MELLINET – 81 logements en structure bois et béton de chanvre

41-51 Mail de la Caserne Mellinet, 44000 Nantes

28

Programme

81 Logements (5247 m² SHAB)
4 surfaces d’activités (800 m² SU)
Un parking de 81 places en infrastructure.
R+2 à R+6 – 2ème et 3ème famille A

Concepteurs

  • Atelier d'Architecture RAMDAM
  • PALAST

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • BATI NANTES
  • ICEO

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2025

Surface(s)

6392 m² SDP5247 m² SHAB800 m² SU

Coûts

14 500 000 € HT2237€ HT/m² SDP

Depuis 2019, nous, Atelier d’architecture RAMDAM et PALAST recherchons, explorons, échangeons, débattons, convainquons, dessinons, ajustons, rêvons de la construction d’un ensemble immobilier de 81 logements aux façades de béton de chanvre. Après plus de quatre ans d’études et deux ans et demi de chantier nous sommes fiers de voir ce projet devenir réalité. D’abord dans les ateliers de Wallup Prefa où 450 modules chanvre ont été préfabriqués. Ensuite à la Caserne Mellinet de Nantes où ils ont été assemblés à la structure bois par les charpentiers d’ACDF puis enduits à la chaux.

Aujourd’hui, les habitants s’approprient les logements et demain les commerces vont s’installer. Dans quelques mois, nous l’espérons, il restera de notre aventure un immeuble vivant, intégré à son quartier, symbole qu’il est possible déconstruire avec des matériaux plus vertueux.

QUALITÉ INTÉGRATION DANS UN CONTEXTE EXISTANT
La parcelle du projet se situe à l’entrée de l’ancienne Caserne Mellinet depuis la Place du 51ème Régiment d’Artillerie.Ce nouveau quartier est divisé en six « hameaux » par les urbanistes. Notre projet constitue la dernière pièce du hameau Chapus qui assure la transition entre le faubourg Saint-Donatien et le cœur de la caserne et ses bâtiments cossus. Il en forme le front bâti, le long du grand mail piéton. Cette situation lui permet de s’inscrire véritablement dans un dialogue avec le « déjà-là » formé par les nouveaux logements, le patrimoine bâti et les arbres remarquables du mail. Le travail sur les variations volumétriques des constructions contribue à l’animation des espaces publics et à la transition subtile entre les maisons de la ville ancienne et le cœur du nouveau quartier plus monumental. Il génère sur la promenade et au sein de la parcelle une variation de l’intensité lumineuse et des ombres portées, permettant d’éviter un effet de masse. Les découpages judicieux participent à la silhouette urbaine du projet et à l’identification des logements. Ceux-ci bénéficient de vues dégagées profitant des axes paysagers et des interstices entre les bâtiments environnants. Les porches d’accès aux immeubles constituent de véritables fenêtres vers le cœur d’ilot partagé avec les immeubles voisins.

CONSTRUIRE AUTREMENT, PENSER (et dessiner) DIFFÉREMMENT
La transformation de l’ancienne caserne Mellinet, située au cœur de la ville de Nantes, représente une opportunité formidable de répondre aux enjeux de la ville contemporaine.Le projet s’inscrit dans une ambition constructive forte, en proposant une structure bois et des façades minérales en béton de chanvre enduites en cohérence avec la volonté des urbanistes de prolonger l’identité du faubourg Saint-Donatien dans le nouveau quartier. Par son écriture architecturale, le projet tend à donner à lire ce mode constructif novateur et vertueux, entre minéralité et légèreté.L’ordonnancement des niveaux bas et des niveaux hauts et l’échelle des volumes renvoient à l’architecture des bâtiments de casernement conservés. La domesticité du projet se retrouve dans l’échelle de la fenêtre, de sa proportion et de sa modénature.

Le rythme de la façade répond à la disposition des logements, et permet de séquencer les volumes, grâce à l’alternance de grandes baies et de trumeaux en béton de chanvre aux arrêtes adoucies. Ces trumeaux courbes donnent à voir la plasticité du béton de chanvre et mettent en valeur la qualité et l’intérêt d’un enduit à la chaux.L’architecture douce et subtile présente une vibration légère soulignée par les ombres portées.Ici, la réappropriation de l’une des premières plantes cultivé par l’homme permet de questionner notre manière de construire des immeubles de logements.

LE BÉTON DE CHANVRE – PROTOTYPES
Plante historique et abondante en Pays de la Loire, le chanvre est une ressource végétale renouvelable annuellement utilisée pour l’assolement. Elle a un cycle de croissance rapide et consomme très peu d’eau.
Au regard des forts enjeux économiques liés à la commercialisation de logements et compte tenu de l’échelle du projet, la question de la préfabrication hors site est abordée dès le concours. Le projet propose une manière relativement singulière de construire à partir de matériaux biosourcés, avec l’ambition plus globale de démontrer la réplicabilité du processus et l’efficience des installations techniques. Pour cela une série de prototypes a été testée,d’abord en maquette à l’agence d’architecture, puis en modélisation informatique en vue de la réalisation échelle 1 par un artisan du chanvre au stade du permis de construire, enfin, sur le chantier pendant la phase de préparation du chantier.Des évolutions de la réglementation sont ratifiées pendant l’élaboration de ce démonstrateur témoignant du caractère novateur de cette démarche. (Règles professionnelles de la construction chanvre 2024)

LE BÉTON DE CHANVRE – MISE EN ŒUVRE
Aggloméra de paille de chanvre (la chènevotte), de chaux et d’eau, le béton de chanvre est habituellement projeté ou banché sur site. L’échelle du projet nous a conduit à préconiser la fabrication des panneaux en chanvre dans les ateliers du charpentier. La dépendance au climat est ainsi limitée, le temps de séchage maitrisé. La dimension des trumeaux est optimisée.Stockés debout, ils sont faciles à transporter et à mettre en œuvre. Une fois installés, ils apporteront des qualités d’inertie et aideront à la régulation de l’hygrométrie du bâtiment.

STRUCTURE
L’infrastructure, le rez-de-chaussée et les noyaux de distribution verticaux (escaliers/ascenseurs) sont réalisés en béton. Le reste des immeubles est construit en structure poteau/poutre/planchers/charpente bois. Si le bois est très peu apparent au sein des logements en raison des réglementations en vigueur pour des immeubles de cette envergure, les discussions avec le bureau de contrôle ont tout de même permis de garder une partie des poteaux apparents, et de réaliser les espaces extérieurs privatifs en bardage.

RÉEMPLOI
Parmi les engagements du Maitre d’Ouvrage à l’aménageur, la promesse de pourvoir 26 des 81 logements de parquet de réemploi dans les pièces sèches. Issus de chantiers de déconstruction ou de réhabilitation en Pays de la Loire, la quête de gisements a parfois été délicate. La mise en œuvre le fut tout autant que la disparité de ces ressources. En résulte une expérience enrichissante et de très beaux logements.

UNE EXIGENCE CONJOINTE AVEC LA MAITRISE D’OUVRAGE
Si la relation avec les opérateurs de la promotion immobilière est parfois délicate, pour ne pas dire tendue, nous nous devons tout de même de saluer l’engagement de notre Maitre d’Ouvrage à réaliser un tel projet. Les moyens humains mis en place jusqu’à la livraison du projet et la confiance finalement accordée pendant toute la phase de chantier ne sont pas très courant.

Dès les prémices, nous, architectes des ateliers RAMDAM et PALAST avions décelé que l’ambition du projet était telle que nous ne pouvions que faire corps pour pouvoir la porter. C’est ainsi que nous avons pris la décision de ne faire qu’un ensemble à l’écriture architecturale unique. Cette posture nous a permis de faire front derrière le projet et devant notre Maitre d’Ouvrage, même aux heures les plus dures des études et de l’appel d’offres.


Label(s) obtenu(s) : Le projet atteint un niveau d’intégration des matériaux biosourcés 3 fois supérieur au niveau 3 du label : 104kg/m2 deSDP

Informations complémentaires :
Mission complète + OPC
Concours restreint Promoteur-Architectes

Bureau(x) d’études : CAN-ia (BE spécialiste du chanvre), Synergie Bois(BE structure), SoLAB (BE environnement), Rousseau (Economiste), Fondasol (Géotechnicien), Lalu (Paysagiste), Cycle-up (AMO réemploi), Quatuor (MOX et OPC)
Photographe : Charles Bouchaïb, Javier Callejas

Halte Vélo

La pierre Percée, 44450 Nantes

44

Programme

Halte à vélo, capitainerie et belvédère sur Loire

Concepteurs

  • Tact Architectes

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Communauté de Commune Sèvre et Loire

Thèmes

  • Aménagement
  • Architecture

Année de réalisation

2024

Surface(s)

160 m² SP

Coûts

Coût bâtiment : 325 000 € HT compris Aménagement extérieur, soit un ratio de 2031 €m² HT

Documents

Le projet consiste à remplacer un cabanon existant par une halte à vélos multifonctionnelle à Divatte-sur-Loire, intégrant un belvédère, des sanitaires et une capitainerie. Pensé comme une halte importante sur l’itinéraire « La Loire à Vélo », cet aménagement vise à accueillir divers publics (habitants, promeneurs, touristes) tout en valorisant le site de la Pierre Percée et son territoire.
Dans ce contexte paysager remarquable, le projet s’emploie à déclencher un nouvel imaginaire à partir de l’histoire des lieux. La démarche consiste à s’appuyer sur des références formelles et des savoir-faire locaux, en transformant l’existant avec délicatesse afin d’ouvrir la voie à de nouveaux récits. Cette approche puise notamment :
-dans le registre des formes des serres maraîchères, l’effet cinétique de leurs structures légères en acier, leurs lignes courbes, la continuité des couvertures et les jeux de transparence
-dans le registre des formes ligériennes, telles que les nasses en vannerie, la toue de Loire ou encore les pontons.

Le site, par son positionnement exceptionnel, en balcon sur le fleuve nous a engagé à développer un projet fonctionnel, intégrant les aménités nécessaires à l’accueil des cyclistes et des promeneurs. Pour cela, nous avons veillez à faire de ce lieu un signal, par une architecture remarquable mais néanmoins respectueuse du contexte et inscrite dans le paysage ligérien.
L’organisation des fonctions et des espaces s’appuie sur les différents niveaux d’accès (la levée en partie haute et le chemin en contrebas- afin de permettre une simultanéité des usages tout en valorisant les qualités intrinsèques du lieu : la matérialité du sol, des murs et la végétation des bords de Loire au niveau des quais ; la relation visuelle à la rive d’en face et à l’horizon depuis la digue ; la vision panoramique et le ciel ligérien depuis un belvédère accessible.


Informations complémentaires :
Mission complète + Opc

Photographe : Jamet-Guedj

Aménagement du Jardin Extraordinaire, deuxième phase

1 Rue Joseph Cholet, 44100 Nantes

43

Programme

Le projet d’extension du Jardin extraordinaire s’inscrit dans la continuité de la première phase d'aménagement livre en 2019. Le projet a pour ambition la consolidation du projet déjà engagé, tout en ouvrant de nouveaux usages et de nouvelles expériences de parcours : espaces marais, espaces vergers tropical, bassin de baignade de faible profondeur en gestion biofiltre,... L’ensemble s’ancre dans le projet urbain d'ensemble du Bas Chantenay, dont les orientations structurent les choix d’aménagement. La cale Misery y joue un rôle central, comme point de convergence des parcours du coteau, de la plaine et du fleuve.

Concepteurs

  • Carta Reichen et Robert associés urbaniste
  • Phytolab paysagiste concepteur mandataire

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Nantes Métropole Aménagement

Thèmes

  • Aménagement

Année de réalisation

2025

Surface(s)

1.7 ha

Coûts

6 330 000 € HT

Documents

Le projet d’extension du Jardin extraordinaire s’inscrit dans la continuité de la première phase d’aménagement livre en 2019. Le projet a pour ambition la consolidation du projet déjà engagé, tout en ouvrant de nouveaux usages et de nouvelles expériences de parcours : espaces marais, espaces vergers tropical, bassin de baignade de faible profondeur en gestion biofiltre,…
L’ensemble s’ancre dans le projet urbain d’ensemble du Bas Chantenay, dont les orientations structurent les choix d’aménagement. La cale Misery y joue un rôle central, comme point de convergence des parcours du coteau, de la plaine et du fleuve.

Le projet repose sur une lecture fine des dynamiques écologiques existantes et sur leur amplification. La végétation en place est considérée comme une ressource structurante, conservée et intégrée dans le dessin global. Les sols sont désimperméabilisés afin de favoriser l’infiltration naturelle des eaux.

L’eau devient un élément central du fonctionnement écologique du site, circulant en circuits fermés, maîtrisés et renouvelés.
Les milieux sont diversifiés afin de multiplier les habitats et renforcer la biodiversité locale. Zones humides, espaces rocailleux et formations boisées composent un système écologique complexe et continu.
L’équipement spécifique de baignade naturelle de faible profondeur dispose d’un dispoditif de phytoépuration permettent de traiter l’eau sans recours au chlore, en s’appuyant sur les capacités des végétaux.Le jardin étendu propose une diversité d’usages qui transforme le site en véritable espace d’exploration urbaine.

L’ensemble du projet s’inspire de l’univers de Jules Verne pour nourrir l’imaginaire des parcours. Le jardin devient ainsi un espace narratif où chaque séquence propose une forme de découverte. Les usages combinent loisirs, contemplation, exploration et pratiques sportives douces. Cette diversité permet une appropriation large et évolutive du site par les usagers. Le jardin s’affirme comme un lieu vivant, ouvert et en constante activation.

La baignade naturelle constitue un nouveau cœur vivant du projet, accessible et ouvert à tous les publics. Sa faible profondeur et son traitement écologique en font un lieu de détente autant que de rafraîchissement.
Autour de cette pièce d’eau, les usages se déploient dans une ambiance végétale et paysagère continue, offrant des expériences sensibles et évolutives.
. La via ferrata introduit une dimension sportive et immersive, en lien avec le relief de la carrière, et en compléments des voies d’escalades existantes sur le site.
. La laurisylve propose une immersion sensorielle au cœur d’un espace boisé propice à l’exploration.
. Le verger tropical et les jardins thématiques enrichissent les ambiances et les temporalités du site.
. Le marais constitue un espace de transition vivant, franchissable et animé par le mouvement de l’eau.
. Les dispositifs aquatiques, brumes et écoulements renforcent la dimension expérientielle du lieu.

Le projet s’inscrit dans une logique d’intégration fine au paysage du Bas Chantenay.
Il prolonge les continuités géographiques entre coteau, plaine et fleuve en les traduisant en formes paysagères. Le dessin général repose sur une organisation souple, inspirée des dynamiques naturelles du site.
Les transitions entre les différents milieux sont traitées comme des gradients plutôt que des ruptures.
La mémoire géologique de la carrière reste perceptible dans la composition du paysage.
L’eau, la roche et la végétation structurent ensemble une esthétique cohérente et évolutive.
Les ambiances varient entre milieux luxuriants, zones humides et espaces plus ouverts.
Le projet joue sur les contrastes tout en maintenant une continuité d’ensemble.
Les dispositifs architecturaux restent discrets et intégrés au vocabulaire paysager.
Les références à l’imaginaire vernien introduisent une dimension narrative dans la lecture du site.
Les effets de brume et de lumière participent à une scénographie sensible du jardin.
Le paysage devient un espace d’expériences visuelles et sensorielles en mouvement permanent.


Informations complémentaires :
Marché subséquent relatif à l'accord cadre de maîtrise d’œuvre urbain pour l'aménagement du Bas-Chantenay

Bureau(x) d’études : SCE BET VRD, Jacques Chevalier fontainerie
Photographe : Phytolab

Groupe scolaire de la Beaujoire à Nantes

64 boulevard René Auvigne, 44300 Nantes

41

Programme

Restructuration et extension du groupe scolaire de la Beaujoire à Nantes : 16 classes (10 classes d’élémentaire et 6 classes de maternelle) animation, péri et extra-scolaire, restaurant scolaire.

Concepteurs

  • Dominique Coulon & associés

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Ville de Nantes

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2025

Surface(s)

Surface bâtiments : 3 717m² au total, dont 1 869m² réhabilité + 1848 m² extensions neuvesSurface aménagées : 7887 m²

Coûts

9,7 M€ HT, valeur 2025, dont 934 000 € HT VRD/aménagements extérieurs

Documents

Pour accompagner le développement de ses quartiers, la Ville de Nantes a choisi de construire 7 nouvelle écoles et d’en rénover 27 autres. La refonte de deux d’entre elles nous a été confiée. Celle du groupe scolaire Nantes Beaujoire portait sur l’augmentation de ses capacités d’accueil ainsi que sur sa mise en adéquation avec les ambitions environnementales de la Ville.

Un dialogue constant avec la maîtrise d’ouvrage et les usagers a permis de mener à bien ce projet ambitieux reposant sur des enjeux complexes. Il s’agissait de répondre à des exigences énergétiques très élevées tout en assumant le choix que notre philosophie avait guidé : rénover plutôt que de détruire et créer un tout architectural admirable mariant existant et apports contemporains.

Ce chantier s’est par ailleurs déroulé en site occupé, ce qui a ajouté à la complexité de l’opération. Les cours ayant été maintenus tout au long des travaux, le projet a été livré en deux phases, et les élèves relogés sur site distant.

La stratégie d’intervention sur ce patrimoine des années 50 ayant peu de qualités architecturales s’est largement appuyée sur les retours d’expériences des usagers. Cette conversation au long cours a permis de distinguer ce qui pouvait être conservé de ce qui devait être créé pour inscrire le nouveau groupe scolaire dans son époque, et offrir aux enfants et aux usagers un lieu remarquable dédié à leur bien-être : lexique architectural ludique, jeux de textures et de repères, salle de motricité, zones refuges favorisant l’apaisement, ensemble protégé de la rue et de son tumulte pour proposer un environnement rassurant et sécurisé, circulations évidentes, contact visuel permanent avec le parc végétal depuis les salles de classes…)

Nous avons abordé cette restructuration comme un jeu de construction pour les enfants. Des extensions aux formes et aux couleurs variées ont été greffées aux bâtiments existants afin de créer un petit village ludique de 3720 m2, dont les vastes extérieurs végétalisés sont un lieu de vie à part entière. Le nouvel ensemble à la monumentalité discrète entretient un rapport sensible avec son environnement luxuriant, dont le doyen remarquable — un chêne liège — creuse même l’extension principale, qui s’est construite autour de lui.

L’enfilade de bâtiments existants (école élémentaire, restaurant et école maternelle) créée grâce à un travail de décloisonnement, esquisse un grand cheminement intérieur. Il est maintenant ponctué d’événements spatiaux aussi variés que les activités auxquelles il mène, et permet de traverser le groupe scolaire dans son intégralité, d’ouest en est.

Les nouveaux volumes font office de repères colorés et sensoriels et permettent aux usagers de distinguer rapidement les différents bâtiments et leurs usages. Un cylindre en tavaillons de bois clair accueille la bibliothèque, un bardage rouge et de généreuses transparences signalent le nouvel espace dédié au périscolaire, quand un bardage gris indique l’extension de l’école maternelle, et des planches de bois brûlé la salle de motricité. L’extension de l’école élémentaire prend place dans un grand volume blanc enduit à la chaux, et celle du restaurant se pare d’écailles en Fibrociment noires.

De l’abondance de lumière naturelle en passant par l’omniprésence du végétal, tout a été pensé pour cultiver le goût de l’apprentissage. Un verger sera un support d’éducation tout au long de l’année et des massifs fleuris et odorants habiteront les creux rendus inaccessible entre les bâtiments. Havre de paix pour les papillons et les oiseaux, ils feront aussi le bonheur de tous petits et des usagers.


Informations complémentaires :
Type de marché : concours 2018

Le groupe scolaire restructuré devait répondre aux objectifs suivants :

Pour l’existant :
● Cep gain de 25% sur le Cepref
Pour le neuf :
● Cep gain de 51% sur le Cepmax (tenant compte du photovoltaïque) et 35% sans
● BBIO gain de 4% sur le BBIOmax

Performances du bâtiment
• L’étanchéité à l’air des constructions existantes et des extensions a fait l’objet d’une grande exigence, tout comme les performances de consommation des bâtiments.
• Des études thermiques dynamiques ont permis d’identifier des solutions d’enveloppe et de protection solaire adaptée.
• Le confort estival a été étudié par simulation thermodynamique (STD)
• Mise en place d’un système de surventilation nocturne.
• Le calcul systématique du facteur lumière du jour (FLJ) a permis de définir l’éclairage naturel optimal des salles de travail et d’évolution.
• Les EP ont été gérées par infiltration.
• Mise en place de panneaux solaires photovoltaïques sur le toit de l’extension de l’école élémentaire pour ses propres besoins, et revente du surplus d’énergie produite
• Les ilots végétaux permettent de créer des zones de fraicheur

Bureau(x) d’études : BET Structure : Batiserf Ingénierie, BET Electricité : BET Gilbert Jost, BET Fluides & environnement : Solares Bauen, économiste : E3 Économie, acousticien : DB Silence, paysagiste : Bruno Kubler, cuisiniste : ES Services Énergétiques
Photographe : Eugeni Pons

nouveau quartier république

rue franceline ribard, 44000 Nantes

40

Programme

Le bloc A – débuté en 2023, 5 opérations livrées en 2025

du R+1 au R+10
54 4000m² SP
+de 20 parcelles

256 logements dont :
– 148 libres
– 43 abordables
– 33 sociaux

11 200m² bureaux

2 600m² RDC actifs et locaux artisanaux dont 1800m² investisseur unique

223 place de parking mutualisés a l’ensemble du bloc

700m² de panneaux photovoltaiques

gestion de l’eau a la parcelle

Objectif : proposer au moins trois typologies différentes d’habitat (maison, duplex, petit collectif, appartement)

mixer habitat et travail a l’échelle du bloc

proposer au moins 2 façons d travailler

Disposer d’opérations singulières au sein du bloc (des programme non écrits et a définir dans le futur)

Concepteurs

  • ajoa laq

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • SAMOA

Thèmes

  • Urbanisme

Année de réalisation

2025

Surface(s)

Pour le moment, c'est environ 24 400m² SP déployés :- 256 logements : 38% de logements sociaux, 17% abordables, 45% libres- 11 200 m² SP bureauxParking mutualisé à l'ensemble du bloc et foisonné de 223 places

Coûts

prix moyen ttc investisseur : 5553 €prix moyen ttc propriétaire occupant : 4379€

Documents

maitrise d’oeuvre urbaine et paysagere, creation des fiches de lot et suivi opérationnel


Bureau(x) d’études : mageo, zefco, biodiversita
Photographe : DIVERS (voir nom photos)

IMAGIN’ERDRE

8-14 rue Felix Lemoine, 44300 Nantes

42

Programme

Résidence étudiante 94 studios

Concepteurs

  • AGENCE D'ARCHITECTURE HUCA

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • ADF

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2024

Surface(s)

2460 m² SP

Coûts

4 383 400 € HT

Documents

Le projet de résidence étudiante Imagin’Erdre s’inscrit dans une réflexion sur la transformation progressive des faubourgs nantais et sur la capacité d’une opération dense à produire un cadre de vie qualitatif, sobre et intégré. Implanté sur quatre parcelles en cœur de tissu résidentiel hétérogène, le projet développe 94 logements étudiants répartis en trois bâtiments articulés autour d’un vaste jardin central conservé en pleine terre.
L’opération cherche moins à produire un objet architectural autonome qu’à prolonger les qualités d’un axe urbain majeur : continuité bâtie, présence végétale, diversité des gabarits et relation étroite entre espace public et usages quotidiens.
L’implantation des bâtiments compose une séquence urbaine rythmée le long de la rue Félix Lemoine grâce à un travail de fragmentation des volumes, de variations de hauteurs et de césures permettant d’accompagner la déclivité naturelle du site. Cette organisation permet de maintenir un dialogue équilibré avec les constructions voisines, qu’il s’agisse des petits collectifs récents ou des maisons plus anciennes du faubourg.
Le bâtiment implanté sur l’impasse Jean-Marie Mustière reprend quant à lui l’échelle plus domestique du tissu environnant et s’inscrit dans le prolongement du mur de clôture conservé partiellement sur le site, participant à maintenir une continuité sensible avec l’existant.
Le projet développe une approche environnementale fondée d’abord sur la sobriété urbaine et la valorisation des ressources existantes. La préservation du cœur végétalisé, la limitation de l’emprise automobile, l’importance accordée aux mobilités douces et l’implantation dans un secteur déjà équipé participent d’une logique de densification responsable limitant l’artificialisation périphérique. Le programme prévoit ainsi 88 stationnements vélos pour seulement 7 places automobiles.
L’écriture architecturale repose sur une palette matérielle volontairement restreinte : soubassements minéraux, enduits clairs, ardoise losangée et menuiseries aux teintes champagne composent une architecture contemporaine sobre, attentive aux matérialités nantaises et à la pérennité des ouvrages.
Une attention particulière est également portée aux usages collectifs et à la qualité du quotidien. Les espaces mutualisés — salle de convivialité, laverie, cœur d’îlot jardiné — participent à construire un cadre de vie favorisant les échanges et les sociabilités étudiantes. Les rez-de-chaussée actifs et les accès multiples contribuent à inscrire la résidence dans la vie du quartier plutôt qu’à fonctionner comme un ensemble autonome fermé sur lui-même.
À travers une intervention mesurée, attentive aux usages, aux paysages et aux continuités urbaines, le projet propose ainsi une manière de densifier sans rupture d’échelle ni démonstration formelle, en cherchant un équilibre entre intensité urbaine, qualité résidentielle et sobriété environnementale.


Bureau(x) d’études : D'ici là paysage, Tual, IBA, Simon Ingénierie, Naonec
Photographe : @huca

amenagement des espaces exterieurs du MIN DE RIEN

RUE DU SENEGAL, 44000 Nantes

47

Programme

Aménagement transitoires ++ de l’ancien MIN, afin d’orienter les flux, créer trois portiques d’entrées entre espace public (esplanade du MIN qui doit accueillir des evenements jusqu’a 6000 personnes) en organisant les espaces (ERT/ERP) entre les entreprises accueillies au MIN sud, MIN Nord et les espaces ouverts au public

Décroutage et végétalisation du site

Réhabilitation des serres

Aménagement de la nouvelle rue du sénégal en tant que voie vélo

Concepteurs

  • ajoa
  • quand meme

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • SAMOA

Thèmes

  • Aménagement

Année de réalisation

2024

Surface(s)

1600m² espace public

Coûts

500 000€ TOTAL compris amenagements paysagers (50 000€)raccordement au réseau electrique (75 000e)scenographie (142 000€)réhabilitation des serres (27000€)portiques et deplacements des accès existants (42 000€)

Documents

Le Marché d’Intérêt National de l’île de Nantes a été transféré sur un nouveau site, au sud de Rezé au printemps 2019. À l’exception de la travée à l’extrême ouest du site, les bâtiments du MIN ont entièrement été démolis.

Dans le cadre de ses missions d’aménagement de l’île de Nantes et de développement de l’économie culturelle et créative sur le territoire, la Samoa a choisi de conserver certaines parties de l’ancien MIN pour accueillir et développer des activités innovantes.
Ce nouveau pôle d’activité a été baptisé « MIN DE RIEN », clin d’œil à l’ancienne activité du site et à la frugalité de la démarche.

La partie Sud du Min de Rien accueille depuis 2019 diverses structures en lien avec les industries créatives et culturelles (ICC) et l’agriculture urbaine. Elle se compose de 3 grandes polarités :
• un pôle agroalimentaire, local et solidaire sur 3 700 m² avec L’Agronaute, laTricyclerie, Le Champignon Urbain, Le Kiosque Paysan, Ekibe, La grande barge …
• un pôle de production créatif et design sur 1 500 m² avec le studio KATRA, Fichtre, Quand Même, Gueules de bois, l’atelier Moins mais mieux ;
• un pôle culturel et artistique sur 1500 m² avec l’arrivée de Mille-feuilles en 2024 comprenant à terme 30 ateliers d’artistes ;

La partie Min Nord offre l’opportunité d’installer un nouveau lieu dédié au spectacle vivant, aux arts visuels et à la culture pour soutenir ces filières avec :
• 4 500 m² en intérieur répartis en 5 grands volumes qui servent ou servirons de bureaux / de backstage / d’e studio / d’espaces de répétions ou de production.
• 8 500 m² extérieur permettant la dilatation des entreprises et l’accueil de manifestation grand public.

Description du projet d’aménagement dans ses grandes lignes

L’objectif porté par le projet est d’organiser les flux entre les deux MIN, et permettre l’accès au public sur l’esplanade. Le projet étant particulierement minéralisé et devant s’ouvrir au public par la rue du Sénégal, il fallait pouvoir sécuriser, et donner une identié plus direct a la nouvelle façade offerte à l’Est.

Le travail, porté par quand meme (membre du groupement de MOEU) et ancien locataire du MIN sud a été de piloter, concevoir et réaliser les différents portiques, ainsi que proposer, en partenariat d’ajoa, une proposition frugale d’espace planté entre les serres et la délimitation de l’esplanade. Un ensemble de mobilier urbain ponctue les differents espaces générés par le projet


Informations complémentaires :
subvention fond friche (pour l’ensemble de la rehabilitation du MIN SUD)

Bureau(x) d’études : ma-geo
Photographe : quand meme

Hameau Marvingt

rue Marie Marvingt, 44300 Nantes

44

La réunion de deux groupes d’habitants inscrits dans une démarche participative a permis de faire émerger un projet l’ensemble sur l’emprise foncière de l’Ecobut. Au nord du site, de grandes maisons réunissent de 4 à 6 foyers et des locaux communs (atelier, locaux vélos, salle commune), tandis qu’au sud un petit collectif accueille un habitat sénior autour d’une cour et de coursives communes. L’attention portée aux usages de chaque foyer se prolonge dans le choix d’une conception bioclimatique et durable. Tous les logements bénéficient de double ou de triple orientation avec une orientation des pièces de vie au sud ou à l’ouest. Tout le projet se décline en système constructif mêlant béton et bois. Les structures des rez-de-chaussée et des séparatifs en béton assurent à la fois inertie et traitement acoustique, tandis que l’enveloppe extérieure et des derniers niveaux en bois (structure et bardage) permet une bonne performance thermique.

Tous les isolants sont biosourcés mêlant laine de bois, laine chanvre-lin et ouate de cellulose. Ces isolants participent, grâce à leur déphasage au confort d’été des logements. En complément, les balcons sont accompagnés de pergolas, qui par leur ombre, rafraîchissent les logements.

Une démarche de réemploi a été mise en place pour l’aménagement des locaux vélos. Des gardes-corps déposés sur un autre chantier de l’agence (Postes de Secours) ont ici servis d’appuis aux vélos.


Label(s) obtenu(s) : RT2012 Bbio -33%, CEP -30% ;
niveau E2C1 ;
biosourcé niveau 3

Informations complémentaires :
Procédure adaptée

Bureau(x) d’études : CAIRN ingénierie, La Plume et le Sécateur
Photographe : Stéphane Chalmeau

Relier les impasses – Maisons et espace de travail partagé à Nantes

Impasse Audran, 44000 Nantes

47

Programme

Construction d'une agence d'architecture, d'un espace de travail partagé et de trois maisons créant une liaison entre les impasses Audran et Vignolle à Nantes

Concepteurs

  • BIGRE ! Architecture- architectes

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • BOUGRES et maîtrise d'ouvrage privée

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2023

Surface(s)

Surface aménagée Agence 172 m2 + Auvent 16 m2 + Terrasse 30 m2 Surfaces Maison A (T3 / 2 chambres) 86 m2 + Terrasse 15 m2 Surface Maison B (T4 / 3 chambres) 96 m2 + Terrasse 17 m2 Surfaces Maison C (T3 / 2 chambres) 76 m2 + Terrasse 15 m2

Coûts

Montant Agence / 308 000 € HT / marchés 2019 Montants Maisons / 690 000 € HT / marchés 2019

Documents

A Nantes, à proximité de la Cathédrale, les impasses Audran et Vignolle sont de ces impasses insoupçonnées qu’abrite le tissus urbain de ce quartier à l’arrière du bel ordonnancement des cours Saint-Pierre et Saint-André. Relier ces impasses, comme le demande le Plan de Sauvegarde et de Mise en Valeur de la Ville de Nantes, c’est risquer de rompre l’équilibre fragile entre espace public et espace intime offert à des logements souvent accessibles directement depuis les cours mais c’est l’ouvrir à la promenade pour les habitants du quartier comme les promeneurs curieux.

Si l’espace est public autant qu’il est intime, c’est parce que la ville compose ici une rupture d’échelle et de temps propice à la sociabilité autant qu’à la convivialité. C’est avec ces intuitions que nous devons bâtir un programme et imaginer de nouveaux lieux de vie et de travail. Ils seront accessibles à vélo plutôt qu’en voiture en libérant les impasses d’un vaste hangar.

Son usage étant passé d’atelier de plomberie – pour les derniers artisans mais une ancienne cheminée en briques révèlent sans doute une ancienne forge ou bien d’autres activités – à espace de stationnement pour les voitures des riverains. Ce dernier usage ayant un peu entaché la poésie d’un lieu que plusieurs projets de rénovation d’habitants et d’autres architectes essaient pourtant de tenir et révéler.

La cour, telle que nous la découvrons, est ceinturée de plusieurs habitations individuelles basses, avec aménagement de terrasses et jardinières. La cour comprend de nombreuses bordures plantées d’arbustes accompagnant des plantes grimpantes. La parcelle est presque intégralement couverte par une série de hangars bardés de bois et de tôles ondulées. L’ensemble est en mauvais état. Les hangars coupent toute liaison entre l’impasse Audran et l’impasse Vignolle.

Avec un autre maître d’ouvrage souhaitant créer des logements en centre ville de Nantes, nous imaginons ce programme pour répondre à la demande de la Ville de régénérer ces impasses. S’ouvre alors un dialogue avec l’urbaniste en charge du PSMV, l’architecte des Bâtiments de France et le service urbanisme de la Métropôle.

Le programme, le voici : pour nous, la nouvelle agence est un lieu de travail partagé, lumineux avec une terrasse pour voir le ciel et le paysage environnant ; pour les voisins, trois maisons s’articulant autour de courettes, terrasses et plantations, complétant ce tissu dense d’intérieur d’îlot ; pour l’architecte des bâtiments de France, profiter de l’opération pour révéler et mettre en valeur les arches d’anciennes écuries déjà transformées en habitations.

Depuis l’impasse Audran, le projet prévoit la construction de notre agence reconstituant une façade au fond de l’impasse Audran tout en libérant un passage piéton via un porche entre les impasses Vignolle et Audran. Les constructions basses et implantées de manière relativement denses, sont séparées par de petits espaces plantés ou minéraux dans l’esprit des courettes visibles depuis l’impasse Vignolle. L’implantation des maisons permet de libérer la vue sur la façade ordonnancée de la limite Est et de couvrir le pignon aveugle de la cour.

L’agence reprend les héberges d’une construction plus ancienne en venant s’adosser sur le pignon et la façade aveugle de l’immeuble adjacent. Maisons et agence sont couvertes en ardoises naturelles : simple pente pour l’agence et deux maisons adossées aux mitoyens et double pente avec faîtage à lignolets pour la maison centrale. Les terrasses sont accessibles et traitées en bois naturel. Les trois maisons sont bardées en lames de bois naturel verticales, tandis que le bardage de l’agence est réalisé en bois brûlé selon le procédé nippon du Shou sugi ban. De petits volumes annexes, espaces servants des maisons, sont également bardées de lames de bois noires. Le brûlage du bois de bardage a été l’occasion de plusieurs journées de formation et d’autoconstruction ainsi que d’une démonstration offerte aux habitants de l’impasse Vignolle suivi d’un moment festif.

Notre projet, très intégré dans son contexte, est aussi l’occasion de recueillir les eaux pluviales pour alimenter les sanitaires, de limiter l’imperméabilisation des sols et de maintenir la végétation, d’en offrir de nouvelle, comme l’amélanchier planté avec les voisins lors d’un moment partagé, de préserver la faune en intégrant nids et nichoirs dans le bardage pour les mésanges bleues du quartier.

Afin de limiter les besoins énergétiques, les différents bâtiments qui dessinent le projet sont composés d’une enveloppe performante et compacte en matériaux biosourcés, recyclables, limitant l’empreinte carbone et la toxicité des matériaux, de vitrages performants diminuant les déperditions et favorisant les apports solaires passifs, aussi limités par des stores extérieurs, lorsque cela est nécessaire.

Limitant l’emploi du béton au stricte minimum, les superstructures comme les aménagements intérieurs du projet sont principalement conçues en bois. Les bois sont d’essences locales et ne nécessitent pas de traitement. L’agencement est réalisé en contreplaqué de bouleau ou de pin alliant qualités esthétique et mécanique. Intégrée à l’intérieur des murs à ossature bois, l’isolation est composée d’un mélange coton, lin et chanvre. Les sols sont en caoutchouc naturel et les peintures sont fabriquées à base d’algues. Intégralement blancs, les espaces des maisons et de l’agence ne sont jamais de la même couleur graçe aux variations de lumière que nous offrent les multiples orientations des ouvertures.

Chaque maison dispose d’un grand espace de vie en rez-de-cours perméable dedans/dehors réunissant séjour et cuisine autour d’un ilôt menuisé et d’un poële à pellets. Chacun de ces espaces à vivre dispose d’un cellier attenant formant rangement et buanderie et d’un local extérieur pour entreposer vélos et poussettes. A l’étage, des circulations éclairées naturellement, aménageables pour lire ou travailler, desservent terrasses, chambres et pièces d’eau.

L’agence se développe sur trois niveaux à partir du quai reconstitué et pavé de l’ancien hangar. De part et d’autre du porche prennent place un atelier et un local archive en regard de l’entrée ouverte sur un espace de réunion. Une estrade en bois complété d’un rideau délimitant l’espace de réunion se prolonge par un escalier invitant à rejoindre l’étage, composé d’espaces traversants. Au centre un petit salon accueille un poële à pellets, unique source de chauffage de l’agence, et distribue deux espaces de travail partagé de six places chacun. Séparé du salon par une paroi vitrée, un espace de rangement et de repro dispose d’un escalier rejoignant le dernier plateau. Celui-ci accueille une cuisine, servant aussi de grande salle de réunion, un poste de travail ponctuel et dissimule un espace où dormir. Une pièce d’eau servant de vestiaires aux plus sportifs d’entre nous est accessible depuis ce plateau. Cet étage se poursuit par une grande terrasse dont le garde corps épais intègre un bac à compost, une jardinière pour les plantes aromatiques et des coffres de rangement. Cette terrasse est propice aux pauses ensoleillées avec vue sur un grand cèdre et le clocher de l’église Saint-Clément toute proche.


Photographe : Gwenaëlle Hoyet

Les petites écuries de Mellinet, arts du feu et du faire

1-4 Square Mathurin Méheut, 44000 Nantes

68

Programme

Requalification des écuries de la zac Mellinet en centre d’artisanat d’art, d’enseignement, résidence d’artiste, galerie d’exposition

Concepteurs

  • LAUS architectes mandataire ; collectif VOUS architectes associé ; LA TERRE FERME paysagiste

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Nantes Métropole Aménagement

Thèmes

  • Aménagement
  • Architecture

Année de réalisation

2025

Surface(s)

735 m² surface plancher réhabilitée2012 m² aménagement extérieur

Coûts

1 785 000 €HT

Documents

** Accueillir des artisans en cœur de ville **

Les petites écuries réunissent autour d’une cour intérieure ouverte au public, des ateliers des arts du feu, des salles d’enseignement, des résidences d’artistes, et une galerie d’exposition. En dialogue avec le quartier de la ZAC de Mellinet, ce lieu est propice à la flânerie, la création, la production.
Dans un contexte où la ville de Nantes cherche à réinjecter des activités artisanales en centre-ville, la renaissance des petites écuries passe par le faire et la transmission. Pour permettre la réalisation du projet, Il s’agissait d’une part d’assurer la venue des preneurs, et les conditions de leurs occupations. D’autre part d’adapter les lieux aux besoins des artisans mais aussi au voisinage résidentiel qui ne doit pas être gêné par leurs activités. Les architectes ont accompagné la maîtrise d’ouvrage dans le questionnement de la programmation, des modes d’exploitations, la recherche des artisans, puis les adaptations du projet aux exigences règlementaires et d’usages inhérentes à leurs activités. Cette conversation au long court (diagnostic, études et chantier) s’est tenue avec la ville de Nantes, Nantes Métropole Aménagement, les acteurs de la ZAC, l’école des beaux-arts, et les artisans.

** Requalifier pour inviter **

Autrefois fermées à la ville par un mur en moellons, les écuries de l’ancienne caserne Mellinet constituaient une enclave dans l’enclave. Le projet rend poreuse cette limite sans l’effacer, pour montrer ces nouveaux usages sur la ville. La cour traversée et le mur d’enceinte percé et restauré ménagent ainsi des points de vue et des entrées invitantes.
Pour allier l’ouverture au public d’un site d’intérêt patrimonial avec la découverte des artisanats du feu, des dispositifs spatiaux et paysagers instaurent une cohabitation sereine entre visiteurs et travail des artisans. La requalification propose de préserver l’esprit du lieu, tant dans l’intervention architecturale que paysagère, grâce au réemploi et à des actions douces sur l’existant. Si l’attitude générale est de lire les interventions (réparations, réutilisations, suppressions, ajouts, etc.), celles-ci sont arrangées de façon à ne pas immédiatement distinguer l’inchangé du changé, l’hérité du réorganisé. C’est aussi lié au fait que les parties modifiées prolongent les façons de faire originelles. Ce lissage qui n’en est finalement pas un, favorise le sentiment d’autorisation des utilisateurs dans leur appropriation des lieux, les encourage à réintervenir et fabriquer à leur manière.

** La durabilité par le soin **

Des éléments iconiques de l’ancienne caserne militaire sont réutilisés : les portails, grilles, et marquises en serrurerie sont rénovés et repeints. Un abreuvoir maçonné est transformé en bac planté d’herbes aromatiques. Des pavés granits sont réutilisés en maintien des terres et soubassements des bancs. Certains proviennent des écuries, d’autres de la déconstruction des bâtiments de la caserne Mellinet. Des plots en pierre qui servaient autrefois à attacher des chevaux sont replacés dans la cour en protection de zone plantées.
La nature du terrain ne permettant pas l’infiltration des eaux pluviales, des auges galva ont été rapportées en pied de chute d’eau pluviales pour retenir les eaux de toiture avant leur rejet dans les fils d’eau de la cour puis le réseau d’eau pluviale de la ZAC. Ces auges sont plantées, quelques-unes en eau élèvent des nénuphars.
Ainsi, certains ouvrages sont laissés en l’état ou réparés (sols pavés, murs maçonnés, toitures ardoises, certaines menuiseries bois) ; d’autres sont remplacés (menuiseries extérieures bois) ; d’autres encore mélangent existant et neuf (dauphins fontes et auges neufs en pied de descentes d’eaux pluviales existantes). Lorsque les bâtiments sont frangés pour permettre un fonctionnement en enfilade (des ateliers par exemple), cela se voit.
Dans des volumes intérieurs qui dosent aspect brut et interventions soignées, les stratégies de chauffage se règlent sur les occupations. Les parties non chauffées montrent leurs murs existants, accueillent parfois des boites neuves en ossature bois isolées (ce sont des espaces de travail chauffés et abrités des ateliers bruyants). Les parties chauffées sont isolées en béton de chanvre.
Le projet adopte volontairement une esthétique du réparé, de l’économie de moyens et matières. Il défend une durabilité par le soin.


Informations complémentaires :
procédure adaptée

Bureau(x) d’études : BETEM be tce ;ALHYANGE Socotec smart solution acousticien
Photographe : Théophile Trossat ; Vous ; Laus ; Nantes Métropole Aménagement (drone)