Extension du Manoir de la Boulaie

33 Rue de la Chapelle Saint-Martin, 44115 Haute-Goulaine

23

Programme

Le projet est un agrandissement du Manoir de la Boulaie afin de créer une salle de restauration pour accueillir moins de 200 personnes. Le bâtiment reprends la même écriture de façade que le Manoir. Il est composé d'un SAS tampon entre l'existant et le nouveau afin d'améliorer les performances thermiques et acoustiques. Le projet est parfaitement dissocié de l'existant (équipement techniques, réseaux, architecture). Aucune intervention n'est prévue dans l'existant.

Concepteurs

  • AXÉ ARchitecture et Énergie & ICR Ingenierie

Commune

  • Haute-Goulaine

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • SCI R DE LA BOULAIE

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2025

Surface(s)

L'extension présente 287m² mais avec le manoir on est a un total de 2054m²

Coûts

700.000,00 EUROS HT (hors VRD)

Documents

1/ COMMANDE MOUV / MOE

Dialogue : La relation avec la maîtrise d’ouvrage a été l’un des points forts de cette opération. Dès les premières phases, un dialogue constructif s’est instauré, favorisant une compréhension mutuelle des enjeux patrimoniaux et fonctionnels propres au site. La MOA, disponible et réceptive, a su écouter les propositions techniques et architecturales de l’équipe, ce qui a permis d’avancer avec fluidité sur les arbitrages clés. Ce climat d’échange ouvert est un atout précieux, notamment sur un projet où la sensibilité du site (un manoir chargé d’histoire) imposait un soin particulier dans chaque décision.

Ambition
Le programme affiché était mesuré, avec une ambition initiale que l’on peut qualifier de modeste. Néanmoins, le client s’est montré attentif et ouvert aux suggestions, laissant à l’équipe une marge réelle pour valoriser l’opération au-delà du strict cahier des charges. Le principal défi a été celui du calendrier : le délai de construction, particulièrement court, a constitué une contrainte structurante de l’ensemble du projet. C’est dans ce contexte de tension temporelle que la réactivité et l’organisation de la MOE ont pleinement démontré leur valeur, en maintenant un niveau de qualité cohérent avec les exigences du lieu.

Synergie
Malgré les contraintes, une vraie synergie s’est développée en phase de conception. Le travail en partenariat étroit entre l’architecte et le bureau d’ingénierie a permis d’anticiper les interfaces techniques, de résoudre les problématiques structurelles en amont et d’optimiser les solutions proposées à la MOA. Cette co-construction, loin d’être une simple coordination, a généré des solutions plus robustes et plus cohérentes que ce qu’une démarche séquentielle aurait pu produire. La fluidité des échanges au sein de l’équipe MOE a compensé en partie la pression exercée par le planning serré.

Composition de l’équipe
L’équipe MOE a été constituée avec une logique de complémentarité ciblée. En tant qu’architecte spécialisé à l’intersection de l’architecture et de la performance énergétique (Axé architecture et énergie), nous avons apporté une lecture globale du projet intégrant les enjeux de confort, d’insertion patrimoniale et d’efficacité des enveloppes. Associés à un bureau d’ingénierie expérimenté (ICR Ingénierie), cette composition a couvert l’ensemble des dimensions techniques du projet (structure, fluides, thermique) avec une vision partagée dès l’origine. C’est cette adéquation entre profils et besoins du projet qui a rendu possible la synergie évoquée ci-dessus, et qui constitue selon nous un gage de réussite pour des opérations de cette nature.

2/ ENVIRONNEMENT / RESSOURCES

Énergie
La stratégie thermique de l’extension repose sur une approche en deux temps. Les murs sont construits en brique alvéolaire, un matériau qui offre d’emblée une résistance thermique significative grâce à sa structure cellulaire. Ce socle performant est complété par une isolation intérieure en fibre de verre à liant végétal, combinant ainsi performance énergétique et exigence environnementale. Cette double enveloppe permet d’atteindre un niveau d’isolation élevé tout en conservant la cohérence constructive et esthétique avec le manoir existant.

Savoir-faire locaux
Le choix des entreprises a été guidé par une logique de circuit court. Un appel d’offres à vocation locale a été organisé, permettant de mobiliser des artisans et entreprises du territoire, porteurs de savoir-faire ancrés dans les pratiques constructives régionales. Cette démarche contribue à l’économie locale, réduit les impacts liés au transport, et favorise une meilleure appropriation du chantier par des acteurs qui connaissent les spécificités climatiques et matérielles du contexte nantais.

Biodiversité
L’extension représente une emprise bâtie de 350 m², mais le projet a été pensé pour restituer et enrichir le capital naturel du site dans sa globalité. Sur l’ensemble du pourtour (manoir existant compris) des arbustes et des parterres de fleurs ont été plantés, créant une ceinture végétale continue. Cette végétalisation remplit un double rôle : augmenter les surfaces perméables favorisant l’infiltration des eaux pluviales, et offrir une diversité d’habitats pour la faune et la flore locales. Le projet dépasse ainsi la simple neutralisation de son impact pour devenir un vecteur de régénération écologique à l’échelle du parc.

Gestion de l’eau
La gestion des eaux pluviales a été traitée comme une composante à part entière du projet. L’ensemble du site privilégie les revêtements perméables (pelouse, graviers, cheminements drainants) limitant au strict nécessaire les surfaces imperméabilisées : seuls un cheminement PMR, deux places de stationnement PMR et la terrasse sont en béton. Le site dispose par ailleurs d’un bassin de rétention qui, initialement ouvert, a dû être enterré pour des raisons réglementaires liées au classement ERP du bâtiment. L’alternative d’un garde-corps a été écartée afin de préserver la qualité des vues sur le parc, un arbitrage qui témoigne d’une attention constante portée à la cohérence entre exigences techniques, sécurité et qualité du lieu.

Biosourcé / Géosourcé
La dimension biosourcée du projet se lit notamment dans la charpente bois, visible depuis l’intérieur au niveau du puits de lumière. Ce parti pris structurel dépasse le simple geste esthétique : le bois est un matériau à bilan carbone favorable, renouvelable, et qui contribue à l’ambiance intérieure du bâtiment. Associé à la brique (matériau géosourcé par excellence) et à l’isolant à liant végétal, l’ensemble de la palette constructive s’inscrit dans une logique cohérente de recours aux ressources naturelles et peu transformées.

Santé
La qualité de l’air intérieur a fait l’objet d’une attention particulière dans le choix des matériaux de finition. L’ensemble des produits utilisés en intérieur sont étiquetés A+, le niveau le plus exigeant en matière d’émissions de composés organiques volatils, et exempts de formaldéhyde. Cette exigence, souvent reléguée au second plan dans les opérations à délai contraint, a ici été maintenue comme un critère non négociable, au bénéfice des usagers et de la qualité d’usage du bâtiment sur le long terme.

Pérennité
Le projet a été conçu pour durer. L’association de la brique, du bois de charpente et des poutres béton constitue une ossature dont la durée de vie structurelle se compte en siècles plutôt qu’en décennies. Ces matériaux éprouvés, robustes et peu sensibles au vieillissement pathologique, garantissent la solidité de l’ouvrage dans le temps. Cette pérennité constructive est aussi une forme de responsabilité environnementale : un bâtiment durable, c’est un bâtiment qui n’aura pas à être démoli et reconstruit, évitant ainsi la consommation de nouvelles ressources.

Réemploi
Le projet n’intègre pas de démarche de réemploi à proprement parler. On notera cependant l’utilisation de gabions, qui, par leur logique même (des pierres brutes contenues dans des structures métalliques), s’inscrivent dans une économie de matière sobre et réversible, à mi-chemin entre le réemploi et la construction géosourcée.

3/ INTEGRATION / ESTHETIQUE

Contexte
Le Manoir de la Boulaie bénéficie d’un écrin naturel d’exception. Implanté au cœur d’une propriété généreusement boisée, le site est dominé par la présence d’un vaste étang qui confère au lieu une atmosphère singulière, entre sérénité et noblesse paysagère. Ce cadre exceptionnel a constitué dès l’origine le point de départ du projet : toute décision architecturale a été pesée à l’aune de ce capital naturel, avec la conviction qu’une extension réussie ne pouvait se concevoir qu’en dialogue constant avec ce paysage, et non en dépit de lui.

Traitement des limites
Les limites de la propriété, déjà établies et chargées d’histoire, ont été respectées dans leur intégralité. Il n’était pas question d’en altérer la logique ni le caractère. Une seule intervention a été menée : la modification du portail d’entrée arrière, rendue nécessaire pour permettre le passage des véhicules de secours incendie, conformément aux exigences réglementaires liées au classement ERP. Cette retouche, dictée par la sécurité, a été traitée avec soin pour rester discrète et ne pas dénaturer la lecture d’ensemble de la propriété.

Détail
Si l’architecture se perçoit d’abord dans sa globalité, c’est souvent dans le détail qu’elle se révèle vraiment. L’intérieur de l’extension en est la démonstration : le travail du plâtre, soigné et maîtrisé, apporte une qualité d’exécution qui élève immédiatement la perception des espaces. Loin d’être un simple revêtement, il constitue un langage architectural à part entière, qui donne au projet son caractère chic et raffiné, en écho au standing du manoir existant. C’est ce niveau d’exigence dans la mise en œuvre qui distingue un projet ordinaire d’un projet mémorable.

Dialogue et harmonie
L’extension s’inscrit dans la continuité du manoir avec une cohérence qui tient autant aux choix matériaux qu’aux proportions et à l’écriture architecturale. Plutôt que de chercher à s’imposer ou à créer une rupture ostentatoire, le parti pris a été celui de l’harmonie : une architecture contemporaine qui respecte l’ADN du bâtiment existant, en reprend les codes essentiels et les réinterprète avec les outils d’aujourd’hui. Le résultat est une continuité fluide entre l’ancien et le nouveau, où l’on perçoit clairement l’identité de chaque époque sans que l’une n’écrase l’autre.

Beauté
L’effet est immédiat dès que l’on pénètre dans l’extension : une sensation d’espace, de lumière et d’ouverture qui saisit le visiteur. Le puits de lumière zénithal inonde le volume intérieur d’une clarté généreuse, que viennent amplifier les grandes baies vitrées offrant des vues continues sur le parc verdoyant et l’étang. Les moulures et le travail de plafond rappellent le soin apporté à l’architecture d’apparat du manoir, tandis que la pénétration de la lumière naturelle crée des jeux d’ombres et de reflets qui animent les espaces au fil de la journée. C’est une architecture qui ose (qui fait le choix de l’audace là où la prudence aurait pu l’emporter) et c’est précisément cette audace qui produit cet effet de surprise et d’émerveillement dès le premier regard.

4/ USAGES / FONCTIONNALTÉS

Mobilité
L’accueil du public a été pensé sans compromis sur la qualité du site. Des places de stationnement engazonnées et gravillonnées ont été aménagées pour recevoir les visiteurs dans des conditions adaptées à un établissement recevant du public, tout en préservant l’intégrité paysagère et environnementale de la propriété. Ces revêtements perméables s’inscrivent pleinement dans la stratégie de gestion des eaux pluviales du projet, et garantissent que l’arrivée sur le site reste une expérience en accord avec le caractère naturel et verdoyant du lieu, sans rupture visuelle ni impact sur les sols.

Entretien
La durabilité d’un bâtiment ne se mesure pas seulement à sa solidité structurelle, mais aussi à la facilité avec laquelle il peut être maintenu dans le temps. La toiture, réalisée en étanchéité bitumineuse, a été choisie pour sa faible exigence en maintenance. Les équipements techniques ont été regroupés en toiture-terrasse, hors de vue, préservant ainsi l’esthétique de l’ensemble. L’accès à ces équipements est assuré par une échelle à crinoline dissimulée sur le sas de l’extension, une solution discrète et fonctionnelle qui permet d’intervenir en toute sécurité sans altérer la lecture architecturale du bâtiment. Chaque détail technique a été pensé pour que la maintenance reste simple, sûre et invisible.

Lien usagers
L’extension a été conçue comme un prolongement naturel et fluide du manoir existant, sans rupture dans l’expérience des usagers. La connexion entre l’ancien bâtiment (qui abrite une cuisine étoilée) et le nouveau se fait par l’intermédiaire d’un sas de liaison. Ce dispositif joue un rôle central dans la qualité d’usage : il fluidifie les circulations entre les deux entités, organise les flux de service et de réception, et assure la continuité fonctionnelle indispensable à l’exploitation d’un établissement de ce niveau d’exigence. Le sas devient ainsi une pièce charnière, humble dans son expression mais déterminante dans la vie quotidienne du lieu.

Évolutivité
Sans qu’un programme évolutif ait été explicitement formulé par la maîtrise d’ouvrage, les choix constructifs retenus (structure poutre béton, charpente bois, grandes travées, hauteurs sous plafond généreuses) confèrent à l’extension une capacité d’adaptation dans le temps. Les espaces peuvent être redistribués, les usages reconfigurés sans contrainte structurelle majeure à l’exception des murs. Sur un site à vocation hôtelière et de restauration, où les besoins fonctionnels évoluent avec les tendances et les standards de la clientèle, cette flexibilité latente constitue une valeur ajoutée réelle pour le propriétaire sur le long terme.

Confort
Le confort des occupants a été abordé dans toutes ses dimensions. Sur le plan lumineux, les grandes baies vitrées et le puits de lumière zénithal garantissent une pénétration généreuse de la lumière naturelle, créant des ambiances intérieures changeantes et vivantes au fil de la journée. Sur le plan thermique, la combinaison brique alvéolaire et isolant à liant végétal assure une enveloppe performante, tandis que le sas de liaison entre l’ancien et le nouveau limite les déperditions aux zones de transition. Sur le plan acoustique, une étude dédiée a été menée en amont, avec un double objectif : prévenir les nuisances sonores pour le voisinage et réduire l’impact sur la faune environnante, une attention rare et témoignant d’une approche globale de la qualité. Le sas contribue également à cet équilibre acoustique en jouant le rôle de tampon entre deux univers sonores distincts, la cuisine professionnelle, les espaces de réception et l’extérieur (voisinage et faune). C’est l’ensemble de ces couches de confort, pensées conjointement, qui produit une architecture véritablement habitable et de qualité.


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Informations complémentaires :
RAS

Bureau(x) d’études : ICR Ingenierie
Photographe : @RIOU-louis

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