Bureaux

108 rue JB et H Tendron, 44400 Rezé

105

Programme

Transformation (rénovation + surélévation) d’une maison de maraîchers à Rezé, en bureau d’architectes et deux salles de kinésithérapeutes.

Concepteurs

  • Baltique

Commune

  • Rezé

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • SCI Philae

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2023

Surface(s)

95 m2 SP

Coûts

150 000 € HT

Documents

Le projet se situe dans le quartier Ragon à Rezé. Une parcelle à vendre, sur laquelle une maison de maraîchers des années 1940, un peu échouée et insalubre, regarde dans une autre direction que les constructions voisines plus récentes.

Nous achetons ce terrain et son bâtiment : la maitrise d’oeuvre et la maitrise d’ouvrage se confondent. Il s’agissait d’abriter un bureau d’architectes, et deux salles de kinésithérapeute.
Aussi, les ambitions de projet se sont confrontées immédiatement aux possibilités du bâtiment, à l’argent mobilisable, aux choses à récupérer sur place.

Rapidement, l’hypothèse de la démolition a été écartée, au profit d’utiliser le bâtiment en l’état, et l’agrandir d’un niveau. L’orientation, non perpendiculaire à la voirie, regarde le sud-est, favorable pour les apports solaires du début de la journée. La façade sud-ouest, mitoyenne et aveugle, nous évite les surchauffes de la fin de journée.

La surélévation est basique : un ensemble à ossature bois, remplissage fibre de bois, couverture en tôle aluminium, intérieurs en osb, bardages aluminium.
Les deux niveaux développent chacun 50m² . L’inertie de la maçonnerie au rdc sied aux consultations médicales, la part belle est donnée à des vues larges et inhabituelles sur le paysage faubourien à l’étage.
Des stores orientables, de larges ouvrants, permettent la ventilation et le contrôle du climat intérieur, ainsi qu’une pompe à chaleur air/air.

Nous avons pris en charge une part de la démolition et des ouvrages intérieurs, tels que l’isolation, les plafonds, les doublages, le bardage, les agencements. Dans un souci d’économie, et aussi pour le plaisir de se confronter au faire. Négocier en nous même les détails et les arrangements entre matériaux
Et trouver des voies pour aller au plus simple.

Des éléments récupérés dans le bric à brac de l’existant ont permis la fabrique de luminaires en aluminium, d’éléments extérieurs en bois.

Le projet existe aujourd’hui légèrement décalé dans son contexte ; il est reconnaissable sans être criard, étrange caméléon clair dans un le tissu pavillonnaire orangé rezéen.


Informations complémentaires :
Surélévation bois préfabriquée
Bardage et toiture aluminium
Menuiseries aluminium + BSO
Climatisation réversible

Bureau(x) d’études : TRIMAT
Photographe : Daniele Rocco

L’Épicerie

24 GRANDE RUE, 44240 Sucé-sur-Erdre

106

Programme

Transformation d’une épicerie en tiers-lieu

Concepteurs

  • 1 - LOOM Architecture- architectes

Commune

  • Sucé-sur-Erdre

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • LOOM Architecture

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2025

Surface(s)

70m2

Coûts

130 000€ HT

Documents

Situé au cœur du bourg, ce bâtiment du XIXe siècle, autrefois épicerie de village puis logement, était inoccupé depuis plus de vingt-cinq ans lorsque notre agence a entrepris sa transformation en lieu de travail partagé et tiers-lieu culturel. Le projet est né d’une démarche engagée portée directement par la maîtrise d’œuvre, à la fois architecte, conceptrice et maître d’ouvrage de l’opération. Cette double posture a permis de mener une réflexion exigeante sur la réhabilitation du patrimoine ordinaire, en faisant de nos propres bureaux un laboratoire de pratiques architecturales, sociales et environnementales. Pensé comme un lieu de travail ouvert sur le bourg, le projet accueille également des événements, ateliers et initiatives associatives, participant ainsi à la redynamisation du centre ancien.
Le projet s’inscrit dans une démarche attentive aux ressources existantes et à la réparation du bâti ancien. Plutôt que de masquer les traces du temps, la transformation s’appuie sur une mise à nu du bâtiment afin de retrouver ses qualités originelles et révéler la matière existante. Les interventions successives les plus altérantes ont été déposées : enduits ciment, doublages plâtre, revêtements synthétiques, cloisonnements rapportés. Cette approche sobre limite les transformations structurelles et valorise les qualités intrinsèques du bâtiment existant. La réhabilitation privilégie des matériaux biosourcés et peu transformés : enduits terre-paille, chaux, brique de terre crue, bois et acier brut. Chaque choix constructif participe à une démarche de sobriété, de pérennité et de confort sensible.
La conception répond à des usages hybrides et évolutifs, en conciliant espace de travail quotidien et lieu partagé ouvert au public. Le rez-de-chaussée devient un espace libre et traversant accueillant aussi bien des expositions, ateliers, rencontres professionnelles, brocantes, café associatif ou événements culturels. L’ancienne épicerie retrouve ainsi sa vocation première : être un lieu vivant, accessible et fédérateur au sein du bourg. Les espaces de bureaux prennent place dans les étages autour d’un vide central apportant lumière naturelle et continuité visuelle entre les niveaux. La création de cette trémie transforme profondément la perception intérieure et met en scène un escalier central sculptural, véritable pivot spatial et lieu d’échange du projet. La souplesse des espaces permet d’envisager des appropriations et évolutions futures sans figer les usages.
Le projet développe enfin une écriture architecturale sensible, fondée sur un dialogue entre restauration patrimoniale et expression contemporaine. À l’extérieur, la façade retrouve une présence sobre et élégante grâce à la restitution des encadrements en tuffeau, aux enduits à la chaux et aux menuiseries bois claires. À l’intérieur, les matières demeurent volontairement brutes et authentiques : pierre apparente, terre, bois et acier composent une atmosphère chaleureuse et artisanale. Un contraste assumé s’installe entre la noblesse restaurée de la façade sur rue et l’intériorité plus brute et organique des espaces. Cette dualité participe de l’identité du lieu : une architecture discrète mais engagée, capable de conjuguer mémoire, usages contemporains et intensité spatiale.


Informations complémentaires :
subvention de la mairie de Sucé sur Erdre pour la rénovation de la façade d’un montant de 6000€

Photographe : François BAUDRY

Construction d’un accueil périscolaire et d’un centre de loisirs

Rue de l'Ecole, 44330 La Regrippière

116

Programme

Construction d’un accueil périscolaire et d’un centre de loisirs

Concepteurs

  • Atelier Horizons (Paysagiste) LOOM Architecture (architecte mandataire)

Commune

  • La Regrippière

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Mairie de La Regrippière

Thèmes

  • Aménagement
  • Architecture

Année de réalisation

2024

Surface(s)

470m2

Coûts

1 500 000€ HT

Documents

Cette opération de centre de loisirs et accueil périscolaire est née d’un dialogue étroit entre la maîtrise d’ouvrage, les élus, l’équipe pédagogique et la maîtrise d’œuvre. Dès les premières réflexions, le projet a été envisagé comme une démarche collective, attentive aux usages, aux enjeux éducatifs contemporains et à l’inscription du bâtiment dans son environnement communal. Cette exigence partagée a permis de dépasser une réponse strictement fonctionnelle pour concevoir un lieu à la fois accueillant, évolutif et porteur de qualité d’usage.
Implanté en cœur de bourg, sur l’emprise d’un ancien terrain sportif minéral, le projet transforme un espace imperméabilisé en un lieu largement végétalisé et perméable. L’insertion paysagère s’appuie sur une volumétrie simple, inspirée des toitures à double pente environnantes, réinterprétées dans une écriture contemporaine et ludique. Le bâtiment s’installe en limite nord afin de préserver une cour largement ensoleillée au sud et d’ouvrir les espaces intérieurs sur le vallon. Le projet valorise les ressources locales à travers l’emploi de matériaux biosourcés et pérennes : ossature bois, isolation en laine de chanvre, bardage en douglas naturel et couverture en tuiles locales. Les aménagements extérieurs favorisent également la désimperméabilisation des sols et la biodiversité grâce à la plantation d’une vingtaine d’arbres et à la création d’espaces plantés participant au confort climatique du site.
Le projet a été conçu autour des besoins des enfants et des équipes éducatives, avec une attention particulière portée à la qualité des usages présents et futurs. Le préau mutualisé constitue un espace fédérateur entre l’école et le périscolaire, tout en anticipant une possible évolution de l’organisation des accès afin de renforcer à terme la sécurité des cheminements piétons. Les espaces extérieurs sont pensés sans hiérarchisation des pratiques afin de permettre à chaque enfant de trouver sa place. Les questions d’inclusivité, de genre et de diversité des usages ont nourri la conception des espaces intérieurs comme extérieurs, dans une recherche d’équité et de bien-être. Le traitement du dénivelé par une rampe accessible, des assises paysagères et un toboggan participe à une appropriation libre et ludique des lieux. À l’intérieur, les ouvertures basses permettent aux enfants de bénéficier pleinement des vues sur le paysage, affirmant que la qualité architecturale doit être accessible à tous les âges. Une attention particulière a également été portée au confort acoustique afin de créer une ambiance feutrée et apaisante.
Enfin, le projet revendique une architecture sensible, capable d’allier sobriété, identité locale et générosité spatiale. Le dialogue entre le bois, la tuile et la lumière naturelle construit une atmosphère chaleureuse et protectrice. Le préau creusé dans le volume principal devient à la fois seuil, espace de rencontre et dispositif bioclimatique, offrant ombre et confort d’été. Les cadrages sur le paysage, les transparences, le travail des filtres bois et les variations de lumière contribuent à créer un équipement à échelle d’enfant, ouvert sur son territoire et profondément ancré dans son contexte paysager et humain.


Bureau(x) d’études : ALS, Matrice économie, AIREO
Photographe : François DANTART

Création du Jardin Fréour

Place du Mûrier, 44740 Batz-sur-Mer

123

Programme

Aménagement d'un jardin public sur une ancienne parcelle bâtie habitée par l'artiste-sculpteur Jean Fréour et sa femme Soizic acquise par la Commune. En secteur AVAP. Parcelle partiellement bâtie et Espace Boisés Classé.

Concepteurs

  • MAP [PAYSAGISTES] mandataire

Commune

  • Batz-sur-Mer

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Commune de Batz-sur-Mer

Thèmes

  • Aménagement

Année de réalisation

2025

Surface(s)

2347 m²

Coûts

696 900 euros H.T

Documents

Le Jardin Fréour à Batz-sur-Mer est un lieu de mémoire, de paysage et de création. Ancienne propriété privée du sculpteur Jean Fréour et de son épouse Soizik, cette parcelle longtemps demeurée fermée et en retrait du regard public va connaître une nouvelle vie grâce à son acquisition par la commune. Elle s’inscrit dans une ambition plus large de renforcement des continuités paysagères du centre-bourg, en lien avec la Place du Mûrier et la continuité des parcs du Petit Bois et de Ker d’Abbas, participant ainsi à la constitution d’une véritable trame verte reliant le cœur historique au littoral et aux marais salants.
Le projet conçu par MAP [PAYSAGISTES] s’inscrit dans une démarche attentive à la mémoire du lieu autant qu’aux enjeux contemporains liés au climat, à la biodiversité, à l’accessibilité et aux usages. Le jardin existant, progressivement enfriché au fil du temps, présentait déjà les caractéristiques d’un écosystème spontané remarquable : grands chênes verts centenaires, robiniers, cyprès de Lambert, sous-bois humifère et végétation libre composaient un véritable îlot de fraîcheur au sein du tissu dense et imperméable du bourg.
L’ambition du projet n’est pas de transformer radicalement ce paysage, mais d’en révéler les qualités latentes en accompagnant les dynamiques naturelles déjà présentes. La méthodologie de travail repose sur une lecture fine du site, de sa micro-topographie, de ses sensibilités de voisinage, de ses continuités végétales et de ses usages potentiels. S’inscrivant dans l’Aire de Mise en Valeur de l’Architecture et du Patrimoine de Batz-sur-Mer, le projet a fait l’objet d’un Permis d’Aménager permettant d’articuler à l’échelle de la parcelle les enjeux paysagers, techniques et réglementaires, tout en garantissant une exigence forte de qualité d’intervention et de respect du contexte bâti et paysager. Il a été conduit dans une démarche de co-construction avec les élus, les services techniques de la Commune, de Cap Atlantique et de l’Architecte des Bâtiments de France, assurant un dialogue continu entre projet paysager et exigences patrimoniales. Cette approche a permis de privilégier la conservation, l’accompagnement et la révélation des éléments existants : murs anciens, structures végétales remarquables et traces du jardin initial, tout en imaginant un nouvel espace de nature au caractère paysager affirmé.
Malgré une surface modeste de 2 345 m², le dessin du jardin s’organise autour d’une succession de séquences paysagères qui accompagnent la forte déclivité du site et permettent de proposer une promenade accessible à tous. Terrasse haute minérale, jardins de seuil, vallon ombragé, clairières ouvertes, buttes plantées et jardin humide composent un parcours sensible et immersif, révélant la diversité des milieux. Cette composition permet de transformer une contrainte topographique en qualité d’expérience, en offrant une lecture progressive du site et une découverte d’extraits de paysages puisque l’aspect botanique et les choix de palettes végétales y ont particulièrement été travaillés.
Les interventions restent volontairement sobres afin de préserver l’atmosphère intime du site et de respecter les espaces boisés classés. Les cheminements accessibles aux personnes à mobilité réduite sont intégrés au relief existant grâce à un système de terrasses soutenues par de faibles murets de granit, limitant les terrassements et préservant les sols vivants à proximité des arbres existants. Les cheminements organisent une circulation douce entre les différentes terrasses du site et offrent des points de vue variés sur les paysages bâtis et végétaux environnants. Le travail sur les seuils, les changements de niveaux et les passages resserrés structure une expérience progressive du lieu, où chaque séquence compose une ambiance spécifique.
Le granit, matériau identitaire de Batz-sur-Mer, structure les sols, escaliers et soutènements. Son calepinage irrégulier s’inspire des cours anciennes du bourg, tandis que les joints engazonnés favorisent l’infiltration de l’eau et accompagnent la transformation lente des surfaces minérales. Dans les espaces plus naturels, les allées sont réalisées en arène granitique compactée, perméable et sans liant chimique, tandis que les plateformes et mobiliers utilisent le robinier, bois européen naturellement durable. Une attention particulière est portée au réemploi des matériaux issus du site, blocs de pierre trouvés sur site, ancien puits rénové, et certains troncs d’abattages sanitaires qui ont été transformés en assises naturelles.
La gestion de l’eau constitue un principe structurant du projet. Le projet révèle le cheminement naturel des eaux pluviales à travers le jardin : caniveaux de pierre, petit vallon et mare temporaire permettent de recueillir, ralentir et infiltrer les eaux provenant des toitures existantes, dont les gouttières ont été déconnectées du réseau. Cette gestion alternative renforce la fertilité des sols, limite les ruissellements et contribue à créer des ambiances fraîches en période estivale, tout en rendant lisible le cycle de l’eau dans le paysage.
Le projet a prévu également le renforcement progressif de la strate arborée par la plantation de nouveaux arbres, venant diversifier les essences et compléter la canopée existante. Cette évolution accompagne à long terme l’amélioration du confort climatique du centre-bourg et le renforcement des continuités écologiques à l’échelle communale.
Le jardin est conçu comme un espace du quotidien autant qu’un lieu de contemplation. Il accueille des usages simples — traverser, s’asseoir, se rencontrer — dans un cadre ombragé et apaisé mais peut aussi recevoir à l’occasion grâce à ses gradines et une grande terrasse en bois de robinier des petits évènements festifs et culturels que la commune souhaitait mettre en place.
Le bâti existant est envisagé comme un support de programmation culturelle évolutive. La villa pourrait accueillir après rénovation des résidences d’artistes, les dépendances seraient transformées en espaces d’exposition et d’ateliers, et l’ancienne buanderie deviendrait un lieu de petite restauration contribuant à l’animation du site.
Cette programmation affirme le Jardin Fréour comme un lieu hybride entre paysage et création, où l’activité artistique prolonge l’histoire du lieu et s’inscrit dans la vie quotidienne du bourg. Le site devient ainsi un espace habité, où se croisent pratiques culturelles, usages publics et mémoire du lieu. Une dimension artistique pérenne vient renforcer cette identité : une sculpture en granit représentant le couple Jean Fréour et Soizik Fréour a été réalisée par le tailleur de pierre Aymeric Louvet. Intégrée aux petits murs de terrasses du jardin, cette œuvre agit comme un point d’ancrage symbolique et sensible du site, à deux pas de l’ancien atelier de Jean Fréour. Elle prolonge le lien fondamental entre la figure humaine, la matière minérale et le paysage, tout en inscrivant une mémoire intime au cœur du parcours : Jean sculptait Soizic qui elle créait son jardin sauvage.
En phase transitoire, des panneaux de sécurisation des bâtiments ont été investis par une intervention artistique du Studio Katra, transformés en supports de fresques. Cette présence artistique accompagne la mutation du site et affirme déjà sa vocation culturelle et publique, en transformant les contraintes de sécurisation en supports d’expression.
Le projet s’inscrit dans une logique de transformation progressive, adaptée à la présence du végétal existant et à la complexité du site en cœur de bourg. Les interventions privilégient la sobriété, la réversibilité et la préservation des structures en place, qui ont permis en aout 2025 une ouverture au public tout en maintenant les équilibres écologiques et patrimoniaux.
À travers cette démarche, le Jardin Fréour reste un morceau de « paysage habité », un jardin de Villa dont les murs se sont abaissés et les portails se sont ouverts, un refuge climatique et un lieu de rencontre entre patrimoine, nature et création, où les usages contemporains s’inscrivent dans une continuité sensible et poétique qui n’attend plus que de pousser.


Informations complémentaires :
Mission de maîtrise d’œuvre complète (y compris programmation et Permis d’Aménager) après Procédure adaptée

Bureau(x) d’études : TUGEC Ingénierie bureau d'études VRD co-traitant
Photographe : MAP [PAYSAGISTES], WDS44 et Frédéric Sauton

Allée Frida Kahlo et Mail du Front Populaire

Allée Frida Kahlo et Mail du Front Populaire, 44200 Nantes

114

Programme

Désimperméabilisation et renaturation d'espaces urbains contraints, aux sols pollués - adaptation au changement climatique - Plan Pleine Terre de la Ville de Nantes et Nantes Métropole

Concepteurs

  • MAP [PAYSAGISTES] mandataire

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Ville de Nantes et Nantes Métropole

Thèmes

  • Aménagement

Année de réalisation

2025

Surface(s)

3500m² dont 1120m² de pleine terre et de sols régénérés accueillant 73 jeunes arbres plantés pour assurer 35% de canopée à terme (contre 3% = 1 magnolia solitaire initialement)

Coûts

490 000€ HT

Au cœur du Quartier de la Création sur l’Île de Nantes, l’adaptation des espaces piétons interstitiels du Mail du Front Populaire et de l’Allée Frida Kahlo transforme deux espaces linéaires fortement minéralisés en une séquence de « rues-jardins » capables d’offrir fraîcheur, usages et continuités écologiques dans un contexte urbain dense et contraint.
Inscrit dans la démarche du Plan Pleine Terre portée par Nantes Métropole et la Ville de Nantes, le projet accompagne la mutation des anciennes emprises industrielles Alstom en un quartier métropolitain vivant, mêlant enseignement, culture, logements, bureaux et espaces publics. Situés entre les Nefs, l’École des Beaux-Arts, Magmaa et les nouveaux îlots urbains du secteur Léon Bureau, le Mail du Front Populaire et l’Allée Frida Kahlo constituent aujourd’hui des axes de circulation très fréquentés, soumis à des conditions climatiques extrêmes : forte exposition au soleil pour l’allée Frida Kahlo, vents dominants pour le Mail du Front Populaire, sols largement imperméabilisés et faibles capacités d’accueil du végétal.
Le projet conçu par MAP [PAYSAGISTES], associé à TUGEC Ingénierie, propose une renaturation ambitieuse et contextualisée de ces espaces publics. Cette transformation est également le fruit d’un dialogue étroit et constructif entre l’équipe de maîtrise d’œuvre, la Ville de Nantes, Nantes Métropole, la Samoa et les différents acteurs du site. La conduite du projet en mode accéléré, dans le cadre du Plan Pleine Terre, a favorisé une méthode de travail collaborative, fondée sur des échanges continus entre concepteurs, Direction Nature et Jardin (pilote du Plan Pleine Terre), services techniques, exploitants, entreprises, Samoa et usagers afin d’adapter en permanence les réponses de projet aux contraintes de terrain, aux enjeux d’usage et aux ambitions écologiques portées collectivement. L’intervention repose sur une stratégie de désimperméabilisation massive et de reconquête de la pleine terre afin de recréer un cycle de l’eau plus naturel, renforcer la biodiversité urbaine et améliorer durablement le confort climatique des usagers.
L’enjeu principal consistait à réintroduire des sols ouverts et vivants, capables de redonner l’eau à la terre dans un environnement particulièrement contraint : réseaux techniques denses, accès pompiers et livraisons à maintenir, héritage industriel des sols induisant des pollutions et donc l’interdiction d’exporter les déblais, fortes fréquentations piétonnes et coexistence d’usages multiples. Le projet répond à cette complexité par un travail précis de couture urbaine, conciliant performances environnementales, sobriété constructive et intensité des usages afin de relier, par un fil vert, les différents espaces de nature du quartier, de tisser un réseau d’espaces de fraîcheur en profondeur sur l’Île de Nantes et de faire résonner la présence des berges toutes proches.
Le Mail du Front Populaire est recomposé comme une promenade végétale reliant le Parc des Chantiers aux espaces publics de ruelles et venelles caractéristiques du secteur. Les nouvelles fosses de pleine terre et bandes plantées créent une continuité de canopée à l’échelle du secteur, tout en préservant les circulations de secours et les accès logistiques. Les espaces de pause prennent place dans des alcôves végétalisées accompagnées de murets-bancs réalisés à partir du réemploi des dalles béton existantes. La palette végétale, composée d’arbres, d’arbustes et de vivaces adaptés au contexte climatique nantais, introduit une diversité de strates et de textures favorisant l’ombrage, l’infiltration des eaux pluviales et l’appropriation quotidienne des lieux. Les plantations mêlent notamment tilleuls à petites feuilles, érables champêtres, micocouliers, cerisiers à fleurs, ormes résistants, noisetiers de Byzance, ainsi qu’un sous-bois de gauras, stipas, iris, sauges, verveines de Buenos Aires et pennisetums, créant une atmosphère changeante au fil des saisons.
L’Allée Frida Kahlo développe une écriture plus immersive et sensible. Le projet s’organise autour du « Jardin Frida Kahlo », conçu comme un hommage à l’univers végétal, coloré et foisonnant de l’artiste mexicaine. À proximité immédiate du parvis de l’École des Beaux-Arts, cet espace devient un jardin traversant et habité, où les cheminements poreux, les plantations exubérantes et les assises libres composent un paysage propice aux rencontres, à la contemplation et aux usages spontanés. Les références aux jardins de la Casa Azul de Coyoacán créés par l’artiste elle-même inspirent une palette végétale méditerranéenne et exotique, résistante aux fortes chaleurs et capable de créer une atmosphère singulière au cœur du quartier. Le jardin associe ainsi jacarandas, palmiers du Mexique, bananiers, eucalyptus, agaves, cactus, cordylines, goyaviers du Brésil, yuccas, phormiums, kniphofias, cannas et euphorbes dans une composition foisonnante évoquant les paysages mexicains chers à Frida Kahlo.
La démarche environnementale constitue l’un des fondements du projet. Les matériaux issus de la démolition des dalles béton sont réemployés in situ sous forme de murets-bancs, réduisant l’empreinte carbone du chantier et valorisant la mémoire matérielle du site. Les pavés déposés sont également réutilisés dans les nouvelles compositions d’espace public et en lien avec un autre chantier du Plan Pleine Terre concomitant à celui de la place Jean-Claude Demaure. Cette logique de transformation par réemploi inscrit le projet dans une économie circulaire concrète et visible. On fait avec ce qui est déjà-là. Les matériaux déjà patinés s’insèrent naturellement dans leur environnement, rien ne se perd, tout se transforme. Les pavés en béton sont reposés pour créer des alcôves bordées de murets en béton issus du recyclage des dalles sciées pour créer les fosses de pleine terre. Au total, 1100 m² de pleine terre sont gagnés grâce à la dépose de 700 m² de dalle béton et 600 m² de pavés, dont 200 m² réemployés. 73 jeunes arbres sont plantés pour initier la canopée de demain.
Le projet accorde également une attention particulière à la qualité d’usage et à l’hospitalité des espaces publics. L’augmentation importante du nombre d’appuis-vélos, l’intégration d’assises multiples, la création d’une borne-fontaine et le maintien des usages libres déjà présents sur le site renforcent l’attractivité et la convivialité quotidienne des lieux. Les espaces végétalisés accompagnent les pratiques existantes — promenades, terrasses, regroupements étudiants, danse urbaine, rollers, nombreux évènements organisés par la Samoa — sans les contraindre, dans une logique de cohabitation et d’ouverture. Le projet a permis d’inviter l’art dans le jardin : les étudiants de l’École des Beaux-Arts ont participé à un concours initié par la Ville de Nantes, en collaboration avec l’équipe pédagogique de l’ESBAN et la Samoa, afin de proposer une œuvre sur l’espace public faisant écho aux aménagements du parvis. La fresque réalisée par Omar Fall prolonge ainsi symboliquement le jardin Frida Kahlo dans l’espace minéral de l’allée et témoigne de la volonté commune de faire dialoguer paysage, usages et création artistique. Un travail fin de reconnexion des mobilités douces de l’Allée Frida Kahlo à la rue de la Tour d’Auvergne a été réalisé : accompagnement de la rampe existante de bandes plantées et de bancs, plantations de rue, pose d’appuis-vélos, abaissement des bordures et création d’un nouveau passage piéton.
Au-delà de l’aménagement ponctuel, le projet participe à la consolidation d’une véritable trame paysagère à l’échelle de l’Île de Nantes. Il reconnecte les sols vivants entre le Parc des Chantiers, les berges de Loire et les espaces publics de rues, placettes et venelles du quartier tout en anticipant l’intensification des flux piétons liée à l’arrivée du nouveau pont Anne-de-Bretagne et de la future ligne de tramway.
Par sa capacité à transformer des espaces complexes et fortement imperméabilisés en lieux de vie généreux, résilients et désirables, l’aménagement du Mail du Front Populaire et de l’Allée Frida Kahlo illustre une nouvelle manière d’adapter la ville : une ville plus résiliente, plus sensible et attentive aux usages ordinaires, plus perméable, plus fraîche et plus joyeuse.


Informations complémentaires :
Accord-cadre d'assistance à maîtrise d'ouvrage et de maîtrise d’œuvre mono-attributaire suite à procédure restreinte

Bureau(x) d’études : TUGEC Ingénierie bureau d'étude VRD
Photographe : MAP [PAYSAGISTES]

Requalification de la traversée du Village

Depuis Tournebride jusqu'à la Route de Nantes, 44640 Vue

124

Programme

Requalification de l’ensemble de la traversée du village de Vue, ainsi que la route de Chauvé. Réactivation des places Sainte-Anne et du Haras

Concepteurs

  • Chemins de traverse paysagiste concepteur et concertation

Commune

  • Vue

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Commune de Vue
  • Loire Atlantique Développement
  • MOA déléguée

Thèmes

  • Aménagement

Année de réalisation

2025

Surface(s)

35 000 m2

Coûts

Montant travaux (tous lots): 3 090 000 € Montant du lot 1 (Voirie et assainissement) : 2 720 000 € HTMontant du lot 2 (paysage) : 370 000 € HTRatio au m2 : 60 € / M2Nota : les travaux pour les réseaux souples sont pilotés par TE44

Documents

Composition de l’équipe et synergies
Paysagiste concepteur : Chemins de traverse
BET : Céramide (Mandataire du groupement)
Concertation : Chemins de traverse
AMO déléguée : LAD 44 pour : la coordination des acteurs, l’établissement d’un planning global d’opération, gestion du foncier, coordination avec une mission de plan guide qui fait suite à une étude du CAUE. etc..
Synergie avec TE 44 pour les réseaux, avec le Conseil Départemental 44 et notamment la délégation de Machecoul pour les aspects mobilités, avec la Région des Pays de la Loire pour les choix sur les transports en commun, avec la DRAC pour la gestion du patrimoine archéologique de Vue.

Démarche
Le projet réinterroge en profondeur l’étude préalable qui a permis d’établir un budget d’opération. Le nouveau projet vise à :
– Mieux prendre en charge les mobilités douces et notamment le vélo. Le scénario d’une voie verte en marais est abandonné au profit d’une voie verte urbaine intégrée à l’axe principal desservant l’intégralité du village rue. Pacifier la circulation automobile tout au long de la traversée du bourg.
– Transformer le cœur de village et l’activer, tout en anticipant les usages futurs
– Introduire le végétal de manière plus affirmée afin de préparer le tissu urbain au réchauffement climatique, notamment en créant des ilots de fraicheur.

Nous conduisons ce projet en le fondant sur les 5 piliers :
– L’humain et les piétons d’abord : trottoirs, voie verte urbaine, passages piétons et feux tricolores piétons (X3), nouvelles stations bus mis en accessibilité et équipées d’aubettes.

– Des espaces pour toutes et tous : mise aux normes PMR de l’ensemble de l’aménagement, mise en accessibilité des commerces et de l’église ; décloisonnement de l’espace sur la place Sainte Anne et activation multiples en faisant émerger la notion de « co-veillance » afin de fabriquer un espace public agréable pour tous les genres et tous les âges.

– Des espaces en réseaux et en relations : le traitement de la traversée de Vue s’accompagne d’une requalification des lieux traversés par la « route départementale » : Abords du cimetière, place Sainte Anne et place du Haras, abords du Tenu, amorce des rues et de nouvelles poches de stationnement connexes. Ainsi, le projet prend en charge l’épaisseur urbaine et annonce les requalifications à venir.

– L’accueil du vivant : perméabilité, plantations d’arbres et de grands arbustes, espaces verts et activation du square de l’église

– Sobriété, simplicité et gestion : le projet emploi des matériaux simples à maintenir et durables. L’essentiel des matériaux de structure sont d’origine recyclée. L’accent a été mis sur la facilité d’entretien et notamment les nouveaux espaces verts créés.

Dialogue
Une démarche de concertation avec les habitants est proposée : mis en place d’une série de trois ateliers participatifs ouverts aux habitants de Vue. C’est bien ces rencontres qui feront émerger le scénario de voie verte urbaine.

Environnement et ressources
L’accent est mis sur l’économie de moyens pour tenir un coût de travaux au mètre carré raisonnable et raisonné.
Des campagnes géotechniques systématiques sont lancées pour chaque tronçon de voie afin de limiter les interventions sur la structure de chaussée. L’altimétrie de la voie est étudiée finement pour ne pas impacter cette structure et éviter des flux matière gourmands en carbone.
Les places de stationnement recrées dans le cadre du projet sont, pour l’essentiel, traitées en matériaux perméables : GNT 0/20 pour les moins coûteuses, pavés béton enherbés, pavés granite de récupération avec joints enherbés.
200 arbres et arbustes en cépée sont plantés dans le cadre du projet et pour une canopée développée de 3700 m2 à terme. 3500 m2 d’espaces verts sont créés. Seuls 20 m2 de massifs sur le parvis de la mairie sont équipés d’un système de goutte à goutte.
Réemploi : l’essentiel des matériaux de structure (trottoirs, voies verte) sont issus de matériaux recyclés
Les bordures et le revêtement modulaire de la place Sainte Anne et du Haras sont en pierre naturelle.
Santé : une nouvelle voie verte urbaine de 1.50 km de long est créée en rive Nord. En rive Sud, un nouveau trottoir voit le jour. La marche et la pratique du vélo sont désormais possibles à Vue et en sécurité

Intégration et esthétique
Le village de Vue se présente comme un « village rue » inscrit dans un milieu naturel remarquable, le marais. Le bourg se déploie sur deux îles séparées par le Tenu.
Le tissu urbain recèle un patrimoine architectural lui aussi remarquable qui fût mis en place à une époque où le Tenu servait d’axe d’échange entre le Sud de la Loire et le fleuve.
Le projet s’intègre dans ce contexte patrimonial comme suit et d’Ouest en Est :
– A l’Est, une entrée de ville (« Route de Nantes ») largement végétalisée et apaisée. Le nouvel arrêt bus « Fontaine » et le parvis du cimetière forment un ensemble cohérent, plus densément planté, qui vient jalonner l’itinéraire. Les essences végétales convoquées le sont en lien avec la biodiversité locale : merisiers, ormes, chênes, érables champêtres constituent la nouvelle trame arborée de la rue équipée d’une voie verte urbaine.

– Le cœur de ville est traité de manière patrimoniale en privilégiant la pierre naturelle pour les revêtements et les éléments de maçonnerie : emmarchements, murets bas. La palette végétale est une déclinaison des essences à dominante acclimatée déjà présentes dans cet espace.

– Une traversée de l’île à l’Ouest du Tenu, relativement minérale mais avec des ilots végétalisés en jalonnement (arrêt bus, école publique, parking de co-voiturage). Débarrassée du stationnement longitudinal la rue accueille désormais une voie verte continue et en béton fabriquant un socle pacifié pour le front bâti en rive nord de la rue. Une végétalisation en pied de mur est mise en œuvre sur la base du volontariat des riverains.

Usages / fonctionnalités
Les attendus du projet visaient en premier lieu les mobilités. En rationalisant le stationnement longitudinal, nous parvenons à mettre en place une voie verte urbaine sur l’ensemble du linéaire assurant ainsi un aménagement de qualité sécurisé et surtout continu.
La largeur de la chaussée est réduite. Le régime de priorité à droite est mis en place. Les stations bus pour ligne régulière sont requalifiées et traitées en station verrou. Plateaux 30, feux pour 3 traversées piétonnes s’ajoutent à ce dispositif qui permet de pacifier un trafic dense (8000 véhicules/jour) et qui fait la singularité de cette traversée d’agglomération. L’ensemble de la traversée est traitée en zone 30. Les mesures de vitesse réalisée en avril 2026 sont concluantes.
En ce qui concerne le cœur de ville, nous réalisons une transformation ambitieuse des lieux.
Sur son flanc Est, la place Saint-Anne accueille désormais un nouveau parvis unifié entre mairie et café. L’espace ainsi redéfini permet en partie basse la création d’une vraie place de marché, arborée et une co-visibilité avec la boulangerie. La nouvelle terrasse de café se déploie désormais sur un espace dégagé et valorisant.
Les abords immédiats de l’église sont réaménagés : parvis requalifié, placette sur le flanc Est de la nef s’inscrivent désormais dans un ensemble jardiné et arboré qui dialogue avec le nouveau parvis de l’Hôtel de Ville. Sur la base des idées qui ont émergés lors des ateliers de concertation, les espaces de pelouse accueillent un « deck » en bois et un terrain de boules/molkky en sablé.
En partie Ouest de l’église, la place du Haras est réinvestie : elle est traitée en zone de rencontre et est, pour la première fois de l’histoire contemporaine de Vue, plantée. L’aménagement est ici compatible avec le développement à terme de commerces.
La transformation des espaces publics est ici saisissante.


Informations complémentaires :
Subventions par le Conseil Départemental de la Loire Atlantique

Bureau(x) d’études : Céramide
Photographe : FRANCOIS DANTART

Médiathèque La Parenthèse

33 Rue de la Vallée, 44880 Sautron

97

Programme

Extension, restructuration et rénovation énergétique de la médiathèque de Sautron

Concepteurs

  • Vignault x Faure

Commune

  • Sautron

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Ville de Sautron

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2023

Surface(s)

669 m² SP (restructuration) + 137 m² (extension)

Coûts

757 000 € HT (Base 2022)

Documents

Le projet porte sur l’extension et la restructuration de la médiathèque de Sautron. Plus qu’un nouvel espace, cette requalification répond à l’accroissement des demandes et aux besoins associatifs de la commune dans le cadre de sa politique de développement culturel instaurée en 2020.

Située en centre bourg, la médiathèque se trouvait en retrait par rapport aux équipements de services voisins : Mairie, Musée, Espaces Familles… Redonner une véritable place à la médiathèque en renforçant la visibilité du site tout en améliorant le confort d’été et d’hiver, a donc été au cœur de ce projet.

Afin de redonner une unité à l’ensemble du site constitué de bâtis du 19ème siècle et de plusieurs extensions construites à différentes époques, nous avons travaillé sur la mise en œuvre d’un véritable manteau thermique performant en matériaux bio-sourcés. Chaque façade a été traitée de manière différenciée pour respecter au mieux l’existant tout en conservant une identité cohérente. Une résille en clairevoie se déroule également au niveau des murs rideaux qui ont été remplacés permettant de se protéger du soleil et ainsi d’éviter les surchauffes dans la salle de consultation et la nouvelle extension (ossature bois).

À l’intérieur, la distribution des espaces a été complètement repensée en concertation avec les usagers tout en mettant en valeur le patrimoine bâti. Une fois entré, le hall devient un véritable espace de vie et d’expositions rayonnant vers tous les espaces. L’ancien four à pain a été conservé et est visible dans l’espace de consultation. La grange et la mezzanine qui étaient sous exploités et dissociés du reste de la médiathèque, sont maintenant intégrées dans le complexe par des interventions subtiles et ludiques (filet de lecture…) qui lient l’ensemble comme un ruban.


Informations complémentaires :
Procédure adaptée

Bureau(x) d’études : ECB, AREST, ISOCRATE, GAMBA
Photographe : vxf

Parc littoral vivant

Boulevard Padioleau – Avenue Jules Verne, 44250 Saint-Brévin-les-Pins

127

Programme

Espaces publics

Concepteurs

  • Magnum Architectes et Urbanistes

Commune

  • Saint-Brévin-les-Pins

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Commune de Saint-Brévin-les-Pins

Thèmes

  • Aménagement

Année de réalisation

2024

Surface(s)

2.7 hectares

Coûts

2 600 000 €

Documents

Critère 1 — Une exigence portée conjointement entre maîtrise d’ouvrage et maîtrise d’œuvre, où le dialogue de projet élève le niveau d’ambition

Saint-Brevin-les-Pins bénéficie d’un paysage exceptionnel, ouvert sur l’estuaire de la Loire et la côte nazairienne. Pourtant, ses espaces publics littoraux incarnaient jusqu’alors l’époque du tout-voiture : une voirie dominante, de grands parkings imperméables et un trottoir piéton réduit à sa plus simple expression. Le front de mer, malgré son panorama remarquable, tournait le dos à son propre paysage.

C’est de ce constat partagé qu’est né le projet, lancé en 2021 par la collectivité. Le réaménagement du boulevard Padioleau et de l’avenue Jules Verne représente un potentiel extraordinaire d’évolution : non pas pour produire un simple front de mer urbain amélioré, mais pour engager une transformation profonde, à la hauteur du site et des enjeux contemporains que les villes littorales doivent affronter dans un contexte de réchauffement climatique et de transformation rapide du trait de côte.

Ce niveau d’ambition n’aurait pas été atteint sans un dialogue constant et exigeant entre la maîtrise d’ouvrage et la maîtrise d’œuvre. Ensemble, ils ont fait le choix d’un geste fort et cohérent plutôt que d’une réponse prudente : supprimer massivement le stationnement, renaturer largement, repenser entièrement les mobilités, inscrire le projet dans la dynamique naturelle du littoral. Chaque arbitrage a été l’occasion de maintenir ce niveau d’exigence, y compris en intégrant les habitants, les usagers et les écoles dans la conception, pour ancrer le projet dans les usages réels et les imaginaires locaux.

Ce dialogue permanent entre maîtrise d’ouvrage et maîtrise d’œuvre a également permis de tenir des délais d’études particulièrement serrés. En seulement douze mois, de 2021 à 2022, l’ensemble des études a été mené à bien tout en intégrant de nombreuses étapes de concertation : diagnostics en marchant avec les commanditaires, échanges avec les différentes commissions de la ville, réunions avec les services techniques, réunion publique, et ateliers menés avec les écoles primaires pour définir l’aire de jeux, ses usages et ses imaginaires. Loin d’être un frein, cette concertation nourrie a constitué un levier d’efficacité, en consolidant les choix au fur et à mesure de leur élaboration.

La phase de travaux, d’une durée de vingt mois, a été tout autant optimisée. Son calendrier a été soigneusement construit pour concilier l’arrêt du chantier pendant la période estivale — préservant ainsi la fréquentation du site en saison — et permettre une livraison de l’aménagement à temps pour la saison 2024
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Critère 2 — Une approche attentive aux ressources et aux contextes, proposant des réponses adaptées aux enjeux environnementaux contemporains

Comprendre et révéler un paysage en mouvement

Le boulevard Padioleau présente une situation insolite : en balcon sur l’océan et l’estuaire ligérien, il offre l’observation d’un paysage en perpétuel mouvement. Mouvement quotidien des bateaux manœuvrant autour du port de Saint-Nazaire, des marées qui rythment le paysage heure après heure — mais aussi un mouvement plus lent, celui de l’accrétion marine. En trente ans, l’océan s’est retiré du front de mer : les alluvions générées par l’estuaire de la Loire et la modification des courants marins provoquent un engraissement sableux progressif sur Saint-Brevin-les-Pins, au détriment de la baie de la Baule qui perd peu à peu sa plage. Ce que l’on prenait pour un recul de la mer est en réalité une transformation du territoire : la plage s’est muée en un vaste espace dunaire sauvage, devenu un haut lieu ornithologique, où dunes blanches couvertes d’oyats, pannes dunaires à roseaux et pinèdes en formation composent un nouveau paysage face à la ville.

Le projet s’appuie sur cette dynamique visible et y sensibilise les visiteurs. Les massifs créés (560 m²) et les bosquets revitalisés représentent les milieux de référence du littoral — recréation des sols et des cortèges végétaux — et sont rendus lisibles grâce au travail poétique et pédagogique des artistes mosaïstes et céramistes Delphine Deltombe et Julie Buffet, dont les œuvres jalonnent la promenade.

Désimperméabilisation et gestion alternative des eaux pluviales

La désimperméabilisation massive du boulevard constitue le geste fondateur du projet. Anciennement recouvert à 70 % de surfaces imperméables et infertiles — voirie, parkings, trottoirs —, le site se transforme en profondeur. Les eaux de ruissellement s’infiltrent directement dans le sous-sol sablonneux. L’ensemble des eaux pluviales des surfaces imperméabilisées restantes est géré de façon entièrement alternative, en aérien : des noues plantées longent toute la promenade et permettent à la fois la gestion hydraulique et une séparation naturelle entre la voirie à sens unique et la piste cyclable bidirectionnelle. La gestion enterrée, héritée de l’aménagement précédent, est entièrement abandonnée au profit de ce dispositif visible, pédagogique et végétalisé.

Une stratégie végétale ambitieuse et adaptée au contexte littoral

Le patrimoine arboré existant — modeste mais précieux — est soigné et mis en valeur. Sur les 40 arbres en place, seuls 6 Tamarix sont abattus pour permettre l’extension de massifs plus conséquents. Les arbres conservés, regroupés autour du blockhaus du Mur de l’Atlantique, sont complétés par de jeunes sujets qui prendront le relais dans les prochaines décennies. Les branches et troncs des arbres couchés par la tempête de 2023 ne sont pas évacués : ils sont réemployés sur place, tronçonnés pour former des assises dans l’aire de jeux, témoins du cycle naturel du bois flotté.

92 nouveaux arbres sont plantés pour ombrager l’esplanade piétonne et la piste cyclable. Chacun est protégé des embruns par deux à trois baliveaux — arbres de moins de deux ans — formant un premier rideau contre les vents salins qui dessèchent les feuillages. Cette expérimentation culturale, inspirée de l’observation fine des bosquets littoraux, assure une meilleure reprise des grands sujets et une croissance plus homogène à long terme.

Le pin, emblématique de la ville et de ses dunes voisines, est largement représenté. Mais pour s’inscrire dans l’art des jardins qui mélange volontiers le sauvage et le régulier, une véritable collection de pins est cultivée, présentant la richesse et la diversité de ce genre botanique au fil de la promenade. La palette végétale d’ensemble décline ainsi, séquence après séquence, les différents milieux écologiques caractérisant ce littoral.

Un plan lumière sobre, poétique et respectueux de l’obscurité

La conception du plan lumière fait le choix de ne pas éclairer l’espace littoral lui-même. La mise en lumière est discrète, orientée vers les usages piétons et cyclistes, et pensée pour valoriser le ciel étoilé — ressource rare et précieuse sur ce littoral encore épargné par la pollution lumineuse.
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Critère 3 — Une conception répondant aux usages actuels, tout en anticipant les évolutions à venir

Redonner une juste place à la voiture et repenser les mobilités

Espace de stationnement majoritairement imperméable occupant 70 % de la surface du site, le boulevard Padioleau se transforme en promenade. Cette mutation s’opère par la suppression d’une centaine de places de stationnement — le nombre total étant divisé par cinq — et par une révision complète du plan de circulation du centre-ville. Loin de chercher à pénaliser une population habitée largement par des seniors, le projet réorganise et valorise des espaces de stationnement sous-utilisés côté centre-bourg. La voirie est réduite à une voie à sens unique, conçue comme une allée de parc, apaisée et intégrée à la composition végétale d’ensemble.

Un itinéraire cyclable de qualité pour la Vélocéan

Le projet crée une grande piste cyclable bidirectionnelle de 600 mètres, intégrée à l’itinéraire de la Vélocéan — parcours cyclable en bord de mer de Loire-Atlantique. Ses tracés épousent des courbes souples, adaptées à la pratique cycliste. Séparée à la fois de la promenade piétonne et de la voie véhicules par des bandes plantées — solution issue de la concertation, face aux nombreux conflits d’usages observés auparavant —, la piste bénéficie d’un revêtement en béton lissé à l’hélicoptère, spécifiquement choisi pour améliorer le confort de roulement. Les placettes accueillent appuis-vélos, casiers sécurisés, pompes et points d’eau potable.

Une promenade confortable et inclusive pour tous les publics

La promenade piétonne est confortée au plus près du littoral, longeant le mur parapet historique. Elle se déploie en trois séquences adaptées au contexte : balnéaire, au plus proche de la plage ; urbaine, connectée au centre-ville et déployant un espace en gradins qui poursuivent les méandres du rétro-littoral ; paysagère, au niveau de l’espace boisé classé, plus intime et végétalisée.

Ces séquences sont reliées par des places et placettes permettant de s’arrêter et d’apprécier les vues proches et lointaines. La gestion soignée de la topographie valorise les promontoires naturels — depuis les gradins, depuis le toit du bunker-aire de jeux, depuis la rue de l’Église qui relie le centre-ville au littoral.

Une large gamme de mobilier bois — en grande partie sur mesure — permet une appropriation différenciée selon les publics : bancs, tables de pique-nique, banquettes, transats, gradins offrant de longs linéaires d’assises. La programmation des espaces publics, concertée avec le grand public et les écoles, remet à l’honneur les modes actifs et propose de nombreuses pratiques sportives et ludiques.

La place de la culture dans la ville, portée de longue date par la collectivité — incarnée notamment par le serpent de mer de la biennale d’art contemporain Estuaire —, trouve une traduction dans le projet : une place centrale polyvalente, un espace scénique autour des gradins pour accueillir événements culturels et festifs, et le travail de deux artistes dont les mosaïques et céramiques tissent un récit sensible tout au long de la promenade.

Détourner un bunker en terrain d’aventure et d’imaginaire

Le littoral porte aussi les traces du Mur de l’Atlantique. Les deux blockhaus sont entièrement détournés de leur usage originel : le plus imposant devient une aire de jeux, le second une butte plantée. L’aire de jeux a été conçue en collaboration avec les enfants de deux écoles publiques de la commune. En s’appuyant sur l’imaginaire de l’océan, des fresques sur les mondes marins ont été réalisées en mosaïque par l’artiste Delphine Deltombe. Les jeux ont été choisis par les enfants sur le thème de l’exploration sous-marine et de l’aventure : les flancs du bunker deviennent ludiques grâce au travail de la pente, le toit se transforme en bac à sable panoramique, et les abords accueillent des jeux inclusifs pour les plus petits. Enfin, belle surprise de chantier : les troncs des arbres tombés lors de la tempête hivernale ont été tronçonnés et réemployés en mobilier, fermant la boucle d’un cycle naturel intégré au projet.

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Critère 4 — Une recherche sensible de qualité architecturale et paysagère, alliant audace et intégration

Un geste radical au service d’un paysage exceptionnel

Le parti pris est ambitieux et assumé : diviser par cinq le nombre de places de stationnement, renaturer massivement un boulevard de 600 mètres, repenser entièrement les mobilités pour libérer l’espace au profit des modes actifs et de la nature. Ce geste fort engage une profonde désimperméabilisation des sols et la mise en place d’un parc littoral déclinant les milieux caractéristiques de la côte, alimenté par une gestion des eaux pluviales entièrement alternative et visible.

Le projet renforce par ailleurs la composition urbaine d’ensemble de la ville, très étalée, organisée en trois polarités le long du littoral. Deux d’entre elles bénéficiaient déjà d’espaces naturels associés à des parcs — le centre-ville en était jusqu’ici dépourvu. Cette lacune est désormais comblée.

Un projet ancré dans la matière et le paysage de son lieu

Chaque composante du projet exprime et prolonge le rapport au littoral :
Les tracés, souples et sinueux, font écho aux lignes organiques de la nature au-delà du mur parapet, métaphores des dunes et des méandres dunaires visibles depuis la promenade.

La palette minérale — beige, ocre, sable — prolonge les nuances du rivage jusqu’à la façade urbaine, fondant l’aménagement dans la continuité chromatique du site.
Les matériaux entretiennent un dialogue constant avec le lieu : Le chenal de l’estuaire de Loire est régulièrement dragué pour limiter son ensablement. Les matériaux ainsi récoltés par les services techniques municipaux sont composés des sables et coquillages concassés par les courants. Une formulation de béton désactivé est inventée pour valoriser ce matériau comme agrégat.
La palette végétale déroule au fil de la promenade les différents milieux écologiques caractérisant ce littoral, avec la constance du pin comme fil conducteur spécifique à la ville. Les céramiques de Julie Buffet permettent aux promeneurs de lire et de comprendre ces milieux dans un objectif pédagogique de sensibilisation à l’environnement.
Le plan de composition en trois séquences — balnéaire, urbaine, paysagère — structure la promenade sans jamais la figer : chaque séquence possède sa propre atmosphère, ses propres cadrages, ses propres usages, tout en participant à une continuité lisible et cohérente sur l’ensemble des 600 mètres.

C’est cette cohérence d’ensemble — du geste urbain jusqu’au détail du mobilier, de la gestion de l’eau jusqu’à la mosaïque — qui fait de la promenade Padioleau non pas un aménagement de plus, mais un véritable acte de projet, ancré dans son territoire et tourné vers l’avenir.


Informations complémentaires :
marché public

Photographe : Gaetan Chevrier – Ville de St-Brevin – Campo – D.Deltombe

Gina

4 rue Suzanne Képès, 44200 Nantes

150

Programme

Bureaux dédiés notamment à l’accueil de la filière Santé (Station S, CHU), restaurant et ateliers (occupés par Redeem – entreprise de réemploi de dispositifs médicaux, le hall Santé et la maison des Enfants).
42 places de stationnement en sous-sol destinés à l’ensemble des immeubles du bloc G

Concepteurs

  • BEAL&BLANCKAERT (mandataire)
  • De long en large (paysagiste)
  • Officina (suivi DET)

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • NOVAPOLE Immobilier (filiale de LOD et de la Banque des Territoires)

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2025

Surface(s)

5 430m² SP

Coûts

12 millions €HT compris stationnement (année 2025)

Documents

Gina au cœur du quartier de la santé sur l’ile de Nantes à proximité du futur CHU a été pensé pour accueillir des petites et moyennes entreprises du secteur médical à des loyers modérés. La réponse architecturale devait ainsi conjuguer plusieurs exigences : économie de moyens, modularité, qualité d’usage et attention particulière au bien-être des futurs occupants.
De la rencontre entre Novapole Immobilier/Loire Océan Développement, historiquement aménageur mais ici opérateur, et l’agence Béal Blanckaert, reconnue pour son approche frugale et sensible de l’architecture, est né un projet singulier, à rebours des standards habituels du bâtiment tertiaire.
Partagé avec la SAMOA aménageur de l’ile de Nantes, le choix d’un concours fondé non pas sur une simple « image » mais sur une note méthodologique sans perspective extérieure a permis d’éviter l’écueil d’un projet démonstratif cherchant davantage à séduire qu’à répondre concrètement aux usages. Grace à un dialogue constructif, le projet s’est ainsi construit collectivement entre la maîtrise d’ouvrage, les architectes et les bureaux d’études spécialisés, autour de valeurs communes et grâce à des workshops organisés toutes les deux semaines.
La démarche collaborative portée par l’architecte et la maîtrise d’ouvrage a permis de développer une architecture à la fois simple, flexible et facilement appropriable par ses occupants. Le projet repose sur des principes clairs et rationnels : une trame structurelle rigoureuse, une hauteur sous plancher généreuse de 3,16 m permettant d’envisager l’évolution future des usages, des réseaux techniques pensés dès l’origine, dimensionnés au plus juste et concentrés dans les trames centrales afin de libérer les espaces. Le choix d’un chauffage et rafraîchissement par le sol associé à un plancher technique garantit également une grande souplesse d’aménagement dans le temps.
Cette réflexion s’est aussi traduite dans les parcours et les usages collectifs du bâtiment, avec la création de doubles hauteurs servant à la fois de lieux de rencontre, d’espaces traversants et de respirations lumineuses,
Autant de choix qui participent à la maîtrise des coûts — enjeu devenu aujourd’hui incontournable — sans jamais conduire à une architecture standardisée ou banale. Bien au contraire, cette démarche a permis de faire émerger des espaces généreux, lumineux et accueillants, en relation constante avec des extérieurs végétalisés répartis à tous les niveaux du bâtiment : cour commune et espaces de travail partagés pour les ateliers du rez-de-chaussée, terrasses couvertes, jardins suspendus et lieux de pause ouverts sur le paysage.

L’approche frugale a permis de concevoir un bâtiment tertiaire confortable grâce à des solutions passives et un recours limité aux équipements techniques (sans climatisation ni BSO). La structure mixte bois béton permet d’utiliser chaque matériau au mieux dans ses caractéristiques techniques. Une dalle active à chaque niveau, permet de supprimer le principe de terminaux en métal (carbone) qui complexifie le recloisonnement, au profit d’une solution de chauffage doux et homogène par le sol et qui pourrait offrir également la possibilité d’un rafraîchissement estival. Les eaux pluviales sont récupérées pour alimenter les WC et l’arrosage. De grandes terrasses végétalisées offrent un accès extérieur à chaque étage. Les façades sont réalisées en tuiles poreuses permettant un rafraichissement léger de l’ilot de chaleur en déphasage par évapotranspiration tandis que la toiture accueille des panneaux photovoltaïques.

Ce projet, mené conjointement par les architectes, les bureaux d’études et la maîtrise d’ouvrage, s’est développé dans une démarche de conception libre de tout a priori et sans recherche d’une image démonstrative à laquelle les usages auraient ensuite dû s’adapter. L’architecture s’est au contraire construite comme l’expression directe des réponses structurelles, organisationnelles, environnementales et éthiques apportées au projet.
Les façades traduisent ainsi les besoins réels du bâtiment : contreventements visibles, retraits générés par les espaces plantés, mise en valeur de la structure mixte bois-béton, ou encore brise-soleil fixes dont l’inclinaison spécifique permet d’éviter le recours à des systèmes motorisés, plus coûteux et plus carbonés. Les matériaux sont laissés bruts, sobres et durables, sans éléments superflus.
À rebours de nombreux projets tertiaires contemporains, souvent caractérisés par des façades répétitives et des espaces intérieurs standardisés, Gina propose une vision singulière du lieu de travail et de l’architecture. Le projet se construit à travers une multitude d’attentions portées aux usages, aux espaces, aux matériaux, aux détails et aux ambiances, permettant selon nous une véritable appropriation par ses occupants. Un bâtiment vivant, avant tout.


Label(s) obtenu(s) : En cours : certification BEE, Label E3 C1 et biosourcé niveau 1

Informations complémentaires :
19 millions de coût d’opération. Financement = 80% emprunts et 20% fonds propres Novapole.

Bureau(x) d’études : OTEIS, INGEBOIS, Cabinet HEDOND
Photographe : Stephane Chalmeau, Yann L’hostis

Construction du lycée d’enseignement général, technologique et professionnel « Alice Milliat » de 1000 élèves extensible à 1200 élèves

10 rue du Grand Savoir, 44160 Pontchâteau

99

Programme

Construction neuve d’un bâtiment d’enseignement secondaire comprenant : - un hall bioclimatique, des salles de cours, des salles polyvalentes, foyer des élèves un CDI, des bureaux administratifs - un pôle technologique comprenant des ateliers de sciences de l'industrie et système d'informations numériques - un pôle professionnel et industriel comprenant une halle aéronautique - une restauration collective - 1550 couverts par jour - un internat (80 lits) et 8 logements de fonction 1000 élèves extensibles à 1210 élèves. 725 élèves général et technologique avec extension possible à 935 élèves 2850 élèves professionnel : pôle tertiaire et pôle matériel

Concepteurs

  • ARS - architectes urbanistes associés

Commune

  • Pontchâteau

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Région des Pays de la Loire

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2024

Surface(s)

17 480 m² SDP, extérieurs : 17 505 m²

Coûts

34 M€ HT valeur Mars 2025 Aménagements extérieurs : 512 735 € HT VRD Terrassement : 1 174 607 € HT

Documents

1. Commande / MOE
La réalisation du lycée polyvalent de Pontchâteau s’est inscrite dans une démarche de co-conception exigeante, dictée par une forte ambition éco-responsable de la Maîtrise d’Ouvrage qui visait le niveau « Excellent » du référentiel HQE BD 2016®. Pour y répondre, la Maîtrise d’Œuvre a instauré une gouvernance axée sur l’analyse en coût global, conciliant une gestion rigoureuse des investissements avec une sobriété d’exploitation future. La synergie de l’équipe de conception s’est traduite par le choix d’un bâtiment unique et compact afin de regrouper l’ensemble des filières (générale, technologique et professionnelle). Cette stratégie de compacité a permis d’optimiser le foncier, de préserver les qualités naturelles du site et de garantir un dialogue constant entre les impératifs programmatiques de la Région et la réalité technique du projet.
2. Intégration esthétique
Le projet s’est intégré avec délicatesse au cœur d’un site bocager remarquable en frange de tissu pavillonnaire. Le parti architectural a composé harmonieusement avec la topographie et a tiré parti d’un ruisseau existant pour structurer le plan de masse : le corps de bâtiment principal s’est installé au sud, tandis que les logements de fonction ont occupé la berge nord. Les limites séparatives et les abords ont été traités de manière douce grâce à un parvis paysager équipé de passerelles métalliques à platelage bois qui ont franchi le cours d’eau, mettant ainsi en valeur ce corridor écologique. L’audace du projet a résidé dans le traitement de ses façades. Le rez-de-chaussée a présenté un ancrage minéral fort en béton architectonique matricé de motifs végétaux verticaux, tandis que les étages se sont habillés d’une vêture en écailles d’inox poli. Ce parement réfléchissant a créé un dialogue poétique avec le paysage en pixelisant les variations du ciel et de la végétation au fil des saisons. En signal d’entrée, le volume du CDI s’est élancé vers le parvis, magnifié par des lames de verre coloré qui ont rythmé et coloré la lumière.
3. Environnement / Ressources
L’engagement environnemental du projet s’est traduit d’abord par le choix de matériaux pérennes et biosourcés. Structure bois : poteau poutre en douglas et épicé, panneau de pin massif en CLT collé, charpente en épicéa lamellé-collé, isolation intérieure des murs en fibre de bois. Réemploi des arbres existants dans les parements intérieurs de la restauration. Sur le plan énergétique, le lycée a affiché une haute performance avec une réduction de 25 % par rapport au Bbio max réglementaire. Le mix énergétique a reposé sur une chaudière biomasse qui a couvert 100 % des besoins de chauffage et d’eau chaude sanitaire (notamment pour l’internat et la restauration), complétée par un appoint gaz, tandis que les logements de fonction ont bénéficié de pompes à chaleur aérothermiques individuelles. La biodiversité a été préservée par la valorisation du ruisseau, qui a été remis à ciel ouvert.
4. Usages / Fonctionnalités
Conçu pour offrir une qualité de vie optimale à ses usagers, le bâtiment a organisé la mixité de ses programmes au sein d’une organisation spatiale claire et inclusive. La compacité de la construction en R+2 a limité les distances de parcours intérieurs, qui ont été structurés autour d’un grand hall en atrium et d’un vaste préau bioclimatique vitré, véritable cœur de vie abrité des vents dominants. Pour renforcer la convivialité du lycée, des espaces informels de coworking sont proposés le long des circulations.
L’ensemble de la cour est végétalisé et bénéficie dans son prolongement de l’espace paysager du corridor écologique. La préservation des espèces tant végétales qu’animales a été un enjeu du projet. Les mobilités ont été soigneusement différenciées : les accès piétons et vélos ont été sécurisés depuis la gare routière et le parvis, tandis que la logistique et le stationnement du personnel ont été relégués sur une voie périphérique en enrobé drainant. L’ensemble du site a garanti une accessibilité PMR totale. Le confort des usagers a été assuré par une orientation Nord-Sud majoritaire des salles de cours, favorisant l’éclairage naturel tout en évitant les surchauffes. Enfin, le projet a anticipé l’évolutivité des usages : la structure a permis des extensions futures déjà planifiées au plan de masse, les ateliers professionnels ont offert des plateaux libres modulables sans poteaux intermédiaires, et les réseaux techniques ont été sectorisés pour permettre une utilisation autonome de l’amphithéâtre, de l’internat ou de la restauration en dehors des périodes scolaires.


Label(s) obtenu(s) : Label bâtiment biosourcé répond au niveau E2C1. BBC Effinergie 2017, certificat HQE BD niveau excellent

Bâtiment basse consommation : le bâtiment atteint le niveau BBC Effinergie 2017, qui correspond à de très basses consommations pour les postes chauffage / ventilation / eau chaude sanitaire / éclairage (RT2012-25% et niveau E2 du label E+C-). Pour arriver à ces résultats, nous avons opté pour :
o Une enveloppe thermique fortement isolée, calquée sur les principes du bioclimatisme, et d’une grande compacité (Bbio-50%)
o Un système de chauffage 100% biomasse (granulés de bois) à haut rendement (chaudière à condensation)
o De la ventilation par insufflation ou via double flux avec échangeur de chaleur
o Des espaces lumineux et à éclairage LED généralisé
o Une pompe à chaleur au CO2 pour la production de l’eau chaude sanitaire de l’internat
o Une récupération d’énergie des groupes froids de la cuisine
o Bâtiment bas carbone : niveau C1 du label E+C- : intégration d’éléments bois dans la construction (planchers, façades, charpente), minimisation de l’impact carbone des produits de construction dans le choix des produits (linoleum, peinture et isolants biosourcés,…)

Informations complémentaires :
Concours , Type de marché : Loi MOP.

Bureau(x) d’études : EGIS Bâtiments Centre-Ouest, BEGC, ACOUSTIBEL, OBIO PAYSAGE
Photographe : Sergio GRAZIA