Intimité sur périptère – Complexe funéraire animalier

Rue Denis Papin, 44810 Héric

72

Programme

Le programme de ce bâtiment est mixte. Il s’agit de la construction d’un crématorium animalier classé ICPE couplé à un site administratif comprenant un centre de formation pour les vétérinaires.

L’ouvrage se décompose en deux zones distinctes :
– Une zone d’accueil du public ERP comprenant un hall, 3 salons avec patio et une salle polyvalente.
– Une zone technique ICPE réservée aux professionnels comprenant une halle technique, des locaux liés au process de crémation (laboratoire, chambre froide,…), des bureaux, une salle de formation et un espace tisanerie.

L’enjeu programmatique d’un tel lieu est double : poétique et technique. Lieu de recueil, il s’agit aussi d’un ouvrage technique qui accueille un process comprenant de nombreux systèmes de machinerie.

Concepteurs

  • Atelier Ronan Prineau

Commune

  • Héric

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Seleste

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2023

Surface(s)

1095 m2 de surface utile

Coûts

2 715 000 € HT dont 324 265 € HT de terrassement – voirie – aménagements

Documents

Le crématorium animalier est un établissement classé ICPE qui impose des contraintes de voisinages importants. Il s’implante au cœur d’une zone d’activité sans trame urbaine et structure stricte. Entre périurbain déstructuré et forêt classée, l’architecture relève le défi de mettre en œuvre un ouvrage où le caractère fonctionnel participe à reconstituer un propos urbain et architectural, s’appuyant sur les grandes composantes végétales.

A la lisière du paysage agricole héricois, l’ouvrage s’insère dans le grand paysage bocager par son architecture tramée et ses proportions horizontales qui dialoguent avec la verticalité des haies boisées alentours. Son ossature constructive rationnelle de béton ceinture le bâtiment. Elle se dilate ponctuellement pour créer un périptère extérieur couvert qui offre à l’ouvrage un premier degré d’intimité, introduisant l’usager au cheminement du deuil. A l’intérieur, chacun des salons profite d’un patio privatif, propice à l’introspection. La halle technique et la partie dédiée au repos des employés s’orientent également sur des patios privatifs. L’unité de la façade tramée contraste avec la diversité des univers intérieurs produits. Un contraste s’opère entre l’aspect extérieur de l’ouvrage qui répond à son contexte industriel, et les patios intérieurs et leur bardage mélèze qui répondent à la forêt et soulignent la préciosité du moment.

L’ensemble de l’ouvrage est porté par une structure de béton déclinée en poteaux périphériques et voiles intérieurs. L’ouvrage est efficient, les poteaux périphériques assurent le double rôle structurel et de modénature, il n’y a pas de sur-structure et donc de sur-matière.

Les matériaux employés sont laissés bruts, la solennité et l’épaisseur du béton est complémentaire au caractère chaleureux du bois. Ils participent à une ambiance réconfortante et accompagnent l’usager dans l’expérience du deuil.

La forme carrée et la structure tramée et rigoureuse de l’ouvrage garantissent son adaptabilité aux usages futurs. Sa grande halle technique observe une structure porteuse de 18m permettant le déploiement de dispositifs de crémation plus vertueux ultérieurement (aquamation, …)

Le complexe funéraire s’est construit main dans la main avec le maître d’ouvrage, à travers une démarche réflexive et collaborative.
La conception du projet a donné naissance à plusieurs innovations portées par trois ambitions majeures :
– La volonté de prendre soin à la fois des familles et des animaux, en plaçant l’accompagnement, la dignité et l’attention au cœur du parcours.
– La recherche de transparence, en mettant en valeur le process technique et les différentes étapes du fonctionnement du complexe.
– La possibilité de transmettre via le centre de formation


Label(s) obtenu(s) : L’ouvrage n’a pas reçu de label. Une démarche frugale a cependant été mise en place par :
– Un chantier à faible impact avec des entreprises locales et des savoir-faire locaux
– Une gestion de l’eau à la parcelle et perméabilité des sols
– La mise en œuvre de matériaux biosourcés dès que possible : bardage mélèze + second œuvre en bouleau
– Réversibilité des espaces par structure à grande portée
– Récupération d’énergie sur process
– Lumière naturelle justement dimensionnée en fonction de l’usage compris dans les zones techniques (halle, …)

Bureau(x) d’études : Cabinet Denis Rousseau, Isocrate, Arest, Inteco

Établissement France Services

14 Rue de la Corbardière, 44220 Couëron

67

Programme

-Equipement public
-Bâtiment modulaire déplaçable et reconfigurable
-Etablissement labellisé France Services (EFS), puis salles de classe ou espaces dédiés à la petite enfance

Concepteurs

  • STA ARCHITECTURE

Commune

  • Couëron

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Mairie de Couëron

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2025

Surface(s)

165 m² sdp

Coûts

700 000 € HT

Documents

Le bâtiment modulaire de Couëron est le résultat d’un dialogue étroit entre maîtrise d’ouvrage et maîtrise d’œuvre, visant à créer un équipement public capable d’accompagner les transformations du territoire. Conçu pour accueillir d’abord un Espace France Services, puis être déplacé et reconfiguré en salles de classe ou en espace petite enfance, le bâtiment anticipe ses usages successifs dès sa conception. Cette stratégie municipale innovante — investir dans un équipement pérenne et réutilisable plutôt que louer des modules provisoires — constitue un choix fort de gestion publique durable. Elle témoigne d’une ambition partagée pour une architecture évolutive, sobre et attentive aux besoins des habitants.
L’opération s’inscrit dans une approche attentive aux ressources et au contexte. Constituée de dix modules à structure métallique démontable, la construction privilégie la réversibilité, la sobriété matérielle et la limitation de l’impact sur le sol. Les fondations sur pieux métalliques évitent l’usage du béton et sont réutilisables lors du futur déplacement. Le bardage métallique noir, pensé pour être recouvert d’un bardage bois à claire voie lors de la seconde implantation, anticipe l’intégration dans un nouveau site. La toiture légère ventilée, issue des principes de l’architecture bioclimatique, protège le bâtiment des surchauffes estivales et favorise une ventilation naturelle efficace. La gestion des eaux pluviales est assurée par des cuves aériennes de rétention, limitant le rejet au réseau public. Cette attention portée aux ressources et au cycle de vie du bâtiment constitue un levier essentiel de réduction de l’empreinte environnementale.
Le projet répond aux usages actuels tout en anticipant les évolutions à venir. L’agencement intérieur est entièrement reconfigurable, et d’ores et déjà conforme aux normes scolaires et petite enfance : il permet ainsi une reconversion immédiate lors de sa prochaine implantation. Les larges ouvertures rythmant les façades, apportent lumière naturelle et transparence, et renforcent la qualité d’usage pour les publics accueillis. La construction hors site, fondée sur un processus modulaire 3D, garantit une mise en œuvre rapide et maîtrisée, particulièrement adaptée à un environnement sensible situé face à une école et à des équipements sportifs et associatifs.
Enfin, la réalisation affirme une qualité architecturale sobre et maîtrisée : trame verticale élégante, silhouette élancée surélevée du sol, cohérence constructive et lisibilité des volumes. Le caractère démontable et remontable du bâtiment, la limitation des nuisances de chantier, la gestion raisonnée des ressources et le respect des exigences de la réglementation environnementale 2020 témoignent d’une démarche engagée, au service d’un équipement public durable, adaptable et exemplaire. En proposant un modèle reproductible pour les collectivités, le projet démontre qu’une architecture modulaire peut conjuguer agilité, durabilité et qualité architecturale. Il ouvre la voie à une nouvelle génération d’équipements publics agiles, capables de se déplacer, de se transformer et d’accompagner les transitions territoriales.


Label(s) obtenu(s) : 80% Cradle to Cradle

Informations complémentaires :
Marché public, procédure adaptée

Bureau(x) d’études : BE STRUCTURE ANDO, BE FLUIDES KALEGOS, ECONOMISTE MATIERA, PREVENTIONNISTE PREVERIS
Photographe : Pierre Baelen

Pôle d’échanges multimodal

Boulevard de Berlin, 44000 Nantes

94

Programme

12 750 m² d’équipements publics : gare routière, gare de taxis, parking loueurs, parking vélo de 1 470 places, 11 400 m² de bureaux et 3 700 m² d’espaces végétalisés.

Concepteurs

  • AIA LIFE DESIGNERS
  • DREAM

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • BATI NANTES
  • Nantes Métropole Aménagement

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2025

Surface(s)

12 750 m² d’équipements publics : gare routière, gare de taxis, parking loueurs, parking vélo de 1 470 places11 400 m² de bureaux et3 700 m² d’espaces végétalisés

Coûts

41,13 M€ HT

Documents

Situé aux abords immédiats de la nouvelle gare de Nantes, le Pôle d’Échange Multimodal (PEM) et son programme tertiaire fédère au sein d’un même volume, infrastructures de mobilité et deux sièges d’entreprises locales : Lucca et Lhyfe. Porté par une maîtrise d’ouvrage partagée entre Nantes Métropole Aménagement et Bati-Nantes, l’ensemble a été conçu en conception-réalisation par les agences d’architectures DREAM et AIA Life Designers et le groupement d’entreprises ETPO (mandataire), André BTP et Briand Bois.

Le projet a reposé sur une co-construction étroite entre la maîtrise d’ouvrage publique et privée, le groupement d’entreprises mandataire en conception-réalisation et l’équipe d’architectes. Cette organisation a permis de créer un écosystème unique, fondé sur le dialogue et l’intelligence collective.
La coordination constante entre les multiples parties prenantes, publiques comme privées, a favorisé une vision partagée du projet et permis de concilier ambitions architecturales, enjeux techniques et objectifs environnementaux. De cette synergie est né un bâtiment cohérent, innovant et fédérateur, véritable fruit d’une démarche collective.

Situé aux abords immédiats de la gare de Nantes, le Pôle d’Echange multimodal (PEM) et son programme tertiaire s’inscrivent au cœur du renouvellement urbain du quartier. Conçu comme un signal architectural, le projet incarne les enjeux de la ville de demain : mixité d’usages, mobilité décarbonée et qualité des espaces de travail.
Dans un même volume, il fédère infrastructures de transport, services publics, bureaux et espaces paysagers. L’ensemble est connecté à l’espace public et au grand paysage nantais. Avec 1 470 emplacements vélos, il accueille l’un des plus vastes parcs de vélos de France et crée un nouveau point de convergence entre la gare ferroviaire, la gare routière et la ville. Sa volumétrie joue avec les rythmes du site et s’inscrit dans une composition pensée à l’échelle du piéton en mouvement.
S’élevant sur neuf niveaux — quatre pour le PEM, cinq pour les bureaux — le projet propose une réponse simple à une complexité programmatique. Sa conception s’appuie sur des principes clairs : sobriété des volumes, lisibilité des accès, confort d’usage et forte ambition environnementale. Le choix de la verticalité limite l’emprise au sol et libère de vastes espaces publics. Les flux piétons, voyageurs et salariés ont été hiérarchisés pour fluidifier les circulations. C’est l’expression de la ville en mouvement qui façonne l’architecture.

Le PEM repose sur une structure poteaux-poutres en béton à grandes portées qui libère l’espace et favorise la flexibilité des usages. L’ouverture des façades, les lignes courbes et les larges baies vitrées offrent une architecture généreuse et perméable, en lien direct avec le parvis et les quais. Depuis le hall, la mezzanine vitrée révèle l’élément emblématique du projet : la boucle du “Grand 8” du parc de stationnement vélo avec ses espaces circulables, véritable sculpture habitée.

Couronnant le PEM, les bureaux se présentent comme une constellation de volumes suspendus. Leurs gabarits compacts, attachés les uns aux autres, créent une silhouette fragmentée, identifiable depuis l’espace public. Leur revêtement en tuiles de terre cuite sombre, évocation du patrimoine historique nantais, dialogue avec un jardin suspendu qui s’étend à 12 mètres de hauteur.
Ces bureaux s’ouvrent largement sur l’extérieur : loggias, terrasses et circulations périphériques prolongent naturellement les espaces de travail et instaurent une relation directe avec le paysage. Ces respirations généreuses favorisent les échanges informels, les pauses partagées et la porosité entre intérieur et extérieur.
À l’écart des codes tertiaires traditionnels, le projet propose une nouvelle approche du lieu de travail. La matière brute— bois, tuile, végétal — insuffle une atmosphère domestique et chaleureuse, invitant chacun à s’approprier les espaces. Les circulations extérieures encouragent le mouvement et multiplient les interactions spontanées, dessinant une architecture vivante et perméable, en écho à la dynamique du site.
Les plateaux reposent sur une structure poteaux-poutres en bois lamellé et des planchers CLT qui minimisent les points porteurs et maximisent la flexibilité d’aménagement. La structure bois laissée apparente crée une ambiance apaisante et propice au bien-être. Conçus comme des espaces évolutifs, les bureaux permettent de s’adapter aux besoins changeants des entreprises et des équipes.
Le jardin suspendu de 1 690 m², véritable îlot de fraîcheur, offre des vues inédites sur la gare, le Jardin des Plantes et les toits de Nantes. Situé entre les deux entités — équipement public et programme tertiaire — il agit comme un trait d’union et participe à l’équilibre global de la composition.
Au total, 3 700 m² d’espaces végétalisés — toitures, coursives, jardins — jouent un rôle actif dans le confort thermique du bâtiment. Par l’évapotranspiration des plantations, ils contribuent à rafraîchir l’air et créent une respiration paysagère en plein cœur de la ville.

Le projet a été réalisé avec une part conséquente de construction hors site fabriquée localement (38%). Cette approche a répondu aux enjeux majeurs de planning, de qualité et d’optimisation de l’espace dans un environnement contraint :
– Façades ossature bois avec menuiseries et structure en bois lamellé intégralement préfabriquées par l’usine de Briand bois à Verrières-en-Anjou (49)
– Plancher CLT fabriqué par l’usine Piveteau bois à Sainte-Florence (85)
– Balcons préfabriqués par l’usine de Briand bois à Verrières-en-Anjou (49)
– 10 800 m² d’ossature bois
– 5 mois de chantier pour l’ossature bois


Label(s) obtenu(s) : BREEAM very good, RT 2012, E3C2, BBCA niveau excellent

Bureau(x) d’études : AIA Ingénierie, AIA environnement, Zéphyr paysage, Gamba, Namixis.
Photographes : Cyrille Weiner (1-3-5-7) / Stéphane Chalmeau

Toue Cabanée

Privée, 44000 Nantes

78

Programme

Réhabilitation/Surélévation d’une maison individuelle

Concepteurs

  • François Massin Castan

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • François Massin Castan

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2023

Surface(s)

SP existante : 28m2 ; SP créée : 48m2 ; total : 76m2

Coûts

170 000 €ht

Documents

Une maison existante de plain-pied et à l’emprise au sol minime (28m2 SP) se tient sur un plateau rocheux au-dessus d’une prairie inondable et à proximité du parking d’une halte ferroviaire. Hybride par essence, le site est à l’articulation d’un coteau aux caractéristiques géologiques et végétales connues de ce secteur des bords de Loire et d’un dispositif multimodal où la présence visuelle de la voiture semble inévitable de prime abord.
L’acte de transformation architecturale vise à proposer un habitat conservant l’emprise au sol actuelle tout en augmentant radicalement ses relations à la diversité des paysages, du plus proche au plus lointain. Ce contraste recherché est à même de faire oublier la présence du stationnement et de la halte, il oriente l’habitat avec des choix de cadrages radicaux pour tirer parti de cette situation contradictoire. À la manière des toues cabanées, bateaux à fond plat typiques qui rythment les bords de Loire, l’abri conçu cherche à faire corps avec son environnement et à évoquer une sérénité retrouvée dans un milieu vivant et finalement pas si hostile.
L’habitat se développe verticalement sur 3 niveaux aux surfaces minimes, chacun étant inférieur à 30m2 au sol. Au cœur de ce principe architectural, le niveau intermédiaire accueille la pièce de vie principale, étroitement connectée au paysage immédiat par des ouvertures maximales toutes largeurs sur les deux pignons. De fait, la gestion du contreventement est déplacée hors des murs périphériques vers une autre localisation du projet, à savoir le noyau central de la maison. Les conceptions du contreventement et de l’escalier sont simultanées, afin de parvenir à une forme hybride répondant aux besoins d’efficacité structurelle et de circulation verticale confortable.
Le noyau central est un travail réalisé à dix mains — architecte-ingénieur-maçon-charpentier-menuisier — afin de parvenir à une forme en «K» adaptée à la fois aux fonctions contreventantes et au confort d’un escalier quotidien. Les charges horizontales y sont transférées par des poutres-au-vent intégrées aux planchers intermédiaires, libérant les pignons de leur rôle habituel de stabilisation, permettant ainsi des ouvertures maximales. Le levage des murs, des planchers en queue d’aronde et de la charpente en chevrons porteurs est mené sur une unique journée in situ. Les canisses d’osier déroulées en bardage, le pin maritime en doublage, l’épicéa en structure et en mobilier, le châtaignier pour les sols sont autant d’essences convoquées pour un habitat vivant incarné par le matériau bois.

ENVIR. : Structure épicéa, Menuiseries mixtes bois/alu, Isolation laine de bois (principale) et laine de chanvre (complément), doublage pin des landes, sol châtaignier, poêle bois, aucune emprise au sol créée
ARTISANS : Trav&Renov (Maçonnerie Gros Oeuvre) | TierrHabitat (Charpente Ossature Bois, Isolation, Etanchéités,
Menuiseries extérieures, Doublage Bois) | IDCouverture (Couverture) | ArtiChape (Chape fluide) | NG Electricité
(Electricité,Ventilation) | Clavier-Vautrin (Plomberie) | Collectif Saga (Escalier/Mobilier) | Autres lots en auto-construction


Informations complémentaires :
Mission complète

Bureau(x) d’études : François Massin Castan
Photographe : François Massin Castan

Love Letters

Privée, 44100 Nantes

77

Notre projet se situe rue Gutenberg, nommée après le célèbre inventeur de l’imprimerie à caractères mobiles. A la manière des éléments d’une machine à écrire, ce morceau de ville est constitué de petites entités à la fois similaires et pourtant très variées. Notre projet de réhabilitation et surélévation d’un habitat individuel s’inscrit dans cette contribution à une diversification, tout en exploitant au mieux les paramètres d’une parcelle extrêmement contrainte.
Dans sa configuration urbaine, la maison existante présente une visibilité très forte depuis une petite rue d’apparence assez anodine, mais qui constitue un des parcours piétons les plus importants du quartier, reliant de manière douce le parc des Oblates à la place commerçante Jean Macé. La façade principale est en ce sens reconsidérée depuis cette petite rue et retournée dans la profondeur de la parcelle.

Le projet de la maîtrise d’ouvrage consiste à intégrer des surfaces supplémentaires dédiées à des espaces nuits plus nombreux et plus confortables. La taille de la parcelle étant très minime (154m2) et déjà bien construite, ne laissant que peu de place à un jardin, l’option de la surélévation est rapidement envisagée. Pour autant, celle-ci doit veiller à ne pas occuper toute l’emprise construite pour ne pas générer d’ombres portées supplémentaires sur ce jardin résiduel au risque de renforcer son enclavement.

La surélévation se tient ainsi dans le sens de la longueur, avec une épaisseur bâti isolée qui accueille trois chambres, une salle d’eau et les circulations communes. Mais une autre épaisseur vient animer cette façade, insérée entre volumes neuf et préservé : une faille extérieure habitée, constituée d’espaces en continuité de toutes les chambres. Conçu juste après la crise du Covid, ce projet veille en effet à ce que chaque habitant du foyer, enfants comme adultes, dispose d’un prolongement extérieur depuis son propre espace privatif qu’est la chambre. La qualité de vie est augmentée par cette connexion forte avec l’air, le paysage et les éléments. Ces espaces supplémentaires complètent en outre le petit jardin de poche : le projet s’avère être ainsi autant une extension de l’intérieur que de l’extérieur.

Au R+1 de cette surélévation, la faille est bardée d’un bardage bois douglas naturel sur les façades neuves et le volume conservé. La terrasse est faite du même bois, liant entre elles les chambres des enfants et s’apparentant à un terrain de jeu alternatif. Au R+2 de cette surélévation, la chambre parentale est animée par un espace extérieur qui lui est dédié, en couronnement du volume. La structure métallique galvanisée épouse la forme à deux pans assymétriques du toit. Des plantes grimpantes, comme ce jasmin, sont amenées à s’approprier la structure et offrir une interface végétale depuis la chambre, mais aussi depuis la rue.

ENVIR. : Structure, doublage, bardage et terrasse bois, isolation intégrale ouate de cellulose, menuiseries extérieures mixtes bois/alu, tuiles extérieures aluminium, doublage intérieur peuplier.
ARTISANS : Trav&Renov (Maçonnerie Gros Oeuvre) | Sineco Charpentes (Charpente Ossature Bois, Isolation, Etanchéités,
Menuiseries extérieures, Doublage Bois) | IDCouverture (Couverture) | Carrelage Villeneuve (Carrelage) | SolArti (Plomberie,
Chauffage, Electricité,Ventilation) | Atlantic Metal Services (Structure métallique extérieure) | Autres lots en autoconstruction


Informations complémentaires :
Mission complète

Bureau(x) d’études : VSB Vivier Structures Bois
Photographe : François Massin Castan

Extension patinoire du Petit Port

Bd du Petit Port, 44000 Nantes

66

Programme

Le projet porte sur l’extension de tribunes dans le complexe multisports du Petit Port et sur la création d’un espace multi-activités en extension sur les locaux. Les contraintes techniques, réglementaires et de mise en œuvre sont très fortes. Le chantier est réalisé en site occupé avec une date livraison contrainte par reprise championnat.

Concepteurs

  • FAU Fouquet architecture urbanisme ( mandataire )

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Nantes Gestion Equipement

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2025

Surface(s)

1200 m2 dont 600 m2 extension

Coûts

1 319 000 € HT

Documents

Trou de souris et bibendum

Ce projet répond aux besoins du club de hockey sur glace qui évolue en ligue 1, le Nagh. Il s’agit de développer son offre publique avec une salle convivialité et une augmentation du nombre de sièges en tribune. La nouvelle tribune s’installe au-dessus et au droit des vestiaires, la salle de convivialité au-dessus de la terrasse extérieure de ces vestiaires.

Ce projet d’extension et réhabilitation comprend :
– la création d’une tribune fixe de 209 places supplémentaires dans l’emprise de la halle existante, en face de la tribune actuelle
– Une extension en toiture de l’actuel bâtiment des vestiaires sur le chemin de la Censive du Tertre, abritant un espace convivialité, 2 terrasses couvertes et un bloc sanitaire
– la réhabilitation des vestiaires existants au rdc et leur mise aux normes
Le projet d’extension prend place uniquement en toiture des vestiaires et ne modifie pas le terrain actuel. L’extension nécessite la mise en œuvre d’une nouvelle structure indépendante, les charges ajoutées ne pouvant reposer sur la construction existante pour des raisons de règlementation sismiques. Une structure bois composée de portiques posés sur micropieux est créée pour porter le volume en extension, implantés contre le mur de façade courbe des vestiaires en RDC, dans l’emprise des actuelles jardinières et de l’emprise foncière.
La nouvelle tribune s’installe dans le volume, au droit des vestiaires. Elle est également composée d’une structure indépendante de l’existant pour répondre aux règles sismiques. Les micro-pieux traversent la dalle existante et le vide sanitaire afin d’assurer la descente de charges et la stabilité de l’ouvrage.
Les portiques, éléments de structure en contact avec l’existant sont posés sur appuis glissants afin que les deux structures, le gradin et l’extension, soient indépendantes au plan sismique.
Compte tenu des contraintes d’insertion dans l’existant, fonction des enjeux sismiques, des contraintes dimensionnelles de l’existant (passages sous poutres) qu’il faut ne pas modifier pour ne pas avoir à justifier l’ensemble de la structure aux Eurocodes actuels et enfin des contraintes de planning chantier, l’intervention sur les ouvertures en façade était limité à une période de déglaçage et remise en glace de la patinoire de deux mois, ce projet revenait d’une certaine manière à faire rentrer des ronds dans des carrés pour atteindre le but recherché.
Le nombre de sièges à créer en tribune était déterminé par les dimensions des existants en longueur et profondeur, les règles sécurité incendie, les conditions de vue sur le terrain. Le projet optimise le nombre de places (209). La surface de la salle de convivialité était quant à elle dimensionnée par le programme. Cette dernière était très en deçà de la surface de toit terrasse existante, et trop peite relativement à l’échelle de l’équipement. Le risque d’un volume sur rue sous-dimensionné nécessitait un travail sur l’échelle de l’enveloppe.
Si, pour la tribune et les inscriptions dans l’existant, il a fallu passer dans un trou de souris, à l’inverse, pour l’extension, il a fallu survitaminer le volume, à l’instar des protections des hockeyeurs dont les volumes des protections gonflent étrangement les corps des joueurs.

Commande et Moa
Le projet aura été l’occasion pour NGE et Fau, avec l’ensemble de la Moe, de construire une relation de confiance. Le contexte était particulièrement sensible pour deux raisons. Le projet était suivi par la ville de Nantes et la Métropole du fait de l’engagement des collectivités auprès du club, le Nagh. Pour ce dernier, la réalisation du projet dans les temps conditionnait son équilibre économique et sa place en Division 1.
Pour Nge la livraison était donc attendu pour le mois de novembre 2025, par le club, mais aussi par les associations et les usages de loisirs.
Une partie de travail de projet aura été de composer dans la durée avec la diversité des attentes et des contraintes. Aussi, Moa et Moe ont développé une forte relation partenariale sur la durée de la mission, études et chantier, sans jamais perdre de vue les enjeux qualitatifs du projet. Chacun ayant bien en tête que la qualité de la réception par les utilisateurs était également un enjeu. La conduite de projet a été saluée par la Ville et la Métropole de Nantes, le résultat par les utilisateurs, et le club.
Environnement
Le projet développe les enjeux de la robustesse développée par O Hamant : une amélioration des conditions d’habitabilité au plan individuel et collective, et reliée aux enjeux environnementaux du nouveau régime climatique.
Un premier point est de composer au plus juste, et au plus près, avec les existants. Le travail de lecture de l’existant, volumes, structures et règles de sécurité, gestion des fluides… a permis d’identifier les conditions d’intervention les plus justes, notamment en minimisant les interventions sur les structures existantes. Les marges de préservation se jouant par endroit à 2 ou 3cm près. Pour Fau, réhabiliter, rénover c’est d’abord explorer la stratégie de valorisation de l’existant afin d’économiser les ressources.
Le second est de réaliser une extension en bois, mettant en valeur la capacité du bois à répondre aux enjeux d’extension d’un projet dont la charpente initiale, des années 1970 est aussi en bois. Le déploiement à l’extérieur de la charpente bois est le juste prolongement de l’existant et l’affirmation d’une matérialité à moindre impact carbone fonction des contraintes fortes du contexte de projet. Cette matérialité se développe dans la salle de convivialité, dans les terrasses attenantes, les parements. Avant cette dimension du visible il y a le principe de robustesse qui se traduit ici par des composants simples, accessibles et finalement démontables ou modifiables si demain l’équipement devait disparaître ou changer de destination.
Le troisième tient d’une part au développement de locaux complétant le programme initial et développant des potentialités d’usages non déterminés, terrasses couvertes notamment. On ne peut concevoir les enjeux environnementaux indépendamment des conditions d’usages, de propositions socio-spatiales. Cet enjeu d’usage s’articulant ici avec un enjeu de langage architectural et de son partage.

Usage
Le projet comporte trois registres. La rénovation partielle des vestiaires existants et l’adaptation des flux du fait de la réorganisation induite par la création de la nouvelle tribune et de la salle convivialité. La création d’une tribune parfaitement accessible et créant une relation de qualité à l’aire de jeu, une optimisation des conditions de visualisation des pratiques. La création de lieux de convivialité.
Le premier consiste en intervention de rafraichissement et de mise aux normes, notamment incendie.
Le second est un travail de calage très précis afin de générer des conditions de visions du jeu optimales pour tous les usagers dans un contexte de fortes contraintes liées aux existants, aux règles de sécurité et aux normes sismiques. La pente du gradin, le positionnement des assises, composent avec une structure qui s’efface pour laisser libre la vision sur l’aire de jeu en tous points et notamment sur les buts ou le bord de l’aire de jeu. Un garde-corps en verre garantit cette vision. Une plateforme en haut du gradin permet de regarder le jeu également. Elle assure la transition avec la salle de convivialité qui est séparée du gradin par une paroi transparente et un sol continu.
La salle de convivialité bénéficie d’une vue sur l’aire de jeu et l’enceinte de la patinoire. Des tablettes s’installent sous poutre de manière à former une niche qui invite à visionner les parties. La salle de convivialité s’installe dans la charpente bois créée. Elle est ouverte sur la patinoire et se prolonge de part et d’autre par des terrasses qui proposent des usages en extérieur, augmentant ainsi le programme. C’est un des enjeux ici que de générer un potentiel d’usages indéterminés sur la base du programme initial.

Esthétique
Explorer le langage environnemental de l’architecture est un sujet central pour Fau. Explorer le langage c’est construire l’ouvert, relier sans assigner. Explorer le langage environnemental de l’architecture c’est rechercher quelles sont les formes d’expressions qui traduisent cette ère nouvelle et en devenir qui est notre condition. Le nouveau régime environnemental, ou climatique, est un monde fluctuant, incertain. Un monde plus hybride et pluriel que la totalité homogène de l’idéal moderne. En ce sens, le seul affichage de la matérialité écologique est une expression qui bien que nécessaire est incomplète car trop littérale. Elle doit être pluralisée par des liens multiples et peu hiérarchisées. Une polysémie, où vivre avec le trouble est plus urgent et constructif que l’expérience d’un ordre qui n’a jamais été. C’est ce que nous avons recherché.
L’écriture du projet veut construire un langage qui articule enjeux environnementaux, enjeux d’usages et enjeux de représentation de la destination du projet. Pour les tribunes l’enjeu est l’effacement de l’intervention au service de la vision du jeu. C’est une ligne simple, un monochrome gris qui accueille le gradin et les assises dans le volume existant.
Pour l’extension un premier enjeu est d’installer un volume dialoguant avec l’architecture existante et à l’échelle de celle-ci. Un second enjeu est de développer des liens et dialogues entre le lieu, le programme, sa destination.
Le projet s’installe sous un toit blanc qui prolonge les toits existants, dans largeur du toit principal, dans le prolongement des plis et crètes de la surface blanche.
La double courbure blanche côté rue est générée par la courbe existante, par les peintures de paysage aux toits organiques de Brueghel l’ancien. Manière d’organiser un dialogue entre rationalité de l’épure de la charpenterie et forme empirique du proche en proche. La courbe répond aux platanes proches, le bois tracé au bois courbé. A terme la surface servira d’écran pour projeter images ou scores des matchs de hockey. Ce grand toit blanc opalescent augmente la volume intérieur et abrite les terrasses extérieures, tout en orientant la vue vers l’intérieur du gymnase. Le pli et la structure de la charpente, la répétition des travées bois, évoquent une nef inversée. Un navire pour les corsaires ? En tout état de cause, on souhaite bon vent à cette équipe : Favet Neptunus Eunti.
L’écriture est à la croisée du narratif et de l’abstrait, elle est parlante et silencieuse, elle est volonté d’expression et résultante d’un donné simplement prolongé. La structure est rigoureuse, et il fallait l’être pour passer au centimètre près, en même temps que la double courbure est difforme, un gonflement sans autre raison que d’être cela, un jeu avec la forme, pour le plaisir du jeu.


Bureau(x) d’études : Bollinger & Grohmann (structure), Aréa études Nantes (fluides), CMB (économiste &Opc), ITAC (acoustique)
Photographe : Philippe Ruault

Ecale cendrée

Privée, 44210 Pornic

75

Programme

Réhabilitation lourde d’une maison secondaire

Concepteurs

  • in/Uit architectes

Commune

  • Pornic

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Privée

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2023

Surface(s)

150m2 SDP réhabilitée

Coûts

340 000 €HT (2022)

Documents

Cette maison d’habitation avait la particularité d’être composée d’une adjonction de volumes bâtis se distinguant les uns des autres (niveaux de sols différents en intérieur, orientation différentes ou décalage en toiture, revêtements extérieurs disparates (pierres et enduit)). Cet ensemble tendait à créer un intérieur d’îlot introverti vis à vis de la rue, la maison s’ouvrant sur une large terrasse centrale minérale. Plusieurs espaces extérieurs étaient identifiés sans pour autant être qualifiés : terrasse minérale donnant sur la rue, espace arrière latéral donnant sur l’atelier adjacent, terrasse minérale centrale…

Notre proposition tente de révéler cet assemblage de différents bâtis existants caractéristiques du Pays de Retz, en permettant une distinction plus évidentes des volumes. Ainsi, un nouveau volume bardé de bois brûlé permet de distinguer les volumes anciens de la bâtisse, pour la plupart en pierres apparentes voire partiellement enduit, de l’extension du bâtiment plus récente (années 90). Plusieurs séquences paysagères sont ainsi créées en cœur de parcelle à l’aide de terrasses extérieures bois ou béton et de nouvelles plantations, qualifiant ainsi ces espaces auparavant mal identifiés. Les façades en intérieur de site sont recomposées avec des ouvertures agrandies orientant sur des points de vues privilégiés sur le terrain et le bocage alentours (puits, arbres, paysage vallonné…).
Une pergola vient continuer l’implantation des volumes par «assemblage», se distinguant ainsi volontairement des volumes existants pour mieux les révéler. S’élevant juste au dessus de l’égout de toiture du bâtiment adjacent, tout en régnant avec le faîtage du corps principal de la maison côté rue, elle propose un contrôle varié de l’ensoleillement selon les moments de la journée et vient renforcer la centralité de la terrasse extérieure, tout en séparant la séquence d’entrée de la maison. Le linéaire de façade donnant sur la rue et visible depuis l’espace public reste quant à lui inchangé, simplement rénové afin de préserver le caractère rural de la façade existante.

Une ambition forte d’aborder cette rénovation avec des matériaux biosourcés et écologiques est soutenue par la maîtrise d’ouvrage. Ainsi, l’ensemble de la bâtisse est rénovée avec de la laine de bois, des complexes perspirants et du chaux-chanvre. Des placages bois viennent ponctuer les espaces intérieurs associés à des enduits à la chaux afin de caractériser chaque espace, chaque volume.


Bureau(x) d’études : Abak
Photographe : in/uit architectes

Collège Anne Frank

2 allée Anne Frank, 44800 Saint-Herblain

69

Programme

le nouveau collège Anne Frank de Saint-Herblain a été conçu pour accueillir une capacité maximale de 600 élèves (dont les effectifs de la SEGPA).
À cela s’ajoute l’activité de sa cuisine centrale qui, bien que située dans l’établissement, prépare chaque jour près de 2 000 repas pour nourrir également les élèves d’autres collèges du secteur.
Programme détaillé :
Enseignement : Salles de cours généralistes et spécialisées adaptées, incluant une SEGPA inclusive (pôles Hygiène Alimentation Services et Production Industrielle).
Administration & Vie scolaire : Bureaux administratifs à l’organisation logique, espaces enseignants, CDI et locaux d’accompagnement pédagogique.
Restauration : Une cuisine centrale dimensionnée pour produire 2 000 repas par jour, desservant les élèves et enseignants du site ainsi que les collèges Ernest Renan et Nantes Centre (Vial), avec une réserve de production.
Logements de fonction : 3 appartements indépendants (T4) dotés chacun d’un garage de 18 m² ou d’une place de stationnement aérienne selon les contraintes.
Technique : Locaux dédiés à la maintenance et aux équipements techniques (notamment les centrales de traitement d’air – CTA).

Concepteurs

  • K ARCHITECTURES

Commune

  • Saint-Herblain

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • DÉPARTEMENT DE LOIRE ATLANTIQUE

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2025

Surface(s)

Surfaces : - Pas de rénovation / Uniquement de la construction Surface utile : Collège : 4 936 m2 // Logements (x3) : 282 m2 Surface plancher : Collège : 6 385 m2 // Logements (x3) : 309 m2 Surface parcelle : 12 590 m2 Surfaces extérieures aménagées : 8 577 m2 (dont 217 m2 de préau et 236 m2 de passerelle préau)

Coûts

Coûts : - Coût HT travaux : 16 800 000 € HT - Année de valeur : 2022

Documents

SYNTHESE suivant thèmes du règlement
Collège Anne Frank – Saint-Herblain
1. Insertion urbaine et identité architecturale
• Contexte et Mixité : Implanté en lisière du quartier prioritaire du Grand Bellevue, le collège dépasse sa fonction d’enseignement pour devenir un repère républicain, un vecteur de mixité sociale et un havre protecteur favorisant l’émancipation.
• Limites et Abords : L’entrée s’organise autour d’une grande arche solennelle. Le projet refuse les ruptures brutales ville/collège au profit de filtres successifs, de clôtures et de façades jouant sur les opacités pour préserver l’intimité sans isoler. Le déplacement des sculptures de l’artiste Diem Phung Thi crée un pont mémoriel avec l’ancien établissement Ernest-Renan.
• Esthétique et Détail : La recherche de « beauté » s’incarne dans la cohérence globale du lieu, générant dignité et fierté chez les usagers. Les transparences, la lumière naturelle et l’audace des façades texturées en bois et ardoise brisent l’austérité institutionnelle. Le détail technique (passerelle, façades) est magnifié pour devenir une ornementation utile.
2. Performance environnementale et ressources
• Biodiversité et Eau : La cour de récréation rompt avec le modèle bitumé pour devenir un écosystème dynamique (îlots de fraîcheur, pleine terre, accueil de la faune). Les sols poreux et les noues paysagères permettent l’infiltration directe des eaux de pluie dans la parcelle.
• Énergie et Matière : La conception bioclimatique (compacité, orientation, protections solaires) réduit drastiquement les besoins de chauffage. Le recours massif aux matériaux biosourcés (bois piégeant le carbone) et géosourcés démontre la viabilité d’un grand équipement bas carbone.
• Éthique et Pérennité : Le projet valorise le réemploi (gestion de chantier et patrimoine artistique). L’ardoise garantit la robustesse face au temps et un faible coût de maintenance, tandis que les structures intérieures en cloisons sèches assurent la réconfigurabilité des espaces face aux futures réformes.
3. Fonctionnalité, confort et communauté
• Usages et Mobilité : Co-conçu via une démarche de design de service avec les usagers, le collège s’organise de façon fluide autour de sa cour intérieure, pensée comme une place urbaine. Elle distribue les pôles, simplifie la lisibilité des flux et favorise l’inclusion et la mixité des genres.
• Lien et Confort : Les apports solaires sont optimisés sans éblouissement. Le bois offre une ambiance chaleureuse et acoustique performante. Les zones d’attente et le pôle culturel décloisonnent les fonctions pour tisser des liens étroits entre élèves, enseignants et personnels.
• Entretien : Intégrés dès la conception, les agents de maintenance ont permis d’optimiser la gestion quotidienne : revêtements faciles à nettoyer, réduction des points d’eau superflus en laboratoire et accès direct aux réseaux techniques.
4. Une gouvernance par synergie de compétences
La réussite du collège Anne Frank repose sur la substitution d’un management par contrôle méthodologique des tâches par une véritable synergie de compétences entre K ARCHITECTURES et le Département de Loire-Atlantique.
• Partenariat horizontal : Les chargés d’opération ne se sont pas limités à un rôle de censeurs budgétaires ou de contrôleurs de conformité. Ils ont agi en partenaires, utilisant leur maîtrise des contraintes publiques pour libérer l’audace plastique et environnementale des architectes.
• Confiance et agilité : Ce climat de responsabilité partagée a permis une résolution collective et agile des aléas de chantier, loin des logiques de blâme contractuel. En supprimant les circuits de validation bureaucratiques lourds, l’énergie s’est concentrée sur l’optimisation du bâtiment. Le projet prouve qu’une maîtrise d’ouvrage éclairée, misant sur l’intelligence collective, est la condition sine qua non de la haute qualité architecturale.


Label(s) obtenu(s) : pas de label visé

Informations complémentaires :
– Type de marché : CONCOURS

Bureau(x) d’études : BATISERF, Solab, BMF conseil, Zephyr paysage, MBA, AIA management, BEGC cuisines
Photographe : Guillaume Amat

Micro-Biotopes

Privée, 44330 La Chapelle-Heulin

75

Micro-Biotopes est l’histoire d’une grange située en second rideau d’une rue principale, délaissée dans sa fonction initiale et envisagée pour être converti en habitat individuel. L’édifice existant présente peu d’ouvertures, enclavé entre des limites de propriété bâtis qui n’autorise que peu de frangements, et sa surface au sol est trop conséquente au regard de l’économie du projet. Afin de proposer un habitat avec des proportions maîtrisées et des consommations adaptées, seule une partie au centre de cette grange existante est exploitée en espace isolé et chauffé. Autour d’elle gravite une diversité de biotopes retrouvés. À chaque orientation, quatre espèces d’espaces extérieurs aux typologies et aux ambiances singulières entrent intensément en relation avec l’habitat. Des pignons bois neufs très ouverts sont insérés à l’intérieur du volume bâti pour engendrer des apports généreux de lumière naturelle et des patios aux micro-paysages soignés. A la demande de la maîtrise d’ouvrage de voir les murs en pierre depuis l’intérieur de l’habitat, les patios sont une solution permettant une proximité de la pierre en extérieur mise en valeur tout en gérant une correction thermique pour les volumes chauffés. Une surélévation bois partielle au-dessus des volumes chauffés permet également de nouvelles ouvertures.
Une compacité d’un point de vue thermique est recherchée en « creusant » dans le volume existant, conjuguée à une emprise au sol négative au bénéfice des patios plantés. Le soin apporté à ce patrimoine ordinaire et au respect de ses caractéristiques est une approche environnementale en soi, avec un minimum d’éléments évacués et un maximum de réemploi et de préservation. L’habitat est traversant sur ses 4 orientations, favorisant une ventilation naturelle adéquate. Le confort d’été est assuré par l’action des murs existants et de l’exposition au soleil réduite des grands ensembles menuisés. Le projet recourt à de multiples techniques adaptées en lien avec l’existant, avec en particulier une démarche de réemploi franche et massive : l’entièreté de la couverture en fibro-ciment non amiantée a été soigneusement déposée pour être observée, nettoyée et intégralement réemployée en couverture et en bardage de l’ensemble du projet. La méthodologie convoquée pour ce réemploi nécessite une proximité forte entre l’architecte et l’artisan pour anticiper les contraintes techniques et traiter les points singuliers. Une correction thermique terre/chanvre de 80mm est appliquée sur les murs en pierre existants, les enduits de finition terre/sable sur 20mm formant étanchéité à l’air. Un aérogommage est réalisé pour nettoyer précisément et mettre en valeur les éléments de charpente bois laissés apparents, cette dernière étant isolée par sarking. L’ensemble des murs et charpente neufs, compris doublages et cloisons, sont en structure epicea, finition contreplaqué peuplier.
En travaillant à partir d’une emprise au sol négative, cet habitat agit comme une articulation au centre de diverses ambiances lumineuses et paysagères, et invite à vivre dans un environnement à la fois intime et serein.

ENVIR. : Structure neuve bois, Isolation laine de bois (complexes neufs + sarking) et correction thermique terre/chanvre (murs existants), finition terre/sable, doublage cp peuplier, poêle bois, aucune emprise au sol créée, réemploi fibrociment en bardage et couverture, mise en valeur de l’existant
ARTISANS : AtlanticRenov (Maçonnerie Gros Oeuvre) | Menuiserie des Deux Rives (Charpente Ossature Bois, Isolation,
Etanchéités, Menuiseries extérieures, Doublage Bois) | IDCouverture (Bardage et Couverture fibrociment en réemploi) | AC2S
(2nd œuvre) | PPAérogommage (aérogom.) | NG Électricité (Electricité, ventilation, chauffage) | Clavier-Vautrin (Plomberie)


Informations complémentaires :
mission complète

Photographe : François Massin Castan

Bianca

Privée, 44200 Nantes

71

Programme

Surélévation d’une habitation existante

Concepteurs

  • in/Uit architectes

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Privée

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2024

Surface(s)

168 m2 SDP dont 53.91m2 de surélévation

Coûts

225 000€HT

Documents

Cette surélévation prend place sur une maison construite après-guerre qui arborait initialement une toiture terrasse et un système constructif original de poteaux/poutre avec des murs préfabriqués en béton intégrant une isolation en fibre végétale (roseaux…). D’importants travaux dans les années 80 ont fait disparaître cette architecture de la reconstruction, aux accents modernes pour se « fondre » davantage dans une esthétique Sud-Loire souhaitée par les propriétaires d’alors : l’ajout d’une charpente en fermette et d’une toiture tuile, sans apport de volume habitable, ont fini de camoufler la résidence.
Notre proposition de surélévation tente de surélever sans nier l’existant :
– mettre en valeur le volume initial, l’horizontalité du rez-de-chaussée est ainsi accompagnée par un bardage à clair-voie horizontal,
– la composition de façade sur rue restée en place au fil des années est prolongée à l’étage,
– retrouver la teinte blanche initial du bâti autour d’un projet monochrome créant une homogénéité des teintes pour mettre en valeur les reliefs de matières.
Les pentes de toitures du nouveau volume trouvent un écho dans la toiture en pente adjacente, l’inscription dans l’environnement se veut discrète. Le projet permet néanmoins de doubler le volume habitable pour répondre aux usages actuels et futurs de la famille. Il s’accompagne d’une orientation bioclimatique affirmée soutenue par la maîtrise d’ouvrage, ainsi des matériaux bio-sourcés sont mis en œuvre (structure bois, isolation bois, complexe perspirant) et une rénovation globale du bâti est pensé au travers d’un renforcement de l’isolation existante (ITE et ITI), d’un renouvellement du système de chauffage et de ventilation.


Bureau(x) d’études : PLBI, TyEco2
Photographe : in/uit architectes