feux tricolores piétons (X3), nouvelles stations bus mis en accessibilité et équipées d’aubettes.

– Des espaces pour toutes et tous : mise aux normes PMR de l’ensemble de l’aménagement, mise en accessibilité des commerces et de l’église ; décloisonnement de l’espace sur la place Sainte Anne et activation multiples en faisant émerger la notion de « co-veillance » afin de fabriquer un espace public agréable pour tous les genres et tous les âges.

– Des espaces en réseaux et en relations : le traitement de la traversée de Vue s’accompagne d’une requalification des lieux traversés par la « route départementale » : Abords du cimetière, place Sainte Anne et place du Haras, abords du Tenu, amorce des rues et de nouvelles poches de stationnement connexes. Ainsi, le projet prend en charge l’épaisseur urbaine et annonce les requalifications à venir.

– L’accueil du vivant : perméabilité, plantations d’arbres et de grands arbustes, espaces verts et activation du square de l’église

– Sobriété, simplicité et gestion : le projet emploi des matériaux simples à maintenir et durables. L’essentiel des matériaux de structure sont d’origine recyclée. L’accent a été mis sur la facilité d’entretien et notamment les nouveaux espaces verts créés.

Dialogue
Une démarche de concertation avec les habitants est proposée : mis en place d’une série de trois ateliers participatifs ouverts aux habitants de Vue. C’est bien ces rencontres qui feront émerger le scénario de voie verte urbaine.

Environnement et ressources
L’accent est mis sur l’économie de moyens pour tenir un coût de travaux au mètre carré raisonnable et raisonné.
Des campagnes géotechniques systématiques sont lancées pour chaque tronçon de voie afin de limiter les interventions sur la structure de chaussée. L’altimétrie de la voie est étudiée finement pour ne pas impacter cette structure et éviter des flux matière gourmands en carbone.
Les places de stationnement recrées dans le cadre du projet sont, pour l’essentiel, traitées en matériaux perméables : GNT 0/20 pour les moins coûteuses, pavés béton enherbés, pavés granite de récupération avec joints enherbés.
200 arbres et arbustes en cépée sont plantés dans le cadre du projet et pour une canopée développée de 3700 m2 à terme. 3500 m2 d’espaces verts sont créés. Seuls 20 m2 de massifs sur le parvis de la mairie sont équipés d’un système de goutte à goutte.
Réemploi : l’essentiel des matériaux de structure (trottoirs, voies verte) sont issus de matériaux recyclés
Les bordures et le revêtement modulaire de la place Sainte Anne et du Haras sont en pierre naturelle.
Santé : une nouvelle voie verte urbaine de 1.50 km de long est créée en rive Nord. En rive Sud, un nouveau trottoir voit le jour. La marche et la pratique du vélo sont désormais possibles à Vue et en sécurité

Intégration et esthétique
Le village de Vue se présente comme un « village rue » inscrit dans un milieu naturel remarquable, le marais. Le bourg se déploie sur deux îles séparées par le Tenu.
Le tissu urbain recèle un patrimoine architectural lui aussi remarquable qui fût mis en place à une époque où le Tenu servait d’axe d’échange entre le Sud de la Loire et le fleuve.
Le projet s’intègre dans ce contexte patrimonial comme suit et d’Ouest en Est :
– A l’Est, une entrée de ville (« Route de Nantes ») largement végétalisée et apaisée. Le nouvel arrêt bus « Fontaine » et le parvis du cimetière forment un ensemble cohérent, plus densément planté, qui vient jalonner l’itinéraire. Les essences végétales convoquées le sont en lien avec la biodiversité locale : merisiers, ormes, chênes, érables champêtres constituent la nouvelle trame arborée de la rue équipée d’une voie verte urbaine.

– Le cœur de ville est traité de manière patrimoniale en privilégiant la pierre naturelle pour les revêtements et les éléments de maçonnerie : emmarchements, murets bas. La palette végétale est une déclinaison des essences à dominante acclimatée déjà présentes dans cet espace.

– Une traversée de l’île à l’Ouest du Tenu, relativement minérale mais avec des ilots végétalisés en jalonnement (arrêt bus, école publique, parking de co-voiturage). Débarrassée du stationnement longitudinal la rue accueille désormais une voie verte continue et en béton fabriquant un socle pacifié pour le front bâti en rive nord de la rue. Une végétalisation en pied de mur est mise en œuvre sur la base du volontariat des riverains.

Usages / fonctionnalités
Les attendus du projet visaient en premier lieu les mobilités. En rationalisant le stationnement longitudinal, nous parvenons à mettre en place une voie verte urbaine sur l’ensemble du linéaire assurant ainsi un aménagement de qualité sécurisé et surtout continu.
La largeur de la chaussée est réduite. Le régime de priorité à droite est mis en place. Les stations bus pour ligne régulière sont requalifiées et traitées en station verrou. Plateaux 30, feux pour 3 traversées piétonnes s’ajoutent à ce dispositif qui permet de pacifier un trafic dense (8000 véhicules/jour) et qui fait la singularité de cette traversée d’agglomération. L’ensemble de la traversée est traitée en zone 30. Les mesures de vitesse réalisée en avril 2026 sont concluantes.
En ce qui concerne le cœur de ville, nous réalisons une transformation ambitieuse des lieux.
Sur son flanc Est, la place Saint-Anne accueille désormais un nouveau parvis unifié entre mairie et café. L’espace ainsi redéfini permet en partie basse la création d’une vraie place de marché, arborée et une co-visibilité avec la boulangerie. La nouvelle terrasse de café se déploie désormais sur un espace dégagé et valorisant.
Les abords immédiats de l’église sont réaménagés : parvis requalifié, placette sur le flanc Est de la nef s’inscrivent désormais dans un ensemble jardiné et arboré qui dialogue avec le nouveau parvis de l’Hôtel de Ville. Sur la base des idées qui ont émergés lors des ateliers de concertation, les espaces de pelouse accueillent un « deck » en bois et un terrain de boules/molkky en sablé.
En partie Ouest de l’église, la place du Haras est réinvestie : elle est traitée en zone de rencontre et est, pour la première fois de l’histoire contemporaine de Vue, plantée. L’aménagement est ici compatible avec le développement à terme de commerces.
La transformation des espaces publics est ici saisissante.


Informations complémentaires :
Subventions par le Conseil Départemental de la Loire Atlantique

Bureau(x) d’études : Céramide
Photographe : FRANCOIS DANTART

Parc littoral vivant

Boulevard Padioleau – Avenue Jules Verne, 44250 Saint-Brévin-les-Pins

28

Programme

Espaces publics

Concepteurs

  • Magnum Architectes et Urbanistes

Commune

  • Saint-Brévin-les-Pins

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Commune de Saint-Brévin-les-Pins

Thèmes

  • Aménagement

Année de réalisation

2024

Surface(s)

2.7 hectares

Coûts

2 600 000 €

Documents

Critère 1 — Une exigence portée conjointement entre maîtrise d’ouvrage et maîtrise d’œuvre, où le dialogue de projet élève le niveau d’ambition

Saint-Brevin-les-Pins bénéficie d’un paysage exceptionnel, ouvert sur l’estuaire de la Loire et la côte nazairienne. Pourtant, ses espaces publics littoraux incarnaient jusqu’alors l’époque du tout-voiture : une voirie dominante, de grands parkings imperméables et un trottoir piéton réduit à sa plus simple expression. Le front de mer, malgré son panorama remarquable, tournait le dos à son propre paysage.

C’est de ce constat partagé qu’est né le projet, lancé en 2021 par la collectivité. Le réaménagement du boulevard Padioleau et de l’avenue Jules Verne représente un potentiel extraordinaire d’évolution : non pas pour produire un simple front de mer urbain amélioré, mais pour engager une transformation profonde, à la hauteur du site et des enjeux contemporains que les villes littorales doivent affronter dans un contexte de réchauffement climatique et de transformation rapide du trait de côte.

Ce niveau d’ambition n’aurait pas été atteint sans un dialogue constant et exigeant entre la maîtrise d’ouvrage et la maîtrise d’œuvre. Ensemble, ils ont fait le choix d’un geste fort et cohérent plutôt que d’une réponse prudente : supprimer massivement le stationnement, renaturer largement, repenser entièrement les mobilités, inscrire le projet dans la dynamique naturelle du littoral. Chaque arbitrage a été l’occasion de maintenir ce niveau d’exigence, y compris en intégrant les habitants, les usagers et les écoles dans la conception, pour ancrer le projet dans les usages réels et les imaginaires locaux.

Ce dialogue permanent entre maîtrise d’ouvrage et maîtrise d’œuvre a également permis de tenir des délais d’études particulièrement serrés. En seulement douze mois, de 2021 à 2022, l’ensemble des études a été mené à bien tout en intégrant de nombreuses étapes de concertation : diagnostics en marchant avec les commanditaires, échanges avec les différentes commissions de la ville, réunions avec les services techniques, réunion publique, et ateliers menés avec les écoles primaires pour définir l’aire de jeux, ses usages et ses imaginaires. Loin d’être un frein, cette concertation nourrie a constitué un levier d’efficacité, en consolidant les choix au fur et à mesure de leur élaboration.

La phase de travaux, d’une durée de vingt mois, a été tout autant optimisée. Son calendrier a été soigneusement construit pour concilier l’arrêt du chantier pendant la période estivale — préservant ainsi la fréquentation du site en saison — et permettre une livraison de l’aménagement à temps pour la saison 2024
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Critère 2 — Une approche attentive aux ressources et aux contextes, proposant des réponses adaptées aux enjeux environnementaux contemporains

Comprendre et révéler un paysage en mouvement

Le boulevard Padioleau présente une situation insolite : en balcon sur l’océan et l’estuaire ligérien, il offre l’observation d’un paysage en perpétuel mouvement. Mouvement quotidien des bateaux manœuvrant autour du port de Saint-Nazaire, des marées qui rythment le paysage heure après heure — mais aussi un mouvement plus lent, celui de l’accrétion marine. En trente ans, l’océan s’est retiré du front de mer : les alluvions générées par l’estuaire de la Loire et la modification des courants marins provoquent un engraissement sableux progressif sur Saint-Brevin-les-Pins, au détriment de la baie de la Baule qui perd peu à peu sa plage. Ce que l’on prenait pour un recul de la mer est en réalité une transformation du territoire : la plage s’est muée en un vaste espace dunaire sauvage, devenu un haut lieu ornithologique, où dunes blanches couvertes d’oyats, pannes dunaires à roseaux et pinèdes en formation composent un nouveau paysage face à la ville.

Le projet s’appuie sur cette dynamique visible et y sensibilise les visiteurs. Les massifs créés (560 m²) et les bosquets revitalisés représentent les milieux de référence du littoral — recréation des sols et des cortèges végétaux — et sont rendus lisibles grâce au travail poétique et pédagogique des artistes mosaïstes et céramistes Delphine Deltombe et Julie Buffet, dont les œuvres jalonnent la promenade.

Désimperméabilisation et gestion alternative des eaux pluviales

La désimperméabilisation massive du boulevard constitue le geste fondateur du projet. Anciennement recouvert à 70 % de surfaces imperméables et infertiles — voirie, parkings, trottoirs —, le site se transforme en profondeur. Les eaux de ruissellement s’infiltrent directement dans le sous-sol sablonneux. L’ensemble des eaux pluviales des surfaces imperméabilisées restantes est géré de façon entièrement alternative, en aérien : des noues plantées longent toute la promenade et permettent à la fois la gestion hydraulique et une séparation naturelle entre la voirie à sens unique et la piste cyclable bidirectionnelle. La gestion enterrée, héritée de l’aménagement précédent, est entièrement abandonnée au profit de ce dispositif visible, pédagogique et végétalisé.

Une stratégie végétale ambitieuse et adaptée au contexte littoral

Le patrimoine arboré existant — modeste mais précieux — est soigné et mis en valeur. Sur les 40 arbres en place, seuls 6 Tamarix sont abattus pour permettre l’extension de massifs plus conséquents. Les arbres conservés, regroupés autour du blockhaus du Mur de l’Atlantique, sont complétés par de jeunes sujets qui prendront le relais dans les prochaines décennies. Les branches et troncs des arbres couchés par la tempête de 2023 ne sont pas évacués : ils sont réemployés sur place, tronçonnés pour former des assises dans l’aire de jeux, témoins du cycle naturel du bois flotté.

92 nouveaux arbres sont plantés pour ombrager l’esplanade piétonne et la piste cyclable. Chacun est protégé des embruns par deux à trois baliveaux — arbres de moins de deux ans — formant un premier rideau contre les vents salins qui dessèchent les feuillages. Cette expérimentation culturale, inspirée de l’observation fine des bosquets littoraux, assure une meilleure reprise des grands sujets et une croissance plus homogène à long terme.

Le pin, emblématique de la ville et de ses dunes voisines, est largement représenté. Mais pour s’inscrire dans l’art des jardins qui mélange volontiers le sauvage et le régulier, une véritable collection de pins est cultivée, présentant la richesse et la diversité de ce genre botanique au fil de la promenade. La palette végétale d’ensemble décline ainsi, séquence après séquence, les différents milieux écologiques caractérisant ce littoral.

Un plan lumière sobre, poétique et respectueux de l’obscurité

La conception du plan lumière fait le choix de ne pas éclairer l’espace littoral lui-même. La mise en lumière est discrète, orientée vers les usages piétons et cyclistes, et pensée pour valoriser le ciel étoilé — ressource rare et précieuse sur ce littoral encore épargné par la pollution lumineuse.
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Critère 3 — Une conception répondant aux usages actuels, tout en anticipant les évolutions à venir

Redonner une juste place à la voiture et repenser les mobilités

Espace de stationnement majoritairement imperméable occupant 70 % de la surface du site, le boulevard Padioleau se transforme en promenade. Cette mutation s’opère par la suppression d’une centaine de places de stationnement — le nombre total étant divisé par cinq — et par une révision complète du plan de circulation du centre-ville. Loin de chercher à pénaliser une population habitée largement par des seniors, le projet réorganise et valorise des espaces de stationnement sous-utilisés côté centre-bourg. La voirie est réduite à une voie à sens unique, conçue comme une allée de parc, apaisée et intégrée à la composition végétale d’ensemble.

Un itinéraire cyclable de qualité pour la Vélocéan

Le projet crée une grande piste cyclable bidirectionnelle de 600 mètres, intégrée à l’itinéraire de la Vélocéan — parcours cyclable en bord de mer de Loire-Atlantique. Ses tracés épousent des courbes souples, adaptées à la pratique cycliste. Séparée à la fois de la promenade piétonne et de la voie véhicules par des bandes plantées — solution issue de la concertation, face aux nombreux conflits d’usages observés auparavant —, la piste bénéficie d’un revêtement en béton lissé à l’hélicoptère, spécifiquement choisi pour améliorer le confort de roulement. Les placettes accueillent appuis-vélos, casiers sécurisés, pompes et points d’eau potable.

Une promenade confortable et inclusive pour tous les publics

La promenade piétonne est confortée au plus près du littoral, longeant le mur parapet historique. Elle se déploie en trois séquences adaptées au contexte : balnéaire, au plus proche de la plage ; urbaine, connectée au centre-ville et déployant un espace en gradins qui poursuivent les méandres du rétro-littoral ; paysagère, au niveau de l’espace boisé classé, plus intime et végétalisée.

Ces séquences sont reliées par des places et placettes permettant de s’arrêter et d’apprécier les vues proches et lointaines. La gestion soignée de la topographie valorise les promontoires naturels — depuis les gradins, depuis le toit du bunker-aire de jeux, depuis la rue de l’Église qui relie le centre-ville au littoral.

Une large gamme de mobilier bois — en grande partie sur mesure — permet une appropriation différenciée selon les publics : bancs, tables de pique-nique, banquettes, transats, gradins offrant de longs linéaires d’assises. La programmation des espaces publics, concertée avec le grand public et les écoles, remet à l’honneur les modes actifs et propose de nombreuses pratiques sportives et ludiques.

La place de la culture dans la ville, portée de longue date par la collectivité — incarnée notamment par le serpent de mer de la biennale d’art contemporain Estuaire —, trouve une traduction dans le projet : une place centrale polyvalente, un espace scénique autour des gradins pour accueillir événements culturels et festifs, et le travail de deux artistes dont les mosaïques et céramiques tissent un récit sensible tout au long de la promenade.

Détourner un bunker en terrain d’aventure et d’imaginaire

Le littoral porte aussi les traces du Mur de l’Atlantique. Les deux blockhaus sont entièrement détournés de leur usage originel : le plus imposant devient une aire de jeux, le second une butte plantée. L’aire de jeux a été conçue en collaboration avec les enfants de deux écoles publiques de la commune. En s’appuyant sur l’imaginaire de l’océan, des fresques sur les mondes marins ont été réalisées en mosaïque par l’artiste Delphine Deltombe. Les jeux ont été choisis par les enfants sur le thème de l’exploration sous-marine et de l’aventure : les flancs du bunker deviennent ludiques grâce au travail de la pente, le toit se transforme en bac à sable panoramique, et les abords accueillent des jeux inclusifs pour les plus petits. Enfin, belle surprise de chantier : les troncs des arbres tombés lors de la tempête hivernale ont été tronçonnés et réemployés en mobilier, fermant la boucle d’un cycle naturel intégré au projet.

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Critère 4 — Une recherche sensible de qualité architecturale et paysagère, alliant audace et intégration

Un geste radical au service d’un paysage exceptionnel

Le parti pris est ambitieux et assumé : diviser par cinq le nombre de places de stationnement, renaturer massivement un boulevard de 600 mètres, repenser entièrement les mobilités pour libérer l’espace au profit des modes actifs et de la nature. Ce geste fort engage une profonde désimperméabilisation des sols et la mise en place d’un parc littoral déclinant les milieux caractéristiques de la côte, alimenté par une gestion des eaux pluviales entièrement alternative et visible.

Le projet renforce par ailleurs la composition urbaine d’ensemble de la ville, très étalée, organisée en trois polarités le long du littoral. Deux d’entre elles bénéficiaient déjà d’espaces naturels associés à des parcs — le centre-ville en était jusqu’ici dépourvu. Cette lacune est désormais comblée.

Un projet ancré dans la matière et le paysage de son lieu

Chaque composante du projet exprime et prolonge le rapport au littoral :
Les tracés, souples et sinueux, font écho aux lignes organiques de la nature au-delà du mur parapet, métaphores des dunes et des méandres dunaires visibles depuis la promenade.

La palette minérale — beige, ocre, sable — prolonge les nuances du rivage jusqu’à la façade urbaine, fondant l’aménagement dans la continuité chromatique du site.
Les matériaux entretiennent un dialogue constant avec le lieu : Le chenal de l’estuaire de Loire est régulièrement dragué pour limiter son ensablement. Les matériaux ainsi récoltés par les services techniques municipaux sont composés des sables et coquillages concassés par les courants. Une formulation de béton désactivé est inventée pour valoriser ce matériau comme agrégat.
La palette végétale déroule au fil de la promenade les différents milieux écologiques caractérisant ce littoral, avec la constance du pin comme fil conducteur spécifique à la ville. Les céramiques de Julie Buffet permettent aux promeneurs de lire et de comprendre ces milieux dans un objectif pédagogique de sensibilisation à l’environnement.
Le plan de composition en trois séquences — balnéaire, urbaine, paysagère — structure la promenade sans jamais la figer : chaque séquence possède sa propre atmosphère, ses propres cadrages, ses propres usages, tout en participant à une continuité lisible et cohérente sur l’ensemble des 600 mètres.

C’est cette cohérence d’ensemble — du geste urbain jusqu’au détail du mobilier, de la gestion de l’eau jusqu’à la mosaïque — qui fait de la promenade Padioleau non pas un aménagement de plus, mais un véritable acte de projet, ancré dans son territoire et tourné vers l’avenir.


Informations complémentaires :
marché public

Photographe : Gaetan Chevrier – Ville de St-Brevin – Campo – D.Deltombe

Renaturation de la Place Jean-Claude Demaure

Place Jean-Claude Demaure, 44200 Nantes

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Programme

Désimperméabilisation, renaturation d’un site urbain pour créer un îlot de fraîcheur. Sols pollués.

Concepteurs

  • MAP [PAYSAGISTES] mandataire

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Nantes Métropole et Ville de Nantes

Thèmes

  • Aménagement

Année de réalisation

2025

Surface(s)

4600 m²

Coûts

520 000€ HT

Documents

Le projet de réaménagement du triangle Viviani, aujourd’hui renommé Place Jean-Claude Demaure, s’inscrit dans la dynamique engagée par la Ville de Nantes et Nantes Métropole pour renforcer la présence du vivant dans l’espace public et accompagner les mutations climatiques et urbaines de l’Île de Nantes.
Conçu par MAP [PAYSAGISTES]mandataires du groupement formé avec Tugec Ingénierie, ce projet constitue une traduction concrète et sensible du « Plan Pleine Terre », démarche ambitieuse visant à redonner une place centrale au sol vivant, à l’eau et au végétal dans la fabrique urbaine.
Située dans un quartier dense et fortement minéralisé, ce carrefour urbain faisait face à plusieurs enjeux : améliorer le confort d’usage des habitants, lutter contre les îlots de chaleur urbains, favoriser l’infiltration des eaux pluviales et créer un espace public plus apaisé, plus hospitalier et plus résilient.
Le projet s’organise autour d’une composition sensible en « bulles » de pleine terre venant ponctuer et transformer progressivement le paysage minéral existant. Ces émergences plantées créent des séquences d’usages, des respirations et des microclimats à l’échelle du piéton. La parcelle concernée par des sols pollués, un important travail de reconstitution des horizons fertiles a été mené à partir de l’amendement des terres découvertes et conservées sur place. Cette intervention a permis de redonner vie au sol tout en générant de légères buttes plantées, offrant une épaisseur paysagère et écologique nouvelle à l’espace public. Le projet propose ainsi une transformation profonde du site par une désimperméabilisation importante des surfaces, l’introduction de nouvelles strates végétales et la création d’un paysage de proximité capable d’évoluer dans le temps. Des « bulles » de paysage.

L’intervention repose sur une approche sobre et attentive au contexte existant. Le dessin de la place privilégie les continuités piétonnes, les usages quotidiens et la qualité des ambiances. Les matériaux employés ont été choisis pour leur durabilité, leur capacité d’infiltration et leur cohérence avec les objectifs environnementaux du projet. Une attention particulière a également été portée au réemploi des matériaux, afin de réduire l’empreinte carbone du chantier et d’inscrire le projet dans une logique d’économie circulaire. Des murs ont ainsi été réalisés à partir de béton scié issu du décroûtage des sols d’un projet simultané conduit dans le cadre du Plan Pleine Terre sur l’Allée Frida Kahlo. Le projet intègre également le réemploi de pavés béton provenant du chantier du Mail du Front Populaire sur l’Île de Nantes. Ces choix constructifs traduisent une volonté de valoriser les ressources existantes du territoire tout en donnant une matérialité singulière et narrative à l’espace public.
La végétation, largement développée, participe autant à l’amélioration du microclimat qu’à la requalification de l’image du lieu. Les massifs ont été conçus selon une composition stratifiée intégrant les différentes strates végétales — arborée, arbustive ainsi que les vivaces et bulbes — afin de renforcer la biodiversité, de créer des ambiances évolutives au fil des saisons et d’assurer une présence végétale dense et pérenne dans l’espace public. Les plantations contribuent également au développement de la biodiversité urbaine et à la création d’un cadre de vie plus agréable pour les habitants et les personnes qui travaillent autour de la Place, qui y trouvent un endroit de pause conviviale idéal.

Au-delà de ses qualités paysagères, le projet témoigne d’une réflexion plus large sur la manière de transformer les espaces publics métropolitains face aux enjeux contemporains. La place devient un support d’expérimentation concrète autour des questions de pleine terre, de cycle de l’eau et d’adaptation climatique. Elle démontre qu’un espace public de proximité peut conjuguer performance environnementale, qualité d’usage et identité urbaine.
Cette réalisation illustre pleinement les valeurs portées par le Prix APERÇUS 44 : innovation dans les pratiques d’aménagement, attention portée au cadre de vie, qualité paysagère et engagement environnemental. Le projet est également le fruit d’un travail d’équipe étroit et ambitieux mené avec la Direction Nature et Jardins de la Ville de Nantes, dans une dynamique de dialogue constant et de coopération active. Cette complicité heureuse entre maîtrise d’ouvrage, maîtrise d’œuvre, entreprises et pépinières locales a permis de développer une approche collective exigeante, attentive à la qualité d’exécution, au choix des végétaux et à l’ancrage territorial du projet. Cette manière de faire, fondée sur la confiance, l’expérimentation et l’intelligence collective, constitue l’une des forces majeures de l’opération. Le projet met également en lumière le dialogue étroit entre maîtrise d’ouvrage et maîtrise d’œuvre pour produire un espace à la fois fonctionnel, sensible et durable.

Tant par son inscription dans une stratégie métropolitaine ambitieuse, par la qualité de sa mise en œuvre que par sa capacité à transformer durablement les usages et les perceptions du site, la Place Jean-Claude Demaure constitue une réalisation exemplaire des nouvelles manières d’adapter les espaces publics contemporains en ville. La reconnaissance du projet dépasse aujourd’hui l’échelle locale puisqu’il a été intégré au programme des visites techniques internationales (« Technical Tours ») organisées dans le cadre du congrès mondial de l’IFLA à Nantes en septembre 2025, témoignant de l’intérêt porté à cette réalisation par la communauté internationale du paysage et de l’aménagement urbain.


Informations complémentaires :
accord-cadre d’assistance à maîtrise d’ouvrage et maîtrise d’œuvre mono-attributaire suite à une procédure adaptée

Bureau(x) d’études : Tugec Ingénierie bureau d’étude VRD co-traitant

Accueil Librairie Château des Ducs de Bretagne

4 place Marc Elder, 44000 Nantes

41

Programme

Réaménagement de l’accueil billetterie et de la librairie du musée d’histoire de Nantes

Concepteurs

  • Tact Architectes

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Le Voyage à Nantes

Thèmes

  • Aménagement
  • Architecture

Année de réalisation

2025

Surface(s)

220m² SP

Coûts

Coût bâtiment : 247 000 € HT soit 1122 € HT/m²Pas de VRD ni Espaces verts

Documents

En tant qu’architectes, c’est pour nous un honneur d’avoir travaillé sur un projet dans un site aussi prestigieux que celui du musée d’histoire de Nantes au Château des Ducs de Bretagne. Ce lieu patrimonial majeur, fortement attractif sur le plan touristique, voit sa fréquentation et sa visibilité croître continuellement au fil des années.
Nous avons étroitement partagé avec l’ensemble des acteurs de la maîtrise d’ouvrage les préoccupations et les valeurs qui fondent ce projet de réaménagement : contribuer à l’image d’un musée citoyen et accessible, d’un musée vivant – capable d’accueillir, tout au long de l’année, des propositions artistiques et des événements – et d’un musée engagé dans son époque.

Ce projet de réaménagement dialogue avec les espaces existants majestueux dans lequel il prendre place, tout en répondant aux enjeux de qualité d’accueil, de lisibilité des flux et de confort d’usage pour l’ensemble des publics.

Les intentions projectuelles de ce réaménagement se traduisent par l’introduction de touches chromatiques et matérielles élégantes et chaleureuses qui agissent par contraste délicat avec la spatialité minérale de ces lieux de pierre. La proposition s’appuie sur l’emploi de matériaux nobles et durables – meubles en chêne naturel ou lasuré, textiles épais acoustiques, étagères métalliques lasurées, ponctuations d’éléments en laiton – entrant en résonance avec la pierre et la ferronnerie existantes.

Le parti pris du projet repose sur la déclinaison de trois familles de mobilier, chacune conçue en dialogue avec les éléments patrimoniaux et participant à la définition des zones fonctionnelles :

Des mobiliers d’accueil immédiatement identifiables.

Des mobiliers de pourtour ou de surface, venant effleurer les murs et s’inscrire en écho avec leur épaisseur, leurs redents et leurs aspérités. Leur implantation veille à préserver la lisibilité des éléments patrimoniaux, et notamment des cheminées existantes.

Des mobiliers mobiles, installés au cœur des espaces, reconfigurables en fonction des usages et des appropriations, tout en maintenant une perception pleine et entière des volumes des salles.

Ce projet d’accueil des visiteurs a été pensé afin d’être à la hauteur de la noblesse du site, tout en demeurant convivial et généreux, offrant dès l’entrée un avant-goût de la richesse et de la densité des contenus exposés.


Informations complémentaires :
Mission complète + Opc

Parvis de la médiathèque – Ilot Sanglerie

15 rue des Écoles, 44840 Les Sorinières

44

Programme

L’îlot de la Sanglerie est à proximité immédiate du centre-ville. C’est un lieu de croisement intergénérationnel, entre les aînés et les jeunes générations qui offre des usages mixtes au public : avec la proximité de la maison médicale, l’EPHAD, l’école, les commerces du centre, les logements et qui se renforce aujourd’hui avec la nouvelle médiathèque et son parvis : nouveau lieu de partage et d’échange. La réflexion menée sur le renouvellement urbain de cet îlot s’inscrit dans une volonté plus globale de se réinventer, de remettre en perspective la qualité des services et des espaces publics du centre-ville pour offrir un cadre urbain qualitatif aux habitants et répondre à l’évolution de sa population et de ses besoins. C’est dans ce contexte que l’Atelier du Lieu a accompagné Nantes Métropole Aménagement pour concevoir la requalification des espaces publics : rues, parvis de l’école et de la médiathèque, chemins piétons.

Concepteurs

  • Atelier du Lieu

Commune

  • Les Sorinières

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Commune des Sorinières
  • Nantes Métropole Aménagement

Thèmes

  • Aménagement
  • Urbanisme

Année de réalisation

2024

Surface(s)

5,5 ha

Coûts

333 400€ HT

Documents

La réflexion porte sur le renouvellement urbain de l’îlot Sanglerie jouxtant le centre-ville des Sorinières. Il s’agit de définir le programme de la nouvelle médiathèque et d’étudier la mise en œuvre opérationnelle de l’étude urbaine réalisée sur ce secteur, avec Nantes Métropole, en 2014. Le sujet a été pensé de façon globale pour répondre aux enjeux de développement de la commune. Conforter le pôle intergénérationnel de la Sanglerie participe à remettre à l’échelle le centre-ville des Sorinières. En résulte une attention particulière sur la qualité de la forme urbaine ainsi que sur la multiplication des connexions douces.

Commande Maîtrise d’ouvrage/Maîtrise d’œuvre :
Afin d’écrire le projet culturel puis d’établir un programme pour la nouvelle médiathèque, en parallèle de l’étude de programmation urbaine, l’équipe a travaillé avec les habitants, élus, technicien, BDLA et la DRAC à la préprogrammation. Cette démarche innovante s’est construite en différents ateliers en 2017 :
– Un atelier rêve pour laisser les habitants et les bénévoles imaginer leur médiathèque du futur librement,
– Une matinée de visite d’équipements en illustration et approfondissement des suggestions du premier atelier,
– Un atelier programmation pour échanger sur l’esquisse de programmation proposée par l’Atelier du Lieu,
– Une réunion de travail avec les élus et techniciens,
– Un comité technique,
– Une plénière pour une expérimentation à l’échelle 1 de la pré-programmation .

En 2018, avec Nantes Métropole Aménagement, l’Atelier du Lieu, Zephyr paysage et A3Gi ont retravaillé les études de 2014 dans le cadre d’une mission de MOE des espaces publics, de la rue des écoles et de la Sanglerie au parvis de la médiathèque, en passant par la venelle piétonne à créer, tout en menant la mission d’analyse des ilots à construire.

L’agence d’architecture Tetrarc a été retenue pour réaliser le nouvel équipement avec des logements superposés. Les extérieurs faisant partie intégrante des attentions, il a été décidé de prolonger la démarche de concertation une fois le chantier bien avancé afin de visualiser les lieux :
Encadrées par l’Atelier du Lieu, plusieurs rencontres ont fait évoluer les aménagements :
– Un panel sur la base du volontariat.
– Un « atelier distanciel » réalisé durant la période Covid pour enrichir et coproduire autour du projet en cours et informer les habitants, riverains, utilisateurs et usagers de la médiathèque et de l’école.
– Un « atelier grandeur nature », mené en collaboration avec Tetrarc, où le projet a été tracé selon ses dimensions et emprise réelles. Cette rencontre a permis de multiples discussions entre les usagers et utilisateurs de la bibliothèque, Nantes Métropole et la maîtrise d’œuvre. La « matière » récoltée a pour objectif d’enrichir les scénarios de projet en respectant les orientations des élus qui statueront sur le projet final.
– Des temps d’échanges avec des acteurs spécifiques : école, médiathèque.
Les travaux d’aménagements du parvis ont alors pu avoir lieu en même temps que ceux de l’équipement, en incorporant les retours de ces ateliers.

Ce jour, les réflexions continuent autour de l’ilot C, dont le périmètre foncier a été sécurisé et élargi par la commune, et de la venelle nord encore à aménager. Bien que dessinée, elle est liée à l’ilot B, de logements dont le projet retenu est mené par l’agence JBA.

Usages/fonctionnalités :
Lieu de passage et de rencontre, les extérieurs de la médiathèque ont été pensés comme un espace public pouvant s’adapter à divers usages. Le parvis, ouvert sur la rue des écoles, invite les passants à s’arrêter, traverser et déambuler. Une colline végétalisée, aux contours arrondis, occupe le centre de la placette. Légèrement surélevée, elle est un îlot de fraîcheur qui structure l’espace, permet de s’asseoir tout au long de son pourtour ou encore offre un parcours de motricité libre. En son cœur, une rose des vents ou planétarium, selon les imaginaires, dessine le circuit d’un jeu de billes. Cet espace, nommé « La bulle » a été concerté avec les usagers. Il offre ainsi un terrain de jeu idéal, laissé à l’interprétation, pour les enfants. Le parvis mène au jardin vivrier. Espace à l’ambiance colorée, il permet aux visiteurs de repartir avec des herbes aromatiques ou de cueillir un bouquet. Les cheminements doux, notamment ceux menant au centre-ville, ont fait l’objet d’une requalification. Leur prolongation permet d’améliorer la connexion entre les logements et les différents équipements. En parallèle, les rues adjacentes ont été pensées pour développer les modes alternatifs à la voiture. La chaussée a été rétrécie, au profit de bandes cyclables, de la gestion de la desserte des cars et bus, de trottoirs élargis et de plantations participant à la sécurisation de l’ensemble de la voie.
La venelle nord piétonne offrira quand à elle un maillage doux et végétal, une ambiance de forêt au cœur de cet espace urbain, et des espaces ludiques qui compléteront l’offre du parvis, en lien avec la médiathèque et l’école.

Environnement, ressources :
L’îlot est inclus dans une structure paysagère forte, mais aux masses végétales éparses. La requalification du site a permis de lier les différentes entités pour former une trame verte plus cohérente. L’aspect paysager a été finement travaillé pour faciliter cette lecture du lieu. Ainsi, des masses arbustives ont été plantées en limite de propriété. Jouant un rôle de pare-vue, elles protègent les espaces de vie tout en conservant une certaine porosité, afin de ne pas fermer le site. Les essences végétales intéressantes repérées sur site ont été conservées autant que possible. En parallèle, les joints enherbés des pavés assurent la continuité entre les espaces minéralisés et les espaces végétalisés.

La Sanglerie constitue désormais un pôle mixte de « bien-vivre ensemble », en extension directe du centre-ville. Se voulant être un espace public adapté à des usagers de tout âge, il prend en compte les impacts du changement climatique pour rester confortable en toute saison. La couleur claire du revêtement du sol limite l’absorption de la chaleur en cas de température élevée, et lutte ainsi contre l’effet d’îlot de chaleur urbain. La gestion des eaux pluviales a été pensée à la parcelle, de façon aérienne. Un caniveau recueille les eaux de pluies, qui, grâce à la légère pente du parvis, arrivent dans l’ouvrage de régulation de 150 m² qui sert aussi d’espace de jeu et participe à l’ilot de fraîcheur qu’est le parc de l’EPHAD. L’infiltration dans le sol est complémentée par la colline centrale, semi-perméable de par ses espaces plantés et l’utilisation de pavés adaptés.

Intégration esthétique :
Ce secteur, comme d’autres aux Sorinières, montre une volonté de proposer des architectures contemporaines et urbaines. Leurs formes et implantations en lien avec l’espace public sont remarquables, et témoignent de l’extension du centre-ville urbain : mairie annexe, pôle enfance, EHPAD… Les projets sélectionnés répondent à cet enjeu de prolongement de l’urbanité des Sorinières.

L’aménagement des espaces publics donne aussi à voir l’ambition architecturale et conforte l’urbanité du centre-ville sur et vers l’îlot de la Sanglerie. Il révèle le cœur d’îlot et crée un lien entre les fonctions du site, à la fois parvis végétal et urbain de la médiathèque, à la fois complément de la sortie des écoles, ou enfin, possible sortie du parc de l’EHPAD et prolongement de ce dernier grâce à l’ouvrage de régulation végétalisé.


Informations complémentaires :
Type de marché : procédure ouverte adaptée

Bureau(x) d’études : A3Gi VRD, Zephyr paysage
Photographe : Germain ROZO, Atelier du Lieu

Base nautique de Port Jean

Chemin de Port Jean, 44470 Carquefou

42

Programme

Le projet concerne la base nautique de Port Jean pour la Ville de Carquefou : bâtiment, parc à bateau, quai, rampe de mise à l’eau, remise en état de la boire, prairie événementielle et autres espaces extérieurs. La Vallée de l’Erdre, site classé, est soumise à des exigences fortes en termes de protections environnementales. Il s’agissait de restructurer les activités nautiques de Port Jean, tout en valorisant les bords de l’Erdre. Le programme a donc été travaillé en accord avec l’inspecteur des sites classés et l’Architecte des Bâtiments de France. Une première étude, comportant diagnostic et scénarios, menée en concertation avec les utilisateurs, a permis de préciser le cahier des charges. L’Atelier du Lieu a alors pu remobiliser cette base pour continuer la démarche participative, notamment lors de la phase de conception.
Le bâtiment hébergeant 2 associations a été démoli, repensé et reconstruit pour s’adapter aux usages et améliorer son intégration dans le milieu naturel remarquable dans lequel il s’inscrit.

Concepteurs

  • ATELIER DU LIEU architecte mandataire
  • Ouest'Am (paysagiste VRD)

Commune

  • Carquefou

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Ville de Carquefou

Thèmes

  • Aménagement
  • Architecture

Année de réalisation

2023

Surface(s)

402m² SHAB

Coûts

1 100 000€ HT : 650 000€ HT Bâtiment et 450 000 € HT pour l’aménagement Ratio coût bâtiments HT : 1 140€ / m² habitable

Documents

Commande Maitrise d’ouvrage/Maîtrise d’œuvre :
Le projet s’inscrit dans une réflexion de longue date : En 1995, la ville de Carquefou et la Direction Régionale de l’Environnement (DIREN) dans le cadre de l’opération Grand site national de la vallée de l’Erdre initie un projet de recomposition des paysages de Port Breton et de Port Jean. Réunie autour de l’architecte urbaniste Yves Steff, l’équipe imagine la restructuration des activités nautiques avec notamment un port. Mis à jour 15 ans plus tard par SCE, le programme ambitieux ne peut aboutir dans son intégralité du fait des exigences environnementales.

En 2018, l’agence paysagiste Ouest Am’, mandataire, accompagnée par l’Atelier du lieu reprend le projet pour l’inscrire en cohérence avec les attendus de la commission des sites : Une reconquête des vues sur l’Erdre et son site remarquable, une structuration et une pérennisation des activités sportives et récréatives du site et un renforcement des qualités environnementales et paysagères. Le bâtiment accueillant les associations de voile et de canoë-kayak devait être rénové. Les ateliers de concertation menés par l’Atelier du Lieu, architectes, démontrent un besoin bien plus important qu’initialement programmé : le bâtiment existant est trop exigu pour répondre aux usages recensés. Devant ce constat, conjointement et connaissant les risques de changement d’équipes, MOA et MOE décident d’arrêter le projet en phase AVP. La MOA relance un nouvel appel d’offre de projet de base nautique, neuve. Face à ces nouveaux enjeux, la commune passe d’un montant travaux de 430 00€ HT à 1 100 000€ HT. L’Atelier du Lieu, désormais mandataire, remporte le nouvel appel d’offre en 2019 avec Ouest’Am, Gefi, Arest et ECMS.

Les ateliers de concertation se prolongent durant toute la conception du nouveau projet pour affiner les besoins et délivrer un projet par et pour les usagers et les associations. Les échanges dans l’équipe et avec la commune ont permis de tenir les budgets sans sacrifier l’esthétique globale.

En parallèle, de nombreuses discussions et visites ont lieu avec l’inspecteur des sites ainsi que l’architecte des bâtiments de France pour la reconquête du corridor écologique et des perspectives sur l’Erdre. L’ensemble existant est démoli, des arbustes sont arrachés, le dénivelé adouci, une partie du sol est décrouté de sorte à libérer les vues sur l’Erdre et afin de rapprocher le projet neuf de la boire. L’Erdre se révèle depuis la route d’arrivée, les arbres plantés orientent les perspectives, le bâti s’efface au profit des vues vers l’eau. La commission valide le projet ambitieux et souligne les choix osés de la MOA et MOE qui révèlent le site.

Usages/fonctionnalités :
La modernisation de la base nautique permet de revoir complètement l’agencement des locaux pour répondre aux besoins fonctionnels et de stockage des usagers.

Les temps de présentation des étapes de projet ont eté pensés comme des réunions de travail avec la collectivité qui a su associer les services concernés, dont la direction des Sports et des Loisirs. Les associations de voile et de canoë-kayak ont également fait part de leurs aspirations lors d’ateliers de concertation. Ainsi, la surface couverte par le nouveau bâtiment a été multipliée par 3 pour permettre d’accueillir 60 enfants et leurs accompagnateurs, soit l’équivalent d’un car. La requalification du site devait également permettre de conserver les différentes activités prenant place à Port Jean : les activités nautiques bien sûr, mais aussi des manifestations estivales telles que les Rendez-vous de l’Erdre, les Dîners guinguette ou la tenue d’une restauration par la paillote des pêcheries de Loire.

L’ensemble des surfaces allouées au stockage, dont l’intérieur est visible depuis l’extérieur, donne vers la boire ou l’Erdre. Les locaux vestiaires, techniques, etc. sont accessibles dès l’arrivée du stationnement et donnent sur le cheminement longeant l’équipement et le parc extérieur de bateaux. Enfin, le bureau et l’accueil des associations occupent l’angle nord du bâtiment avec la meilleure vue vers l’eau et le grand paysage.

Intégration Esthétique :
L’architecture a été imaginée de plain-pied, tout en compacité avec deux grandes toitures à double pente au niveau des espaces de stockage et d’atelier, émergeant d’un volume plus bas abritant les espaces servants (bureaux, vestiaires…). L’édifice se niche le long de la boire, au pied des arbres existants qui lui offrent un fond de scène naturel exceptionnel.

Les toitures en pente marquent les vues depuis l’arrivée viaire mais aussi depuis la surface de l’eau lorsque l’on navigue sur l’Erdre. Elles offrent des espaces généreux intérieurs et permettent de dissimuler les éléments techniques sans perdre de surface utile.

Le choix d’un bardage bois favorise également l’intégration du bâti dans son environnement, permettant un dialogue avec les massifs arborés qui l’entourent tout en assumant un langage affirmé d’équipement public au service de la population.
Les pignons orientés à l’ouest permettent de créer des ouvertures apportant lumière et ventilation naturelle depuis l’Erdre. La consommation énergétique du bâtiment est alors limitée.

Les locaux intérieurs, dont les ambiances sont le fruit d’échanges continus avec les futurs occupants et la commune ont été travaillés pour valoriser ces espaces souvent relégués au rang d’espaces techniques. Les mobiliers tous agencés, la signalétique est travaillée, les vestiaires et douches sont colorés et accueillants pour le confort et le plaisir des occupants.

L’audace réside dans l’implantation du bâtiment, différente du bâti existant. Permettant de libérer les vues tout en s’installant le long de la boire et des arbres. L’abattage de certains sujets est ainsi longuement discuté avec la commission des sites pour valider ce parti pris, au service du site.

Environnement, ressources :
La reconstruction de la base nautique s’insère dans un projet plus vaste de paysage sur tout le site de Port Jean. La composition de l’équipe réunissant des architectes, des urbanistes, des environnementalistes et des paysagistes a permis de traiter l’ensemble avec une cohérence globale et un dialogue constant entre les différentes dimensions du projet. Afin de redonner au lieu son caractère naturel, différentes ambiances ont été déployées. Ainsi, en entrée de site, c’est le bocage qui est conforté. Un nouveau parking y est aménagé avec des places semi-perméables. Un paysage de prairie ouverte sur l’Erdre est réalisé par la renaturalisation de l’ancien parking. En bordure de noue, l’esplanade est gérée en prairie haute. La végétation de berge est confortée et adoucie. Une ambiance humide est affirmée le long de la boire et des noues de gestion des eaux pluviales ceinturent le site. En parallèle, la boire a été restaurée, avec une forte dépollution, créant une douve de mise à l’eau pour les kayaks. Le projet a permis d’ouvrir des vues sur l’Erdre et de renaturaliser les berges, tout en confortant les cheminements piétons.

La base nautique de Carquefou a donc été pensée comme un site aux usages mixtes, pleinement intégrée à son environnement, le long des promenades de l’Erdre, donnant l’impression qu’elle a toujours été là.


Informations complémentaires :
Subventions :
– DREAL : 30 000€
– DSIL : 100 000€

Bureau(x) d’études : GEFI (Fluides), Arest (Structure), ECMS (Economiste)
Photographe : Patrick MIARA

Halte Vélo

La pierre Percée, 44450 Nantes

51

Programme

Halte à vélo, capitainerie et belvédère sur Loire

Concepteurs

  • Tact Architectes

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Communauté de Commune Sèvre et Loire

Thèmes

  • Aménagement
  • Architecture

Année de réalisation

2024

Surface(s)

160 m² SP

Coûts

Coût bâtiment : 325 000 € HT compris Aménagement extérieur, soit un ratio de 2031 €m² HT

Documents

Le projet consiste à remplacer un cabanon existant par une halte à vélos multifonctionnelle à Divatte-sur-Loire, intégrant un belvédère, des sanitaires et une capitainerie. Pensé comme une halte importante sur l’itinéraire « La Loire à Vélo », cet aménagement vise à accueillir divers publics (habitants, promeneurs, touristes) tout en valorisant le site de la Pierre Percée et son territoire.
Dans ce contexte paysager remarquable, le projet s’emploie à déclencher un nouvel imaginaire à partir de l’histoire des lieux. La démarche consiste à s’appuyer sur des références formelles et des savoir-faire locaux, en transformant l’existant avec délicatesse afin d’ouvrir la voie à de nouveaux récits. Cette approche puise notamment :
-dans le registre des formes des serres maraîchères, l’effet cinétique de leurs structures légères en acier, leurs lignes courbes, la continuité des couvertures et les jeux de transparence
-dans le registre des formes ligériennes, telles que les nasses en vannerie, la toue de Loire ou encore les pontons.

Le site, par son positionnement exceptionnel, en balcon sur le fleuve nous a engagé à développer un projet fonctionnel, intégrant les aménités nécessaires à l’accueil des cyclistes et des promeneurs. Pour cela, nous avons veillez à faire de ce lieu un signal, par une architecture remarquable mais néanmoins respectueuse du contexte et inscrite dans le paysage ligérien.
L’organisation des fonctions et des espaces s’appuie sur les différents niveaux d’accès (la levée en partie haute et le chemin en contrebas- afin de permettre une simultanéité des usages tout en valorisant les qualités intrinsèques du lieu : la matérialité du sol, des murs et la végétation des bords de Loire au niveau des quais ; la relation visuelle à la rive d’en face et à l’horizon depuis la digue ; la vision panoramique et le ciel ligérien depuis un belvédère accessible.


Informations complémentaires :
Mission complète + Opc

Photographe : Jamet-Guedj

Aménagement de la place de l’eglise de Mauves sur Loire

Place de l'église, 44470 Mauves sur Loire

50

Programme

La commune de Mauves sur Loire finalise la refonte complète des espaces publics de son centre-ville en aménageant sa place de l'église. L'objetif est ici de réinventer un espace en capacité d'être activé, rendu aux pietons et en phase avec les nouvelles attentes des habitants de Mauves.

Concepteurs

  • Chemins de traverse paysagiste concepteur et concertation

Commune

  • Mauves sur Loire

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • commune de Mauves sur Loire
  • Nantes Métropole

Thèmes

  • Aménagement

Année de réalisation

2025

Surface(s)

4200 m2

Coûts

Montant travaux (tous lots ) : 903 000 € HT Montant du lot 1 (Voirie et assainissement): 730 000 € HT Montant du lot 2 (Réseaux souples) : 103 000 € HT Montant du lot 03 (paysage) : 70 000 € HT Ratio au m2 : 215 € / M2

Documents

Commande MOUV/MOE
Démarche
L’aménagement de la place de l’église de Mauves sur Loire est le dernier acte de l’aménagement du centre bourg de cette commune intégrée à la Communauté Urbaine de Nantes Métropole.
Le compagnonnage avec la Commune et les services de Nantes Métropole aura duré plus de 15 ans, puisque Emmanuel Rolland au sein de sa précédente agence Céramide aura successivement conçu et réalisé l’aménagement des espaces publics de la ville basse (rues de la Gare, de la Loire- 2010 -2012), puis des phases 1 et 2 du centre-ville, partie haute (Rues du Cellier, du Carteron, de la Mairie, parvis des écoles publiques et privées – 2016-2019).
A noter que nous avons travaillé avec trois équipes municipales différentes au cours de ces trois mandats. Ce point a son importance, car c’est bien le renouvellement des élus qui fût à l’origine des choix réalisés pour cette dernière phase de projet.

Le projet de requalification des abords de l’église ambitionne de requalifier la partie Nord de l’édifice religieux, mais également de revenir sur l’aménagement au Sud et qui fût livré en 2007. Le projet s’articule autour de quatre axes structurants
– Rationnaliser l’offre de stationnement afin de libérer l’espace public et ce en lien avec le nouveau schéma de déplacement à l’échelle du village.
– Récréer un espace généreux et accueillant au Sud de l’église, lieux d’activation du centre-ville entre place d’église et anciens jardins du presbytère.
– Requalifier l’espace public et valoriser le patrimoine architectural du bourg.
– Recomposer la trame végétale de la place en lien avec le bâtit existant, les arbres déjà là, les futurs usages

Nous conduisons ce projet en le fondant sur les 5 piliers suivants * :
– L’humain et les piétons d’abord : l’ensemble des abords de l’église s’inscrit dans une zone 30. De larges trottoirs sont créés le long des rues et un vaste ensemble piétonnier au sud de l’église se déploie au travers des quatre terrasses en balcon sur la Loire (incluant le jardin du presbytère).

– Des espaces pour toutes et tous : mise aux normes PMR de l’ensemble de l’aménagement, mise en accessibilité des commerces et de l’église ; désencombrement du lieu ainsi requalifiés afin de fabriquer un espace public agréable pour tous les genres et tous les âges.

– Des espaces en réseaux et en relations : les espaces au sud de l’église sont totalement transformés afin de créer une nouvelle place de village en capacité d’accueillir le marché hebdomadaire augmenté et diverses manifestations. Cette intervention permet la mise en lien entre les commerces en rez-de-chaussée rue de la Côte Saint-Denis, le bar-restaurant, les échoppes de la place au Nord et la rue de la Mairie. Ainsi, le parcours marchand du centre-ville de Mauves est-il rendu plus cohérent et plus attractif. La petite maison blanche à l’angle de la rue de la Mairie et de la rue du Prieuré est conservée (sa démolition fût un temps évoquée ! ). Elle accueille désormais deux nouveaux commerces ainsi que du logement à l’étage. Vers la Loire, le projet affirme le lien entre place de l’église et les terrasses du jardin du presbytère. Un niveau en sablé à vocation ludique est réservé et annonce l’activation future des jardins.

– L’accueil du vivant : six grands tilleuls taillés en tête de chat de manière sévère tous les 5 ans viennent se plaquer le long du flanc Nord de la nef et devant le porche de l’église. Seront conservés deux sujets en capacité de voir leur houpier conduis désormais en port libre. Le parvis de l’église est ainsi dégagé et des poiriers communs sont plantés mais cette fois à bonne distance de l’édifice. La nouvelle esplanade au Sud accueille un arbre à grand développement. Également les terrasses sont plantées d’arbres annonçant les jardins plus au Sud : chêne liège, robinier, chêne verte vont ainsi pouvoir ombrager le lieu. Un travail sur l’ouverture des sols permet de créer des massifs d’espaces verts généreux et de planter les pieds de façades de la place.

– Sobriété, simplicité et gestion : le projet emploie des matériaux simples à maintenir et durables. L’essentiel des matériaux de structure sont d’origine recyclée. L’accent a été mis sur la facilité d’entretien et notamment les nouveaux espaces verts créés.
‘ * référence au guide de conception « la Boussole » édité par Nantes Métropole en 2005.

Dialogue
Le projet de nouvelle place a fait l’objet d’un dispositif de concertation basé sur deux ateliers participatifs. S’agissant d’une nouvelle équipe d’élus et dans la cadre du démarrage de leur mandat, un format spécifique de séance de brainstorming à base de jeux de rôles a permis de projeter les nouveaux usages pour la place. Le projet a été présenté en réunion publique.

Environnement et ressources
Le choix de la pierre naturelle pour ce projet nous permet de nous inscrire dans un registre patrimonial. Des espaces en sablé sont privilégiés lorsque cela est possible : terrasse ludique, poche de stationnement derrière l’église (accès VL à la maison des associations).
Les nouveaux espaces verts contribuent à la désimperméabilisassions du site à hauteur de 520 m2 (hors pelouses derrière l’église déjà existantes) ce qui apparait relativement important compte tenu d’un projet d’hypercentre ville aussi contraint.
Le bilan arbres et canopée recréés à terme est largement positif : 24 arbres et grands arbustes ont été plantés (20 sujets supplémentaires pour le bilan net). Les surfaces de canopée sont significativement augmentées et stabilisées avec la nouvelle gestion des houpiers des tilleuls conservés sur la place : la place passe de de 330 m2 de canopée les meilleures années (réduction de 70% lors des tailles) à 650 m2 à terme.

Intégration et esthétique
Le village de Mauves sur Loire s’inscrit dans la géographie si particulière de la Vallée de la Loire. La partie haute du village s’implante « en balcon » sur les berges escarpées de la rive droite du fleuve et donne à voir la plaine alluviale, entre milieux naturels sauvages et tenues maraichères.
La place de l’église s’est organisée sous forme d’un fer à cheval qui faisait face à un ensemble construit formé par l’église et le presbytère. Ce dernier fût en partie démoli dans les années 2000, permettant ainsi d’ouvrir la place au Sud sur un jardin en terrasses et de ménager des échappées visuelles exceptionnelles sur la vallée de la Loire.
Le bâti de la place est ancien et convoque à la fois le granite pour les sous-bassement mais également le calcaire pour les façades. Le lieu est solaire.
Lors des phases précédentes de la requalification du centre-ville, nous avions mis au point une charte d’aménagement. Cette charte proposait les choix d’écriture architecturale pour les différents espaces publics à l’échelle du centre bourg.
L’aménagement de la place de l’église s’est pleinement inscrit dans cette charte : mise en œuvre de matériaux naturels et simples d’entretien : pavés 14X20 (ou 10X10 pour les voiries les plus circulées) en granit blond, serrurerie en acier corten, emmarchements également en granite blond, mobilier en métal comme pour le reste du centre-ville.
L’écriture se veut ici sobre et valorise le bâtit. Elle permet également d’envisager plus sereinement le travail d’agencement des différents niveaux de la place qui peut apparaître complexe.
Le travail de composition menée en ce qui concerne la trame végétale permet de mettre en cohérence trame végétale et redimensionnement de l’espace. Les tilleuls non conservés permettent de désengoncer l’édifice religieux et de redécouvrir et s’approprier l’architecture de l’église et son parvis.
Chacune des terrasses est plantée et ce dans le respect des vues lointaines sur la vallée de la Loire. Les nouveaux arbres de la place ont vocation à créer des ilots de fraicheur notamment pour la partie de la place exposée au Sud.
La trame végétale met aussi l’accent sur l’expérientiel à échelle du piéton en proposant des massifs horticoles soignés qui annoncent le jardin du presbytère.

Usages / fonctionnalités
L’objectif premier du projet était de retrouver une place de centre-ville en capacité d’être réactivée. Une fois rationalisée la place de la voiture, le projet a tendu à redonner de l’espace appropriable au Sud de l’église notamment.
De la même manière, les trottoirs de la place ont été considérablement agrandie offrant désormais un vrai confort pour le piéton, mais également une commercialité renforcée.
Un embryon de marché hebdomadaire à Mauves sur Loire existait avant l’aménagement, il donne sa pleine puissance désormais. La terrasse du bar-restaurant de la rue de la Côte Saint Denis s’est également transformé en s’ouvrant d’avantage sur l’espace public et en trouvant sa continuité naturelle avec les tables hautes disposées sur la place.
La nouvelle esplanade permet dorénavant la programmation de manifestations en hypercentre-ville.
Le projet met à disposition assises et borne fontaine pour les nombreux cyclistes usagers de la Loire à vélo et qui choisissent de faire halte à Mauves, le temps d’un café et d’une viennoiserie.
L’activation des jardins du presbytère reste à venir.


Informations complémentaires :
Marché Nantes Métropole, Procédure adapté

Bureau(x) d’études : BET Céramide (Mandataire)
Photographe : François Dantart

Aménagement du parc de la Rive d’Estuaire

Avenue St Hubert, 44600 Saint-Nazaire

50

Programme

La Ville de Saint-Nazaire souhaite révéler la présence et la puissance de la Loire, poursuivre le réaménagement de la promenade du front de mer jusqu’au Petit Maroc, aménager un nouvel espace public majeur et fédérateur, avec de nouveaux usages récréatifs et conviviaux, sur la rive de l’estuaire de la Loire. Le Grand Port Maritime dispose d’un foncier stratégique sur l’avant-port de Saint-Nazaire, situé sur le Petit Maroc. Son ambition est de valoriser le patrimoine bâti et paysager de ce site au potentiel exceptionnel, de le rendre plus attractif pour les habitants, usagers et visiteurs et d’ouvrir de nouvelles perspectives vers la Loire, dans le prolongement du front de mer. La Ville de Saint-Nazaire et le Grand Port Maritime de Nantes Saint-Nazaire se sont associés pour imaginer et concevoir ensemble ce vaste projet de requalification des espaces publics du Petit Maroc. Ils ont décidé de missionner une équipe de concepteurs afin de réaliser un plan-guide commun puis de disposer d’un maître d’œuvre unique pour l’étude et la réalisation des différents espaces publics du Petit Maroc, dont le parc cœur d’Estuaire, imaginé comme aboutissement du Front de Mer côté Loire, à l’instar de la plage de Villès-Martin côté Sud.

Concepteurs

  • PHYTOLAB- paysagistes (mandataire)
  • Studio Vicarini (concepteur lumière)

Commune

  • Saint-Nazaire

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Ville de Saint-Nazaire et Grand Port Maritime de Nantes Saint-Nazaire

Thèmes

  • Aménagement

Année de réalisation

2025

Surface(s)

1.8 ha

Coûts

• Lot 1 : terrassement, assainissement, revêtements et réseau dragage CHARIER – 1 184 704€HT • Lot 2 : réseau et mobilier éclairage BOUYGUES – 338 638€HT • Lot 3 : aménagements paysagers et mobiliers EFFIVERT – 544 202€HT

Documents

1. Commande Moa / Moe

En 2023, la ville de Saint-Nazaire et le Grand Port Maritime de Nantes Saint-Nazaire souhaitent mettre en valeur leur territoire commun de l’île du Petit Maroc. Grande surface libre avec des atouts indéniables, le Petit Maroc apparaît (à l’exception du Rocher) comme délaissé et renvoie, au quotidien, une image de site à l’abandon : espaces publics intégralement revêtus en enrobés, usages indéfinis, vastitude des lieux, déconnection à la fois du centre-ville, de l’océan, de la Loire et du port, etc.
Notre équipe de maîtrise d’œuvre multidisciplinaire est retenue dans le cadre d’un appel d’offre pour un accord-cadre. Ainsi, en plus de Phytolab mandataire du groupement, l’équipe se compose d’Artelia (bureau d’études techniques), du Studio Vicarini (concepteur lumière), d’Interland (Architectes urbanistes), de l’Atelier Mima (Architectes) et de BOC (programmiste).
Partenaires de longue date, les membres de l’équipe ont l’habitude de travailler ensemble, et par ailleurs, le territoire nazairien est pour certains d’entre eux un lieu plusieurs fois traversé, éprouvé. Ainsi, Phytolab a déjà travaillé à plusieurs reprises pour la ville de Saint-Nazaire. Et cette connaissance du terrain facilite les échanges avec les interlocuteurs techniques ou les élus, rencontrés à de nombreuses reprises au travers de comités techniques, de comités de pilotage, de réunions sur site qui ont permis de collecter toutes informations pour produire une carte à l’image du site.

2. Intégration / esthétique

Contexte
Pour le visiteur pressé, le Petit Maroc ne présente a priori que peu d’intérêt, si ce n’est le stationnement sur les grandes surfaces d’enrobé.
Pourtant le « Rocher » est le point de départ de toute l’histoire de Saint-Nazaire. Il est une ancienne presqu’île où s’édifièrent les premières habitations. Il est le premier port de la ville, abrité par le Môle terminé en 1835. Il est modelé au fil des siècles, remblayé au Nord et à l’Est, séparé du continent en 1907 lors de la création de l’écluse Sud. Et il est détruit, comme le reste de la ville, durant la Seconde Guerre Mondiale. C’est un lieu de profondes mutations, plus connu aujourd’hui sous le nom de Petit Maroc.
Le Petit Maroc est une destination pour le travail certes, un port industriel, mais également un lieu de promenade comme le montrent les anciennes cartes postales avec le jardin de l’entrepôt ou encore la grande estacade. Mais ce qui fait de lui un site vraiment unique est que cette tradition a perduré et qu’aujourd’hui encore il reste un lieu d’événements et un fabuleux belvédère : mise à l’eau de Paquebot comme le France, ou plus récemment le plus grand voilier du monde l’Orient Express Corinthian, ou encore le Festival des Escales.
Et il change encore. Il absorbe les époques grâce à sa grande plasticité. C’est un lieu d’histoire à la géographie unique qu’il s’agit de replacer au cœur de la vi(ll)e.
Le parc de la rive d’estuaire est également un lieu de mémoire et de commémoration. Le site présente un belvédère sur l’œuvre de l’artiste réunionnais et malgache Jean-Claude Mayo et qui commémore l’abolition de l’esclavage (installée depuis 1989). Par ailleurs, le site du Petit Maroc a été aux premières loges de l’opération Chariot (27 mars 1942), opération britannique qui visait à rendre inutilisable certains équipements dont la forme Jobert. Tous les ans, des cérémonies s’y déroulent et différents totems disposés dans le parc retracent les événements. Enfin, dernier point, l’écomusée ainsi que l’Espadon, sous-marin que l’on peut visiter, complètent ce tableau patrimonial.
Intentions du projet
Dans le cadre de la mission de maîtrise d’œuvre, après avoir édité un plan guide sur l’ensemble du Petit Maroc, un des secteurs a pu être identifié, celui de la façade Est le long de la rive d’estuaire. Le projet porte en lui le premier geste de préfiguration et s’inscrit dans le réseau d’espaces publics de la ville de Saint-Nazaire. Il est pensé comme l’aboutissement du Front de Mer côté Loire, à l’instar de la plage de Villès-Martin côté Sud. La transformation de cette partie du plateau du Petit Maroc a immédiatement été imaginée en parc par la ville de Saint-Nazaire permettant ainsi de révéler la dimension de loisirs qui parcourt ce site depuis le XIXème siècle.
Hier l’emprise du site était consommée par un parking dont l’usage initial s’était drastiquement réduit suite à l’arrivée du pont de Saint-Nazaire. Les revêtements étaient aux mieux désuets, aux pires impraticables car soulevés par les racines des pins (une largeur considérable de l’avenue de Saint-Hubert ainsi que de nombreuses places de stationnement étaient neutralisées). Le large dalot du réseau de dragage du Grand Port ne permettait pas une promenade adaptée à tous les publics le long de la rive car les grandes dalles béton qui le recouvraient, étaient cassées et plus ou moins soulevées les unes par rapport aux autres.
Mais le potentiel était considérable et la vue extraordinaire.
Le patrimoine arboré donnait une ossature à ce grand terrain vague et, dans sa partie Nord, un air de bout du monde très agréable. Le site accueille une grande Halle possédant une belle charpente et un terrain de basket. Les deux équipements sont d’ailleurs maintenus dans le cadre des réaménagements.
Aux abords du vieux Môle, de belles pierres de bord à quai apportent une qualité inestimable en même temps qu’une rudesse propre à ces lieux.
Le parc a pour ambition d’offrir un nouveau lieu pour les Nazairiens mais également de d’être en mesure d’accueillir les grands événements comme le Festival des Escales, de permettre l’exploitation du Grand Port.
Composition du parc
La composition du parc de la Rive d’estuaire est le jeu de lignes simples, tendues. Les matériaux font parfois écho à la promenade du front de mer, et parfois sont ancrées dans le site du Petit Maroc. C’est un lieu de métissage entre la ville et le port.
La promenade en béton lisse, et dédiée aux piétons, se développe depuis le vieux Môle jusqu’à l’écomusée et permet de profiter de la vue sur mer et des marqueurs du paysage de l’estuaire avec le pont de Saint-Nazaire, le port industriel, la côte brévinoise et bien sûr le Môle et son phare iconique. Quelques équipements ponctuent la promenade côté parc, tout en s’attachant à rester dans une grande sobriété : grandes tables de pique-nique, bancs filants et bornes d’éclairage.
Le parc est traité en modelés légers à modérés afin de démultiplier les points de vue et les jeux de cache-cache avec le grand paysage (et les parents) mais il y a aussi un grand terrain plat qui permet les jeux de balles. Un cheminement en dallage d’enrobé au travers du « vallon » offre une alternative à la promenade du bord de mer en se faufilant entre les dépressions et les buttes.
La plus grande butte (+3.80m par rapport au niveau fini) accueille un gradinage béton et devient un théâtre de verdure orienté vers le pont de Saint-Nazaire. Support d’animations du site, il permet l’organisation de spectacles pour les associations mais également pour le festival des Escales, ou encore de belvédère pour les mises à l’eau des bateaux des Chantiers de l’Atlantique.
Une allée centrale dont l’emprise s’appuie pour partie sur l’ancienne avenue de Saint-Hubert, est dédiée aux modes doux et les caniveaux en pavés granite d’hier retrouvent naturellement leur place dans le projet.

3. Usages / fonctionnalités

Accessibilité pour tous
Le parc Rive d’Estuaire, dédié aux modes doux et en particulier aux promeneurs, est naturellement limité en accès véhicule.
L’avenue St-Hubert est travaillée en impasse côté Nord tout en maintenant un accès aux stationnements existants de l’Ecomusée et en permettant le demi-tour pour les cars déposant les touristes pour les départs de croisières sur l’estuaire. Dans sa séquence au droit du parc, elle est dédiée aux modes doux et en particulier aux cycles. De nombreux supports sont ainsi disposés de part et d’autre de l’allée centrale. Cependant, l’accès à l’allée centrale est toujours possible pour les véhicules techniques autorisés. Par ailleurs, le projet a dû tenir compte des accès nécessaires pour les travaux de dragage du bassin de Saint-Nazaire par le Grand Port (le réseau a été entièrement repris au droit du parc), l’accès à la cale du vieux Môle (accès SNSM notamment), et l’accès car pour les départs croisières. Et enfin, un stationnement pour les véhicules légers a été ménagé au Nord du site (76 places environs + 6PMR).
Afin de permettre au plus grand nombre de profiter du nouveau parc, de nombreux bancs dont des bancs séniors sont répartis dans le site. Il a été fait le choix de mise en œuvre de revêtements roulants pour la promenade principale le long de l’estuaire (en béton dans la continuité des aménagements du front de mer) avec un bord à quai avec saignées pour une permettre une détection à la canne. Des grandes tables offrent des emplacements pour les fauteuils roulants. A noter que le site accueillera prochainement des sanitaires.

Equilibre entre espaces libres et équipements
Le parc doit permettre d’accueillir de grands événements et d’offrir des équipements tout au long de l’année. Ainsi, on y trouve des tables de pique-nique XXL, un théâtre de verdure pour Les Escales et événements portés par des associations ou la ville (borne foraine à disposition), un terrain de basket (existant avant le projet et accueillant des compétitions), trois terrains de pétanque, un terrain d’aventure, une grande emprise pour jeux de ballons (en complémentarité par rapport aux usages des écoles qui utilisent le plateau du Petit Maroc pour les séances d’EPS).
Des habitants et des usagers consultés
Des ateliers ont été réalisés durant les études afin de construire un projet partagé. Les habitants ont pu partager leur quotidien et soumettre des idées pour le futur parc. De plus, différents interlocuteurs du Grand Port ont été rencontrés pour des aspects techniques et programmatiques, de la capitainerie au pôle immobilier, du service responsable du dragage aux lamaneurs. Enfin, pour poursuivre cette démarche, le centre de formation SNSM ainsi que l’écomusée ont été consultés sur leurs fonctionnement et leur besoin.

Choix des revêtements, mobiliers et palette végétale
Lors des comités techniques, qui ont eu lieu à chacune des phases du projet, les détails ont été affinés afin de permettre une prise en main du site par les services techniques après le chantier la plus optimum possible. Du choix de l’essence du bois, à la palette végétale adaptée aux conditions de bord de mer et la gestion à terme des espaces verts, aux des ouvrages pour le nouveau raccordement du réseau de dragage. Les mobiliers standards ont été définis selon la charte de la ville (bancs, corbeilles, bornes foraines, supports vélos, potelets…) afin de simplifier l’entretien et les remplacements. Par ailleurs, la présence de l’équipe technique du Festival des Escales durant les études et surtout durant la phase chantier ont permis de réaliser des adaptations « en direct » pour encore plus d’efficience lors des événements qui seront organisés dans le parc.

4. Environnement / ressources
Réemploi
Un des objectifs du projet est la réutilisation des matériaux en place, soit parce que leur état est très satisfaisant – c’est le cas de l’enrobé sous la halle qui a été réalisé récemment – soit en les récupérant – c’est le cas des surfaces de parking qui ont été décroutées pour être réutiliser en dallage du cheminement du vallon. Les pavés des caniveaux ont également être récupérés pour venir cadrer l’allée centrale. Les bordures en granite ont été utilisées posées en dallage sous certains bancs et tables de pique-nique. Le reste a été mis à disposition pour un autre chantier sur le Petit Maroc. Les modelés du cœur du parc sont réalisés à partir des déblais pollués du site, ce qui a permis de réduire considérablement les exports vers les filières de tri. Et enfin, la terre végétale qui a été mise en place après amendement est issue de curage de fossé du territoire nazairien. Elle a été amendée avec du compost issue d’un centre situé à Pont-Château. Dernier point, des troncs tombés lors des tempêtes ont été scénographiés dans le parc et deviennent tantôt un parcours d’aventures, tantôt un banc sorti de contes fantastiques.

Santé
Offrir un nouveau parc aux Nazairiens participe à mailler le territoire de lieux plantés, d’esplanades vertes et apporte de nombreux bienfaits sur la santé mentale et physique des plus jeunes aux plus anciens. Ainsi, dès cet été, il sera désormais possible d’avaler les 4km entre la plage Villès-Martin et le parc de la Rive d’Estuaire dans un espace dédié, plantés de nombreux arbres et ponctués de plusieurs parcs, en vélo, en courant ou en marchant. On y retrouve également des lieux de convivialité avec les terrains de pétanques, le terrain de baskets ou encore les grandes tablées.

Gestion de l’eau
Le bilan de surfaces désimperméabilisées entre un parking et un parc est évidemment positif, ainsi on passe de 12% de surfaces perméables à 60%.
Mais c’est à grande échelle que ce projet prend tout son sens : les usages, qu’ils soient en lien avec l’exploitation du Grand Port ou celui des Escales demandent des surfaces minérales, du « tout carrossable », et l’émergence d’un parc dans ce type d’environnement fait exception. Il est le fruit d’échanges constructifs entre l’ensemble des interlocuteurs.


Informations complémentaires :
Marché subséquent relatif à l'accord-cadre de maîtrise d’œuvre urbaine pour l'aménagement du secteur du Petit Maroc
Projet financé par :
– département de Loire-Atlantique : 413 568 € HT
– fond vert :163 468 € HT
– contrat Pays de la Loire 2026 : 788 705 € HT
– fond de concours Saint-Nazaire agglomération – La Carene : 500 000 € HT

Bureau(x) d’études : Artelia bureau d'études techniques, Studio Vicarini concepteur lumière, Interland architectes urbanistes, Atelier Mima architectes, BOC programmiste