Maison(s) Marius et Jeannette

12 rue de la Mairie, 44770 Préfailles

156

Programme

Réhabilitation-extension d’une maison de bourg
Création d’un logement 3 pièces
Inscription à rez-de-chaussée d’une surface dédiée à une activité libérale
Garage partagé
Restauration du jardin

Concepteurs

  • ATELIER MAINE OCEAN : Laure TYRAKOWSKI et Pascal FOURRIER architectes associés

Commune

  • Préfailles

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Laure TYRAKOWSKI et Pascal FOURRIER

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2025

Surface(s)

Surfaces utiles : Activité dans rénovation RDC : 30,6 m² Logement 3 pièces : 72,4m², dont - dans extension RDC : 13,8m² - dans extension R+1 : 27,1m² - dans rénovation R+1 : 31,5m² Garage partagé : 11,1m²Surfaces de plancher : - Existant : 62m² - Extension : 37,5m²Surfaces aménagées : Jardin : 74m² en pleine terre Trottoir : 7m² de pavés drainants

Coûts

Rénovation de l'existant : 150 000 €HT (valeur 2025)Extension : 130 000 €HT (valeur 2025)Total : 280 000 €HT (valeur 2025) compris VRD et cuve de récupération des EPhors agencement, poêle, jardin et trottoir

Documents

Une série de transformations passées et à venir
A l’origine (début XXe), un simple atelier d’artisan sur la rue principale de Préfailles. Ceint d’un épais mur en pierre, sa grande porte s’ouvre sur l’espace public.
Années 30, l’atelier est surélevé d’un logement dont les tuiles plates losangées et les saillies de toit lui confèrent l’esprit des villas balnéaire à la mode. Durant l’occupation, réfugié à Préfailles, le peintre Paul Messac utilise l’atelier.
Années 80, l’atelier fait long-feu et l’ensemble se transforme en logement. La porte du garage est sommairement « rebouchée » et le mur en pierre enrobé d’une peinture plastique.
Aujourd’hui, années 2025, le cycle de vie continue. L’attractivité du pays de Retz augmente, pour la villégiature mais aussi pour y vivre et travailler. La maison à caractère balnéaire entame une nouvelle mutation qui concilie, dans une même architecture, logement et activité en toute indépendance d’usage.
Demain, années 2050, l’ensemble mixte évoluera sûrement vers un autre scénario d’usage. Cette inéluctable adaptabilité fonctionnelle est désormais anticipée par la flexibilité du projet.

Commande MOUV / MOE
Ici, les deux architectes sont à la fois maitres d’ouvrage et maîtres d’œuvre.
Avec l’envie de renouveler leur pratique architecturale, ils ont quitté Nantes pour vivre et travailler à Préfailles avec l’envie d’inscrire leur métier d’architecte dans la cité, en l’occurrence le bourg, en toute visibilité depuis l’espace public.
Les enjeux fixés sont à la fois simples et complexes :
– À l’échelle du Pays de Retz, participer à rénover un cadre bâti existant souvent atteint d’obsolescence énergétique et fonctionnelle et permettre un nouveau cycle d’usage,
– Proposer une esthétique architecturale contemporaine aux antipodes des catalogues des constructeurs de maisons individuelles qui inondent littéralement la région.
La maison(s) Marius et Jeannette est le prototype de leur ambition :
– Un existant situé au cœur du bourg,
– Un potentiel inné pour conjuguer dans une imbrication fonctionnelle, activité et habitation permanente,
– Une vitrine idéale pour exemplifier tout le potentiel de « transformation des situations construites » et ce, jusqu’à son esthétique biosourcée.
En toute transparence avec la collectivité locale, dès 2023, les architectes ont rencontré le maire pour exprimer leur démarche. Attentif aux problématiques de revitalisation du tissu urbain, M. Caudal a notamment plébiscité le fait d’offrir en location un logement à destination d’actifs, ceux-ci ne pouvant plus habiter Préfailles au vu de la systémisation des locations saisonnières de courte durée.
En résumé, dans un dialogue permanent entre ambition, impact financier et « justesse » du signe architectural, la commande est donc portée par un double souhait :
 Projeter un ensemble évolutif, réunissant dans un premier temps un logement locatif (T3) et une activité libérale,
 Transformer le déjà-construit, y compris dans son extension, avec des entreprises locales et par une mise en œuvre biosourcée.

Intégration / esthétique
Marius et Jeannette sont deux maisons « faussement » jumelles qui renouvellent la rue.
Un projet n’est jamais une page blanche.
Toujours, au regard des contextes les questions affluent.
Comment installer un dialogue entre bâti ancien et apport contemporain ?
Comment doubler l’emprise bâtie sur rue sans opposer une frontalité excessive ?
Quelle matière constructive révéler ou mettre en œuvre ?
Quelle esthétique dans ce village attaché aux maisons balnéaires du 19ème siècle ?
Parmi les alternatives à l’étalement urbain, la réhabilitation et la densification de l’emprise urbaine sont les meilleures solutions. Ici, le projet transforme le bâti et optimise le foncier par extension latérale, inscrivant dans un seul ensemble un logement T3, une surface d’activité à RDC, un garage, une buanderie et un jardin.
Dans la rue historique de la mairie, aujourd’hui devenue la bibliothèque, au bâti hétérogène et discontinu, les architectes ont choisi pour ce 1+1, la similitude dans la nuance, pour une « conversation constructive » entre deux bâtiments que près d’un siècle sépare.
 Similitude de silhouette ; un toit à deux pentes recouvre l’existant comme l’extension mais le premier est en tuile avec saillie de toit et l’autre en zinc, avec un simple effet de fronton.
 Similitude de composition ; si la composition de l’existant est symétrique, celle de l’extension joue subtilement de la dissymétrie.
 Similitude d’unicité matérielle ; à la minéralité de l’existant répond le bois de l’extension.
Pour l’existant, l’atelier reprend lumière et vues sur l’extérieur. Il se reconnecte à la rue : la grande porte originelle, un temps refermée, redevient la vitrine de l’activité. En façade, les matériaux peu qualitatifs sont déposés (fenêtres et volets PVC, peinture plastique, etc.) et remplacés par des volets et vitrine bois, fenêtres aluminium, garde-corps métal. En soubassement, débarrassé de son enduit ciment, le micaschiste est travaillé à pierre-vue et jointoyé à la chaux.
L’extension prolonge l’alignement de l’existant sur la rue. A travers un volume simple et plus bas que le bâtiment d’origine, elle se connecte par un retrait pour mieux dissocier les architectures. Les bardeaux en tuiles de châtaignier sont les marqueurs de la greffe. Ils apportent sensibilité et vibration à la façade, en accord avec l’éclectisme des différentes maisons de la rue.

Usages / fonctionnalités
Les usages sont calibrés et la pérennité assurée.
Entre école et commerces, entre mairie et bibliothèque, la situation en centre-bourg offre de fait des déplacements doux. En conséquence le garage est dimensionné pour une petite voiture électrique ou des vélos, avec le souci d’aller « dans le sens de l’histoire ».
La pérennité du bâtiment est assurée à la fois par la qualité des matériaux et par la mixité et l’évolutivité des usages.
 Qualité des matériaux ; la mise en œuvre de produits biosourcés, à la fois pour la rénovation du bâtiment historique en pierre que pour l’extension, est un gage de confort pour les occupants, été comme hiver.
 Mixité des usages ; l’adresse est vivante à tout moment, l’activité professionnelle diurne est relayée par la vie domestique, et vice-versa. Il en va de même pour l’usage du jardin, ainsi que celui du garage, mis en commun pour un usage mutualisé.
 Evolutivité ; afin de garantir une occupation des lieux à long terme même si l’activité vient à décliner, la partition fonctionnelle est flexible. La surface dédiée aujourd’hui à un exercice professionnel peut à l’avenir se transformer en studio sans travaux, ou bien être rattachée au logement pour lui offrir une pièce en plus par simple ouverture de la paroi « fusible » installée dès la conception.
L’ensemble de ces actions visent à lutter contre l’obsolescence du bâti, l’assurance de « coller » tant à l’évolution de la société qu’à celle des enjeux climatiques.

Environnement / ressources
Une transformation passive sans pompe à chaleur.
Dans la réalité d’une planète Terre dont les ressources ne sont pas illimitées, construire avec un minimum d’impact nécessite d’utiliser les leviers suivants :
– Le sol (réduction de l’empreinte bâtie, valorisation de sa pleine terre et de sa perméabilité),
– La biophilie (densification végétale, restauration des continuités écologiques),
– L’énergie (performance de l’enveloppe bâtie et conception bioclimatique),
– Les ressources (transformation du déjà-construit, utilisation de matériaux recyclés, bio ou géosourcés, récupération locale de l’eau).
La maison(s) Marius et Jeannette épouse cette démarche adaptative de transformation de l’existant à travers les postes suivants :
Structure : réutilisation du déjà-construit, restauré voire consolidé, et utilisation pour l’extension d’un maximum de matériaux décarbonés.
– Existant : la structure porteuse est curée et perforée en quelques endroits pour favoriser la lumière naturelle et le lien avec l’extension ; l’élévation RDC en pierres est révélée et refaçonnée à la chaux pour sa respiration ; le plancher bois est consolidé et traité contre les insectes ; la panne faîtière est soulagée par une ferme bois à mi portée.
– Extension : elle sollicite une mixité de matériaux ; garage et buanderie : en raison de son adossement partiel contre terre, l’élévation du volume est en briques alvéolaires auto-isolantes ; à l’étage : séjour-cuisine dont l’élévation est en mur à ossature bois, plancher et charpente en bois.
Enveloppe : installation d’une isolation très performante et propice au déphasage de température pour un confort été-hiver optimal ; captation des apports de lumière tempérés de protections solaires.
– Existant : à RDC, le mur en pierre est doublé d’isolant chanvre pour sa qualité hygroscopique (R=3,5 m²K/W) ; à l’étage, le mur en parpaings pleins est doublé de laine de verre avec liant végétal (R=4,4 m²K/W) ; la toiture est isolée par des fibres biosourcées et recyclées en coton, lin et jute (R=9 m²K/W).
– Extension : à RDC, la brique alvéolaire est remplie de laine de roche (R=2 m²K/W) et protégée avant le bardage d’un pare-pluie en laine de bois (R=1,9 m²K/W) ; à l’étage le MOB est rempli de fibres biosourcées et recyclées en coton, lin et jute (R=3,8 m²K/W) et protégé avant le bardage d’un pare-pluie en laine de bois (R=2,8 m²K/W) ; la toiture est isolée par des fibres biosourcées et recyclées en coton, lin et jute (R=9m²K/W).
Energie : conforté par la performance de l’enveloppe, le choix est fait du tout électrique avec possibilité d’implanter ultérieurement des panneaux photovoltaïques sur le rampant sud de l’extension.
– Aucune technique de pointe onéreuse à l’achat et sans réel gage de pérennité (pas de ballon thermodynamique ni de pompe à chaleur) mais un simple ballon eaux chaude pour le logement, des radiateurs électriques à inertie (fonte) et des planchers chauffants à RDC sur les parties habitables.
– Pour l’atelier : le luxe d’un poêle bois qui permet avec 2 bûches de 30cm de maintenir à 20°C l’espace de travail sur une journée hivernale ainsi qu’un brasseur d’air installé en plafond, particulièrement agréable en été.
Eau : installation d’une cuve de récupération des eaux pluviales
– La remise en forme du jardin (plantation de deux arbres, d’arbustes, de plantes fleuries et de graminées), à la fois accessible et visible depuis l’atelier et le logement, a induit la nécessité de pouvoir arroser les plantes en période de surchauffe estivale ; une citerne de rétention des eaux pluviales issues des toitures est donc enfouie, sa capacité de 1 500 litres permettra l’arrosage du petit havre vert.


Informations complémentaires :
Marché privé

Photographe : François DANTART

Sous le béton la pelouse

Privée, 44400 Rezé

202

Programme

Les clientes souhaitaient supprimer l’allée en béton existante traversant le jardin. Typique de la conception des jardins productifs des années 60, l’allée centrale traverse le jardin de part en part. Plus bas que le reste du jardin et en pente vers la maison, l’allée imperméable entraînait toutes les eaux de ruissellement vers la terrasse et l’habitation.
Le principe de base du projet est désimperméabiliser cette allée qui dessert le cabanon où sont rangés quotidiennement les vélos avec l’idée de réemployer le revêtement béton en le transformant en dalles aux formes variées.

Concepteurs

  • Petrichor paysages

Commune

  • Rezé

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Maîtrise d'ouvrage privée

Thèmes

  • Aménagement

Année de réalisation

2025

Surface(s)

13m² d'allée en béton reprise, la même surface de jardin retravaillée pour une mise à niveau du cheminement avec le jardin existant.

Coûts

1800 € HT pour la partie aménagement de l'allée et du jardin

Documents

La proposition de réemploi du revêtement existant à séduit la maîtrise d’ouvrage pour l’aspect économique mais également pour son aspect attentive aux ressources. Les exports liés à la démolition et les apports pour les travaux ont été minimes.
Exports de surplus de démolition de l’allée et apport en gravier et sable pour permettre la mise à niveau et constituer le lit de pose.
Le découpage des dalles et la définition des formats s’est fait en phase travaux lors d’échanges avec la maîtrise d’ouvrage.


Photographe : Petrichor paysages

Port de la Maison Verte

Port de la Maison Verte, 44560 Corsept

174

Programme

Le port de la Maison Verte est reconnu comme un lieu agréable pour sa vue sur les marais, l’attrait des maisons anciennes qui donnent sur le port, la présence de cales de mise à l’eau empierrées, de quais, d’une écluse, d’une maison d’éclusier. Il est sur le passage de la Loire à Vélo. Il est un lieu convivial, fréquenté. Des aménagements sommaires existent déjà pour l’accueil des visiteurs, le passage des cyclistes. L’objectif de la commune est d’organiser cet accueil avec une valorisation paysagère des lieux.

Concepteurs

  • Le Vôtre Paysage Urbanisme

Commune

  • Corsept

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Commune de Corsept

Thèmes

  • Aménagement

Année de réalisation

2022

Surface(s)

4200m²

Coûts

Total : 190 000€ HT Sols (terrassement + revêtement + Terre végétale) : 135 000€ Réseaux : 15 000€ Mobiliers : 20 000€ Plantations : 20 000€

Documents

Le port de la Maison Verte est reconnu comme un lieu agréable pour sa vue sur les marais, l’attrait des maisons anciennes qui donnent sur le port, la présence de cales de mise à l’eau empierrées, de quais, d’une écluse et d’une maison d’éclusier.
Situé sur le passage de la Loire à Vélo, ce site autrefois peu fréquenté a été repensé pour libérer l’espace de l’emprise de la voiture. Les aménagements ont permis d’offrir un quai affirmé et apaisé, de donner de la place au végétal notamment en créant un jardin humide en lieu et place du fossé existant, d’offrir des possibilités variées de repos, de contemplation et de jeux, et enfin de marquer l’identité du port par un vocabulaire de mobilier et d’équipements personnalisés.
À proximité de la Loire, situé en zone Natura 2000 et avec une partie des sols en Zones Humides, le projet a nécessité une analyse des enjeux environnementaux (dont inventaire naturaliste) avec une prise en compte de ceux-ci au sein du futur aménagement ainsi que la réalisation de dossiers réglementaires environnementaux (dossier Natura 2000, Examen au Cas par Cas, enjeux Loi sur l’Eau). Les niveaux Xynthia ont aussi été pris en compte avec la rectification du niveau du sol de la maison de l’éclusier.
Pour la végétation, un gradient a été créé entre la végétation sauvage dans les zones humides et aux abords des marais par semis et aux abords des cheminements avec une végétation plus horticole mais avec un esprit naturel en lien avec l’environnement des marais. Aucune intervention n’a été réalisée sur les haies pour ne pas impacter l’avifaune.
Afin de de limiter les apports de matériaux, un travail fin sur le nivellement a permis d’équilibrer les déblais et remblais. La gestion des eaux pluviales a également été travaillée en transformant les fossés en jardins humides par élargissement de ces zones de récupération d’eaux de pluie et un reprofilage des berges en pentes douces.
Les aménagements ont été pensés pour mettre en valeur le patrimoine existant sans ostentation en les intégrant au sein du cadre végétal naturel. La sécurisation et la gestion des accès du site se font par la mise en place de bouchots qui par leur rythme et leur diversité participent à animer le paysage. Ces mêmes bouchots sont détournés pour faire usage d’appuis vélos.
Le site devient un point d’arrêt et de repos pour les cyclotouristes avec l’installation de mobiliers, de sanitaires et d’espaces de détente. Le cœur du projet offre une lecture claire de la voie de la Loire à vélo mais également la possibilité de se poser et de contempler l’écluse, l’étier et les marais sur un espace en retrait de ce passage où vient se poser un muret en pierre qui accueille des assises avec ou sans dossier.
La maison de l’éclusier est elle aussi mise en valeur par un prolongement de son parvis sur la voie et de l’autre côté de celle-ci avec la mise en place de tables de pique-nique.
Des jeux de marquage au sol alertent les automobilistes, participent à la réduction de la vitesse pour la sécurisation des piétons et cyclistes et clarifie le parcours de la Loire à Vélo.
Pour les habitants de Corsept, c’est également un lieu qu’ils redécouvrent avec un point de départ pour les parcours de randonnées, un lieu de balade et de contemplation avec des possibilités de pique-nique et de jeu de pétanque dans un cadre naturel.
Les stationnements qui se faisaient autrefois sur le passage de la Loire à vélo, au bord de l’étier, ont été décalés au cœur de la parcelle mitoyenne qui fut remblayée il y a une trentaine d’années. Le sol a été renforcé avec la mise en place d’un revêtement en terre pierre engazonnée pour tendre à faire disparaître l’espace parking. Ce grand espace sert également d’accueil pour la grande fête populaire début juillet de « Corsept en fête ».


Label(s) obtenu(s) : RAS

Informations complémentaires :
Procédure adaptée restreinte avec accompagnement du CAUE 44

Bureau(x) d’études : OCE Environnement
Photographe : Roberto Giangrande

Le Restaurant du Port

Le Port de Beslé, 44290 Guéméné-Penfao

164

Le projet du restaurant de Port Beslé s’adosse à l’existant. Le
bâtiment conservé garde sa nature, les ajouts divers viennent corriger et ré-adresser les salles de restaurant afin de faire du lien avec la rue, le chemin et le paysage.
Le long de la RD, le auvent vient faire appel et créer un seuil
d’entrée tout en délimitant une terrasse couverte, renvoyant à l’image du restaurant routier. Il accompagne l’escalier qui permet de descendre sur les rives de la Vilaine et se retourne pour couvrir une vaste terrasse pour le restaurant. Au fond, l’extension met à l’abri le voisinage et crée un belvédère vers le paysage.

A l’intérieur, différentes séquences spatiales se mettent en place : une entrée basse qui s’ouvre sur la cuisine, une vaste salle en double hauteur se prolongeant sur la terrasse, puis une dernière salle en « vigie » qui ouvre le regard au lointain.

Tous les matériaux choisis le sont dans le respect du comportement du bâti ancien. Les isolants biosourcés permettent une perspirance et accompagne l’inertie du bâtiment. Les charpentes et planchers ont été conservés et réparés autant que possible. Tous les ajouts sont en structure bois de teinte naturelle que le blanc des matériaux de façades et de toitures révèlent. Le chauffage et l’eau chaude sont produit par une chaufferie bois placée au sous-sol et une vmc double-flux permet une régulation de l’air en conservant les calories.

Ce projet a permis la mise en place d’un chantier de formation au réemploi. Mis en place par Noria et l’Ecrouvis (2 associations locales), cette formation in-situ a permis d’établir les ressources disponibles et de mettre en place une dépose soignée des différents gisements. A l’issue de ce chantier, l’équipe de maîtrise d’œuvre a pu piocher dans les gisements afin de mettre en œuvre du rémploi in-situ.


Informations complémentaires :
Procédure adaptée

Bureau(x) d’études : ECSB structure bois, ESTB structure béton, KYPSELI fluides et environnement, EXECOME économie et OPC
Photographe : Juan Cardona

Pension de famille Maison Les Bords de Sèvre

8 rue du Camareux, 44120 Vertou

155

Programme

Pension de famille de 24 logements T1 et espaces de vie collective. La Maison Les Bords de Sèvres propose un accompagnement individuel, qui doit permettre à chaque personne de retrouver une stabilité et une plus grande autonomie dans les domaines de la santé, de l’accès aux droits et de la vie sociale. L’équipe de la pension de famille favorise également des moments de partage et de convivialité entre les personnes accompagnées, les salariés et les bénévoles de l’établissement. Bâtiment certifiée BEE avec label bio-sourcé niveau 3. Façades ossature bois, isolation paille et bardage en bois brûlé. Production de chaleur par géothermie verticale avec participation financières de l'ADEME.

Concepteurs

  • LE BARON - GAUTIER ARCHITECTES

Commune

  • Vertou

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Fondation Petits Frères des Pauvres

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2024

Surface(s)

Surface utile : 734 m² Surface dans œuvre : 946 m² Surface de plancher : 960 m²

Coûts

Coût de construction total : 2 445 606 € HT dont : - Bâtiment : 2 229 359 € HT - VRD : 136 999 € HT - paysage : 18 548 € HT - forages géothermie : 60 700 € HT

Documents

La pension de famille Les Bords de Sèvre trouve sa place dans un environnement d’exception : le Prieuré Saint Pierre, en bord de Sèvre nantaise, à Vertou. Ce lieu est marqué par l’existence d’un patrimoine végétal de grande qualité, qui doit être préservé. La présence de ce parc paysagé, ainsi que d’un mur en moellons qui ceinture l’ensemble du site, apporte beaucoup de qualité au lieu, et constitue une sorte d’écrin pour le projet.
Pour s’intégrer dans ce site exceptionnel, nous avons conçu un bâtiment monolithique dont la forme s’adapte parfaitement aux caractéristiques de la parcelle. Les façades se positionnent en effet parallèlement aux limites du terrain, avec un retrait de cinq mètre par rapport au mur d’enceinte. Le projet s’intègre dans son environnement comme un bloc sculpté, taillé au scalpel pour s’ajuster au mieux à son écrin. On retrouve cette idée de monolithe sculpté jusque dans la toiture du bâtiment, formée d’une couverture à deux pentes ayant un faîtage en diagonale, qui crée des jeux de façades aux égouts inclinés. L’adaptation « sur mesure » du bâtiment au site lui donne un caractère très compact. La forme donnée au projet permet en effet l’optimisation des surfaces de façade et de couverture par rapport à la surface de plancher développée, ce qui est favorable à la performance énergétique et environnementale du bâtiment, ainsi qu’à une rationalisation des coûts de construction.

Le site du prieuré Saint Pierre est marqué par la présence de matières naturelles brutes : mur de pierre, façade en bois de la maison de vacances, présence végétale forte au niveau du parc. Il nous a semblé pertinent, pour la matérialité de la pension de famille, de rester dans une gamme de matières naturelles, afin de respecter l’esprit du lieu et de ne pas dégrader ses qualités esthétiques. Pour cela, nous avons réalisé des façades en bois brûlé. Cette teinte noir charbon, qui conserve cependant une certaine brillance à la lumière, donne un caractère raffiné au bâtiment.

Le travail d’échange, de réflexion et de concertation réalisé avec la fondation Petits Frères des Pauvres nous a amené à proposer un lieu qui recrée en son sein la distinction entre espace public et espace privé, avec une réflexion sur la complémentarité entre les notions d’intimité et de partage.
Le logement est le « chez soi », le lieu du soi. C’est un refuge, un lieu de repli, un espace dont on a la maîtrise. C’est l’espace de l’intime.
Les espaces communs sont les lieux du partage. Ce sont des espaces dans lesquels on accepte de ne pas être seul à décider. Et dans lesquels on est confronté à l’autre. Où, dans un sens, on se met en danger. Mais cette « prise de risque » que constitue la rencontre avec l’autre n’est possible de manière sereine et apaisée que si l’on sait que l’on dispose d’un repli, d’un refuge, d’un chez soi préservé de toute intrusion.
Entre les deux, il y a l’espace public. Les espace de transition entre le chez soi et les espaces partagés. Communément, la rue. Cet espace transitoire porte en lui un intérêt tout particulier. En effet en tant qu’espace d’entre-deux non défini complètement, il autorise les rencontres impromptues, les croisements inattendus. Il est parfois le témoin de petits accros du quotidien qui sont à l’origine de rencontres, d’échanges, et finalement de partage. L’espace public de la rue constitue donc le lieu dans lequel s’amorce la rencontre avec l’autre. C’est la première étape vers le partage.

La Maison des Bords de Sèvres intègre cette réflexion sur la dualité entre les lieux de l’intime et les lieux du partage, mise en tension par cet espace transitoire et catalyseur qu’est la rue, l’espace public.
Son organisation s’articule autour d’une rue intérieure sur les deux niveaux, qui distribue l’ensemble des logements et des espaces partagés. Cette rue intérieure n’est pas un simple couloir de distribution. Sa forme architecturale casse les codes visuels et spatiaux des dégagements classiques, grâce à un fonctionnement autour d’un noyau central qui permet de dilater l’espace et de ménager des micro-centralités, et à l’existence de puits de lumière qui mettent en relation les deux niveaux.
Cette rue intérieure est éclairée naturellement. Elle permet les vues vers le paysage et vers les espaces partagés. Elle offre des recoins où il est possible de s’arrêter pour discuter. Elle est suffisamment large, et évite l’écueil du couloir avec les portes des logements de part et d’autre en vis-à-vis. Elle fonctionne comme un espace public, et permet la valorisation du parcours à son logement. Chaque parcours est différent, et chacun peut identifier facilement son logement au sein de cette rue intérieure.
Les espaces partagés trouvent leur place au milieu de cette rue intérieure, et sont ouverts au sud sur le parc. Ils disposent d’une grande terrasse, et sont largement vitrés afin d’être très lumineux.
Ils sont à proximité directe avec les espaces des salariés et des bénévoles, à l’entrée de la pension.

En concertation avec la maîtrise d’ouvrage, nous avons mis en place une stratégie environnementale ambitieuse, qui touche plusieurs aspects du bâtiment :
– La production de chaleur avec la mise en œuvre d’une PAC sur sondes de géothermie verticales (7 sondes réparties sur le site), qui permet de décarboner le chauffage, et d’atteindre un niveau passif (sans certification).
– Le recours aux matériaux bio-sourcés avec la mise en œuvre de façades à ossature bois, avec une isolation en paille. Cette mise en œuvre permet d’atteindre le label bio-sourcé niveau 3 de la certification BEE.
– Une construction hors site des façades, y compris leur bardage, qui a permis l’optimisation de la durée du chantier, la réduction des déchets et des nuisances.
– Un système porteur qui permet le décloisonnement des logements si nécessaire dans le futur, dans le sens de l’évolutivité de la construction.


Label(s) obtenu(s) : Certification Bâtiment Énergie Environnement (BEE) avec label bio-sourcé niveau 3.
Niveau passif sans certification.

Informations complémentaires :
Concours de maîtrise d’œuvre privé, lauréat en 2020.

Bureau(x) d’études : ECB, SISBA, A-TECH GRAND OUEST, BET LUC MOREAU, BLC MAITRISE D'OEUVRE
Photographe : François Dantart

Centre de soins de psychiatrie

1 boulevard de la gare, 44390 Nort-sur-Erdre

161

Programme

Centre de soins de psychiatrie comprenant un centre médico-psychologique pour adultes, un centre médico-psychologique de gérontopsychiatrie, et hôpital de jouer et un centre d'accueil thérapeutiques à temps partiel.

Concepteurs

  • LE BARON - GAUTIER ARCHITECTES

Commune

  • Nort-sur-Erdre

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • ESPYLAN

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2023

Surface(s)

Surface utile : 723 m² Surfance dans oeuvre : 1032 m² Surface de plancher : 1041 m²

Coûts

Coût de construction total : 2 438 077 € HT Dont : - Bâtiment : 2 251 255 € HT - VRD / paysage : 161 332 € HT - forages géothermie : 55 490 € HT

Documents

Exigence portée conjointement entre la maîtrise d’ouvrage et la maîtrise d’œuvre, où le dialogue de projet élève le niveau d’ambition :
La conception du centre de soins est le fruit d’un important travail de concertation et d’échanges entre la maîtrise d’ouvrage et la maîtrise d’œuvre, en particulier sur les enjeux suivants :
– L’acoustique, qui est un enjeu important, avec une exigence de confidentialité au niveau des espaces de consultation.
– Le fonctionnement, qui doit permettre aux patients de se repérer facilement afin de favoriser un sentiment de sécurité.
– La performance et la décarbonation de la production de chaleur, pour assurer un coût de fonctionnement stable et optimisé. Cela est rendu possible grâce à de la géothermie.
– L’entretien et la maintenance. Compte-tenu de l’importance du parc immobilier d’EPSYLAN, et des problématiques de dégradation qui peuvent être rencontrées, un travail sur la pérennité des façades, la facilité de leur entretien ou de leur réparation été mené, qui nous a conduit à mettre en œuvre un bardage métallique pérenne sur l’ensemble du bâtiment.

Approche attentive aux ressources :
La production de chaleur est réalisée au moyen d’une PAC sur sondes de géothermie verticale. Réalisation de 5 sondes de 130 mètres de profondeur sur site, sous le parking. Cette production de chaleur, associée à une isolation par l’extérieur du bâtiment, permet d’atteindre un niveau RT 2012 -20% sur le Cep et le Bbio.

Conception répondant aux usages actuels, tout en anticipant les évolutions à venir :
Un des enjeux principaux de la conception de ce centre de soins est la capacité du bâtiment à orienter facilement le public, afin de favoriser un sentiment de sécurité. Pour cela nous avons travaillé sur la notion de repère, en mis en place une organisation claire et rationnelle qui permet d’orienter naturellement les personnes depuis l’entrée de l’établissement vers les espaces dédiés.
Le hall est le premier contact de l’établissement. Largement vitré sur la rue et baigné de lumière, il assure la transition entre l’espace public et les espaces confidentiels du centre de soin. Mais il a surtout une fonction de distribution des différents pôles. Par son organisation spatiale en double hauteur, il oriente les visiteurs vers l’étage et le secrétariat du CMP au moyen d’un grand escalier ouvert, positionné face à la porte d’entrée.
Les différents espaces de soins sont organisés et distribués autour d’îlots située en partie centrale du bâtiment, en qui renferment des espaces techniques et les sanitaires. Une double circulation s’organise autour de ces îlots, avec en partie centrale un puits de lumières qui éclaire naturellement le bâtiment en son cœur.
La structure du bâtiment a été conçue à partir des façades porteuses, et de refends béton parallèles aux façades, qui correspondent aux circulations. Ce système permet le cloisonnement libre de l’ensemble des espaces de consultation et de soin, ce qui permet d’anticiper les évolutions à venir du bâtiment.
Le travail de la lumière naturelle a été le fil conducteur de notre conception, vis-à-vis de l’organisation intérieure du bâtiment. Tous les espaces sont largement vitrés sur l’extérieur, de manière à respecter les exigences du calcul du Facteur Lumière Jour, ce qui assure le bon éclairage naturel des locaux. Mais pour favoriser la notion de repère, et l’idée d’un bâtiment sécurisant et rassurant, nous nous sommes attachés à éclairer naturellement tous les espaces de dégagement et de circulation. A commencer par le hall qui est largement vitré, mais aussi les circulations des deux étages qui sont éclairées en leur centre par le puits de lumière et à leurs extrémités par des fenêtres. Ce confort visuel et lumineux, perceptible dans les images que nous proposons, participe au travail sur la notion de repère, à favorise le caractère sécurisant et appropriable de l’établissement.

Recherche sensible de qualité architecturale et paysagère :
L’identité visuelle du bâtiment est suffisamment forte pour faire signal dans le paysage communal, afin de fonctionner comme un point de repère. Le bâtiment est immédiatement identifiable, et signifie de manière évidente son caractère public. Il renvoie l’image d’un lieu accueillant, ouvert à tous. Pour cela, nous avons pris le parti de proposer un bâtiment compact, à la volumétrie simple mais travaillée. En effet, le bâtiment est plutôt ramassé et optimisé avec un étage seulement, ce qui permet de limiter l’impact visuel de l’implantation de la construction dans son environnement. Ses façades présentent de légers plis qui suivent les limites parcellaires du terrain et s’adaptent à la présence des arbres au niveau de la gare. Un bardage en cassettes de teinte aluminium anodisé confère au bâtiment un aspect contemporain, qualitatif et pérenne. Enfin, la toiture en trois parties présente un dessin qui donne à l’ensemble une certaine dynamique, tout en affirmant la volumétrie travaillée du bâtiment.
L’entrée de l’établissement est immédiatement identifiable par la présence du grand hall, vitré sur deux niveaux, qui crée une césure dans la construction. Là encore, la notion de repère est favorisée.
Sur la façade sud, une loggia colorée marque la présence du bâtiment vis-à-vis du parking et de l’amorce du boulevard de la gare, comme si le bâtiment regardait vers le centre de Nort-sur-Erdre. Ce creux dans le bâtiment fonctionne comme un signal urbain qui permet de repérer rapidement le bâtiment dans le paysage. Ainsi, le bâtiment renvoie l’image d’un monolithe sculpté et creusé, qui vient trouver naturellement sa place sur la parcelle, en se jouant des contraintes physiques du terrain que sont la proximité avec les voies ferrées et le boulevard de la gare. Cette architecture, qui ne cherche pas à être démonstrative, propose néanmoins des caractéristiques affirmées qui permettront aux patients d’identifier et de reconnaître rapidement le centre de soin, et de s’approprier ce bâtiment, sans que ce dernier ne présente une connotation


Label(s) obtenu(s) : RT 2012 -20%

Informations complémentaires :
Marché public.
Concours de maîtrise d’œuvre, lauréat en 2019.
Participation financière de l'ADEME pour la mise en oeuvre de la géothermie.

Bureau(x) d’études : OTEIS, ATPS
Photographe : François Dantart, Alexis De Dumast (vue drone)

Construction d’un internat et d’un espace de restauration

Route de la Marchanderie, 44150 Ancenis-Saint-Géréon

170

Programme

Construction d’un internat de 150 couchages en R+2 et du pôle de restauration d’un lycée privé.

Concepteurs

  • Cub Marchand

Commune

  • Ancenis-Saint-Géréon

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Lycée de Briacé

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2024

Surface(s)

2477 m²

Coûts

4.110.000€

Documents

Le projet consiste en la construction d’un nouveau bâtiment pour regrouper les internats des filles et des garçons,
aujourd’hui séparés sur le site, et le pôle de restauration. Ce bâtiment permet d’offrir un hébergement plus qualitatif
et d’augmenter la capacité d’accueil.
En dehors du temps scolaire, l’ensemble peut être loué à des familles, des associations, des colonies…


Bureau(x) d’études : AREST, ACE
Photographe : Eric Olejnik

Extension du Manoir de la Boulaie

33 Rue de la Chapelle Saint-Martin, 44115 Haute-Goulaine

156

Programme

Le projet est un agrandissement du Manoir de la Boulaie afin de créer une salle de restauration pour accueillir moins de 200 personnes. Le bâtiment reprends la même écriture de façade que le Manoir. Il est composé d’un SAS tampon entre l’existant et le nouveau afin d’améliorer les performances thermiques et acoustiques. Le projet est parfaitement dissocié de l’existant (équipement techniques, réseaux, architecture). Aucune intervention n’est prévue dans l’existant.

Concepteurs

  • AXÉ ARchitecture et Énergie & ICR Ingenierie

Commune

  • Haute-Goulaine

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • SCI R DE LA BOULAIE

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2025

Surface(s)

L'extension présente 287m² mais avec le manoir on est a un total de 2054m²

Coûts

700.000,00 EUROS HT (hors VRD)

Documents

1/ COMMANDE MOUV / MOE

Dialogue : La relation avec la maîtrise d’ouvrage a été l’un des points forts de cette opération. Dès les premières phases, un dialogue constructif s’est instauré, favorisant une compréhension mutuelle des enjeux patrimoniaux et fonctionnels propres au site. La MOA, disponible et réceptive, a su écouter les propositions techniques et architecturales de l’équipe, ce qui a permis d’avancer avec fluidité sur les arbitrages clés. Ce climat d’échange ouvert est un atout précieux, notamment sur un projet où la sensibilité du site (un manoir chargé d’histoire) imposait un soin particulier dans chaque décision.

Ambition
Le programme affiché était mesuré, avec une ambition initiale que l’on peut qualifier de modeste. Néanmoins, le client s’est montré attentif et ouvert aux suggestions, laissant à l’équipe une marge réelle pour valoriser l’opération au-delà du strict cahier des charges. Le principal défi a été celui du calendrier : le délai de construction, particulièrement court, a constitué une contrainte structurante de l’ensemble du projet. C’est dans ce contexte de tension temporelle que la réactivité et l’organisation de la MOE ont pleinement démontré leur valeur, en maintenant un niveau de qualité cohérent avec les exigences du lieu.

Synergie
Malgré les contraintes, une vraie synergie s’est développée en phase de conception. Le travail en partenariat étroit entre l’architecte et le bureau d’ingénierie a permis d’anticiper les interfaces techniques, de résoudre les problématiques structurelles en amont et d’optimiser les solutions proposées à la MOA. Cette co-construction, loin d’être une simple coordination, a généré des solutions plus robustes et plus cohérentes que ce qu’une démarche séquentielle aurait pu produire. La fluidité des échanges au sein de l’équipe MOE a compensé en partie la pression exercée par le planning serré.

Composition de l’équipe
L’équipe MOE a été constituée avec une logique de complémentarité ciblée. En tant qu’architecte spécialisé à l’intersection de l’architecture et de la performance énergétique (Axé architecture et énergie), nous avons apporté une lecture globale du projet intégrant les enjeux de confort, d’insertion patrimoniale et d’efficacité des enveloppes. Associés à un bureau d’ingénierie expérimenté (ICR Ingénierie), cette composition a couvert l’ensemble des dimensions techniques du projet (structure, fluides, thermique) avec une vision partagée dès l’origine. C’est cette adéquation entre profils et besoins du projet qui a rendu possible la synergie évoquée ci-dessus, et qui constitue selon nous un gage de réussite pour des opérations de cette nature.

2/ ENVIRONNEMENT / RESSOURCES

Énergie
La stratégie thermique de l’extension repose sur une approche en deux temps. Les murs sont construits en brique alvéolaire, un matériau qui offre d’emblée une résistance thermique significative grâce à sa structure cellulaire. Ce socle performant est complété par une isolation intérieure en fibre de verre à liant végétal, combinant ainsi performance énergétique et exigence environnementale. Cette double enveloppe permet d’atteindre un niveau d’isolation élevé tout en conservant la cohérence constructive et esthétique avec le manoir existant.

Savoir-faire locaux
Le choix des entreprises a été guidé par une logique de circuit court. Un appel d’offres à vocation locale a été organisé, permettant de mobiliser des artisans et entreprises du territoire, porteurs de savoir-faire ancrés dans les pratiques constructives régionales. Cette démarche contribue à l’économie locale, réduit les impacts liés au transport, et favorise une meilleure appropriation du chantier par des acteurs qui connaissent les spécificités climatiques et matérielles du contexte nantais.

Biodiversité
L’extension représente une emprise bâtie de 350 m², mais le projet a été pensé pour restituer et enrichir le capital naturel du site dans sa globalité. Sur l’ensemble du pourtour (manoir existant compris) des arbustes et des parterres de fleurs ont été plantés, créant une ceinture végétale continue. Cette végétalisation remplit un double rôle : augmenter les surfaces perméables favorisant l’infiltration des eaux pluviales, et offrir une diversité d’habitats pour la faune et la flore locales. Le projet dépasse ainsi la simple neutralisation de son impact pour devenir un vecteur de régénération écologique à l’échelle du parc.

Gestion de l’eau
La gestion des eaux pluviales a été traitée comme une composante à part entière du projet. L’ensemble du site privilégie les revêtements perméables (pelouse, graviers, cheminements drainants) limitant au strict nécessaire les surfaces imperméabilisées : seuls un cheminement PMR, deux places de stationnement PMR et la terrasse sont en béton. Le site dispose par ailleurs d’un bassin de rétention qui, initialement ouvert, a dû être enterré pour des raisons réglementaires liées au classement ERP du bâtiment. L’alternative d’un garde-corps a été écartée afin de préserver la qualité des vues sur le parc, un arbitrage qui témoigne d’une attention constante portée à la cohérence entre exigences techniques, sécurité et qualité du lieu.

Biosourcé / Géosourcé
La dimension biosourcée du projet se lit notamment dans la charpente bois, visible depuis l’intérieur au niveau du puits de lumière. Ce parti pris structurel dépasse le simple geste esthétique : le bois est un matériau à bilan carbone favorable, renouvelable, et qui contribue à l’ambiance intérieure du bâtiment. Associé à la brique (matériau géosourcé par excellence) et à l’isolant à liant végétal, l’ensemble de la palette constructive s’inscrit dans une logique cohérente de recours aux ressources naturelles et peu transformées.

Santé
La qualité de l’air intérieur a fait l’objet d’une attention particulière dans le choix des matériaux de finition. L’ensemble des produits utilisés en intérieur sont étiquetés A+, le niveau le plus exigeant en matière d’émissions de composés organiques volatils, et exempts de formaldéhyde. Cette exigence, souvent reléguée au second plan dans les opérations à délai contraint, a ici été maintenue comme un critère non négociable, au bénéfice des usagers et de la qualité d’usage du bâtiment sur le long terme.

Pérennité
Le projet a été conçu pour durer. L’association de la brique, du bois de charpente et des poutres béton constitue une ossature dont la durée de vie structurelle se compte en siècles plutôt qu’en décennies. Ces matériaux éprouvés, robustes et peu sensibles au vieillissement pathologique, garantissent la solidité de l’ouvrage dans le temps. Cette pérennité constructive est aussi une forme de responsabilité environnementale : un bâtiment durable, c’est un bâtiment qui n’aura pas à être démoli et reconstruit, évitant ainsi la consommation de nouvelles ressources.

Réemploi
Le projet n’intègre pas de démarche de réemploi à proprement parler. On notera cependant l’utilisation de gabions, qui, par leur logique même (des pierres brutes contenues dans des structures métalliques), s’inscrivent dans une économie de matière sobre et réversible, à mi-chemin entre le réemploi et la construction géosourcée.

3/ INTEGRATION / ESTHETIQUE

Contexte
Le Manoir de la Boulaie bénéficie d’un écrin naturel d’exception. Implanté au cœur d’une propriété généreusement boisée, le site est dominé par la présence d’un vaste étang qui confère au lieu une atmosphère singulière, entre sérénité et noblesse paysagère. Ce cadre exceptionnel a constitué dès l’origine le point de départ du projet : toute décision architecturale a été pesée à l’aune de ce capital naturel, avec la conviction qu’une extension réussie ne pouvait se concevoir qu’en dialogue constant avec ce paysage, et non en dépit de lui.

Traitement des limites
Les limites de la propriété, déjà établies et chargées d’histoire, ont été respectées dans leur intégralité. Il n’était pas question d’en altérer la logique ni le caractère. Une seule intervention a été menée : la modification du portail d’entrée arrière, rendue nécessaire pour permettre le passage des véhicules de secours incendie, conformément aux exigences réglementaires liées au classement ERP. Cette retouche, dictée par la sécurité, a été traitée avec soin pour rester discrète et ne pas dénaturer la lecture d’ensemble de la propriété.

Détail
Si l’architecture se perçoit d’abord dans sa globalité, c’est souvent dans le détail qu’elle se révèle vraiment. L’intérieur de l’extension en est la démonstration : le travail du plâtre, soigné et maîtrisé, apporte une qualité d’exécution qui élève immédiatement la perception des espaces. Loin d’être un simple revêtement, il constitue un langage architectural à part entière, qui donne au projet son caractère chic et raffiné, en écho au standing du manoir existant. C’est ce niveau d’exigence dans la mise en œuvre qui distingue un projet ordinaire d’un projet mémorable.

Dialogue et harmonie
L’extension s’inscrit dans la continuité du manoir avec une cohérence qui tient autant aux choix matériaux qu’aux proportions et à l’écriture architecturale. Plutôt que de chercher à s’imposer ou à créer une rupture ostentatoire, le parti pris a été celui de l’harmonie : une architecture contemporaine qui respecte l’ADN du bâtiment existant, en reprend les codes essentiels et les réinterprète avec les outils d’aujourd’hui. Le résultat est une continuité fluide entre l’ancien et le nouveau, où l’on perçoit clairement l’identité de chaque époque sans que l’une n’écrase l’autre.

Beauté
L’effet est immédiat dès que l’on pénètre dans l’extension : une sensation d’espace, de lumière et d’ouverture qui saisit le visiteur. Le puits de lumière zénithal inonde le volume intérieur d’une clarté généreuse, que viennent amplifier les grandes baies vitrées offrant des vues continues sur le parc verdoyant et l’étang. Les moulures et le travail de plafond rappellent le soin apporté à l’architecture d’apparat du manoir, tandis que la pénétration de la lumière naturelle crée des jeux d’ombres et de reflets qui animent les espaces au fil de la journée. C’est une architecture qui ose (qui fait le choix de l’audace là où la prudence aurait pu l’emporter) et c’est précisément cette audace qui produit cet effet de surprise et d’émerveillement dès le premier regard.

4/ USAGES / FONCTIONNALTÉS

Mobilité
L’accueil du public a été pensé sans compromis sur la qualité du site. Des places de stationnement engazonnées et gravillonnées ont été aménagées pour recevoir les visiteurs dans des conditions adaptées à un établissement recevant du public, tout en préservant l’intégrité paysagère et environnementale de la propriété. Ces revêtements perméables s’inscrivent pleinement dans la stratégie de gestion des eaux pluviales du projet, et garantissent que l’arrivée sur le site reste une expérience en accord avec le caractère naturel et verdoyant du lieu, sans rupture visuelle ni impact sur les sols.

Entretien
La durabilité d’un bâtiment ne se mesure pas seulement à sa solidité structurelle, mais aussi à la facilité avec laquelle il peut être maintenu dans le temps. La toiture, réalisée en étanchéité bitumineuse, a été choisie pour sa faible exigence en maintenance. Les équipements techniques ont été regroupés en toiture-terrasse, hors de vue, préservant ainsi l’esthétique de l’ensemble. L’accès à ces équipements est assuré par une échelle à crinoline dissimulée sur le sas de l’extension, une solution discrète et fonctionnelle qui permet d’intervenir en toute sécurité sans altérer la lecture architecturale du bâtiment. Chaque détail technique a été pensé pour que la maintenance reste simple, sûre et invisible.

Lien usagers
L’extension a été conçue comme un prolongement naturel et fluide du manoir existant, sans rupture dans l’expérience des usagers. La connexion entre l’ancien bâtiment (qui abrite une cuisine étoilée) et le nouveau se fait par l’intermédiaire d’un sas de liaison. Ce dispositif joue un rôle central dans la qualité d’usage : il fluidifie les circulations entre les deux entités, organise les flux de service et de réception, et assure la continuité fonctionnelle indispensable à l’exploitation d’un établissement de ce niveau d’exigence. Le sas devient ainsi une pièce charnière, humble dans son expression mais déterminante dans la vie quotidienne du lieu.

Évolutivité
Sans qu’un programme évolutif ait été explicitement formulé par la maîtrise d’ouvrage, les choix constructifs retenus (structure poutre béton, charpente bois, grandes travées, hauteurs sous plafond généreuses) confèrent à l’extension une capacité d’adaptation dans le temps. Les espaces peuvent être redistribués, les usages reconfigurés sans contrainte structurelle majeure à l’exception des murs. Sur un site à vocation hôtelière et de restauration, où les besoins fonctionnels évoluent avec les tendances et les standards de la clientèle, cette flexibilité latente constitue une valeur ajoutée réelle pour le propriétaire sur le long terme.

Confort
Le confort des occupants a été abordé dans toutes ses dimensions. Sur le plan lumineux, les grandes baies vitrées et le puits de lumière zénithal garantissent une pénétration généreuse de la lumière naturelle, créant des ambiances intérieures changeantes et vivantes au fil de la journée. Sur le plan thermique, la combinaison brique alvéolaire et isolant à liant végétal assure une enveloppe performante, tandis que le sas de liaison entre l’ancien et le nouveau limite les déperditions aux zones de transition. Sur le plan acoustique, une étude dédiée a été menée en amont, avec un double objectif : prévenir les nuisances sonores pour le voisinage et réduire l’impact sur la faune environnante, une attention rare et témoignant d’une approche globale de la qualité. Le sas contribue également à cet équilibre acoustique en jouant le rôle de tampon entre deux univers sonores distincts, la cuisine professionnelle, les espaces de réception et l’extérieur (voisinage et faune). C’est l’ensemble de ces couches de confort, pensées conjointement, qui produit une architecture véritablement habitable et de qualité.


Label(s) obtenu(s) : Aucun

Informations complémentaires :
RAS

Bureau(x) d’études : ICR Ingenierie
Photographe : @RIOU-louis

Ilot Bs6a

21, 23, 25 rue du Chêne Jaunais, 44300 Nantes

211

Programme

Construction de 67 logements biosourcés, Zac Champ de Manœuvre à Nantes.

Concepteurs

  • THE architectes mandataire

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • NACARAT

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2025

Surface(s)

4 528 m² SDP4 280 m² SHAB

Coûts

8 429 446 € HT - bâtiment 330 000 € HT - VRD et aménagements extérieurs1 969 € / m² shab

Documents

L’opération BS6A répond à l’équation délicate entre des « enjeux environnementaux forts », une insertion respectueuse dans un contexte végétal de haute qualité et des logements majoritairement destinés à des propriétaires-occupants et à du locatif social, vendus à « prix maitrisés ».

Pour cela l’opération intègre une démarche constructive ambitieuse : une structure intérieure en béton poteaux-dalles (dont 2 niveaux en béton bas carbone) et Façades Ossature Bois industrialisées (procédé SYFACE sous ATEX) avec remplissage en ouate de cellulose + doublage complémentaire intérieure en laine de bois. Les façades sont en bardage bois et en bardage Equitone.

L’opération intègre également une chaufferie bois. La chaleur produite sur site, au-delà d’être à faible impact environnementale, est mise à disposition des clients via un fournisseur de chaleur. A l’image d’un réseau de chaleur, la chaleur produite sur site est vendue aux occupants de la résidence via un contrat de fourniture d’énergie fixé sur 18 ans. Une manière de les préserver de la volatilité des prix des énergies.

Adossés à cette conception environnementale, les besoins énergétiques ont également été guidé par l’atteinte de ce haut niveau de performance énergétique. La compacité des bâtiments, associés à la haute performance thermique de l’enveloppe, la position judicieuse des baies, et l’excellente étanchéité à l’air de l’enveloppe, ont permis d’atteindre un besoin bioclimatique inférieur de 30 à 38% par rapport au maximum réglementaire, selon les bâtiments. Le projet atteint le label E3C2 et le niveau 2 en biosourcé.

La grande qualité paysagère du site a dicté la stratégie d’organisation et d’implantation des volumes bâtis. La forme bâtie en plots a été privilégiée afin de minimiser les linéaires et l’emprise au sol. Cette stratégie urbaine, fortement liée au paysage existant, trouve également écho dans le travail d’épannelages différenciés (R+3, R+7, R+9), permettant de diversifier la skyline du quartier et de ménager des vues variées vers le paysage. Le parking du projet est semi enterré afin d’offrir encore plus de place à la nature.

Le projet décline de nombreux principes pour offrir une haute qualité d’usage aux habitants : un socle paysager et accessible, des paliers et circulations communes éclairées naturellement, des logements doublement ou triplement orientés, certains logements sont évolutifs sans modification des gaines (T4 se transformant T2+T1), des cuisines éclairées en premier jour, de grands espaces extérieurs privatifs, dans le parking sont installées deux voitures électriques en autopartage. Sur la dalle paysagère du Rdc, un espace participatif libre, attenant à une placette, est offert aux futurs habitants.


Label(s) obtenu(s) : E3C2
Biosourcé niveau 2

Bureau(x) d’études : Guillaume Sevin Paysages
Photographe : Juan Cardona

Postes de secours

Boulevard des Océanides, 44380 Pornichet

208

Pour ce projet de réhabilitation des postes de secours, nous
venons travailler sur la base de l’existant pour donner une
nouvelle écriture et une nouvelle identité à ces édifices de
bord de mer. Les terrasses en lien avec le remblai sont retravaillé et agrandi pour affirmer la dimension de belvédère sur l’Océan Atlantique. La vigie des secouristes ressort du volume pour accentuer sa reconnaissance de loin en contraste avec le bardage bois teinte sable du reste du corps bâti.
Si l’utilisation du bois renvoi à l’image des constructions provisoires du front de mer, le choix des essences se fait dans une volonté de durabilité. Les platelages et les mains courantes sont en bois exotique, seul capable de résister à cet environnement exigent.
Les bardages sont quant à eux en châtaigner provenant de bois français car naturellement résistant aux environnements humides.
Sur le poste de secours de Poincaré, le gradin qui descend à la plage intègre une rampe PMR qui mène ainsi jusqu’à l’espace handi-plage inclus dans le poste de secours. Cet équipement jusque là inexistant permet un accès à tous les publics à la plage des Libraires.


Informations complémentaires :
Procédure adaptée

Photographe : Juan Cardona