Ecale cendrée

Privée, 44210 Pornic

101

Programme

Réhabilitation lourde d’une maison secondaire

Concepteurs

  • in/Uit architectes

Commune

  • Pornic

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Privée

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2023

Surface(s)

150m2 SDP réhabilitée

Coûts

340 000 €HT (2022)

Documents

Cette maison d’habitation avait la particularité d’être composée d’une adjonction de volumes bâtis se distinguant les uns des autres (niveaux de sols différents en intérieur, orientation différentes ou décalage en toiture, revêtements extérieurs disparates (pierres et enduit)). Cet ensemble tendait à créer un intérieur d’îlot introverti vis à vis de la rue, la maison s’ouvrant sur une large terrasse centrale minérale. Plusieurs espaces extérieurs étaient identifiés sans pour autant être qualifiés : terrasse minérale donnant sur la rue, espace arrière latéral donnant sur l’atelier adjacent, terrasse minérale centrale…

Notre proposition tente de révéler cet assemblage de différents bâtis existants caractéristiques du Pays de Retz, en permettant une distinction plus évidentes des volumes. Ainsi, un nouveau volume bardé de bois brûlé permet de distinguer les volumes anciens de la bâtisse, pour la plupart en pierres apparentes voire partiellement enduit, de l’extension du bâtiment plus récente (années 90). Plusieurs séquences paysagères sont ainsi créées en cœur de parcelle à l’aide de terrasses extérieures bois ou béton et de nouvelles plantations, qualifiant ainsi ces espaces auparavant mal identifiés. Les façades en intérieur de site sont recomposées avec des ouvertures agrandies orientant sur des points de vues privilégiés sur le terrain et le bocage alentours (puits, arbres, paysage vallonné…).
Une pergola vient continuer l’implantation des volumes par «assemblage», se distinguant ainsi volontairement des volumes existants pour mieux les révéler. S’élevant juste au dessus de l’égout de toiture du bâtiment adjacent, tout en régnant avec le faîtage du corps principal de la maison côté rue, elle propose un contrôle varié de l’ensoleillement selon les moments de la journée et vient renforcer la centralité de la terrasse extérieure, tout en séparant la séquence d’entrée de la maison. Le linéaire de façade donnant sur la rue et visible depuis l’espace public reste quant à lui inchangé, simplement rénové afin de préserver le caractère rural de la façade existante.

Une ambition forte d’aborder cette rénovation avec des matériaux biosourcés et écologiques est soutenue par la maîtrise d’ouvrage. Ainsi, l’ensemble de la bâtisse est rénovée avec de la laine de bois, des complexes perspirants et du chaux-chanvre. Des placages bois viennent ponctuer les espaces intérieurs associés à des enduits à la chaux afin de caractériser chaque espace, chaque volume.


Bureau(x) d’études : Abak
Photographe : in/uit architectes

Collège Anne Frank

2 allée Anne Frank, 44800 Saint-Herblain

102

Programme

le nouveau collège Anne Frank de Saint-Herblain a été conçu pour accueillir une capacité maximale de 600 élèves (dont les effectifs de la SEGPA).
À cela s’ajoute l’activité de sa cuisine centrale qui, bien que située dans l’établissement, prépare chaque jour près de 2 000 repas pour nourrir également les élèves d’autres collèges du secteur.
Programme détaillé :
Enseignement : Salles de cours généralistes et spécialisées adaptées, incluant une SEGPA inclusive (pôles Hygiène Alimentation Services et Production Industrielle).
Administration & Vie scolaire : Bureaux administratifs à l’organisation logique, espaces enseignants, CDI et locaux d’accompagnement pédagogique.
Restauration : Une cuisine centrale dimensionnée pour produire 2 000 repas par jour, desservant les élèves et enseignants du site ainsi que les collèges Ernest Renan et Nantes Centre (Vial), avec une réserve de production.
Logements de fonction : 3 appartements indépendants (T4) dotés chacun d’un garage de 18 m² ou d’une place de stationnement aérienne selon les contraintes.
Technique : Locaux dédiés à la maintenance et aux équipements techniques (notamment les centrales de traitement d’air – CTA).

Concepteurs

  • K ARCHITECTURES

Commune

  • Saint-Herblain

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • DÉPARTEMENT DE LOIRE ATLANTIQUE

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2025

Surface(s)

Surfaces : - Pas de rénovation / Uniquement de la construction Surface utile : Collège : 4 936 m2 // Logements (x3) : 282 m2 Surface plancher : Collège : 6 385 m2 // Logements (x3) : 309 m2 Surface parcelle : 12 590 m2 Surfaces extérieures aménagées : 8 577 m2 (dont 217 m2 de préau et 236 m2 de passerelle préau)

Coûts

Coûts : - Coût HT travaux : 16 800 000 € HT - Année de valeur : 2022

Documents

SYNTHESE suivant thèmes du règlement
Collège Anne Frank – Saint-Herblain
1. Insertion urbaine et identité architecturale
• Contexte et Mixité : Implanté en lisière du quartier prioritaire du Grand Bellevue, le collège dépasse sa fonction d’enseignement pour devenir un repère républicain, un vecteur de mixité sociale et un havre protecteur favorisant l’émancipation.
• Limites et Abords : L’entrée s’organise autour d’une grande arche solennelle. Le projet refuse les ruptures brutales ville/collège au profit de filtres successifs, de clôtures et de façades jouant sur les opacités pour préserver l’intimité sans isoler. Le déplacement des sculptures de l’artiste Diem Phung Thi crée un pont mémoriel avec l’ancien établissement Ernest-Renan.
• Esthétique et Détail : La recherche de « beauté » s’incarne dans la cohérence globale du lieu, générant dignité et fierté chez les usagers. Les transparences, la lumière naturelle et l’audace des façades texturées en bois et ardoise brisent l’austérité institutionnelle. Le détail technique (passerelle, façades) est magnifié pour devenir une ornementation utile.
2. Performance environnementale et ressources
• Biodiversité et Eau : La cour de récréation rompt avec le modèle bitumé pour devenir un écosystème dynamique (îlots de fraîcheur, pleine terre, accueil de la faune). Les sols poreux et les noues paysagères permettent l’infiltration directe des eaux de pluie dans la parcelle.
• Énergie et Matière : La conception bioclimatique (compacité, orientation, protections solaires) réduit drastiquement les besoins de chauffage. Le recours massif aux matériaux biosourcés (bois piégeant le carbone) et géosourcés démontre la viabilité d’un grand équipement bas carbone.
• Éthique et Pérennité : Le projet valorise le réemploi (gestion de chantier et patrimoine artistique). L’ardoise garantit la robustesse face au temps et un faible coût de maintenance, tandis que les structures intérieures en cloisons sèches assurent la réconfigurabilité des espaces face aux futures réformes.
3. Fonctionnalité, confort et communauté
• Usages et Mobilité : Co-conçu via une démarche de design de service avec les usagers, le collège s’organise de façon fluide autour de sa cour intérieure, pensée comme une place urbaine. Elle distribue les pôles, simplifie la lisibilité des flux et favorise l’inclusion et la mixité des genres.
• Lien et Confort : Les apports solaires sont optimisés sans éblouissement. Le bois offre une ambiance chaleureuse et acoustique performante. Les zones d’attente et le pôle culturel décloisonnent les fonctions pour tisser des liens étroits entre élèves, enseignants et personnels.
• Entretien : Intégrés dès la conception, les agents de maintenance ont permis d’optimiser la gestion quotidienne : revêtements faciles à nettoyer, réduction des points d’eau superflus en laboratoire et accès direct aux réseaux techniques.
4. Une gouvernance par synergie de compétences
La réussite du collège Anne Frank repose sur la substitution d’un management par contrôle méthodologique des tâches par une véritable synergie de compétences entre K ARCHITECTURES et le Département de Loire-Atlantique.
• Partenariat horizontal : Les chargés d’opération ne se sont pas limités à un rôle de censeurs budgétaires ou de contrôleurs de conformité. Ils ont agi en partenaires, utilisant leur maîtrise des contraintes publiques pour libérer l’audace plastique et environnementale des architectes.
• Confiance et agilité : Ce climat de responsabilité partagée a permis une résolution collective et agile des aléas de chantier, loin des logiques de blâme contractuel. En supprimant les circuits de validation bureaucratiques lourds, l’énergie s’est concentrée sur l’optimisation du bâtiment. Le projet prouve qu’une maîtrise d’ouvrage éclairée, misant sur l’intelligence collective, est la condition sine qua non de la haute qualité architecturale.


Label(s) obtenu(s) : pas de label visé

Informations complémentaires :
– Type de marché : CONCOURS

Bureau(x) d’études : BATISERF, Solab, BMF conseil, Zephyr paysage, MBA, AIA management, BEGC cuisines
Photographe : Guillaume Amat

Micro-Biotopes

Privée, 44330 La Chapelle-Heulin

111

Micro-Biotopes est l’histoire d’une grange située en second rideau d’une rue principale, délaissée dans sa fonction initiale et envisagée pour être converti en habitat individuel. L’édifice existant présente peu d’ouvertures, enclavé entre des limites de propriété bâtis qui n’autorise que peu de frangements, et sa surface au sol est trop conséquente au regard de l’économie du projet. Afin de proposer un habitat avec des proportions maîtrisées et des consommations adaptées, seule une partie au centre de cette grange existante est exploitée en espace isolé et chauffé. Autour d’elle gravite une diversité de biotopes retrouvés. À chaque orientation, quatre espèces d’espaces extérieurs aux typologies et aux ambiances singulières entrent intensément en relation avec l’habitat. Des pignons bois neufs très ouverts sont insérés à l’intérieur du volume bâti pour engendrer des apports généreux de lumière naturelle et des patios aux micro-paysages soignés. A la demande de la maîtrise d’ouvrage de voir les murs en pierre depuis l’intérieur de l’habitat, les patios sont une solution permettant une proximité de la pierre en extérieur mise en valeur tout en gérant une correction thermique pour les volumes chauffés. Une surélévation bois partielle au-dessus des volumes chauffés permet également de nouvelles ouvertures.
Une compacité d’un point de vue thermique est recherchée en « creusant » dans le volume existant, conjuguée à une emprise au sol négative au bénéfice des patios plantés. Le soin apporté à ce patrimoine ordinaire et au respect de ses caractéristiques est une approche environnementale en soi, avec un minimum d’éléments évacués et un maximum de réemploi et de préservation. L’habitat est traversant sur ses 4 orientations, favorisant une ventilation naturelle adéquate. Le confort d’été est assuré par l’action des murs existants et de l’exposition au soleil réduite des grands ensembles menuisés. Le projet recourt à de multiples techniques adaptées en lien avec l’existant, avec en particulier une démarche de réemploi franche et massive : l’entièreté de la couverture en fibro-ciment non amiantée a été soigneusement déposée pour être observée, nettoyée et intégralement réemployée en couverture et en bardage de l’ensemble du projet. La méthodologie convoquée pour ce réemploi nécessite une proximité forte entre l’architecte et l’artisan pour anticiper les contraintes techniques et traiter les points singuliers. Une correction thermique terre/chanvre de 80mm est appliquée sur les murs en pierre existants, les enduits de finition terre/sable sur 20mm formant étanchéité à l’air. Un aérogommage est réalisé pour nettoyer précisément et mettre en valeur les éléments de charpente bois laissés apparents, cette dernière étant isolée par sarking. L’ensemble des murs et charpente neufs, compris doublages et cloisons, sont en structure epicea, finition contreplaqué peuplier.
En travaillant à partir d’une emprise au sol négative, cet habitat agit comme une articulation au centre de diverses ambiances lumineuses et paysagères, et invite à vivre dans un environnement à la fois intime et serein.

ENVIR. : Structure neuve bois, Isolation laine de bois (complexes neufs + sarking) et correction thermique terre/chanvre (murs existants), finition terre/sable, doublage cp peuplier, poêle bois, aucune emprise au sol créée, réemploi fibrociment en bardage et couverture, mise en valeur de l’existant
ARTISANS : AtlanticRenov (Maçonnerie Gros Oeuvre) | Menuiserie des Deux Rives (Charpente Ossature Bois, Isolation,
Etanchéités, Menuiseries extérieures, Doublage Bois) | IDCouverture (Bardage et Couverture fibrociment en réemploi) | AC2S
(2nd œuvre) | PPAérogommage (aérogom.) | NG Électricité (Electricité, ventilation, chauffage) | Clavier-Vautrin (Plomberie)


Informations complémentaires :
mission complète

Photographe : François Massin Castan

Bianca

Privée, 44200 Nantes

100

Programme

Surélévation d’une habitation existante

Concepteurs

  • in/Uit architectes

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Privée

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2024

Surface(s)

168 m2 SDP dont 53.91m2 de surélévation

Coûts

225 000€HT

Documents

Cette surélévation prend place sur une maison construite après-guerre qui arborait initialement une toiture terrasse et un système constructif original de poteaux/poutre avec des murs préfabriqués en béton intégrant une isolation en fibre végétale (roseaux…). D’importants travaux dans les années 80 ont fait disparaître cette architecture de la reconstruction, aux accents modernes pour se « fondre » davantage dans une esthétique Sud-Loire souhaitée par les propriétaires d’alors : l’ajout d’une charpente en fermette et d’une toiture tuile, sans apport de volume habitable, ont fini de camoufler la résidence.
Notre proposition de surélévation tente de surélever sans nier l’existant :
– mettre en valeur le volume initial, l’horizontalité du rez-de-chaussée est ainsi accompagnée par un bardage à clair-voie horizontal,
– la composition de façade sur rue restée en place au fil des années est prolongée à l’étage,
– retrouver la teinte blanche initial du bâti autour d’un projet monochrome créant une homogénéité des teintes pour mettre en valeur les reliefs de matières.
Les pentes de toitures du nouveau volume trouvent un écho dans la toiture en pente adjacente, l’inscription dans l’environnement se veut discrète. Le projet permet néanmoins de doubler le volume habitable pour répondre aux usages actuels et futurs de la famille. Il s’accompagne d’une orientation bioclimatique affirmée soutenue par la maîtrise d’ouvrage, ainsi des matériaux bio-sourcés sont mis en œuvre (structure bois, isolation bois, complexe perspirant) et une rénovation globale du bâti est pensé au travers d’un renforcement de l’isolation existante (ITE et ITI), d’un renouvellement du système de chauffage et de ventilation.


Bureau(x) d’études : PLBI, TyEco2
Photographe : in/uit architectes

Aménagement du secteur Gare

Rue de la gare, 44530 Sévérac

124

Programme

Requalification du quartier gare avec le traitement de l’entrée Est, de l’adaptation du flux de circulation, de l’aménagement du parvis de la gare, du réaménagement des places de stationnements et de la végétalisation et perméabilisation des espaces publics.

Concepteurs

  • UNIVERS Paysagiste Mandataire

Commune

  • Sévérac

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Mairie de Sévérac

Thèmes

  • Aménagement

Année de réalisation

2022

Surface(s)

14 800 m²

Coûts

Terrassement-Voirie-Assainissement ------------- 878 730,00 € HTRéseaux souples --------------------------------------------- 10 300,00€ HTAménagements Paysagers et Mobiliers --------- 114 950,00€ HT

LA COMMANDE PUBLIQUE

En coopération avec le CAUE 44, la commune de Sévérac a engagé en 2019, une réflexion globale à l’échelle du bourg et des villages et a souhaité construire un plan références et des fiches actions pour les aménagements à prévoir dans les années futures.
Ces échanges Mairie-CAUE ont été prolongés par une consultation qui a abouti au choix de notre agence d’urbanisme et de paysage.
Nous, UNIVERS, Paysagistes et Urbanistes avons été comme très souvent mandataires d’une équipe restreinte et nous avons pu travailler pendant quelques années au devenir de Sévérac pour construire ensemble un projet ambitieux, réaliste et supportable pour une commune de 1 700 habitants.

La concertation a été faite pendant toute la durée d’élaboration du plan guide avec notamment la mise en place d’ateliers thématiques mis en œuvre pour échanger avec les habitants.
Ces nombreux échanges ont abouti à une réunion publique de présentation des objectifs, des orientations urbaines et des aménagements 2020-2030.
Nous avons milité pour un dialogue et une synergie constante entre la collectivité et notre agence pour être au plus près de leurs objectifs et à l’écoute de leurs attentes.
Cette concertation s’est poursuivie pendant l’élaboration du projet de maîtrise d’Œuvre opérationnelle Quartier de la Gare avec échanges et réunion publique.

Le premier projet opérationnel issu du plan guide à être mise en œuvre a été celui du Secteur Gare.
Le projet qui comprend l’entrée Est et Sud-est de la l‘agglomération, la Rue de la Gare, le chemin du Kaolin et le parvis de la halte ferroviaire a porté de nombreux objectifs :
• Développer des liaisons piétonnes vers la salle de fêtes et vers le bourg,
• Améliorer le parcours des bus et mettre en place des arrêts normés et sécurisés pour tous les usagers,
• Installer une signalétique pour développer la visibilité de la gare,
• Préserver la capacité en stationnement automobile proche de la gare et permettre la mutualisation du parking,
• Sécuriser le carrefour de la Gare et la traversée des voies ferrées,
• Végétaliser qualitativement tous les espaces possibles (arbres de haute-tige et arbustes),
• Reprendre le plan de circulation avec la possibilité de travailler sur des sens uniques.

L’ENVIRONNEMENT ET LES RESSOURCES

Le projet a été conçu et s’est construit dans un intérêt environnemental.
Pour cette raison, nous apprécions être mandataire de nos équipes de maîtrise d’Œuvre car nous estimons en tant que paysagiste avoir une sensibilité plus grande à la gestion de la ressource (et notamment les eaux pluviales), à la biodiversité, à la gestion du patrimoine arboré existant…
Aussi, les principes d’aménagement (désimperméabilisation et végétalisation) et les matériaux ont été choisis dans cette optique partagée avec la collectivité et notre BE VRD :
• Réduction de largeur de voie avec changement de régime de circulation (sens unique) pour donner plus d’espace aux espaces verts,
• Choix d’un matériau perméable sur tous les espaces de stationnement,
• Choix de matériaux pérennes (granit, béton…),
• Maintien et protection des arbres existants avec mise à distance pendant le chantier…

Les essences végétales arborées et arbustives ont d’abord été choisies pour s’approcher de la palette endogène. Erables, merisiers à grappes, frênes et sorbiers sont des essences qui ont été plantées pour compléter le patrimoine arboré existant.

L’INTÉGRATION ET L’ESTHÉTIQUE

Dans un contexte où la halte ferroviaire devient un véritable lieu d’échange multimodal, l’accessibilité est un élément essentiel à son bon fonctionnement.
Ces lieux dégradés devaient également mutés en espaces où chaque usager s’y rend en sécurité dans un environnement agréable, esthétique, paysager…
Outre la fonctionnalité retrouvée des espaces publics, nous avons largement planté notre périmètre d’études avec 32 nouveaux arbres.
L’interface entre faisceau ferroviaire et espaces publics a également été reprise pour construire une limite de qualité avec les voies ferrées (recherche de perméabilité, travail sur les hauteurs, les couleurs, les ouvertures/fermetures…).

LES USAGES ET LES FONCTIONNALITÉS

Lieu d’accueil, lieu de passage ou lieu d’échanges, les abords d’une gare ou d’une halte ferroviaire sont toujours des espaces où les modes de mobilité se rejoignent.
Aussi, par la mise en place d’un mobilier spécifique, le cycliste peut garer son vélo à l’abri et en toute sécurité.

Le contexte de développement des mobilités alternatives à l’automobile a engendré des changements et des attentes différentes dans les pratiques de déplacements des habitants, qui ont amené à revoir la réflexion globale et ainsi, mieux prendre en compte la question des déplacements doux à l’échelle du centre-bourg et des hameaux à proximité.
De plus, une augmentation de la fréquence des arrêts de trains à Sévérac a rendu ce mode de déplacement plus attractif et le secteur de la gare plus fréquenté, ce qui a nécessité une meilleure accessibilité du secteur Gare et une requalification des espaces publics.

Outre la place du vélo qui a été repensé par la mise en place d’une voie dédiée et sécurisée le long de la route départementale, le piéton n’a pas été oublié.
Aussi, en toute sécurité les usagers du train peuvent aujourd’hui se déplacer vers la gare sur de vrais trottoirs matérialisés et parfois ombragés.
Le parvis devient même un lieu d’attente confortable, sécurisé et également ombragé par la plantation de 4 arbres tige où des mobiliers d’assises ont été installés pour prolonger les liens usagers.
Ce lieu de qualité devient lieu de mixité d’usage entre ceux qui attendent un mode de déplacement (train, automobile ou car) et ceux qui s’approprient cet espace comme lieu festif, point de rencontre ou lieu d’échange.

Pour terminer la présentation de cet ambitieux projet, l’inauguration a été célébrée le 1er septembre 2023 en présence de la Région, du Département, des politiques locaux, des élus de Sévérac et de sa population.


Informations complémentaires :
– Subventions régionales pour la mobilités,
– Subvention DETR,
– Marché et procédure adaptés

Bureau(x) d’études : ABEIL (VRD)
Photographe : @univers

Groupe scolaire Alice Milliat

Rue des Bourdonnières, 44200 Nantes

101

Programme

Construction de l'Ecole Alice Milliat - Nantes Sud, démontable et réutilisable, comprenant 3 classes maternelles, 5 classes élémentaires, une salle polyvalente, un accueil périscolaire, un restaurant scolaire, des locaux administratifs et techniques. Réalisation du paysage et aménagements extérieurs : parvis d’entrée commun, locaux vélos et deux cours végétalisées type ""Oasis"" avec leurs préaux."

Concepteurs

  • Architecte : forma6
  • Fabriquant - constructeur TCE et mandataire : OBM Construction
  • Paysagiste : IDSpace

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Ville de Nantes

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2024

Surface(s)

Surface plancher : 2 315 m² Surface m² cours et espaces extérieur de jeux : 1 465 m² cours + espaces extérieurs (préau et rangements) Cour maternelle : 586 m² Cour élémentaire : 879 m²

Coûts

Coût travaux : 6 848 097 € / Année valeur 2024 Terrassements généraux et dépollution : 129 348€ VRD : 422 397€ Espaces verts et jeux : 79 092€ Clôtures : 97 444€

Documents

Notre projet s’est promis de « réenchanter le site ».
Dans un environnement faisant la part belle à la voiture et aux grands volumes bâtis, la référence architecturale du projet à la maisonnette participe du jeu de l’échelle, du vocabulaire de l’enfant, de l’appropriation individuelle et de l’imaginaire collectif.
En vis-à-vis de la rude opacité du mur de clôture des logements en R+3, la clôture de l’école sur le cheminement doux compose une limite courtoise, ludique et animée. La clôture bois est ponctuée d’un ensemble de maisonnettes : symbole iconique de la maison à toit telle que les enfants se la représentent. Ces petites maisons rythment la venelle jusqu’au parvis de l’école et apportent une taille humaine et une référence domestique au cheminement. A l’image des cabanes de plages ou de jardin, elles servent d’assises, de support de signalétique, d’information, de préau, d’abri vélos et autres rangements.
Le bâtiment principal participe de la même référence architecturale. Habillé de bois, son volume unique et compact s’échancre au dernier niveau côté venelle pour favoriser les ensoleillements. Des maisonnettes techniques s’y implantent en dialogue avec les maisonnettes-clôture.
Sa conception en bois avec des murs et plafonds préfabriqués a permis d’accélérer la construction tout en réduisant les nuisances sonores dues au chantier. La structure se compose d’une construction de métal et de bois, avec des armatures de façade en bois préfabriquées pouvant supporter des revêtements indépendants. Du bois de Douglas a été utilisé pour la construction et du bois de sapin traité et pré-grisé pour la façade. Les murs en bois, ainsi que les cloisons intermédiaires, éléments de plafonds et escaliers en bois lamellé croisé (CLT), ont été préfabriqués et montés sur place. Des panneaux de fibres de bois et des plaques d’isolation à base de coton recyclé assurent une bonne isolation énergétique et acoustique, permettent une isolation parfaite du boulevard de Vendée très fréquenté à proximité.
L’économie circulaire a été aussi au cœur du projet. La démarche de réemploi s’est étendue à 8 lots distincts, couvrant ll’ensemble du bâtiment avec des matériaux réemployés.
– Espaces extérieurs : bancs, corbeilles, points vélo, platelages cumaru, voliges padouk, récupérateurs d’eaux
– Second œuvre : dalles faux-plafond, portes, cloisons HPL, panneaux acoustiques, faïence, carrelage
– Équipements : luminaires, blocs BAES/SATI, appareils sanitaires complets, tableaux, miroirs, patères
Enfin, grâce à ses cours intérieures de conception ludique et sans asphalte, avec des pelouses et des sols en copeaux de bois ainsi que des espaces extérieurs polyvalents, l’école est parfaitement adaptée aux enfants et promeut l’inclusion.


Label(s) obtenu(s) : Niveau biosourcé 3 — Projet RE 2020

Informations complémentaires :
Marché global de performance

Bureau(x) d’études : BET Fluides, thermique et SSI : Edeis, BET Expertise réemploi : Remix, BET Acoustique : Gantha, BET Restauration collective : Atec Ingenierie, BET Géotechnique, pollution de sol et radon : Fondasol, Entretien / maintenance : Engie Energie Services et Engie Solutions
Photographe : Juan CARDONA

Pool-House

Privée, 44000 Nantes

119

Programme

Construction neuve d'un pool-house et d'une piscine

Concepteurs

  • 1 - BERRANGER & VINCENT Architectes

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Maîtrise d'ouvrage privée

Thèmes

  • Aménagement
  • Architecture

Année de réalisation

2023

Surface(s)

Cabanon : 37 m2

Coûts

NC

Après la rénovation de la maison des propriétaires par l’agence, une réflexion globale est engagée autour de la requalification du jardin avec l’idée d’une piscine et d’un cabanon. Cette nouvelle programmation est alors l’opportunité d’une recomposition du jardin, repensé comme un paysage habité, structuré par une succession de séquences, de vues et d’usages complémentaires.
Dans cette nouvelle composition paysagère, nous avons imaginé, en concertation avec le maître d’ouvrage, un volume implanté en fond de parcelle, venant accompagner la piscine tout en structurant l’ensemble du jardin.
La piscine en béton coulé sur place s’implante dans le prolongement d’un mur en pierre existant, et dialogue directement avec les pièces de vie de la maison. Le cabanon de départ devient un pool-house, conçu comme un studio autonome. Il se compose d’une chambre d’appoint, une salle d’eau et d’une cuisine.
Dans une écriture sobre inspirée des constructions vernaculaires de jardin, le bâtiment est réalisé tout en bois avec un bardage en châtaignier noirci et une couverture en tôle ondulée noire. Les espaces intérieurs conçus en contreplaqué de bouleau, définissent une atmosphère chaleureuse et épurée. Une généreuse baie vitrée d’angle prolonge les espaces vers le jardin et ouvre largement les vues sur le nouveau paysage.


Photographe : François Dantart

Maison W

Privée, 44240 Nantes

113

Programme

Maison individuelle

Concepteurs

  • Camille Vassor Architecte

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Annick Brohan

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2024

Surface(s)

129m² surface de plancher, 105m² surface habitable, 136m² surface utile avec cellier et carport, 660m² surface d'aménagement de terrain

Coûts

Travaux bâtiment : 288 400 €HT (2023)Architecte et bureaux d'étude : 36 100 €HT (2023)Aménagement de surface et réseaux : 21 000 €HT (2023)Voirie et réseaux divers : 7600 €HT (2023)Plantation : 4000 €HT (2023)

Documents

Située non loin de l’Erdre, la parcelle du projet est issue d’une division parcellaire. La maître d’ouvrage souhaitait laisser sa maison familiale et son grand potager qui demande un entretien et un coût de chauffage beaucoup trop important. La revente de la maison et la division parcellaire sera l’occasion de concevoir une maison et un potager plus petits où tout est à portée de main. Une performance énergétique avec l’utilisation de matériaux bio-sourcés est une volonté du maître d’ouvrage autant que celle du maître d’œuvre.

Les fonctions essentielles de la maison sont au rez de chaussée. Un demi-étage est utilisé occasionnellement pour recevoir famille et amis. La pièce de vie principale s’ouvre au sud sur le jardin et le potager. Un banc court à la base de grandes baies fixes cernant la salle à manger et le salon. Cet espace peut-être totalement fermé des espaces de distribution, des pièces de nuit et d’eau pour limiter la propagation du bruit. Chaque espace de la maison hormis le local technique bénéficie de lumière naturelle.
Des poteaux en forme de W soutiennent la toiture fine du carport en monopente répondant à celle de l’espace de vie élancée par son débord. La teinte de la maison est claire pour minimiser les surchauffes en été avec une couverture en zinc naturel, un bardage en douglas avec saturateur blanc et des menuiseries mixte bois aluminium de teinte blanche. L’aspect blanc des murs extérieures et l’utilisation du zinc correspondent à la demande de l’Architecte des Bâtiments de France pour une meilleur intégration paysagère.
 
La maison a été conçue de façon compacte pour garder un équilibre entre un apport passif en chauffage et une déperdition de chaleur due aux grandes baies. Les baies au sud sont protégées par des brises soleil orientables pour éviter les surchauffes aux mi-saisons et d’un débord de toiture pour se protéger du soleil en été et de la pluie pour toutes saisons. Un store banne complète pour recouvrir la terrasse en bois. Les matériaux sont bio-sourcés et ré-employables comme la terre crue. Une cuve de récupération d’eaux pluviales alimente en eau les toilettes et le jardin potager. Une tranchée d’infiltration des eaux pluviales a été mis en œuvre à la demande de la commune.
 
La maison respecte la réglementation énergétique 2020. Deux murs en briques de terre crue régulent en partie l’hygrométrie et apportent de l’inertie à la maison. Les réseaux intérieurs et extérieurs ont été optimisés. Une chape sèche recouvre le plancher de l’étage pour apporter de l’inertie. Le système de chauffage est un plancher chauffant au rez-de chaussée alimenté par une pompe à chaleur air-eau. Une autre possibilité de chauffage est prévue avec une attente en toiture et au sol pour un poêle à bois ou pellet. Deux panneaux photovoltaïques apportent de l’énergie directe le jour. Ce dernier dispositif a été ajouté à la demande du thermicien pour palier le manque de souplesse du logiciel « réglementation énergétique 2020 ». Le volume du demi étage pénalise l’ensemble du calcul.


Label(s) obtenu(s) : RE2020

Bureau(x) d’études : Airéo Energies, Safran Charpente Bois
Photographe : ©Vassor-Camille

EHPAD Clisson

21 rue du Prieuré, 44190 Clisson

108

Programme

Restructuration et extension de l'EHPAD de Clisson situé dans un site classé Bâtiment existant : 55 lits EHPAD "Résidence Jacques Bertrand" (dont 14 lits UPAD) Extension : 20 logements Résidence Autonomie "Simone Veil" (Rez-de-chaussée) + 24 lits EHPAD "Résidence Jacques Bertrand" (premier étage)

Concepteurs

  • 1 - BERRANGER & VINCENT Architectes

Commune

  • Clisson

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • CCAS Clisson

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2025

Surface(s)

Shab : 3 232 m² dont extension : 1714,30 m² (1404,40 m² hors circulations) SP : 4226 m² dont extension : 1852,10 m²

Coûts

Extension : 4 439 000 € HT

Documents

L’extension de l’EHPAD apporte une lisibilité au regard d’un contexte urbain décousu. L’installation et la volumétrie du bâtiment apportent une évidence de rapport d’échelle, et ouvre l’EHPAD vers la ville. Le volume vient épouser la forme de la parcelle, en prenant soin de maintenir un cône de vue en direction de la Chapelle classée et se connecte au bâtiment existant en créant un patio commun à tous les résidents.
Le nouvel équipement donne l’image d’une architecture simple, légère et contemporaine. Il est revêtu de bardage bois pré-grisé qui dialogue avec le patrimoine existant de Clisson. Le bardage à clins est agrémenté d’une grande structure tramée verticalement afin d’alléger la lecture du volume. La structure de l’extension est conçue en béton associé à un « manteau isolant » traité en ossature bois et isolé en laine de bois. Le parti pris structurel répond aux contraintes programmatiques de la maîtrise d’ouvrage : réversibilité des espaces, chantier propre et peu bruyant (résidents fragilisés) ainsi qu’à l’ambition d’un projet environnemental.
Concernant les ambiances intérieures, un travail collaboratif avec le maître d’ouvrage a été mené pour les chambres : matériaux, couleurs et ergonomie du mobilier. Haut lieu de sociabilité, le nouvel équipement dispose d’espaces d’échanges : salons, patio et jardins. Autant d’espaces co-conçus avec le maître d’ouvrage afin d’éviter le vocabulaire du milieu hospitalier.


Informations complémentaires :
Concours

Bureau(x) d’études : Ictec (Economie), Als (BET Structure), Solab (BET Fluides-Thermique), Acoustibel (BET Acoustique)
Photographe : François Dantart

Création d’une place et d’un square, quartier Collines du Cens

boulevard Schuman (appelé Route de Rennes) et rue Pierre Yvernogeau, 44300 Nantes

107

Programme

Dans le cadre du renouvellement urbain et de la densification du bâti du quartier « Collines du Cens » , reconversion de voiries en espaces publics apaisés et création d’une centralité de quartier. Aménagement des trottoirs au pied des nouveau bâtiments mixtes habitat/social/commerces/équipements. Transformation d’un double giratoire en carrefour à feux et station verrou pour le Chronobus, intégration des cycles par une voie magistrale. Square clôturé avec aire de jeux, verger, jardin de fleuriste, fontaine à boire, meridiennes, terrain de pétanque. Parvis de l’école (niveau AVP).

Concepteurs

  • atelier Campo
  • mandataire
  • Paysagiste concepteur

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Nantes Métropole pôle Nantes Centralité
  • Unité Aménagements Espace Public Philippe BELLIOT chargé de Projets

Thèmes

  • Aménagement

Année de réalisation

2025

Surface(s)

TOTAL: 16 270 m²square: 1500 m²

Coûts

Plan guide: 3 millions € HTTranche 1: 1,9 million € HT

Documents

Bilan surface désimperméabilisée : augmentation de 50%
Bilan arbres : nombre d’arbres doublé (60 conservés, 60 ajoutés = 120 au total)
Nombre de places de stationnement voitures divisé par 2 (total = 38)
Nombre de places de stationnement vélos doublé (total = 44)
Bilan réemploi : 74% d’énergie économisée, 39 % de GES économisés (d’après Nantes Métropole, calculateur SEVE-TP)

Cette mission au long cours s’est déroulée sur 6 ans, avec un premier plan guide en 2019-2020 puis une maitrise d’œuvre pour la réalisation d’une première tranche de travaux livrée fin 2025, représentant la partie principale du plan guide. Pour opérer cette requalification, les intentions de projet sont riches :
• Rendre plus urbain le boulevard pénétrant de la « route » de Vannes, artère majeure qui supporte un trafic très intense (20 000 véhicules jours), en apaisant la vitesse, en réduisant la place de la voirie au bénéfice des traversées piétonnes et en aménagent un axe magistral pour les cycles.
• Dans le quartier, favoriser l’espace des déplacements actifs, dont les piétons en priorité.
• Desservir les commerces qui animeront la place, soigner l’image d’entrée d’un quartier redynamisé.
• Valoriser le patrimoine arboré, qui fait l’identité du quartier, et mettre en scène la liaison vers la vallée de la Chézine branche de l’Etoile Verte nantaise.
• Améliorer la desserte des écoles pour s’inscrire dans les nouveaux plans sanitaires et de sécurité.
• Aménager en lieu et place d’un parking un square de proximité avec des jeux d’enfants et des assises ombragées pour se retrouver.

L’origine du projet :
Le contexte social de ce renouvellement urbain était tendu, car les habitants percevaient la densification comme une perte de qualité pour leur quartier. En effet, les espaces verts résiduels de cette ancienne bretelle de voie rapide étaient occupés temporairement par un petit skateparc (peu fréquenté) et de grands arbres plantés dans les années 1980. La polarité commerciale d’origine (bar-tabac, boulangerie, pharmacie…), peu fonctionnelle et vieillissante, avait le mérite d’exister.
Les larges voies de l’ancienne bretelle étaient converties en parking public qui, de par sa proximité avec l’axe d’entrée de ville, était accaparé par des voitures ventouses et du stationnement relai. L’offre de places était bien supérieure au besoin (définit par une étude de stationnement). Ce parking était aussi le théatre de mésusages nocturnes. Malgré cela, les habitants percevaient ce parking comme une nécesité pour la vie des commerces et un plus pour leur quartier.
Le PLUM ayant débloqué la constructibilité des abords des axes structurants, une OAP ciblée sur le quartier a réduit les emprises routières à un gabarit de rue et dégagé deux grandes parcelles constructibles. Deux opérations immobilières mixtes successives ont transformé le quartier en vaste chantier pendant plusieurs années. Cette densification constituait une amélioration en terme de fonctionnalités : les rez-de-chaussée commerciaux sont devenus lisibles depuis le boulevard, la mairie annexe est rénovée et ses locaux modernisés et adaptés aux usages, le cabinet médical est accessible aux PMR, les commerçants et habitants on gagné leurs places de stationnement dédiées dans les parkings aux sous-sols des immeubles.
Malgré toutes ces améliorations à la clé, la population ressentait un ras-le-bol des travaux et campait sur des positions conservatistes, craignant par la perte de stationnements, la perte d’attractivité du quartier….
La concertation et le plan guide
Dans le nouvel esprit participatif nantais, qui envisage l’aménagement des espaces publics par la concertation en priorité, ce quartier Schuman en général et la rue Yvernogeau en particulier, ont fait l’objet d’un plan guide co-construit avec les habitants et usagers, invités plus largement que les seuls riverains du périmètre de projet. C’est dans ce contexte que l’agence SCOPIC (communication et concertation) emporte la mission de plan guide, accompagnée de l’atelier Campo (conception du plan guide) et CERAMIDE pour la partie technique et économique. Le trinômee vient prolonger une démarche participative au long court, dans la suite d’un Plan Paysage et Patrimoine réalisé sur le quartier quelques années auparavant par Nantes Métropole (réalisation : agence MAP).
Le diagnostic participatif a été un succès. Organisé sous forme d’une permanence avec un stand sur place et une première marche organisée en fin de semaine et fin de journée, il a permis de mobiliser à la fois actifs, retraités, parents, enfants. Les commerçants, l’école et le collège proche ont été concertés dans une démarche parallèle, plus ciblée, pour prendre en compte leurs besoins spécifiques.
Par la suite, un cycle de trois ateliers de co-conception organisés en petits groupes a fait ressortir les besoins de la vie de quartier : en premier lieu, des espaces libres pour se retrouver et faire vivre le lien social et la convivialité. Ensuite, la réduction de la vitesse, favorisée par le gabarit de voie rapide, l’amélioration de traversée du boulevard (20 000 véhicules/jours !), la connexion avec la vallée du Cens toute proche (Plan Paysage) et une offre de jeux et d’espace vert de proximité à l’échelle du quartier.
Nantes métropole a ajouté à cette programmation habitante les politiques publiques qui visent à : rendre la rue à tous, piétons et personnes âgées en priorité, mettre le parvis de l’école aux normes d’apaisement et de Vigipirate, l’intégration des cycles, la désimperméabilisation, l’agradation de la canopée pour diminuer l’effet d’ilot de chaleur (très marqué ici à cause des voiries surdimensionnées), la gestion des livreurs à vélo et scooters, l’inclusion de sanitaires publiques, la prévention situationnelle pour rendre le quartier plus inclusif, en particulier la nuit.
Campo a rajouté une ambition à cela en proposant d’exploiter le gisement d’enrobé routier pour envisager un projet de réemploi ambitieux.
En cours de mission, la crise sanitaire du Covid a chamboulé l’organisation des ces ateliers. Scopic a du mettre en place un nouveau format de mise en partage à distance. Campo a enregistré une vidéo de présentation du plan guide, diffusée aux participants, qui se sont réunis en une grande visio-conférence (pour la première fois pour nombre d’entre eux !) pour faire leurs retours sur les propositions.
La démarche a abouti à un plan guide largement illustré et un rapport de concertation, qui ont été présentés en réunion publique et exposé en mairie annexe.
La mission d’étude
Campo a par la suite emporté la mission de maitrise d’œuvre entant que mandataire avec Céramide et Iprocia (mission base + ACI + SYN). Campo a assuré la mission d’Assistance à la Consultation et l’Information du public. L’équipe a été retenue pour son ouverture à la concertation et sa précision sur le réemploi.
La phase étude a débuté avec la concertation d’un panel d’habitants, qui a pu donner son avis sur l’esquisse globale. Le travail de co-conception s’est approfondi sur la partie square, avec la production de scénarios détaillés et d’une esquisse de synthèse. Les participants ont pu réaliser leurs propres maquettes d’intention de projet par groupes, avec du matériel fabriqué par Campo. Les scénarios ont été partagés et le projet s’est affiné, jusqu’à faire consensus. Campo a ensuite réalisé une implantation du projet directement sur place avec des tracés à la craie sur le sol du parking libéré pour l’occasion, que les participants ont pu arpenter lors de la seconde visite de site.
Le projet
Dans le contexte de densification urbaine précédemment décrit, le projet se définit comme une extension de l’urbanité de centre-ville, qui atteint maintenant ce quartier jusqu’ici resté périphérique, avec des espaces libres spacieux mais sous-exploités. L’espace restant a vocation à devenir la « place du village », qui jusqu’alors faisait défaut. Le projet doit créer l’agora ou se retrouver au quotidien et où organiser les événements qui rythmeront la nouvelle vie de quartier. C’est aussi la ville du quart d’heure qui se réalise, avec un ensemble d’aménités à proximité des lieux d’habitat. La réduction des emprises routières et la conversion de la route en boulevard urbain, plus favorable à la marche, au vélo et au bus, est aussi un moyen pour relocaliser la vie de quartier et diminuer les nuisances du trafic (les habitants se disaient très impactés par l’engorgement de la route de Rennes.
Le boulevard
L’apaisement du boulevard est l’action première dont découle la redéfinition du quartier. L’emprise routière qu’occupait un double giratoire impossible à franchir par les modes actifs, a cédé la place à un carrefour à feu optimisé, qui libère l’espace nécessaire à la création d’une station verrou pour le Chronobus. La traversée en deux temps en traversant un large ilot central arboré, est facilitée, en plus des feux tricolores. Ce terre-plein central joue le rôle de verrou (empêche de doubler un bus à l’arrêt) et casse la vitesse des voitures. L’espace public est hautement qualifié avec la mise en œuvre par Eurovia de massives bordures en granit, d’asphalte et de mobilier identitaire de la centralité nantaise.
La place
Elle est composée de trois fragments que forment la grande place, le parvis de la mairie et l’entrée de la rue Yvernogeau, tous trois unifiés par un revêtement de sol continu. Les piétons sont protégés de la voirie par des potelets (pas de bordures), des massifs arbustifs et des rangées de stationnements en long (zone bleue). La place forme un grand tapis de pierre, cadré sur la façade classique de l’ancienne mairie. L’esplanade est globalement dégagée pour accueillir les animations, simplement ponctuée d’arbres d’ombrages existants ou plantés, dont le pied émerge de pavés enherbés. Des massifs périphériques, plus touffus, préservent du bruyant boulevard. Le calepinage très travaillé, mêmlant trois teintes de pierres différentes et dessinant un motif de lignes de largeurs variables, parfaitement posées par les compagnons paveurs, met en valeur le cadre urbain d’exception de la place.

Le square
Ce nouveau lieu de convivialité s’inscrit dans la continuité de l’allée aux cèdres (Nouvelles Hébrides), qui remonte depuis la vallée du Cens. Il se situe à la croisée des parcours vers l’école et le chemin du Petit-Port, vers le Cens, vers les commerces et la station de Chronobus. Le square accueil une promenade et une croisée élargies, agrémentée de bancs où s’asseoir pour se rencontrer. La grande aire de jeux, le carré du fleuriste / potager, le solarium, la fontaine à boire et le terrain de pétanque, offrent diverses possibilités d’usage et d’appropriation. Le square est ceint d’une clôture en fer forgé, mais n’est pas fermé de portes. Le tressage d’acier réalisé par les artisans de Qub évoque une palissade en osier poétique.

La désimperméabilisation et la végétalisation
Les pieds des arbres revêtus d’enrobé ont été largement élargis et ont retrouvé des sols vivants respirants. Le sous-sol de la place est composé d’une grande fosse continue de mélange terre-pierre, couvert d’une couche respirante de gravillon qui draine la condensation à la sous-face du revêtement, qui est la première cause du soulèvement racinaire. Les massifs sont plantés selon une dizaine de palettes végétales différentes, adaptées aux micro-situations. Chaque mélange est lui-même composé à partir d’une quinzaine d’essences de vivaces, graminées et bulbes, avec un objectif d’amplitude adaptative et de couverture optimale du sol.

Le réemploi
Le grand challenge du chantier du square, relevé par Arbora, est la réalisation des partie minérales à partir de matériaux de réemploi issus du site. Le chantier a également réemployé l’ensemble des bordures en granite déposées sur place. Pour le square, le projet prévoyait un sol calepiné à partir de pavés d’enrobé et des murets structurants construits avec des blocs d’enrobé. La première étape a consisté à découper le sol de l’ancien parking en blocs réguliers comme une tablette de chocolat, puis les stocker sur palette. La quantité nécessaire au projet n’a pas été atteinte avec le seul parking. Les autres parties e voirie ne pouvant être exploitées à cette phase, il a fallu aller découper des blocs sur une autre voirie Nantes Métropole. Mais l’épaisseur d’enrobé étant insuffisante pour le page de sol (16cm), ce nouveau gisement de 5 cm a été utilisé pour les murets. Campo et le Pôle ont donc complété le besoin avce un reste de stock de blocs bétons inutilisés sur le parvis de la Gare Nord. Une planche d’essai a permis de choisir le bon calepinage alternat lignes de blocs d’enrobé et lignes de blocs béton. Le résultat donne un sol très esthétique, animé par ses variations de couleur et de granularité.
L’inauguration de cet espace public a été reportée pour cause d’élection municipales, mais d’ors et déjà, le retour est unanime: l’aménagement est une réussite.


Informations complémentaires :
Appel d’offre ouvert
Financement 100% Nantes Métropole

Bureau(x) d’études : Céramide bureau d’études VRD, environnement, mobilité Iprocia bureau d’études circulation
Photographe : atelier Campo