Le Bois Hue (3.5 ha dont 1.3 ha en site classé) bénéficie d’une situation privilégiée à Saint Joseph de Porterie, entre secteur urbanisé récent (Zac Erdre Porterie) et site naturel protégé de la Vallée de l’Erdre.
Les traces du site historique du château du Bois Hue sont encore visibles de par la présence d’une pièce d’eau située au cœur du bois en espace boisé classé, d’un puits et du patrimoine bâti réhabilité et habité (logis et longères privés de l’ancienne ferme).
Autour du bois, s’articule un ensemble varié de milieux, prairies, bosquets, bassin de rétention plus récents, en partie aménagés à l’occasion de la création de la Zac.
Le projet d’aménagement du Bois Hue part de la volonté de mise en valeur ces espaces, par une lisibilité de parcours et d’usages contextualisés pour en faire demain un nouveau parc dans le réseau des jardins nantais.
Les aménagements et usages projetés sont développés dans le respect du déjà-là, à savoir, le patrimoine arboré, le sol vivant, le petit patrimoine bâti, mais également les habitants riverains. Et cela doit se faire en tirant profit de l’ensemble des espaces autour du bois Hue : le bois, la colline, le bosquet, la prairie, en les liant dans un tout cohérent et vivant.
Super8 pose donc les ambitions suivantes, qui seront partagées avec l’aménageur de la Zac, Nantes Métropole Aménagement, et le futur gestionnaire, la Direction Nature et Jardin de la ville de Nantes :
– une approche sobre et peu interventionniste sur les aménagements proposés,
– la conservation de l’esprit champêtre du bois,
– la préservation et pérennisation du patrimoine historique et végétal,
– l’accueil d’usages variés pour tous les publics.
Ces ambitions nous donnent le cadre de grands principes d’interventions, déclinés selon cinq thématiques :
AMENAGER
– Signaler les «portes du bois», pour créer les limites du futur parc
– Canaliser les cheminements de balade et limiter le tassement des espaces naturels
– Préserver, baliser et unifier les différents espaces par la déclinaison d’une typologie de clôtures
PROTEGER
– Restaurer et mettre en valeur le petit patrimoine bâti
– Conforter les continuités bocagères et les différentes niches écologique
ENTRETENIR
– Entretenir le plan d’eau et ses pourtours
– Gérer de façon différenciée et saisonnière la prairie du château
– Entretenir et régénérer le boisement
VALORISER
– Maintenir et conserver les ouvertures visuelles sur l’ancien château et la vallée de l’Erdre
ÉQUIPER
– Créer des éléments totems pour enrichir d’une nouvelle singularité le bois
– Implanter du mobilier pour conforter et spatialiser les usages
LE BOIS HUE, LA PIECE D’EAU, LA VUE SUR LES CHAMPS (en site classé)
C’est le cœur du projet, et c’est à partir de là que l’ensemble des éléments du projet vont se décliner.
L’ensemble du bois n’a pas vocation à être parcouru, donc des clôtures de type agricole, avec des piquets de châtaignier battus sont mis en place, pour isoler certaines zones, faciliter la régénération naturelle du boisement, sécuriser les abords de la pièce d’eau et éloigner les cheminements des franges habitées. Ces cheminements sont simplement matérialisés par des copeaux en partie issus des tailles sanitaires portées sur certains arbres vieillissants et un unique banc est installé sur un point de contemplation entre l’étang et prairie en contrebas. L’objectif est de maintenir la déambulation dans le bois, mais de ne pas y apporter d’autres usages qui seront plus pertinents et moins intrusifs ailleurs.
LE VERGER (en site classé)
En face de l’ancien château, il constitue une des entrées du parc.
Son implantation fait écho à l’ancien ordonnancement de ce secteur, une cour comprise entre deux longères, vue sur la vallée. La réintroduction d’anciennes variétés fruitières comme le cormier offre un support pédagogique sur le patrimoine, la flore et le développement de la faune. Comme pour la pièce d’eau, le seul mobilier proposé ici sera uniquement un banc en bois de châtaignier.
LA GRANDE PRAIRIE (pour partie en site classé)
Ouverte sur la façade opposée de l’ancien château, la grande prairie est au contact direct des nouvelles résidences de la Zac.
Au-delà d’offrir une simple perspective, ce vaste espace ouvert doit marquer l’entrée du parc. On y conforte l’usage récréatif en installant de nombreux mobiliers, plateformes et grandes tables, on y redessine une allée directement reliée au bois et on la cerne partiellement de clôtures, pour marquer une frange, l’entrée du parc du Bois Hue.
Comme partout ailleurs, le mobilier sera le moins intrusif possible sur le sol déjà en place. Les travaux ne nécessitent pas d’engins lourds, pas de déblais, pas de fondations. L’ensemble des éléments sont en bois non traités, châtaignier, chêne, pin douglas ou robinier, adaptés aux différentes situations.
LA COLLINE ET LE BOSQUET DES CABANES (hors secteur classé)
De l’autre coté du bois, une zone « technique » sépare le bois du quartier. Un bassin d’orage et une colline enfrichée, monticule artificiel délaissé des fouilles archéologiques préalable aux premières opérations de logement de la Zac, longe le mur d’enceinte du bois.
Au pied de la colline, un bosquet non entretenu est en partie approprié par les enfants du quartier. Ils y ont construit quelques cabanes rudimentaires, et accroché des balançoires aux branches des chênes.
Encore plus qu’ailleurs, c’est ici que le dialogue établi avec les riverains et les services techniques prend tout son sens dans l’enrichissement du projet.
Avec le service espace verts tout d’abord, avec qui nous discutons pour convenir du juste degré d’intervention pour créer des cheminements au travers du taillis et des ronces, dans un souci d’intervention minimale, mais engagée (le roncier offre un refuge privilégié pour la faune locale). La colline et le taillis deviennent alors un lieu à hauteur d’enfant, à explorer et à escalader. Le bassin est contourné par un chemin alternatif de copeaux. Entre les deux, une ancienne plateforme technique, accueille un nouveau mobilier d’agrès sportifs, à destination des joggeurs qui traversent pour notamment rejoindre les bord de l’Erdre voisine.
Puis avec les enfants et les parents du quartier, après avoir pris le temps d’expliquer pourquoi les balançoires et les petites cabanes construites de palettes ne pourraient pas rester dans un espace public ouvert à tous, nous avons travaillé avec les enfants à la définition de la cabane idéale, puis réinterprété cette utopie dans un ouvrage normé et pérenne. C’est ainsi trois structures ornementales qui sont installées sous les arbres, toujours avec le même principe de bois brut et de pieux battus, trois sculptures animalières qui apportent une réelle singularité et valeur à cette ancienne parcelle délaissée.
Bureau(x) d’études : APE, Egis
Photographe : Jean-Christoph Rousseau