Les vergers du Bois Macé

Route des trois ruisseaux, 44850 Le Cellier

132

Programme

Magasin de vente à la ferme.

Concepteurs

  • AGENCE D'ARCHITECTURE HUCA
  • COMETE architecture

Commune

  • Le Cellier

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • GAEC LES VERGERS DU BOIS MACÉ

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2025

Surface(s)

733m² SP

Coûts

1 266 000 € HT

Documents

Le projet des Vergers du Bois Macé propose une architecture agricole contemporaine attentive à la fois aux usages, au paysage et aux enjeux environnementaux du territoire. Implantée au nord-est du Cellier, l’opération accompagne le développement d’une exploitation familiale engagée depuis plus de trente ans dans la vente directe, la cueillette autonome et les circuits courts.
Le projet répond à une évolution concrète des besoins de l’exploitation : amélioration des capacités de stockage, développement de l’accueil du public, optimisation des flux agricoles et pérennisation d’une activité économique locale ancrée dans son territoire.
l’opération développe une réflexion globale sur le rôle contemporain des bâtiments agricoles dans le paysage rural. Le projet revendique une architecture raisonnée, sobre et productive, capable de concilier qualité d’usage, performance environnementale et intégration paysagère.
L’implantation du nouveau bâtiment principal a été pensée en lien direct avec les parcours de cueillette et les espaces cultivés. Cette nouvelle organisation replace l’accueil du public au cœur de l’exploitation et simplifie les relations entre production, stockage, transformation et vente. Le projet améliore ainsi la lisibilité générale du site tout en réduisant les déplacements internes et les besoins logistiques.
Le parti architectural s’appuie sur une réinterprétation contemporaine des formes rurales vernaculaires. Plutôt qu’un volume monolithique et standardisé, le projet développe une composition fragmentée en plusieurs maisonnées articulées autour d’une cour centrale. Cette organisation retrouve l’échelle domestique et agricole des corps de ferme traditionnels, tout en favorisant des usages collectifs ouverts et conviviaux.
Cette approche volumétrique permet également une meilleure insertion dans le grand paysage agricole environnant. Les bâtiments conservent des gabarits simples, des toitures à deux pans et des proportions familières qui dialoguent avec les architectures rurales existantes. Le travail sur l’abaissement des lignes de façade et le fractionnement des volumes limitent l’impact visuel de l’opération et participent à une intégration douce dans le site.
Le projet développe une matérialité sobre et pérenne fondée sur des matériaux biosourcés et des teintes naturelles. Bardage bois à pose verticale, enduits traditionnels à la chaux gris-beige, couverture en tuiles plates traditionnelles et acier à joint debout composent une architecture agricole contemporaine en continuité avec le patrimoine bâti rural local.
Les espaces extérieurs font l’objet d’un traitement particulièrement attentif. Les stationnements sont volontairement peu marqués afin de limiter leur impact paysager ; les revêtements perméables, les surfaces engazonnées et les plantations d’arbres participent à la désimperméabilisation des sols et à la qualité d’usage du site. Les haies bocagères existantes sont largement conservées et renforcent l’ancrage du projet dans la trame végétale du paysage agricole du Cellier.
Le projet intègre également une démarche environnementale cohérente avec les objectifs du PCAET et du Projet Alimentaire Territorial du Pays d’Ancenis : réduction des consommations énergétiques, récupération des eaux pluviales, limitation des déplacements, centralisation des fonctions de production et valorisation des circuits courts.
Par son attention portée à la qualité architecturale des bâtiments agricoles, à la relation entre paysage et activité productive, ainsi qu’à la dimension sociale et pédagogique de l’exploitation, le projet des Vergers du Bois Macé propose une réponse aux enjeux contemporains des territoires ruraux : produire localement, accueillir, transmettre et construire avec sobriété.


Bureau(x) d’études : GH+,VSB,SIMON INGENIERIE, AGEIS
Photographe : @agencehuca, @comete

L’Escale

4 rue du Champ d'armée, 44640 Le Pellerin

99

Programme

8 logements

Concepteurs

  • AGENCE D'ARCHITECTURE HUCA

Commune

  • Le Pellerin

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • CIF COOPERATIVE

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2025

Surface(s)

565 m² SP

Coûts

1 155 400€ HT

Documents

Le projet de huit logements intermédiaires développé rue du Champ d’Armée au Pellerin propose une réponse architecturale attentive aux enjeux contemporains de transformation des bourgs et de sobriété foncière. Implantée dans une dent creuse, l’opération participe à la consolidation de la centralité existante. Le projet s’inscrit dans le cadre de l’OAP Château-Sourdille, qui vise à développer une offre résidentielle accessible, diversifiée et qualitative, tout en préservant les caractéristiques paysagères et écologiques du site. L’opération développe ainsi huit logements en Bail Réel Solidaire, conciliant accession abordable et qualité d’habiter.
L’écriture urbaine privilégie une densité douce, inspirée des formes intermédiaires du bourg. Le bâtiment vient s’aligner sur la rue du Champ d’Armée afin de recomposer une continuité bâtie cohérente, tandis que son implantation accompagne délicatement la pente naturelle du terrain grâce à une succession de décrochements volumétriques. Cette fragmentation de la façade permet de réduire l’échelle perçue du projet et de préserver une lecture domestique et résidentielle de l’ensemble.
L’écriture des baies participe pleinement à cette insertion dans le tissu villageois environnant. Les ouvertures, volontairement simples et régulières, reprennent des proportions et un rythme de composition inspirés des constructions traditionnelles du centre-bourg. Les encadrements marqués et la sobriété générale des façades permettent d’inscrire le projet dans une continuité architecturale familière.
L’opération développe également une réflexion approfondie sur les seuils et les usages collectifs. Les logements disposent tous d’accès individualisés, de jardins ou de terrasses, favorisant une appropriation intime des espaces tout en maintenant une relation apaisée au collectif. Une courée centrale mutualisée structure les cheminements et les accès, dans une logique de partage et de convivialité inspirée des formes traditionnelles du tissu villageois.
La gestion environnementale du site repose sur des dispositifs simples et pérennes : limitation de l’imperméabilisation, pavés à joints enherbés, toitures végétalisées, maintien des surfaces de pleine terre et gestion alternative des eaux pluviales par infiltration. Cette approche permet de préserver le fonctionnement hydraulique naturel du site.
L’architecture privilégie enfin une économie de moyens assumée. Les volumes compacts, les matériaux courants et durables, les enduits minéraux et la palette chromatique sobre participent à une écriture architecturale discrète, en continuité avec le caractère du bourg. Le projet revendique ainsi une architecture du quotidien, attentive aux usages, aux ressources et à l’ancrage territorial.


Label(s) obtenu(s) : NF HABITAT

Informations complémentaires :
RE2020
Bail Réel Solidaire

Bureau(x) d’études : BETOM ingenierie
Photographe : @agencehuca

amenagement des espaces exterieurs du MIN DE RIEN

RUE DU SENEGAL, 44000 Nantes

105

Programme

Aménagement transitoires ++ de l’ancien MIN, afin d’orienter les flux, créer trois portiques d’entrées entre espace public (esplanade du MIN qui doit accueillir des evenements jusqu’a 6000 personnes) en organisant les espaces (ERT/ERP) entre les entreprises accueillies au MIN sud, MIN Nord et les espaces ouverts au public

Décroutage et végétalisation du site

Réhabilitation des serres

Aménagement de la nouvelle rue du sénégal en tant que voie vélo

Concepteurs

  • ajoa
  • quand meme

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • SAMOA

Thèmes

  • Aménagement

Année de réalisation

2024

Surface(s)

1600m² espace public

Coûts

500 000€ TOTAL compris amenagements paysagers (50 000€)raccordement au réseau electrique (75 000e)scenographie (142 000€)réhabilitation des serres (27000€)portiques et deplacements des accès existants (42 000€)

Documents

Le Marché d’Intérêt National de l’île de Nantes a été transféré sur un nouveau site, au sud de Rezé au printemps 2019. À l’exception de la travée à l’extrême ouest du site, les bâtiments du MIN ont entièrement été démolis.

Dans le cadre de ses missions d’aménagement de l’île de Nantes et de développement de l’économie culturelle et créative sur le territoire, la Samoa a choisi de conserver certaines parties de l’ancien MIN pour accueillir et développer des activités innovantes.
Ce nouveau pôle d’activité a été baptisé « MIN DE RIEN », clin d’œil à l’ancienne activité du site et à la frugalité de la démarche.

La partie Sud du Min de Rien accueille depuis 2019 diverses structures en lien avec les industries créatives et culturelles (ICC) et l’agriculture urbaine. Elle se compose de 3 grandes polarités :
• un pôle agroalimentaire, local et solidaire sur 3 700 m² avec L’Agronaute, laTricyclerie, Le Champignon Urbain, Le Kiosque Paysan, Ekibe, La grande barge …
• un pôle de production créatif et design sur 1 500 m² avec le studio KATRA, Fichtre, Quand Même, Gueules de bois, l’atelier Moins mais mieux ;
• un pôle culturel et artistique sur 1500 m² avec l’arrivée de Mille-feuilles en 2024 comprenant à terme 30 ateliers d’artistes ;

La partie Min Nord offre l’opportunité d’installer un nouveau lieu dédié au spectacle vivant, aux arts visuels et à la culture pour soutenir ces filières avec :
• 4 500 m² en intérieur répartis en 5 grands volumes qui servent ou servirons de bureaux / de backstage / d’e studio / d’espaces de répétions ou de production.
• 8 500 m² extérieur permettant la dilatation des entreprises et l’accueil de manifestation grand public.

Description du projet d’aménagement dans ses grandes lignes

L’objectif porté par le projet est d’organiser les flux entre les deux MIN, et permettre l’accès au public sur l’esplanade. Le projet étant particulierement minéralisé et devant s’ouvrir au public par la rue du Sénégal, il fallait pouvoir sécuriser, et donner une identié plus direct a la nouvelle façade offerte à l’Est.

Le travail, porté par quand meme (membre du groupement de MOEU) et ancien locataire du MIN sud a été de piloter, concevoir et réaliser les différents portiques, ainsi que proposer, en partenariat d’ajoa, une proposition frugale d’espace planté entre les serres et la délimitation de l’esplanade. Un ensemble de mobilier urbain ponctue les differents espaces générés par le projet


Informations complémentaires :
subvention fond friche (pour l’ensemble de la rehabilitation du MIN SUD)

Bureau(x) d’études : ma-geo
Photographe : quand meme

Hameau Marvingt

rue Marie Marvingt, 44300 Nantes

101

La réunion de deux groupes d’habitants inscrits dans une démarche participative a permis de faire émerger un projet l’ensemble sur l’emprise foncière de l’Ecobut. Au nord du site, de grandes maisons réunissent de 4 à 6 foyers et des locaux communs (atelier, locaux vélos, salle commune), tandis qu’au sud un petit collectif accueille un habitat sénior autour d’une cour et de coursives communes. L’attention portée aux usages de chaque foyer se prolonge dans le choix d’une conception bioclimatique et durable. Tous les logements bénéficient de double ou de triple orientation avec une orientation des pièces de vie au sud ou à l’ouest. Tout le projet se décline en système constructif mêlant béton et bois. Les structures des rez-de-chaussée et des séparatifs en béton assurent à la fois inertie et traitement acoustique, tandis que l’enveloppe extérieure et des derniers niveaux en bois (structure et bardage) permet une bonne performance thermique.

Tous les isolants sont biosourcés mêlant laine de bois, laine chanvre-lin et ouate de cellulose. Ces isolants participent, grâce à leur déphasage au confort d’été des logements. En complément, les balcons sont accompagnés de pergolas, qui par leur ombre, rafraîchissent les logements.

Une démarche de réemploi a été mise en place pour l’aménagement des locaux vélos. Des gardes-corps déposés sur un autre chantier de l’agence (Postes de Secours) ont ici servis d’appuis aux vélos.


Label(s) obtenu(s) : RT2012 Bbio -33%, CEP -30% ;
niveau E2C1 ;
biosourcé niveau 3

Informations complémentaires :
Procédure adaptée

Bureau(x) d’études : CAIRN ingénierie, La Plume et le Sécateur
Photographe : Stéphane Chalmeau

Relier les impasses – Maisons et espace de travail partagé à Nantes

Privée, 44000 Nantes

136

Programme

Construction d’une agence d’architecture, d’un espace de travail partagé et de trois maisons créant une liaison entre les impasses Audran et Vignolle à Nantes

Concepteurs

  • BIGRE ! Architecture- architectes

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • BOUGRES et maîtrise d'ouvrage privée

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2023

Surface(s)

Surface aménagée Agence 172 m2 + Auvent 16 m2 + Terrasse 30 m2Surfaces Maison A (T3 / 2 chambres)86 m2 + Terrasse 15 m2Surface Maison B (T4 / 3 chambres)96 m2 + Terrasse 17 m2Surfaces Maison C (T3 / 2 chambres)76 m2 + Terrasse 15 m2

Coûts

Montant Agence / 308 000 € HT / marchés 2019Montants Maisons / 690 000 € HT / marchés 2019

Documents

A Nantes, à proximité de la Cathédrale, les impasses Audran et Vignolle sont de ces impasses insoupçonnées qu’abrite le tissus urbain de ce quartier à l’arrière du bel ordonnancement des cours Saint-Pierre et Saint-André. Relier ces impasses, comme le demande le Plan de Sauvegarde et de Mise en Valeur de la Ville de Nantes, c’est risquer de rompre l’équilibre fragile entre espace public et espace intime offert à des logements souvent accessibles directement depuis les cours mais c’est l’ouvrir à la promenade pour les habitants du quartier comme les promeneurs curieux.

Si l’espace est public autant qu’il est intime, c’est parce que la ville compose ici une rupture d’échelle et de temps propice à la sociabilité autant qu’à la convivialité. C’est avec ces intuitions que nous devons bâtir un programme et imaginer de nouveaux lieux de vie et de travail. Ils seront accessibles à vélo plutôt qu’en voiture en libérant les impasses d’un vaste hangar.

Son usage étant passé d’atelier de plomberie – pour les derniers artisans mais une ancienne cheminée en briques révèlent sans doute une ancienne forge ou bien d’autres activités – à espace de stationnement pour les voitures des riverains. Ce dernier usage ayant un peu entaché la poésie d’un lieu que plusieurs projets de rénovation d’habitants et d’autres architectes essaient pourtant de tenir et révéler.

La cour, telle que nous la découvrons, est ceinturée de plusieurs habitations individuelles basses, avec aménagement de terrasses et jardinières. La cour comprend de nombreuses bordures plantées d’arbustes accompagnant des plantes grimpantes. La parcelle est presque intégralement couverte par une série de hangars bardés de bois et de tôles ondulées. L’ensemble est en mauvais état. Les hangars coupent toute liaison entre l’impasse Audran et l’impasse Vignolle.

Avec un autre maître d’ouvrage souhaitant créer des logements en centre ville de Nantes, nous imaginons ce programme pour répondre à la demande de la Ville de régénérer ces impasses. S’ouvre alors un dialogue avec l’urbaniste en charge du PSMV, l’architecte des Bâtiments de France et le service urbanisme de la Métropôle.

Le programme, le voici : pour nous, la nouvelle agence est un lieu de travail partagé, lumineux avec une terrasse pour voir le ciel et le paysage environnant ; pour les voisins, trois maisons s’articulant autour de courettes, terrasses et plantations, complétant ce tissu dense d’intérieur d’îlot ; pour l’architecte des bâtiments de France, profiter de l’opération pour révéler et mettre en valeur les arches d’anciennes écuries déjà transformées en habitations.

Depuis l’impasse Audran, le projet prévoit la construction de notre agence reconstituant une façade au fond de l’impasse Audran tout en libérant un passage piéton via un porche entre les impasses Vignolle et Audran. Les constructions basses et implantées de manière relativement denses, sont séparées par de petits espaces plantés ou minéraux dans l’esprit des courettes visibles depuis l’impasse Vignolle. L’implantation des maisons permet de libérer la vue sur la façade ordonnancée de la limite Est et de couvrir le pignon aveugle de la cour.

L’agence reprend les héberges d’une construction plus ancienne en venant s’adosser sur le pignon et la façade aveugle de l’immeuble adjacent. Maisons et agence sont couvertes en ardoises naturelles : simple pente pour l’agence et deux maisons adossées aux mitoyens et double pente avec faîtage à lignolets pour la maison centrale. Les terrasses sont accessibles et traitées en bois naturel. Les trois maisons sont bardées en lames de bois naturel verticales, tandis que le bardage de l’agence est réalisé en bois brûlé selon le procédé nippon du Shou sugi ban. De petits volumes annexes, espaces servants des maisons, sont également bardées de lames de bois noires. Le brûlage du bois de bardage a été l’occasion de plusieurs journées de formation et d’autoconstruction ainsi que d’une démonstration offerte aux habitants de l’impasse Vignolle suivi d’un moment festif.

Notre projet, très intégré dans son contexte, est aussi l’occasion de recueillir les eaux pluviales pour alimenter les sanitaires, de limiter l’imperméabilisation des sols et de maintenir la végétation, d’en offrir de nouvelle, comme l’amélanchier planté avec les voisins lors d’un moment partagé, de préserver la faune en intégrant nids et nichoirs dans le bardage pour les mésanges bleues du quartier.

Afin de limiter les besoins énergétiques, les différents bâtiments qui dessinent le projet sont composés d’une enveloppe performante et compacte en matériaux biosourcés, recyclables, limitant l’empreinte carbone et la toxicité des matériaux, de vitrages performants diminuant les déperditions et favorisant les apports solaires passifs, aussi limités par des stores extérieurs, lorsque cela est nécessaire.

Limitant l’emploi du béton au stricte minimum, les superstructures comme les aménagements intérieurs du projet sont principalement conçues en bois. Les bois sont d’essences locales et ne nécessitent pas de traitement. L’agencement est réalisé en contreplaqué de bouleau ou de pin alliant qualités esthétique et mécanique. Intégrée à l’intérieur des murs à ossature bois, l’isolation est composée d’un mélange coton, lin et chanvre. Les sols sont en caoutchouc naturel et les peintures sont fabriquées à base d’algues. Intégralement blancs, les espaces des maisons et de l’agence ne sont jamais de la même couleur graçe aux variations de lumière que nous offrent les multiples orientations des ouvertures.

Chaque maison dispose d’un grand espace de vie en rez-de-cours perméable dedans/dehors réunissant séjour et cuisine autour d’un ilôt menuisé et d’un poële à pellets. Chacun de ces espaces à vivre dispose d’un cellier attenant formant rangement et buanderie et d’un local extérieur pour entreposer vélos et poussettes. A l’étage, des circulations éclairées naturellement, aménageables pour lire ou travailler, desservent terrasses, chambres et pièces d’eau.

L’agence se développe sur trois niveaux à partir du quai reconstitué et pavé de l’ancien hangar. De part et d’autre du porche prennent place un atelier et un local archive en regard de l’entrée ouverte sur un espace de réunion. Une estrade en bois complété d’un rideau délimitant l’espace de réunion se prolonge par un escalier invitant à rejoindre l’étage, composé d’espaces traversants. Au centre un petit salon accueille un poële à pellets, unique source de chauffage de l’agence, et distribue deux espaces de travail partagé de six places chacun. Séparé du salon par une paroi vitrée, un espace de rangement et de repro dispose d’un escalier rejoignant le dernier plateau. Celui-ci accueille une cuisine, servant aussi de grande salle de réunion, un poste de travail ponctuel et dissimule un espace où dormir. Une pièce d’eau servant de vestiaires aux plus sportifs d’entre nous est accessible depuis ce plateau. Cet étage se poursuit par une grande terrasse dont le garde corps épais intègre un bac à compost, une jardinière pour les plantes aromatiques et des coffres de rangement. Cette terrasse est propice aux pauses ensoleillées avec vue sur un grand cèdre et le clocher de l’église Saint-Clément toute proche.


Photographe : Gwenaëlle Hoyet

Tiers lieu « Maison de la gare »

Place Jean Monnet, 44240 Sucé-sur-Erdre

134

Programme

Réhabilitation de la maison de la gare en tiers lieu, co-working, salles de réception et associatives

Concepteurs

  • LAUS architectes mandataire ; SOCLE architecte associé

Commune

  • Sucé-sur-Erdre

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Commune de Sucé-sur-Erdre

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2024

Surface(s)

300 m² surface plancher réhabilitée

Coûts

798 000 €HT

Documents

** Mutation patrimoniale et programmatique **

L’architecture de la gare de Sucé-sur-Erdre raconte son ancienne affectation : de tels édifices jalonnent le territoire français. Avec la transformation des usages et l’avènement du numérique, la gare n’a plus lieu d’être physiquement au sein de la commune. Il s’agit alors de faire évoluer ce petit patrimoine sucéen en tiers-lieu municipal (salles associatives et de convivialité) et en coworking.
Ce Tiers Lieu est une programmation ouverte sur la ville, un endroit d’hospitalité et de proximités, qui s’adapte à différents modes et rythmes de vie (lieu de travail hebdomadaire ou ponctuel, associatif, etc.). Le projet met en scène convivialité et ambiance collective. Pour équilibrer visibilité du public et sérénité des espaces de travail, il hiérarchise les accès et les flux.

** Faire projet par le vide **

Modifiée par touches à chaque changement d’usage, la gare a progressivement perdu sa lisibilité constructive originelle. Pour la retrouver, un dialogue s’est engagé avec la maîtrise d’ouvrage qui envisageait initialement une extension. En optimisant et densifiant les plateaux, il était possible d’épargner la gare et son environnement arboré de tout ajout. C’est une valorisation par l’absence : les façades sont inchangées, mais révélées par l’apparition de menuiseries en chêne. La toiture est réparée. Le projet prône davantage une mutation par l’usage que par l’image.
A l’intérieur, un nouveau vide central accueille les distributions verticales (escalier, ascenseur, sanitaires) et optimise les circulations. Cela libère de grandes salles (convivialité, réunion, plateau de coworking) et des espaces plus intimes (cuisine, petits bureaux) de part et d’autre d’un mur refend existant.

** S’adapter à l’existant pour le conserver, valoriser les savoir-faire **

Profitant de la proximité des voies de chemin de fer, le bâtiment historique a été réalisé avec des matériaux locaux comme les moellons ou plus lointains comme le tuffeau et les poutrelles métalliques. La réhabilitation rend lisible la juxtaposition des techniques de chaque époque. Sont notamment conservés les planchers construits avec la technique de type « Roussel ». Ils sont composés de poutres métalliques en I reliées entre elles par des fentons à crochets métalliques et fermés par des augets en plâtre. Les interventions de trémie en gros œuvre et métal sont laissées brutes.
Les ouvrages rapportés racontent des savoir-faire. L’escalier en métal dessiné avec le serrurier est une réinterprétation de l’escalier extérieur existant. Le bois se décline sur la plupart des ajouts. Les menuiseries extérieures sont en chêne, les menuiseries et ameublements intérieurs sont en hêtre, massif pour les portes et cloisons vitrées, contreplaqué pour l’habillage du noyau central et les placards.

** Viser l’exemplarité environnementale **

Le bâtiment est le plus passif possible, et la majorité des matériaux employés est d’origine biosourcée. Les murs périphériques sont doublés avec un isolant mélangeant fibres de chanvre, lin et coton. Le doublage fermacell améliore l’inertie intérieure. L’isolation acoustique des salles est en panneaux de fibre de bois. L’ensemble du bâtiment est doté de planchers chauffants alimentés par une pompe à chaleur air/eau. Le renouvellement de l’air est assuré par une ventilation simple flux avec des entrées d’air réchauffées ponctuellement. Profitant d’une toiture ensoleillée plein sud, le bâtiment est équipé de panneaux solaires.


Informations complémentaires :
procédure adaptée

Bureau(x) d’études : BETEM be tce ; ALHYANGE Socotec smart solution acousticien
Photographe : Simon Guesdon ; Laus (existant)

Les petites écuries de Mellinet, arts du feu et du faire

1-4 Square Mathurin Méheut, 44000 Nantes

147

Programme

Requalification des écuries de la zac Mellinet en centre d’artisanat d’art, d’enseignement, résidence d’artiste, galerie d’exposition

Concepteurs

  • LAUS architectes mandataire ; collectif VOUS architectes associé ; LA TERRE FERME paysagiste

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Nantes Métropole Aménagement

Thèmes

  • Aménagement
  • Architecture

Année de réalisation

2025

Surface(s)

735 m² surface plancher réhabilitée2012 m² aménagement extérieur

Coûts

1 785 000 €HT

Documents

** Accueillir des artisans en cœur de ville **

Les petites écuries réunissent autour d’une cour intérieure ouverte au public, des ateliers des arts du feu, des salles d’enseignement, des résidences d’artistes, et une galerie d’exposition. En dialogue avec le quartier de la ZAC de Mellinet, ce lieu est propice à la flânerie, la création, la production.
Dans un contexte où la ville de Nantes cherche à réinjecter des activités artisanales en centre-ville, la renaissance des petites écuries passe par le faire et la transmission. Pour permettre la réalisation du projet, Il s’agissait d’une part d’assurer la venue des preneurs, et les conditions de leurs occupations. D’autre part d’adapter les lieux aux besoins des artisans mais aussi au voisinage résidentiel qui ne doit pas être gêné par leurs activités. Les architectes ont accompagné la maîtrise d’ouvrage dans le questionnement de la programmation, des modes d’exploitations, la recherche des artisans, puis les adaptations du projet aux exigences règlementaires et d’usages inhérentes à leurs activités. Cette conversation au long court (diagnostic, études et chantier) s’est tenue avec la ville de Nantes, Nantes Métropole Aménagement, les acteurs de la ZAC, l’école des beaux-arts, et les artisans.

** Requalifier pour inviter **

Autrefois fermées à la ville par un mur en moellons, les écuries de l’ancienne caserne Mellinet constituaient une enclave dans l’enclave. Le projet rend poreuse cette limite sans l’effacer, pour montrer ces nouveaux usages sur la ville. La cour traversée et le mur d’enceinte percé et restauré ménagent ainsi des points de vue et des entrées invitantes.
Pour allier l’ouverture au public d’un site d’intérêt patrimonial avec la découverte des artisanats du feu, des dispositifs spatiaux et paysagers instaurent une cohabitation sereine entre visiteurs et travail des artisans. La requalification propose de préserver l’esprit du lieu, tant dans l’intervention architecturale que paysagère, grâce au réemploi et à des actions douces sur l’existant. Si l’attitude générale est de lire les interventions (réparations, réutilisations, suppressions, ajouts, etc.), celles-ci sont arrangées de façon à ne pas immédiatement distinguer l’inchangé du changé, l’hérité du réorganisé. C’est aussi lié au fait que les parties modifiées prolongent les façons de faire originelles. Ce lissage qui n’en est finalement pas un, favorise le sentiment d’autorisation des utilisateurs dans leur appropriation des lieux, les encourage à réintervenir et fabriquer à leur manière.

** La durabilité par le soin **

Des éléments iconiques de l’ancienne caserne militaire sont réutilisés : les portails, grilles, et marquises en serrurerie sont rénovés et repeints. Un abreuvoir maçonné est transformé en bac planté d’herbes aromatiques. Des pavés granits sont réutilisés en maintien des terres et soubassements des bancs. Certains proviennent des écuries, d’autres de la déconstruction des bâtiments de la caserne Mellinet. Des plots en pierre qui servaient autrefois à attacher des chevaux sont replacés dans la cour en protection de zone plantées.
La nature du terrain ne permettant pas l’infiltration des eaux pluviales, des auges galva ont été rapportées en pied de chute d’eau pluviales pour retenir les eaux de toiture avant leur rejet dans les fils d’eau de la cour puis le réseau d’eau pluviale de la ZAC. Ces auges sont plantées, quelques-unes en eau élèvent des nénuphars.
Ainsi, certains ouvrages sont laissés en l’état ou réparés (sols pavés, murs maçonnés, toitures ardoises, certaines menuiseries bois) ; d’autres sont remplacés (menuiseries extérieures bois) ; d’autres encore mélangent existant et neuf (dauphins fontes et auges neufs en pied de descentes d’eaux pluviales existantes). Lorsque les bâtiments sont frangés pour permettre un fonctionnement en enfilade (des ateliers par exemple), cela se voit.
Dans des volumes intérieurs qui dosent aspect brut et interventions soignées, les stratégies de chauffage se règlent sur les occupations. Les parties non chauffées montrent leurs murs existants, accueillent parfois des boites neuves en ossature bois isolées (ce sont des espaces de travail chauffés et abrités des ateliers bruyants). Les parties chauffées sont isolées en béton de chanvre.
Le projet adopte volontairement une esthétique du réparé, de l’économie de moyens et matières. Il défend une durabilité par le soin.


Informations complémentaires :
procédure adaptée

Bureau(x) d’études : BETEM be tce ;ALHYANGE Socotec smart solution acousticien
Photographe : Théophile Trossat ; Vous ; Laus ; Nantes Métropole Aménagement (drone)

Halle de Missillac

10 rue du Château, 44780 Missillac

150

Programme

Halle de marché et évènementielle ouverte, Liaison piétonne, Kiosque associatif, alcôves d’expositions, locaux techniques et sanitaires PMR

Concepteurs

  • LAUS architectes (mandataire)

Commune

  • Missillac

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Commune de Missillac

Thèmes

  • Aménagement
  • Architecture

Année de réalisation

2023

Surface(s)

266 m² couvert, 820 m² extérieur

Coûts

579 000 €HT

Documents

** Co-construire un programme **

Depuis une dizaine d’années, la ville de Missillac a amorcé une revitalisation. Elle inclut ses projets architecturaux dans une cohérence urbaine, qu’elle tâche d’organiser sur une vision longue. Elle développe notamment une maille piétonne entre ses équipements. Elle attache une grande importance au maintien des commerçants au sein du bourg. Elle entretient avec eux un dialogue continu.
L’ancienne mairie était un bâtiment à l’alignement de la rue, en entrée de bourg. Sa démolition tardive a révélé une dent creuse en interface de la rue et d’un îlot doté d’une belle variété d’arrières : école, parcelles résidentielles, théâtre. C’est par l’étude urbaine sur la réactivation de cet îlot, qu’a émergé l’opportunité d’un lien traversant et s’appuyant sur une halle de marché en entrée d’îlot et en amorce du bourg.
Le marché se tenait auparavant sur la place de l’église, son dépaysement vers l’entrée de bourg a dû être argumenté auprès des commerçants. De cet échange tripartite architecte – ville – commerçants est né un programme, intégré au dispositif « petites villes de demain ». Dès la genèse du projet, il apparaissait fondamental pour le couple maîtrise d’œuvre – maîtrise d’ouvrage que ce qui se fabriquerait serait un espace public ouvert et disponible, c’est-à-dire non clôturé : condition sine qua non de l’opération.

** Une halle pour accompagner une entrée de bourg **

Dans cette dent creuse récemment libérée, la nouvelle halle retisse la maille urbaine. Elle offre une respiration apaisée en réponse à la place de l’église qui est proche. Par son implantation en recul sur 2 de ses limites, elle dégage un parvis contre la rue principale et ouvre une venelle reliée au cœur d’îlot en mutation. Par épaississement des 2 limites restantes, elle offre des volumes servants clos. Enchâssée dans un site en pente douce, la halle propose une présence signifiante, non dominante et atemporelle : un repli dans la ville, ouvert, animé et accueillant.

** Un abri dans la ville **

La halle s’inscrit dans un héritage des équipements urbains structurants et frugaux, qui valorisent la vie extérieure de la cité. C’est un abri ouvert aux annexes non chauffées, qui s’exprime dans un minimum de matériaux, en utilisant le savoir-faire des entreprises locales : béton (sols, annexes) et bois (charpente, bardages, menuiseries, couverture). Pour leur pérennité et réparabilité, les ouvrages techniques et assemblages sont apparents. La couverture en bardeaux de mélèze brut se scinde en ouïes : elles apportent l’hiver une ventilation de la toiture, et une fraiche respiration l’été.

** Faire sens pour longtemps **

Dans une unité de matériaux où le bois prévaut, l’ambiance recherchée est expressive mais épurée. La charpente est tramée et dansante : le principe de ciseaux des poteaux et arbalétriers brouille la lecture entre éléments porteurs et de stabilité. L’alternance d’assemblages de la charpente bois, avec le retournement d’une ferme sur deux, apporte une diversité dans la répétition. Les plateaux de couvertures, en ouïes, sont posés sur des chevrons suspendus aux pannes. En contraste de cette légèreté, les annexes forment des limites épaisses, monolithiques, en continuité du sol béton. Elles intègrent de grandes baies actives en panneaux de bois brut fixes ou mobiles. Un système de contrepoids sur poulies permet la levée de volets pour ouvrir le bar du kiosque, et des alcôves d’expositions.


Label(s) obtenu(s) : petites villes de demain

Informations complémentaires :
procédure adaptée

Bureau(x) d’études : ASCIA ingénierie
Photographe : Gaëtan Chevrier ; Laus (existant)

Médiathèque de Trignac

29 Rue Marcel Sembat, 44570 Trignac

149

Programme

Médiathèque

Concepteurs

  • ATELIER BELENFANT ET DAUBAS (architecte mandataire)
  • HÉLÈNE HOUPERT ARCHITECTE (Architecte associé)
  • LA TERRE FERME (paysagiste)
  • Nathalie ROUGER (Architecte d’intérieur)

Commune

  • Trignac

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • COMMUNE DE TRIGNAC

Thèmes

  • Aménagement
  • Architecture
  • Urbanisme

Année de réalisation

2025

Surface(s)

Surface de plancher total 810m² dont 404m² d'extension (406m² de réhabilité)

Coûts

Coût total (hors foncier, hors VRD, hors honoraires compris agencement et mobilier) : 2 585 000 €HT Montant aménagement extérieur et VRD : 397 000€ HT

Documents

Trignac – Une médiathèque dans la ville

Un enjeu de requalification urbaine :
À l’issue de la programmation urbaine réalisée en 2019, l’enjeu assigné au réaménagement de cet îlot, dans lequel prennent place les bâtiments de la médiathèque, était de conférer à cet équipement communal une cohérence à l’échelle d’un renouveau du cœur urbain de Trignac. Ce devait être un projet initiateur d’un élan vers la requalification urbaine d’un territoire communal distendu.
C’est ainsi que notre parti a consisté à dessiner la forme urbaine avant le bâtiment, le vide avant le plein.
Le terre-plein par lequel se concluait le carrefour avec la rue de la Mairie, déjà planté de charmes et d’un robinier, a été intégré à un nouvel espace public qui allait se déployer d’un seul tenant le long de l’axe majeur de la rue Louis Labro, grâce au déclassement et à la suppression d’une voirie redondante.
Cette nouvelle disposition urbaine permettait de rendre un foncier disponible pour la partie en extension de la médiathèque, sans que celle-ci n’empiète et ne vienne fractionner à nouveau cet espace public.
De plus les jardins au-devant des anciens logements des forges de Trignac, manifestaient une qualité d’espace que nous ne voyions pas occupé autrement que par le jardin de lecture de la future médiathèque.
L’espace ainsi recomposé par le choix stratégique de la disposition du bâtiment et de ses abords, a permis la mise en synergie d’une place polyvalente, ouverte sur la ville, et d’un équipement public culturel central de la commune. Cette place encadrée des charmes et du robinier qui ont été préservés, et d’un mail planté de magnolias, assure maintenant sa fonction hebdomadaire de place du marché et de lieu occasionnel pour des rassemblements festifs et culturels.

Un patrimoine architectural et urbain :
L’enjeu patrimonial se focalise sur la particularité d’un bâtiment emblématique de la production architecturale qui accompagne la seconde révolution industrielle, très présente sur le territoire communal. C’est une architecture composée, un assemblage ordonné et attentif à la juste place des matériaux : le granite en soubassement, la brique en modénature, le moellon pour les maçonneries. Mais au-delà du bâti, la valeur patrimoniale est constituée par l’assemblage des constructions dans un urbanisme à l’échelle humaine, fait d’un maillage fin de ruelles et de jardins, qui fabrique l’ambiance de cet habitat populaire.

Enjeu technique de la réhabilitation :
L’appréhension de l’état du bâtiment existant a nécessité un diagnostic approfondi pour anticiper ses problématiques spécifiques. Les maçonneries en appareillage de moellons et de briques, ont un fonctionnement hygrothermique particulier dont il faut anticiper la réhabilitation avec des matériaux adaptés. L’absence de coupure de capillarité en pied de mur implique la prise en compte dans la paroi d’un régime hydrique dynamique, auquel il faut répondre par le maintien de la perspirance des parois. Tous les matériaux ajoutés, intérieur et extérieur, sont en cohérence avec ce fonctionnement et maintiennent la perméabilité à la vapeur d’eau de la paroi. Toute autre solution technique invasive pourrait se montrer contre-productive et menacer à terme la pérennité du bâtiment. Les revêtements extérieurs sont ainsi réalisés par des enduits traditionnels et badigeons à la chaux. Les compléments d’isolation intérieure des murs sont réalisés en terre allégée (terre + chanvre) et revêtus d’un enduit en terre crue.
Tous les autres isolants sont bio-sourcés (ouate de cellulose et laine de bois).

Enjeu de l’extension neuve :
Le bâtiment neuf en extension se positionne comme un complément à cette composition dont l’ambition est de laisser la part belle à l’expression des qualités spatiales déjà présentes. Le volume neuf en toit à deux pentes au gabarit similaire à l’existant, est légèrement en retrait. Le rez-de-chaussée manifeste, au premier plan, l’accueil depuis le parvis, et se prolonge au-devant du pignon existant pour accompagner l’adressage du public. Cette extension affirme en façade et en toiture la texture du bardeau de châtaignier, comme une matière naturelle vivante et nuancée, en cohérence avec la projection vers une ère de frugalité.

Organisation spatiale :
L’organisation spatiale privilégie un adressage sur la place publique qui borde la rue Louis Labro. La composition d’ensemble emmène le visiteur vers l’entrée de la médiathèque, en donnant à voir depuis l’extérieur un aperçu de l’activité intérieure. La consultation adulte, et surtout le kiosque à périodiques sont à l’interface, et en co-visibilité avec l’espace public. Une salle mutualisée appelé La Fabrique est accessible indépendamment des heures d’ouverture de la médiathèque.
Tous les espaces de consultation sont de plain-pied, flexibles, abondamment éclairés de lumière naturelle, et en communication réciproque.
La consultation adultes occupe l’espace central. Ses ambiances sont variées par les différentes hauteurs sous plancher et sous toiture, et en co-visibilité avec l’espace public du parvis.
Le bâtiment neuf en construction bois, s’appuie sur la façade nord des anciens logements, qui devient façade intérieure, dégagée sur toute sa hauteur.
L’espace de consultation enfants prend place au rez-de-chaussée du bâtiment existant. C’est une enceinte protectrice et rassurante, par l’épaisseur de ses parois, par sa relation étroite au jardin de lecture sur lequel il s’ouvre en façade sud.
L’espace des adolescents avec son alcôve dédiée aux jeux vidéos, est d’une ambiance encore différente. Il est constitué par un prolongement qui va chercher la vue et la lumière en façade nord.
Pour une bonne surveillance, l’accueil se trouve au centre, à la convergence visuelle de tous ces espaces et de l’accès du personnel.

Le jardin de lecture :
Le jardin de lecture occupe l’espace majeur de la composition. C’est un lieu de détente et de flânerie, clos et apaisé. Il profite d’une situation privilégiée, encadré par les deux bâtiments jumeaux qui se font face, avec une échappée visuelle sur le mail.

La médiathèque dans le paysage :
Aujourd’hui, la médiathèque est quai, à +4,00 m NGF, au sec, en attendant que la mer monte.
Trignac est une presqu’île dans le lit majeur de la Loire et de ses marais voisins.
La médiathèque est une arche de Noé, avec ses livres et ses lecteurs, à juste un mètre au-dessus du niveau moyen des terres pâturées, des anciennes forges voisines et du stade de rugby.
La place s’ouvre au-devant et libère un espace de forme simple pour le marché, la fête de la musique, la projection de la prochaine finale de la coupe du monde de rugby par exemple en 2027… Cette place est cadrée d’arbres existants qui ont été conservés et élagués pour cohabiter avec cette histoire urbaine vivante. Un gradin de 40 centimètres sert à la fois de rive au quai de la médiathèque et de mise en scène théâtralisée de son espace au-devant, où la vie peut prendre place et le spectacle se jouer.
La place est accompagnée d’un mail de magnolias et de lisières propices à la cueillette. Ces banquettes épaisses plantées en creux sont bordées de bancs simples pour servir à la fois de protection des plantes et d’assise pour en assurer le côtoiement revivifiant.
Le jardin de lecture a été dessiné en continuité de l’élégante géométrie architecturale de la façade de la médiathèque, dans cet intervalle entre les bâtiments jumeaux des anciens logements des forges. Ce jardin a fait l’objet d’un soin particulier de dessins d’ouvrages bois sur mesure pour mettre en scène les espaces dans un savant partage dédié à la lecture et aux plantes. Comme le dit Yves GILLEN, en ses jardins du Marais à Herbignac, commune voisine : « les bordures font les allées, les allées font les jardins » . Ici, les allées du jardin de lectures sont adressées au droit des ouvertures de la médiathèque.
Un vieux pommier, « arbre de la connaissance » rappelé par Claude Aufort, Maire de Trignac, a été conservé de haute lutte et cohabite aujourd’hui avec un érable à papier, premier arbre symbolique plantée avec quelques enfants et le Maire le jour de l’inauguration.

Pourquoi la construction en terre crue ?
Ce qu’on appelle construction conventionnelle est un système très récent mis en place après 1950 sous l’impulsion du plan Marshall pour massifier les matériaux et modes constructifs industrialisés. La contrepartie de ce choix politique a été l’élimination brutale des savoir-faire traditionnels. Le système normatif, réglementaire et assurantiel du bâtiment, tel que nous le connaissons aujourd’hui, a été bâti sur cette orientation quasi-exclusive. Il y a maintenant un combat de fond auquel nous participons pour remettre ces techniques en usage. Les bienfaits que procure la construction en terre crue sont de trois ordres : environnemental, sociétal, et individuel.
La terre qu’on utilise dans la construction n’est pas la terre arable qui est laissée à l’agriculture et au vivant. Nous utilisons la terre minérale qui est un matériau universel et abondant. La terre crue est un matériau dit « géosourcé », car il nécessite peu de transformation, pas de cuisson, peu ou pas de transport. Bien plus qu’un matériau recyclable, c’est le seul matériau dont on peut dire qu’il est véritablement réversible. En fin de vie, le matériau a conservé l’intégralité de ses propriétés initiales et il reste identique à ce qu’il était dans le milieu naturel, si on a pris soin de ne pas y ajouter de produits de stabilisation (chaux ou ciment). Son cycle de vie très vertueux en fait un matériau à l’impact environnemental quasi nul.
Le bénéfice sociétal vient de ce que la construction en terre crue se prête modérément à la mécanisation et à l’industrialisation. Elle donne lieu à une forte intensité sociale qui valorise le travail humain et le savoir-faire. Cet aspect ne fait partie ni des exigences réglementaires actuelles, ni des objectifs assignés généralement à la construction. Mais il nous semble indispensable d’y faire contribuer chacun de nos projets.
Les bénéfices individuels concernent l’impact du matériau sur le confort. Ses performances surpassent de loin tous les autres matériaux, particulièrement quand on l’additionne de fibres végétales (paille, chanvre, lin, …). C’est ce qu’on appelle l’effet hygrothermique, qui fait que le matériau rafraîchit l’ambiance en période chaude, et la réchauffe en période froide. C’est un climatiseur naturel en été, et un chauffage naturel en hiver !
Dans les bénéfices individuels, on peut noter que c’est un matériau qui s’entretient et se répare facilement. Il n’est rien de plus facile que de boucher un trou ou un éclat dans une paroi en terre, en colmatant avec la même terre humidifiée. Il ne reste ensuite qu’à passer un coup d’éponge pour homogénéiser la surface, et la différence entre la réparation et l’existant est indiscernable.

Technique de la terre allégée :
Parmi les différentes techniques connues de construction en terre crue, celle qui a été employée pour la médiathèque est la terre allégée. C’est une technique moderne qui consiste à utiliser la fraction la plus fine de la terre (sables fins, limons et argiles) mélangée à de la fibre végétale pour obtenir un mélange léger avec des propriétés isolantes et mécaniques satisfaisantes. Ce mélange est ensuite projeté ou banché, sur une structure porteuse en ossature bois ou en maçonnerie et ensuite recouvert d’un enduit fait de la même terre et de fibres dans des proportions différentes.

Impact environnemental de la terre crue :
La terre d’excavation constitue le principal déchet du BTP. Il n’est donc pas nécessaire de l’extraire spécialement pour réaliser un chantier en terre. On peut récupérer la terre du chantier lui-même, et ainsi éviter le transport pour sa mise en décharge. On peut aussi la récupérer sur un autre chantier à proximité. Elle évite donc la mobilisation d’autres matériaux consommateurs d’énergie et de ressources, et émetteurs de CO2. La terre crue a fait la preuve de sa durabilité millénaire dans la construction. Elle était l’une des principales ressources de la construction, avec la pierre et le bois, avant la révolution industrielle et l’utilisation massive des énergies fossiles. Elle est bien placée pour jouer ce rôle à nouveau dans un contexte de transition énergétique où la recherche de sobriété devient incontournable.
Dans l’alimentation, on s’indigne à raison que des produits ultra-transformés fasse le tour de la planète avant de finir dans nos assiettes, tout en générant des impacts délétères sur notre environnement et sur notre santé. Il en est de même dans la construction où l’analyse du cycle de vie met en évidence que la plupart de nos matériaux conventionnels ont des impacts négatifs sur l’environnement. La construction en terre crue se positionne comme une filière à très faible impact, lorsqu’elle est menée avec bon sens. De l’extraction de la ressource à la mise en œuvre sur chantier il n’y a que quelques kilomètres, et souvent quelques mètres lorsque l’on utilise la terre du chantier ! Le matériau se réutilise perpétuellement sans perdre aucune de ses qualités initiales. Et si on décide de s’en débarrasser, elle retourne tout simplement à son état d’origine dans le milieu naturel.


Informations complémentaires :
Concours

Bureau(x) d’études : ITAC (acoustique), INGELIGNO (structure bois), SISBA (structure béton), ÔMSWEETÔM ENVIRONNEMENT (environnement), AIREO ENERGIES (fluide/thermique), JD ECONOMIE (économiste)
Photographe : Gaëtan Chevrier

Aménagement du groupe scolaire Fellonneau

15 rue Fellonneau, 44000 Nantes

191

Programme

Initialement, le groupe scolaire Fellonneau était réparti sur 2 sites mitoyens. L’objectif du projet était de rassembler sur celui de l’actuelle école élémentaire l’ensemble des activités : maternelle, élémentaire, péri et extra-scolaire, restauration.
Le programme comprenait la restructuration du bâtiment de l’élémentaire existant ainsi que la construction, en extension, d’un nouveau bâtiment. La nécessaire réorganisation des cours de récréation comprenait donc deux espaces distincts mais en contact, physique et visuel, accessibles depuis une entrée unique. Lors du concours, le programme sur les abords du bâtiment était assez restrictif et plutôt conventionnel : zone sportive, assises, piste pour les tricycles en maternelle et jardin calme. Mais une fois les études lancées, plusieurs données majeures sont venue l’incrémenter voir en modifier l’esprit général. Les objections citoyennes à la réduction des espaces libres pour les enfants ont fait évoluer et agrandir le périmètre du projet. Il a ainsi englobé l’Ensemble Boisé Classé (EBC) et à l’issu d’une concertation avec l’équipe pédagogiques et les services dédiés de la Ville de Nantes, une nouvelle faisabilité, devant intégrer la plus grandes parts possible des attentes, a poser les bases de la refonte du projet (pourtant déjà en phase PRO). L’espace multisport pouvant désormais s’envisager mutualiser avec la vie de quartier, il à trouvé sa place, à l’ouest, dans le prolongement du bâtiment réhabilité. Le souhait de contact avec le vivant pour les enfants, de fraicheur et de conservation des Tilleuls, mais aussi de transparence avec la future sente végétale et ludique en frange ouest de la parcelle se sont imposés comme nouveau programme.

Concepteurs

  • Architecte mandataire Atelier Giet architecture pour la construction
  • Moss Paysage

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Ville de Nantes

Thèmes

  • Aménagement

Année de réalisation

2024

Surface(s)

7 000m2 (parcelle aménagée)

Coûts

914 500,00€HT (1 098 000,00€TTC)

Documents

Une attention aux ressources et aux contextes, en réponse aux enjeux environnementaux contemporains ;
En plein coeur du quartier Saint Félix, le groupe scolaire Fellonneau occupe une place de choix dans le projet urbain développé par l’agence Volga, inséré dans un nouveau maillage d’espaces publics.
Les enjeux du projet étaient : offrir une réelle qualité d’usage malgré la réduction dimensionnelle des espaces extérieurs et être exemplaire en terme de développement durable et de création d’îlot de fraicheur.
En réponse au jeu graphique méthodique de l’architecture dévelloppée par l’agence Giet, des rubans végétales souples, nommés « Cernes végétales » devaient envelopper la nouvelle école et constituer des lisières pour les espaces extérieurs différemment habités : les cours, la terrasse maternelle, le jardin calme. La lisière d’enceinte calquée sur la limite de la nouvelle sente public et le mur périphérique en pierre au sud et à l’est, était formée de trois sous-ensembles aux typologies végétales distinctes :
– La lisière d’accueil arbustive caduque et/ou persistante, non allergène et peu fructifiante, absorbant une partie des eaux pluviales de la cour. Elle mène au sas d’entrée, commun pour les deux cours.
– La lisière centrale qui permet l’accès aux deux cours, avec des arbres de petites et moyennes tiges y émergent.
– Le jardin calme à la palette végétale variée et plus travaillée offrant un plaisir visuel depuis les classes et la cantine.
La deuxième cerne végétale, la lisière haute est située sur la terrasse de l’école maternelle. Très bien exposée, elle est composée principalement d’un mélange de plantes vivaces et graminées adaptées à des conditions de plantation en terrasse (épaisseur de terre végétale réduite, fort assèchement en été, …)Les arbres sont conservés au maximum avec l’ajout de l’EBC (de grands cêdres aux silouhettes freles mais de très grandes tailles), dont les pieds sont désimperméabilisés et replanté tout en laissant des espaces accessibles aux enfants pendant les temps de récréation.
Dans la cour maternelle, le circuit des tricycles fait le tour d’une pièces centrale comprenant une aire de jeux et un platelage couvrant et protégeant les racines des Tilleuls. En lisière de la cour, deux espaces engazonnés avec du mobilier permettent de faire classe à l’extérieure et des activités manuelles (bacs de matériaux).
Dans la cour élémentaire, un espace central accueille des jeux (dans un espace en copeaux de bois) et des
espaces engazonnés sur plusieurs hauteurs, avec l’intégration d’assises. Un large espace planté est rendu accessible aux enfants et des platelages bois viennent à la fois protéger les arbres et proposer des assises et/ou estrades de jeux.
Le parti pris initial à ainsi du évolué et intégré les demandes issues de la concertation et des retours citoyens. Sans perte de sens, mais avec agilité, le projet a gagné en cohérence avec le contexte élargi de la parcelle et le projet mené par la Direction Nature et Jardins (DNJ) de la Ville. Avec la mise en œuvre d’un enrobé clair, de dalles alvéolaires enherbées, d’un pavage en granit breton et d’un mobilier sur mesure en construction mixte bois-métal, l’opération s’avère être exemplaire dans l’application des nouveaux guides de conception des établissements
scolaires.

Une conception qui répond aux usages d’aujourd’hui tout en anticipant les évolutions de demain ;
Le programme a fait l’objet d’un remaniement en cours de projet afin d’intégrer les enseignants et les parents
d’élèves dans les réflexions sur les nouvelles cours. Lors de la concertation, il est ressorti un besoin d’accès aux espaces plantés, de zone de jeux mais aussi des zones de repos, plus calmes. Le projet a été alors remanié pour proposer de véritables bosquets plantés au milieu des deux cours : certains accessibles et d’autres non. Les matériaux ont été choisis pour répondre à cette problématique d’accès à la nature : bois, copeaux de bois, corde,… Le mobilier est principalement en bois et de fabrication locale (jeux, platelage, bancs, bacs de matériaux et tables de piquenique, poteaux-corde).

Le projet d’aménagement des cours du groupe scolaire Fellonneau a permit une véritable dés-imperméabilisation des espaces de récréation. Les espaces plantés sont généreux et variés tant sur leur nature (massifs, toiture végétalisée, engazonnement, prairie, …) que sur leur accessibilité. Les espaces sont également multiples, permettant une grande diversité d’activités: jeux, seul ou en petit et grand groupe, repos, classe à l’extérieur, sport, … Des jeux de matérialité et de hauteur dans le sol viennent enrichir les expériences de motricité proposées dans la cour, faisant de ces deux espaces extérieurs de vrais espaces pédagogiques.
La toiture terrasse vient apporter une vue sur des plantations aux étages et participe à cet effort de végétalisation des espaces extérieurs, gage de bien-être.

une recherche sensible de qualité architecturale et paysagère, alliant audace et intégration ;
La terrasse plantée a été pensée dès le début du projet, en lien avec l’agence d’architecture Giet. Les épaisseurs et la technicité du substrat ont été définies en amont pour que la structure de la terrasse les intègre, notamment au niveau du recouvrement des joints de dilatation et de la charge admissible. Un mélange allégé a ainsi été mise en œuvre afin de réduire le poids sur la toiture terrasse que la structure doit supporter. La palette a été adaptée pour un milieu asséchant en s’inspirant des plantes de montagnes, notamment alpines, tout en choisissant des essences au fleurissement important, permettant de donner à voir l’évolution des saisons.

Un dialogue exemplaire entre maître d’ouvrage et concepteur.

Le projet s’est consolidé grâce aux échanges entre notre équipe et la ville et bien évidemment, en concertation avec l’équipe enseignante et les parents d’élèves afin de concevoir un aménagement juste qui répond aux besoins de l’école et des enfants.
L’entretien de l’aménagement a été confié aux équipes de gestion de la ville. Les palettes des plantations ont été discutées avec les services afin de s’assurer des capacités de suivi et d’entretien de la place par la suite. Il a été privilégié des essences adaptées au climat local et qui nécessitent peu d’entretien, ce qui permet de réduire les besoins en eau, en amendement et en taille par exemple.
Enfin, le dialogue a été continue et bienveillant entre la MOA et la MOE, avec pour but commun le bien-être des enfants qui seront amenés à grandir, apprendre, découvrir dans cette école et ses espaces extérieurs. La volonté commune de proposer une cour oasis ou chaque enfant pourra y trouver sa place a permis ce dialogue et ces échanges enrichissants.


Informations complémentaires :
Concours

Bureau(x) d’études : BET VRD TECAM, BET fluide hqe opc ALTEREA, BET GO béton bois, AREST
Photographe : Moss Paysage