Aménagement du Jardin Extraordinaire, deuxième phase

1 Rue Joseph Cholet, 44100 Nantes

50

Programme

Le projet d’extension du Jardin extraordinaire s’inscrit dans la continuité de la première phase d'aménagement livre en 2019. Le projet a pour ambition la consolidation du projet déjà engagé, tout en ouvrant de nouveaux usages et de nouvelles expériences de parcours : espaces marais, espaces vergers tropical, bassin de baignade de faible profondeur en gestion biofiltre,... L’ensemble s’ancre dans le projet urbain d'ensemble du Bas Chantenay, dont les orientations structurent les choix d’aménagement. La cale Misery y joue un rôle central, comme point de convergence des parcours du coteau, de la plaine et du fleuve.

Concepteurs

  • Carta Reichen et Robert associés urbaniste
  • Phytolab paysagiste concepteur mandataire

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Nantes Métropole Aménagement

Thèmes

  • Aménagement

Année de réalisation

2025

Surface(s)

1.7 ha

Coûts

6 330 000 € HT

Documents

Le projet d’extension du Jardin extraordinaire s’inscrit dans la continuité de la première phase d’aménagement livre en 2019. Le projet a pour ambition la consolidation du projet déjà engagé, tout en ouvrant de nouveaux usages et de nouvelles expériences de parcours : espaces marais, espaces vergers tropical, bassin de baignade de faible profondeur en gestion biofiltre,…
L’ensemble s’ancre dans le projet urbain d’ensemble du Bas Chantenay, dont les orientations structurent les choix d’aménagement. La cale Misery y joue un rôle central, comme point de convergence des parcours du coteau, de la plaine et du fleuve.

Le projet repose sur une lecture fine des dynamiques écologiques existantes et sur leur amplification. La végétation en place est considérée comme une ressource structurante, conservée et intégrée dans le dessin global. Les sols sont désimperméabilisés afin de favoriser l’infiltration naturelle des eaux.

L’eau devient un élément central du fonctionnement écologique du site, circulant en circuits fermés, maîtrisés et renouvelés.
Les milieux sont diversifiés afin de multiplier les habitats et renforcer la biodiversité locale. Zones humides, espaces rocailleux et formations boisées composent un système écologique complexe et continu.
L’équipement spécifique de baignade naturelle de faible profondeur dispose d’un dispoditif de phytoépuration permettent de traiter l’eau sans recours au chlore, en s’appuyant sur les capacités des végétaux.Le jardin étendu propose une diversité d’usages qui transforme le site en véritable espace d’exploration urbaine.

L’ensemble du projet s’inspire de l’univers de Jules Verne pour nourrir l’imaginaire des parcours. Le jardin devient ainsi un espace narratif où chaque séquence propose une forme de découverte. Les usages combinent loisirs, contemplation, exploration et pratiques sportives douces. Cette diversité permet une appropriation large et évolutive du site par les usagers. Le jardin s’affirme comme un lieu vivant, ouvert et en constante activation.

La baignade naturelle constitue un nouveau cœur vivant du projet, accessible et ouvert à tous les publics. Sa faible profondeur et son traitement écologique en font un lieu de détente autant que de rafraîchissement.
Autour de cette pièce d’eau, les usages se déploient dans une ambiance végétale et paysagère continue, offrant des expériences sensibles et évolutives.
. La via ferrata introduit une dimension sportive et immersive, en lien avec le relief de la carrière, et en compléments des voies d’escalades existantes sur le site.
. La laurisylve propose une immersion sensorielle au cœur d’un espace boisé propice à l’exploration.
. Le verger tropical et les jardins thématiques enrichissent les ambiances et les temporalités du site.
. Le marais constitue un espace de transition vivant, franchissable et animé par le mouvement de l’eau.
. Les dispositifs aquatiques, brumes et écoulements renforcent la dimension expérientielle du lieu.

Le projet s’inscrit dans une logique d’intégration fine au paysage du Bas Chantenay.
Il prolonge les continuités géographiques entre coteau, plaine et fleuve en les traduisant en formes paysagères. Le dessin général repose sur une organisation souple, inspirée des dynamiques naturelles du site.
Les transitions entre les différents milieux sont traitées comme des gradients plutôt que des ruptures.
La mémoire géologique de la carrière reste perceptible dans la composition du paysage.
L’eau, la roche et la végétation structurent ensemble une esthétique cohérente et évolutive.
Les ambiances varient entre milieux luxuriants, zones humides et espaces plus ouverts.
Le projet joue sur les contrastes tout en maintenant une continuité d’ensemble.
Les dispositifs architecturaux restent discrets et intégrés au vocabulaire paysager.
Les références à l’imaginaire vernien introduisent une dimension narrative dans la lecture du site.
Les effets de brume et de lumière participent à une scénographie sensible du jardin.
Le paysage devient un espace d’expériences visuelles et sensorielles en mouvement permanent.


Informations complémentaires :
Marché subséquent relatif à l'accord cadre de maîtrise d’œuvre urbain pour l'aménagement du Bas-Chantenay

Bureau(x) d’études : SCE BET VRD, Jacques Chevalier fontainerie
Photographe : Phytolab

Le Domaine des Trois toits : les frontières fertiles de la ville

51 rue du champ de pie, 44120 Vertou

49

Programme

Cécile et Vincent sont vignerons dans le Muscadet. Sur leur domaine, Les Trois Toits, ils sont engagés dans l’agriculture biologique et l’agroforesterie.

Dès leur installation, ils portent l’ambition de produire un vin de qualité issu d’une vigne saine aux portes est de la métropole nantaise. Leur parcelle se situe à la lisière de la ville de Vertou (44), en contact avec la route de Clisson, le hameau Ville au Blanc et la zone commerciale Pôle Sud Basse-Goulaine.

En 2023, ils acquièrent 12 hectares de vignes en déprise dans un contexte de forte pression urbaine. Tout est alors à imaginer : organisation des rangs de vigne, haies, chemins, adaptation au dérèglement climatique, implantation du chai et intégration dans l’environnement périurbain.

Avec une certaine audace, ils choisissent de se faire accompagner par La Plume et le Sécateur, des paysagistes nantais qui vont mettre leur expertise au service de l’agriculture de demain. À travers cet attelage atypique, les problématiques sont abordées dans leur transversalité, avec l’articulation des échelles comme fil conducteur. Le projet ne cherche pas le beau, mais le juste rapport aux choses.

La viticulture fait face à des mutations profondes : déprise agricole, vieillissement des vignerons, remise en question des pratiques culturales ou intensité des aléas climatiques. Pour y faire face, plusieurs questions se posent. Comment inscrire la vigne dans des milieux naturels plutôt que dans une logique de monoculture ? De quelle manière organiser l’espace agricole au regard des nouvelles pratiques vigneronnes ? Le génie des lieux (Genius Loci) peut-il servir pour la réintroduction des haies ?

En miroir des réflexions menées par les vignerons, des attentes émergent aussi du côté des citoyens et des habitants riverains des espaces agricoles : environnement, santé, qualité du cadre de vie, biodiversité, parcours de promenade et tourisme dessinent les contours d’un idéal de campagne habitée. Du cep de vigne à l’échelle territoriale, le projet articule l’emboîtement des échelles : il vise à concilier les enjeux agricoles et paysagers afin d’organiser la cohésion du territoire.

La collaboration du vigneron et du paysagiste donne naissance à un projet viticole innovant et vivifiant mêlant travail de la vigne, sols vivants, dynamique de l’arbre, bosquets, haies et plus largement celle des écosystèmes. Par cette approche, le projet recompose les paysages façonnés par l’agriculture. Une orientation réussie à l’échelle du domaine Les Trois Toits, puis reprise par la profession, pourrait ouvrir la voie à une nouvelle image du vignoble du Muscadet.

La méthode, vignerons et paysagistes main dans la main : l’intervention du paysagiste dans un processus agricole apporte une vision transversale de l’occupation du sol et du vivant. Elle évite l’approche cloisonnée en silo. Les échanges avec les vignerons sont rapidement fructueux. Dès le début, trois principes de travail sont actés :

– des workshops réguliers, sous forme d’ateliers collaboratifs, pour rester au plus proche des pratiques culturales et de la connaissance du site par les vignerons

-une démarche itérative permettant d’enrichir progressivement le projet (plan actualisé à 5 reprises à ce jour). Le travail avec le vivant nécessite une approche dynamique du projet.

-la mise en œuvre de chantiers collaboratifs favorisant la transmission des savoirs, savoir-faire et la cohérence des engagements (retours d’expérience, bilans, amendements du projet, ajustements de la méthode)

Concepteurs

  • La Plume et le Sécateur

Commune

  • Vertou

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Domaine Les Trois Toits

Thèmes

  • Aménagement
  • Urbanisme

Année de réalisation

2025

Surface(s)

12 hectares

Coûts

Etude : 18k HTCout des travaux : 250k HT

Documents

À proximité du hameau Ville au Blanc, un domaine viticole s’active pour faire émerger un nouveau modèle agricole, où l’arbre et la vigne coexistent.

Le domaine des Trois Toits s’inscrit à l’interface ville/campagne à Vertou (44). Suite aux travaux de 2024, un paysage atypique s’y déploie. Un saut de quelques années permet de se représenter les lieux. À l’horizon 2030, la vigne est cultivée au sein de clairières arborées. Une trame de haies structure l’espace en « unités de culture » d’environ 50 ares chacune : le « vigneron » est utilisé comme métrique de base pour dimensionner les parcelles. Le paysage renvoie à l’échelle humaine, en lien avec le travail du quotidien : parcourir un rang, accomplir une tâche en une journée, vendanger, mesurer son avancée et trouver une satisfaction concrète dans le geste. Ici la longueur du rang est de 100 mètres, contre plusieurs centaines sur certains domaines ultra mécanisés.

L’eau s’infiltre dans des sols actifs et vivants. Trois mares ont été creusées. L’eau migre lentement vers le bas du coteau, retenue ça et là par la présence de haies et bosquets. Dans les grappes de raisin, les baies sont préservées des aléas climatiques, donnant au vin de beaux équilibres au fil des millésimes.

Au cœur des clairières, les ceps, alignés en rangs, sont conduits avec un couvert végétal permanent. Des semis de seigle, trèfle et féverole protègent les sols de l’érosion. Autour, la végétation spontanée colonise les tournières*, tandis que les haies offrent refuge et ressources à la faune. Chaque portion du domaine est pensée comme un espace de cohabitation avec le vivant. Toutes les strates sont concernées : herbacées, arbustives et arborées.

Dans ses interactions avec le milieu, la vigne bénéficie de services écosystémiques qui renforcent sa résilience face aux aléas : gel, stress hydrique, fortes chaleurs ou ravageurs. La présence d’arbres, par exemple, contribue à limiter les effets du gel. Un équilibre maîtrisé entre ombre et ensoleillement permet de concilier qualité aromatique des vins et diversité végétale.

Le domaine fédère autour de lui un ensemble urbain hybride composé des villages de Vertou, d’une zone commerciale, traversé par des chemins de randonnée et de patrimoine bâti. Il est traversé par des chemins ruraux et ponctué d’éléments remarquables : la chapelle de la Ville au Blanc, d’anciens chemins creux, des vues sur la vallée de la Sèvre et de belles orchidées sauvages. Il forme un paysage à la fois productif, habité et sensible.

Partie prenante d’une nouvelle séquence paysagère, le domaine met en relation les pratiques agricoles, les usages récréatifs et les qualités écologiques du site. Du paysage au vin, le domaine devient l’expression d’un terroir vivant au sein même de la ville. On trouvera des similitudes avec les modèles dits de « négociation » développés par Sébastien Marot, dans son ouvrage, Prendre la clef des champs, (éditions Wildproject).

En matière agricole, l’organisation du domaine offre une grande souplesse d’adaptation. Les unités de culture communiquent entre elles par les tournières*, facilitant les manœuvres. Une orientation homogène des rangs dans la pente laisse ouverte l’évolution des pratiques : tracteur enjambeur, tracteur inter-rang plus léger ou traction animale (cheval). Penser l’agriculture résiliente, c’est tenir compte du défi humain qu’engendrent les changements de pratiques dans leurs temporalités multiples (agraire, entrepreneuriale, financement, outillage, sociétale, etc…)

Depuis 2024, la mise en œuvre des travaux se déploie progressivement, au rythme des saisons viticoles et des financements mobilisés. Le projet s’appuie sur une diversité d’acteurs : les vignerons et leurs équipes, les chantiers animés par l’agence La Plume et le Sécateur (bûcheronnage, réemploi des rémanents pour la constitution de haies de Benjes, piquetage), des entreprises de travaux agricoles (broyeur forestier, empierrement des chemins), ainsi que les services des espaces verts de la Ville de Vertou (réhabilitation de noues).

Comme Vincent le dit lui-même dans le documentaire, « Terre À Part », il conduit désormais le domaine dans une « esthétique de paysage ». Une façon pour lui de prendre de la hauteur vis-à-vis de son action quotidienne dans les parcelles agricoles, et de s’inscrire raisonnablement dans le territoire.

Tournières* : chemins permettant de faire demi-tour en bout de rang.
Terre À Part* documentaire de Clarice Rampillon, disponible sur YouTube et consacré au domaine Trois Toits (https://www.youtube.com/watch?v=wzWhRnnuQ34)


Informations complémentaires :
Subventions la chambre d’agriculture Pays de la Loire

Bureau(x) d’études : La Plume et le Sécateur
Photographe : Benjamin Péneau

Le Plessis

Rue du Plessis, 44600 Saint-Nazaire

43

Programme

Réhabilitation de 120 logements collectifs répartis en 4 bâtiments, et réaménagement des espaces extérieurs

Concepteurs

  • AÜD ARCHITECTES mandataire
  • LA TERRE FERME paysagiste concepteur

Commune

  • Saint-Nazaire

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • SILENE

Thèmes

  • Aménagement
  • Architecture
  • Urbanisme

Année de réalisation

2025

Surface(s)

Surface habitable : 7 200 m² Surface parcelle : 18 376 m²

Coûts

Coût total : 5 483 260 euros HT dont - VRD : 680 000 euros HT - Aménagements extérieurs : 350 000 euros HT

Documents

COMMANDE MOUV/MOE

Le projet est issu d’un processus plutôt qu’un produit.
Démarche indissociable d’une concertation, d’échanges avec tous les intervenants, en créant une relation de travail constructive, un dialogue permanent, entre :
– – SILENE
– – La Ville
– – Les Habitants
– – CERUR
– – Architectes & Paysagiste

La volonté a été de prolonger la démarche entreprise par SILENE avec CERUR, Sociologues & Urbanistes, Agnès Lemoine, qui a établi une enquête sociale auprès des habitants.

En se saisissant des résultats de cette enquête établie auprès d’un échantillon représentatif des habitants :
– Aboutir à un diagnostic partagé.
– S’inscrire dans la démarche initiée sur ce Quartier Prioritaire de la Politique de la Ville

OBSERVER & RELEVER :
– Dimension sociale, un regard fin sur les pratiques du territoire et des espaces communs
– Contexte historique
– Contexte paysager
– Approfondir l’analyse urbaine aux abords de chacun des bâtiments
– Analyse sur les pratiques des espaces communs intérieurs et extérieurs
– Pathologies éventuelles non visibles
– Relevés des parties communes pour l’électricité et l’éclairage extérieur
– Relevés et prise de connaissance des installations techniques intérieures aux logements (plomberie, chauffage, ventilation, électricité)
– Objectif d’exhaustivité en phase étude pour éviter les surprises en phase travaux
– Visite de logements pour palier à toutes les incertitudes en phase étude.
– Rencontre des habitants
– Questionnaire sur les problématiques connues afin d’en déterminer les origines. Des questions ouvertes établies de concert avec SILENE et CERUR permettant aux habitants :
– Exprimer leurs souhaits et aspirations
– Retranscrire le regard qu’ils portent sur leur résidence
– Etre force de proposition sur l’évolution de leur immeuble
– Connaître leur savoir faire

Diagnostic en marchant
– Déroulement sur une journée.
– Groupe composé d’un pilote Architecte avec son regard, un rapporteur, un photographe, un preneur de note et un garant du temps.
– Les problèmes sont pointés, les dysfonctionnements, mais aussi les atouts et richesses du secteur.
– Temps convivial, un événement festif.
– Travail de synthèse fait par le groupe ainsi qu’une restitution collective.
– Compte-rendu élaboré et diffusé.
– Témoignage de compréhension de la particularité de chacun, hors normalisation, individuellement ou en groupe
Ces rencontres cherchent à entendre les demandes souvent non formulées et permettent une interprétation plus fine des demandes. Il faut entrer en empathie pour qualifier des paroles souvent mal formulées souvent par manque de mots.
– Principe d’une Journée « Barnum »
– Démarche de formation active mettant l’habitant en capacité d’agir, ce qui provoque un impact non seulement sur l’apprentissage personnel et aussi sur la capacité à s’investir/participer à la vie sociale de la résidence et du quartier.
– repositionner l’acte d’habiter au cœur de la résidence
– Fédérer les habitants autour d’un projet qui leur est destiné
– Inverser l’isolement croissant des foyers en rétablissant du collectif

INTEGRATION ESTHETIQUE
La commune de Saint Nazaire bénéficie d’ambiances urbaines variées :
– Bords de mer : Ecriture balnéaire
– Estuaire : Ambiance et Ecriture portuaire et de faubourg
– Brière…

C’est dans ce dernier, en frange Nord de la Commune, que se situe la résidence le Plessis.
Même si la contournante Ouest et les voies ferrées marquent une rupture physique avec ce paysage, le panorama très ouvert vers la parc de Brière est embrassé.

La résidence est située à l’articulation :
– Ensemble pavillonnaire à L’Ouest
– Equipement scolaire à L’Est
Un lieu traversé matérialisé par les chemins de chèvre.
Il ne constitue pas une exception dans ce tissu.
– Les volumes sont de hauteur contenue en R+3
– Les masses font écho aux bâtiments d’équipement

Une superposition d’une vue aérienne de 1950 et de ce jour met en évidence l’inscription sur des tracés historiques. Il est constaté un léger décalage de l’alignement des bâtiments par rapport à la voie.
Il n’y a pas de notion façade rue ou jardin. C’est le traitement des espaces extérieurs qui leur donne leur statut.
– Desserte des différentes adresses d’un seul coté de la rue
– Façade Ouest non active

Cette résidence est une composante essentielle de la vie de ce quartier à l’échelle des équipements et du paysage qui le composent.
La voie de desserte intérieure est inscrite dans le réseau viaire du quartier.
– Deux accès automobiles depuis les voies publiques avec une circulation en boucle.
– La résidence apparait composée autour de sa voie intérieure.
– Linéarité de la composition
– Favorise la vitesse de circulation accentuée par l’effet de glissement
– Répartition des stationnements uniquement fonctionnelle et quantitative.
De beaux sujets qualifient la résidence. Ils participent au caractère très arboré du quartier dans lequel la végétation semble infiltrer l’architecture.
Par contre, les espaces extérieurs (stationnements, entrées, liaisons douces, jardins, plantes) sont mal adaptés aux usages des habitants.
La répartition des stationnements est uniquement fonctionnelle et quantitative.

L’ensemble est d’une modernité cohérente avec un parallélisme parfait qui ne s’oppose pas au réseau viaire ou encore à la trame parcellaire du quartier : Une légère inflexion.
La composition avec décalages et glissements définit différents espaces communs dont le statut n’est pas défini.

Dans cet environnement paysager et architectural caractérisé, le projet consiste en la réhabilitation thermique des bâtiments et des espaces extérieurs. La proposition n’est pas uniquement technique. Le tout participe au renouvellement de l’image des bâtiments.
En s’appuyant sur un diagnostic exhaustif, tant paysager, architectural, d’usages et technique, le projet a pour objectif :
– Garantir un traitement urbain qualitatif d’accompagnement
– Enrichir de la silhouette architecturale
– Favoriser les perméabilités.
– Sécurisation des cheminements
– Une matérialité et un traitement à l’échelle du grand paysage.
– Augmenter la qualité d’usage.

Un local encombrant existant au milieu du site sera démoli. Cette modification lui enlève son caractère central au profit d’un aménagement plus fluide.
Tous les logements, quelque soit leur typologie, ont sensiblement la même surface de balcon. Il est identifié que les grandes typologies sont défavorisées. Des extensions de balcon pour les types 04 sont développées sur les façades Ouest à chaque extrémité des linéaires.

Chaque adresse a actuellement un hall qui ouvre directement sur l’escalier de distribution. Des SAS sont créés. Ils apportent une réponse multiple à différentes problématiques. Ils constituent à la fois un tampon thermique et par cet appendice, séquencent les linéaires de façade, jalonnent la circulation automobile et permettent de mieux identifier l’adressage.
Il a été identifié des désordres sur les actuels balcon en béton. Le projet se saisit de cette difficulté pour redéfinir l’écriture général des bâtiments. A une composition verticale est substituée une écriture horizontale.

Par une succession de strates à la matérialité différente, le projet dialogue à l’échelle du paysage. Une alternance d’enduit et de bois permet de lisser, de moderniser et d’intégrer dans l’écriture générale le dessin des balcons nouvellement créés.
Pour identifier chacune des adresses, la teinte de la partie enduite est différente. La ville a été associée, via l’architecte conseil, aux essais sur site des couleurs avant tout engagement de travaux de mise en peinture, sous couche et finition.

La résidence, rue du Plessis à Saint Nazaire est installée dans un parc qui comprend un grand nombre d’arbres plantés en moyenne il y a 50 ans. Quelques uns sont remarquables, très peu, beaucoup sont abîmés, morts en partie. Les essences ne sont pas très variées (moins de 10) et certaines sont peu adaptées aux usages (stationnements, liaisons douces) comme le murier. Peu d’arbustes et aucune vivace ne sont présents dans le parc.
Les arbres sont plantés ça et là, parfois sur des buttes, peut être pour dessiner ou refermer des espaces. Cette configuration ne les aide pas à survivre : l’eau de pluie ne reste pas à leurs pieds, les usagers grimpent sur les buttes et piétinent le pied des arbres.
Aujourd’hui le parc a besoin d’être régénéré afin de faire perdurer son caractère arboré et de développer sa biodiversité, au sein de ce paysage plat et venté, à la lisière du marais de Brière.

A l’appui d’un diagnostic phytosanitaire, il est décidé la suppression d’une trentaine d’arbres morts, malades ou peu adaptés, la plantation d’une soixantaine d’arbres, en creux, de façon à ce qu’ils accueillent l’eau de pluie à leurs pieds. Les arbres seront placés dans des banquettes d’arbustes et de vivaces plantés densément (5 plants/m2) et donc impénétrables et non piétinables. plus de 5000 m2 de plantation d’abres, arbustes et vivaces sont réalisés afin de créer plus de biodiversité.
Les arbres seront plantés de manière à dessiner des pièces ou bosquets aux usages différents et empruntant le vocabulaire d’un parc : alignement pour souligner une grande cour et les stationnements, square, place, jeux d’enfants, etc.

PAYSAGE

Le contexte urbain
La résidence du Plessis/La Berthauderie, au bord du marais de
Brière, est cernée par des équipements scolaires, sportifs
et un quartier résidentiel au Sud et à l’Ouest. Les
bâtiments sont vieillissants et les espaces extérieurs sont
mal adaptés aux usages des habitants.

Le projet d’aménagement et d’urbanisme
Le projet est redessine des liaisons douces continues autour
des bâtiments reliant les immeubles à leur environnement proche,
tout en identifiant un véritable parc de la résidence.
Les circulations piétonnes desservent un espace « côté cour » et un
espace « côté jardin ».

Côté cour, les circulations des véhicules sont redessinées avec un
marquage au sol et des matérialités favorisant une circulation
plus sécurisée et moins de surfaces enrobé. Les entrées sont plus lisibles, évidentes.
Un grand alignement se poursuit sur toute la longueur Nord/Sud de la
résidence. Les pieds de bâtiments sont plantées. Des appuis vélos
et des bancs sont installés. Un réemploi massif d’enrobé décrouté
et de bordures T2 permet la confection de 550ml de muret façon pierre sèche.

Côté Jardin, des espaces ouverts (grandes pelouses, place
stabilisée, square) ou fermés (bosquet de jeux, jungle, bosquets plantés)
caractérisent chacun des jardins derrières chacun des 4 immeubles.
Charmes, acacias dorés, sorbiers de oiseaux et petits fruits cohabitent
avec les pins et chênes conservés et élagués. Les couronnes des arbres sont
relevées pour remettre en lumière la résidence. Les allées et contre-allées dessinent le parc
et offrent un adressage clair et franc à la ville


Informations complémentaires :
Procédure avec négociation.
Financement essentiellement par prêts de la CDC.

Bureau(x) d’études : ISOCRATE, DIGUET SB, ECMS, AGE
Photographe : AÜD ARCHITECTES, LA TERRE FERME

amenagement des espaces exterieurs du MIN DE RIEN

RUE DU SENEGAL, 44000 Nantes

49

Programme

Aménagement transitoires ++ de l’ancien MIN, afin d’orienter les flux, créer trois portiques d’entrées entre espace public (esplanade du MIN qui doit accueillir des evenements jusqu’a 6000 personnes) en organisant les espaces (ERT/ERP) entre les entreprises accueillies au MIN sud, MIN Nord et les espaces ouverts au public

Décroutage et végétalisation du site

Réhabilitation des serres

Aménagement de la nouvelle rue du sénégal en tant que voie vélo

Concepteurs

  • ajoa
  • quand meme

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • SAMOA

Thèmes

  • Aménagement

Année de réalisation

2024

Surface(s)

1600m² espace public

Coûts

500 000€ TOTAL compris amenagements paysagers (50 000€)raccordement au réseau electrique (75 000e)scenographie (142 000€)réhabilitation des serres (27000€)portiques et deplacements des accès existants (42 000€)

Documents

Le Marché d’Intérêt National de l’île de Nantes a été transféré sur un nouveau site, au sud de Rezé au printemps 2019. À l’exception de la travée à l’extrême ouest du site, les bâtiments du MIN ont entièrement été démolis.

Dans le cadre de ses missions d’aménagement de l’île de Nantes et de développement de l’économie culturelle et créative sur le territoire, la Samoa a choisi de conserver certaines parties de l’ancien MIN pour accueillir et développer des activités innovantes.
Ce nouveau pôle d’activité a été baptisé « MIN DE RIEN », clin d’œil à l’ancienne activité du site et à la frugalité de la démarche.

La partie Sud du Min de Rien accueille depuis 2019 diverses structures en lien avec les industries créatives et culturelles (ICC) et l’agriculture urbaine. Elle se compose de 3 grandes polarités :
• un pôle agroalimentaire, local et solidaire sur 3 700 m² avec L’Agronaute, laTricyclerie, Le Champignon Urbain, Le Kiosque Paysan, Ekibe, La grande barge …
• un pôle de production créatif et design sur 1 500 m² avec le studio KATRA, Fichtre, Quand Même, Gueules de bois, l’atelier Moins mais mieux ;
• un pôle culturel et artistique sur 1500 m² avec l’arrivée de Mille-feuilles en 2024 comprenant à terme 30 ateliers d’artistes ;

La partie Min Nord offre l’opportunité d’installer un nouveau lieu dédié au spectacle vivant, aux arts visuels et à la culture pour soutenir ces filières avec :
• 4 500 m² en intérieur répartis en 5 grands volumes qui servent ou servirons de bureaux / de backstage / d’e studio / d’espaces de répétions ou de production.
• 8 500 m² extérieur permettant la dilatation des entreprises et l’accueil de manifestation grand public.

Description du projet d’aménagement dans ses grandes lignes

L’objectif porté par le projet est d’organiser les flux entre les deux MIN, et permettre l’accès au public sur l’esplanade. Le projet étant particulierement minéralisé et devant s’ouvrir au public par la rue du Sénégal, il fallait pouvoir sécuriser, et donner une identié plus direct a la nouvelle façade offerte à l’Est.

Le travail, porté par quand meme (membre du groupement de MOEU) et ancien locataire du MIN sud a été de piloter, concevoir et réaliser les différents portiques, ainsi que proposer, en partenariat d’ajoa, une proposition frugale d’espace planté entre les serres et la délimitation de l’esplanade. Un ensemble de mobilier urbain ponctue les differents espaces générés par le projet


Informations complémentaires :
subvention fond friche (pour l’ensemble de la rehabilitation du MIN SUD)

Bureau(x) d’études : ma-geo
Photographe : quand meme

Les petites écuries de Mellinet, arts du feu et du faire

1-4 Square Mathurin Méheut, 44000 Nantes

70

Programme

Requalification des écuries de la zac Mellinet en centre d’artisanat d’art, d’enseignement, résidence d’artiste, galerie d’exposition

Concepteurs

  • LAUS architectes mandataire ; collectif VOUS architectes associé ; LA TERRE FERME paysagiste

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Nantes Métropole Aménagement

Thèmes

  • Aménagement
  • Architecture

Année de réalisation

2025

Surface(s)

735 m² surface plancher réhabilitée2012 m² aménagement extérieur

Coûts

1 785 000 €HT

Documents

** Accueillir des artisans en cœur de ville **

Les petites écuries réunissent autour d’une cour intérieure ouverte au public, des ateliers des arts du feu, des salles d’enseignement, des résidences d’artistes, et une galerie d’exposition. En dialogue avec le quartier de la ZAC de Mellinet, ce lieu est propice à la flânerie, la création, la production.
Dans un contexte où la ville de Nantes cherche à réinjecter des activités artisanales en centre-ville, la renaissance des petites écuries passe par le faire et la transmission. Pour permettre la réalisation du projet, Il s’agissait d’une part d’assurer la venue des preneurs, et les conditions de leurs occupations. D’autre part d’adapter les lieux aux besoins des artisans mais aussi au voisinage résidentiel qui ne doit pas être gêné par leurs activités. Les architectes ont accompagné la maîtrise d’ouvrage dans le questionnement de la programmation, des modes d’exploitations, la recherche des artisans, puis les adaptations du projet aux exigences règlementaires et d’usages inhérentes à leurs activités. Cette conversation au long court (diagnostic, études et chantier) s’est tenue avec la ville de Nantes, Nantes Métropole Aménagement, les acteurs de la ZAC, l’école des beaux-arts, et les artisans.

** Requalifier pour inviter **

Autrefois fermées à la ville par un mur en moellons, les écuries de l’ancienne caserne Mellinet constituaient une enclave dans l’enclave. Le projet rend poreuse cette limite sans l’effacer, pour montrer ces nouveaux usages sur la ville. La cour traversée et le mur d’enceinte percé et restauré ménagent ainsi des points de vue et des entrées invitantes.
Pour allier l’ouverture au public d’un site d’intérêt patrimonial avec la découverte des artisanats du feu, des dispositifs spatiaux et paysagers instaurent une cohabitation sereine entre visiteurs et travail des artisans. La requalification propose de préserver l’esprit du lieu, tant dans l’intervention architecturale que paysagère, grâce au réemploi et à des actions douces sur l’existant. Si l’attitude générale est de lire les interventions (réparations, réutilisations, suppressions, ajouts, etc.), celles-ci sont arrangées de façon à ne pas immédiatement distinguer l’inchangé du changé, l’hérité du réorganisé. C’est aussi lié au fait que les parties modifiées prolongent les façons de faire originelles. Ce lissage qui n’en est finalement pas un, favorise le sentiment d’autorisation des utilisateurs dans leur appropriation des lieux, les encourage à réintervenir et fabriquer à leur manière.

** La durabilité par le soin **

Des éléments iconiques de l’ancienne caserne militaire sont réutilisés : les portails, grilles, et marquises en serrurerie sont rénovés et repeints. Un abreuvoir maçonné est transformé en bac planté d’herbes aromatiques. Des pavés granits sont réutilisés en maintien des terres et soubassements des bancs. Certains proviennent des écuries, d’autres de la déconstruction des bâtiments de la caserne Mellinet. Des plots en pierre qui servaient autrefois à attacher des chevaux sont replacés dans la cour en protection de zone plantées.
La nature du terrain ne permettant pas l’infiltration des eaux pluviales, des auges galva ont été rapportées en pied de chute d’eau pluviales pour retenir les eaux de toiture avant leur rejet dans les fils d’eau de la cour puis le réseau d’eau pluviale de la ZAC. Ces auges sont plantées, quelques-unes en eau élèvent des nénuphars.
Ainsi, certains ouvrages sont laissés en l’état ou réparés (sols pavés, murs maçonnés, toitures ardoises, certaines menuiseries bois) ; d’autres sont remplacés (menuiseries extérieures bois) ; d’autres encore mélangent existant et neuf (dauphins fontes et auges neufs en pied de descentes d’eaux pluviales existantes). Lorsque les bâtiments sont frangés pour permettre un fonctionnement en enfilade (des ateliers par exemple), cela se voit.
Dans des volumes intérieurs qui dosent aspect brut et interventions soignées, les stratégies de chauffage se règlent sur les occupations. Les parties non chauffées montrent leurs murs existants, accueillent parfois des boites neuves en ossature bois isolées (ce sont des espaces de travail chauffés et abrités des ateliers bruyants). Les parties chauffées sont isolées en béton de chanvre.
Le projet adopte volontairement une esthétique du réparé, de l’économie de moyens et matières. Il défend une durabilité par le soin.


Informations complémentaires :
procédure adaptée

Bureau(x) d’études : BETEM be tce ;ALHYANGE Socotec smart solution acousticien
Photographe : Théophile Trossat ; Vous ; Laus ; Nantes Métropole Aménagement (drone)

Halle de Missillac

10 rue du Château, 44780 Missillac

61

Programme

Halle de marché et évènementielle ouverte, Liaison piétonne, Kiosque associatif, alcôves d’expositions, locaux techniques et sanitaires PMR

Concepteurs

  • LAUS architectes (mandataire)

Commune

  • Missillac

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Commune de Missillac

Thèmes

  • Aménagement
  • Architecture

Année de réalisation

2023

Surface(s)

266 m² couvert, 820 m² extérieur

Coûts

579 000 €HT

Documents

** Co-construire un programme **

Depuis une dizaine d’années, la ville de Missillac a amorcé une revitalisation. Elle inclut ses projets architecturaux dans une cohérence urbaine, qu’elle tâche d’organiser sur une vision longue. Elle développe notamment une maille piétonne entre ses équipements. Elle attache une grande importance au maintien des commerçants au sein du bourg. Elle entretient avec eux un dialogue continu.
L’ancienne mairie était un bâtiment à l’alignement de la rue, en entrée de bourg. Sa démolition tardive a révélé une dent creuse en interface de la rue et d’un îlot doté d’une belle variété d’arrières : école, parcelles résidentielles, théâtre. C’est par l’étude urbaine sur la réactivation de cet îlot, qu’a émergé l’opportunité d’un lien traversant et s’appuyant sur une halle de marché en entrée d’îlot et en amorce du bourg.
Le marché se tenait auparavant sur la place de l’église, son dépaysement vers l’entrée de bourg a dû être argumenté auprès des commerçants. De cet échange tripartite architecte – ville – commerçants est né un programme, intégré au dispositif « petites villes de demain ». Dès la genèse du projet, il apparaissait fondamental pour le couple maîtrise d’œuvre – maîtrise d’ouvrage que ce qui se fabriquerait serait un espace public ouvert et disponible, c’est-à-dire non clôturé : condition sine qua non de l’opération.

** Une halle pour accompagner une entrée de bourg **

Dans cette dent creuse récemment libérée, la nouvelle halle retisse la maille urbaine. Elle offre une respiration apaisée en réponse à la place de l’église qui est proche. Par son implantation en recul sur 2 de ses limites, elle dégage un parvis contre la rue principale et ouvre une venelle reliée au cœur d’îlot en mutation. Par épaississement des 2 limites restantes, elle offre des volumes servants clos. Enchâssée dans un site en pente douce, la halle propose une présence signifiante, non dominante et atemporelle : un repli dans la ville, ouvert, animé et accueillant.

** Un abri dans la ville **

La halle s’inscrit dans un héritage des équipements urbains structurants et frugaux, qui valorisent la vie extérieure de la cité. C’est un abri ouvert aux annexes non chauffées, qui s’exprime dans un minimum de matériaux, en utilisant le savoir-faire des entreprises locales : béton (sols, annexes) et bois (charpente, bardages, menuiseries, couverture). Pour leur pérennité et réparabilité, les ouvrages techniques et assemblages sont apparents. La couverture en bardeaux de mélèze brut se scinde en ouïes : elles apportent l’hiver une ventilation de la toiture, et une fraiche respiration l’été.

** Faire sens pour longtemps **

Dans une unité de matériaux où le bois prévaut, l’ambiance recherchée est expressive mais épurée. La charpente est tramée et dansante : le principe de ciseaux des poteaux et arbalétriers brouille la lecture entre éléments porteurs et de stabilité. L’alternance d’assemblages de la charpente bois, avec le retournement d’une ferme sur deux, apporte une diversité dans la répétition. Les plateaux de couvertures, en ouïes, sont posés sur des chevrons suspendus aux pannes. En contraste de cette légèreté, les annexes forment des limites épaisses, monolithiques, en continuité du sol béton. Elles intègrent de grandes baies actives en panneaux de bois brut fixes ou mobiles. Un système de contrepoids sur poulies permet la levée de volets pour ouvrir le bar du kiosque, et des alcôves d’expositions.


Label(s) obtenu(s) : petites villes de demain

Informations complémentaires :
procédure adaptée

Bureau(x) d’études : ASCIA ingénierie
Photographe : Gaëtan Chevrier ; Laus (existant)

Médiathèque de Trignac

29 Rue Marcel Sembat, 44570 Trignac

69

Programme

Médiathèque

Concepteurs

  • ATELIER BELENFANT ET DAUBAS (architecte mandataire)
  • HÉLÈNE HOUPERT ARCHITECTE (Architecte associé)
  • LA TERRE FERME (paysagiste)
  • Nathalie ROUGER (Architecte d’intérieur)

Commune

  • Trignac

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • COMMUNE DE TRIGNAC

Thèmes

  • Aménagement
  • Architecture
  • Urbanisme

Année de réalisation

2025

Surface(s)

Surface de plancher total 810m² dont 404m² d'extension (406m² de réhabilité)

Coûts

Coût total (hors foncier, hors VRD, hors honoraires compris agencement et mobilier) : 2 585 000 €HT Montant aménagement extérieur et VRD : 397 000€ HT

Documents

Trignac – Une médiathèque dans la ville

Un enjeu de requalification urbaine :
À l’issue de la programmation urbaine réalisée en 2019, l’enjeu assigné au réaménagement de cet îlot, dans lequel prennent place les bâtiments de la médiathèque, était de conférer à cet équipement communal une cohérence à l’échelle d’un renouveau du cœur urbain de Trignac. Ce devait être un projet initiateur d’un élan vers la requalification urbaine d’un territoire communal distendu.
C’est ainsi que notre parti a consisté à dessiner la forme urbaine avant le bâtiment, le vide avant le plein.
Le terre-plein par lequel se concluait le carrefour avec la rue de la Mairie, déjà planté de charmes et d’un robinier, a été intégré à un nouvel espace public qui allait se déployer d’un seul tenant le long de l’axe majeur de la rue Louis Labro, grâce au déclassement et à la suppression d’une voirie redondante.
Cette nouvelle disposition urbaine permettait de rendre un foncier disponible pour la partie en extension de la médiathèque, sans que celle-ci n’empiète et ne vienne fractionner à nouveau cet espace public.
De plus les jardins au-devant des anciens logements des forges de Trignac, manifestaient une qualité d’espace que nous ne voyions pas occupé autrement que par le jardin de lecture de la future médiathèque.
L’espace ainsi recomposé par le choix stratégique de la disposition du bâtiment et de ses abords, a permis la mise en synergie d’une place polyvalente, ouverte sur la ville, et d’un équipement public culturel central de la commune. Cette place encadrée des charmes et du robinier qui ont été préservés, et d’un mail planté de magnolias, assure maintenant sa fonction hebdomadaire de place du marché et de lieu occasionnel pour des rassemblements festifs et culturels.

Un patrimoine architectural et urbain :
L’enjeu patrimonial se focalise sur la particularité d’un bâtiment emblématique de la production architecturale qui accompagne la seconde révolution industrielle, très présente sur le territoire communal. C’est une architecture composée, un assemblage ordonné et attentif à la juste place des matériaux : le granite en soubassement, la brique en modénature, le moellon pour les maçonneries. Mais au-delà du bâti, la valeur patrimoniale est constituée par l’assemblage des constructions dans un urbanisme à l’échelle humaine, fait d’un maillage fin de ruelles et de jardins, qui fabrique l’ambiance de cet habitat populaire.

Enjeu technique de la réhabilitation :
L’appréhension de l’état du bâtiment existant a nécessité un diagnostic approfondi pour anticiper ses problématiques spécifiques. Les maçonneries en appareillage de moellons et de briques, ont un fonctionnement hygrothermique particulier dont il faut anticiper la réhabilitation avec des matériaux adaptés. L’absence de coupure de capillarité en pied de mur implique la prise en compte dans la paroi d’un régime hydrique dynamique, auquel il faut répondre par le maintien de la perspirance des parois. Tous les matériaux ajoutés, intérieur et extérieur, sont en cohérence avec ce fonctionnement et maintiennent la perméabilité à la vapeur d’eau de la paroi. Toute autre solution technique invasive pourrait se montrer contre-productive et menacer à terme la pérennité du bâtiment. Les revêtements extérieurs sont ainsi réalisés par des enduits traditionnels et badigeons à la chaux. Les compléments d’isolation intérieure des murs sont réalisés en terre allégée (terre + chanvre) et revêtus d’un enduit en terre crue.
Tous les autres isolants sont bio-sourcés (ouate de cellulose et laine de bois).

Enjeu de l’extension neuve :
Le bâtiment neuf en extension se positionne comme un complément à cette composition dont l’ambition est de laisser la part belle à l’expression des qualités spatiales déjà présentes. Le volume neuf en toit à deux pentes au gabarit similaire à l’existant, est légèrement en retrait. Le rez-de-chaussée manifeste, au premier plan, l’accueil depuis le parvis, et se prolonge au-devant du pignon existant pour accompagner l’adressage du public. Cette extension affirme en façade et en toiture la texture du bardeau de châtaignier, comme une matière naturelle vivante et nuancée, en cohérence avec la projection vers une ère de frugalité.

Organisation spatiale :
L’organisation spatiale privilégie un adressage sur la place publique qui borde la rue Louis Labro. La composition d’ensemble emmène le visiteur vers l’entrée de la médiathèque, en donnant à voir depuis l’extérieur un aperçu de l’activité intérieure. La consultation adulte, et surtout le kiosque à périodiques sont à l’interface, et en co-visibilité avec l’espace public. Une salle mutualisée appelé La Fabrique est accessible indépendamment des heures d’ouverture de la médiathèque.
Tous les espaces de consultation sont de plain-pied, flexibles, abondamment éclairés de lumière naturelle, et en communication réciproque.
La consultation adultes occupe l’espace central. Ses ambiances sont variées par les différentes hauteurs sous plancher et sous toiture, et en co-visibilité avec l’espace public du parvis.
Le bâtiment neuf en construction bois, s’appuie sur la façade nord des anciens logements, qui devient façade intérieure, dégagée sur toute sa hauteur.
L’espace de consultation enfants prend place au rez-de-chaussée du bâtiment existant. C’est une enceinte protectrice et rassurante, par l’épaisseur de ses parois, par sa relation étroite au jardin de lecture sur lequel il s’ouvre en façade sud.
L’espace des adolescents avec son alcôve dédiée aux jeux vidéos, est d’une ambiance encore différente. Il est constitué par un prolongement qui va chercher la vue et la lumière en façade nord.
Pour une bonne surveillance, l’accueil se trouve au centre, à la convergence visuelle de tous ces espaces et de l’accès du personnel.

Le jardin de lecture :
Le jardin de lecture occupe l’espace majeur de la composition. C’est un lieu de détente et de flânerie, clos et apaisé. Il profite d’une situation privilégiée, encadré par les deux bâtiments jumeaux qui se font face, avec une échappée visuelle sur le mail.

La médiathèque dans le paysage :
Aujourd’hui, la médiathèque est quai, à +4,00 m NGF, au sec, en attendant que la mer monte.
Trignac est une presqu’île dans le lit majeur de la Loire et de ses marais voisins.
La médiathèque est une arche de Noé, avec ses livres et ses lecteurs, à juste un mètre au-dessus du niveau moyen des terres pâturées, des anciennes forges voisines et du stade de rugby.
La place s’ouvre au-devant et libère un espace de forme simple pour le marché, la fête de la musique, la projection de la prochaine finale de la coupe du monde de rugby par exemple en 2027… Cette place est cadrée d’arbres existants qui ont été conservés et élagués pour cohabiter avec cette histoire urbaine vivante. Un gradin de 40 centimètres sert à la fois de rive au quai de la médiathèque et de mise en scène théâtralisée de son espace au-devant, où la vie peut prendre place et le spectacle se jouer.
La place est accompagnée d’un mail de magnolias et de lisières propices à la cueillette. Ces banquettes épaisses plantées en creux sont bordées de bancs simples pour servir à la fois de protection des plantes et d’assise pour en assurer le côtoiement revivifiant.
Le jardin de lecture a été dessiné en continuité de l’élégante géométrie architecturale de la façade de la médiathèque, dans cet intervalle entre les bâtiments jumeaux des anciens logements des forges. Ce jardin a fait l’objet d’un soin particulier de dessins d’ouvrages bois sur mesure pour mettre en scène les espaces dans un savant partage dédié à la lecture et aux plantes. Comme le dit Yves GILLEN, en ses jardins du Marais à Herbignac, commune voisine : « les bordures font les allées, les allées font les jardins » . Ici, les allées du jardin de lectures sont adressées au droit des ouvertures de la médiathèque.
Un vieux pommier, « arbre de la connaissance » rappelé par Claude Aufort, Maire de Trignac, a été conservé de haute lutte et cohabite aujourd’hui avec un érable à papier, premier arbre symbolique plantée avec quelques enfants et le Maire le jour de l’inauguration.

Pourquoi la construction en terre crue ?
Ce qu’on appelle construction conventionnelle est un système très récent mis en place après 1950 sous l’impulsion du plan Marshall pour massifier les matériaux et modes constructifs industrialisés. La contrepartie de ce choix politique a été l’élimination brutale des savoir-faire traditionnels. Le système normatif, réglementaire et assurantiel du bâtiment, tel que nous le connaissons aujourd’hui, a été bâti sur cette orientation quasi-exclusive. Il y a maintenant un combat de fond auquel nous participons pour remettre ces techniques en usage. Les bienfaits que procure la construction en terre crue sont de trois ordres : environnemental, sociétal, et individuel.
La terre qu’on utilise dans la construction n’est pas la terre arable qui est laissée à l’agriculture et au vivant. Nous utilisons la terre minérale qui est un matériau universel et abondant. La terre crue est un matériau dit « géosourcé », car il nécessite peu de transformation, pas de cuisson, peu ou pas de transport. Bien plus qu’un matériau recyclable, c’est le seul matériau dont on peut dire qu’il est véritablement réversible. En fin de vie, le matériau a conservé l’intégralité de ses propriétés initiales et il reste identique à ce qu’il était dans le milieu naturel, si on a pris soin de ne pas y ajouter de produits de stabilisation (chaux ou ciment). Son cycle de vie très vertueux en fait un matériau à l’impact environnemental quasi nul.
Le bénéfice sociétal vient de ce que la construction en terre crue se prête modérément à la mécanisation et à l’industrialisation. Elle donne lieu à une forte intensité sociale qui valorise le travail humain et le savoir-faire. Cet aspect ne fait partie ni des exigences réglementaires actuelles, ni des objectifs assignés généralement à la construction. Mais il nous semble indispensable d’y faire contribuer chacun de nos projets.
Les bénéfices individuels concernent l’impact du matériau sur le confort. Ses performances surpassent de loin tous les autres matériaux, particulièrement quand on l’additionne de fibres végétales (paille, chanvre, lin, …). C’est ce qu’on appelle l’effet hygrothermique, qui fait que le matériau rafraîchit l’ambiance en période chaude, et la réchauffe en période froide. C’est un climatiseur naturel en été, et un chauffage naturel en hiver !
Dans les bénéfices individuels, on peut noter que c’est un matériau qui s’entretient et se répare facilement. Il n’est rien de plus facile que de boucher un trou ou un éclat dans une paroi en terre, en colmatant avec la même terre humidifiée. Il ne reste ensuite qu’à passer un coup d’éponge pour homogénéiser la surface, et la différence entre la réparation et l’existant est indiscernable.

Technique de la terre allégée :
Parmi les différentes techniques connues de construction en terre crue, celle qui a été employée pour la médiathèque est la terre allégée. C’est une technique moderne qui consiste à utiliser la fraction la plus fine de la terre (sables fins, limons et argiles) mélangée à de la fibre végétale pour obtenir un mélange léger avec des propriétés isolantes et mécaniques satisfaisantes. Ce mélange est ensuite projeté ou banché, sur une structure porteuse en ossature bois ou en maçonnerie et ensuite recouvert d’un enduit fait de la même terre et de fibres dans des proportions différentes.

Impact environnemental de la terre crue :
La terre d’excavation constitue le principal déchet du BTP. Il n’est donc pas nécessaire de l’extraire spécialement pour réaliser un chantier en terre. On peut récupérer la terre du chantier lui-même, et ainsi éviter le transport pour sa mise en décharge. On peut aussi la récupérer sur un autre chantier à proximité. Elle évite donc la mobilisation d’autres matériaux consommateurs d’énergie et de ressources, et émetteurs de CO2. La terre crue a fait la preuve de sa durabilité millénaire dans la construction. Elle était l’une des principales ressources de la construction, avec la pierre et le bois, avant la révolution industrielle et l’utilisation massive des énergies fossiles. Elle est bien placée pour jouer ce rôle à nouveau dans un contexte de transition énergétique où la recherche de sobriété devient incontournable.
Dans l’alimentation, on s’indigne à raison que des produits ultra-transformés fasse le tour de la planète avant de finir dans nos assiettes, tout en générant des impacts délétères sur notre environnement et sur notre santé. Il en est de même dans la construction où l’analyse du cycle de vie met en évidence que la plupart de nos matériaux conventionnels ont des impacts négatifs sur l’environnement. La construction en terre crue se positionne comme une filière à très faible impact, lorsqu’elle est menée avec bon sens. De l’extraction de la ressource à la mise en œuvre sur chantier il n’y a que quelques kilomètres, et souvent quelques mètres lorsque l’on utilise la terre du chantier ! Le matériau se réutilise perpétuellement sans perdre aucune de ses qualités initiales. Et si on décide de s’en débarrasser, elle retourne tout simplement à son état d’origine dans le milieu naturel.


Informations complémentaires :
Concours

Bureau(x) d’études : ITAC (acoustique), INGELIGNO (structure bois), SISBA (structure béton), ÔMSWEETÔM ENVIRONNEMENT (environnement), AIREO ENERGIES (fluide/thermique), JD ECONOMIE (économiste)
Photographe : Gaëtan Chevrier

Aménagement du groupe scolaire Fellonneau

15 rue Fellonneau, 44000 Nantes

63

Programme

Initialement, le groupe scolaire Fellonneau était réparti sur 2 sites mitoyens. L’objectif du projet était de rassembler sur celui de l’actuelle école élémentaire l’ensemble des activités : maternelle, élémentaire, péri et extra-scolaire, restauration.
Le programme comprenait la restructuration du bâtiment de l’élémentaire existant ainsi que la construction, en extension, d’un nouveau bâtiment. La nécessaire réorganisation des cours de récréation comprenait donc deux espaces distincts mais en contact, physique et visuel, accessibles depuis une entrée unique. Lors du concours, le programme sur les abords du bâtiment était assez restrictif et plutôt conventionnel : zone sportive, assises, piste pour les tricycles en maternelle et jardin calme. Mais une fois les études lancées, plusieurs données majeures sont venue l’incrémenter voir en modifier l’esprit général. Les objections citoyennes à la réduction des espaces libres pour les enfants ont fait évoluer et agrandir le périmètre du projet. Il a ainsi englobé l’Ensemble Boisé Classé (EBC) et à l’issu d’une concertation avec l’équipe pédagogiques et les services dédiés de la Ville de Nantes, une nouvelle faisabilité, devant intégrer la plus grandes parts possible des attentes, a poser les bases de la refonte du projet (pourtant déjà en phase PRO). L’espace multisport pouvant désormais s’envisager mutualiser avec la vie de quartier, il à trouvé sa place, à l’ouest, dans le prolongement du bâtiment réhabilité. Le souhait de contact avec le vivant pour les enfants, de fraicheur et de conservation des Tilleuls, mais aussi de transparence avec la future sente végétale et ludique en frange ouest de la parcelle se sont imposés comme nouveau programme.

Concepteurs

  • Architecte mandataire Atelier Giet architecture pour la construction
  • Moss Paysage

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Ville de Nantes

Thèmes

  • Aménagement

Année de réalisation

2024

Surface(s)

7 000m2 (parcelle aménagée)

Coûts

914 500,00€HT (1 098 000,00€TTC)

Documents

Une attention aux ressources et aux contextes, en réponse aux enjeux environnementaux contemporains ;
En plein coeur du quartier Saint Félix, le groupe scolaire Fellonneau occupe une place de choix dans le projet urbain développé par l’agence Volga, inséré dans un nouveau maillage d’espaces publics.
Les enjeux du projet étaient : offrir une réelle qualité d’usage malgré la réduction dimensionnelle des espaces extérieurs et être exemplaire en terme de développement durable et de création d’îlot de fraicheur.
En réponse au jeu graphique méthodique de l’architecture dévelloppée par l’agence Giet, des rubans végétales souples, nommés « Cernes végétales » devaient envelopper la nouvelle école et constituer des lisières pour les espaces extérieurs différemment habités : les cours, la terrasse maternelle, le jardin calme. La lisière d’enceinte calquée sur la limite de la nouvelle sente public et le mur périphérique en pierre au sud et à l’est, était formée de trois sous-ensembles aux typologies végétales distinctes :
– La lisière d’accueil arbustive caduque et/ou persistante, non allergène et peu fructifiante, absorbant une partie des eaux pluviales de la cour. Elle mène au sas d’entrée, commun pour les deux cours.
– La lisière centrale qui permet l’accès aux deux cours, avec des arbres de petites et moyennes tiges y émergent.
– Le jardin calme à la palette végétale variée et plus travaillée offrant un plaisir visuel depuis les classes et la cantine.
La deuxième cerne végétale, la lisière haute est située sur la terrasse de l’école maternelle. Très bien exposée, elle est composée principalement d’un mélange de plantes vivaces et graminées adaptées à des conditions de plantation en terrasse (épaisseur de terre végétale réduite, fort assèchement en été, …)Les arbres sont conservés au maximum avec l’ajout de l’EBC (de grands cêdres aux silouhettes freles mais de très grandes tailles), dont les pieds sont désimperméabilisés et replanté tout en laissant des espaces accessibles aux enfants pendant les temps de récréation.
Dans la cour maternelle, le circuit des tricycles fait le tour d’une pièces centrale comprenant une aire de jeux et un platelage couvrant et protégeant les racines des Tilleuls. En lisière de la cour, deux espaces engazonnés avec du mobilier permettent de faire classe à l’extérieure et des activités manuelles (bacs de matériaux).
Dans la cour élémentaire, un espace central accueille des jeux (dans un espace en copeaux de bois) et des
espaces engazonnés sur plusieurs hauteurs, avec l’intégration d’assises. Un large espace planté est rendu accessible aux enfants et des platelages bois viennent à la fois protéger les arbres et proposer des assises et/ou estrades de jeux.
Le parti pris initial à ainsi du évolué et intégré les demandes issues de la concertation et des retours citoyens. Sans perte de sens, mais avec agilité, le projet a gagné en cohérence avec le contexte élargi de la parcelle et le projet mené par la Direction Nature et Jardins (DNJ) de la Ville. Avec la mise en œuvre d’un enrobé clair, de dalles alvéolaires enherbées, d’un pavage en granit breton et d’un mobilier sur mesure en construction mixte bois-métal, l’opération s’avère être exemplaire dans l’application des nouveaux guides de conception des établissements
scolaires.

Une conception qui répond aux usages d’aujourd’hui tout en anticipant les évolutions de demain ;
Le programme a fait l’objet d’un remaniement en cours de projet afin d’intégrer les enseignants et les parents
d’élèves dans les réflexions sur les nouvelles cours. Lors de la concertation, il est ressorti un besoin d’accès aux espaces plantés, de zone de jeux mais aussi des zones de repos, plus calmes. Le projet a été alors remanié pour proposer de véritables bosquets plantés au milieu des deux cours : certains accessibles et d’autres non. Les matériaux ont été choisis pour répondre à cette problématique d’accès à la nature : bois, copeaux de bois, corde,… Le mobilier est principalement en bois et de fabrication locale (jeux, platelage, bancs, bacs de matériaux et tables de piquenique, poteaux-corde).

Le projet d’aménagement des cours du groupe scolaire Fellonneau a permit une véritable dés-imperméabilisation des espaces de récréation. Les espaces plantés sont généreux et variés tant sur leur nature (massifs, toiture végétalisée, engazonnement, prairie, …) que sur leur accessibilité. Les espaces sont également multiples, permettant une grande diversité d’activités: jeux, seul ou en petit et grand groupe, repos, classe à l’extérieur, sport, … Des jeux de matérialité et de hauteur dans le sol viennent enrichir les expériences de motricité proposées dans la cour, faisant de ces deux espaces extérieurs de vrais espaces pédagogiques.
La toiture terrasse vient apporter une vue sur des plantations aux étages et participe à cet effort de végétalisation des espaces extérieurs, gage de bien-être.

une recherche sensible de qualité architecturale et paysagère, alliant audace et intégration ;
La terrasse plantée a été pensée dès le début du projet, en lien avec l’agence d’architecture Giet. Les épaisseurs et la technicité du substrat ont été définies en amont pour que la structure de la terrasse les intègre, notamment au niveau du recouvrement des joints de dilatation et de la charge admissible. Un mélange allégé a ainsi été mise en œuvre afin de réduire le poids sur la toiture terrasse que la structure doit supporter. La palette a été adaptée pour un milieu asséchant en s’inspirant des plantes de montagnes, notamment alpines, tout en choisissant des essences au fleurissement important, permettant de donner à voir l’évolution des saisons.

Un dialogue exemplaire entre maître d’ouvrage et concepteur.

Le projet s’est consolidé grâce aux échanges entre notre équipe et la ville et bien évidemment, en concertation avec l’équipe enseignante et les parents d’élèves afin de concevoir un aménagement juste qui répond aux besoins de l’école et des enfants.
L’entretien de l’aménagement a été confié aux équipes de gestion de la ville. Les palettes des plantations ont été discutées avec les services afin de s’assurer des capacités de suivi et d’entretien de la place par la suite. Il a été privilégié des essences adaptées au climat local et qui nécessitent peu d’entretien, ce qui permet de réduire les besoins en eau, en amendement et en taille par exemple.
Enfin, le dialogue a été continue et bienveillant entre la MOA et la MOE, avec pour but commun le bien-être des enfants qui seront amenés à grandir, apprendre, découvrir dans cette école et ses espaces extérieurs. La volonté commune de proposer une cour oasis ou chaque enfant pourra y trouver sa place a permis ce dialogue et ces échanges enrichissants.


Informations complémentaires :
Concours

Bureau(x) d’études : BET VRD TECAM, BET fluide hqe opc ALTEREA, BET GO béton bois, AREST
Photographe : Moss Paysage

Renaturation de la cour d’école la Ferrière

2 avenue de la Jeunesse, 44700 Orvault

76

Programme

Transformation d’une cour d’école entièrement bitumée (3 000 m² d’enrobé) en espace paysager polyvalent : terrain d’aventure, classes dehors, potagers pédagogiques, gestion des eaux pluviales à ciel ouvert, L’opération doit favoriser le réemploi des matériaux du site. La conception doit être conduite en concertation avec les enseignants, les parents et les élèves, pendant l’année scolaire.

Concepteurs

  • Atelier Campo — paysagiste concepteur
  • mandataire

Commune

  • Orvault

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Lucas Migliasso
  • Sébastien Piermé ; Responsable : Fanny Cassat Direction Éducation Enfance Jeunesse (DEEJ) : Stéphanie Brest
  • Ville d'Orvault — Direction de l'Aménagement Durable et de la Transition Ecologique (DASTTE) :

Thèmes

  • Aménagement

Année de réalisation

2025

Surface(s)

4 900 m²

Coûts

205 000 € HT

Documents

CONTEXTE
Sur le plateau de la Cravate, à Orvault, le groupe scolaire de la Ferrière s’inscrit dans un quartier dense — crèche, maternelle, collège, gymnase, terrains de sport — avec des vues vers les vallées du Cens et de la Chézine. Héritage de la reconstruction, la cour est presque intégralement minéralisée avec 3 000 m² d’enrobé occupés par un terrain de football et 800 m² de pelouse sur la périphérie : Un îlot de chaleur au cœur du quartier. Sa requalification est l’occasion d’introduire de nouveaux sols vivants, l’eau de pluie, des milieux diversifiés.
1 — UN DIALOGUE DE PROJET AU SERVICE D’UNE AMBITION COMMUNE
La Ville d’Orvault, à travers sa Direction Éducation Enfance Jeunesse, a porté cette transformation avec une exigence claire : faire de la cour un outil pédagogique adossé à l’espace récréatif. Les orientations ont été construites avec les enseignants et les représentants des parents d’élèves, de la phase esquisse à la phase Chantier.
La concertation s’est appuyée sur des dispositifs concrets. Une maquette installée dans l’école a permis aux enfants de suivre l’avancement des études. Dans le cadre de leurs projets pédagogiques, les classes ont décrit le bestiaire de la cour — dessins et textes selon les niveaux — une matière que les sculpteurs du collectif MONsTR ont intégrée à la conception des mobiliers. Un chantier de plantation a associé les élèves à la réalisation. Le chantier de travaux s’est déroulé pendant l’année scolaire, adapté au rythme des classes.
Un an après la livraison, la DEEJ a engagé la cour dans sa démarche d’éducation au développement durable : premières animations d’observation des insectes, étiquetage botanique des massifs en projet, charte d’usage co-rédigée avec les élèves. Une enquête post-chantier pilotée par la DEEJ alimentera un retour d’expériences pour les futurs projets de renaturation de la commune.
2 — UNE ÉCONOMIE DE PROJET ANCRÉE DANS LES RESSOURCES DU SITE
La surface imperméable est passée de 3 000 m² à 1 450 m² : 1 550 m² d’enrobé ont été débitumés, soit −52 % de surface imperméable. Les milieux vivants sont passés de 800 m² à 1 980 m² (× 2,5). Les eaux de pluie des toitures et des surfaces imperméables de la cour (1 900 m²) sont orientées gravitairement vers une noue d’infiltration de 42 m³ — restituant au sol plus de 1 500 m³ par an, sans recours au réseau pour les épisodes courants.
Le système est entièrement à ciel ouvert, dimensionné par le bureau d’études Sit&A dès la phase AVP. Depuis les descentes de toiture, l’eau est guidée vers une rigole traversant la cour, disposée à hauteur d’enfant : les élèves y font des barrages, y font flotter des bateaux de fortune, manipulent l’eau avant qu’elle ne rejoigne la noue (surverse vers le réseau en cas de saturation). Le tracé suit la pente naturelle du terrain, modelée par les terrassements du projet.
Les matériaux de démolition ont été réemployés sur place, avec l’intention de rendre le geste visible et d’anoblir le matériau : les dalles d’enrobé ont été retravaillées en murets de soutènement des massifs, en calepinage de sol, et pour former le lit de la rivière sèche. Les terres ont été revitalisées in situ. Les troncs de chênes arrachés par la tempête Ciarán en 2023 ont été inventoriés et relevés dans les vallées du Cens et de la Chézine par l’atelier campo avant toute conception. Le collectif MONsTR, artisans sculpteurs, les a transformés en mobiliers et jeux sur mesure — à partir du relevé des gisements et du bestiaire imaginé par les enfants.
3 — UNE COUR PENSÉE POUR ÉVOLUER AVEC SES USAGERS
La cour propose des ambiances différenciées : enrobé conservé pour les jeux de ballon, pelouse renforcée, parcours d’équilibre en bois, cabanes, espace de classe dehors sous les arbres, rigole et noue accessibles, massifs plantés par thématiques géographiques (chaque massif est une cohabitation entre végétation locale et la végétation d’un continent), carrés potagers. Les sols varient — copeaux, sable, gravier, végétal — et diversifient les usages à chaque âge.
La composition des massifs a été construite avec les services de la Ville : espèces adaptées aux aléas climatiques, peu exigeantes en entretien. Un an après la livraison, un passage par vacances scolaires suffit. Le carnet de gestion co-rédigé par l’atelier campo et les services municipaux permet aux jardiniers de la Ville de prendre le relais en autonomie.
La cour est référencée dans l’Observatoire des Cours Oasis. L’enquête pilotée par la DEEJ nourrira un guide pour les futurs projets de la commune.
4 — UNE TRANSFORMATION QUI DONNE À VOIR
Les provenances des matières présentes dans la cour sont lisibles : les chênes sculptés viennent des vallées proches, le paillage minéral est l’enrobé d’origine concassé, les murets façonnés en dalles d’enrobé de la cour, la rigole propose l’eau du ciel comme jeu. Le chantier de transformation de la cour a été organisé comme un temps d’apprentissage pour les enfants. Les phases bruyantes — démolition, décaissement — se sont déroulées pendant les vacances scolaires ; les phases à forte valeur technique, en période de classe. Les enfants ont visité le chantier, posé des questions aux compagnons, suivi la transformation de leur cour, et participé activement à la plantation des massifs.


Label(s) obtenu(s) : Référencé Observatoire des Cours Oasis (observatoire-oasis.fr). Démarche EDD portée par la DEEJ d’Orvault.

Informations complémentaires :
Surface imperméable : 3 000 m² → 1 450 m² (−52 % d’enrobé).
Surface en milieux vivants : 800 m² → 1 980 m² (× 250%).
Noue d’infiltration : 42 m³. 39 % de la cour recueille gravitairement les EP.
Réemploi : bitume concassé, terres revitalisées in situ, troncs de chênes (tempête Ciarán) sculptés par le collectif MONsTR. Référencé dans l’Observatoire des Cours Oasis (observatoire-oasis.fr). Démarche EDD active post-livraison (observations d’insectes, étiquetage botanique, charte d’usage co-rédigée avec les élèves).

Bureau(x) d’études : Sit&A — conseil VRD et hydraulique ; Fabien Leduc — concepteur design jeux
Photographe : atelier CAMPO

Aménagement du Jardin du Mail Tharon

17 Rue du Chevecier, 44730 Tharon-Plage — commune de Saint-Michel-Chef-Chef

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Programme

Désaménagement de terrains de tennis en cœur de bourg, conception participative, aménagement d’un jardin public fondé sur le réemploi des matériaux du site et la désimperméabilisation des sols.

Concepteurs

  • Atelier Campo — paysagiste concepteur
  • mandataire

Commune

  • Tharon-Plage — commune de Saint-Michel-Chef-Chef

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Commune de Saint-Michel-Chef-Chef

Thèmes

  • Aménagement

Année de réalisation

2023

Surface(s)

5000 m2 de surfaces aménagées

Coûts

350 000 € HT

Documents

CONTEXTE
La commune de Saint-Michel-Chef-Chef s’étire entre deux entités distinctes : le bourg historique de Saint-Michel, tourné vers ses terres agricoles, et Tharon-Plage, station balnéaire fondée en 1904, face à la côte de Jade. Entre eux, la vallée du Calais, petit fleuve côtier, trace un corridor écologique précieux — une coupure verte qui structure l’identité paysagère de la commune bien au-delà de son rôle hydraulique.
À la charnière de cette coulée verte et du boulevard Ernest Chevrier, artère commerciale de la station, le Mail Tharon occupe une position stratégique : seuil de la trame verte, parvis du marché estival, marqueur de l’entrée de ville depuis la Route Bleue vers le front de mer. « Dès le parvis du Mail, se sentir à Tharon en promenade. » Cette phrase, issue de la concertation de 2021, résume l’attente des habitants : retrouver dans cet espace la qualité de l’arrivée dans une ville balnéaire, la douceur d’un seuil habité.
Ce qui était jadis un square polyvalent — jeux, pétanque, tennis, ombrages — avait progressivement perdu sa vocation. Les courts de tennis, peu fréquentés, avaient laissé place à un terrain vague de 5 000 m² : imperméabilisé à plus de 90 %, clôturé de hauts grillages, entouré d’une haie persistante chronophage. Seuls trois bosquets de pins, enracinés dans un sol sablonneux, affirmaient encore le cachet balnéaire de Tharon et la continuité de la pinède urbaine si caractéristique de la station.
La transformation de ce site est le premier maillon opérationnel du plan guide municipal, co-construit dans le cadre de la démarche Petite Ville de Demain. L’objectif est double : redonner au Mail sa fonction d’espace public de rencontre, et démontrer qu’un aménagement sobre, fondé sur les ressources du site, peut être reproductible à l’échelle de la commune.
1 — UN DIALOGUE INITIAL FONDATEUR DU PROJET
La municipalité de Saint-Michel-Chef-Chef a inscrit la démocratie participative au cœur de sa feuille de route. Dès juin 2021, une visite exploratoire réunissant une vingtaine d’habitants, d’élus et d’usagers a posé les bases du programme. La parole des participants a été unanime : retrouver au Mail la « fonction d’altérité » que cet espace public avait toujours portée entre les deux bourgs.
Six objectifs d’aménagement ont émergé de cette concertation : retrouver la figure du mail sous une forme contemporaine ; préserver les témoins de la clairière sportive (colonnades, club-house) ; accueillir tous les publics sans exception — générations, personnes à mobilité réduite, cyclistes, visiteurs saisonniers, résidents permanents ; créer un refuge ombragé pendant les heures chaudes ; travailler dans le respect des riverains, avec une empreinte carbone modeste ; et dégager, par l’économie du projet, un budget pour la rénovation des trottoirs attenants.
Ce programme n’a pas été soumis à la maîtrise d’œuvre comme une liste de prescriptions. Il a été le point de départ d’un dialogue continu avec les élus, les services techniques et les entreprises. Les arbitrages ont été partagés : choix du paillage minéral sur échantillons validés in situ, conservation du sol d’un court de tennis pour la plaine de jeux, échantillonnage en temps réel des substrats végétaux. Ce mode opératoire — où la décision de chantier est une décision de conception — n’est possible que lorsque la maîtrise d’ouvrage fait confiance au processus autant qu’au résultat.
La commune porte également une vision à long terme cohérente avec les enjeux contemporains : réduction de 50 % de la consommation de foncier (loi ZAN), maîtrise de l’éclairage public, rééquilibrage démographique d’une population vieillissante (17,5 % d’habitants de plus de 65 ans). Le Mail est le premier acte visible de cette ambition.
2 — UNE ÉCONOMIE FONDÉE SUR LES RESSOURCES DU SITE
La commune hérite de son développement des Trente Glorieuses d’un stock considérable de surfaces imperméables et carbonées : voiries surdimensionnées, parkings, équipements sportifs en enrobé et béton. Plutôt que d’exporter ces matières et d’en importer de nouvelles, le projet prend le contra-pied : déconstruire sans exporter, valoriser sans prélever ailleurs.
Quatre principes ont guidé le processus. Premier : déconstruire et valoriser les produits de déconstruction in situ, sans transport ni mise en décharge. Deuxième : désimperméabiliser et revitaliser les sols à partir des matières existantes — graves de carrière, terre végétale en place, broyat de haie, compost. Troisième : rendre visible la transformation des matériaux réemployés, en construire un paysage qui tient et qui dure. Quatrième : démontrer que ce processus est reproductible.
En pratique : les dalles de béton et d’enrobé des courts de tennis sont devenues murets de soutènement, assises, lit de rivière sèche. Un paillage minéral — mélange de béton drainant et d’enrobé criblé — a été défini sur place, par échantillonnage avec les services techniques et l’entreprise, jusqu’à trouver la granulométrie et la tonalité qui conviennent aux herbacées. Le sol d’un ancien court a été conservé pour accueillir la plaine de jeux centrale : ses lignes résiduelles jouent avec la disposition des équipements.
Du côté végétal, les substrats ont été fabriqués à partir des ressources du site, préservant ainsi les terres agricoles environnantes. Les massifs associent espèces locales du milieu rétro-littoral et variétés plus exotiques, en strates élaborées qui limitent l’évapotranspiration. Résultat : 77 % du site est désimperméabilisé. Quatre camions seulement ont quitté le chantier — pour les fondations des poteaux métalliques du grillage d’enceinte.
L’économie dégagée sur les coûts de préparation, de terrassement et de fournitures a été réinvestie dans les équipements de loisirs — directement issus des souhaits de la concertation.
3 — UN JARDIN QUI MULTIPLIE LES USAGES
L’axe historique du mail est libéré et cadré par les bosquets arborés rénovés. La figure du mail — effacée par des décennies d’équipements sportifs — est retrouvée sous une forme contemporaine, traversante et ouverte. Le jardin est organisé autour d’une succession d’ambiances : le terrain d’aventure, la plaine de jeux centrale, les milieux plantés, les assises.
La balançoire-nid permet aux enfants de « prendre de la hauteur et de voir plus loin que les adultes, en direction de la vallée du Calais ». La tyrolienne, plébiscitée lors de la concertation, est l’activité phare pour les grands enfants. L’allée en béton lisse — seul ouvrage neuf du jardin — sinue entre les équipements et assure l’accessibilité PMR de l’ensemble du site. Elle relie progressivement les différents lieux, prolongeant l’expérience de la déambulation dans un jardin de dimension modeste.
La pergola et ses écureuils métalliques ont été réalisés par l’artiste Sarah Renaud, forgeronne, en résidence de juin 2023, logée par la commune dans le gîte municipal. L’intervention de l’artiste et de son équipe a animé le chantier, invitant les habitants à suivre la transformation en cours — moment d’art public en acte qui a renforcé l’appropriation du jardin.
Le jardin fonctionne à l’année comme en été : refuge ombragé pour les plagistes, square de quartier pour les résidents permanents, étape pour les cyclistes de la Route Bleue, espace de rencontre lors du marché estival. Cette polyvalence n’est pas un pis-aller : elle est le cœur du programme. Et parce que le processus de réemploi est désormais documenté, la démarche peut être répliquée pour l’ensemble des espaces publics de Tharon.
4 — FAIRE AVEC LE DÉJÀ-LÀ POUR REVELER LE SITE
La « re-molition » — terme des urbanistes Simone et Lucien Kroll pour désigner la transformation douce du tissu existant — est ici pleinement revendiquée comme posture de projet. Les matières du jardin sont lisibles dans leur provenance : les murets sont faits des dalles du site ; le paillage minéral est l’enrobé d’origine concassé ; les assises et soutènements témoignent de la vie antérieure du lieu. Rendre visible la transformation des matériaux réemployés, c’est aussi mettre en valeur l’agilité des compagnons qui les ont travaillés.
La conception a été itérative et dynamique : allers-retours permanents entre inventaire des matériaux disponibles, prototypes à l’échelle du site, et arbitrages partagés avec la maîtrise d’ouvrage et les entreprises. Cette approche a permis d’intégrer la part d’incertitude inhérente au réemploi — variation des gisements, adaptation des substrats — sans jamais perdre ni le cap ni le délai. Concertation, conception et réalisation du jardin ont duré moins de deux ans.
La topographie est marquée par ces murets formant soutènement et assises. À partir d’un matériau peu noble — de l’enrobé cassé —, le projet construit une micro-topographie expressive, qui donne de l’épaisseur à un site autrefois plan et imperméable. Les pins restants, les colonnades du club-house, les lignes résiduelles des courts : chaque « déjà-là » est convoqué, réinterrogé, mis en dialogue avec les nouveaux usages.
Si le jardin encore jeune peut paraître trop minéral, la désimperméabilisation de 77 % du site est une réussite durable pour la santé des sols et pour le rôle de pas japonais du Mail dans la trame verte et bleue de la commune. Ce faible niveau d’investissement n’a pas permis de produire des indicateurs rigoureux sur les bénéfices environnementaux — mais il a démontré qu’une démarche exigeante, sobre et transmissible est possible, même avec des moyens très contraints.


Label(s) obtenu(s) : Démarche Petite Ville de Demain (PVD) — Commune de Saint-Michel-Chef-Chef

Informations complémentaires :
Désimperméabilisation de 77 % du site (3 850 m² restitués au sol vivant). Réemploi intégral in situ : dalles de béton et enrobés issus des courts de tennis transformés en murets de soutènement, assises et paillage minéral. Seuls 4 camions ont quitté le site (fondations des poteaux). Pergola et sculptures métalliques réalisées par l’artiste Sarah Renaud (résidence juin 2023). Tyrolienne, balançoire-nid, allée PMR. Premier maillon opérationnel du plan guide Petite Ville de Demain (PVD) de la commune. Opération livrée en moins de 2 ans (concertation, conception, réalisation).

Bureau(x) d’études : /
Photographe : atelier CAMPO