BOIS HUE

rue du Bois Hue, 44000 Nantes

12

Programme

Aménagement du secteur du Bois Hue, en partie espace Classé pour en faire un nouveau parc nantais, en lisière de la ZAC Erdre Porterie à Nantes. L'opération doit permettre d'offrir de nouveaux lieux d'usage, complémentaire à ceux quartier, en respect avec le caractère patrimoniale et écologique du site. La concertation doit être au cœur de la démarche, à la rencontre des habitant du quartier, des riverains immédiat du site et de la Direction Nature et Jardin de la ville de Nantes, futur gestionnaire du site.

Concepteurs

  • super8

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Nantes Métropole Aménagement

Thèmes

  • Aménagement

Année de réalisation

2025

Surface(s)

31 000m²

Coûts

240 000€

Documents

Le Bois Hue (3.5 ha dont 1.3 ha en site classé) bénéficie d’une situation privilégiée à Saint Joseph de Porterie, entre secteur urbanisé récent (Zac Erdre Porterie) et site naturel protégé de la Vallée de l’Erdre.
Les traces du site historique du château du Bois Hue sont encore visibles de par la présence d’une pièce d’eau située au cœur du bois en espace boisé classé, d’un puits et du patrimoine bâti réhabilité et habité (logis et longères privés de l’ancienne ferme).
Autour du bois, s’articule un ensemble varié de milieux, prairies, bosquets, bassin de rétention plus récents, en partie aménagés à l’occasion de la création de la Zac.
Le projet d’aménagement du Bois Hue part de la volonté de mise en valeur ces espaces, par une lisibilité de parcours et d’usages contextualisés pour en faire demain un nouveau parc dans le réseau des jardins nantais.

Les aménagements et usages projetés sont développés dans le respect du déjà-là, à savoir, le patrimoine arboré, le sol vivant, le petit patrimoine bâti, mais également les habitants riverains. Et cela doit se faire en tirant profit de l’ensemble des espaces autour du bois Hue : le bois, la colline, le bosquet, la prairie, en les liant dans un tout cohérent et vivant.
Super8 pose donc les ambitions suivantes, qui seront partagées avec l’aménageur de la Zac, Nantes Métropole Aménagement, et le futur gestionnaire, la Direction Nature et Jardin de la ville de Nantes :
– une approche sobre et peu interventionniste sur les aménagements proposés,
– la conservation de l’esprit champêtre du bois,
– la préservation et pérennisation du patrimoine historique et végétal,
– l’accueil d’usages variés pour tous les publics.
Ces ambitions nous donnent le cadre de grands principes d’interventions, déclinés selon cinq thématiques :
AMENAGER
– Signaler les «portes du bois», pour créer les limites du futur parc
– Canaliser les cheminements de balade et limiter le tassement des espaces naturels
– Préserver, baliser et unifier les différents espaces par la déclinaison d’une typologie de clôtures
PROTEGER
– Restaurer et mettre en valeur le petit patrimoine bâti
– Conforter les continuités bocagères et les différentes niches écologique
ENTRETENIR
– Entretenir le plan d’eau et ses pourtours
– Gérer de façon différenciée et saisonnière la prairie du château
– Entretenir et régénérer le boisement
VALORISER
– Maintenir et conserver les ouvertures visuelles sur l’ancien château et la vallée de l’Erdre
ÉQUIPER
– Créer des éléments totems pour enrichir d’une nouvelle singularité le bois
– Implanter du mobilier pour conforter et spatialiser les usages

LE BOIS HUE, LA PIECE D’EAU, LA VUE SUR LES CHAMPS (en site classé)
C’est le cœur du projet, et c’est à partir de là que l’ensemble des éléments du projet vont se décliner.
L’ensemble du bois n’a pas vocation à être parcouru, donc des clôtures de type agricole, avec des piquets de châtaignier battus sont mis en place, pour isoler certaines zones, faciliter la régénération naturelle du boisement, sécuriser les abords de la pièce d’eau et éloigner les cheminements des franges habitées. Ces cheminements sont simplement matérialisés par des copeaux en partie issus des tailles sanitaires portées sur certains arbres vieillissants et un unique banc est installé sur un point de contemplation entre l’étang et prairie en contrebas. L’objectif est de maintenir la déambulation dans le bois, mais de ne pas y apporter d’autres usages qui seront plus pertinents et moins intrusifs ailleurs.

LE VERGER (en site classé)
En face de l’ancien château, il constitue une des entrées du parc.
Son implantation fait écho à l’ancien ordonnancement de ce secteur, une cour comprise entre deux longères, vue sur la vallée. La réintroduction d’anciennes variétés fruitières comme le cormier offre un support pédagogique sur le patrimoine, la flore et le développement de la faune. Comme pour la pièce d’eau, le seul mobilier proposé ici sera uniquement un banc en bois de châtaignier.

LA GRANDE PRAIRIE (pour partie en site classé)
Ouverte sur la façade opposée de l’ancien château, la grande prairie est au contact direct des nouvelles résidences de la Zac.
Au-delà d’offrir une simple perspective, ce vaste espace ouvert doit marquer l’entrée du parc. On y conforte l’usage récréatif en installant de nombreux mobiliers, plateformes et grandes tables, on y redessine une allée directement reliée au bois et on la cerne partiellement de clôtures, pour marquer une frange, l’entrée du parc du Bois Hue.
Comme partout ailleurs, le mobilier sera le moins intrusif possible sur le sol déjà en place. Les travaux ne nécessitent pas d’engins lourds, pas de déblais, pas de fondations. L’ensemble des éléments sont en bois non traités, châtaignier, chêne, pin douglas ou robinier, adaptés aux différentes situations.

LA COLLINE ET LE BOSQUET DES CABANES (hors secteur classé)
De l’autre coté du bois, une zone « technique » sépare le bois du quartier. Un bassin d’orage et une colline enfrichée, monticule artificiel délaissé des fouilles archéologiques préalable aux premières opérations de logement de la Zac, longe le mur d’enceinte du bois.
Au pied de la colline, un bosquet non entretenu est en partie approprié par les enfants du quartier. Ils y ont construit quelques cabanes rudimentaires, et accroché des balançoires aux branches des chênes.
Encore plus qu’ailleurs, c’est ici que le dialogue établi avec les riverains et les services techniques prend tout son sens dans l’enrichissement du projet.
Avec le service espace verts tout d’abord, avec qui nous discutons pour convenir du juste degré d’intervention pour créer des cheminements au travers du taillis et des ronces, dans un souci d’intervention minimale, mais engagée (le roncier offre un refuge privilégié pour la faune locale). La colline et le taillis deviennent alors un lieu à hauteur d’enfant, à explorer et à escalader. Le bassin est contourné par un chemin alternatif de copeaux. Entre les deux, une ancienne plateforme technique, accueille un nouveau mobilier d’agrès sportifs, à destination des joggeurs qui traversent pour notamment rejoindre les bord de l’Erdre voisine.
Puis avec les enfants et les parents du quartier, après avoir pris le temps d’expliquer pourquoi les balançoires et les petites cabanes construites de palettes ne pourraient pas rester dans un espace public ouvert à tous, nous avons travaillé avec les enfants à la définition de la cabane idéale, puis réinterprété cette utopie dans un ouvrage normé et pérenne. C’est ainsi trois structures ornementales qui sont installées sous les arbres, toujours avec le même principe de bois brut et de pieux battus, trois sculptures animalières qui apportent une réelle singularité et valeur à cette ancienne parcelle délaissée.


Bureau(x) d’études : APE, Egis
Photographe : Jean-Christoph Rousseau

Allée Frida Kahlo et Mail du Front Populaire

Allée Frida Kahlo et Mail du Front Populaire, 44200 Nantes

15

Programme

Désimperméabilisation et renaturation d'espaces urbains contraints, aux sols pollués - adaptation au changement climatique - Plan Pleine Terre de la Ville de Nantes et Nantes Métropole

Concepteurs

  • MAP [PAYSAGISTES] mandataire

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Ville de Nantes et Nantes Métropole

Thèmes

  • Aménagement

Année de réalisation

2025

Surface(s)

3500m² dont 1120m² de pleine terre et de sols régénérés accueillant 73 jeunes arbres plantés pour assurer 35% de canopée à terme (contre 3% = 1 magnolia solitaire initialement)

Coûts

490 000€ HT

Au cœur du Quartier de la Création sur l’Île de Nantes, l’adaptation des espaces piétons interstitiels du Mail du Front Populaire et de l’Allée Frida Kahlo transforme deux espaces linéaires fortement minéralisés en une séquence de « rues-jardins » capables d’offrir fraîcheur, usages et continuités écologiques dans un contexte urbain dense et contraint.
Inscrit dans la démarche du Plan Pleine Terre portée par Nantes Métropole et la Ville de Nantes, le projet accompagne la mutation des anciennes emprises industrielles Alstom en un quartier métropolitain vivant, mêlant enseignement, culture, logements, bureaux et espaces publics. Situés entre les Nefs, l’École des Beaux-Arts, Magmaa et les nouveaux îlots urbains du secteur Léon Bureau, le Mail du Front Populaire et l’Allée Frida Kahlo constituent aujourd’hui des axes de circulation très fréquentés, soumis à des conditions climatiques extrêmes : forte exposition au soleil pour l’allée Frida Kahlo, vents dominants pour le Mail du Front Populaire, sols largement imperméabilisés et faibles capacités d’accueil du végétal.
Le projet conçu par MAP [PAYSAGISTES], associé à TUGEC Ingénierie, propose une renaturation ambitieuse et contextualisée de ces espaces publics. Cette transformation est également le fruit d’un dialogue étroit et constructif entre l’équipe de maîtrise d’œuvre, la Ville de Nantes, Nantes Métropole, la Samoa et les différents acteurs du site. La conduite du projet en mode accéléré, dans le cadre du Plan Pleine Terre, a favorisé une méthode de travail collaborative, fondée sur des échanges continus entre concepteurs, Direction Nature et Jardin (pilote du Plan Pleine Terre), services techniques, exploitants, entreprises, Samoa et usagers afin d’adapter en permanence les réponses de projet aux contraintes de terrain, aux enjeux d’usage et aux ambitions écologiques portées collectivement. L’intervention repose sur une stratégie de désimperméabilisation massive et de reconquête de la pleine terre afin de recréer un cycle de l’eau plus naturel, renforcer la biodiversité urbaine et améliorer durablement le confort climatique des usagers.
L’enjeu principal consistait à réintroduire des sols ouverts et vivants, capables de redonner l’eau à la terre dans un environnement particulièrement contraint : réseaux techniques denses, accès pompiers et livraisons à maintenir, héritage industriel des sols induisant des pollutions et donc l’interdiction d’exporter les déblais, fortes fréquentations piétonnes et coexistence d’usages multiples. Le projet répond à cette complexité par un travail précis de couture urbaine, conciliant performances environnementales, sobriété constructive et intensité des usages afin de relier, par un fil vert, les différents espaces de nature du quartier, de tisser un réseau d’espaces de fraîcheur en profondeur sur l’Île de Nantes et de faire résonner la présence des berges toutes proches.
Le Mail du Front Populaire est recomposé comme une promenade végétale reliant le Parc des Chantiers aux espaces publics de ruelles et venelles caractéristiques du secteur. Les nouvelles fosses de pleine terre et bandes plantées créent une continuité de canopée à l’échelle du secteur, tout en préservant les circulations de secours et les accès logistiques. Les espaces de pause prennent place dans des alcôves végétalisées accompagnées de murets-bancs réalisés à partir du réemploi des dalles béton existantes. La palette végétale, composée d’arbres, d’arbustes et de vivaces adaptés au contexte climatique nantais, introduit une diversité de strates et de textures favorisant l’ombrage, l’infiltration des eaux pluviales et l’appropriation quotidienne des lieux. Les plantations mêlent notamment tilleuls à petites feuilles, érables champêtres, micocouliers, cerisiers à fleurs, ormes résistants, noisetiers de Byzance, ainsi qu’un sous-bois de gauras, stipas, iris, sauges, verveines de Buenos Aires et pennisetums, créant une atmosphère changeante au fil des saisons.
L’Allée Frida Kahlo développe une écriture plus immersive et sensible. Le projet s’organise autour du « Jardin Frida Kahlo », conçu comme un hommage à l’univers végétal, coloré et foisonnant de l’artiste mexicaine. À proximité immédiate du parvis de l’École des Beaux-Arts, cet espace devient un jardin traversant et habité, où les cheminements poreux, les plantations exubérantes et les assises libres composent un paysage propice aux rencontres, à la contemplation et aux usages spontanés. Les références aux jardins de la Casa Azul de Coyoacán créés par l’artiste elle-même inspirent une palette végétale méditerranéenne et exotique, résistante aux fortes chaleurs et capable de créer une atmosphère singulière au cœur du quartier. Le jardin associe ainsi jacarandas, palmiers du Mexique, bananiers, eucalyptus, agaves, cactus, cordylines, goyaviers du Brésil, yuccas, phormiums, kniphofias, cannas et euphorbes dans une composition foisonnante évoquant les paysages mexicains chers à Frida Kahlo.
La démarche environnementale constitue l’un des fondements du projet. Les matériaux issus de la démolition des dalles béton sont réemployés in situ sous forme de murets-bancs, réduisant l’empreinte carbone du chantier et valorisant la mémoire matérielle du site. Les pavés déposés sont également réutilisés dans les nouvelles compositions d’espace public et en lien avec un autre chantier du Plan Pleine Terre concomitant à celui de la place Jean-Claude Demaure. Cette logique de transformation par réemploi inscrit le projet dans une économie circulaire concrète et visible. On fait avec ce qui est déjà-là. Les matériaux déjà patinés s’insèrent naturellement dans leur environnement, rien ne se perd, tout se transforme. Les pavés en béton sont reposés pour créer des alcôves bordées de murets en béton issus du recyclage des dalles sciées pour créer les fosses de pleine terre. Au total, 1100 m² de pleine terre sont gagnés grâce à la dépose de 700 m² de dalle béton et 600 m² de pavés, dont 200 m² réemployés. 73 jeunes arbres sont plantés pour initier la canopée de demain.
Le projet accorde également une attention particulière à la qualité d’usage et à l’hospitalité des espaces publics. L’augmentation importante du nombre d’appuis-vélos, l’intégration d’assises multiples, la création d’une borne-fontaine et le maintien des usages libres déjà présents sur le site renforcent l’attractivité et la convivialité quotidienne des lieux. Les espaces végétalisés accompagnent les pratiques existantes — promenades, terrasses, regroupements étudiants, danse urbaine, rollers, nombreux évènements organisés par la Samoa — sans les contraindre, dans une logique de cohabitation et d’ouverture. Le projet a permis d’inviter l’art dans le jardin : les étudiants de l’École des Beaux-Arts ont participé à un concours initié par la Ville de Nantes, en collaboration avec l’équipe pédagogique de l’ESBAN et la Samoa, afin de proposer une œuvre sur l’espace public faisant écho aux aménagements du parvis. La fresque réalisée par Omar Fall prolonge ainsi symboliquement le jardin Frida Kahlo dans l’espace minéral de l’allée et témoigne de la volonté commune de faire dialoguer paysage, usages et création artistique. Un travail fin de reconnexion des mobilités douces de l’Allée Frida Kahlo à la rue de la Tour d’Auvergne a été réalisé : accompagnement de la rampe existante de bandes plantées et de bancs, plantations de rue, pose d’appuis-vélos, abaissement des bordures et création d’un nouveau passage piéton.
Au-delà de l’aménagement ponctuel, le projet participe à la consolidation d’une véritable trame paysagère à l’échelle de l’Île de Nantes. Il reconnecte les sols vivants entre le Parc des Chantiers, les berges de Loire et les espaces publics de rues, placettes et venelles du quartier tout en anticipant l’intensification des flux piétons liée à l’arrivée du nouveau pont Anne-de-Bretagne et de la future ligne de tramway.
Par sa capacité à transformer des espaces complexes et fortement imperméabilisés en lieux de vie généreux, résilients et désirables, l’aménagement du Mail du Front Populaire et de l’Allée Frida Kahlo illustre une nouvelle manière d’adapter la ville : une ville plus résiliente, plus sensible et attentive aux usages ordinaires, plus perméable, plus fraîche et plus joyeuse.


Informations complémentaires :
Accord-cadre d'assistance à maîtrise d'ouvrage et de maîtrise d’œuvre mono-attributaire suite à procédure restreinte

Bureau(x) d’études : TUGEC Ingénierie bureau d'étude VRD
Photographe : MAP [PAYSAGISTES]

Allée Frida Kahlo et Mail du Front Populaire

Allée Frida Kahlo et Mail du Front Populaire, 44200 Nantes

20

Programme

Désimperméabilisation et renaturation d'espaces urbains contraints, aux sols pollués - adaptation au changement climatique - Plan Pleine Terre de la Ville de Nantes et Nantes Métropole

Concepteurs

  • MAP [PAYSAGISTES] mandataire

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Ville de Nantes et Nantes Métropole

Thèmes

  • Aménagement

Année de réalisation

2025

Surface(s)

3500m² dont 1120m² de pleine terre et de sols régénérés accueillant 73 jeunes arbres plantés pour assurer 35% de canopée à terme (contre 3% = 1 magnolia solitaire initialement)

Coûts

490 000€ HT

Au cœur du Quartier de la Création sur l’Île de Nantes, l’adaptation des espaces piétons interstitiels du Mail du Front Populaire et de l’Allée Frida Kahlo transforme deux espaces linéaires fortement minéralisés en une séquence de « rues-jardins » capables d’offrir fraîcheur, usages et continuités écologiques dans un contexte urbain dense et contraint.
Inscrit dans la démarche du Plan Pleine Terre portée par Nantes Métropole et la Ville de Nantes, le projet accompagne la mutation des anciennes emprises industrielles Alstom en un quartier métropolitain vivant, mêlant enseignement, culture, logements, bureaux et espaces publics. Situés entre les Nefs, l’École des Beaux-Arts, Magmaa et les nouveaux îlots urbains du secteur Léon Bureau, le Mail du Front Populaire et l’Allée Frida Kahlo constituent aujourd’hui des axes de circulation très fréquentés, soumis à des conditions climatiques extrêmes : forte exposition au soleil pour l’allée Frida Kahlo, vents dominants pour le Mail du Front Populaire, sols largement imperméabilisés et faibles capacités d’accueil du végétal.
Le projet conçu par MAP [PAYSAGISTES], associé à TUGEC Ingénierie, propose une renaturation ambitieuse et contextualisée de ces espaces publics. Cette transformation est également le fruit d’un dialogue étroit et constructif entre l’équipe de maîtrise d’œuvre, la Ville de Nantes, Nantes Métropole, la Samoa et les différents acteurs du site. La conduite du projet en mode accéléré, dans le cadre du Plan Pleine Terre, a favorisé une méthode de travail collaborative, fondée sur des échanges continus entre concepteurs, Direction Nature et Jardin (pilote du Plan Pleine Terre), services techniques, exploitants, entreprises, Samoa et usagers afin d’adapter en permanence les réponses de projet aux contraintes de terrain, aux enjeux d’usage et aux ambitions écologiques portées collectivement. L’intervention repose sur une stratégie de désimperméabilisation massive et de reconquête de la pleine terre afin de recréer un cycle de l’eau plus naturel, renforcer la biodiversité urbaine et améliorer durablement le confort climatique des usagers.
L’enjeu principal consistait à réintroduire des sols ouverts et vivants, capables de redonner l’eau à la terre dans un environnement particulièrement contraint : réseaux techniques denses, accès pompiers et livraisons à maintenir, héritage industriel des sols induisant des pollutions et donc l’interdiction d’exporter les déblais, fortes fréquentations piétonnes et coexistence d’usages multiples. Le projet répond à cette complexité par un travail précis de couture urbaine, conciliant performances environnementales, sobriété constructive et intensité des usages afin de relier, par un fil vert, les différents espaces de nature du quartier, de tisser un réseau d’espaces de fraîcheur en profondeur sur l’Île de Nantes et de faire résonner la présence des berges toutes proches.
Le Mail du Front Populaire est recomposé comme une promenade végétale reliant le Parc des Chantiers aux espaces publics de ruelles et venelles caractéristiques du secteur. Les nouvelles fosses de pleine terre et bandes plantées créent une continuité de canopée à l’échelle du secteur, tout en préservant les circulations de secours et les accès logistiques. Les espaces de pause prennent place dans des alcôves végétalisées accompagnées de murets-bancs réalisés à partir du réemploi des dalles béton existantes. La palette végétale, composée d’arbres, d’arbustes et de vivaces adaptés au contexte climatique nantais, introduit une diversité de strates et de textures favorisant l’ombrage, l’infiltration des eaux pluviales et l’appropriation quotidienne des lieux. Les plantations mêlent notamment tilleuls à petites feuilles, érables champêtres, micocouliers, cerisiers à fleurs, ormes résistants, noisetiers de Byzance, ainsi qu’un sous-bois de gauras, stipas, iris, sauges, verveines de Buenos Aires et pennisetums, créant une atmosphère changeante au fil des saisons.
L’Allée Frida Kahlo développe une écriture plus immersive et sensible. Le projet s’organise autour du « Jardin Frida Kahlo », conçu comme un hommage à l’univers végétal, coloré et foisonnant de l’artiste mexicaine. À proximité immédiate du parvis de l’École des Beaux-Arts, cet espace devient un jardin traversant et habité, où les cheminements poreux, les plantations exubérantes et les assises libres composent un paysage propice aux rencontres, à la contemplation et aux usages spontanés. Les références aux jardins de la Casa Azul de Coyoacán créés par l’artiste elle-même inspirent une palette végétale méditerranéenne et exotique, résistante aux fortes chaleurs et capable de créer une atmosphère singulière au cœur du quartier. Le jardin associe ainsi jacarandas, palmiers du Mexique, bananiers, eucalyptus, agaves, cactus, cordylines, goyaviers du Brésil, yuccas, phormiums, kniphofias, cannas et euphorbes dans une composition foisonnante évoquant les paysages mexicains chers à Frida Kahlo.
La démarche environnementale constitue l’un des fondements du projet. Les matériaux issus de la démolition des dalles béton sont réemployés in situ sous forme de murets-bancs, réduisant l’empreinte carbone du chantier et valorisant la mémoire matérielle du site. Les pavés déposés sont également réutilisés dans les nouvelles compositions d’espace public et en lien avec un autre chantier du Plan Pleine Terre concomitant à celui de la place Jean-Claude Demaure. Cette logique de transformation par réemploi inscrit le projet dans une économie circulaire concrète et visible. On fait avec ce qui est déjà-là. Les matériaux déjà patinés s’insèrent naturellement dans leur environnement, rien ne se perd, tout se transforme. Les pavés en béton sont reposés pour créer des alcôves bordées de murets en béton issus du recyclage des dalles sciées pour créer les fosses de pleine terre. Au total, 1100 m² de pleine terre sont gagnés grâce à la dépose de 700 m² de dalle béton et 600 m² de pavés, dont 200 m² réemployés. 73 jeunes arbres sont plantés pour initier la canopée de demain.
Le projet accorde également une attention particulière à la qualité d’usage et à l’hospitalité des espaces publics. L’augmentation importante du nombre d’appuis-vélos, l’intégration d’assises multiples, la création d’une borne-fontaine et le maintien des usages libres déjà présents sur le site renforcent l’attractivité et la convivialité quotidienne des lieux. Les espaces végétalisés accompagnent les pratiques existantes — promenades, terrasses, regroupements étudiants, danse urbaine, rollers, nombreux évènements organisés par la Samoa — sans les contraindre, dans une logique de cohabitation et d’ouverture. Le projet a permis d’inviter l’art dans le jardin : les étudiants de l’École des Beaux-Arts ont participé à un concours initié par la Ville de Nantes, en collaboration avec l’équipe pédagogique de l’ESBAN et la Samoa, afin de proposer une œuvre sur l’espace public faisant écho aux aménagements du parvis. La fresque réalisée par Omar Fall prolonge ainsi symboliquement le jardin Frida Kahlo dans l’espace minéral de l’allée et témoigne de la volonté commune de faire dialoguer paysage, usages et création artistique. Un travail fin de reconnexion des mobilités douces de l’Allée Frida Kahlo à la rue de la Tour d’Auvergne a été réalisé : accompagnement de la rampe existante de bandes plantées et de bancs, plantations de rue, pose d’appuis-vélos, abaissement des bordures et création d’un nouveau passage piéton.
Au-delà de l’aménagement ponctuel, le projet participe à la consolidation d’une véritable trame paysagère à l’échelle de l’Île de Nantes. Il reconnecte les sols vivants entre le Parc des Chantiers, les berges de Loire et les espaces publics de rues, placettes et venelles du quartier tout en anticipant l’intensification des flux piétons liée à l’arrivée du nouveau pont Anne-de-Bretagne et de la future ligne de tramway.
Par sa capacité à transformer des espaces complexes et fortement imperméabilisés en lieux de vie généreux, résilients et désirables, l’aménagement du Mail du Front Populaire et de l’Allée Frida Kahlo illustre une nouvelle manière d’adapter la ville : une ville plus résiliente, plus sensible et attentive aux usages ordinaires, plus perméable, plus fraîche et plus joyeuse.


Informations complémentaires :
Accord-cadre d'assistance à maîtrise d'ouvrage et de maîtrise d’œuvre mono-attributaire suite à procédure restreinte

Bureau(x) d’études : TUGEC Ingénierie bureau d'étude VRD
Photographe : MAP [PAYSAGISTES]

GINA

4 rue Suzanne Képès, 44200 Nantes

19

Programme

Bureaux dédiés notamment à l’accueil de la filière Santé (Station S, CHU), restaurant et ateliers (occupés par Redeem - entreprise de réemploi de dispositifs médicaux, le hall Santé et la maison des Enfants). 42 places de stationnement en sous-sol destinés à l’ensemble des immeubles du bloc G

Concepteurs

  • BEAL&BLANCKAERT (mandataire)
  • De long en large (paysagiste)
  • Officina (suivi DET)

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • NOVAPOLE Immobilier (filiale de LOD et de la Banque des Territoires)

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2025

Surface(s)

5 430m² SP

Coûts

12 millions €HT compris stationnement (année 2025)

Documents

Gina au cœur du quartier de la santé sur l’ile de Nantes à proximité du futur CHU a été pensé pour accueillir des petites et moyennes entreprises du secteur médical à des loyers modérés. La réponse architecturale devait ainsi conjuguer plusieurs exigences : économie de moyens, modularité, qualité d’usage et attention particulière au bien-être des futurs occupants.
De la rencontre entre Novapole Immobilier/Loire Océan Développement, historiquement aménageur mais ici opérateur, et l’agence Béal Blanckaert, reconnue pour son approche frugale et sensible de l’architecture, est né un projet singulier, à rebours des standards habituels du bâtiment tertiaire.
Partagé avec la SAMOA aménageur de l’ile de Nantes, le choix d’un concours fondé non pas sur une simple « image » mais sur une note méthodologique sans perspective extérieure a permis d’éviter l’écueil d’un projet démonstratif cherchant davantage à séduire qu’à répondre concrètement aux usages. Grace à un dialogue constructif, le projet s’est ainsi construit collectivement entre la maîtrise d’ouvrage, les architectes et les bureaux d’études spécialisés, autour de valeurs communes et grâce à des workshops organisés toutes les deux semaines.
La démarche collaborative portée par l’architecte et la maîtrise d’ouvrage a permis de développer une architecture à la fois simple, flexible et facilement appropriable par ses occupants. Le projet repose sur des principes clairs et rationnels : une trame structurelle rigoureuse, une hauteur sous plancher généreuse de 3,16 m permettant d’envisager l’évolution future des usages, des réseaux techniques pensés dès l’origine, dimensionnés au plus juste et concentrés dans les trames centrales afin de libérer les espaces. Le choix d’un chauffage et rafraîchissement par le sol associé à un plancher technique garantit également une grande souplesse d’aménagement dans le temps.
Cette réflexion s’est aussi traduite dans les parcours et les usages collectifs du bâtiment, avec la création de doubles hauteurs servant à la fois de lieux de rencontre, d’espaces traversants et de respirations lumineuses,
Autant de choix qui participent à la maîtrise des coûts — enjeu devenu aujourd’hui incontournable — sans jamais conduire à une architecture standardisée ou banale. Bien au contraire, cette démarche a permis de faire émerger des espaces généreux, lumineux et accueillants, en relation constante avec des extérieurs végétalisés répartis à tous les niveaux du bâtiment : cour commune et espaces de travail partagés pour les ateliers du rez-de-chaussée, terrasses couvertes, jardins suspendus et lieux de pause ouverts sur le paysage.

L’approche frugale a permis de concevoir un bâtiment tertiaire confortable grâce à des solutions passives et un recours limité aux équipements techniques (sans climatisation ni BSO). La structure mixte bois béton permet d’utiliser chaque matériau au mieux dans ses caractéristiques techniques. Une dalle active à chaque niveau, permet de supprimer le principe de terminaux en métal (carbone) qui complexifie le recloisonnement, au profit d’une solution de chauffage doux et homogène par le sol et qui pourrait offrir également la possibilité d’un rafraîchissement estival. Les eaux pluviales sont récupérées pour alimenter les WC et l’arrosage. De grandes terrasses végétalisées offrent un accès extérieur à chaque étage. Les façades sont réalisées en tuiles poreuses permettant un rafraichissement léger de l’ilot de chaleur en déphasage par évapotranspiration tandis que la toiture accueille des panneaux photovoltaïques.

Ce projet, mené conjointement par les architectes, les bureaux d’études et la maîtrise d’ouvrage, s’est développé dans une démarche de conception libre de tout a priori et sans recherche d’une image démonstrative à laquelle les usages auraient ensuite dû s’adapter. L’architecture s’est au contraire construite comme l’expression directe des réponses structurelles, organisationnelles, environnementales et éthiques apportées au projet.
Les façades traduisent ainsi les besoins réels du bâtiment : contreventements visibles, retraits générés par les espaces plantés, mise en valeur de la structure mixte bois-béton, ou encore brise-soleil fixes dont l’inclinaison spécifique permet d’éviter le recours à des systèmes motorisés, plus coûteux et plus carbonés. Les matériaux sont laissés bruts, sobres et durables, sans éléments superflus.
À rebours de nombreux projets tertiaires contemporains, souvent caractérisés par des façades répétitives et des espaces intérieurs standardisés, Gina propose une vision singulière du lieu de travail et de l’architecture. Le projet se construit à travers une multitude d’attentions portées aux usages, aux espaces, aux matériaux, aux détails et aux ambiances, permettant selon nous une véritable appropriation par ses occupants. Un bâtiment vivant, avant tout.


Label(s) obtenu(s) : En cours : certification BEE, Label E3 C1 et biosourcé niveau 1

Informations complémentaires :
19 millions de coût d’opération. Financement = 80% emprunts et 20% fonds propres Novapole.

Bureau(x) d’études : OTEIS, INGEBOIS, Cabinet HEDOND
Photographe : Stephane Chalmeau, Yann L’hostis

Renaturation de la Place Jean-Claude Demaure

Place Jean-Claude Demaure, 44200 Nantes

20

Programme

Désimperméabilisation, renaturation d'un site urbain pour créer un îlot de fraîcheur. Sols pollués.

Concepteurs

  • MAP [PAYSAGISTES] mandataire

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Nantes Métropole et Ville de Nantes

Thèmes

  • Aménagement

Année de réalisation

2025

Surface(s)

4600 m²

Coûts

520 000€ HT

Le projet de réaménagement du triangle Viviani, aujourd’hui renommé Place Jean-Claude Demaure, s’inscrit dans la dynamique engagée par la Ville de Nantes et Nantes Métropole pour renforcer la présence du vivant dans l’espace public et accompagner les mutations climatiques et urbaines de l’Île de Nantes.
Conçu par MAP [PAYSAGISTES]mandataires du groupement formé avec Tugec Ingénierie, ce projet constitue une traduction concrète et sensible du « Plan Pleine Terre », démarche ambitieuse visant à redonner une place centrale au sol vivant, à l’eau et au végétal dans la fabrique urbaine.
Située dans un quartier dense et fortement minéralisé, ce carrefour urbain faisait face à plusieurs enjeux : améliorer le confort d’usage des habitants, lutter contre les îlots de chaleur urbains, favoriser l’infiltration des eaux pluviales et créer un espace public plus apaisé, plus hospitalier et plus résilient.
Le projet s’organise autour d’une composition sensible en « bulles » de pleine terre venant ponctuer et transformer progressivement le paysage minéral existant. Ces émergences plantées créent des séquences d’usages, des respirations et des microclimats à l’échelle du piéton. La parcelle concernée par des sols pollués, un important travail de reconstitution des horizons fertiles a été mené à partir de l’amendement des terres découvertes et conservées sur place. Cette intervention a permis de redonner vie au sol tout en générant de légères buttes plantées, offrant une épaisseur paysagère et écologique nouvelle à l’espace public. Le projet propose ainsi une transformation profonde du site par une désimperméabilisation importante des surfaces, l’introduction de nouvelles strates végétales et la création d’un paysage de proximité capable d’évoluer dans le temps. Des « bulles » de paysage.

L’intervention repose sur une approche sobre et attentive au contexte existant. Le dessin de la place privilégie les continuités piétonnes, les usages quotidiens et la qualité des ambiances. Les matériaux employés ont été choisis pour leur durabilité, leur capacité d’infiltration et leur cohérence avec les objectifs environnementaux du projet. Une attention particulière a également été portée au réemploi des matériaux, afin de réduire l’empreinte carbone du chantier et d’inscrire le projet dans une logique d’économie circulaire. Des murs ont ainsi été réalisés à partir de béton scié issu du décroûtage des sols d’un projet simultané conduit dans le cadre du Plan Pleine Terre sur l’Allée Frida Kahlo. Le projet intègre également le réemploi de pavés béton provenant du chantier du Mail du Front Populaire sur l’Île de Nantes. Ces choix constructifs traduisent une volonté de valoriser les ressources existantes du territoire tout en donnant une matérialité singulière et narrative à l’espace public.
La végétation, largement développée, participe autant à l’amélioration du microclimat qu’à la requalification de l’image du lieu. Les massifs ont été conçus selon une composition stratifiée intégrant les différentes strates végétales — arborée, arbustive ainsi que les vivaces et bulbes — afin de renforcer la biodiversité, de créer des ambiances évolutives au fil des saisons et d’assurer une présence végétale dense et pérenne dans l’espace public. Les plantations contribuent également au développement de la biodiversité urbaine et à la création d’un cadre de vie plus agréable pour les habitants et les personnes qui travaillent autour de la Place, qui y trouvent un endroit de pause conviviale idéal.

Au-delà de ses qualités paysagères, le projet témoigne d’une réflexion plus large sur la manière de transformer les espaces publics métropolitains face aux enjeux contemporains. La place devient un support d’expérimentation concrète autour des questions de pleine terre, de cycle de l’eau et d’adaptation climatique. Elle démontre qu’un espace public de proximité peut conjuguer performance environnementale, qualité d’usage et identité urbaine.
Cette réalisation illustre pleinement les valeurs portées par le Prix APERÇUS 44 : innovation dans les pratiques d’aménagement, attention portée au cadre de vie, qualité paysagère et engagement environnemental. Le projet est également le fruit d’un travail d’équipe étroit et ambitieux mené avec la Direction Nature et Jardins de la Ville de Nantes, dans une dynamique de dialogue constant et de coopération active. Cette complicité heureuse entre maîtrise d’ouvrage, maîtrise d’œuvre, entreprises et pépinières locales a permis de développer une approche collective exigeante, attentive à la qualité d’exécution, au choix des végétaux et à l’ancrage territorial du projet. Cette manière de faire, fondée sur la confiance, l’expérimentation et l’intelligence collective, constitue l’une des forces majeures de l’opération. Le projet met également en lumière le dialogue étroit entre maîtrise d’ouvrage et maîtrise d’œuvre pour produire un espace à la fois fonctionnel, sensible et durable.

Tant par son inscription dans une stratégie métropolitaine ambitieuse, par la qualité de sa mise en œuvre que par sa capacité à transformer durablement les usages et les perceptions du site, la Place Jean-Claude Demaure constitue une réalisation exemplaire des nouvelles manières d’adapter les espaces publics contemporains en ville. La reconnaissance du projet dépasse aujourd’hui l’échelle locale puisqu’il a été intégré au programme des visites techniques internationales (« Technical Tours ») organisées dans le cadre du congrès mondial de l’IFLA à Nantes en septembre 2025, témoignant de l’intérêt porté à cette réalisation par la communauté internationale du paysage et de l’aménagement urbain.


Informations complémentaires :
accord-cadre d'assistance à maîtrise d'ouvrage et maîtrise d’œuvre mono-attributaire suite à une procédure adaptée

Bureau(x) d’études : Tugec Ingénierie bureau d'étude VRD co-traitant
Photographe : MAP [PAYSAGISTES]

Renaturation de la Place Jean-Claude Demaure

Place Jean-Claude Demaure, 44200 Nantes

31

Programme

Désimperméabilisation, renaturation d'un site urbain pour créer un îlot de fraîcheur. Sols pollués.

Concepteurs

  • MAP [PAYSAGISTES] mandataire

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Nantes Métropole et Ville de Nantes

Thèmes

  • Aménagement

Année de réalisation

2025

Surface(s)

4600 m²

Coûts

520 000€ HT

Documents

Le projet de réaménagement du triangle Viviani, aujourd’hui renommé Place Jean-Claude Demaure, s’inscrit dans la dynamique engagée par la Ville de Nantes et Nantes Métropole pour renforcer la présence du vivant dans l’espace public et accompagner les mutations climatiques et urbaines de l’Île de Nantes.
Conçu par MAP [PAYSAGISTES]mandataires du groupement formé avec Tugec Ingénierie, ce projet constitue une traduction concrète et sensible du « Plan Pleine Terre », démarche ambitieuse visant à redonner une place centrale au sol vivant, à l’eau et au végétal dans la fabrique urbaine.
Située dans un quartier dense et fortement minéralisé, ce carrefour urbain faisait face à plusieurs enjeux : améliorer le confort d’usage des habitants, lutter contre les îlots de chaleur urbains, favoriser l’infiltration des eaux pluviales et créer un espace public plus apaisé, plus hospitalier et plus résilient.
Le projet s’organise autour d’une composition sensible en « bulles » de pleine terre venant ponctuer et transformer progressivement le paysage minéral existant. Ces émergences plantées créent des séquences d’usages, des respirations et des microclimats à l’échelle du piéton. La parcelle concernée par des sols pollués, un important travail de reconstitution des horizons fertiles a été mené à partir de l’amendement des terres découvertes et conservées sur place. Cette intervention a permis de redonner vie au sol tout en générant de légères buttes plantées, offrant une épaisseur paysagère et écologique nouvelle à l’espace public. Le projet propose ainsi une transformation profonde du site par une désimperméabilisation importante des surfaces, l’introduction de nouvelles strates végétales et la création d’un paysage de proximité capable d’évoluer dans le temps. Des « bulles » de paysage.

L’intervention repose sur une approche sobre et attentive au contexte existant. Le dessin de la place privilégie les continuités piétonnes, les usages quotidiens et la qualité des ambiances. Les matériaux employés ont été choisis pour leur durabilité, leur capacité d’infiltration et leur cohérence avec les objectifs environnementaux du projet. Une attention particulière a également été portée au réemploi des matériaux, afin de réduire l’empreinte carbone du chantier et d’inscrire le projet dans une logique d’économie circulaire. Des murs ont ainsi été réalisés à partir de béton scié issu du décroûtage des sols d’un projet simultané conduit dans le cadre du Plan Pleine Terre sur l’Allée Frida Kahlo. Le projet intègre également le réemploi de pavés béton provenant du chantier du Mail du Front Populaire sur l’Île de Nantes. Ces choix constructifs traduisent une volonté de valoriser les ressources existantes du territoire tout en donnant une matérialité singulière et narrative à l’espace public.
La végétation, largement développée, participe autant à l’amélioration du microclimat qu’à la requalification de l’image du lieu. Les massifs ont été conçus selon une composition stratifiée intégrant les différentes strates végétales — arborée, arbustive ainsi que les vivaces et bulbes — afin de renforcer la biodiversité, de créer des ambiances évolutives au fil des saisons et d’assurer une présence végétale dense et pérenne dans l’espace public. Les plantations contribuent également au développement de la biodiversité urbaine et à la création d’un cadre de vie plus agréable pour les habitants et les personnes qui travaillent autour de la Place, qui y trouvent un endroit de pause conviviale idéal.

Au-delà de ses qualités paysagères, le projet témoigne d’une réflexion plus large sur la manière de transformer les espaces publics métropolitains face aux enjeux contemporains. La place devient un support d’expérimentation concrète autour des questions de pleine terre, de cycle de l’eau et d’adaptation climatique. Elle démontre qu’un espace public de proximité peut conjuguer performance environnementale, qualité d’usage et identité urbaine.
Cette réalisation illustre pleinement les valeurs portées par le Prix APERÇUS 44 : innovation dans les pratiques d’aménagement, attention portée au cadre de vie, qualité paysagère et engagement environnemental. Le projet est également le fruit d’un travail d’équipe étroit et ambitieux mené avec la Direction Nature et Jardins de la Ville de Nantes, dans une dynamique de dialogue constant et de coopération active. Cette complicité heureuse entre maîtrise d’ouvrage, maîtrise d’œuvre, entreprises et pépinières locales a permis de développer une approche collective exigeante, attentive à la qualité d’exécution, au choix des végétaux et à l’ancrage territorial du projet. Cette manière de faire, fondée sur la confiance, l’expérimentation et l’intelligence collective, constitue l’une des forces majeures de l’opération. Le projet met également en lumière le dialogue étroit entre maîtrise d’ouvrage et maîtrise d’œuvre pour produire un espace à la fois fonctionnel, sensible et durable.

Tant par son inscription dans une stratégie métropolitaine ambitieuse, par la qualité de sa mise en œuvre que par sa capacité à transformer durablement les usages et les perceptions du site, la Place Jean-Claude Demaure constitue une réalisation exemplaire des nouvelles manières d’adapter les espaces publics contemporains en ville. La reconnaissance du projet dépasse aujourd’hui l’échelle locale puisqu’il a été intégré au programme des visites techniques internationales (« Technical Tours ») organisées dans le cadre du congrès mondial de l’IFLA à Nantes en septembre 2025, témoignant de l’intérêt porté à cette réalisation par la communauté internationale du paysage et de l’aménagement urbain.


Informations complémentaires :
accord-cadre d'assistance à maîtrise d'ouvrage et maîtrise d’œuvre mono-attributaire suite à une procédure adaptée

Bureau(x) d’études : Tugec Ingénierie bureau d'étude VRD co-traitant
Photographe : MAP [PAYSAGISTES]

Résidence Nidea – Zac Champ de Manoeuvre

Rue René Rivet, 44300 Nantes

31

Programme

Construction de 28 logements dont 23 logements intermédiaires (R+2/3+C) en locatif social et 5 maisons individuelles en accession sociale, aménagement du cœur d’ilot et des abords.

Concepteurs

  • Bohuon Bertic et associé.e.s

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Nantes Métropole Habitat

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2023

Surface(s)

Surface de plancher 1 970m² Surface utile 1 835m² Surface extérieure aménagée 1 600m²

Coûts

3 990 000 €HT (dont 3 745 000€HT bâtiment et 245 000€ HT VRD/EV)

Documents

COMMANDE / MAITRISE D’OUVRAGE / MAITRISE D’ŒUVRE
La résidence NIDÉA s’inscrit dans le projet urbain Champ de Manœuvre, au Nord-Est de Nantes, sur un site singulier, le Bois Sauvage, habité par une végétation dense. Le projet est né d’une volonté partagée entre Nantes Métropole Habitat et l’équipe de maîtrise d’œuvre de proposer une forme d’habitat social attentive aux usages quotidiens, à la qualité des espaces extérieurs et au rapport au vivant.
La réflexion s’est construite autour d’une question centrale : quelle forme d’habitat collectif peut aujourd’hui offrir de véritables qualités d’usage dans le logement social, aussi bien en locatif qu’en accession ? Le projet développe ainsi une attention particulière aux espaces partagés et aux transitions entre espace collectif et sphère intime. Cette démarche a conduit à concevoir un ensemble où la générosité des circulations, la multiplicité des vues et la présence du paysage participent pleinement à la qualité de vie des habitants.

ENVIRONNEMENT / RESSOURCES
La résidence est constituée d’un linéaire de maisons mitoyennes, installé au premier plan Rue René Rivet, et d’une bande de logements intermédiaires au second plan, décomposée en deux parties, de part et d’autre d’une faille révélant l’entrée du bâtiment. Ainsi fractionné en deux grands ensembles, le projet permet l’inclusion de la végétation existante à la composition bâtie et la préservation des arbres hautes tiges du site et de ses abords.
Le cœur d’îlot constitue un filtre aux vis à vis entre l’immeuble collectif et les maisons. Alimenté en eau par des noues, il est aussi un paysage singulier à regarder au fil des saisons avec des végétaux de zones humides, des massifs arbustifs, les sujets conservés et de nouveaux arbres à floraisons intéressantes.
Le système constructif en prémurs béton a été choisi pour limiter les interventions lourdes sur ce site contraint et préserver les chênes.

USAGES / FONCTIONNALITÉS
Nous nous sommes interrogés sur ce qui permet de qualifier aujourd’hui l’espace de vie dans l’habitat social et nous nous sommes naturellement orientés vers le rapport entre l’intérieur et l’extérieur. Les contraintes de typologie, de surface, de cahier des charges à respecter produisent des plans de logements optimisés. La marge de manœuvre se situe alors dans l’espace entre clos et ouvert. Dans le cadre de ce projet, préservant un cœur d’îlot végétal, la question prend toute sa valeur. Notre proposition traite du « vivre-ensemble » en élargissant les capacités d’usage, en qualifiant les espaces pour les transformer en lieux de vie selon le désir des futurs habitants. La générosité des espaces de transition, l’étagement des limites entre public et privé, la qualité des seuils, le tissage des vues proches et lointaines, sont autant d’éléments qui permettent de créer du lien et donc de « bien voisiner » au fil des saisons.

INTÉGRATION / ESTHÉTIQUE
L’écriture architecturale du projet repose sur une composition fragmentée de volumes à doubles pentes qui s’insère avec douceur dans le site. L’alternance de petites entités permet de réduire l’impact du programme tout en donnant au projet une silhouette identifiable.
Le projet cherche une forme de sobriété où la répétition des éléments et la palette de matériaux limités produisent une unité d’ensemble. Les façades monochromes en béton lasuré captent les variations d’ensoleillement et les ombres portées de la végétation ; les menuiseries en bois et les éléments de serrurerie galvanisée apportent finesse et profondeur aux façades.
Les loggias, protégées par des tôles perforées, les jeux de retraits et les grands châssis vitrés en bois participent à une architecture attentive aux usages autant qu’au paysage. Le projet propose ainsi une image du logement social généreuse, durable et ancrée dans son territoire.


Bureau(x) d’études : Betom, ECMS, Zephyr paysages
Photographe : Juan Cardona

Amazing Amazones : l’îlot 4B

Îlot 4B, Boulevard de Berlin, 44000 Nantes

28

Programme

Construction d'un îlot mixte de bureaux, de 91 logements en accession autour d'un complexe sportif et ludique.

Concepteurs

  • a+ samueldelmas architectes (architecte mandataire)
  • DLW architectes (architecte associé)

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Altarea-Cogedim

Thèmes

  • Architecture
  • Urbanisme

Année de réalisation

2023

Surface(s)

Surface de plancher : 25 500 m² dont 16 200 m² de bureaux, 5 800 m² de logements, 3500 m² de centre sportif UCPA

Coûts

55 M € HT (Février 2019)

Documents

À la pointe du quartier Euronantes Gare, une triangulation de contraintes enserre un îlot : voies ferrées d’un côté, boulevard de l’autre, neuf mètres de dénivelé, nuisances sonores et les pieds dans l’eau ! Et pourtant, à quelques pas seulement, le calme s’installe. Là, à la jonction de l’ancien et du nouveau, le projet prend racine. Il prolonge le corridor écologique formé par la petite Amazonie, enclave sauvage et sanctuaire de biodiversité. Il densifie sans heurts, mêle les usages et favorise la rencontre autour du sport. À grande échelle, il propose une réponse urbaine où les masses s’entrouvrent pour cadrer les paysages de la ville.

Rencontres urbaines
Trois typologies, un seul dessin : logements, bureaux et complexe sportif s’assemblent dans une composition audacieuse. Ce morceau de ville révèle les qualités d’un quartier où vie quotidienne et activité professionnelle s’entremêlent.

Les gabarits ont été développés pour permettre une coexistence harmonieuse des différentes échelles de la ville, tout en préservant les vues vers les grands repères nantais. En prenant de la hauteur, les usagers découvrent ainsi le panorama nantais, la Loire et le pont Tabarly qui se dessinent en perspective.

Le projet revendique une écriture de la variation. Chaque bâtiment développe sa propre écriture afin de composer un véritable morceau de ville. À rebours des grands ensembles homogènes, l’ambition est ici de fabriquer un mini-quartier vivant et diversifié, où la composition crée l’identité urbaine.

Co-visibilités
Le bâti se segmente en volumes cousins et complémentaires. Chaque entité est autonome mais solidaire, liée à l’autre par des jeux de transparence, de co-visibilité, de percées visuelles. Les espaces s’ouvrent par des loggias continues, des balcons filants, des paliers où l’on respire, où la lumière pénètre sans filtre. Un grand châssis, des menuiseries cachées, un plein, un vide : l’architecture s’épure. Les limites s’estompent.

Rez-de-chaussée
Le socle actif, où se croisent les usagers, s’ancre sur le boulevard et dans la pente. Sa singularité réside dans la relation constante aux espaces extérieurs : chaque hall se prolonge par un patio arboré. Des séquences piétonnes redessinent la parcelle comme une promenade urbaine. Au niveau du sol, l’assise sportive accueille un monde en mouvement. Musculation, danse, escalade : un grand volume se déploie, haut de trois à onze mètres, organisé autour d’un vide. Le bois dialogue avec le béton, les passerelles s’élancent entre les poteaux, les murs d’escalade habillent les parois de bois tactiles. Les espaces traversent, filtrent, tempèrent, ouvrent vers l’extérieur.

Symbiose citadine
Ce sol vivant se prolonge en paysage habité en hauteur où jardins suspendus, loggias généreuses, terrasses panoramiques densément plantées de baliveaux et espaces sportifs résonnent avec le ciel. À la croisée des usages, il accueille les terrasses actives des bureaux, les patios arborés en cœur d’îlot, la terrasse-jardin conviviale du café UCPA. Au sommet, les logements s’élèvent. Tous ouverts sur leurs angles, ils s’ouvrent au panorama. La lumière pénètre à 180°. Le hall d’entrée en double hauteur donne la mesure.

Flexibilité
Les logements reposent sur des plateaux libres et des cloisons en SAD, structurés par des noyaux et des façades porteuses, permettant des transformations typologiques dans le temps. Les bureaux sont conçus comme des plateaux libres et ouverts, capables d’accueillir des configurations de travail variées et évolutives. Guidé par la souplesse d’usage et la réversibilité, le projet accompagne ainsi les évolutions futures de la ville.


Label(s) obtenu(s) : HQE "Excellent"
BREEAM "Very Good"
RT2012 -30%

Informations complémentaires :
Type de marché : Concours privé

Bureau(x) d’études : D'ICI LÀ (paysagiste), EVP (structure), OTE (fluides+vrd), OTEIS (économie), WONDERFULIGHT (concepteur lumière), PEUTZ (acoustique)
Photographe : Thibaut Voisin

Accueil Librairie Château des Ducs de Bretagne

4 place Marc Elder, 44000 Nantes

23

Programme

Réaménagement de l’accueil billetterie et de la librairie du musée d’histoire de Nantes

Concepteurs

  • Tact Architectes

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Le Voyage à Nantes

Thèmes

  • Aménagement
  • Architecture

Année de réalisation

2025

Surface(s)

220m² SP

Coûts

Coût bâtiment : 247 000 € HT soit 1122 € HT/m² Pas de VRD ni Espaces verts

Documents

En tant qu’architectes, c’est pour nous un honneur d’avoir travaillé sur un projet dans un site aussi prestigieux que celui du musée d’histoire de Nantes au Château des Ducs de Bretagne. Ce lieu patrimonial majeur, fortement attractif sur le plan touristique, voit sa fréquentation et sa visibilité croître continuellement au fil des années.
Nous avons étroitement partagé avec l’ensemble des acteurs de la maîtrise d’ouvrage les préoccupations et les valeurs qui fondent ce projet de réaménagement : contribuer à l’image d’un musée citoyen et accessible, d’un musée vivant – capable d’accueillir, tout au long de l’année, des propositions artistiques et des événements – et d’un musée engagé dans son époque.

Ce projet de réaménagement dialogue avec les espaces existants majestueux dans lequel il prendre place, tout en répondant aux enjeux de qualité d’accueil, de lisibilité des flux et de confort d’usage pour l’ensemble des publics.

Les intentions projectuelles de ce réaménagement se traduisent par l’introduction de touches chromatiques et matérielles élégantes et chaleureuses qui agissent par contraste délicat avec la spatialité minérale de ces lieux de pierre. La proposition s’appuie sur l’emploi de matériaux nobles et durables – meubles en chêne naturel ou lasuré, textiles épais acoustiques, étagères métalliques lasurées, ponctuations d’éléments en laiton – entrant en résonance avec la pierre et la ferronnerie existantes.

Le parti pris du projet repose sur la déclinaison de trois familles de mobilier, chacune conçue en dialogue avec les éléments patrimoniaux et participant à la définition des zones fonctionnelles :

Des mobiliers d’accueil immédiatement identifiables.

Des mobiliers de pourtour ou de surface, venant effleurer les murs et s’inscrire en écho avec leur épaisseur, leurs redents et leurs aspérités. Leur implantation veille à préserver la lisibilité des éléments patrimoniaux, et notamment des cheminées existantes.

Des mobiliers mobiles, installés au cœur des espaces, reconfigurables en fonction des usages et des appropriations, tout en maintenant une perception pleine et entière des volumes des salles.

Ce projet d’accueil des visiteurs a été pensé afin d’être à la hauteur de la noblesse du site, tout en demeurant convivial et généreux, offrant dès l’entrée un avant-goût de la richesse et de la densité des contenus exposés.


Informations complémentaires :
Mission complète + Opc

Maison HUN

18 Chemin de la Hunaudais, 44100 Nantes

33

Programme

Extension / surélévation
Rénovation / Réhabilitation

Concepteurs

  • Tact Architectes

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Privée

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2025

Surface(s)

110 m² SHAB

Coûts

Cout total opération : 207 545 € HT € HT soit 1887 € HT/m²Coût bâtiment (hors VRD / Espace Vert) : 201561 € HT soit 1832 € HT/m²

Documents

Le projet concerne la réhabilitation et la transformation d’une maison située dans le quartier Zola à Nantes, caractérisé par un tissu de maisons de ville typiques des faubourgs nantais. L’intervention s’appuie sur les atouts existants de cette ancienne maison ouvrière – notamment son jardin luxuriant, son orientation ouest et sa configuration traversante – afin de révéler les qualités intrinsèques du lieu avec justesse et mesure.

Un travail conjoint avec la maîtrise d’ouvrage a été menée sur la juste définition des besoins pour dépasser la seule question d’adapter une maison familiale pour permettre le maintient à domicile de ses usagers à long terme, en réfléchissant notamment la question du vieillissement et de l’accessibilité, au travers de l’optimisation des parcours et des espaces. L’architecture a été ici le moyen, à partir de cette demande fonctionnelle, d’une requalification subtile de l’existant qui reconsidère d’un côté le rapport à la rue et de l’autre au jardin.

À partir de l’étude des usages existants, la configuration spatiale est ainsi repensée autour d’un meuble central épais qui organise côté rue les fonctions servantes (entrée, escalier, salle d’eau) et côté jardin les espaces de vie (cuisine, séjour, salon). Cette redistribution du rez-de-chaussée constitue le premier geste structurant.

Cette nouvelle organisation est complétée par une fine extension qui recompose la façade ouest. Conçue comme une galerie en ossature bois, elle agit comme un espace d’entre-deux reliant l’intérieur au jardin, accueillant une terrasse abritée, offrant de nouveaux rangements et permettant l’ouverture généreuse du séjour sur le végétal.

Le bois, par sa texture chaleureuse et apaisante, structure avec subtilité l’aménagement intérieur ainsi que l’extension tournée vers le jardin, dialoguant avec les végétaux et leurs nuances de vert dans lesquelles elle s’inscrit harmonieusement.

Par ailleurs, des touches de couleurs vives — allant du pourpre à l’orangé, en passant par des teintes corail pastel — viennent dynamiser l’ensemble. Elles participent à la composition des volumes, soulignent les différentes strates spatiales et contribuent à créer une atmosphère intérieure conviviale et lumineuse.

Enfin, la rénovation de l’enveloppe du bâtiment (isolation ciblée à base de matériaux biosourcés, création de nouvelles ouvertures, ravalement des façades) vient parfaire l’intervention. Cette approche contemporaine valorise les matériaux existants — pierre, brique, ardoise et végétation — en les associant à la chaleur du bois et à des accents colorés, donnant naissance à une architecture à la fois ancrée dans son contexte et résolument joyeuse.


Informations complémentaires :
Marché privé
Mission complète + Opc

Photographe : tact-architectes