Intimité sur périptère – Complexe funéraire animalier

Rue Denis Papin, 44810 Héric

103

Programme

Le programme de ce bâtiment est mixte. Il s’agit de la construction d’un crématorium animalier classé ICPE couplé à un site administratif comprenant un centre de formation pour les vétérinaires.

L’ouvrage se décompose en deux zones distinctes :
– Une zone d’accueil du public ERP comprenant un hall, 3 salons avec patio et une salle polyvalente.
– Une zone technique ICPE réservée aux professionnels comprenant une halle technique, des locaux liés au process de crémation (laboratoire, chambre froide,…), des bureaux, une salle de formation et un espace tisanerie.

L’enjeu programmatique d’un tel lieu est double : poétique et technique. Lieu de recueil, il s’agit aussi d’un ouvrage technique qui accueille un process comprenant de nombreux systèmes de machinerie.

Concepteurs

  • Atelier Ronan Prineau

Commune

  • Héric

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Seleste

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2023

Surface(s)

1095 m2 de surface utile

Coûts

2 715 000 € HT dont 324 265 € HT de terrassement – voirie – aménagements

Documents

Le crématorium animalier est un établissement classé ICPE qui impose des contraintes de voisinages importants. Il s’implante au cœur d’une zone d’activité sans trame urbaine et structure stricte. Entre périurbain déstructuré et forêt classée, l’architecture relève le défi de mettre en œuvre un ouvrage où le caractère fonctionnel participe à reconstituer un propos urbain et architectural, s’appuyant sur les grandes composantes végétales.

A la lisière du paysage agricole héricois, l’ouvrage s’insère dans le grand paysage bocager par son architecture tramée et ses proportions horizontales qui dialoguent avec la verticalité des haies boisées alentours. Son ossature constructive rationnelle de béton ceinture le bâtiment. Elle se dilate ponctuellement pour créer un périptère extérieur couvert qui offre à l’ouvrage un premier degré d’intimité, introduisant l’usager au cheminement du deuil. A l’intérieur, chacun des salons profite d’un patio privatif, propice à l’introspection. La halle technique et la partie dédiée au repos des employés s’orientent également sur des patios privatifs. L’unité de la façade tramée contraste avec la diversité des univers intérieurs produits. Un contraste s’opère entre l’aspect extérieur de l’ouvrage qui répond à son contexte industriel, et les patios intérieurs et leur bardage mélèze qui répondent à la forêt et soulignent la préciosité du moment.

L’ensemble de l’ouvrage est porté par une structure de béton déclinée en poteaux périphériques et voiles intérieurs. L’ouvrage est efficient, les poteaux périphériques assurent le double rôle structurel et de modénature, il n’y a pas de sur-structure et donc de sur-matière.

Les matériaux employés sont laissés bruts, la solennité et l’épaisseur du béton est complémentaire au caractère chaleureux du bois. Ils participent à une ambiance réconfortante et accompagnent l’usager dans l’expérience du deuil.

La forme carrée et la structure tramée et rigoureuse de l’ouvrage garantissent son adaptabilité aux usages futurs. Sa grande halle technique observe une structure porteuse de 18m permettant le déploiement de dispositifs de crémation plus vertueux ultérieurement (aquamation, …)

Le complexe funéraire s’est construit main dans la main avec le maître d’ouvrage, à travers une démarche réflexive et collaborative.
La conception du projet a donné naissance à plusieurs innovations portées par trois ambitions majeures :
– La volonté de prendre soin à la fois des familles et des animaux, en plaçant l’accompagnement, la dignité et l’attention au cœur du parcours.
– La recherche de transparence, en mettant en valeur le process technique et les différentes étapes du fonctionnement du complexe.
– La possibilité de transmettre via le centre de formation


Label(s) obtenu(s) : L’ouvrage n’a pas reçu de label. Une démarche frugale a cependant été mise en place par :
– Un chantier à faible impact avec des entreprises locales et des savoir-faire locaux
– Une gestion de l’eau à la parcelle et perméabilité des sols
– La mise en œuvre de matériaux biosourcés dès que possible : bardage mélèze + second œuvre en bouleau
– Réversibilité des espaces par structure à grande portée
– Récupération d’énergie sur process
– Lumière naturelle justement dimensionnée en fonction de l’usage compris dans les zones techniques (halle, …)

Bureau(x) d’études : Cabinet Denis Rousseau, Isocrate, Arest, Inteco

Établissement France Services

14 Rue de la Corbardière, 44220 Couëron

89

Programme

-Equipement public
-Bâtiment modulaire déplaçable et reconfigurable
-Etablissement labellisé France Services (EFS), puis salles de classe ou espaces dédiés à la petite enfance

Concepteurs

  • STA ARCHITECTURE

Commune

  • Couëron

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Mairie de Couëron

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2025

Surface(s)

165 m² sdp

Coûts

700 000 € HT

Documents

Le bâtiment modulaire de Couëron est le résultat d’un dialogue étroit entre maîtrise d’ouvrage et maîtrise d’œuvre, visant à créer un équipement public capable d’accompagner les transformations du territoire. Conçu pour accueillir d’abord un Espace France Services, puis être déplacé et reconfiguré en salles de classe ou en espace petite enfance, le bâtiment anticipe ses usages successifs dès sa conception. Cette stratégie municipale innovante — investir dans un équipement pérenne et réutilisable plutôt que louer des modules provisoires — constitue un choix fort de gestion publique durable. Elle témoigne d’une ambition partagée pour une architecture évolutive, sobre et attentive aux besoins des habitants.
L’opération s’inscrit dans une approche attentive aux ressources et au contexte. Constituée de dix modules à structure métallique démontable, la construction privilégie la réversibilité, la sobriété matérielle et la limitation de l’impact sur le sol. Les fondations sur pieux métalliques évitent l’usage du béton et sont réutilisables lors du futur déplacement. Le bardage métallique noir, pensé pour être recouvert d’un bardage bois à claire voie lors de la seconde implantation, anticipe l’intégration dans un nouveau site. La toiture légère ventilée, issue des principes de l’architecture bioclimatique, protège le bâtiment des surchauffes estivales et favorise une ventilation naturelle efficace. La gestion des eaux pluviales est assurée par des cuves aériennes de rétention, limitant le rejet au réseau public. Cette attention portée aux ressources et au cycle de vie du bâtiment constitue un levier essentiel de réduction de l’empreinte environnementale.
Le projet répond aux usages actuels tout en anticipant les évolutions à venir. L’agencement intérieur est entièrement reconfigurable, et d’ores et déjà conforme aux normes scolaires et petite enfance : il permet ainsi une reconversion immédiate lors de sa prochaine implantation. Les larges ouvertures rythmant les façades, apportent lumière naturelle et transparence, et renforcent la qualité d’usage pour les publics accueillis. La construction hors site, fondée sur un processus modulaire 3D, garantit une mise en œuvre rapide et maîtrisée, particulièrement adaptée à un environnement sensible situé face à une école et à des équipements sportifs et associatifs.
Enfin, la réalisation affirme une qualité architecturale sobre et maîtrisée : trame verticale élégante, silhouette élancée surélevée du sol, cohérence constructive et lisibilité des volumes. Le caractère démontable et remontable du bâtiment, la limitation des nuisances de chantier, la gestion raisonnée des ressources et le respect des exigences de la réglementation environnementale 2020 témoignent d’une démarche engagée, au service d’un équipement public durable, adaptable et exemplaire. En proposant un modèle reproductible pour les collectivités, le projet démontre qu’une architecture modulaire peut conjuguer agilité, durabilité et qualité architecturale. Il ouvre la voie à une nouvelle génération d’équipements publics agiles, capables de se déplacer, de se transformer et d’accompagner les transitions territoriales.


Label(s) obtenu(s) : 80% Cradle to Cradle

Informations complémentaires :
Marché public, procédure adaptée

Bureau(x) d’études : BE STRUCTURE ANDO, BE FLUIDES KALEGOS, ECONOMISTE MATIERA, PREVENTIONNISTE PREVERIS
Photographe : Pierre Baelen

Pôle d’échanges multimodal

Boulevard de Berlin, 44000 Nantes

123

Programme

12 750 m² d’équipements publics : gare routière, gare de taxis, parking loueurs, parking vélo de 1 470 places, 11 400 m² de bureaux et 3 700 m² d’espaces végétalisés.

Concepteurs

  • AIA LIFE DESIGNERS
  • DREAM

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • BATI NANTES
  • Nantes Métropole Aménagement

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2025

Surface(s)

12 750 m² d’équipements publics : gare routière, gare de taxis, parking loueurs, parking vélo de 1 470 places11 400 m² de bureaux et3 700 m² d’espaces végétalisés

Coûts

41,13 M€ HT

Documents

Situé aux abords immédiats de la nouvelle gare de Nantes, le Pôle d’Échange Multimodal (PEM) et son programme tertiaire fédère au sein d’un même volume, infrastructures de mobilité et deux sièges d’entreprises locales : Lucca et Lhyfe. Porté par une maîtrise d’ouvrage partagée entre Nantes Métropole Aménagement et Bati-Nantes, l’ensemble a été conçu en conception-réalisation par les agences d’architectures DREAM et AIA Life Designers et le groupement d’entreprises ETPO (mandataire), André BTP et Briand Bois.

Le projet a reposé sur une co-construction étroite entre la maîtrise d’ouvrage publique et privée, le groupement d’entreprises mandataire en conception-réalisation et l’équipe d’architectes. Cette organisation a permis de créer un écosystème unique, fondé sur le dialogue et l’intelligence collective.
La coordination constante entre les multiples parties prenantes, publiques comme privées, a favorisé une vision partagée du projet et permis de concilier ambitions architecturales, enjeux techniques et objectifs environnementaux. De cette synergie est né un bâtiment cohérent, innovant et fédérateur, véritable fruit d’une démarche collective.

Situé aux abords immédiats de la gare de Nantes, le Pôle d’Echange multimodal (PEM) et son programme tertiaire s’inscrivent au cœur du renouvellement urbain du quartier. Conçu comme un signal architectural, le projet incarne les enjeux de la ville de demain : mixité d’usages, mobilité décarbonée et qualité des espaces de travail.
Dans un même volume, il fédère infrastructures de transport, services publics, bureaux et espaces paysagers. L’ensemble est connecté à l’espace public et au grand paysage nantais. Avec 1 470 emplacements vélos, il accueille l’un des plus vastes parcs de vélos de France et crée un nouveau point de convergence entre la gare ferroviaire, la gare routière et la ville. Sa volumétrie joue avec les rythmes du site et s’inscrit dans une composition pensée à l’échelle du piéton en mouvement.
S’élevant sur neuf niveaux — quatre pour le PEM, cinq pour les bureaux — le projet propose une réponse simple à une complexité programmatique. Sa conception s’appuie sur des principes clairs : sobriété des volumes, lisibilité des accès, confort d’usage et forte ambition environnementale. Le choix de la verticalité limite l’emprise au sol et libère de vastes espaces publics. Les flux piétons, voyageurs et salariés ont été hiérarchisés pour fluidifier les circulations. C’est l’expression de la ville en mouvement qui façonne l’architecture.

Le PEM repose sur une structure poteaux-poutres en béton à grandes portées qui libère l’espace et favorise la flexibilité des usages. L’ouverture des façades, les lignes courbes et les larges baies vitrées offrent une architecture généreuse et perméable, en lien direct avec le parvis et les quais. Depuis le hall, la mezzanine vitrée révèle l’élément emblématique du projet : la boucle du “Grand 8” du parc de stationnement vélo avec ses espaces circulables, véritable sculpture habitée.

Couronnant le PEM, les bureaux se présentent comme une constellation de volumes suspendus. Leurs gabarits compacts, attachés les uns aux autres, créent une silhouette fragmentée, identifiable depuis l’espace public. Leur revêtement en tuiles de terre cuite sombre, évocation du patrimoine historique nantais, dialogue avec un jardin suspendu qui s’étend à 12 mètres de hauteur.
Ces bureaux s’ouvrent largement sur l’extérieur : loggias, terrasses et circulations périphériques prolongent naturellement les espaces de travail et instaurent une relation directe avec le paysage. Ces respirations généreuses favorisent les échanges informels, les pauses partagées et la porosité entre intérieur et extérieur.
À l’écart des codes tertiaires traditionnels, le projet propose une nouvelle approche du lieu de travail. La matière brute— bois, tuile, végétal — insuffle une atmosphère domestique et chaleureuse, invitant chacun à s’approprier les espaces. Les circulations extérieures encouragent le mouvement et multiplient les interactions spontanées, dessinant une architecture vivante et perméable, en écho à la dynamique du site.
Les plateaux reposent sur une structure poteaux-poutres en bois lamellé et des planchers CLT qui minimisent les points porteurs et maximisent la flexibilité d’aménagement. La structure bois laissée apparente crée une ambiance apaisante et propice au bien-être. Conçus comme des espaces évolutifs, les bureaux permettent de s’adapter aux besoins changeants des entreprises et des équipes.
Le jardin suspendu de 1 690 m², véritable îlot de fraîcheur, offre des vues inédites sur la gare, le Jardin des Plantes et les toits de Nantes. Situé entre les deux entités — équipement public et programme tertiaire — il agit comme un trait d’union et participe à l’équilibre global de la composition.
Au total, 3 700 m² d’espaces végétalisés — toitures, coursives, jardins — jouent un rôle actif dans le confort thermique du bâtiment. Par l’évapotranspiration des plantations, ils contribuent à rafraîchir l’air et créent une respiration paysagère en plein cœur de la ville.

Le projet a été réalisé avec une part conséquente de construction hors site fabriquée localement (38%). Cette approche a répondu aux enjeux majeurs de planning, de qualité et d’optimisation de l’espace dans un environnement contraint :
– Façades ossature bois avec menuiseries et structure en bois lamellé intégralement préfabriquées par l’usine de Briand bois à Verrières-en-Anjou (49)
– Plancher CLT fabriqué par l’usine Piveteau bois à Sainte-Florence (85)
– Balcons préfabriqués par l’usine de Briand bois à Verrières-en-Anjou (49)
– 10 800 m² d’ossature bois
– 5 mois de chantier pour l’ossature bois


Label(s) obtenu(s) : BREEAM very good, RT 2012, E3C2, BBCA niveau excellent

Bureau(x) d’études : AIA Ingénierie, AIA environnement, Zéphyr paysage, Gamba, Namixis.
Photographes : Cyrille Weiner (1-3-5-7) / Stéphane Chalmeau

Toue Cabanée

Privée, 44000 Nantes

108

Programme

Réhabilitation/Surélévation d’une maison individuelle

Concepteurs

  • François Massin Castan

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • François Massin Castan

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2023

Surface(s)

SP existante : 28m2 ; SP créée : 48m2 ; total : 76m2

Coûts

170 000 €ht

Documents

Une maison existante de plain-pied et à l’emprise au sol minime (28m2 SP) se tient sur un plateau rocheux au-dessus d’une prairie inondable et à proximité du parking d’une halte ferroviaire. Hybride par essence, le site est à l’articulation d’un coteau aux caractéristiques géologiques et végétales connues de ce secteur des bords de Loire et d’un dispositif multimodal où la présence visuelle de la voiture semble inévitable de prime abord.
L’acte de transformation architecturale vise à proposer un habitat conservant l’emprise au sol actuelle tout en augmentant radicalement ses relations à la diversité des paysages, du plus proche au plus lointain. Ce contraste recherché est à même de faire oublier la présence du stationnement et de la halte, il oriente l’habitat avec des choix de cadrages radicaux pour tirer parti de cette situation contradictoire. À la manière des toues cabanées, bateaux à fond plat typiques qui rythment les bords de Loire, l’abri conçu cherche à faire corps avec son environnement et à évoquer une sérénité retrouvée dans un milieu vivant et finalement pas si hostile.
L’habitat se développe verticalement sur 3 niveaux aux surfaces minimes, chacun étant inférieur à 30m2 au sol. Au cœur de ce principe architectural, le niveau intermédiaire accueille la pièce de vie principale, étroitement connectée au paysage immédiat par des ouvertures maximales toutes largeurs sur les deux pignons. De fait, la gestion du contreventement est déplacée hors des murs périphériques vers une autre localisation du projet, à savoir le noyau central de la maison. Les conceptions du contreventement et de l’escalier sont simultanées, afin de parvenir à une forme hybride répondant aux besoins d’efficacité structurelle et de circulation verticale confortable.
Le noyau central est un travail réalisé à dix mains — architecte-ingénieur-maçon-charpentier-menuisier — afin de parvenir à une forme en «K» adaptée à la fois aux fonctions contreventantes et au confort d’un escalier quotidien. Les charges horizontales y sont transférées par des poutres-au-vent intégrées aux planchers intermédiaires, libérant les pignons de leur rôle habituel de stabilisation, permettant ainsi des ouvertures maximales. Le levage des murs, des planchers en queue d’aronde et de la charpente en chevrons porteurs est mené sur une unique journée in situ. Les canisses d’osier déroulées en bardage, le pin maritime en doublage, l’épicéa en structure et en mobilier, le châtaignier pour les sols sont autant d’essences convoquées pour un habitat vivant incarné par le matériau bois.

ENVIR. : Structure épicéa, Menuiseries mixtes bois/alu, Isolation laine de bois (principale) et laine de chanvre (complément), doublage pin des landes, sol châtaignier, poêle bois, aucune emprise au sol créée
ARTISANS : Trav&Renov (Maçonnerie Gros Oeuvre) | TierrHabitat (Charpente Ossature Bois, Isolation, Etanchéités,
Menuiseries extérieures, Doublage Bois) | IDCouverture (Couverture) | ArtiChape (Chape fluide) | NG Electricité
(Electricité,Ventilation) | Clavier-Vautrin (Plomberie) | Collectif Saga (Escalier/Mobilier) | Autres lots en auto-construction


Informations complémentaires :
Mission complète

Bureau(x) d’études : François Massin Castan
Photographe : François Massin Castan

Love Letters

Privée, 44100 Nantes

108

Notre projet se situe rue Gutenberg, nommée après le célèbre inventeur de l’imprimerie à caractères mobiles. A la manière des éléments d’une machine à écrire, ce morceau de ville est constitué de petites entités à la fois similaires et pourtant très variées. Notre projet de réhabilitation et surélévation d’un habitat individuel s’inscrit dans cette contribution à une diversification, tout en exploitant au mieux les paramètres d’une parcelle extrêmement contrainte.
Dans sa configuration urbaine, la maison existante présente une visibilité très forte depuis une petite rue d’apparence assez anodine, mais qui constitue un des parcours piétons les plus importants du quartier, reliant de manière douce le parc des Oblates à la place commerçante Jean Macé. La façade principale est en ce sens reconsidérée depuis cette petite rue et retournée dans la profondeur de la parcelle.

Le projet de la maîtrise d’ouvrage consiste à intégrer des surfaces supplémentaires dédiées à des espaces nuits plus nombreux et plus confortables. La taille de la parcelle étant très minime (154m2) et déjà bien construite, ne laissant que peu de place à un jardin, l’option de la surélévation est rapidement envisagée. Pour autant, celle-ci doit veiller à ne pas occuper toute l’emprise construite pour ne pas générer d’ombres portées supplémentaires sur ce jardin résiduel au risque de renforcer son enclavement.

La surélévation se tient ainsi dans le sens de la longueur, avec une épaisseur bâti isolée qui accueille trois chambres, une salle d’eau et les circulations communes. Mais une autre épaisseur vient animer cette façade, insérée entre volumes neuf et préservé : une faille extérieure habitée, constituée d’espaces en continuité de toutes les chambres. Conçu juste après la crise du Covid, ce projet veille en effet à ce que chaque habitant du foyer, enfants comme adultes, dispose d’un prolongement extérieur depuis son propre espace privatif qu’est la chambre. La qualité de vie est augmentée par cette connexion forte avec l’air, le paysage et les éléments. Ces espaces supplémentaires complètent en outre le petit jardin de poche : le projet s’avère être ainsi autant une extension de l’intérieur que de l’extérieur.

Au R+1 de cette surélévation, la faille est bardée d’un bardage bois douglas naturel sur les façades neuves et le volume conservé. La terrasse est faite du même bois, liant entre elles les chambres des enfants et s’apparentant à un terrain de jeu alternatif. Au R+2 de cette surélévation, la chambre parentale est animée par un espace extérieur qui lui est dédié, en couronnement du volume. La structure métallique galvanisée épouse la forme à deux pans assymétriques du toit. Des plantes grimpantes, comme ce jasmin, sont amenées à s’approprier la structure et offrir une interface végétale depuis la chambre, mais aussi depuis la rue.

ENVIR. : Structure, doublage, bardage et terrasse bois, isolation intégrale ouate de cellulose, menuiseries extérieures mixtes bois/alu, tuiles extérieures aluminium, doublage intérieur peuplier.
ARTISANS : Trav&Renov (Maçonnerie Gros Oeuvre) | Sineco Charpentes (Charpente Ossature Bois, Isolation, Etanchéités,
Menuiseries extérieures, Doublage Bois) | IDCouverture (Couverture) | Carrelage Villeneuve (Carrelage) | SolArti (Plomberie,
Chauffage, Electricité,Ventilation) | Atlantic Metal Services (Structure métallique extérieure) | Autres lots en autoconstruction


Informations complémentaires :
Mission complète

Bureau(x) d’études : VSB Vivier Structures Bois
Photographe : François Massin Castan

Parvis de l’école Jean Monnet

Rue de la Forêt, 44810 Héric

89

Programme

Abords d'équipements Parvis, voies douces et stationnements

Concepteurs

  • AGPU PAysage & Urbanisme

Commune

  • Héric

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Commune de Héric

Thèmes

  • Aménagement

Année de réalisation

2023

Surface(s)

4000m2

Coûts

500 000€ HT

Documents

Suite au projet d’extension de l’école Jean Monnet réalisé par l’agence Vignault x faure, la commune nous a convié pour aménager les abords et gérer les différents flux vélos, piétons, stationnements minute, livraisons et cars scolaires.

Nous avons ainsi proposé deux parvis.
Le premier au centre dédié aux entrées et sorties de l’école et l’autre mettant en valeur le bâtiment historique accueillant désormais le périscolaire.
Ces espaces pétonisés et apaisés ont ensuite permis de créer trois poches de stationnements plus petites, sécurisées et mieux intégrées grâce à de nombreuses bandes plantées.


Bureau(x) d’études : C2I VRD
Photographe : ©AGPU

Parc du Courgeon

Rue du Courgeon, 44130 Blain

92

Programme

Passerelles, voie verte, mobiliers, signalétique et plantations au cœur d’un vallon urbain classé zone humide.

Concepteurs

  • AGPU PAysage & Urbanisme

Commune

  • Blain

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Commune de BLAIN

Thèmes

  • Aménagement

Année de réalisation

2023

Surface(s)

Deux passerelles de 100m

Coûts

380 000€ HT

Documents

Le parc du Courgeon est un vallon séparant le bourg historique de Blain des nouveaux développements urbains (lotissements et zones économiques) mais aussi de hameaux en cours de densification.
Zone humide et véritable barrière physique, ce vallon contraignait les nouveaux habitants à le contourner par le nord le long d’une route départementale très fréquentée, ou bien par le sud via une route communale sinueuse et dangereuse.

Afin de favoriser les mobilités actives et redonner son attractivité au cœur de bourg, la commune décide ne construire une passerelle reliant les quartiers. D’une longueur d’environ 100 mètres, l’ouvrage se fraye un chemin dans la canopée de la ripisylve, et afin de se conformer aux normes PMR, surplombe le vallon à 4 mètres de hauteur.
Pour rejoindre la promenade le long du ruisseau du Courgeon, un escalier permet de redescendre puis de se diriger vers les zones commerciales ou bien les ports du canal de Nantes à Brest puis le château de Blain.
Au milieu de la traversée, un belvédère en caillebotis métallique et équipé d’un banc, permet la pause et la contemplation.
La structure de la passerelle a été réalisé en pieux de robinier battus sans la moindre fondation béton dans une zone humide.
Une mise en lumière subtile et légère, actionnée à l’aide de détecteurs permet de baliser tout en respectant la faune nocturne, dont les nombreuses chauve-souris, en projetant de faibles températures d’éclairement.


Bureau(x) d’études : François
Photographe : ©AGPU

Parc de la Mothe

Place Saint-Méen, 44850 Le Cellier

108

Programme

Le projet répond à un manque crucial de services, équipements et aménités fédératrices dans un bourg à renouveler (place dédiée aux festivités, stationnements, sanitaires, terrains de pétanques, aire de jeux intergénérationnelle).

Concepteurs

  • TECAM mandataires et AGPU Paysage & Urbanisme

Commune

  • Le Cellier

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Commune du Cellier

Thèmes

  • Aménagement

Année de réalisation

2023

Surface(s)

5500m2

Coûts

1 000 000€ HT

Documents

Le parc de la Mothe se situe à l’articulation entre un bourg construit sur son promontoire dominant la Loire et les coteaux boisés constituant les coulées, vallons sauvages boisés.Le parc, autrefois jardin du presbytère, a subi le passage d’une tornade en 2019, supprimant sur son passage un patrimoine arboré remarquable. Le jardin, déjà ouvert au public, souffrait à la fois d’un manque de visibilité et de peu d’équipements.Le projet de parc de la Mothe a d oncété mené en 3 temps:L’élaboration d’un plan-guide du centre-bourg anticipant les besoins en stationnement avant la requalification du reste du bourg,La création d’une place de village dédiée aux manifestations culturellesLa restauration dans le parc central et multigénérationnel
Leprojet a fait l’objet d’une concertation au travers des différents ateliers menés avec les élus et techniciens.
Le projet a donc consisté à replanter, réutiliser les pierres de schiste locales et réhabiliter un édicule pour intégrer un transformateur ainsi que des sanitaires.Les bois employés pour les ganivelles, tuteurs, préaux, assises bois et habillage de l’édicule sont locaux et non-traités (douglas, chêne, châtaignier et robinier).
Les végétaux sélectionnés et plantés proviennent de pépinières locales également (pépinières Ripoche et du Val d’Erdre) grâce notamment à la demande conjointe des maîtrises d’ouvrage et maîtrises d’oeuvre de demander la certification ‘Végétal local’ et ‘Plante bleue’.
Le projet répond à un manque crucial de services, équipements et aménités fédératrices dans un bourg à renouveler (place dédiée aux festivités, stationnements, sanitaires, terrains de pétanques, aire de jeux intergénérationnelle). La Place Saint-Méen, en amont, a volontairement été créée comme un espace libre pouvant s’adapter à l’accueil de multiples manifestations (Nature & Jardins au printemps, la fête de la musique…). La poche de stationnements a été créée en anticipant la requalification d’un bourg complexe, pentu et étriqué qui supprimera inévitablement des places de parking.L’ensemble du projet est tourné vers les coulées boisées sous forme de terrasses accueillant différents usages (spectacles, pétanque, tyrolienne, toboggan, jeux d’équilibre et enfin agrès de fitness). La Place Saint Méen constitue la première terrasse, urbaine, minérale et  festive, la seconde terrasse, accessible aux PMR par un jeu de rampes, permet la tenue de parties de pétanques. Les terrasses suivantes se fondent dans la végétation et sont reliées par des jeux de talus et escaliers participant à l’intégration et au côté ludique de l’ensemble. Le minéral disparaît progressivement au profit du végétal.Les matériaux sélectionnés, en accord avec les ABF schistes, bois et sablés, permettent de s’intégrer harmonieusement dans ce contexte entre bourg  et espaces naturels. Enfin, la palette végétale réhabilite des essences représentatives des parcs du XVIIIe tout en s’enrichissant de végétaux locaux prolongeant les coulées jusqu’au plus près du bourg, du sauvage au régulier.


Informations complémentaires :
Financé par la commune du Cellier et la COMPA

Bureau(x) d’études : François
Photographe : ©AGPU

Cour réinventée de l’école du Plessis-Cellier

59 Rue des Alouettes, 44100 Nantes

91

Programme

Le projet d’aménagement a pour ambition de repenser intégralement la cour élémentaire, tout en gardant ou en réemployant les éléments intéressants préexistants que sont les tilleuls et certains mobiliers. Il s’agit de réinventer une cour existante, en prenant en compte les arbres, les réseaux enterrés, les accès aux bâtiments, les flux et usages, tout en ayant une composition d’ensemble affirmée, qui métamorphose le site et gomme les interventions successives entre l’ancienne cour et les éléments nouveaux du projet. Il s’attache à répondre aux enjeux suivants : - enjeux de paysage, avec la volonté de réinventer un vaste espace minéral et monofonctionnel en enrichissant les ambiances paysagères - enjeux d’usage, avec la nécessité de faciliter les liens et les flux entre bâtiments et de créer des espaces calmes et actifs au sein de la cour, de supprimer la prédominance des jeux de ballon et de venir diversifier les jeux et usages possibles - enjeux de désimperméabilisation généreuse des sols, où les sols sont ouverts afin de créer des îlots de fraîcheur plantés et des espaces de jeux perméables - enjeux de réemploi des mobiliers et sols existants - enjeux de préservation et de mise en valeur du patrimoine arboré, et de création de vastes espaces de pleine terre - enjeux de gestion des eaux pluviales : mise en valeur du chemin de l’eau, où l’eau pluviale est récupérée pour irriguer les arbres existants et les espaces nouvellement plantés, tout en soulignant le chemin de l’eau à travers la cour.

Concepteurs

  • de Long en Large - paysagistes concepteurs (mandataires)
  • gestion des eaux pluviales)
  • La Source Marie Pire (paysagiste concepteur

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Direction Nature et Jardins
  • Ville de Nantes

Thèmes

  • Aménagement

Année de réalisation

2025

Surface(s)

2810m²

Coûts

280 000€ aménagements extérieurs (dont 140 000€ lot paysage, 90 000€ lot VRD, 50 000€ lot mobilier bois)

Documents

La réussite de ce projet est le fruit d’une collaboration étroite avec les services de la Ville de Nantes en phase études, pour tenir les ambitions de désimperméabilisation et de prise en compte de la concertation des élèves et équipes pédagogiques.
L’implication des équipes pédagogiques a été décisive, notamment lors du questionnement de la place du terrain de sport et l’augmentation des surfaces plantées, ce qui a permis de pousser le curseur loin en termes de désimperméabilisation et de reconfigurer totalement la cour.

La gestion de l’eau a été pensée dès le début du projet, avec une compétence intégrée à l’équipe, qui a permis que la mise en scène de l’eau soit un élément majeur de la composition de la cour, depuis une gouttière jusqu’au point bas de la cour, à travers une rivière maçonnée devenant noue de faible profondeur puis jardin de pluie, et tirant partie de la pente naturelle de la cour. Le projet tire parti de l’existant, notamment les mobiliers en bon état qui ont été déposés et reposés (paniers de baskets, tables et bancs) et des enrobés existants. Le savoir-faire des entreprises de travaux a été un facteur de réussite du projet, notamment pour le décroutage et sciage des enrobés, la réalisation des cabanes en osier et des ouvrages bois, ainsi que les travaux paysagers.

Le site, les bâtiments des années 1940 et1960 et leurs façades colorées, le rapport au coteau surplombant le Bas Chantenay, et les beaux tilleuls présents dans la cour ont constitué le point de départ de la conception des espaces extérieurs, dialoguant avec le grand paysage, et tirant parti du déjà-là.
Le sous-sol du Sillon de Bretagne, découvert en phase chantier a été révélé en inclusion de roches dans la rivière pédagogique.
La pente générale est soulignée par la mise en scène de l’eau du point haut au point bas de la cour, par une rivière venant irriguer les espaces plantés.
Les vues sur le Bas Chantenay sont soulignées par une clôture en bois ajourée pour cadrer les vues, dans l’exacte continuité de la clôture préexistante, pour un traitement des limites soigné.
Les pieds d’arbres décroutés et quelques ouvrages bois viennent révéler la beauté des beaux tilleuls, qui passaient inaperçus jusqu’à lors. L’attention portée au déjà-là passe aussi par l’étude fine des zones d’enrobé soulevées par les racines ainsi que le tracé des réseaux enterrés qui ont conditionné le dessin des aménagements, permettant d’atténuer les traces de l’intervention.

Les usages ont été pris en compte dès le début de l’étude, avec les attentes des usages exprimées sur la réparation des zones actives et calmes, les mobiliers de jeux, et le souhait d’avoir un potager repensé. L’histoire même de l’école, avec son ancien mur séparant l’école des filles de l’école des garçons a été un support de projet, en conservant les pans de ce mur, qui viennent trouver une fonction nouvelle : porte ouverte, mur d’escalade, et appui d’un gradin de classe en plein air. Les attentes en matière de pratiques sportives scolaires ont été respectée, avec la création de lignes de courses tout autour de la cour jouant avec sa géométrie et ses éléments bâtis.
L’entretien des surfaces a été pensé en amont avec le concours des services gestionnaires, avec la mise en place de cuvettes à feuilles notamment, et des modalités de participation des enfants à l’entretien de la cour par le biais de balais et pinces à feuilles. L’évolutivité de la cour est de fait une dimension bien présente, avec notamment l’ouverture et la fermeture de certaines zones, pour protéger les semis et limiter le piétinement par endroit.
Le retour d’expérience des usagers depuis la livraison à la rentrée de septembre 2025 témoigne des transformations opérées : une cour apaisée, des arbres révélés, des ambiances variées, des jeux de ballon diversifiés, des espaces devenus plus mixtes et des usages renouvelés, pour une cour qui continue à être réinventée par ses élèves…


Informations complémentaires :
Accord cadre "Cours réinventées"

Bureau(x) d’études : CAIRN Ingénierie
Photographe : de Long en Large

Extension patinoire du Petit Port

Bd du Petit Port, 44000 Nantes

90

Programme

Le projet porte sur l’extension de tribunes dans le complexe multisports du Petit Port et sur la création d’un espace multi-activités en extension sur les locaux. Les contraintes techniques, réglementaires et de mise en œuvre sont très fortes. Le chantier est réalisé en site occupé avec une date livraison contrainte par reprise championnat.

Concepteurs

  • FAU Fouquet architecture urbanisme ( mandataire )

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Nantes Gestion Equipement

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2025

Surface(s)

1200 m2 dont 600 m2 extension

Coûts

1 319 000 € HT

Documents

Trou de souris et bibendum

Ce projet répond aux besoins du club de hockey sur glace qui évolue en ligue 1, le Nagh. Il s’agit de développer son offre publique avec une salle convivialité et une augmentation du nombre de sièges en tribune. La nouvelle tribune s’installe au-dessus et au droit des vestiaires, la salle de convivialité au-dessus de la terrasse extérieure de ces vestiaires.

Ce projet d’extension et réhabilitation comprend :
– la création d’une tribune fixe de 209 places supplémentaires dans l’emprise de la halle existante, en face de la tribune actuelle
– Une extension en toiture de l’actuel bâtiment des vestiaires sur le chemin de la Censive du Tertre, abritant un espace convivialité, 2 terrasses couvertes et un bloc sanitaire
– la réhabilitation des vestiaires existants au rdc et leur mise aux normes
Le projet d’extension prend place uniquement en toiture des vestiaires et ne modifie pas le terrain actuel. L’extension nécessite la mise en œuvre d’une nouvelle structure indépendante, les charges ajoutées ne pouvant reposer sur la construction existante pour des raisons de règlementation sismiques. Une structure bois composée de portiques posés sur micropieux est créée pour porter le volume en extension, implantés contre le mur de façade courbe des vestiaires en RDC, dans l’emprise des actuelles jardinières et de l’emprise foncière.
La nouvelle tribune s’installe dans le volume, au droit des vestiaires. Elle est également composée d’une structure indépendante de l’existant pour répondre aux règles sismiques. Les micro-pieux traversent la dalle existante et le vide sanitaire afin d’assurer la descente de charges et la stabilité de l’ouvrage.
Les portiques, éléments de structure en contact avec l’existant sont posés sur appuis glissants afin que les deux structures, le gradin et l’extension, soient indépendantes au plan sismique.
Compte tenu des contraintes d’insertion dans l’existant, fonction des enjeux sismiques, des contraintes dimensionnelles de l’existant (passages sous poutres) qu’il faut ne pas modifier pour ne pas avoir à justifier l’ensemble de la structure aux Eurocodes actuels et enfin des contraintes de planning chantier, l’intervention sur les ouvertures en façade était limité à une période de déglaçage et remise en glace de la patinoire de deux mois, ce projet revenait d’une certaine manière à faire rentrer des ronds dans des carrés pour atteindre le but recherché.
Le nombre de sièges à créer en tribune était déterminé par les dimensions des existants en longueur et profondeur, les règles sécurité incendie, les conditions de vue sur le terrain. Le projet optimise le nombre de places (209). La surface de la salle de convivialité était quant à elle dimensionnée par le programme. Cette dernière était très en deçà de la surface de toit terrasse existante, et trop peite relativement à l’échelle de l’équipement. Le risque d’un volume sur rue sous-dimensionné nécessitait un travail sur l’échelle de l’enveloppe.
Si, pour la tribune et les inscriptions dans l’existant, il a fallu passer dans un trou de souris, à l’inverse, pour l’extension, il a fallu survitaminer le volume, à l’instar des protections des hockeyeurs dont les volumes des protections gonflent étrangement les corps des joueurs.

Commande et Moa
Le projet aura été l’occasion pour NGE et Fau, avec l’ensemble de la Moe, de construire une relation de confiance. Le contexte était particulièrement sensible pour deux raisons. Le projet était suivi par la ville de Nantes et la Métropole du fait de l’engagement des collectivités auprès du club, le Nagh. Pour ce dernier, la réalisation du projet dans les temps conditionnait son équilibre économique et sa place en Division 1.
Pour Nge la livraison était donc attendu pour le mois de novembre 2025, par le club, mais aussi par les associations et les usages de loisirs.
Une partie de travail de projet aura été de composer dans la durée avec la diversité des attentes et des contraintes. Aussi, Moa et Moe ont développé une forte relation partenariale sur la durée de la mission, études et chantier, sans jamais perdre de vue les enjeux qualitatifs du projet. Chacun ayant bien en tête que la qualité de la réception par les utilisateurs était également un enjeu. La conduite de projet a été saluée par la Ville et la Métropole de Nantes, le résultat par les utilisateurs, et le club.
Environnement
Le projet développe les enjeux de la robustesse développée par O Hamant : une amélioration des conditions d’habitabilité au plan individuel et collective, et reliée aux enjeux environnementaux du nouveau régime climatique.
Un premier point est de composer au plus juste, et au plus près, avec les existants. Le travail de lecture de l’existant, volumes, structures et règles de sécurité, gestion des fluides… a permis d’identifier les conditions d’intervention les plus justes, notamment en minimisant les interventions sur les structures existantes. Les marges de préservation se jouant par endroit à 2 ou 3cm près. Pour Fau, réhabiliter, rénover c’est d’abord explorer la stratégie de valorisation de l’existant afin d’économiser les ressources.
Le second est de réaliser une extension en bois, mettant en valeur la capacité du bois à répondre aux enjeux d’extension d’un projet dont la charpente initiale, des années 1970 est aussi en bois. Le déploiement à l’extérieur de la charpente bois est le juste prolongement de l’existant et l’affirmation d’une matérialité à moindre impact carbone fonction des contraintes fortes du contexte de projet. Cette matérialité se développe dans la salle de convivialité, dans les terrasses attenantes, les parements. Avant cette dimension du visible il y a le principe de robustesse qui se traduit ici par des composants simples, accessibles et finalement démontables ou modifiables si demain l’équipement devait disparaître ou changer de destination.
Le troisième tient d’une part au développement de locaux complétant le programme initial et développant des potentialités d’usages non déterminés, terrasses couvertes notamment. On ne peut concevoir les enjeux environnementaux indépendamment des conditions d’usages, de propositions socio-spatiales. Cet enjeu d’usage s’articulant ici avec un enjeu de langage architectural et de son partage.

Usage
Le projet comporte trois registres. La rénovation partielle des vestiaires existants et l’adaptation des flux du fait de la réorganisation induite par la création de la nouvelle tribune et de la salle convivialité. La création d’une tribune parfaitement accessible et créant une relation de qualité à l’aire de jeu, une optimisation des conditions de visualisation des pratiques. La création de lieux de convivialité.
Le premier consiste en intervention de rafraichissement et de mise aux normes, notamment incendie.
Le second est un travail de calage très précis afin de générer des conditions de visions du jeu optimales pour tous les usagers dans un contexte de fortes contraintes liées aux existants, aux règles de sécurité et aux normes sismiques. La pente du gradin, le positionnement des assises, composent avec une structure qui s’efface pour laisser libre la vision sur l’aire de jeu en tous points et notamment sur les buts ou le bord de l’aire de jeu. Un garde-corps en verre garantit cette vision. Une plateforme en haut du gradin permet de regarder le jeu également. Elle assure la transition avec la salle de convivialité qui est séparée du gradin par une paroi transparente et un sol continu.
La salle de convivialité bénéficie d’une vue sur l’aire de jeu et l’enceinte de la patinoire. Des tablettes s’installent sous poutre de manière à former une niche qui invite à visionner les parties. La salle de convivialité s’installe dans la charpente bois créée. Elle est ouverte sur la patinoire et se prolonge de part et d’autre par des terrasses qui proposent des usages en extérieur, augmentant ainsi le programme. C’est un des enjeux ici que de générer un potentiel d’usages indéterminés sur la base du programme initial.

Esthétique
Explorer le langage environnemental de l’architecture est un sujet central pour Fau. Explorer le langage c’est construire l’ouvert, relier sans assigner. Explorer le langage environnemental de l’architecture c’est rechercher quelles sont les formes d’expressions qui traduisent cette ère nouvelle et en devenir qui est notre condition. Le nouveau régime environnemental, ou climatique, est un monde fluctuant, incertain. Un monde plus hybride et pluriel que la totalité homogène de l’idéal moderne. En ce sens, le seul affichage de la matérialité écologique est une expression qui bien que nécessaire est incomplète car trop littérale. Elle doit être pluralisée par des liens multiples et peu hiérarchisées. Une polysémie, où vivre avec le trouble est plus urgent et constructif que l’expérience d’un ordre qui n’a jamais été. C’est ce que nous avons recherché.
L’écriture du projet veut construire un langage qui articule enjeux environnementaux, enjeux d’usages et enjeux de représentation de la destination du projet. Pour les tribunes l’enjeu est l’effacement de l’intervention au service de la vision du jeu. C’est une ligne simple, un monochrome gris qui accueille le gradin et les assises dans le volume existant.
Pour l’extension un premier enjeu est d’installer un volume dialoguant avec l’architecture existante et à l’échelle de celle-ci. Un second enjeu est de développer des liens et dialogues entre le lieu, le programme, sa destination.
Le projet s’installe sous un toit blanc qui prolonge les toits existants, dans largeur du toit principal, dans le prolongement des plis et crètes de la surface blanche.
La double courbure blanche côté rue est générée par la courbe existante, par les peintures de paysage aux toits organiques de Brueghel l’ancien. Manière d’organiser un dialogue entre rationalité de l’épure de la charpenterie et forme empirique du proche en proche. La courbe répond aux platanes proches, le bois tracé au bois courbé. A terme la surface servira d’écran pour projeter images ou scores des matchs de hockey. Ce grand toit blanc opalescent augmente la volume intérieur et abrite les terrasses extérieures, tout en orientant la vue vers l’intérieur du gymnase. Le pli et la structure de la charpente, la répétition des travées bois, évoquent une nef inversée. Un navire pour les corsaires ? En tout état de cause, on souhaite bon vent à cette équipe : Favet Neptunus Eunti.
L’écriture est à la croisée du narratif et de l’abstrait, elle est parlante et silencieuse, elle est volonté d’expression et résultante d’un donné simplement prolongé. La structure est rigoureuse, et il fallait l’être pour passer au centimètre près, en même temps que la double courbure est difforme, un gonflement sans autre raison que d’être cela, un jeu avec la forme, pour le plaisir du jeu.


Bureau(x) d’études : Bollinger & Grohmann (structure), Aréa études Nantes (fluides), CMB (économiste &Opc), ITAC (acoustique)
Photographe : Philippe Ruault