La Fabrique Terre

Rue du Pré Fertile - Zac maison Neuve, 44350 Guérande

135

Programme

Atelier de fabrication de brique de terre crue

Concepteurs

  • Atelier Belenfant Daubas

Commune

  • Guérande

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Loire-Atlantique développement SELA

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2025

Surface(s)

Surface de plancher: 334m² Surface Utile: 331m²

Coûts

Coût total en 305 000€ HT (hors foncier, hors honoraires) en 2024 dont 40 000€ HT de VRD

Documents

Implantée au cœur de la ZAC Maison Neuve à Guérande, La Fabrique Terre répond à un besoin concret du territoire en développant une filière locale de production de briques en terre crue. Le projet traduit une démarche ambitieuse et collaborative entre maîtrise d’ouvrage, concepteurs et acteurs locaux, associant production artisanale, recherche et expérimentation constructive. Pensé pour être réversible, le bâtiment anticipe son évolution en logements, lorsque la future tranche de la ZAC englobera le site actuel, affirmant une vision durable et adaptable de son architecture.

Le projet valorise les ressources locales et les savoir-faire liés à la terre crue et à la construction bois. Les matériaux biosourcés dominent : charpente en bois massif, bardage en douglas, remplissage en torchis et enduits terre. Les menuiseries de réemploi ainsi que la réduction importante du béton grâce à la sollicitation de la dalle pour lestage de la charpente, participent à la diminution de l’empreinte carbone. Les dispositifs passifs de ventilation et d’éclairage naturel assurent un fonctionnement sobre et confortable pour les occupants du lieu.

L’architecture du bâtiment s’intègre pleinement dans l’identité de l’écoquartier en développant un vocabulaire inspiré du colombage et des hangars agricole. Les façades expriment directement les usages et les techniques constructives, tout en animant l’espace urbain par une matérialité évolutive. Les filets brise-vent évoquent le paysage agricole local et apportent une dimension mesurée et expérimentale au projet, affirmant une esthétique à la fois technique et contextuelle.

Le bâtiment privilégie des espaces fonctionnels et modulables adaptés à l’activité artisanale tout en anticipant une reconversion future en logements. Cette réversibilité structurelle garantit la pérennité du projet et sa capacité d’adaptation aux évolutions de la ZAC. Les matériaux laissés bruts, la charpente apparente et les dispositifs naturels de ventilation participent à la qualité des espaces de travail et limitent les besoins d’entretien, dans une logique de simplicité constructive et de confort d’usage.


Bureau(x) d’études : CREA ECO CONSTRUCTION (structure bois), AIREO ENERGIES (fluide/thermique), JD ECONOMIE (économiste)
Photographe : Stephane Chalmeau

Extension du siège social de Biolait

5 rue des Entrepreneurs, 44390 Saffré

96

Programme

Tertiaire, Extension des bureaux du premier collecteur de lait biologique en France

Concepteurs

  • Atelier Belenfant Daubas
  • La Terre Ferme

Commune

  • Saffré

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • SAS BIOLAIT

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2023

Surface(s)

Surface de plancher total des bureaux: 1089 m² dont l'extension Surface de plancher réalisé pour l'extension :654 m² Surface utile de l'extension: 626.73m² (344.10m² RDC et 283.63m² R+1)

Coûts

1 597 168 € H.T. (Hors foncier, hors VRD, hors honoraires) chiffré entre 2022 et 2023

Documents

Le projet s’inscrit dans une continuité entre deux phases de construction (2009 et 2023), traduisant une confiance entre la maitrise d’ouvrage et la maitrise d’œuvre. Malgré des systèmes constructifs totalement différents, une démarche unifiée a été retenue afin d’exprimer un seul siège social cohérent. Cette volonté reflète le dialogue entre les équipes et les temporalités du projet, privilégiant l’ambition de développement d’une entreprise ancré dans un territoire.

L’approche environnementale repose sur des valeurs communes entre MOA et MOE en valorisant les replantations, le respect d’une zone humide et la considération de l’impact carbone. Le projet mobilise des matériaux biosourcés (bois, chanvre) et géosourcés (terre). Ce bâtiment produit plus d’énergie qu’il n’en consomme :20 kw/h/m²/an. L’autonomie énergétique est assurée par le photovoltaïque, tandis que la conception sans climatisation privilégie le confort passif (casquette, brise soleil, inertie ) la qualité de l’air et la santé des usagers.

L’écriture architecturale cherche l’unité entre les deux phases du projet et une sobriété de langage mettant en avant **l’intériorité** et le **confort des usagers**. L’expression des façades reste maîtrisée en les unifiant malgré leur passé différent. Ce projet à été le terrain des jeux des artisans terre, dans le cadre d’une formation sur site, ayant réaliser de nombreuses expérimentations dans les murs intérieurs afin de mieux connaître et développer ce matériaux selon différentes techniques ( bauge, torchis, terre allégée, enduit intérieur).

Comme mentionné auparavant, le projet privilégie le confort des usagers à travers une forte performance thermique, une isolation efficiente et l’absence de climatisation. Les matériaux naturels contribuent à la qualité de vie intérieure, notamment via l’inertie et l’autorégulation hygrothermique. La conception constructive simple et durable favorise un entretien accessible à tous et une bonne pérennité, tout en assurant une fonctionnalité adaptée aux usages professionnels.


Bureau(x) d’études : ITAC (acoustique), Ingeligno (structure bois), SISBA (structure béton), Aireo Energie (fluides et thermique), JD économie (économie), ABEIL (VRD), MO (OPC)
Photographe : Jérome Blin

Le Raisin à Plume

15 la Poultière, 44521 Oudon

254

Programme

Jacques est un vigneron convaincu de son impact en faveur de l'environnement, du paysage et du plaisir du goût. Pour ce chai vigneron engagé, notre proposition exploite la déclivité du terrain dans l’intérêt du programme. L’espace de vinification est partiellement enterré au Nord afin de bénéficier de l’inertie naturelle du sol. Les locaux à destination des travailleurs saisonniers localisés au Sud bénéficient de la chaleur du soleil. Construction en matériaux géosourcés et biosourcés : Bois massif Douglas français non traité, remplissage paille hachée (provenance Vendée), doublage biosourcé, bardage bois. Mur bois remplissage terre-chanvre et enduit terre (terre du site). Phyto-assainissement.

Concepteurs

  • Alexandre Gaudin (architecte associé)
  • atelier CARTOUCHE architecture (architecte mandataire)

Commune

  • Oudon

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Domaine Le Raisin à Plume (M. Jacques Février)

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2024

Surface(s)

354 m² de surface utile closes 590 m² de surface aménagée (compris surface de préau)

Coûts

Coût total : 584 563,00 €HT (juillet 2024) décomposition : Coût Terrassement-VRD : 79 865,00 €HT Coût Phyto-assainissement : 28 615,00 €HT Coût Bâti : 480 851,00 €HT, dont : - coût paille : 19 550,00 €HT - coût terre allégée : 8 502,00 €HT

Documents

Un dialogue exigeant au service d’une ambition partagée :
Ce projet est né d’une collaboration étroite et itérative avec notre client, où chaque choix a été co-construit pour répondre à une double exigence : celle d’un programme polyvalent (agriculture, vinification, dégustations, stockage, vente) et celle d’une intégration respectueuse de son territoire. Ensemble, nous avons élevé le niveau d’ambition, en faisant de la contrainte (un site très visible et marqué par son relief) une opportunité pour innover.

Une réponse ancrée dans son contexte, sobre et résiliente :
Littéralement moulée dans le paysage, la proposition s’encastre dans la topographie existante, tandis que sa toiture claire, en écho aux lumières changeantes du ciel, protège naturellement le vin des surchauffes estivales. L’usage de la paille hachée — matériau local, abondant et porteur d’une identité agricole forte — incarne notre volonté de puiser dans les ressources du territoire. Premier chantier de ce type en Pays de la Loire, il a nécessité de convaincre, former et fédérer les acteurs locaux, sélectionnés pour leur proximité et leur savoir-faire.

Anticipation et adaptabilité :
Conçu comme un outil vivant, le chai anticipe les évolutions des pratiques viticoles et des attentes sociétales (accueil de professionnels et clients, pédagogie, flexibilité des espaces). La co-conception avec le maître d’ouvrage a permis d’ajuster chaque détail aux usages actuels et futurs, garantissant une pérennité fonctionnelle et symbolique.

Une qualité architecturale au service de la sensibilisation :
Au-delà de sa performance technique et environnementale, le projet se veut pédagogique : par sa matérialité brute et son insertion discrète, il invite à interroger notre rapport au paysage et aux ressources. Une démonstration concrète que l’audace partagée peut rimer avec humilité — et que l’architecture, même utilitaire, peut devenir un levier de prise de conscience collective.


Label(s) obtenu(s) : Lauréat du Prix Régional de la construction Bois Pays-de-la-Loire 2025, catégorie "Travailler, Accueillir"
Finaliste du Prix National de la construction Bois 2025

Photographe : Patrick Miara

Renaturation de la cour d’école la Ferrière

2 avenue de la Jeunesse, 44700 Orvault

140

Programme

Transformation d’une cour d’école entièrement bitumée (3 000 m² d’enrobé) en espace paysager polyvalent : terrain d’aventure, classes dehors, potagers pédagogiques, gestion des eaux pluviales à ciel ouvert, L’opération doit favoriser le réemploi des matériaux du site. La conception doit être conduite en concertation avec les enseignants, les parents et les élèves, pendant l’année scolaire.

Concepteurs

  • Atelier Campo — paysagiste concepteur
  • mandataire

Commune

  • Orvault

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Lucas Migliasso
  • Sébastien Piermé ; Responsable : Fanny Cassat Direction Éducation Enfance Jeunesse (DEEJ) : Stéphanie Brest
  • Ville d'Orvault — Direction de l'Aménagement Durable et de la Transition Ecologique (DASTTE) :

Thèmes

  • Aménagement

Année de réalisation

2025

Surface(s)

4 900 m²

Coûts

205 000 € HT

Documents

CONTEXTE
Sur le plateau de la Cravate, à Orvault, le groupe scolaire de la Ferrière s’inscrit dans un quartier dense — crèche, maternelle, collège, gymnase, terrains de sport — avec des vues vers les vallées du Cens et de la Chézine. Héritage de la reconstruction, la cour est presque intégralement minéralisée avec 3 000 m² d’enrobé occupés par un terrain de football et 800 m² de pelouse sur la périphérie : Un îlot de chaleur au cœur du quartier. Sa requalification est l’occasion d’introduire de nouveaux sols vivants, l’eau de pluie, des milieux diversifiés.
1 — UN DIALOGUE DE PROJET AU SERVICE D’UNE AMBITION COMMUNE
La Ville d’Orvault, à travers sa Direction Éducation Enfance Jeunesse, a porté cette transformation avec une exigence claire : faire de la cour un outil pédagogique adossé à l’espace récréatif. Les orientations ont été construites avec les enseignants et les représentants des parents d’élèves, de la phase esquisse à la phase Chantier.
La concertation s’est appuyée sur des dispositifs concrets. Une maquette installée dans l’école a permis aux enfants de suivre l’avancement des études. Dans le cadre de leurs projets pédagogiques, les classes ont décrit le bestiaire de la cour — dessins et textes selon les niveaux — une matière que les sculpteurs du collectif MONsTR ont intégrée à la conception des mobiliers. Un chantier de plantation a associé les élèves à la réalisation. Le chantier de travaux s’est déroulé pendant l’année scolaire, adapté au rythme des classes.
Un an après la livraison, la DEEJ a engagé la cour dans sa démarche d’éducation au développement durable : premières animations d’observation des insectes, étiquetage botanique des massifs en projet, charte d’usage co-rédigée avec les élèves. Une enquête post-chantier pilotée par la DEEJ alimentera un retour d’expériences pour les futurs projets de renaturation de la commune.
2 — UNE ÉCONOMIE DE PROJET ANCRÉE DANS LES RESSOURCES DU SITE
La surface imperméable est passée de 3 000 m² à 1 450 m² : 1 550 m² d’enrobé ont été débitumés, soit −52 % de surface imperméable. Les milieux vivants sont passés de 800 m² à 1 980 m² (× 2,5). Les eaux de pluie des toitures et des surfaces imperméables de la cour (1 900 m²) sont orientées gravitairement vers une noue d’infiltration de 42 m³ — restituant au sol plus de 1 500 m³ par an, sans recours au réseau pour les épisodes courants.
Le système est entièrement à ciel ouvert, dimensionné par le bureau d’études Sit&A dès la phase AVP. Depuis les descentes de toiture, l’eau est guidée vers une rigole traversant la cour, disposée à hauteur d’enfant : les élèves y font des barrages, y font flotter des bateaux de fortune, manipulent l’eau avant qu’elle ne rejoigne la noue (surverse vers le réseau en cas de saturation). Le tracé suit la pente naturelle du terrain, modelée par les terrassements du projet.
Les matériaux de démolition ont été réemployés sur place, avec l’intention de rendre le geste visible et d’anoblir le matériau : les dalles d’enrobé ont été retravaillées en murets de soutènement des massifs, en calepinage de sol, et pour former le lit de la rivière sèche. Les terres ont été revitalisées in situ. Les troncs de chênes arrachés par la tempête Ciarán en 2023 ont été inventoriés et relevés dans les vallées du Cens et de la Chézine par l’atelier campo avant toute conception. Le collectif MONsTR, artisans sculpteurs, les a transformés en mobiliers et jeux sur mesure — à partir du relevé des gisements et du bestiaire imaginé par les enfants.
3 — UNE COUR PENSÉE POUR ÉVOLUER AVEC SES USAGERS
La cour propose des ambiances différenciées : enrobé conservé pour les jeux de ballon, pelouse renforcée, parcours d’équilibre en bois, cabanes, espace de classe dehors sous les arbres, rigole et noue accessibles, massifs plantés par thématiques géographiques (chaque massif est une cohabitation entre végétation locale et la végétation d’un continent), carrés potagers. Les sols varient — copeaux, sable, gravier, végétal — et diversifient les usages à chaque âge.
La composition des massifs a été construite avec les services de la Ville : espèces adaptées aux aléas climatiques, peu exigeantes en entretien. Un an après la livraison, un passage par vacances scolaires suffit. Le carnet de gestion co-rédigé par l’atelier campo et les services municipaux permet aux jardiniers de la Ville de prendre le relais en autonomie.
La cour est référencée dans l’Observatoire des Cours Oasis. L’enquête pilotée par la DEEJ nourrira un guide pour les futurs projets de la commune.
4 — UNE TRANSFORMATION QUI DONNE À VOIR
Les provenances des matières présentes dans la cour sont lisibles : les chênes sculptés viennent des vallées proches, le paillage minéral est l’enrobé d’origine concassé, les murets façonnés en dalles d’enrobé de la cour, la rigole propose l’eau du ciel comme jeu. Le chantier de transformation de la cour a été organisé comme un temps d’apprentissage pour les enfants. Les phases bruyantes — démolition, décaissement — se sont déroulées pendant les vacances scolaires ; les phases à forte valeur technique, en période de classe. Les enfants ont visité le chantier, posé des questions aux compagnons, suivi la transformation de leur cour, et participé activement à la plantation des massifs.


Label(s) obtenu(s) : Référencé Observatoire des Cours Oasis (observatoire-oasis.fr). Démarche EDD portée par la DEEJ d’Orvault.

Informations complémentaires :
Surface imperméable : 3 000 m² → 1 450 m² (−52 % d’enrobé).
Surface en milieux vivants : 800 m² → 1 980 m² (× 250%).
Noue d’infiltration : 42 m³. 39 % de la cour recueille gravitairement les EP.
Réemploi : bitume concassé, terres revitalisées in situ, troncs de chênes (tempête Ciarán) sculptés par le collectif MONsTR. Référencé dans l’Observatoire des Cours Oasis (observatoire-oasis.fr). Démarche EDD active post-livraison (observations d’insectes, étiquetage botanique, charte d’usage co-rédigée avec les élèves).

Bureau(x) d’études : Sit&A — conseil VRD et hydraulique ; Fabien Leduc — concepteur design jeux
Photographe : atelier CAMPO

Aménagement du Jardin du Mail Tharon

17 Rue du Chevecier, 44730 Tharon-Plage — commune de Saint-Michel-Chef-Chef

123

Programme

Désaménagement de terrains de tennis en cœur de bourg, conception participative, aménagement d’un jardin public fondé sur le réemploi des matériaux du site et la désimperméabilisation des sols.

Concepteurs

  • Atelier Campo — paysagiste concepteur
  • mandataire

Commune

  • Tharon-Plage — commune de Saint-Michel-Chef-Chef

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Commune de Saint-Michel-Chef-Chef

Thèmes

  • Aménagement

Année de réalisation

2023

Surface(s)

5000 m2 de surfaces aménagées

Coûts

350 000 € HT

Documents

CONTEXTE
La commune de Saint-Michel-Chef-Chef s’étire entre deux entités distinctes : le bourg historique de Saint-Michel, tourné vers ses terres agricoles, et Tharon-Plage, station balnéaire fondée en 1904, face à la côte de Jade. Entre eux, la vallée du Calais, petit fleuve côtier, trace un corridor écologique précieux — une coupure verte qui structure l’identité paysagère de la commune bien au-delà de son rôle hydraulique.
À la charnière de cette coulée verte et du boulevard Ernest Chevrier, artère commerciale de la station, le Mail Tharon occupe une position stratégique : seuil de la trame verte, parvis du marché estival, marqueur de l’entrée de ville depuis la Route Bleue vers le front de mer. « Dès le parvis du Mail, se sentir à Tharon en promenade. » Cette phrase, issue de la concertation de 2021, résume l’attente des habitants : retrouver dans cet espace la qualité de l’arrivée dans une ville balnéaire, la douceur d’un seuil habité.
Ce qui était jadis un square polyvalent — jeux, pétanque, tennis, ombrages — avait progressivement perdu sa vocation. Les courts de tennis, peu fréquentés, avaient laissé place à un terrain vague de 5 000 m² : imperméabilisé à plus de 90 %, clôturé de hauts grillages, entouré d’une haie persistante chronophage. Seuls trois bosquets de pins, enracinés dans un sol sablonneux, affirmaient encore le cachet balnéaire de Tharon et la continuité de la pinède urbaine si caractéristique de la station.
La transformation de ce site est le premier maillon opérationnel du plan guide municipal, co-construit dans le cadre de la démarche Petite Ville de Demain. L’objectif est double : redonner au Mail sa fonction d’espace public de rencontre, et démontrer qu’un aménagement sobre, fondé sur les ressources du site, peut être reproductible à l’échelle de la commune.
1 — UN DIALOGUE INITIAL FONDATEUR DU PROJET
La municipalité de Saint-Michel-Chef-Chef a inscrit la démocratie participative au cœur de sa feuille de route. Dès juin 2021, une visite exploratoire réunissant une vingtaine d’habitants, d’élus et d’usagers a posé les bases du programme. La parole des participants a été unanime : retrouver au Mail la « fonction d’altérité » que cet espace public avait toujours portée entre les deux bourgs.
Six objectifs d’aménagement ont émergé de cette concertation : retrouver la figure du mail sous une forme contemporaine ; préserver les témoins de la clairière sportive (colonnades, club-house) ; accueillir tous les publics sans exception — générations, personnes à mobilité réduite, cyclistes, visiteurs saisonniers, résidents permanents ; créer un refuge ombragé pendant les heures chaudes ; travailler dans le respect des riverains, avec une empreinte carbone modeste ; et dégager, par l’économie du projet, un budget pour la rénovation des trottoirs attenants.
Ce programme n’a pas été soumis à la maîtrise d’œuvre comme une liste de prescriptions. Il a été le point de départ d’un dialogue continu avec les élus, les services techniques et les entreprises. Les arbitrages ont été partagés : choix du paillage minéral sur échantillons validés in situ, conservation du sol d’un court de tennis pour la plaine de jeux, échantillonnage en temps réel des substrats végétaux. Ce mode opératoire — où la décision de chantier est une décision de conception — n’est possible que lorsque la maîtrise d’ouvrage fait confiance au processus autant qu’au résultat.
La commune porte également une vision à long terme cohérente avec les enjeux contemporains : réduction de 50 % de la consommation de foncier (loi ZAN), maîtrise de l’éclairage public, rééquilibrage démographique d’une population vieillissante (17,5 % d’habitants de plus de 65 ans). Le Mail est le premier acte visible de cette ambition.
2 — UNE ÉCONOMIE FONDÉE SUR LES RESSOURCES DU SITE
La commune hérite de son développement des Trente Glorieuses d’un stock considérable de surfaces imperméables et carbonées : voiries surdimensionnées, parkings, équipements sportifs en enrobé et béton. Plutôt que d’exporter ces matières et d’en importer de nouvelles, le projet prend le contra-pied : déconstruire sans exporter, valoriser sans prélever ailleurs.
Quatre principes ont guidé le processus. Premier : déconstruire et valoriser les produits de déconstruction in situ, sans transport ni mise en décharge. Deuxième : désimperméabiliser et revitaliser les sols à partir des matières existantes — graves de carrière, terre végétale en place, broyat de haie, compost. Troisième : rendre visible la transformation des matériaux réemployés, en construire un paysage qui tient et qui dure. Quatrième : démontrer que ce processus est reproductible.
En pratique : les dalles de béton et d’enrobé des courts de tennis sont devenues murets de soutènement, assises, lit de rivière sèche. Un paillage minéral — mélange de béton drainant et d’enrobé criblé — a été défini sur place, par échantillonnage avec les services techniques et l’entreprise, jusqu’à trouver la granulométrie et la tonalité qui conviennent aux herbacées. Le sol d’un ancien court a été conservé pour accueillir la plaine de jeux centrale : ses lignes résiduelles jouent avec la disposition des équipements.
Du côté végétal, les substrats ont été fabriqués à partir des ressources du site, préservant ainsi les terres agricoles environnantes. Les massifs associent espèces locales du milieu rétro-littoral et variétés plus exotiques, en strates élaborées qui limitent l’évapotranspiration. Résultat : 77 % du site est désimperméabilisé. Quatre camions seulement ont quitté le chantier — pour les fondations des poteaux métalliques du grillage d’enceinte.
L’économie dégagée sur les coûts de préparation, de terrassement et de fournitures a été réinvestie dans les équipements de loisirs — directement issus des souhaits de la concertation.
3 — UN JARDIN QUI MULTIPLIE LES USAGES
L’axe historique du mail est libéré et cadré par les bosquets arborés rénovés. La figure du mail — effacée par des décennies d’équipements sportifs — est retrouvée sous une forme contemporaine, traversante et ouverte. Le jardin est organisé autour d’une succession d’ambiances : le terrain d’aventure, la plaine de jeux centrale, les milieux plantés, les assises.
La balançoire-nid permet aux enfants de « prendre de la hauteur et de voir plus loin que les adultes, en direction de la vallée du Calais ». La tyrolienne, plébiscitée lors de la concertation, est l’activité phare pour les grands enfants. L’allée en béton lisse — seul ouvrage neuf du jardin — sinue entre les équipements et assure l’accessibilité PMR de l’ensemble du site. Elle relie progressivement les différents lieux, prolongeant l’expérience de la déambulation dans un jardin de dimension modeste.
La pergola et ses écureuils métalliques ont été réalisés par l’artiste Sarah Renaud, forgeronne, en résidence de juin 2023, logée par la commune dans le gîte municipal. L’intervention de l’artiste et de son équipe a animé le chantier, invitant les habitants à suivre la transformation en cours — moment d’art public en acte qui a renforcé l’appropriation du jardin.
Le jardin fonctionne à l’année comme en été : refuge ombragé pour les plagistes, square de quartier pour les résidents permanents, étape pour les cyclistes de la Route Bleue, espace de rencontre lors du marché estival. Cette polyvalence n’est pas un pis-aller : elle est le cœur du programme. Et parce que le processus de réemploi est désormais documenté, la démarche peut être répliquée pour l’ensemble des espaces publics de Tharon.
4 — FAIRE AVEC LE DÉJÀ-LÀ POUR REVELER LE SITE
La « re-molition » — terme des urbanistes Simone et Lucien Kroll pour désigner la transformation douce du tissu existant — est ici pleinement revendiquée comme posture de projet. Les matières du jardin sont lisibles dans leur provenance : les murets sont faits des dalles du site ; le paillage minéral est l’enrobé d’origine concassé ; les assises et soutènements témoignent de la vie antérieure du lieu. Rendre visible la transformation des matériaux réemployés, c’est aussi mettre en valeur l’agilité des compagnons qui les ont travaillés.
La conception a été itérative et dynamique : allers-retours permanents entre inventaire des matériaux disponibles, prototypes à l’échelle du site, et arbitrages partagés avec la maîtrise d’ouvrage et les entreprises. Cette approche a permis d’intégrer la part d’incertitude inhérente au réemploi — variation des gisements, adaptation des substrats — sans jamais perdre ni le cap ni le délai. Concertation, conception et réalisation du jardin ont duré moins de deux ans.
La topographie est marquée par ces murets formant soutènement et assises. À partir d’un matériau peu noble — de l’enrobé cassé —, le projet construit une micro-topographie expressive, qui donne de l’épaisseur à un site autrefois plan et imperméable. Les pins restants, les colonnades du club-house, les lignes résiduelles des courts : chaque « déjà-là » est convoqué, réinterrogé, mis en dialogue avec les nouveaux usages.
Si le jardin encore jeune peut paraître trop minéral, la désimperméabilisation de 77 % du site est une réussite durable pour la santé des sols et pour le rôle de pas japonais du Mail dans la trame verte et bleue de la commune. Ce faible niveau d’investissement n’a pas permis de produire des indicateurs rigoureux sur les bénéfices environnementaux — mais il a démontré qu’une démarche exigeante, sobre et transmissible est possible, même avec des moyens très contraints.


Label(s) obtenu(s) : Démarche Petite Ville de Demain (PVD) — Commune de Saint-Michel-Chef-Chef

Informations complémentaires :
Désimperméabilisation de 77 % du site (3 850 m² restitués au sol vivant). Réemploi intégral in situ : dalles de béton et enrobés issus des courts de tennis transformés en murets de soutènement, assises et paillage minéral. Seuls 4 camions ont quitté le site (fondations des poteaux). Pergola et sculptures métalliques réalisées par l’artiste Sarah Renaud (résidence juin 2023). Tyrolienne, balançoire-nid, allée PMR. Premier maillon opérationnel du plan guide Petite Ville de Demain (PVD) de la commune. Opération livrée en moins de 2 ans (concertation, conception, réalisation).

Bureau(x) d’études : /
Photographe : atelier CAMPO

LES ACHIMISTES

15 rue Ada Lovelace, 44400 Rezé

204

Programme

Bâtiment destiné à l’activité de tri et de massification de matières organiques : atelier, bureaux et locaux sociaux

Concepteurs

  • GLV architectes et Christian FARES architecte

Commune

  • Rezé

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • LES ALCHIMISTES

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2025

Surface(s)

580m2

Coûts

436 000€HT, compris VRD et aménagement paysager

Documents

Projet « Les Alchimistes » – Rezé
Note de présentation – Prix CAUE 44 2026
Le projet réalisé pour Les Alchimistes à Rezé accompagne le développement d’une activité de collecte et de valorisation des déchets organiques, dans une démarche conjuguant sobriété constructive, adaptation fonctionnelle et ancrage territorial. Le bâtiment associe atelier de process et espaces tertiaires, dans une écriture architecturale simple, durable et évolutive.
1. Commande – Dialogue MOA/MOE
Le projet est né d’un dialogue étroit entre l’équipe des Alchimiste et l’équipe de maîtrise d’œuvre composée de GLV architectes, Christian Fares, et les BET AREST (structure), WOR (fluides)
Dès les premières réflexions d’implantation sur le site, l’équipe a accompagné Les Alchimistes dans une démarche d’AMO afin de définir précisément les besoins, les usages et les évolutions constantes de leur activité, dans un cadre financier contraint.
Des échanges avec d’autres sites des Alchimistes ont également permis d’intégrer des retours d’expérience concrets afin d’optimiser le fonctionnement du bâtiment et sa capacité à évoluer, notamment en réserves de surfaces de bureaux.
2. Environnement – Ressources
Le projet privilégie une approche bas carbone et frugale en ressources.
La structure, la charpente, le bardage bois et les bureaux en MOB mobilisent des matériaux biosourcés et des savoir-faire locaux, avec une préfabrication hors site limitant les nuisances et les déchets de chantier.
Les empierrements existants ont été réemployés afin de limiter les apports de matériaux et les transports.
Une installation de cuves de récupération des eaux pluviales a été mise en place pour accompagner les usages du site (Lavage des bacs).
La toiture mono-pente orientée au sud supporte une installation photovoltaïque participant à la production d’énergie renouvelable.
3. Intégration esthétique
Implanté dans une ZAC, le bâtiment s’adosse à une construction existante dont il reprend le gabarit tout en affirmant une identité propre grâce à une matérialité bois assumée.
Le bardage brut de sciage posé à claire-voie engendre une vibration de façade en résonance avec l’activité de massification des matières organiques, tout en renforçant la ventilation naturelle du hangar.
Le projet affirme également une dimension technique singulière avec la mise en œuvre de portes coulissantes suspendues de 36 m², 4 portes d’accès aux engins, vers les bennes de transfert.
4. Usages – Fonctionnalité
Le projet a été conçu à partir d’une analyse des flux et des process de travail : arrivée des déchets organiques, tri, aiguillage, lavage des bacs, massification puis départ des camions…
L’organisation spatiale intègre également l’évolution constante de cette activité en forte croissance.
Deux typologies d’espaces ont été développées : un atelier largement ventilé naturellement, et des bureaux conçus avec une forte exigence de confort thermique et de sobriété énergétique (performance de l’enveloppe, protections solaires, limitation du recours aux équipements techniques).
L’ensemble vise un cadre de travail durable, fonctionnel et adapté aux usages quotidiens.


Informations complémentaires :
marché privé

Bureau(x) d’études : AREST (BET structure) et WOR (BET Fluides)
Photographe : crédit photos GLV/CF architectes

Musée Dobrée

1 place Jean V, 44000 Nantes

140

Programme

Réhabilitation des bâtiments existants, privilégiant un usage d’exposition pour le Palais Dobrée et le Manoir Jean V, et création d’extensions neuves pour intégrer accueil, boutique, espace de restauration légère, salle polyvalente (conférences, expositions, événements), avec valorisation et requalification des espaces extérieurs

Concepteurs

  • Atelier Donjerkovic (architecte du patrimoine)
  • Atelier Moabi (Paysage)
  • Atelier Novembre (architecte mandataire)
  • Ateliers Adeline Rispal (Scénographie)

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • DÉPARTEMENT DE LOIRE ATLANTIQUE

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2024

Surface(s)

5 000 m² SU soit 7 400 m² SP, dont 1000m² d'extension enterrée (démoli 1 200 m²)

Coûts

32 M€ HT de travaux (valeur 2024)

Documents

Enjeux du projet : un contexte sensible à réunifier
En plein cœur de Nantes, le musée Dobrée abrite des collections uniques par leur richesse et leur diversité tout en réunissant un ensemble patrimonial remarquable constitué de trois bâtiments d’époques et de factures différentes : le palais (bâtiment du XIXe siècle d’inspiration néo-romane), le manoir Jean V (bâtiment du XVe siècle) et le bâtiment Voltaire (caractéristique de l’architecture brutaliste des années 1970).
Outre la rénovation lourde de ce bâti existant, le principal enjeu du projet a donc consisté à résoudre la question de l’unité du lieu en intervenant notamment sur la redistribution des flux et la simplification des parcours des visiteurs, mais également à créer des espaces fonctionnels tout en révélant les potentialités de ce patrimoine bâti. Par une approche globale et sensible, les propositions architecturales, paysagères et scénographiques s’attachent ainsi à répondre à l’ambition du Département de Loire-Atlantique « de révéler et faire rayonner le site du musée Dobrée dans toute son originalité ». En requalifiant ce parc muséal et urbain, le futur domaine a pour vocation de devenir une composante forte de l’identité de la Ville et un des nouveaux leviers de son attractivité.

— Intentions architecturales et paysagères
Initiée par une pente douce qui se glisse entre le manoir de la Touche et le bâtiment Voltaire, une promenade libre d’accès met en scène les édifices et relie les différents espaces extérieurs du site. Le projet paysager participe pleinement au fonctionnement de l’établissement en affirmant ses accès, et en liant les différents bâtiments du domaine pour les inscrire dans un ensemble cohérent et convivial sans conflit de gestion ni d’usages. Quatre espaces s’entrecroisent ainsi : une promenade végétalisée hors douane participant à la vie de quartier pour flâner et se détendre ; un vaste jardin dédié aux activités ludiques et aux jeux d’enfants ; un parvis pour profiter d’un café à l’ombre des arbres ; et enfin un cœur de jardin (sous douane) pensé comme une pièce de musée qui invite le visiteur à contempler les détails architecturaux du palais.
Souhaitant susciter à la fois curiosité et étonnement, le projet architectural propose des ponctuations qui animent les parcours et rendent lisibles les composantes du site. Une écriture identitaire et contemporaine est ainsi conçue pour permettre à la fois de signaler une nouvelle urbanité, de prolonger par son originalité l’énigme de l’œuvre singulière de Thomas Dobrée mais aussi de résoudre délicatement la question de l’unité du lieu.
Agissant comme un fil conducteur, un matériau unique est utilisé pour signifier les interventions nouvelles : le glacis de la rampe qui accompagne dès l’entrée le visiteur, l’auvent qui identifie les espaces d’accueil, le volume ajouré du noyau vertical du manoir de la Touche et l’incision pratiquée dans le jardin central. Le choix s’est porté sur des parements ou profils métalliques dont la texture et les oxydations jouent par mimétisme avec la richesse des couleurs des moellons granitiques du manoir de la Touche, des schistes et pierres de Chauvigny du palais Dobrée et des bétons architectoniques du bâtiment Voltaire. La cohérence de cette intervention vient agir, sans ambiguïté, comme un trait d’union pour requalifier le site.

— Approche scénographique de ce musée de collectionneur
Les collections du musée Dobrée sont constituées de 135 000 œuvres et racontent 500 000 ans d’Histoire (de la Préhistoire au XXe siècle) sur 5 continents. Déployant ce fond exceptionnel, le musée offre un espace permanent d’exposition de plus de 2 000 m² dans le palais, complété par un espace d’expositions temporaires de 400 m² dans le manoir.
Pour ce musée d’objets, le projet scénographique propose au public une approche intimiste en grande proximité avec les collections. L’ambition est de concevoir un « musée à vivre » : plus qu’un lieu d’expositions, il est pensé comme lieu de vie où le public peut librement découvrir les collections par des approches diverses, des rencontres culturelles mais aussi selon ses envies – faire une pause, lire, contempler, étudier, ou se restaurer à la terrasse du café, participer à une visite guidée ou à un spectacle.
Porté par le Département de Loire-Atlantique, ce projet de rénovation souhaite donc révéler toute l’originalité de ce lieu atypique, ainsi qu’offrir aux futurs visiteurs une expérience muséographique unique, vivante, accessible à tous les publics.

— Réconcilier les époques et anticiper les usages à venir
Cette ambitieuse restructuration a ainsi conduit à des interventions relativement conséquentes pour répondre aux objectifs de fonctionnalité, d’attractivité et d’évolutivité. Bien que les bâtiments ne soient pas protégés au titre des monuments historiques, ils font partie du patrimoine nantais et constituent, avec les collections, le fonds patrimonial de l’institution.
Il est donc apparu nécessaire de valoriser et prolonger la mémoire du site par de justes interventions contemporaines, sans ostentation, en se nourrissant de toutes les données du site, des époques les plus anciennes aux interventions du XXe siècle, considérant que chacune a contribué à écrire un pan d’histoire de ce lieu très apprécié des habitants.

— Qualité de la relation entre le maître d’ouvrage et l’équipe de maîtrise d’œuvre
Outre la modernisation du musée, les intervenants qui ont porté ce projet avaient pour point de mire l’idée d’un équipement confortable et fonctionnel qui puisse « produire » du lien, c’est à dire créer les conditions de rencontres entre les différents publics, une institution qui contribue à engendrer des opportunités ou des invitations.
Le travail conjoint de la maîtrise d’ouvrage et de l’équipe de maîtrise d’œuvre a en ce sens stimulé les imaginations pour apporter une réponse architecturale, patrimoniale, paysagère et scénographique globale et cohérente. Il a permis un dialogue riche, à l’image de la complexité de ce morceau de ville.
Au-delà du concours, ce processus de réflexion a pu s’enrichir d’un dialogue fécond, nourri notamment de réunions publiques participatives.


Informations complémentaires :
Musée fermé depuis 2011 ; premier concours recalé par la justice administrative en 2014 ; second concours loi MOP (avec l’Atelier Novembre lauréat) en 2017.
Financement (50 M€ TDC, Toutes Dépenses Confondues, dont 32 M€ HT de travaux) :
– Département de Loire-Atlantique
– Etat / Ministère de la Culture (via la Direction régionale des affaires culturelles des Pays-de-la-Loire, à hauteur de 4,5 M€)
– Région Pays-de-la-Loire (à hauteur de 3 M€)

Bureau(x) d’études : Oteis (Tce, Opc, Economie, Ssi & Sécurité), Jean-Paul Lamoureux (Acoustique), Innovision (Audiovisuel, Multimédia, Numérique), Temeloy (Conception lumière), Chevalvert (Graphisme, Signalétique)
Photographes : ©Luc Boegly (photos : 1 et 12 à 19) ©Shimmura Takuji (photos : 2 à 11 et 20)

Jardin des lauriers

Place des lauriers, 44100 Nantes

170

Programme

L’ancienne place des Lauriers s’est progressivement refermée sur elle-même malgré l’installation de la maison de quartier en 1994 (enclavement spatial, essoufflement des commerces dû à son éloignement des axes de circulation, conjoncture économique...) En l’an 2000, sous l’impulsion notamment de l’association Bellevue 2000 dont Michelle Palas fût la co-fondatrice et présidente, le tramway passe par la place, permettant ainsi une ouverture et des liens entre les différents secteurs de ville et du grand ensemble. Le projet urbain du Grand Bellevue acte la démolition de la barre du Doubs, ouvrant de manière significative en 2018 ce lieu sur le grand paysage de la Loire. Le PNRU prévoit alors le reconstruction d’un bâtiment en de logements qui s’ouvraient à terme vers la nouvelle maison de santé (livrée en 2022 et située le long du boulevard Jean Moulin). En 2018, une concertation a été menée sur les aménagements des espaces extérieurs attenants à la maison de quartier. Dans l’attente du projet immobilier, une prairie fleurie est semée et des aménagements temporaires voient le jour. A la demande forte des habitants et des associations, un changement programmatique s’opère avec la création actée d’un vaste espace de respiration et de verdure, comme pouvait l’être la place des Lauriers (en remplacement de l’opération immobilière projetée). Le jardin fait donc l’objet d’une consultation en 2023. Plusieurs enjeux majeurs ont été identifié : A l’échelle du projet du Grand Bellevue et du quartier, créer de véritables pôles d’attractivité. Réfléchir le jardin en résonance avec les autres squares et parcs du quartier en l’intégrant dans un maillage existant et en devenir - Maintenir les vues telles que définies au projet Grand Bellevue. Donner une identité au jardin et raconter une histoire. Favoriser une cohabitation des usages et usagers par une co-visibilité des usages. Répondre aux besoins définis notamment lors de la concertation qui a eut lieu en 2018 pour le « square MHCB » déjà réalisé: S’amuser – bouger, se retrouver, jardiner, se détendre, s’informer, se diriger, se connecter. Penser le jardin comme un espace public pour tous : non genré, inclusif, accessible…Un espace ludique, animé et convivial. Repenser l’espace de jeux pour les enfants. Aménager une aire d’entraînement d’art du déplacement (parkour) en lien avec l’association dédiée du quartier. Aménager un projet en faveur du développement durable : économe en eau, favoriser la biodiversité, achat durables, origine des plantes, désartificialisation, perméabilité des sols et une prise en compte de la trame noire. Affirmer la présence de l’eau et son intérêt ludique et de rafraîchissement. Donner au jardin une qualité paysagère : travailler les limites, les interfaces avec le bâti (Tour du Doubs et notamment le rez de chaussée –Plan B) et avec l’espace public (tram et parvis du collège) ; renforcer la strate arboré – créer un véritable îlot de fraîcheur à l’échelle du jardin en cohérence avec le Projet du Grand Bellevue ; limiter les surfaces minérales au strict nécessaire. Prise en compte de politique de l’arbre de plus en plus affirmée. Préserver l’existant et penser l’avenir (boisement d’avenir…).

Concepteurs

  • Moss Paysage

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Ville de Nantes - Direction Nature et Jardins

Thèmes

  • Aménagement

Année de réalisation

2025

Surface(s)

3600m2

Coûts

LOT 1 - VRD: 334 470€ HT LOT 2 - Espace vert et mobilier: 398 820€ HT LOT 3 - Structure: 151 475€ HT LOT 4 - Fontainerie et têtes en résine: 148 039€ HT Fourniture et transport des enrochements: 54 704€ HT

Documents

Une attention aux ressources et aux contextes, en réponse aux enjeux environnementaux contemporains ;

Le jardin des Lauriers – Michelle Palas est un nouveau jardin au sein du quartier de Bellevue. C’est un lieu central d’animation sociale au centre de plusieurs équipements structurants : la Maison des Habitants et du Citoyen, l’arrêt du tramway, le Rez-de-chaussée associatif de la tour du Doubs, la future Halle du plan B, le pôle commercial autour de la boulangerie, l’immeuble du DRAC avec ces activités sociales et associatives, le collège… Il s’inscrit dans une transformation cohérente des espaces publics du Projet de Renouvellement Urbain du Grand-Bellevue (quartier ANRU). Deuxième pôle structurant après le place Mendès-France, ce jardin vient compléter l’archipel des parcs et jardins alentours.

En opposition avec la dalle très imperméable existante, ce jardin offre une perméabilité et une autonomie de gestion de l’eau. Le jardin des Lauriers – Michelle Palas constitue un jardin-place au coeur du quartier, non loin du Bas de Chantenay. Quatre milles mètres carrés d’espace de respiration, « végétales » ouverts sur le grand paysage de La Loire

Une conception qui répond aux usages d’aujourd’hui tout en anticipant les évolutions de demain ;

S’appuyant sur l’armature existante de la traversée nord/sud créé en 2021 qui lie le collège Debussy à la Maison de Santé, le jardin propose un équipement complémentaire aux parcs et jardins adjacents (la Meta, le square des Rossignols). L’offre de loisirs et de pratiques sportives s’y diversifie : ce lieu rayonne au-delà du secteur avec l’installation de structures d’Art du Déplacement intégrée au paysage.

Au fil du temps, des cheminements pratiques ont été créés sur la « prairie fleurie » laissant percevoir des itinéraires naturels. Ces cheminements sont redessinés et viennent proposer une structuration des espaces : l’espace d’art du déplacement, un large espace ouvert et engazonné avec table de piquenique (les ateliers de concertation réalisés avec les associations locales ont fait ressortir la demande d’un espace ouvert permettant la pause et/ou les événements), un bassin de rétention en prairie avec un large platinage bois et des bancs pour des moments plus au calme et intimes, un boisement d’avenir pour créer un îlot de fraicheur au sein du nouveau jardin, et enfin, le nouveau parvis du collège.

Plusieurs milieux constituent le jardin des Lauriers. La partie haute : « la Lande urbaine», rochers et plantations basses d’où émergent des pins et arbres tiges, accueille l’Art du Déplacement. La pelouse devant la tour du Doubs crée un espace libre, ouvert aux pratiques sportives et événementielles.
Le milieu s’enrichit vers une prairie en bassin récupérant les eaux de pluie. Entre-deux, dans la trame verte déjà constituée par le groupe d’arbres de l’enceinte du collège, un nouveau boisement d’avenir va s’étoffer. Reliant directement la grande traverse, le parvis du collège est un espace plus apaisé, revêtu de matériaux qualitatifs.

une recherche sensible de qualité architecturale et paysagère, alliant audace et intégration ;

Situé à la jonction entre le plateau de Bellevue et la vallée de la Loire, sur la ligne de crête du massif armoricain qui structure la géographie locale, le site s’ouvre largement vers le sud depuis la disparition de la barre du Doubs en 2020. L’objectif est de faire émerger le sillon en exprimant la géologie des lieux sous forme d’enrochements granitiques pour constituer à la fois un paysage particulier avec la plantation d’essences de milieux acides, tout en proposant des équipements « naturels » pour l’Art du Déplacement.

Le jardin est un site avec une grande prise au vent. Pour préserver les espaces et permettre de profiter du jardin et ses aménagements sans être dans les courants des vents dominants, deux grands pare-vents ont été pensés, en structure métal et lattes de bois verticale. Ils sont support de plantes grimpants et de panneaux d’exposition. L’un des pare-vents intègre un bestiaire nantais éructant par leurs nasaux de la brumisation en été.

Un dialogue exemplaire entre maître d’ouvrage et concepteur.

Le projet s’est consolidé grâce aux échanges constructifs entre notre équipe et les différentes entités des maîtrises d’ouvrages : la Direction Nature et Jardin, LOMA (Loire Océan Métropole Aménagement) Maîtrise d’ouvrage du Grand Bellevue, Nantes Métropole Habitat et Nantes Métropole, la maison de quartier, l’équipe du collège Claude Debussy.

La maitrise d’ouvrage avait de grandes attentes sur les aménagements du jardin. En effet, les dialogues citoyens avaient été très clairs sur les revendications des habitants du quartier. A ces attentes se sont ajoutées les ambitions de développement durable portée par la maitrise d’ouvrage et notre équipe, toujours dans un souci de sobriété et d’économie de projet.


Informations complémentaires :
Participation du collège Claude Debussy, limitrophe au plantation du boisement d'avenir.

Bureau(x) d’études : ECR Environnement, Atelier Puzzle, Collectif Fils
Photographe : MOSS Paysage

Salle Festive de la Chapelle des Marais

Gagnerie de Rotz, 44410 La Chapelle-des-Marais

102

Programme

L’opération développe un équipement polyvalent destiné aux usages festifs et associatifs, complété par des aménagements extérieurs et un stationnement intégré au paysage.

Concepteurs

  • Architecture FARDIN (architecte mandataire) et EXEPLAN (Maîtrise d’Œuvre d’exécution)

Commune

  • La Chapelle-des-Marais

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Mairie de La Chapelle des Marais

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2025

Surface(s)

Surface utile : 865m²

Coûts

2 190 000€ HT

Documents

Le projet de salle festive s’inscrit avec délicatesse dans le paysage singulier des marais et lisières forestières de La Chapelle-des-Marais. Pensé comme un lieu ouvert sur son environnement, l’équipement entretient un dialogue permanent avec la nature environnante, offrant des vues cadrées et une relation directe au grand paysage.
L’architecture revendique une écriture sobre et identifiable, à la croisée d’une esthétique contemporaine et des formes vernaculaires locales. La grande toiture à double pente en zinc, élément fédérateur du projet, affirme la silhouette du bâtiment tout en prolongeant généreusement le parvis par un vaste auvent protecteur. Les matériaux biosourcés, le bardage bois et les tonalités végétales participent à une atmosphère chaleureuse et conviviale, pensée pour accueillir toutes les générations.
À l’intérieur, la grande salle modulable de 360 m² constitue le cœur vivant de l’équipement. Associée à ses espaces de service et à un hall traversant généreux, elle permet une grande diversité d’usages, des événements festifs aux rassemblements plus intimistes. La lumière naturelle, omniprésente, accompagne les usages et renforce le lien constant avec le paysage extérieur.

Approche environnementale :
Le projet s’inscrit dans une démarche environnementale ambitieuse visant une réduction forte de son empreinte carbone. La construction associe ossature bois et isolation paille, tandis que le bardage bois affirme l’identité naturelle du bâtiment.
L’aménagement du site privilégie une gestion raisonnée des sols et de l’eau : les stationnements en revêtement drainant limitent l’imperméabilisation et s’accompagnent d’un système de gestion des eaux pluviales à la parcelle par noues paysagères.
Sur le plan énergétique, le bâtiment s’appuie sur une solution aérothermique assurant chauffage et ventilation, dans une logique de sobriété et de confort durable pour les usagers.


Bureau(x) d’études : AREST (structure), ISOCRATE (fluides), DB ACOUSTIC (acousticien)
Photographe : Lucie Bulteau

6 logements participatifs

14 chemin du Moulin Lambert, 44000 Nantes

137

Programme

Construction de 6 logements sociaux participatifs (du T3 au T5) avec leur espace extérieur privatif (jardin ou terrasse végétalisée), salle commune avec sa terrasse, jardin partagée, grande passerelle dʼaccès en bois, locaux vélos, stationnements couverts

Concepteurs

  • 1 - LOOM Architecture- architectes

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • CIF COOPERATIVE

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2025

Surface(s)

517m2 SHAB + salle commune de 25m2

Coûts

946 856 € HT dont 101 173€ VRD-plantations

Documents

Ce projet de logements participatifs s’inscrit dans une démarche collaborative approfondie, rendue possible par l’accompagnement de l’AMO participatif L’Écho Habitants. Dès les premières phases d’esquisse, un dialogue constant s’est instauré entre la maîtrise d’ouvrage, les habitants et la maîtrise d’œuvre.
Des ateliers réguliers (en esquisse, avant-projet puis PRO) ont permis de co-construire le projet, tant sur les questions de gouvernance du groupe que sur la définition des espaces et des usages. Maquettes physiques, vues 3D et supports pédagogiques ont facilité l’appropriation du projet par tous. Cette dynamique participative s’est poursuivie jusqu’à la livraison, notamment à travers des visites de chantier, consolidant une véritable synergie entre les acteurs et une implication durable des futurs habitants.
Le projet s’appuie sur une approche sobre et contextualisée des ressources. Les logements sont réalisés en maçonnerie associée à des isolants biosourcés, garantissant performance thermique et confort intérieur. Les circulations extérieures, passerelles et terrasses sont conçues en structure bois de Douglas.
Le cœur d’îlot constitue un élément structurant du projet environnemental : conçu comme une grande noue paysagère, il participe activement à la gestion alternative des eaux pluviales. Il accueille une palette végétale adaptée aux milieux humides, favorisant le développement de la biodiversité. À l’arrière de l’îlot, un espace potager collectif prolonge cette logique de paysage nourricier et de pratiques partagées.
Implanté dans un tissu pavillonnaire et en lisière d’un équipement scolaire, le projet cherche un équilibre entre insertion et affirmation. Il se compose de deux îlots fragmentés en trois volumes chacun, reprenant les gabarits domestiques environnants à travers des toitures à double pente.
Cette fragmentation permet d’atténuer l’échelle du collectif et de dialoguer avec le contexte bâti. Les façades sont animées par des variations d’enduits aux teintes chaleureuses, dans une gamme d’ocres.
Le projet propose une mixité sociale à travers une offre combinant logements en accession et en location. Il met au cœur de sa réflexion la qualité d’usage, en articulant finement espaces partagés et espaces privatifs.
Le cœur d’îlot constitue la pièce collective majeure : il dessert l’ensemble des logements via une entrée commune, accueille une salle partagée largement ouverte sur une terrasse et le jardin, et est surmonté par une large passerelle extérieure, pensée comme un espace d’appropriation et de convivialité.
Les logements sont conçus pour offrir confort et intimité, avec un travail précis sur les vis-à-vis et les orientations. Chaque logement dispose d’un espace extérieur privatif généreux : jardins à l’ouest en rez-de-chaussée, ou grandes terrasses plein sud en étage, systématiquement végétalisées.
Les typologies sont toutes singulières par une conception en partenariat avec les habitants, favorisant la diversité des modes d’habiter. Certaines configurations en duplex inversé (T3 et T4) permettent d’installer les espaces de vie en étage, bénéficiant ainsi d’une luminosité optimale et d’un accès direct à de vastes terrasses.
L’ensemble propose un cadre de vie évolutif, convivial et durable, où les mobilités douces et les usages collectifs participent pleinement de la qualité du projet.


Label(s) obtenu(s) : RT2012

Informations complémentaires :
Procédure adaptée
Logement social (locatifs, PSLA)

Bureau(x) d’études : ALS Structure, MATRICE Economie, AIREO Energies
Photographe : François Baudry