Aménagement du secteur GARE

Rue de la gare, 44530 SEVERAC

3

Programme

Requalification du quartier gare avec le traitement de l'entrée Est, de l'adaptation du flux de circulation, de l'aménagement du parvis de la gare, du réaménagement des places de stationnements et de la végétalisation et perméabilisation des espaces publics.

Concepteurs

  • UNIVERS Paysagiste Mandataire

Commune

  • SEVERAC

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Mairie de Sévérac

Thèmes

  • Aménagement

Année de réalisation

2022

Surface(s)

14 800 m²

Coûts

Terrassement-Voirie-Assainissement ------------- 878 730,00 € HT Réseaux souples --------------------------------------------- 10 300,00€ HT Aménagements Paysagers et Mobiliers --------- 114 950,00€ HT

LA COMMANDE PUBLIQUE

En coopération avec le CAUE 44, la commune de Sévérac a engagé en 2019, une réflexion globale à l’échelle du bourg et des villages et a souhaité construire un plan références et des fiches actions pour les aménagements à prévoir dans les années futures.
Ces échanges Mairie-CAUE ont été prolongés par une consultation qui a abouti au choix de notre agence d’urbanisme et de paysage.
Nous, UNIVERS, Paysagistes et Urbanistes avons été comme très souvent mandataires d’une équipe restreinte et nous avons pu travailler pendant quelques années au devenir de Sévérac pour construire ensemble un projet ambitieux, réaliste et supportable pour une commune de 1 700 habitants.

La concertation a été faite pendant toute la durée d’élaboration du plan guide avec notamment la mise en place d’ateliers thématiques mis en œuvre pour échanger avec les habitants.
Ces nombreux échanges ont abouti à une réunion publique de présentation des objectifs, des orientations urbaines et des aménagements 2020-2030.
Nous avons milité pour un dialogue et une synergie constante entre la collectivité et notre agence pour être au plus près de leurs objectifs et à l’écoute de leurs attentes.
Cette concertation s’est poursuivie pendant l’élaboration du projet de maîtrise d’Œuvre opérationnelle Quartier de la Gare avec échanges et réunion publique.

Le premier projet opérationnel issu du plan guide à être mise en œuvre a été celui du Secteur Gare.
Le projet qui comprend l’entrée Est et Sud-est de la l‘agglomération, la Rue de la Gare, le chemin du Kaolin et le parvis de la halte ferroviaire a porté de nombreux objectifs :
• Développer des liaisons piétonnes vers la salle de fêtes et vers le bourg,
• Améliorer le parcours des bus et mettre en place des arrêts normés et sécurisés pour tous les usagers,
• Installer une signalétique pour développer la visibilité de la gare,
• Préserver la capacité en stationnement automobile proche de la gare et permettre la mutualisation du parking,
• Sécuriser le carrefour de la Gare et la traversée des voies ferrées,
• Végétaliser qualitativement tous les espaces possibles (arbres de haute-tige et arbustes),
• Reprendre le plan de circulation avec la possibilité de travailler sur des sens uniques.

L’ENVIRONNEMENT ET LES RESSOURCES

Le projet a été conçu et s’est construit dans un intérêt environnemental.
Pour cette raison, nous apprécions être mandataire de nos équipes de maîtrise d’Œuvre car nous estimons en tant que paysagiste avoir une sensibilité plus grande à la gestion de la ressource (et notamment les eaux pluviales), à la biodiversité, à la gestion du patrimoine arboré existant…
Aussi, les principes d’aménagement (désimperméabilisation et végétalisation) et les matériaux ont été choisis dans cette optique partagée avec la collectivité et notre BE VRD :
• Réduction de largeur de voie avec changement de régime de circulation (sens unique) pour donner plus d’espace aux espaces verts,
• Choix d’un matériau perméable sur tous les espaces de stationnement,
• Choix de matériaux pérennes (granit, béton…),
• Maintien et protection des arbres existants avec mise à distance pendant le chantier…

Les essences végétales arborées et arbustives ont d’abord été choisies pour s’approcher de la palette endogène. Erables, merisiers à grappes, frênes et sorbiers sont des essences qui ont été plantées pour compléter le patrimoine arboré existant.

L’INTÉGRATION ET L’ESTHÉTIQUE

Dans un contexte où la halte ferroviaire devient un véritable lieu d’échange multimodal, l’accessibilité est un élément essentiel à son bon fonctionnement.
Ces lieux dégradés devaient également mutés en espaces où chaque usager s’y rend en sécurité dans un environnement agréable, esthétique, paysager…
Outre la fonctionnalité retrouvée des espaces publics, nous avons largement planté notre périmètre d’études avec 32 nouveaux arbres.
L’interface entre faisceau ferroviaire et espaces publics a également été reprise pour construire une limite de qualité avec les voies ferrées (recherche de perméabilité, travail sur les hauteurs, les couleurs, les ouvertures/fermetures…).

LES USAGES ET LES FONCTIONNALITÉS

Lieu d’accueil, lieu de passage ou lieu d’échanges, les abords d’une gare ou d’une halte ferroviaire sont toujours des espaces où les modes de mobilité se rejoignent.
Aussi, par la mise en place d’un mobilier spécifique, le cycliste peut garer son vélo à l’abri et en toute sécurité.

Le contexte de développement des mobilités alternatives à l’automobile a engendré des changements et des attentes différentes dans les pratiques de déplacements des habitants, qui ont amené à revoir la réflexion globale et ainsi, mieux prendre en compte la question des déplacements doux à l’échelle du centre-bourg et des hameaux à proximité.
De plus, une augmentation de la fréquence des arrêts de trains à Sévérac a rendu ce mode de déplacement plus attractif et le secteur de la gare plus fréquenté, ce qui a nécessité une meilleure accessibilité du secteur Gare et une requalification des espaces publics.

Outre la place du vélo qui a été repensé par la mise en place d’une voie dédiée et sécurisée le long de la route départementale, le piéton n’a pas été oublié.
Aussi, en toute sécurité les usagers du train peuvent aujourd’hui se déplacer vers la gare sur de vrais trottoirs matérialisés et parfois ombragés.
Le parvis devient même un lieu d’attente confortable, sécurisé et également ombragé par la plantation de 4 arbres tige où des mobiliers d’assises ont été installés pour prolonger les liens usagers.
Ce lieu de qualité devient lieu de mixité d’usage entre ceux qui attendent un mode de déplacement (train, automobile ou car) et ceux qui s’approprient cet espace comme lieu festif, point de rencontre ou lieu d’échange.

Pour terminer la présentation de cet ambitieux projet, l’inauguration a été célébrée le 1er septembre 2023 en présence de la Région, du Département, des politiques locaux, des élus de Sévérac et de sa population.


Informations complémentaires :
– Subventions régionales pour la mobilités,
– Subvention DETR,
– Marché et procédure adaptés

Bureau(x) d’études : ABEIL (VRD)
Photographe : @univers

Pool-House

Privée, 44000 Nantes

13

Programme

Construction neuve d'un pool-house et d'une piscine

Concepteurs

  • 1 - BERRANGER & VINCENT Architectes

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Maîtrise d'ouvrage privée

Thèmes

  • Aménagement
  • Architecture

Année de réalisation

2023

Surface(s)

Cabanon : 37 m2

Coûts

NC

Après la rénovation de la maison des propriétaires par l’agence, une réflexion globale est engagée autour de la requalification du jardin avec l’idée d’une piscine et d’un cabanon. Cette nouvelle programmation est alors l’opportunité d’une recomposition du jardin, repensé comme un paysage habité, structuré par une succession de séquences, de vues et d’usages complémentaires.
Dans cette nouvelle composition paysagère, nous avons imaginé, en concertation avec le maître d’ouvrage, un volume implanté en fond de parcelle, venant accompagner la piscine tout en structurant l’ensemble du jardin.
La piscine en béton coulé sur place s’implante dans le prolongement d’un mur en pierre existant, et dialogue directement avec les pièces de vie de la maison. Le cabanon de départ devient un pool-house, conçu comme un studio autonome. Il se compose d’une chambre d’appoint, une salle d’eau et d’une cuisine.
Dans une écriture sobre inspirée des constructions vernaculaires de jardin, le bâtiment est réalisé tout en bois avec un bardage en châtaignier noirci et une couverture en tôle ondulée noire. Les espaces intérieurs conçus en contreplaqué de bouleau, définissent une atmosphère chaleureuse et épurée. Une généreuse baie vitrée d’angle prolonge les espaces vers le jardin et ouvre largement les vues sur le nouveau paysage.


Photographe : François Dantart

Création d’une place et d’un square à Nantes, quartier Collines du Cens

boulevard Schuman (appelé Route de Rennes) et rue Pierre Yvernogeau, 44300 Nantes

12

Programme

Dans le cadre du renouvellement urbain et de la densification du bâti du quartier « Collines du Cens » , reconversion de voiries en espaces publics apaisés et création d’une centralité de quartier. Aménagement des trottoirs au pied des nouveau bâtiments mixtes habitat/social/commerces/équipements. Transformation d’un double giratoire en carrefour à feux et station verrou pour le Chronobus, intégration des cycles par une voie magistrale. Square clôturé avec aire de jeux, verger, jardin de fleuriste, fontaine à boire, meridiennes, terrain de pétanque. Parvis de l’école (niveau AVP).

Concepteurs

  • atelier Campo
  • mandataire
  • Paysagiste concepteur

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Nantes Métropole pôle Nantes Centralité
  • Unité Aménagements Espace Public Philippe BELLIOT chargé de Projets

Thèmes

  • Aménagement

Année de réalisation

2025

Surface(s)

TOTAL: 16 270 m²square: 1500 m²

Coûts

Plan guide: 3 millions € HTTranche 1: 1,9 million € HT

Documents

Bilan surface désimperméabilisée : augmentation de 50%
Bilan arbres : nombre d’arbres doublé (60 conservés, 60 ajoutés = 120 au total)
Nombre de places de stationnement voitures divisé par 2 (total = 38)
Nombre de places de stationnement vélos doublé (total = 44)
Bilan réemploi : 74% d’énergie économisée, 39 % de GES économisés (d’après Nantes Métropole, calculateur SEVE-TP)

Cette mission au long cours s’est déroulée sur 6 ans, avec un premier plan guide en 2019-2020 puis une maitrise d’œuvre pour la réalisation d’une première tranche de travaux livrée fin 2025, représentant la partie principale du plan guide. Pour opérer cette requalification, les intentions de projet sont riches :
• Rendre plus urbain le boulevard pénétrant de la « route » de Vannes, artère majeure qui supporte un trafic très intense (20 000 véhicules jours), en apaisant la vitesse, en réduisant la place de la voirie au bénéfice des traversées piétonnes et en aménagent un axe magistral pour les cycles.
• Dans le quartier, favoriser l’espace des déplacements actifs, dont les piétons en priorité.
• Desservir les commerces qui animeront la place, soigner l’image d’entrée d’un quartier redynamisé.
• Valoriser le patrimoine arboré, qui fait l’identité du quartier, et mettre en scène la liaison vers la vallée de la Chézine branche de l’Etoile Verte nantaise.
• Améliorer la desserte des écoles pour s’inscrire dans les nouveaux plans sanitaires et de sécurité.
• Aménager en lieu et place d’un parking un square de proximité avec des jeux d’enfants et des assises ombragées pour se retrouver.

L’origine du projet :
Le contexte social de ce renouvellement urbain était tendu, car les habitants percevaient la densification comme une perte de qualité pour leur quartier. En effet, les espaces verts résiduels de cette ancienne bretelle de voie rapide étaient occupés temporairement par un petit skateparc (peu fréquenté) et de grands arbres plantés dans les années 1980. La polarité commerciale d’origine (bar-tabac, boulangerie, pharmacie…), peu fonctionnelle et vieillissante, avait le mérite d’exister.
Les larges voies de l’ancienne bretelle étaient converties en parking public qui, de par sa proximité avec l’axe d’entrée de ville, était accaparé par des voitures ventouses et du stationnement relai. L’offre de places était bien supérieure au besoin (définit par une étude de stationnement). Ce parking était aussi le théatre de mésusages nocturnes. Malgré cela, les habitants percevaient ce parking comme une nécesité pour la vie des commerces et un plus pour leur quartier.
Le PLUM ayant débloqué la constructibilité des abords des axes structurants, une OAP ciblée sur le quartier a réduit les emprises routières à un gabarit de rue et dégagé deux grandes parcelles constructibles. Deux opérations immobilières mixtes successives ont transformé le quartier en vaste chantier pendant plusieurs années. Cette densification constituait une amélioration en terme de fonctionnalités : les rez-de-chaussée commerciaux sont devenus lisibles depuis le boulevard, la mairie annexe est rénovée et ses locaux modernisés et adaptés aux usages, le cabinet médical est accessible aux PMR, les commerçants et habitants on gagné leurs places de stationnement dédiées dans les parkings aux sous-sols des immeubles.
Malgré toutes ces améliorations à la clé, la population ressentait un ras-le-bol des travaux et campait sur des positions conservatistes, craignant par la perte de stationnements, la perte d’attractivité du quartier….
La concertation et le plan guide
Dans le nouvel esprit participatif nantais, qui envisage l’aménagement des espaces publics par la concertation en priorité, ce quartier Schuman en général et la rue Yvernogeau en particulier, ont fait l’objet d’un plan guide co-construit avec les habitants et usagers, invités plus largement que les seuls riverains du périmètre de projet. C’est dans ce contexte que l’agence SCOPIC (communication et concertation) emporte la mission de plan guide, accompagnée de l’atelier Campo (conception du plan guide) et CERAMIDE pour la partie technique et économique. Le trinômee vient prolonger une démarche participative au long court, dans la suite d’un Plan Paysage et Patrimoine réalisé sur le quartier quelques années auparavant par Nantes Métropole (réalisation : agence MAP).
Le diagnostic participatif a été un succès. Organisé sous forme d’une permanence avec un stand sur place et une première marche organisée en fin de semaine et fin de journée, il a permis de mobiliser à la fois actifs, retraités, parents, enfants. Les commerçants, l’école et le collège proche ont été concertés dans une démarche parallèle, plus ciblée, pour prendre en compte leurs besoins spécifiques.
Par la suite, un cycle de trois ateliers de co-conception organisés en petits groupes a fait ressortir les besoins de la vie de quartier : en premier lieu, des espaces libres pour se retrouver et faire vivre le lien social et la convivialité. Ensuite, la réduction de la vitesse, favorisée par le gabarit de voie rapide, l’amélioration de traversée du boulevard (20 000 véhicules/jours !), la connexion avec la vallée du Cens toute proche (Plan Paysage) et une offre de jeux et d’espace vert de proximité à l’échelle du quartier.
Nantes métropole a ajouté à cette programmation habitante les politiques publiques qui visent à : rendre la rue à tous, piétons et personnes âgées en priorité, mettre le parvis de l’école aux normes d’apaisement et de Vigipirate, l’intégration des cycles, la désimperméabilisation, l’agradation de la canopée pour diminuer l’effet d’ilot de chaleur (très marqué ici à cause des voiries surdimensionnées), la gestion des livreurs à vélo et scooters, l’inclusion de sanitaires publiques, la prévention situationnelle pour rendre le quartier plus inclusif, en particulier la nuit.
Campo a rajouté une ambition à cela en proposant d’exploiter le gisement d’enrobé routier pour envisager un projet de réemploi ambitieux.
En cours de mission, la crise sanitaire du Covid a chamboulé l’organisation des ces ateliers. Scopic a du mettre en place un nouveau format de mise en partage à distance. Campo a enregistré une vidéo de présentation du plan guide, diffusée aux participants, qui se sont réunis en une grande visio-conférence (pour la première fois pour nombre d’entre eux !) pour faire leurs retours sur les propositions.
La démarche a abouti à un plan guide largement illustré et un rapport de concertation, qui ont été présentés en réunion publique et exposé en mairie annexe.
La mission d’étude
Campo a par la suite emporté la mission de maitrise d’œuvre entant que mandataire avec Céramide et Iprocia (mission base + ACI + SYN). Campo a assuré la mission d’Assistance à la Consultation et l’Information du public. L’équipe a été retenue pour son ouverture à la concertation et sa précision sur le réemploi.
La phase étude a débuté avec la concertation d’un panel d’habitants, qui a pu donner son avis sur l’esquisse globale. Le travail de co-conception s’est approfondi sur la partie square, avec la production de scénarios détaillés et d’une esquisse de synthèse. Les participants ont pu réaliser leurs propres maquettes d’intention de projet par groupes, avec du matériel fabriqué par Campo. Les scénarios ont été partagés et le projet s’est affiné, jusqu’à faire consensus. Campo a ensuite réalisé une implantation du projet directement sur place avec des tracés à la craie sur le sol du parking libéré pour l’occasion, que les participants ont pu arpenter lors de la seconde visite de site.
Le projet
Dans le contexte de densification urbaine précédemment décrit, le projet se définit comme une extension de l’urbanité de centre-ville, qui atteint maintenant ce quartier jusqu’ici resté périphérique, avec des espaces libres spacieux mais sous-exploités. L’espace restant a vocation à devenir la « place du village », qui jusqu’alors faisait défaut. Le projet doit créer l’agora ou se retrouver au quotidien et où organiser les événements qui rythmeront la nouvelle vie de quartier. C’est aussi la ville du quart d’heure qui se réalise, avec un ensemble d’aménités à proximité des lieux d’habitat. La réduction des emprises routières et la conversion de la route en boulevard urbain, plus favorable à la marche, au vélo et au bus, est aussi un moyen pour relocaliser la vie de quartier et diminuer les nuisances du trafic (les habitants se disaient très impactés par l’engorgement de la route de Rennes.
Le boulevard
L’apaisement du boulevard est l’action première dont découle la redéfinition du quartier. L’emprise routière qu’occupait un double giratoire impossible à franchir par les modes actifs, a cédé la place à un carrefour à feu optimisé, qui libère l’espace nécessaire à la création d’une station verrou pour le Chronobus. La traversée en deux temps en traversant un large ilot central arboré, est facilitée, en plus des feux tricolores. Ce terre-plein central joue le rôle de verrou (empêche de doubler un bus à l’arrêt) et casse la vitesse des voitures. L’espace public est hautement qualifié avec la mise en œuvre par Eurovia de massives bordures en granit, d’asphalte et de mobilier identitaire de la centralité nantaise.
La place
Elle est composée de trois fragments que forment la grande place, le parvis de la mairie et l’entrée de la rue Yvernogeau, tous trois unifiés par un revêtement de sol continu. Les piétons sont protégés de la voirie par des potelets (pas de bordures), des massifs arbustifs et des rangées de stationnements en long (zone bleue). La place forme un grand tapis de pierre, cadré sur la façade classique de l’ancienne mairie. L’esplanade est globalement dégagée pour accueillir les animations, simplement ponctuée d’arbres d’ombrages existants ou plantés, dont le pied émerge de pavés enherbés. Des massifs périphériques, plus touffus, préservent du bruyant boulevard. Le calepinage très travaillé, mêmlant trois teintes de pierres différentes et dessinant un motif de lignes de largeurs variables, parfaitement posées par les compagnons paveurs, met en valeur le cadre urbain d’exception de la place.

Le square
Ce nouveau lieu de convivialité s’inscrit dans la continuité de l’allée aux cèdres (Nouvelles Hébrides), qui remonte depuis la vallée du Cens. Il se situe à la croisée des parcours vers l’école et le chemin du Petit-Port, vers le Cens, vers les commerces et la station de Chronobus. Le square accueil une promenade et une croisée élargies, agrémentée de bancs où s’asseoir pour se rencontrer. La grande aire de jeux, le carré du fleuriste / potager, le solarium, la fontaine à boire et le terrain de pétanque, offrent diverses possibilités d’usage et d’appropriation. Le square est ceint d’une clôture en fer forgé, mais n’est pas fermé de portes. Le tressage d’acier réalisé par les artisans de Qub évoque une palissade en osier poétique.

La désimperméabilisation et la végétalisation
Les pieds des arbres revêtus d’enrobé ont été largement élargis et ont retrouvé des sols vivants respirants. Le sous-sol de la place est composé d’une grande fosse continue de mélange terre-pierre, couvert d’une couche respirante de gravillon qui draine la condensation à la sous-face du revêtement, qui est la première cause du soulèvement racinaire. Les massifs sont plantés selon une dizaine de palettes végétales différentes, adaptées aux micro-situations. Chaque mélange est lui-même composé à partir d’une quinzaine d’essences de vivaces, graminées et bulbes, avec un objectif d’amplitude adaptative et de couverture optimale du sol.

Le réemploi
Le grand challenge du chantier du square, relevé par Arbora, est la réalisation des partie minérales à partir de matériaux de réemploi issus du site. Le chantier a également réemployé l’ensemble des bordures en granite déposées sur place. Pour le square, le projet prévoyait un sol calepiné à partir de pavés d’enrobé et des murets structurants construits avec des blocs d’enrobé. La première étape a consisté à découper le sol de l’ancien parking en blocs réguliers comme une tablette de chocolat, puis les stocker sur palette. La quantité nécessaire au projet n’a pas été atteinte avec le seul parking. Les autres parties e voirie ne pouvant être exploitées à cette phase, il a fallu aller découper des blocs sur une autre voirie Nantes Métropole. Mais l’épaisseur d’enrobé étant insuffisante pour le page de sol (16cm), ce nouveau gisement de 5 cm a été utilisé pour les murets. Campo et le Pôle ont donc complété le besoin avce un reste de stock de blocs bétons inutilisés sur le parvis de la Gare Nord. Une planche d’essai a permis de choisir le bon calepinage alternat lignes de blocs d’enrobé et lignes de blocs béton. Le résultat donne un sol très esthétique, animé par ses variations de couleur et de granularité.
L’inauguration de cet espace public a été reportée pour cause d’élection municipales, mais d’ors et déjà, le retour est unanime: l’aménagement est une réussite.


Informations complémentaires :
Appel d’offre ouvert
Financement 100% Nantes Métropole

Bureau(x) d’études : Céramide bureau d’études VRD, environnement, mobilité Iprocia bureau d’études circulation
Photographe : atelier Campo

Aménagement du jardin Duchesse Anne

Rue Henri IV, 44000 Nantes

12

Programme

Dans le cadre du « Plan Pleine Terre », l'objectif de la métropole est de désimperméabiliser 1ha en centre-ville à travers la création d'espaces verts de proximité, la plantation d'arbres et l'infiltration des eaux de pluie. La nouvelle promenade de l'Erdre à la Loire est l'un des projets phare. Une promenade matérialisée du canal St Félix jusqu'à l'Erdre en passant par le périmètre opérationnel du projet qui concerne la transformation du parking Duchesse Anne en jardin.

Concepteurs

  • PHYTOLAB- paysagistes (mandataire)

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Direction Nature et Jardins - Nantes Métropole

Thèmes

  • Aménagement

Année de réalisation

2025

Surface(s)

5600 m²

Coûts

lot 1 Aménagement végétal, arrosage et mobiliers : 1,4 M€ HT lot 2 VRD : 0,3 M€ HT

Documents

Le jardin Duchesse Anne s’inscrit dans une histoire particulièrement riche : autrefois situé en bord de Loire, le site accueillit ensuite un square agrémenté d’une fontaine pendant plusieurs décennies au début du siècle, avant d’être transformé en parking à partir des années 1960. Cette mémoire du lieu a guidé une conception volontairement simple, sobre et intemporelle.

Les lignes directrices du projet reprennent les alignements historiques des cours du XVIIIe siècle ainsi que ceux de la rue de Richebourg. La matérialité du jardin s’inscrit dans le même esprit de sobriété : des cheminements en sablé renforcé et des murets en granit beige français, dont les tonalités dialoguent avec les granits déjà présents sur le site. L’inspiration du jardin à la française y est pleinement assumée. Les perspectives créées par les tracés du jardin ouvrent le regard vers le lointain et mettent en valeur plusieurs repères majeurs du paysage nantais : la tour du Le Lieu Unique, l’axe historique vers la route de Clisson au sud, ainsi que les cours Saint-Pierre et la colonne Louis-XVI au nord.

À l’échelle métropolitaine, le projet du jardin Duchesse Anne se situe au croisement de nombreux flux urbains et paysagers. Il prend place sur l’axe de la promenade historique nantaise reliant le Jardin des Plantes de Nantes à la Loire, tout en constituant la clé de voûte de la nouvelle promenade de l’Erdre à la Loire. Celle-ci relie le canal Saint-Félix (projet du quai des Pins en cours) à l’Erdre au niveau du Quai Ceineray, en traversant notamment les cours Saint-Pierre et Saint-André.

L’objectif environnemental principal du projet est de créer un îlot de fraîcheur en plein cœur de Nantes, grâce à la suppression du parking Duchesse Anne et à sa transformation en jardin public.

À la suite d’une analyse fine de l’Indice de Confort Thermique Urbain (ICTU) du quartier, le projet s’est orienté vers une composition paysagère structurée autour d’un boulingrin végétalisé, bordé de massifs plantés en strates. Cette organisation favorise à la fois le rafraîchissement naturel du site et la création d’une atmosphère plus intime vis-à-vis de l’espace public environnant.

La dimension de fraîcheur est renforcée par la récupération des eaux pluviales au sein du boulingrin situé à l’entrée du jardin, ainsi que par la mise en œuvre d’une palette végétale spécifique dite « Erdre », composée d’essences locales présentes le long des cours d’eau nantais. Une fontaine Wallace restaurée, retrouvée dans les entrepôts de la Ville, complète ce dispositif et contribue au confort des usagers.

Au total, vingt arbres ont été plantés et la surface végétalisée est passée de 1 000 m² à 2 900 m². Selon nos modélisations, ces aménagements permettront de réduire la température ressentie d’environ 2 °C lors des épisodes de fortes chaleurs.

Deux autres objectifs majeurs guident le projet : créer un jardin à la fois fédérateur et animé.

Fédérateur, d’abord, car ce jardin a été conçu pour accueillir un large public, aussi bien dans les usages du quotidien que lors de grands événements. Le projet améliore significativement les circulations douces vers le château grâce à un cheminement en pente douce reliant la contrescarpe à la station de tramway. Ce parcours reprend la ligne de désir observée sur le site tout en la qualifiant par un véritable aménagement paysager. La suppression du parking permet naturellement aux piétons de circuler dans le jardin et ne sont plus contraints de se reporter sur le trottoir longeant la rue Henri-IV.

L’espace en plateau situé à proximité de la rue Prémion accueille un verger urbain planté d’essences fruitières — pommiers, pêchers, petits fruits et vignes — proposés en libre cueillette, dans la continuité des jardins comestibles développés par la Ville. De longs bancs filants dessinés sur mesure ont été imaginés afin d’offrir de nombreuses assises, à la fois confortables et intemporelles dans leur écriture. Ils prennent place à des points stratégiques du jardin : autour du plateau fruitier, le long du chemin de la contrescarpe — particulièrement ombragé et ouvert sur la vue du château — ainsi qu’autour de la fontaine Wallace, véritable point de fraîcheur et de rencontre pour attendre le tram. Des fauteuils installés sur de petites placettes pavées viennent également rythmer la promenade et diversifier l’offre de mobilier.

Le jardin constitue enfin un véritable lieu d’animation capable d’accueillir des événements publics d’envergure, tels que le festival Les Heures d’Été. À lui seul, le plateau fruitier forme une scène en belvédère de 415 m² dominant le jardin. Associé au boulingrin, il permet de disposer de plus de 800 m² d’espaces accessibles et appropriables par tous.


Bureau(x) d’études : Verdi Ingénierie – BET VRD, Chroniques Conseil – Historien
Photographe : Phytolab

Renaturation de l’entrée de la vallée de la Chézine

vallée de la Chézine – du boulevard du Massacre à la Salle Oger, 44100 Nantes

13

Programme

Finalisation de l’opération d’aménagement ZAC Vallon des Dervallières

Concepteurs

  • de Long en Large - paysagistes concepteurs (mandataires)

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Nantes Métropole Aménagement

Thèmes

  • Aménagement

Année de réalisation

2024

Surface(s)

1,2 hectares

Coûts

246 000 € pour le secteur Chézine (du boulevard du Massacre au gymnase Oger) - 29 000 € pour le secteur Le Nain pour : décroutage des enrobés, renaturation des sols, travaux d’adaptation des réseaux, réfection de chemins, maçonnerie des murs en pierre, petits éléments de mobilier, sols pavés, platelage bois, plantations

Documents

La vallée de la Chézine, au niveau du boulevard du Massacre, constitue une des entrées de la ville de Nantes ; entrée qui se fait ici à pied ou à vélo, par un espace de nature. La vallée de la Chézine est une des branche de l’étoile verte nantaise, appelée «vallée mosaïque». Cet espace est très fréquenté pour les loisirs du week-end ou les déplacements quotidiens ; il portait jusqu’alors des traces d’aménagements plus anciens : une voirie et ses équipements désormais inutiles et hors contexte, de l’éclairage urbain… et un aspect général très dégradé. Les continuités piétonnes et cyclables étaient compliquées, engendrant de nombreux chemins alternatifs qui, progressivement dégradaient les pieds d’arbres et milieux attenants. De plus, certains secteurs et chemins étaient particulièrement impraticables durant l’hiver, en raison d’inondations régulières par ruissellement (la topographie du site couplée à la présence des boulevards urbains à proximité génère un ruissellement très important à cet endroit).

En poursuivant les objectifs de mise en valeur du site, de prise en compte des usages et de respect des milieux, le projet a donc été l’occasion de travailler sur différents sujets :
• désimperméabiliser les sols et redonner de la place à la nature dans un ancien site urbain,
• rendre lisible et requalifier l’entrée de la vallée de la Chézine, côté boulevard du massacre, en ouvrant sur la vallée et la promenade,
• repenser la hiérarchie et l’organisation des chemins, les connecter aux rues voisines, travailler leur accessibilité,
• sanctuariser certains espaces pour permettre à la prairie de se développer, protéger les arbres existants des effets du tassement racinaire dû à une très forte fréquentation,
• compléter la trame arborée et anticiper le renouvellement de certains arbres et masses arbustives/arborées,
• permettre l’accessibilité et la traversée du site y compris en période de fort ruissellement et dans le respect du maintien de l’alimentation en eau des zones humides.

Pour cela, nous nous sommes attachés à proposer des aménagements simples et en continuité des espaces existants : les sols sont désimperméabilisés, les chemins sont repris dans un matériau plus drainants, une passerelle en bois est créée pour traverser à pied sec le secteur de prairie humide, les éclairages nocturnes sont limités pour renforcer la trame noire, les entrées de site sont délimitées par un ensemble de murs en pierre qui constituent aussi des points d’assise.
Le mobilier est sobre et constitué principalement du bois issu des abattages d’arbres vieillissants (hors contexte ou présentant un danger potentiel) ; l’ensemble du bois est d’ailleurs réemployé sur site.
Les plantations ont été réalisées principalement en jeunes plants et selon les méthodes de boisements d’avenir menées par la ville de Nantes. Quelques arbres tiges et cépées complètent cette stratégie de plantation.

Ce projet s’inscrit dans le cadre de l’achèvement de la concession d’aménagement sur la ZAC du Vallon des Dervallières ; la mission initiale consistait en la finalisation de l’opération d’aménagement, visant à résoudre un ensemble de problèmes d’aménagements ponctuels. Le travail mené en amont avec la maîtrise d’ouvrage, l’équipe de quartier et différents services de la ville de Nantes a révélé la nécessité d’élargir la commande et de penser le projet de façon plus globale : à l’échelle de la vallée et du quartier. Cette première étape de l’étude et du projet a été importante pour amorcer un travail collectif qui s’est particulièrement concrétisé avec la direction Nature et Jardin de la ville de Nantes. Les temps de diagnostic et surtout de chantier ont été nourris par les échanges avec les équipes gestionnaires du site, ce qui a permis d’adapter les proposition et d’anticiper les sujets de gestion.
Les inondations par ruissellement ont été un sujet particulièrement compliqué à gérer en chantier (avec des dégradations sur les revêtements mise en place), ce qui a nécessité des échanges avec les services et des reprises après la livraison.

Aujourd’hui, après deux années de vie, la structure globale du projet est fonctionnelle, la nature reprend ses droits et les continuités d’usages sont assurées. L’intervention est presque imperceptible et tend à s’effacer progressivement. Le travail de projet se poursuit maintenant à travers la gestion du site par les équipes de la DNJ.


Informations complémentaires :
MAPA

Bureau(x) d’études : AGEIS – bureau d'étude VRD
Photographe : de Long en Large

Parc du plan d’eau de l’Ilette

Route de la Bézinière, 44521 COUFFE

12

Programme

Phytostabilisation, reprofilages et lutte contre l'érosion des berges de l'étang. Requalification de l'entrée du site Création d'une 'Place des fêtes', d'un préau et d'un théâtre de verdure. Renaturation du parc

Concepteurs

  • AGPU PAysage & Urbanisme

Commune

  • COUFFE

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Commune de Couffé (44)

Thèmes

  • Aménagement

Année de réalisation

2025

Surface(s)

Surface du parc : 8Ha Linéaire de berges: 730ml Aire de loisirs aménagée: 1500 m2 Préau : 20m2

Coûts

525 000 € HT

Documents

• d’une exigence portée conjointement entre la maîtrise d’ouvrage et la maîtrise d’œuvre, où le dialogue de projet élève le niveau d’ambition,
Le projet  a été mené jusqu’à présent en 3 temps :
• L’élaboration d’un plan-guide concerté permettant de se projeter dans l’espace, le temps et de budgétiser sur le moyen terme.
• La restauration des berges de l’étang soumises à une érosion forte et très utilisées par de nombreux pêcheurs dont les associations organisent divers événements.
• La création d’une place des fêtes et de son préau, offrant replis et services, et enfin d’un théâtre de verdure ouvert sur une nouvelle plage verte.
Le projet d’ aménagement du plan d’eau de l’Ilette a fait l’objet d’une concertation au travers des différents ateliers menés avec les élus et techniciens. Des temps d’échanges ont également eu lieu avec les riverains et l’association des pêcheurs ainsi qu’une réunion publique de participation avec annotations partager sur des esquisses imprimées en grand format. Ces temps nécessaires à la maturation du projet ont permis d’adapter les esquisses pour prendre en compte les usages  en cours et à venir (pêcheurs, comité des fêtes, promeneurs…) ou bien limiter l’impact de ceux-ci sur les espaces périphériques et le voisinage.
• d’une approche attentive aux ressources et aux contextes, proposant des réponses adaptées aux enjeux environnementaux contemporains,
Le projet a permis globalement de renaturer ce site (désimperméabilisation des stationnements,  des berges en reprofilage et revégétalisation des berges, mise en place de radeaux végétalisés…).
Au travers d’un projet complémentaire de réseau dédié aux mobilités actives, il est désormais mieux connecté au reste de la commune et divers appuis vélos complètent l’offre.
Un travail fin a été réalisé avec le terrassier pour limiter le transport et gérer les ressources de matériaux localement (nivellement fin et recyclage des déblais, création de buttes à partir des déblais dans la partie nord du parc, importation de roches et granulats issus d’une carrière locale située à Petit-Mars (15km)).
Les bois employés pour les ganivelles, tuteurs, préaux, assises des gradins, terrains de pétanque et appuis-vélos sont locaux et non-traités (douglas, chêne, châtaignier et robinier).
Les végétaux sélectionnés et plantés proviennent de pépinières locales également (pépinières Ripoche et du Val d’Erdre) grâce notamment à la demande conjointe des maîtrises d’ouvrage et maîtrises d’oeuvre de demander la certification ‘Végétal local’ et ‘Plante bleue’.
Enfin les trois entreprises sélectionnées sont toutes locales et sont implantées dans un rayon de 20km au maximum.
• d’une conception répondant aux usages actuels, tout en anticipant les évolutions à venir,
Le projet de maîtrise d’œuvre sélectionné est issu d’une étude préalable plus élargie à l’ensemble du parc avec la programmation de différents sous-projets concertés et phasés dans le temps. 
Restera la création d’une aire de camping-car, la création d’un parcours des aménités le long du ruisseau du Beusse, la restauration-extension des terrains de bi-cross et aires de jeux, la plantation de massifs et arbres complémentaires.
Globalement, différentes opérations de plantations d’arbres sont programmées afin d’offrir davantage ombre et fraîcheur à ce parc et favoriser la biodiversité autour de ce point d’eau déjà très apprécié.
• d’une recherche sensible de qualité architecturale et paysagère, alliant audace et intégration.
L’ensemble du projet est tourné vers la vue sur l’étang sous forme de balcon au-dessus de l’eau. Ce nouvel espace, dénommé ‘Place des fêtes’ s’inspire des formes du vallon, du plan d’eau et de ses berges. Les courbes de niveaux ont été prolongées et atténuées pour favoriser l’intégration des ouvrages dans les pentes. Les matériaux sélectionnés, schistes, bois et sablés, permettent de s’intégrer harmonieusement dans ce contexte semi-naturel et rustique du bocage ligérien. Enfin, la palette végétale locale prolonge les différentes ripisylves et haies bocagères.


Informations complémentaires :
Fond vert – France Nation Verte

Bureau(x) d’études : Hardy Environnement
Photographe : ©AGPU

Pêcherie pédagogique et observatoire en bord de Loire

Longue Mine, Etang de la Croix Rouge, 44115 Basse-Goulaine

17

Programme

Observatoire paysager, pêcherie pédagogique

Concepteurs

  • 0101 architectes (Architectes)
  • Atelier Le Vôtre (Paysagiste Concepteur
  • mandataire

Commune

  • Basse-Goulaine

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Nantes Métropole

Thèmes

  • Aménagement

Année de réalisation

2025

Surface(s)

50m² surface de plateforme et passerelle d'accès

Coûts

96.000 € montant de travaux

Documents

La Pêcherie pédagogique de l’Étang de la Croix Rouge, à Basse-Goulaine, est née d’un dialogue étroit entre Nantes Métropole, la commune de Basse Goulaine, les usagers de l’association des pêcheurs et l’équipe de maîtrise d’œuvre. Ce travail collectif a permis de transformer un équipement fragile et discret en un lieu de transmission ouvert au public, capable de rendre visible un patrimoine vernaculaire ligérien aujourd’hui menacé de disparition.

La pêche au carrelet appartient à l’imaginaire des rives de Loire, cette technique est même un patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. Les pêcheries, constructions légères, souvent construites par les pêcheurs eux-mêmes, ponctuent le paysage fluvial depuis des décennies. À l’Étang de la Croix Rouge, la pêcherie existante, installée depuis plus de trente ans, témoignait déjà de cette relation patiente entre l’homme, le fleuve et le territoire. Malgré la fragilité apparente de ses poteaux, elle tenait toujours debout, protégée par une zone relativement calme du courant. Mais son état ne permettait pas un accueil du public ni une transmission pédagogique de cette pratique.

Le projet propose ainsi une nouvelle pêcherie « école », pensée comme un outil d’apprentissage autant qu’un belvédère tourné vers le paysage ligérien. Implantée dans le prolongement de l’accès historique entre deux arbres conservés, elle s’inscrit avec précision dans le site existant afin de préserver les usages et la mémoire du lieu. Son avancée sur la Loire reste mesurée, la passerelle améliore l’accessibilité et permet un accueil de tous les publics.

L’ouvrage développe une écriture architecturale volontairement simple et lisible. Une passerelle descend doucement vers l’eau et conduit à une plateforme ouverte d’où l’on peut observer la manipulation du carrelet, regarder les variations du fleuve, le ciel ou les couchers de soleil. La transparence des caillebotis métalliques laisse apparaître l’eau sous les pas, renforçant la sensation d’être suspendu entre berge et fleuve. Les ailes latérales suspendues en porte-à-faux au-dessus de l’eau permettent l’accueil de groupes scolaires, d’associations ou de visiteurs venus découvrir un savoir-faire local souvent méconnu.

L’attention portée aux ressources et au contexte a guidé l’ensemble du projet. Les interventions sur le site restent minimales : aucun arbre supprimé, aucune imperméabilisation supplémentaire, pas de béton, des fondations en pieux battus et un chantier léger, principalement préparé en atelier afin de limiter les nuisances et les interventions dans cette zone humide sensible. Les périodes de travaux ont également été adaptées au rythme écologique du site.

Au-delà de sa fonction pédagogique, la pêcherie participe à une réflexion plus large sur les petits équipements publics liés aux paysages du quotidien. Le projet ne cherche ni l’objet spectaculaire ni la reconstitution patrimoniale. Il propose plutôt une architecture attentive, capable d’accompagner les usages présents tout en préparant leur transmission future. Entre infrastructure discrète, observatoire paysager et lieu de rencontre, la Pêcherie pédagogique de l’Étang de la Croix Rouge réactive un fragment du patrimoine ligérien en lui donnant une nouvelle place dans le territoire contemporain.


Bureau(x) d’études : ECTS structure, OCE environnement
Photographe : voir nom de fichier

BOIS HUE

rue du Bois Hue, 44000 Nantes

21

Programme

Aménagement du secteur du Bois Hue, en partie espace Classé pour en faire un nouveau parc nantais, en lisière de la ZAC Erdre Porterie à Nantes. L'opération doit permettre d'offrir de nouveaux lieux d'usage, complémentaire à ceux quartier, en respect avec le caractère patrimoniale et écologique du site. La concertation doit être au cœur de la démarche, à la rencontre des habitant du quartier, des riverains immédiat du site et de la Direction Nature et Jardin de la ville de Nantes, futur gestionnaire du site.

Concepteurs

  • super8

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Nantes Métropole Aménagement

Thèmes

  • Aménagement

Année de réalisation

2025

Surface(s)

31 000m²

Coûts

240 000€

Documents

Le Bois Hue (3.5 ha dont 1.3 ha en site classé) bénéficie d’une situation privilégiée à Saint Joseph de Porterie, entre secteur urbanisé récent (Zac Erdre Porterie) et site naturel protégé de la Vallée de l’Erdre.
Les traces du site historique du château du Bois Hue sont encore visibles de par la présence d’une pièce d’eau située au cœur du bois en espace boisé classé, d’un puits et du patrimoine bâti réhabilité et habité (logis et longères privés de l’ancienne ferme).
Autour du bois, s’articule un ensemble varié de milieux, prairies, bosquets, bassin de rétention plus récents, en partie aménagés à l’occasion de la création de la Zac.
Le projet d’aménagement du Bois Hue part de la volonté de mise en valeur ces espaces, par une lisibilité de parcours et d’usages contextualisés pour en faire demain un nouveau parc dans le réseau des jardins nantais.

Les aménagements et usages projetés sont développés dans le respect du déjà-là, à savoir, le patrimoine arboré, le sol vivant, le petit patrimoine bâti, mais également les habitants riverains. Et cela doit se faire en tirant profit de l’ensemble des espaces autour du bois Hue : le bois, la colline, le bosquet, la prairie, en les liant dans un tout cohérent et vivant.
Super8 pose donc les ambitions suivantes, qui seront partagées avec l’aménageur de la Zac, Nantes Métropole Aménagement, et le futur gestionnaire, la Direction Nature et Jardin de la ville de Nantes :
– une approche sobre et peu interventionniste sur les aménagements proposés,
– la conservation de l’esprit champêtre du bois,
– la préservation et pérennisation du patrimoine historique et végétal,
– l’accueil d’usages variés pour tous les publics.
Ces ambitions nous donnent le cadre de grands principes d’interventions, déclinés selon cinq thématiques :
AMENAGER
– Signaler les «portes du bois», pour créer les limites du futur parc
– Canaliser les cheminements de balade et limiter le tassement des espaces naturels
– Préserver, baliser et unifier les différents espaces par la déclinaison d’une typologie de clôtures
PROTEGER
– Restaurer et mettre en valeur le petit patrimoine bâti
– Conforter les continuités bocagères et les différentes niches écologique
ENTRETENIR
– Entretenir le plan d’eau et ses pourtours
– Gérer de façon différenciée et saisonnière la prairie du château
– Entretenir et régénérer le boisement
VALORISER
– Maintenir et conserver les ouvertures visuelles sur l’ancien château et la vallée de l’Erdre
ÉQUIPER
– Créer des éléments totems pour enrichir d’une nouvelle singularité le bois
– Implanter du mobilier pour conforter et spatialiser les usages

LE BOIS HUE, LA PIECE D’EAU, LA VUE SUR LES CHAMPS (en site classé)
C’est le cœur du projet, et c’est à partir de là que l’ensemble des éléments du projet vont se décliner.
L’ensemble du bois n’a pas vocation à être parcouru, donc des clôtures de type agricole, avec des piquets de châtaignier battus sont mis en place, pour isoler certaines zones, faciliter la régénération naturelle du boisement, sécuriser les abords de la pièce d’eau et éloigner les cheminements des franges habitées. Ces cheminements sont simplement matérialisés par des copeaux en partie issus des tailles sanitaires portées sur certains arbres vieillissants et un unique banc est installé sur un point de contemplation entre l’étang et prairie en contrebas. L’objectif est de maintenir la déambulation dans le bois, mais de ne pas y apporter d’autres usages qui seront plus pertinents et moins intrusifs ailleurs.

LE VERGER (en site classé)
En face de l’ancien château, il constitue une des entrées du parc.
Son implantation fait écho à l’ancien ordonnancement de ce secteur, une cour comprise entre deux longères, vue sur la vallée. La réintroduction d’anciennes variétés fruitières comme le cormier offre un support pédagogique sur le patrimoine, la flore et le développement de la faune. Comme pour la pièce d’eau, le seul mobilier proposé ici sera uniquement un banc en bois de châtaignier.

LA GRANDE PRAIRIE (pour partie en site classé)
Ouverte sur la façade opposée de l’ancien château, la grande prairie est au contact direct des nouvelles résidences de la Zac.
Au-delà d’offrir une simple perspective, ce vaste espace ouvert doit marquer l’entrée du parc. On y conforte l’usage récréatif en installant de nombreux mobiliers, plateformes et grandes tables, on y redessine une allée directement reliée au bois et on la cerne partiellement de clôtures, pour marquer une frange, l’entrée du parc du Bois Hue.
Comme partout ailleurs, le mobilier sera le moins intrusif possible sur le sol déjà en place. Les travaux ne nécessitent pas d’engins lourds, pas de déblais, pas de fondations. L’ensemble des éléments sont en bois non traités, châtaignier, chêne, pin douglas ou robinier, adaptés aux différentes situations.

LA COLLINE ET LE BOSQUET DES CABANES (hors secteur classé)
De l’autre coté du bois, une zone « technique » sépare le bois du quartier. Un bassin d’orage et une colline enfrichée, monticule artificiel délaissé des fouilles archéologiques préalable aux premières opérations de logement de la Zac, longe le mur d’enceinte du bois.
Au pied de la colline, un bosquet non entretenu est en partie approprié par les enfants du quartier. Ils y ont construit quelques cabanes rudimentaires, et accroché des balançoires aux branches des chênes.
Encore plus qu’ailleurs, c’est ici que le dialogue établi avec les riverains et les services techniques prend tout son sens dans l’enrichissement du projet.
Avec le service espace verts tout d’abord, avec qui nous discutons pour convenir du juste degré d’intervention pour créer des cheminements au travers du taillis et des ronces, dans un souci d’intervention minimale, mais engagée (le roncier offre un refuge privilégié pour la faune locale). La colline et le taillis deviennent alors un lieu à hauteur d’enfant, à explorer et à escalader. Le bassin est contourné par un chemin alternatif de copeaux. Entre les deux, une ancienne plateforme technique, accueille un nouveau mobilier d’agrès sportifs, à destination des joggeurs qui traversent pour notamment rejoindre les bord de l’Erdre voisine.
Puis avec les enfants et les parents du quartier, après avoir pris le temps d’expliquer pourquoi les balançoires et les petites cabanes construites de palettes ne pourraient pas rester dans un espace public ouvert à tous, nous avons travaillé avec les enfants à la définition de la cabane idéale, puis réinterprété cette utopie dans un ouvrage normé et pérenne. C’est ainsi trois structures ornementales qui sont installées sous les arbres, toujours avec le même principe de bois brut et de pieux battus, trois sculptures animalières qui apportent une réelle singularité et valeur à cette ancienne parcelle délaissée.


Bureau(x) d’études : APE, Egis
Photographe : Jean-Christoph Rousseau

Construction d’un accueil périscolaire et d’un centre de loisirs

Rue de l'Ecole, 44330 LA REGRIPPIERE

23

Programme

Construction d’un accueil périscolaire et d’un centre de loisirs

Concepteurs

  • Atelier Horizons (Paysagiste) LOOM Architecture (architecte mandataire)

Commune

  • LA REGRIPPIERE

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Mairie de La Regrippière

Thèmes

  • Aménagement
  • Architecture

Année de réalisation

2024

Surface(s)

470m2

Coûts

1 500 000€ HT

Documents

Cette opération de centre de loisirs et accueil périscolaire est née d’un dialogue étroit entre la maîtrise d’ouvrage, les élus, l’équipe pédagogique et la maîtrise d’œuvre. Dès les premières réflexions, le projet a été envisagé comme une démarche collective, attentive aux usages, aux enjeux éducatifs contemporains et à l’inscription du bâtiment dans son environnement communal. Cette exigence partagée a permis de dépasser une réponse strictement fonctionnelle pour concevoir un lieu à la fois accueillant, évolutif et porteur de qualité d’usage.
Implanté en cœur de bourg, sur l’emprise d’un ancien terrain sportif minéral, le projet transforme un espace imperméabilisé en un lieu largement végétalisé et perméable. L’insertion paysagère s’appuie sur une volumétrie simple, inspirée des toitures à double pente environnantes, réinterprétées dans une écriture contemporaine et ludique. Le bâtiment s’installe en limite nord afin de préserver une cour largement ensoleillée au sud et d’ouvrir les espaces intérieurs sur le vallon. Le projet valorise les ressources locales à travers l’emploi de matériaux biosourcés et pérennes : ossature bois, isolation en laine de chanvre, bardage en douglas naturel et couverture en tuiles locales. Les aménagements extérieurs favorisent également la désimperméabilisation des sols et la biodiversité grâce à la plantation d’une vingtaine d’arbres et à la création d’espaces plantés participant au confort climatique du site.
Le projet a été conçu autour des besoins des enfants et des équipes éducatives, avec une attention particulière portée à la qualité des usages présents et futurs. Le préau mutualisé constitue un espace fédérateur entre l’école et le périscolaire, tout en anticipant une possible évolution de l’organisation des accès afin de renforcer à terme la sécurité des cheminements piétons. Les espaces extérieurs sont pensés sans hiérarchisation des pratiques afin de permettre à chaque enfant de trouver sa place. Les questions d’inclusivité, de genre et de diversité des usages ont nourri la conception des espaces intérieurs comme extérieurs, dans une recherche d’équité et de bien-être. Le traitement du dénivelé par une rampe accessible, des assises paysagères et un toboggan participe à une appropriation libre et ludique des lieux. À l’intérieur, les ouvertures basses permettent aux enfants de bénéficier pleinement des vues sur le paysage, affirmant que la qualité architecturale doit être accessible à tous les âges. Une attention particulière a également été portée au confort acoustique afin de créer une ambiance feutrée et apaisante.
Enfin, le projet revendique une architecture sensible, capable d’allier sobriété, identité locale et générosité spatiale. Le dialogue entre le bois, la tuile et la lumière naturelle construit une atmosphère chaleureuse et protectrice. Le préau creusé dans le volume principal devient à la fois seuil, espace de rencontre et dispositif bioclimatique, offrant ombre et confort d’été. Les cadrages sur le paysage, les transparences, le travail des filtres bois et les variations de lumière contribuent à créer un équipement à échelle d’enfant, ouvert sur son territoire et profondément ancré dans son contexte paysager et humain.


Bureau(x) d’études : ALS, Matrice économie, AIREO
Photographe : François DANTART

Création du Jardin Fréour

Place du Mûrier, 44740 Batz-sur-Mer

26

Programme

Aménagement d'un jardin public sur une ancienne parcelle bâtie habitée par l'artiste-sculpteur Jean Fréour et sa femme Soizic acquise par la Commune. En secteur AVAP. Parcelle partiellement bâtie et Espace Boisés Classé.

Concepteurs

  • MAP [PAYSAGISTES] mandataire

Commune

  • Batz-sur-Mer

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Commune de Batz-sur-Mer

Thèmes

  • Aménagement

Année de réalisation

2025

Surface(s)

2347 m²

Coûts

696 900 euros H.T

Documents

Le Jardin Fréour à Batz-sur-Mer est un lieu de mémoire, de paysage et de création. Ancienne propriété privée du sculpteur Jean Fréour et de son épouse Soizik, cette parcelle longtemps demeurée fermée et en retrait du regard public va connaître une nouvelle vie grâce à son acquisition par la commune. Elle s’inscrit dans une ambition plus large de renforcement des continuités paysagères du centre-bourg, en lien avec la Place du Mûrier et la continuité des parcs du Petit Bois et de Ker d’Abbas, participant ainsi à la constitution d’une véritable trame verte reliant le cœur historique au littoral et aux marais salants.
Le projet conçu par MAP [PAYSAGISTES] s’inscrit dans une démarche attentive à la mémoire du lieu autant qu’aux enjeux contemporains liés au climat, à la biodiversité, à l’accessibilité et aux usages. Le jardin existant, progressivement enfriché au fil du temps, présentait déjà les caractéristiques d’un écosystème spontané remarquable : grands chênes verts centenaires, robiniers, cyprès de Lambert, sous-bois humifère et végétation libre composaient un véritable îlot de fraîcheur au sein du tissu dense et imperméable du bourg.
L’ambition du projet n’est pas de transformer radicalement ce paysage, mais d’en révéler les qualités latentes en accompagnant les dynamiques naturelles déjà présentes. La méthodologie de travail repose sur une lecture fine du site, de sa micro-topographie, de ses sensibilités de voisinage, de ses continuités végétales et de ses usages potentiels. S’inscrivant dans l’Aire de Mise en Valeur de l’Architecture et du Patrimoine de Batz-sur-Mer, le projet a fait l’objet d’un Permis d’Aménager permettant d’articuler à l’échelle de la parcelle les enjeux paysagers, techniques et réglementaires, tout en garantissant une exigence forte de qualité d’intervention et de respect du contexte bâti et paysager. Il a été conduit dans une démarche de co-construction avec les élus, les services techniques de la Commune, de Cap Atlantique et de l’Architecte des Bâtiments de France, assurant un dialogue continu entre projet paysager et exigences patrimoniales. Cette approche a permis de privilégier la conservation, l’accompagnement et la révélation des éléments existants : murs anciens, structures végétales remarquables et traces du jardin initial, tout en imaginant un nouvel espace de nature au caractère paysager affirmé.
Malgré une surface modeste de 2 345 m², le dessin du jardin s’organise autour d’une succession de séquences paysagères qui accompagnent la forte déclivité du site et permettent de proposer une promenade accessible à tous. Terrasse haute minérale, jardins de seuil, vallon ombragé, clairières ouvertes, buttes plantées et jardin humide composent un parcours sensible et immersif, révélant la diversité des milieux. Cette composition permet de transformer une contrainte topographique en qualité d’expérience, en offrant une lecture progressive du site et une découverte d’extraits de paysages puisque l’aspect botanique et les choix de palettes végétales y ont particulièrement été travaillés.
Les interventions restent volontairement sobres afin de préserver l’atmosphère intime du site et de respecter les espaces boisés classés. Les cheminements accessibles aux personnes à mobilité réduite sont intégrés au relief existant grâce à un système de terrasses soutenues par de faibles murets de granit, limitant les terrassements et préservant les sols vivants à proximité des arbres existants. Les cheminements organisent une circulation douce entre les différentes terrasses du site et offrent des points de vue variés sur les paysages bâtis et végétaux environnants. Le travail sur les seuils, les changements de niveaux et les passages resserrés structure une expérience progressive du lieu, où chaque séquence compose une ambiance spécifique.
Le granit, matériau identitaire de Batz-sur-Mer, structure les sols, escaliers et soutènements. Son calepinage irrégulier s’inspire des cours anciennes du bourg, tandis que les joints engazonnés favorisent l’infiltration de l’eau et accompagnent la transformation lente des surfaces minérales. Dans les espaces plus naturels, les allées sont réalisées en arène granitique compactée, perméable et sans liant chimique, tandis que les plateformes et mobiliers utilisent le robinier, bois européen naturellement durable. Une attention particulière est portée au réemploi des matériaux issus du site, blocs de pierre trouvés sur site, ancien puits rénové, et certains troncs d’abattages sanitaires qui ont été transformés en assises naturelles.
La gestion de l’eau constitue un principe structurant du projet. Le projet révèle le cheminement naturel des eaux pluviales à travers le jardin : caniveaux de pierre, petit vallon et mare temporaire permettent de recueillir, ralentir et infiltrer les eaux provenant des toitures existantes, dont les gouttières ont été déconnectées du réseau. Cette gestion alternative renforce la fertilité des sols, limite les ruissellements et contribue à créer des ambiances fraîches en période estivale, tout en rendant lisible le cycle de l’eau dans le paysage.
Le projet a prévu également le renforcement progressif de la strate arborée par la plantation de nouveaux arbres, venant diversifier les essences et compléter la canopée existante. Cette évolution accompagne à long terme l’amélioration du confort climatique du centre-bourg et le renforcement des continuités écologiques à l’échelle communale.
Le jardin est conçu comme un espace du quotidien autant qu’un lieu de contemplation. Il accueille des usages simples — traverser, s’asseoir, se rencontrer — dans un cadre ombragé et apaisé mais peut aussi recevoir à l’occasion grâce à ses gradines et une grande terrasse en bois de robinier des petits évènements festifs et culturels que la commune souhaitait mettre en place.
Le bâti existant est envisagé comme un support de programmation culturelle évolutive. La villa pourrait accueillir après rénovation des résidences d’artistes, les dépendances seraient transformées en espaces d’exposition et d’ateliers, et l’ancienne buanderie deviendrait un lieu de petite restauration contribuant à l’animation du site.
Cette programmation affirme le Jardin Fréour comme un lieu hybride entre paysage et création, où l’activité artistique prolonge l’histoire du lieu et s’inscrit dans la vie quotidienne du bourg. Le site devient ainsi un espace habité, où se croisent pratiques culturelles, usages publics et mémoire du lieu. Une dimension artistique pérenne vient renforcer cette identité : une sculpture en granit représentant le couple Jean Fréour et Soizik Fréour a été réalisée par le tailleur de pierre Aymeric Louvet. Intégrée aux petits murs de terrasses du jardin, cette œuvre agit comme un point d’ancrage symbolique et sensible du site, à deux pas de l’ancien atelier de Jean Fréour. Elle prolonge le lien fondamental entre la figure humaine, la matière minérale et le paysage, tout en inscrivant une mémoire intime au cœur du parcours : Jean sculptait Soizic qui elle créait son jardin sauvage.
En phase transitoire, des panneaux de sécurisation des bâtiments ont été investis par une intervention artistique du Studio Katra, transformés en supports de fresques. Cette présence artistique accompagne la mutation du site et affirme déjà sa vocation culturelle et publique, en transformant les contraintes de sécurisation en supports d’expression.
Le projet s’inscrit dans une logique de transformation progressive, adaptée à la présence du végétal existant et à la complexité du site en cœur de bourg. Les interventions privilégient la sobriété, la réversibilité et la préservation des structures en place, qui ont permis en aout 2025 une ouverture au public tout en maintenant les équilibres écologiques et patrimoniaux.
À travers cette démarche, le Jardin Fréour reste un morceau de « paysage habité », un jardin de Villa dont les murs se sont abaissés et les portails se sont ouverts, un refuge climatique et un lieu de rencontre entre patrimoine, nature et création, où les usages contemporains s’inscrivent dans une continuité sensible et poétique qui n’attend plus que de pousser.


Informations complémentaires :
Mission de maîtrise d’œuvre complète (y compris programmation et Permis d’Aménager) après Procédure adaptée

Bureau(x) d’études : TUGEC Ingénierie bureau d'études VRD co-traitant
Photographe : MAP [PAYSAGISTES], WDS44 et Frédéric Sauton