La Halte de la Gilarderie

218 - 220 - 222 rue de la Gilarderie, 44200 Nantes

88

Programme

transformation de trois logements de fonction en halte transitoire pour des personnes exilées

Concepteurs

  • studio bali

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Une Famille Un Toit 44

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2025

Surface(s)

460 m2 SP rénovation

Coûts

554.000 € HT

Documents

2015. Lors de la crise migratoire, les trois logements de fonction vacants de la Gilarderie constituent un refuge pour de jeunes exilés. L’entreprise RTE, propriétaire des maisons, engage une procédure d’expulsion, à laquelle s’oppose le voisinage.
La presse couvre l’événement, des collectifs de soutien se mobilisent et la situation reste en suspens.
Dans ce contexte incertain, l’association Une Famille Un Toit 44 joue un rôle de négociation auprès de la mairie et des propriétaires.

En parallèle, d’autres personnes s’investissent pour améliorer les conditions de vie dans les trois maisons surpeuplées. Un relevé architectural et social est réalisé par le collectif saga et des étudiant·es de l’école d’architecture de Nantes. Il donne lieu à l’élaboration d’un cahier des charges et des premières propositions d’aménagements, en particulier la transformation des garages et des buanderies en rez-de-chaussée.

2018. RTE cède les maisons à l’association Une Famille Un Toit 44, en vue de la création d’une halte transitoire pour les personnes exilées.
Par la suite, par le levier des aides nationales à l’amélioration de l’habitat (ANAH), l’équipe de maîtrise d’œuvre (studio bali architectes) orchestre la rénovation lourde de cette architecture des années 50. Le projet comprend la rénovation thermique globale du bâtiment, la mise à nu de la maçonnerie existante, la mise en accessibilité du rez-de-chaussée, la réintégration des loggias à l’espace habitable des chambres, et la réfection complète des réseaux.

Côté rue, la transformation des garages en rez-de-chaussée et la réintégration des loggias inusitées à l’étage ont participé à redéfinir l’identité architecturale des maisons devenues ensemble bâti.
Les accès sont repositionnés côté jardin et desservis par une longue coursive en caillebotis, qui assure l’accessibilité aux personnes à mobilité réduite. Des auvents métalliques protègent les entrées.
La fine silhouette des marquises, les décalages de nus des menuiseries et le jeu de textures des enduits à la chaux assoient une écriture architecturale sobre et sensible.

Les espaces intérieurs privilégient une esthétique brute : éléments de structure et réseaux en cuivre laissés apparents, conservation des sols existants et simple ragréage à l’emplacement des anciennes cloisons.
Un soin particulier est apporté aux cuisines collectives, qui sont magnifiées par des matériaux de qualité et des détails soignés, alliant beauté et robustesse pour les usages du quotidien.

À l’étage, la réintégration des loggias dans la surface habitable permet de reconfigurer les chambres et salles d’eau pour un usage collectif.
Le nouveau cloisonnement est réalisé en terre allégée, dans le cadre de chantiers participatifs encadrés par la SCOP L’Aronde et Terre d’argile. Les enduits terre crue, ravivés par de beaux badigeons, offrent douceur et chaleur aux occupant·es.

Malgré le caractère très social de l’opération, l’ensemble des acteur·ices se sont mobilisé·es pour développer une architecture saine et durable, à travers la déconstruction soignée du bâti existant, l’emploi de matériaux biosourcés (fibre de bois, terre crue) et la mise en place d’une démarche participative.


Informations complémentaires :
rénovation thermique subventionnée par l’ANAH

Bureau(x) d’études : Allassa Energie
Photographe : Gaëtan Chevrier, studio bali

Marmontel bis

10 bis rue Marmontel, 44000 Nantes

77

Programme

Extension d’une agence d’architecture dans une bâtisse du XVIIIème : création de deux salles de réunion, deux boxes confidentiels, un plateau de bureaux et une tisanerie. Le tout s’articule autour de la salle de pause existante située en rez-de-chaussée.

Concepteurs

  • DLW (architecte mandataire)

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • DLW Architectes

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2025

Surface(s)

SUB 125 m²

Coûts

410 000 €HT

Documents

Rénovation patrimoniale façade en tuffeau et enduit traditionnel, réemploi charpente existante, matériaux biosourcés pour régulation thermique, ventilation naturelle avec fenêtres de toit.
Un contraste assumé entre contemporanéité et rénovation respectueuse du patrimoine bâti.


Informations complémentaires :
Privé

Bureau(x) d’études : AREST (diagnostic structures), POUGET CONSULTANTS (fluides), FICHTRE (aménagement intérieur)
Photographe : François Dantart / DLW

IN’WOOD

Rue du Chêne Jaunais, Ilot BS4b, ZAC Champ de Manoeuvre, 44300 Nantes

81

Programme

Construction de 86 logements : 52 logements en accession libre et maîtrisée, 34 logements locatifs sociaux familiaux, local de convivialité, jardin partagé, parc de stationnement semi-enterré de 87 places ; 4 plots en quinconce implantés sur un socle de parking commun.

Concepteurs

  • BAP (paysagiste)
  • DLW (architecte mandataire)

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Tolefi Promotions et Harmonie Habitat

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2024

Surface(s)

SP 5 773 m²

Coûts

8 938 849 €HT dont 232 173 €HT Terrassements – VRD et 185 835 €HT Aménagements extérieurs

Documents

Commande — Dialogue et ambition partagés

Le projet s’est construit dans un contexte de maîtrise d’ouvrage double — promoteur (Tolefi Promotions) et bailleur social (Harmonie Habitat) —, en dialogue constant avec l’aménageur de la ZAC et l’équipe de maîtrise d’œuvre urbaine pilotée par l’Atelier 234. Cette gouvernance complexe a exigé une démarche de projet rigoureuse.

Intégration esthétique — S’inscrire entre les arbres

Longtemps à l’abandon, l’ancien terrain militaire du Champ de Manœuvre s’était mué en une enclave boisée dense, peuplée de chênes de grande taille. Le projet prend acte de ce contexte remarquable et en fait le fondement de son écriture architecturale : habiter entre les arbres, contempler la lisière des bois.
Quatre plots en quinconce se glissent entre les arbres existants, avec des volumétries différenciées et des hauteurs contrastées qui évitent tout effet de masse. Le bâti se plisse pour que la nature s’exprime. Les découpages généreux dans les volumes confèrent à l’ensemble un aspect géométrique, presque abstrait, que vient animer une alternance de parements bois aux teintes claires et foncées. Un motif unitaire traverse et relie les quatre bâtiments : la fenêtre carrée, déclinée en différentes surfaces, carré dans le carré, dessinant une verticalité affirmée tout en ménageant une variété d’ouvertures propre à chaque plot. Les loggias en creux — en double hauteur, en longueur ou en angle — affirment l’effet stèle des bâtiments, tout en offrant des espaces intimes ouverts sur la nature. Depuis les appartements, la forêt s’entrevoit comme un tableau.
Le traitement des abords accompagne cette intention : jeux de gradins et d’escaliers en façade, cheminements vers un jardin central en dalle, sentiers s’enfonçant directement dans les bois.

Environnement et ressources — Une approche attentive au site et au vivant

La préservation du patrimoine arboré — de nombreux chênes de grande taille — constitue une composante essentielle de l’aménagement, impliquant des contraintes hydrogéologiques intégrées dès la conception. La biodiversité existante n’est pas seulement protégée : elle est mise en valeur et rendue habitable. Les façades bois et les isolants biosourcés inscrivent le projet dans une démarche de construction cohérente avec l’ambiance forestière du site et attentive à la santé des occupants. La production de chauffage et d’eau chaude sanitaire est assurée par des pompes à chaleur collectives. Le projet a obtenu le label E3C1, témoignant d’une performance énergétique et environnementale exigeante, vérifiée dans le cadre de la démarche E+C-. La pérennité des savoir-faire et la sobriété des choix constructifs participent à une logique de durabilité à long terme.

Usages et fonctionnalités — La qualité du quotidien, du sol à la canopée

Le programme présente une mixité de statuts qui répond aux enjeux de diversité résidentielle du territoire. Une attention particulière a été portée au parcours vers « chez soi » : escaliers extérieurs, cheminements, sentiers conduisant directement à la forêt. Ces seuils soigneusement dessinés qualifient l’expérience quotidienne des habitants. Les espaces collectifs — bacs à plantation, tables pour pique-niquer, coffres à outils — entretiennent un rapport de proximité à la nature et favorisent le lien entre usagers. Tous les logements sont traversants, en angle, ouverts sur l’extérieur par des loggias généreuses. Le confort d’usage est pensé dans sa durée : les espaces collectifs et les accès sont conçus pour évoluer avec les usages, et la qualité des aménagements extérieurs — jardin sur dalle, gradins, sentiers — offre une réelle évolutivité des modes d’habiter en lien avec la nature.


Label(s) obtenu(s) : Performance NRJ-env : E3C1, PAC collectives pour la production de chauffage et eau chaude sanitaire

Informations complémentaires :
Procédure négociée

Bureau(x) d’études : AREST (structure), POUGET CONSULTANTS (fluides, thermique, développement durable), WIGWAM (étude environnementale démarche E+C-), IC.TEC (économiste), ITAC (acoustique), EXE (OPC)
Photographe : Simon Guesdon

Groupe scolaire Les Plantes

19 Rue des Plantes, 44100 Nantes

75

Programme

Restructuration et extension : création d’une nouvelle école maternelle (5 classes), rénovation et extension de l’école élémentaire (12 classes), création d’un restaurant scolaire et d’une salle polyvalente, salle de motricité, UEE, ALSH, restaurants scolaires.

Concepteurs

  • BAP (paysagiste)
  • DLW (architecte mandataire)
  • FARO (architecte associé)

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Ville de Nantes

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2023

Surface(s)

SP 3 646 m² dont 1 694 m² neuf

Coûts

6 090 302 €HT dont 507 248 €HT VRD et 197 253 € HT Aménagements extérieurs

Documents

Commande MOA/MOE

Le projet s’inscrit dans le schéma directeur des écoles de la Ville de Nantes, cadre de gouvernance ambitieux prévoyant la restructuration d’une vingtaine d’établissements à l’échelle communale. Le dialogue entre maîtrise d’ouvrage et maîtrise d’œuvre a orienté la démarche dès l’amont : maintenir le groupe scolaire en activité durant les travaux, composer avec un bâti existant des années 1960 à préserver partiellement, et répondre à un programme dense dans une parcelle enclavée de cœur d’îlot. Cette contrainte partagée a nourri une réflexion commune sur l’économie des moyens, le phasage du chantier « habité » et la qualité d’usage finale, traduisant une ambition portée conjointement tout au long du projet.

Intégration esthétique

Implanté dans le quartier résidentiel Breil-Barberie, le groupe scolaire était peu lisible depuis l’espace public. Le projet saisit l’opportunité de la restructuration pour offrir à l’école une nouvelle présence sur le quartier, sans rupture brutale avec son contexte. La démarche repose sur une sobriété architecturale assumée. Les extensions dialoguent avec les volumes existants en béton — leur trame structurelle saillante, leur minéralité — par un matériau unitaire et pérenne : le zinc naturel. Les joints verticaux des nouvelles façades font écho aux trames de l’existant, tandis que de larges ensembles vitrés prolongent les bandeaux horizontaux hérités. Un volume facetté en R+2, greffé en proue sur la rue Marie-Thérèse Eyquem, signale l’entrée et crée une nouvelle façade urbaine, marquant le caractère institutionnel de l’équipement sans ostentation.
Les préaux et galeries filantes, en charpente bois couverte de bac acier et bardage ajouré, stratifient les façades sud et créent une transition douce entre intérieur et extérieur. Le mouvement des toitures — plis montants et descendants — anime les volumes sans effet superflu, tout en assurant une gestion simple des eaux pluviales.
L’aménagement des abords s’appuie sur le déjà-là : les cours existantes sont recomposées à l’économie, le patrimoine arboré est respecté et complété. Dans les cours, de larges buttes plantées, buttes de jeux, marquages ludiques animent les espaces et offrent des filtres solaires naturels depuis le rez-de-chaussée. En référence au nom de l’école, les essences végétales plantées enrichissent la diversité existante.

Environnement et ressources

La démarche environnementale est structurante, intégrée dès la conception. Le projet répond aux exigences de la RE 2020, niveau E3C1. Les constructions neuves sont réalisées en structure mixte bois-béton — ossatures bois (MOB), refends bois, planchers intermédiaires bois — privilégiant des filières mieux sourcées et réduisant l’empreinte carbone du chantier. Le zinc en façade et en toiture est choisi pour sa pérennité et sa faible maintenance. La gestion de l’eau est intégrée au parvis d’entrée par des volumes de rétention des eaux pluviales. La qualité sanitaire de l’air est assurée par une ventilation naturelle et double-flux. L’éclairement naturel des classes est optimisé, notamment grâce au jardin des classes. La restauration scolaire bénéficie de panneaux photovoltaïques en toiture, et l’ensemble est raccordé au réseau de chaleur urbain. La biodiversité est prise en compte par le renforcement de la palette végétale.

Usages et fonctionnalités

L’organisation génère des zones de vie distinctes et identifiables. Cette mixité fonctionnelle au sein d’un même ensemble répond aux usages actuels tout en ménageant des espaces évolutifs. La mobilité est repensée : les flux piétons et motorisés sont dissociés, le cheminement des écoliers est sécurisé, et un parvis généreux organise les flux aux heures de pointe. Un accès livraison spécifique est créé. Les nouvelles classes élémentaires bénéficient d’un confort et s’ouvrent sur le jardin des classes, espace pédagogique innovant. Le restaurant scolaire et la salle polyvalente, en lien avec la rue, offrent un cadre de qualité pour la pause méridienne. Les espaces dédiés aux enseignants et aux personnels sont intégralement rénovés. Les matériaux durables et les protections solaires fixes anticipent la pérennité et la facilité d’entretien.


Informations complémentaires :
Concours

Bureau(x) d’études : ECGG (économiste), INDDIGO (thermique, fluides et HQE), SYMBIANCE (acoustique), EXE (OPC)
Photographe : François Dantart / DLW – Faro

Réhabilitation patrimoniale du bâtiment de troupe B19 de la caserne Mellinet en hôtel d’entreprises

14 rue Cécile Brunschvicg, 44000 Nantes

90

Programme

Bâtiment classé au titre du patrimoine de la caserne à préserver de la ZAC Mellinet, secteur ABF. Espaces de travail et d’échanges pour des entreprises des secteurs du numérique, de l’économie sociale et solidaire et des industries culturelles et créatives, mises aux normes d’accessibilité.

Concepteurs

  • DLW (architecte mandataire)

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Nantes Métropole Aménagement

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2023

Surface(s)

Bâtiment SP 1 993 m² / SU 1 964 m²

Coûts

2 830 192 €HT valeur 2023 dont 75 000 €HT VRD – Aménagements extérieurs

Documents

Commande — Dialogue et ambition partagés

La relation entre Nantes Métropole Aménagement et l’agence DLW s’est construite sur une exigence réciproque : un maître d’ouvrage attentif à la maîtrise budgétaire, mais ouvert à une démarche architecturale affirmée, sortant des solutions convenues pour répondre aux contraintes d’un site enclavé, de faible superficie, imbriqué dans un environnement de chantiers multiples. Ce dialogue de projet a permis d’élever le niveau d’ambition bien au-delà d’une simple remise en état, pour engager une transformation sensible et cohérente d’un bâtiment classé au patrimoine de la caserne Mellinet.

Intégration esthétique — Contraste assumé, discrétion maîtrisée

L’identité du projet repose sur un équilibre entre fidélité au contexte patrimonial et affirmation d’une écriture contemporaine. À l’extérieur, la réhabilitation reste délibérément discrète : la façade en enduit, rafraîchie par un simple nettoyage haute pression, retrouve sa teinte claire et neutre d’origine. Seules les menuiseries en aluminium sombre, au dessin épuré et aux larges ensembles vitrés, signalent avec retenue le caractère contemporain de l’opération. Le traitement des limites entre passé et présent devient ainsi le moteur du projet : à l’intérieur, la mise à nu partielle des murs en moellons de pierre dialogue avec la lumière naturelle et les vitrages séparant cellules et circulations, générant des ambiances de travail à la fois riches et confortables. L’audace est intérieure, discrète en façade — une posture cohérente avec les prescriptions de l’Architecte des Bâtiments de France.

Environnement et ressources — Valoriser l’existant

Le projet s’inscrit pleinement dans une démarche de sobriété et de pérennité. Le réemploi de la structure existante — murs en moellons, planchers en hourdis de briques, planchers collaborants, charpente mixte métal et bois — constitue le premier geste environnemental : conserver, consolider, valoriser plutôt que démolir. L’isolation par l’intérieur préserve l’intégrité de l’enveloppe patrimoniale tout en améliorant les performances énergétiques du bâtiment. La mobilisation de savoir-faire locaux liés au traitement de la pierre et des matériaux anciens participe à la transmission de compétences artisanales. Le projet démontre ainsi la capacité du patrimoine bâti à être approprié et transformé avec pertinence, sans recours excessif à des ressources nouvelles.

Usages et fonctionnalités — Souplesse, confort, évolutivité

L’hôtel d’entreprises se conçoit comme un lieu de travail atypique et attractif, pensé pour la diversité des usages et l’évolution des besoins. La modularité des espaces permet d’accueillir une grande variété de structures, favorisant la mixité des activités et les synergies entre entreprises. Les notions d’échange, de partage, de transparence et de souplesse guident la conception des circulations et des cellules, éclairées en second jour par un dispositif vitré continu. Le confort des ambiances intérieures — acoustique, qualité de la lumière naturelle, richesse des matériaux bruts — contribue à la qualité du cadre de vie quotidien des usagers. L’entretien du bâtiment a été anticipé dès la conception, avec des choix de matériaux durables et une lisibilité structurelle qui facilite les interventions futures.


Informations complémentaires :
Procédure négociée

Bureau(x) d’études : OTEIS (TCE), SERDB (acoustique)
Photographe : Simon Guesdon / DLW

Construction neuve d’un Institut public médico-social d’éducation sensorielle pour jeunes déficients visuels

2 Rue René Dunan, 44200 Nantes

78

Programme

Bâtiment tertiaire et d’enseignement avec locaux pédagogiques, d’activité, de formation, détente et restauration, salles de réunions et de conférence 200 places, bureaux. Le public accueilli est constitué d’enfants et de jeunes adultes principalement. Les locaux tertiaires sont destinés au personnel de l’institut.

Concepteurs

  • BAP (paysagiste)
  • DLW (Architecte mandataire / Mobiliers fixes)

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Institut public Ocens

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2023

Surface(s)

Bâtiment SU 1 647 m² et SP 2 208 m², stationnement extérieur 400 m²

Coûts

6 015 534 €HT (projet n° 1 5 696 474 €HT valeur 2023 + projet n°2 réaménagement du siège et des espaces extérieurs 319 060 €HT valeur 2025) dont 226 803 €HT Terrassements – VRD – Assainissement tranchées souples et 245 435 €HT Aménagements extérieurs

Documents

1 Commande · MOE : Dialogue, ambition et gouvernance partagés

Ce projet naît d’une fusion institutionnelle entre deux établissements nantais accompagnant des enfants et adolescents déficients visuels et auditifs : l’Institut Public La Persagotière (IPP) et l’Institut des Hauts Thébaudières (IHT), réunis sous le nom d’Institut Public OCENS. Cette genèse singulière appelle une démarche de maîtrise d’œuvre à la hauteur de l’ambition du maître d’ouvrage : non pas simplement construire un bâtiment de plus, mais réunir deux cultures institutionnelles dans un cadre architectural porteur de sens.
Le dialogue entre maîtrise d’ouvrage et maîtrise d’œuvre s’est construit autour d’une exigence partagée : celle d’une architecture qui ne soit pas neutre, mais véritablement adaptée à ses usagers, et en particulier à des enfants dont la perception sensorielle du monde diffère profondément de la norme. Cette ambition commune a gouverné chaque décision de conception — du système constructif au choix des matériaux, de l’organisation spatiale à la qualité des ambiances intérieures. La composition de l’équipe témoigne d’une démarche pluridisciplinaire où la synergie entre compétences élève le niveau d’exigence collective.

2 INTÉGRATION ESTHÉTIQUE — Contexte, dialogue et audace maîtrisée

Implanté en bord de Sèvre Nantaise, entre un espace boisé classé aux chênes centenaires et un bâtiment existant à l’architecture expressive (IPP, Forma 6, 2016), le projet assume pleinement la complexité de son contexte. Loin de s’imposer, il choisit l’analogie plutôt que la rupture, le dialogue plutôt que la compétition.
La volumétrie fragmentée — jeux de glissements, d’emboîtements, d’avancées et de retraits — répond à la composition du bâtiment existant en créant un entre-deux actif, un espace extérieur séquencé et habité. La césure verticale qui divise le projet en deux masses distinctes n’est pas qu’un geste formel : elle dégage des vues depuis le cœur du bâtiment vers la Sèvre, elle allège la lecture de l’équipement dans son environnement, elle cadre la placette publique naissante avec une précision urbaine.
Le traitement des façades en bardage bois pré-grisé — alternance de surfaces lisses et de clins texturés, stratification horizontale des niveaux — instaure un dialogue sensoriel avec le bois attenant. La teinte gris-brun foncé entre en résonance avec la nature préservée des bords de Sèvre, évoquant les écorces des arbres, tout en s’harmonisant avec le bâtiment existant. La beauté ici n’est pas décorative : elle est matérielle, tactile, climatique. Un peu comme un balcon sur la forêt.
Au dernier niveau, la salle de conférence en avancée avec son balcon belvédère incarne l’audace du projet : geste architectural signifiant, il offre une expérience paysagère forte tout en marquant l’ancrage du programme dans son territoire.

3 ENVIRONNEMENT & RESSOURCES — Un bâtiment engagé, sobre et durable

L’engagement environnemental du projet ne se limite pas à une performance chiffrée, aussi remarquable soit-elle (RE 2020 niveau E2C3, Cep : 41 kWhep/m²/an, label PEFC). Il s’incarne dans des choix constructifs cohérents et cohérents avec le contexte.
Le système constructif bois-béton — noyaux béton, poteaux-poutres et planchers mixtes en pin Douglas — optimise le recours à chaque matériau selon ses qualités propres. Il réduit significativement l’empreinte carbone du chantier, accélère la mise en œuvre et limite les nuisances dans un environnement urbain habité. Les isolants biosourcés (laine de bois, biofib chanvre-coton-lin) prolongent cette logique de matériaux sains et décarbonés.
Le projet préserve l’intégrité de l’espace boisé classé — limite de constructibilité respectée, recul soigneux ménageant le système racinaire des grands sujets —, et valorise ce patrimoine végétal comme cadre de vie et de vues principal de l’extension. La gestion de la biodiversité est intégrée dès la conception : coefficient de biotope respecté, plantation compensatoire des arbres abattus hors EBC, parking extérieur végétalisé avec sept arbres. Le bioclimatisme guide l’orientation du bâtiment, le dimensionnement des percements en bandeaux horizontaux et les casquettes pare-soleil au sud, garants du confort sans recours excessif aux systèmes actifs. La pérennité est inscrite dans le choix d’une filière sèche en structure bois, réversible et évolutive.

4 USAGES & FONCTIONNALITÉS — Une architecture au service de ses usagers

Ce bâtiment accueille un public particulier — des enfants et jeunes adultes déficients visuels — et cette singularité est le moteur profond de toutes les décisions architecturales. L’accessibilité n’est pas ici un simple respect normatif : elle est le cœur du projet.
Les cheminements guidés dès l’entrée (bande de guidage en fonte aspect oxydé, béton sablé repérable au toucher), la richesse tactile des façades intérieures prolongeant les textures extérieures le long des couloirs, la structure très contrastée des plafonds en solives et ilots acoustiques participent à une structuration de l’espace perceptible par les déficients visuels — tout cela constitue une réponse fonctionnelle, ergonomique et sensible. L’architecture devient matière, elle devient accessible.
La mixité programmatique est ambitieuse : locaux pédagogiques, espaces de formation, salle de conférence de 200 places, bureaux, détente et restauration constituent un équipement complet, à la fois ouvert sur la ville et protecteur pour ses usagers. La connexion souterraine avec l’IPP — parking, circulations — crée un campus fluide, une continuité de mobilité entre les deux tranches. L’évolutivité est intégrée dès la conception : la structure poteau-poutre libère les plateaux et autorise des réorganisations futures sans contrainte structurelle majeure.
La qualité des ambiances — lumière naturelle généreuse au sud sur le bois, terrasse plantée au premier niveau offrant un espace de détente véritable pour usagers et personnels — répond à une vision globale du confort et du bien-être dans laquelle l’architecture réconfortante n’est pas un luxe, mais une condition de l’apprentissage et du soin.

Publié dans AMC Les 100 bâtiments de l’année, 2023 — DLW Architectes, Nantes


Label(s) obtenu(s) : RE 2020 E2C3, label PEFC

Informations complémentaires :
Concours

Bureau(x) d’études : ECSB (structure bois et béton), POUGET CONSULTANTS (thermique, fluides, HQE, SSI), ECGG (économiste), ITAC (acousticien), GCA (VRD), EXE (OPC)
Photographe : Simon Guesdon / DLW

Bibliothèque Universitaire LLSHS – Nantes (44)

Campus du Tertre, 44300 Nantes

104

Programme

Réhabilitation de la Bibliothèque Universitaire Lettres, Langues, Sciences Humaines et Sociales (LLSHS) en site occupé dont opération à tiroirs avec création de réserves dans la Bibliothèque Universitaire Droit, Economie, Gestion : Bibliothèque, administration, bureaux, salles de formation, salons, banque d’accueil, salles de travail de groupe, salle de super-silence, phones rooms, alcôves, sas introductif, cafétéria-snack, café littéraire, espace reprographie, jardin d’hiver, patio.

La réhabilitation de la bibliothèque LLSHS de l’Université de Nantes vise avant tout à améliorer la qualité de service et l’adaptation aux usages contemporains, en combinant remise à niveau technique, diversification des espaces et confort accru pour les usagers . Le projet s’inscrit dans une logique de dialogue MOA/MOE et de phasage contraint (opération tiroir avec la BU DEC), traduisant une gouvernance structurée et une démarche réaliste.

Sur le plan des usages et fonctionnalités, le programme développe une forte mixité d’espaces (travail individuel, collaboratif, formation, convivialité) et une organisation clarifiée favorisant lisibilité, flux et évolutivité. L’attention portée au confort (acoustique, thermique, lumière) et à l’ergonomie répond directement aux attentes de qualité et de santé des usagers.

L’intégration architecturale et esthétique repose sur une recomposition des ambiances, un travail sur la signalétique et le mobilier, et une recherche d’harmonie entre espaces calmes et lieux de sociabilité. Le programme valorise également le réemploi (mobilier, rayonnages…) et l’optimisation de l’existant, en cohérence avec une approche contextuelle et mesurée.

Enfin, les enjeux d’environnement et ressources apparaissent à travers la rationalisation des surfaces, le réemploi, l’amélioration des performances (éclairage, régulation thermique) et la pérennité des aménagements. L’ensemble traduit une démarche globale, sobre et adaptable, alignée avec les critères Aperçus 2026 : ambition d’usage, qualité architecturale, responsabilité environnementale et intelligence du contexte.

Concepteurs

  • Architecte mandataire : TICA architectes & urbanistes
  • Mobilier : BARREAU & CHARBONNET
  • Signalétique : APPELLE MOI PAPA

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Nantes Université

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2023

Surface(s)

Surface utile intervention BU LLSHS : 5 822 m2 Surface utile intervention BU DEC : 300 m2Opération uniquement réalisée en réhabilitation

Coûts

4 950 100,99 € HT (LLSHS + DEC)Dont 4 793 815,94 € HT pour la BU LLSHS et 156 285,05 € HT pour la BU DECOpération uniquement réalisée en réhabilitation

Documents

Ce projet part d’une conviction simple : aujourd’hui, une bibliothèque n’est plus seulement un lieu de consultation, mais un lieu de vie, d’échange et d’apprentissage multiple.
Plutôt que de transformer radicalement le bâtiment, nous avons fait le choix d’une approche plus juste : faire évoluer les usages en s’appuyant sur l’existant.
Notre démarche a reposé sur quatre engagements forts.

D’abord, une exigence partagée entre maîtrise d’ouvrage et maîtrise d’œuvre.
Le projet s’est construit dans un dialogue continu, où chaque échange a permis d’élever le niveau d’ambition.
Cette relation de confiance a rendu possible une réponse à la fois précise, cohérente et opérationnelle.

Ensuite, une attention réelle portée aux ressources et au contexte. Nous avons travaillé avec le déjà-là :
• Réemploi massif du mobilier
• Valorisation des qualités du bâtiment
• Interventions ciblées et mesurées
Cette approche frugale a constitué une réponse concrète aux enjeux environnementaux contemporains, en privilégiant sobriété, durabilité et intelligence constructive.

Troisième point : un projet profondément centré sur les usages, actuels et futurs.
La bibliothèque devient un espace hybride, capable d’évoluer et d’accueillir une grande diversité de pratiques : travail individuel, collectif, détente, formation, événement.
Cette transformation s’incarne dans un geste structurant : la création d’une rue intérieure habitée, qui clarifie les parcours et devient un véritable lieu de vie.
Les espaces sont modulables, évolutifs, et pensés pour s’adapter dans le temps aux transformations des pratiques universitaires.

Enfin, une recherche sensible de qualité architecturale.
Le projet développe une écriture sobre mais expressive, où :
• L’existant est révélé plutôt qu’effacé
• Les ambiances sont différenciées
• Les usages donnent du sens à la forme
• La forme stimule les usages
Il en résulte une architecture à la fois intégrée, pragmatique, lisible et audacieuse, capable de produire une véritable expérience pour les usagers.

Nous sommes très heureux du succès de ce projet, car depuis sa livraison la fréquentation de la bibliothèque a triplé.


Informations complémentaires :
Procédure concurrentielle avec négociation dans le cadre de l’ordonnance n°2015‐899 du 23 juillet 2015 et des articles 71 à 73 du décret n°2016‐360 du 25 mars 2016.

L’opération au total aura coûté 7 millions d’euros dont 5 millions financés par l’État, 1 million par la Région Pays de la Loire et 1 million par Nantes Métropole.

Bureau(x) d’études : CETRAC (BET TCE), SYMBIANCE (acousticien)
Photographe : Germain Herriau

Ecole Joséphine Baker

allée Marie-Louise Chevrel Bodin, 44200 Nantes

86

Programme

Ecole maternelle 5 classes + école élémentaire 10 classes + périscolaire + salle polyvalente + restauration collective + aire sportive extérieure

Concepteurs

  • De Long en Large paysagiste cotraitant
  • Tracks architecte mandataire

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Ville de Nantes

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2025

Surface(s)

SU : 2 885 m²SDP : 3 791 m²Surfaces extérieures : 3 407 m²

Coûts

10 780 000 € HT

Documents

Projet sur l’Ile de Nantes dans une ZAC. Les toitures végétalisées comme des jardins pour les immeubles alentours.
Dépollution des sols
E4C2 – Niveau 3 biosourcé
Construction en matériaux bio et géosourcés : ossature bois, façades en briques porteuses, isolation paille, cloisons en brique de terre crue pour le déphasage thermique
Ventilation naturelle nocturne
Cours de récréation oasis dans le prolongement du parc de la ZAC : continuité écologique et intégration au quartier


Informations complémentaires :
Concours lauréat 2022

Bureau(x) d’études : Batiserf BET structure cotraitant, Area études Nantes BET Fluides + SSI cotraitant, Ageis BET VRD cotraitant, AIA Management de Projets OPC cotraitant, Tribu BET HQE cotraitant, BEGC cuisiniste cotraitant, IDDEA BET dépollution cotraitant
Photographe : Amat-Guillaume

Ilot Bs6a

21, 23, 25 rue du Chêne Jaunais, 44300 Nantes

162

Programme

Construction de 67 logements biosourcés, Zac Champ de Manœuvre à Nantes.

Concepteurs

  • THE architectes mandataire

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • NACARAT

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2025

Surface(s)

4 528 m² SDP4 280 m² SHAB

Coûts

8 429 446 € HT - bâtiment 330 000 € HT - VRD et aménagements extérieurs1 969 € / m² shab

Documents

L’opération BS6A répond à l’équation délicate entre des « enjeux environnementaux forts », une insertion respectueuse dans un contexte végétal de haute qualité et des logements majoritairement destinés à des propriétaires-occupants et à du locatif social, vendus à « prix maitrisés ».

Pour cela l’opération intègre une démarche constructive ambitieuse : une structure intérieure en béton poteaux-dalles (dont 2 niveaux en béton bas carbone) et Façades Ossature Bois industrialisées (procédé SYFACE sous ATEX) avec remplissage en ouate de cellulose + doublage complémentaire intérieure en laine de bois. Les façades sont en bardage bois et en bardage Equitone.

L’opération intègre également une chaufferie bois. La chaleur produite sur site, au-delà d’être à faible impact environnementale, est mise à disposition des clients via un fournisseur de chaleur. A l’image d’un réseau de chaleur, la chaleur produite sur site est vendue aux occupants de la résidence via un contrat de fourniture d’énergie fixé sur 18 ans. Une manière de les préserver de la volatilité des prix des énergies.

Adossés à cette conception environnementale, les besoins énergétiques ont également été guidé par l’atteinte de ce haut niveau de performance énergétique. La compacité des bâtiments, associés à la haute performance thermique de l’enveloppe, la position judicieuse des baies, et l’excellente étanchéité à l’air de l’enveloppe, ont permis d’atteindre un besoin bioclimatique inférieur de 30 à 38% par rapport au maximum réglementaire, selon les bâtiments. Le projet atteint le label E3C2 et le niveau 2 en biosourcé.

La grande qualité paysagère du site a dicté la stratégie d’organisation et d’implantation des volumes bâtis. La forme bâtie en plots a été privilégiée afin de minimiser les linéaires et l’emprise au sol. Cette stratégie urbaine, fortement liée au paysage existant, trouve également écho dans le travail d’épannelages différenciés (R+3, R+7, R+9), permettant de diversifier la skyline du quartier et de ménager des vues variées vers le paysage. Le parking du projet est semi enterré afin d’offrir encore plus de place à la nature.

Le projet décline de nombreux principes pour offrir une haute qualité d’usage aux habitants : un socle paysager et accessible, des paliers et circulations communes éclairées naturellement, des logements doublement ou triplement orientés, certains logements sont évolutifs sans modification des gaines (T4 se transformant T2+T1), des cuisines éclairées en premier jour, de grands espaces extérieurs privatifs, dans le parking sont installées deux voitures électriques en autopartage. Sur la dalle paysagère du Rdc, un espace participatif libre, attenant à une placette, est offert aux futurs habitants.


Label(s) obtenu(s) : E3C2
Biosourcé niveau 2

Bureau(x) d’études : Guillaume Sevin Paysages
Photographe : Juan Cardona

Réhabilitation et extension de la Cité U Chanzy

1 rue Henri Lasne, 44000 Nantes

186

Programme

Réhabilitation lourde de la Cité Universitaire Chanzy à Nantes, comprenant 331 logements au total :
– 263 chambres réhabilitées,
– 5 studios créés après transformation de cuisine existante,
– extension de 63 chambres dont 17 PMR.
– création de cuisines et salons communs
– démolition de l’ancien restaurant universitaire

Concepteurs

  • GUINEE*POTIN ARCHITECTES

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • CROUS DE NANTES

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2024

Surface(s)

2627m2 pour l'extension neuve4400m2 pour la réhabilitation

Coûts

10.2 M€ HT

Documents

Ce qui surprend d’emblée le visiteur en arrivant sur le site, c’est d’une part, en façade Nord/Ouest, la proximité des immeubles de la cité U avec la rue très passante Henri Lasne, classée en catégorie 3 (bruit), et d’autre part le rapport apaisé en façade Sud/Est avec le site paysagé. La cité universitaire s’étire en longueur du Nord au Sud, et les hébergements existants sont orientés en Est et en Ouest. Le site présente un dénivelé total d’environ 3m, descendant vers le Sud/Est.

Dès lors, le projet de réhabilitation et d’extension de la Cité U Chanzy propose une « articulation » suivant une géométrie simple et claire, reliant les différentes entités fragmentées.
Cette articulation s’appuie sur les bâtiments existants et relie les deux bâtiments existants et préservés, en partant du parvis/hall d’entrée.

Sa disposition et sa géométrie permettent de structurer facilement les limites entre la façade « urbaine » et l’arrière « paysager ».
Dans cette optique, c’est l’ensemble du bâtiment qui façonne naturellement les espaces extérieurs.

Le bâtiment enveloppe et structure. Ainsi, les espaces végétalisés ne sont plus des espaces résiduels cohabitant avec des façades ternes et fermées, mais s’inscrivent dans un face-à-face chromatique organisé par de fortes transparences et une requalification graphique des façades existantes.

Les façades existantes, dans le style « hard French » de l’architecture moderniste des architectes André Guillou et Pierre Doucet, conservent leur aspect d’origine en damier, en « nid d’abeille », au profit d’éléments de menuiserie plus généreux, ainsi que d’une isolation renforcée par l’extérieur pour répondre aux objectifs de performance thermique.

Ainsi, la simplicité de cette articulation met en valeur le bâtiment existant rénové pour créer un ensemble unifié et homogène. De plus, les nouvelles nuances de vert et de gris de ces éléments font ressortir avec finesse les particularités historiques et paysagères de ce site, parsemé de jardins, malgré l’urbanisation du centre-ville voisin.
Ouverte à l’imagination, cette composition architecturale offre un potentiel graphique et singulier.

Le projet privilégie l’approche environnementale, et adopte les grands principes d’une architecture bioclimatique pour l’extension créée, et d’une réhabilitation éco-responsable pour les existants :
• Orientation Est / Ouest des chambres existantes, conservées, et nouvellement créées tenant compte des données climatiques du site, vent, ensoleillement, et topographie,
• Exploitation passive de l’énergie du soleil, et protection d’été par débords des terrasses pour les espaces partagés/coworking orientés à l’Ouest.
• Emploi d’une filière préfabriquée (extension en dalles, poteaux poutres béton, et réhabilitation par panneau préfabriqué assurant un chantier propre et une préservation du site),
• Renforcement de la biodiversité par le projet paysager d’ensemble
• Approche concertée (démarche participative sur le choix des couleurs et aménagements)

Les préoccupations de développement durable et d’exploitation et maintenance ont été au cœur de la conception du projet en 2019 pour favoriser la pérennité de l’ouvrage et son usage dans le temps avec la recherche d’évolutivité et de flexibilité nécessaires, suivant les ambitions de la commande.

Cette préoccupation repose sur une approche du « coût global » (financier et environnemental) du projet ; de sa conception à sa fin de vie, en mesurant notamment les impacts des choix et solutions techniques sur les consommations énergétiques, les conditions de bon entretien et de maintenance ainsi que les renouvellements à venir des éléments bâtis et techniques en jeu. Les travaux mise en oeuvre ont eu pour objectif de prendre en compte les critères du développement durable demandés par la Région Pays de la Loire.
A ce titre la cité universitaire aboutit à une consommation énergétique globale (chauffage, eau chaude sanitaire, climatisation) ≤ 110 kWhep/m²/an.

Cette intention formelle, outre son impact, cristallise symboliquement le programme de restructuration et de rénovation de la Cité Universitaire, et compose l’image généreuse d’un complexe immobilier à l’échelle du quartier.


Label(s) obtenu(s) : – Objectif 110kwhep/m2/an (réno et neuf) / RT2012-30% (neuf)

Informations complémentaires :
Concours Avril 2019
Dépôt PC juillet 2020
Démarrage travaux janvier 2022 => livraison septembre 2024

Raccordement RCU (biomasse) / construction en site occupé

Bureau(x) d’études : TUAL, NAONEC, ESTB, ITAC, SUD VRD, QUATUOR
Photographe : Stéphane Chalmeau, Maria Calvo, Agence Guinée*Potin