Extension d’Algosolis

Rue du campus, 44600 Saint-Nazaire

97

Programme

Extension de la partie tertiaire d’Algosolis, plateforme de recherche sur les micro-algues.
Hall d’accueil, salle de réunion, bureaux
Restructuration d’une partie du bâtiment existant

Concepteurs

  • Vendredi Architecture & Urbanisme (mandataires)

Commune

  • Saint-Nazaire

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Université de Nantes

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2023

Surface(s)

101m² SU neuve50m² de SU restructurée dans le bâtiment existant

Coûts

316 000€ HT

Documents

La plateforme de recherche en microalgues Algosolis est construite en 2015 dans le quartier Gavy, à deux pas de la plage de Trebezy. Elle est pilotée par l’Université de Nantes et opérée par le laboratoire GEPEA (Génie des Procédés Environnement – Agroalimentaire). Elle offre l’infrastructure et les équipements nécessaires aux études visant l’exploitation contrôlée, intensifiée et durable de la ressource microalgue à grande échelle. En 2019, l’Université lance un concours en vue de concevoir une extension capable de recevoir un véritable hall d’accueil, un espace de réunion et des bureaux supplémentaires.

Notre proposition est un volume simple qui développe les surfaces utiles sur deux niveaux et s’étire en hauteur afin de proposer une émergence visible de loin, dès l’arrivée sur le boulevard de l’Université. Cette hauteur accrue offre un troisième plateau accessible, jardin sur le toit, venant restituer en hauteur l’espace perdu au sol. Cette terrasse jardin, traitée en pergola, ajoute au programme un espace de convivialité en lien avec l’océan tout proche, ressource originelle de la plateforme. C’est encore un volume capable, permettant d’envisager à nouveau une extension de la plateforme.

Cette visibilité depuis le domaine public participe au rayonnement et à l’image de marque de la plateforme. A l’aube comme au crépuscule, le volume suspendu et ajouré se tamise de lumières filtrées, projetant sur ses rives un halo lumineux, en écho aux micro-algues fluorescentes.

Le confort et l’aménité des lieux est une priorité. Les espaces de bureaux profitent de la lumière naturelle, tout en bénéficiant du confort d’été : triple orientation pour assurer une ventilation naturelle, brise-soleil et rideaux intérieurs pour contrôler les apports solaires.

Cette extension, vitrine d’Algosolis, est conçue de la manière la plus vertueuse possible sur le plan environnemental : emprise au sol réduite, fonctionnement bioclimatique, recours à un maximum de matériaux biosourcés. Sur des fondations et un soubassement en béton, la structure est entièrement construite en bois : murs, planchers, toit terrasse et pergola. A l’intérieur, meubles intégrés en bois, linoléum et peinture aux algues renforcent la démarche bas carbone. Une démarche de réemploi a été menée avec le déplacement de portes et fenêtres du bâtiment existant et l’utilisation de matériaux de réemploi pour les aménagements intérieurs (placards, étagères).


Label(s) obtenu(s) : Biosourcé Niveau 3

Informations complémentaires :
Intervention en site occupé

Bureau(x) d’études : ECMS (économie), ALS (Structure), Kypseli (Fluides), Log (Acoustique)
Photographe : François Dantart

EPF Engeneering School

5 Esp. Germaine Tillon, 44600 Saint-Nazaire

101

Programme

Ecole d’ingénieurs avec administration, salles d’enseignement, vie étudiante, Atrium, Amphithéatre (90 places), Lab et plateforme technologique.

Concepteurs

  • GCC (entreprise générale mandataire) - MAGNUM architectes

Commune

  • Saint-Nazaire

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • SCI EPF Patrimoine

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2025

Surface(s)

3 450 m² SP

Coûts

8 500 000 € (2025)

Documents

Critère 1 — Une exigence portée conjointement entre maîtrise d’ouvrage et maîtrise d’œuvre, où le dialogue de projet élève le niveau d’ambition

Le projet du campus EPF est né d’un dialogue engagé dès les phases esquisse et avant-projet sommaire. Ce temps d’échange approfondi entre maîtrise d’ouvrage, entreprise mandataire, maîtrise d’œuvre et futurs usagers a permis de dépasser une simple réponse programmatique pour construire une vision commune du projet et de son ambition.
La confiance instaurée au cours de ce processus a favorisé une véritable émulation collective autour de l’identité pédagogique et des valeurs portées par l’EPF. La compréhension fine des modes d’enseignement, des enjeux d’innovation et de la volonté de faire du campus un support démonstrateur des transitions environnementales a nourri les choix architecturaux, constructifs et spatiaux du projet.
Le dialogue itératif mis en place avec la maîtrise d’ouvrage a permis d’affiner progressivement les usages, les matérialités, les volumes et l’évolutivité du bâtiment afin de proposer un équipement à la fois robuste, pédagogique et évolutif.
Cette démarche commune se traduit notamment par une trame constructive rationnelle et favorable à l’évolutivité, l’utilisation conjointe de matériaux biosourcés et minéraux, les façades à ossature bois, ainsi que l’intégration d’un mur trombe en terre participant à la fois au confort thermique, à l’inertie du bâtiment et à la dimension pédagogique du campus.
Au-delà de la seule performance technique, le projet affirme ainsi une ambition partagée : faire du bâtiment un véritable outil d’apprentissage, capable d’incarner concrètement les valeurs d’innovation, de sobriété et de responsabilité environnementale portées par l’école.

Critère 2 — Une approche attentive aux ressources et aux contextes, proposant des réponses adaptées aux enjeux environnementaux contemporains

Le projet du nouveau campus EPF s’est inscrit en lieu et place d’un parking imperméable libre de toute construction au sein du quartier de l’ancienne base sous-marine dans le port de Saint-Nazaire. L’école jouxte l’ancienne gare récemment réhabilitée et reconvertie ainsi que le théâtre Simone Veil. Elle amorce le développement et la redynamisation du quartier initié avec l’étude urbaine de l’agence ANMA.
Le projet EPF est conçu avec une volumétrie simple, compacte et fonctionnelle, cherchant à s’intégrer harmonieusement à son environnement.
Partant d’un volume maximum à R+4, le projet se déhanche, en fonction des orientations, des accès, et de son organisation. Dans la filiation de la fiche de lot, le bâtiment propose un épannelage progressif allant de R+2 au Sud jusqu’à R+4 au Nord.
La façade principale, située à l’Ouest présente un débord de protection solaire à partir du R+1, qui rappelle l’ancien auvent de la gare des voyageurs. La marquise béton se dilate au niveau du hall d’accès du bâtiment et guide les visiteurs vers le hall d’entrée central. Cette façade offre un accès sécurisé et abrité, distinct des flux logistiques situés au Nord-Est et au Sud-Est.
L’enveloppe du bâtiment est constituée de façades en ossature bois et de menuiseries tramées, qui permettent une interaction entre l’intérieur et l’extérieur. La transparence du bâtiment offre une vue sur l’activité et la vie intérieure, selon le plan et les orientations.
Des modénatures bois verticales et horizontales en saillie participent à la protection solaire passive tout en répartissant les pleins et les vides.

Critère 3 — Une conception répondant aux usages actuels, tout en anticipant les évolutions à venir

L’organisation du bâtiment en plan et en coupe est dictée par un objectif de clarté dans la disposition des fonctions, et de rationalité des systèmes techniques.
Cette grande lisibilité est intensifiée par :
– L’intégration d’une « saillie repère » sur la façade ouest signalant l’accès et y accompagnant les visiteurs avec la marquise en béton et la protection solaire.
– Un Atrium central révélant la coupe du bâtiment et donnant immédiatement à lire les diverses fonctions de manière intuitive.
– Un dispositif efficace et limpide de circulations verticales et horizontales.
– Une répartition de chaque pôle du projet (Enseignements, administratif, vie étudiante, locaux techniques, …) dans des formes simples pour une appréhension logique des espaces. — Une diffusion dans les étages des bureaux d’enseignement a été imaginé avec l’EPF pour une plus grande agilité dans les échanges quotidiens.

Tramé, le bâtiment se développe sur 4 niveaux (R+3 & attique) présentant un système de plan similaire tout en respectant les spécificités fonctionnelles de chaque pôle.
Ce système de plan est structuré à chaque niveau, par une large circulation horizontale Nord- Sud naturellement éclairées, connectée aux espaces extérieurs, et deux blocs de distributions verticales.
Le toit a une place prédominante dans ce projet. Le projet, par sa forme, crée des vides contenus (Atrium), des échancrures vers la ville et le ciel (les terrasses et loggias) qui sont autant d’espaces partagés, mutualisés, ou supports d’applications pédagogiques, comme la terrasse à R+4.

Trame structurelle : un atout du projet

Notre projet revendique l’usage d’une trame structurelle, omniprésente et identitaire des façades.
Cette trame est une composante importante dans l’écriture architecturale du projet, mais surtout, elle garantit une efficacité structurelle et une excellente modularité des locaux. Elle permettra notamment d’appréhender les ajustements du projet avec simplicité.

Critère 4 — Une recherche sensible de qualité architecturale et paysagère, alliant audace et intégration

Les espaces extérieurs de pleine terre sont composés d’espaces engazonnés, de haies, de massifs plantés, d’arbustes ainsi que d’arbres de moyennes et hautes tiges venant structurer les abords du projet. Cette trame végétale participe à la requalification d’un site aujourd’hui très imperméabilisé, tout en recréant des espaces de respiration et des continuités paysagères. Les essences retenues sont adaptées au climat océanique et au caractère exposé du site.

Les terrasses paysagées prolongent cette ambition en offrant des usages extérieurs qualitatifs et largement végétalisés.

« des matériaux vertueux pour une satisfaction durable ». Cette ambition guide notre approche à toutes les échelles du projet, de la volumétrie aux détails constructifs.
Le bâtiment repose sur une structure béton associée à des façades à ossature bois (FOB), conciliant robustesse, modularité et performance environnementale. Les menuiseries aluminium laquées et le parement minéral Caréa participent à une écriture architecturale sobre, pérenne et contemporaine. La qualité des matériaux et le soin apporté à leur mise en œuvre garantissent une excellente durabilité ainsi qu’un faible coût d’entretien, dans une logique de développement durable et de maîtrise du cycle de vie du bâtiment.

En cohérence avec la pédagogie du Campus tournée vers l’ingénierie des transitions, le projet intègre également une dimension géosourcée avec la création d’un mur Trombe en terre crue issue d’extractions locales, intégré à une salle de réunion. Véritable dispositif passif de régulation thermique, il constitue également un support pédagogique valorisant les ressources et savoir-faire du territoire.


Bureau(x) d’études : CAIRN (TCE) – ASCIA (structure et économie) – Inddigo (Développement Durable) – Alhyange (Acoustique) – Ingetel (Réseaux)
Photographe : Juan Cardona

Temple bouliste – Halle du Parc Paysager

Parc Paysager - avenue Léo Lagrange, 44600 Saint-Nazaire

110

Programme

Halle couverte
6 à 8 pistes de pétanque & pratiques libres

Concepteurs

  • Conception de la halle : Vendredi architectes
  • D'Ici là paysage (mandataire groupement Plan guide et aménagement Parc paysager)

Commune

  • Saint-Nazaire

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Commune de Saint-Nazaire

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2025

Surface(s)

463m² de surface couverte

Coûts

514 577 € HT (valeur 2025)Bâtiment seul (construction comprise dans un projet d'aménagement du boulodrome)

Documents

La construction de la halle s’inscrit dans un projet plus vaste de réaménagement du Parc Paysager de St-Nazaire, dirigé par d’Ici là Paysages et qui porte de fortes ambitions écologiques et sociales : intensifier les usages, diversifier les formes de nature, faire face à l’urgence climatique en faisant du parc un lieu ressource pour affronter des canicules plus fréquentes et plus longues.
L’architecture du boulodrome couvert poursuit cette démarche en usant de matériaux bruts issus directement de la nature, pour une empreinte carbone très réduite : la halle est un grand parapluie de bardeaux mélèze sur une charpente de pin douglas, dans une volonté d’emploi exclusif de bois massif.
De plan carré, la halle peut accueillir 8 pistes de pétanque comme une multiplicité d’usages libres. La charpente en fermes rayonnantes autour d’un oculus zénithal décentré a constitué un véritable défi structurel pour assurer une surface libre de jeu de 15x15m. La double galerie de poteaux soutient et stabilise cette charpente atypique. Les poteaux sont appuyés sur des socles de béton brut coulés en place et sablés. Dans chaque angle, ils s’étirent pour former des bancs qui contreventent la structure.
Les 4 versants de la toiture se rejoignent en partie haute autour d’un oculus zénithal qui baigne le volume intérieur d’une lumière diffuse. Formée d’un vitrage de 3x3m sans recoupement, la verrière a été autre pari majeur du projet.
Hormis l’eau de la verrière, canalisée par un chéneau-gargouille en inox, l’eau de pluie s’écoule librement sur le grand toit de bardeaux. Elle est récupérée et drainée dans des impluviums en granit puis conduite dans la noue à l’est.
La forme radicale et la matérialité de la halle dialoguent avec la « Soucoupe », Monument Historique brutaliste inauguré en 1974 face au boulodrome. Bâtiment iconique des architectes Vissuzaine, Longuet, Rivière et Joly, elle a été construite par levées successives de béton dans des coffrages de différentes profondeurs, créant une texture très graphique à laquelle les bardeaux de la halle rendent hommage… dans une version décarbonée.


Label(s) obtenu(s) : Pas de label mais un bâtiment biosourcé & bas carbone puisque composé presque entièrement de bois !

Informations complémentaires :
Accord cadre Plan guide et maîtrise d’œuvre pour l’aménagement du Parc Paysager

Bureau(x) d’études : Ingeligno (Structure bois), Artelia (VRD)
Photographe : Gaëtan Chevrier (bâtiment livré) & Flore Larrazet (photos de chantier) – dessins BD Raphaël Beuchot

Résidence Provence

Route des Fréchets, 44600 Saint-Nazaire

102

Programme

Réhabilitation de cinq immeubles de logements sociaux en site occupé comprenant la rénovation thermique et le désamiantage de 86 logements, la création de balcons et de trois cages d’ascenseurs, la requalification des halls et des espaces communs ainsi que l’aménagement d’un local commercial.

Concepteurs

  • Bohuon Bertic et associé.e.s

Commune

  • Saint-Nazaire

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Silène Habitat

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2024

Surface(s)

Surface de plancher 3 575m² (existant)

Coûts

5 072 000 €HT

COMMANDE / MAÎTRISE D’OUVRAGE / MAÎTRISE D’ŒUVRE
La rénovation de la résidence Provence s’inscrit dans une démarche de revalorisation d’un ensemble de logements sociaux des années 1960, composé de cinq bâtiments au cœur d’un tissu urbain mêlant habitat pavillonnaire, grands ensembles et équipements commerciaux.
Le projet, mené en site occupé, répondait à plusieurs enjeux : amélioration des performances thermiques et acoustiques, mise en accessibilité, création d’ascenseurs et de balcons, requalification des parties communes et amélioration du confort des logements. Au-delà de cette mise à niveau technique, l’ambition partagée avec le maitre d’ouvrage, Silène Habitat était de transformer l’image de la résidence et la qualité d’usage offerte aux habitants, sans rompre avec les caractéristiques du site.
La démarche de projet s’est appuyée sur une lecture attentive de l’existant afin de révéler les potentiels du bâti plutôt que de les effacer.

ENVIRONNEMENT / RESSOURCES
Le projet développe une intervention sobre et mesurée fondée sur la transformation plutôt que sur la démolition. La rénovation thermique par l’extérieur, l’amélioration de l’enveloppe et des équipements techniques permettent d’atteindre un niveau BBC rénovation tout en prolongeant durablement la vie des bâtiments existants.
L’intervention conserve la structure originelle de la résidence et limite les transformations lourdes. Les nouveaux balcons prolongent les usages des logements tout en améliorant le confort quotidien des habitants.
Une palette restreinte de matériaux et de teintes compose le projet : enduits sable et blanc, serrurerie métallique et tôles perforées. Cette sobriété matérielle permet d’unifier les bâtiments tout en installant une atmosphère lumineuse et pérenne, en lien avec le contexte maritime de Saint-Nazaire.

USAGES / FONCTIONNALITÉS
Le projet cherche à améliorer les conditions d’habiter à toutes les échelles : confort thermique et acoustique des logements, accessibilité des bâtiments, qualité des circulations et valorisation des entrées et des halls.
La création des ascenseurs et des balcons transforme durablement l’usage quotidien de la résidence. Les espaces extérieurs privatifs prolongent désormais les logements tandis que les halls et parcours d’accès requalifiés participent à une meilleure lisibilité de l’ensemble résidentiel.
L’intervention développe également une attention particulière aux seuils et aux parcours dans le quartier afin de renforcer le sentiment d’adresse et l’appropriation des bâtiments par les habitants.

INTÉGRATION / ESTHÉTIQUE
Le projet repose sur une écriture architecturale simple et attentive à l’existant. Les façades ont été requalifiées par un travail de bichromie associant des teintes sable et blanches, permettant de distinguer les différentes situations du projet tout en apportant une nouvelle identité à la résidence.
Le coloris sable fait écho à la lumière et au paysage littoral de Saint-Nazaire, tandis que le blanc accentue la luminosité des façades côté cœur d’îlot. Les encadrements en surépaisseur des fenêtres composent un motif régulier qui anime les élévations et atténue la répétition du bâti existant.
Les nouveaux balcons métalliques, les garde-corps perforés et le traitement homogène des halls et parties communes participent à une relecture sobre et cohérente de l’ensemble. Le projet cherche ainsi à transformer l’image du logement social par une architecture discrète, durable et attentive au cadre de vie quotidien.


Label(s) obtenu(s) : Niveau BBC Rénovation

Bureau(x) d’études : Betom, ECMS, Zéphyr paysages
Photographe : Juan Cardona

Les lanternes de Neyman

Bvd Jean de Neyman, 44600 Saint-Nazaire

114

Programme

32 logements : 11 logements collectifs R+4 max./ 6 logements intermédiaires R+2 max + 15 maisons individuelles groupées

Concepteurs

  • MAGNUM urbanistes mandataire - CAMPO paysagistes

Commune

  • Saint-Nazaire

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • SILENE

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2023

Surface(s)

2765 m² SHAB – 2940 m² SP

Coûts

4 750 000 € (2023)

Documents

Critère 1 — Une exigence portée conjointement entre maîtrise d’ouvrage et maîtrise d’œuvre, où le dialogue de projet élève le niveau d’ambition

Le projet comme espace de dialogue et d’invention
Le projet est né d’une ambition portée collectivement par la maîtrise d’ouvrage et la maîtrise d’œuvre : dépasser l’idée d’un logement réduit à une simple cellule standardisée, normée et suréquipée. Dans un contexte où les surfaces se rationalisent, où les usages se figent et où le végétal devient souvent un simple décor, nous avons cherché ensemble à proposer une alternative plus généreuse et plus ouverte des manières d’habiter.
Silène et Magnum ont engagé un dialogue de projet constant, fondé sur une exigence commune : concevoir des logements pensés comme des volumes à vivre plutôt que comme une addition de mètres carrés. Cette réflexion partagée a permis de défendre, dans le respect de l’équilibre économique de l’opération, des qualités d’usage ambitieuses et parfois atypiques : espaces capables, seuils appropriables, micro-programmes favorisant les rencontres, porosités entre l’intime et le collectif.
Cette collaboration étroite a permis de maintenir l’usager au cœur du projet. Ensemble, nous avons défendu l’idée d’un habitat laissant une place à l’appropriation, où l’habitant conserve le pouvoir d’achever et de faire évoluer son espace de vie dans le temps. Plus qu’une réponse technique ou réglementaire, le projet revendique une vision optimiste et évolutive de l’habitat contemporain.

Critère 2 — Une approche attentive aux ressources et aux contextes, proposant des réponses adaptées aux enjeux environnementaux contemporains

Habiter différemment la profondeur de l’ilot.
Sur ce projet, le boulevard et le coeur d’ilot sont habités différemment. « Les lanternes de Neyman » s’attachent à proposer des modes de vie variant en fonction du contexte, de la profondeur de la parcelle.
Le bâtiment collectif, résolument urbain, participe à la régénération du boulevard. Sa silhouette est sculptée pour briser les effets de masse et s’élancer vers le ciel. Pour respecter le voisinage, le gabarit du bâti s’apaise (R+2) sur sa partie Ouest. Résolument urbain, il puise son identité dans les codes de la ville, avec un travail sur la trame en façade, l’usage de la loggia, associé à des percements généreux.
Alors qu’en fond de parcelle, des maisons groupées de grande typologie s’ouvrent généreusement sur l’espace paysager, tel un hameau résidentiel.
Entre eux, un bâtiment intermédiaire propose, au-delà d’une transition d’épannelage, une alternative entre l’habitat collectif et individuel. S’élevant en R+2, il adopte pour autant la matérialité et le motif architecturale des maisons au Sud (toiture double pente, jardins individuels…). Il est composé de deux volumes distincts relié par une coursive. Un soin particulier est apporté au traitement de la circulation verticale, l’escalier étant couvert pour un confort d’usage et génère un apaisement volumétrique entre les deux masses du bâtiment.

Critère 3 — Une conception répondant aux usages actuels, tout en anticipant les évolutions à venir

Des espaces « capables » intégrés.
Parce que nous vivons tous singulièrement, nous proposons une alternative au plan type, en y intégrant un dispositif singulier à s’approprier : alcôve, double hauteur, balcon, triplex, loggia, terrasse, jardin en RDC, extérieur couvert …
Chaque logement est unique par son plan, son orientation, sa forme … produisant ainsi une singularité d’habitat tout en conservant une sobriété architecturale.
Nous avons poussé notre logique « sur-mesure » jusqu’au choix du système constructif : tandis que les maisons sont en ossature bois, le collectif est en maçonnerie. Le bâtiment intermédiaire adopte un principe mixte.

Critère 4 — Une recherche sensible de qualité architecturale et paysagère, alliant audace et intégration

Une architecture vivante au profit de l’appropriation.
Enfin, persuadés que la singularité architecturale participe aussi à l’appropriation, nous avons le désir d’une architecture vivante, sculptée, d’inspiration vernaculaire avec une volumétrie détournée par une lecture plus contemporaine.
Le 1er ilot de maisons oriente les jardins privatifs sur la coulée verte et sur les sujets végétaux préexistants. Alors que les autres ilots orientent les espaces extérieurs privatifs et les pièces à vivre vers le Sud. En tête d’îlot, des maisons singulières en triplex produisent des signaux marquant les angles intra-parcellaires. Le dessin généreux des ouvertures sur ces émergences propose alors la nuit venue un effet de lanternes.
Le projet s’inspire de la palette végétale « VILLE LITTORALE Ambiance Balnéaire ». les arbres existants sont conservés et une quarantaine nouveaux sont plantés (en cépé ou haute tige). Haies arbustives, frange champêtre et plantes grimpantes agrémentent les espaces publics.


Informations complémentaires :
marché loi MOP

Bureau(x) d’études : ECMS (économie/OPC) – EVEN (structure) – RABIER FLUIDES CONCEPT (Fluides & Développement durable) – A3GI (VRD)
Photographe : Juan Cardona

Terracotta

Chemin des Virées Rouillard, 44600 Saint-Nazaire

107

Programme

33 logements locatifs sociaux

Concepteurs

  • Tact Architectes

Commune

  • Saint-Nazaire

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • SILENE

Thèmes

  • Architecture
  • Urbanisme

Année de réalisation

2024

Surface(s)

2 132 m² SHAB

Coûts

Coût bâtiment totale de l’opération : 4 738 029 € HT soit 2 411 € HT/m²Coût bâtiment (hors VRD/Espace vert) : 4 181 626 € HT soit 1 965 € HT/m²Coût VRD / Espaces verts : 556 403 € HTRatio avec VRD/Espace Vert : 2 226 € HT/m²

Documents

Situé en bordure de la Route Bleue, le long de la route de Saint-André-des-Eaux, le site des Virées Rouillard s’inscrit en proche périphérie de Saint-Nazaire, au cœur d’un paysage périurbain hétérogène, fortement marqué par la présence d’infrastructures de transport et de zones commerciales.
L’ambition partagée avec la maitrise d’ouvrage était alors de ménager en ce lieu les conditions d’une habitabilité et de constituer un nouveau quartier amène.
De forme triangulaire, la parcelle se trouve à l’articulation de contextes variés : elle prolonge un tissu résidentiel au nord, surplombe des jardins vivriers au sud-est et fait face à un centre commercial à l’ouest. La topographie en pente et les merlons qui ceinturent le site contribuent à une atmosphère singulière, atténuant les vues sur les infrastructures environnantes tout en ouvrant des perspectives vers le ciel et l’horizon, au-delà du chemin des Virées Rouillard.
Si cette configuration offre un ensoleillement favorable, orienté plein sud, elle est néanmoins affectée par d’importantes nuisances sonores, liées à la proximité de la voie de décélération de la RD 213 et du rond-point du Chêne Vert, situé au nord-ouest. La coexistence de ces contraintes, à la fois réglementaires et acoustiques, a conduit à envisager la création d’un paysage autonome à l’échelle de la parcelle : un micro-écosystème capable de préserver la qualité du cadre de vie.
Le projet se déploie ainsi comme une composition paysagère qui part du sol et favorise les cheminements doux. Nous avons travaillé avec grande attention le paysage à l’échelle de la parcelle, à la fois par les jeux d’implantation des volumes bâtis entre eux mais également par la qualification des sols : forte présence du végétal, alternance de pavements, sols en stabilisé, platelages bois.
Le travail du sol s’accompagne d’une réflexion sur les éléments de délimitation. Trois types de clôtures sont ainsi déclinés selon les situations : murs en briques, palissades en bois et ganivelles.
Une nouvelle voie, la rue Joséphine Baker, traverse le site d’Ouest en Est et structure l’ensemble. Rythmée par une succession de places et de placettes, elle distribue les logements via des venelles orientées nord-sud. Au nord, un cheminement piéton et cyclable relie le chemin des Virées Rouillard au rond-point du Chêne Vert, assurant une transition douce avec le quartier existant.
Les 36 places de stationnement sont intégrées à la topographie sous forme de petites entités. Cette organisation en sous-ensembles favorise une relation de proximité avec les logements tout en limitant l’emprise des voiries.
Le projet s’articule autour de huit corps de bâtiments principaux, conçus comme des longères contemporaines en écho à celles présentes dans l’environnement proche et dans les paysages des marais de Brière. Leur construction repose sur des systèmes hybrides, combinant maçonnerie traditionnelle et ossature bois.
Les formes, volontairement simples, évitent toute complexité technique superflue. Ces longères accueillent à la fois des logements individuels et collectifs. Leurs toitures à deux pentes, largement débordantes, protègent des terrasses en bois couvertes pour chaque logement. Enfin, le traitement des clôtures et l’implantation d’appentis, destinés à abriter celliers ou garages, participent à la richesse du maillage paysager de ce nouveau quartier.


Informations complémentaires :
Mission complète + OPC

Bureau(x) d’études : Iba – Solab – Naonec – Gsp – Tugec
Photographe : Patrick Miara

Aménagement du parc de la Rive d’Estuaire

Avenue St Hubert, 44600 Saint-Nazaire

126

Programme

La Ville de Saint-Nazaire souhaite révéler la présence et la puissance de la Loire, poursuivre le réaménagement de la promenade du front de mer jusqu’au Petit Maroc, aménager un nouvel espace public majeur et fédérateur, avec de nouveaux usages récréatifs et conviviaux, sur la rive de l’estuaire de la Loire. Le Grand Port Maritime dispose d’un foncier stratégique sur l’avant-port de Saint-Nazaire, situé sur le Petit Maroc. Son ambition est de valoriser le patrimoine bâti et paysager de ce site au potentiel exceptionnel, de le rendre plus attractif pour les habitants, usagers et visiteurs et d’ouvrir de nouvelles perspectives vers la Loire, dans le prolongement du front de mer. La Ville de Saint-Nazaire et le Grand Port Maritime de Nantes Saint-Nazaire se sont associés pour imaginer et concevoir ensemble ce vaste projet de requalification des espaces publics du Petit Maroc. Ils ont décidé de missionner une équipe de concepteurs afin de réaliser un plan-guide commun puis de disposer d’un maître d’œuvre unique pour l’étude et la réalisation des différents espaces publics du Petit Maroc, dont le parc cœur d’Estuaire, imaginé comme aboutissement du Front de Mer côté Loire, à l’instar de la plage de Villès-Martin côté Sud.

Concepteurs

  • PHYTOLAB- paysagistes (mandataire)
  • Studio Vicarini (concepteur lumière)

Commune

  • Saint-Nazaire

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Ville de Saint-Nazaire et Grand Port Maritime de Nantes Saint-Nazaire

Thèmes

  • Aménagement

Année de réalisation

2025

Surface(s)

1.8 ha

Coûts

• Lot 1 : terrassement, assainissement, revêtements et réseau dragage CHARIER – 1 184 704€HT • Lot 2 : réseau et mobilier éclairage BOUYGUES – 338 638€HT • Lot 3 : aménagements paysagers et mobiliers EFFIVERT – 544 202€HT

Documents

1. Commande Moa / Moe

En 2023, la ville de Saint-Nazaire et le Grand Port Maritime de Nantes Saint-Nazaire souhaitent mettre en valeur leur territoire commun de l’île du Petit Maroc. Grande surface libre avec des atouts indéniables, le Petit Maroc apparaît (à l’exception du Rocher) comme délaissé et renvoie, au quotidien, une image de site à l’abandon : espaces publics intégralement revêtus en enrobés, usages indéfinis, vastitude des lieux, déconnection à la fois du centre-ville, de l’océan, de la Loire et du port, etc.
Notre équipe de maîtrise d’œuvre multidisciplinaire est retenue dans le cadre d’un appel d’offre pour un accord-cadre. Ainsi, en plus de Phytolab mandataire du groupement, l’équipe se compose d’Artelia (bureau d’études techniques), du Studio Vicarini (concepteur lumière), d’Interland (Architectes urbanistes), de l’Atelier Mima (Architectes) et de BOC (programmiste).
Partenaires de longue date, les membres de l’équipe ont l’habitude de travailler ensemble, et par ailleurs, le territoire nazairien est pour certains d’entre eux un lieu plusieurs fois traversé, éprouvé. Ainsi, Phytolab a déjà travaillé à plusieurs reprises pour la ville de Saint-Nazaire. Et cette connaissance du terrain facilite les échanges avec les interlocuteurs techniques ou les élus, rencontrés à de nombreuses reprises au travers de comités techniques, de comités de pilotage, de réunions sur site qui ont permis de collecter toutes informations pour produire une carte à l’image du site.

2. Intégration / esthétique

Contexte
Pour le visiteur pressé, le Petit Maroc ne présente a priori que peu d’intérêt, si ce n’est le stationnement sur les grandes surfaces d’enrobé.
Pourtant le « Rocher » est le point de départ de toute l’histoire de Saint-Nazaire. Il est une ancienne presqu’île où s’édifièrent les premières habitations. Il est le premier port de la ville, abrité par le Môle terminé en 1835. Il est modelé au fil des siècles, remblayé au Nord et à l’Est, séparé du continent en 1907 lors de la création de l’écluse Sud. Et il est détruit, comme le reste de la ville, durant la Seconde Guerre Mondiale. C’est un lieu de profondes mutations, plus connu aujourd’hui sous le nom de Petit Maroc.
Le Petit Maroc est une destination pour le travail certes, un port industriel, mais également un lieu de promenade comme le montrent les anciennes cartes postales avec le jardin de l’entrepôt ou encore la grande estacade. Mais ce qui fait de lui un site vraiment unique est que cette tradition a perduré et qu’aujourd’hui encore il reste un lieu d’événements et un fabuleux belvédère : mise à l’eau de Paquebot comme le France, ou plus récemment le plus grand voilier du monde l’Orient Express Corinthian, ou encore le Festival des Escales.
Et il change encore. Il absorbe les époques grâce à sa grande plasticité. C’est un lieu d’histoire à la géographie unique qu’il s’agit de replacer au cœur de la vi(ll)e.
Le parc de la rive d’estuaire est également un lieu de mémoire et de commémoration. Le site présente un belvédère sur l’œuvre de l’artiste réunionnais et malgache Jean-Claude Mayo et qui commémore l’abolition de l’esclavage (installée depuis 1989). Par ailleurs, le site du Petit Maroc a été aux premières loges de l’opération Chariot (27 mars 1942), opération britannique qui visait à rendre inutilisable certains équipements dont la forme Jobert. Tous les ans, des cérémonies s’y déroulent et différents totems disposés dans le parc retracent les événements. Enfin, dernier point, l’écomusée ainsi que l’Espadon, sous-marin que l’on peut visiter, complètent ce tableau patrimonial.
Intentions du projet
Dans le cadre de la mission de maîtrise d’œuvre, après avoir édité un plan guide sur l’ensemble du Petit Maroc, un des secteurs a pu être identifié, celui de la façade Est le long de la rive d’estuaire. Le projet porte en lui le premier geste de préfiguration et s’inscrit dans le réseau d’espaces publics de la ville de Saint-Nazaire. Il est pensé comme l’aboutissement du Front de Mer côté Loire, à l’instar de la plage de Villès-Martin côté Sud. La transformation de cette partie du plateau du Petit Maroc a immédiatement été imaginée en parc par la ville de Saint-Nazaire permettant ainsi de révéler la dimension de loisirs qui parcourt ce site depuis le XIXème siècle.
Hier l’emprise du site était consommée par un parking dont l’usage initial s’était drastiquement réduit suite à l’arrivée du pont de Saint-Nazaire. Les revêtements étaient aux mieux désuets, aux pires impraticables car soulevés par les racines des pins (une largeur considérable de l’avenue de Saint-Hubert ainsi que de nombreuses places de stationnement étaient neutralisées). Le large dalot du réseau de dragage du Grand Port ne permettait pas une promenade adaptée à tous les publics le long de la rive car les grandes dalles béton qui le recouvraient, étaient cassées et plus ou moins soulevées les unes par rapport aux autres.
Mais le potentiel était considérable et la vue extraordinaire.
Le patrimoine arboré donnait une ossature à ce grand terrain vague et, dans sa partie Nord, un air de bout du monde très agréable. Le site accueille une grande Halle possédant une belle charpente et un terrain de basket. Les deux équipements sont d’ailleurs maintenus dans le cadre des réaménagements.
Aux abords du vieux Môle, de belles pierres de bord à quai apportent une qualité inestimable en même temps qu’une rudesse propre à ces lieux.
Le parc a pour ambition d’offrir un nouveau lieu pour les Nazairiens mais également de d’être en mesure d’accueillir les grands événements comme le Festival des Escales, de permettre l’exploitation du Grand Port.
Composition du parc
La composition du parc de la Rive d’estuaire est le jeu de lignes simples, tendues. Les matériaux font parfois écho à la promenade du front de mer, et parfois sont ancrées dans le site du Petit Maroc. C’est un lieu de métissage entre la ville et le port.
La promenade en béton lisse, et dédiée aux piétons, se développe depuis le vieux Môle jusqu’à l’écomusée et permet de profiter de la vue sur mer et des marqueurs du paysage de l’estuaire avec le pont de Saint-Nazaire, le port industriel, la côte brévinoise et bien sûr le Môle et son phare iconique. Quelques équipements ponctuent la promenade côté parc, tout en s’attachant à rester dans une grande sobriété : grandes tables de pique-nique, bancs filants et bornes d’éclairage.
Le parc est traité en modelés légers à modérés afin de démultiplier les points de vue et les jeux de cache-cache avec le grand paysage (et les parents) mais il y a aussi un grand terrain plat qui permet les jeux de balles. Un cheminement en dallage d’enrobé au travers du « vallon » offre une alternative à la promenade du bord de mer en se faufilant entre les dépressions et les buttes.
La plus grande butte (+3.80m par rapport au niveau fini) accueille un gradinage béton et devient un théâtre de verdure orienté vers le pont de Saint-Nazaire. Support d’animations du site, il permet l’organisation de spectacles pour les associations mais également pour le festival des Escales, ou encore de belvédère pour les mises à l’eau des bateaux des Chantiers de l’Atlantique.
Une allée centrale dont l’emprise s’appuie pour partie sur l’ancienne avenue de Saint-Hubert, est dédiée aux modes doux et les caniveaux en pavés granite d’hier retrouvent naturellement leur place dans le projet.

3. Usages / fonctionnalités

Accessibilité pour tous
Le parc Rive d’Estuaire, dédié aux modes doux et en particulier aux promeneurs, est naturellement limité en accès véhicule.
L’avenue St-Hubert est travaillée en impasse côté Nord tout en maintenant un accès aux stationnements existants de l’Ecomusée et en permettant le demi-tour pour les cars déposant les touristes pour les départs de croisières sur l’estuaire. Dans sa séquence au droit du parc, elle est dédiée aux modes doux et en particulier aux cycles. De nombreux supports sont ainsi disposés de part et d’autre de l’allée centrale. Cependant, l’accès à l’allée centrale est toujours possible pour les véhicules techniques autorisés. Par ailleurs, le projet a dû tenir compte des accès nécessaires pour les travaux de dragage du bassin de Saint-Nazaire par le Grand Port (le réseau a été entièrement repris au droit du parc), l’accès à la cale du vieux Môle (accès SNSM notamment), et l’accès car pour les départs croisières. Et enfin, un stationnement pour les véhicules légers a été ménagé au Nord du site (76 places environs + 6PMR).
Afin de permettre au plus grand nombre de profiter du nouveau parc, de nombreux bancs dont des bancs séniors sont répartis dans le site. Il a été fait le choix de mise en œuvre de revêtements roulants pour la promenade principale le long de l’estuaire (en béton dans la continuité des aménagements du front de mer) avec un bord à quai avec saignées pour une permettre une détection à la canne. Des grandes tables offrent des emplacements pour les fauteuils roulants. A noter que le site accueillera prochainement des sanitaires.

Equilibre entre espaces libres et équipements
Le parc doit permettre d’accueillir de grands événements et d’offrir des équipements tout au long de l’année. Ainsi, on y trouve des tables de pique-nique XXL, un théâtre de verdure pour Les Escales et événements portés par des associations ou la ville (borne foraine à disposition), un terrain de basket (existant avant le projet et accueillant des compétitions), trois terrains de pétanque, un terrain d’aventure, une grande emprise pour jeux de ballons (en complémentarité par rapport aux usages des écoles qui utilisent le plateau du Petit Maroc pour les séances d’EPS).
Des habitants et des usagers consultés
Des ateliers ont été réalisés durant les études afin de construire un projet partagé. Les habitants ont pu partager leur quotidien et soumettre des idées pour le futur parc. De plus, différents interlocuteurs du Grand Port ont été rencontrés pour des aspects techniques et programmatiques, de la capitainerie au pôle immobilier, du service responsable du dragage aux lamaneurs. Enfin, pour poursuivre cette démarche, le centre de formation SNSM ainsi que l’écomusée ont été consultés sur leurs fonctionnement et leur besoin.

Choix des revêtements, mobiliers et palette végétale
Lors des comités techniques, qui ont eu lieu à chacune des phases du projet, les détails ont été affinés afin de permettre une prise en main du site par les services techniques après le chantier la plus optimum possible. Du choix de l’essence du bois, à la palette végétale adaptée aux conditions de bord de mer et la gestion à terme des espaces verts, aux des ouvrages pour le nouveau raccordement du réseau de dragage. Les mobiliers standards ont été définis selon la charte de la ville (bancs, corbeilles, bornes foraines, supports vélos, potelets…) afin de simplifier l’entretien et les remplacements. Par ailleurs, la présence de l’équipe technique du Festival des Escales durant les études et surtout durant la phase chantier ont permis de réaliser des adaptations « en direct » pour encore plus d’efficience lors des événements qui seront organisés dans le parc.

4. Environnement / ressources
Réemploi
Un des objectifs du projet est la réutilisation des matériaux en place, soit parce que leur état est très satisfaisant – c’est le cas de l’enrobé sous la halle qui a été réalisé récemment – soit en les récupérant – c’est le cas des surfaces de parking qui ont été décroutées pour être réutiliser en dallage du cheminement du vallon. Les pavés des caniveaux ont également être récupérés pour venir cadrer l’allée centrale. Les bordures en granite ont été utilisées posées en dallage sous certains bancs et tables de pique-nique. Le reste a été mis à disposition pour un autre chantier sur le Petit Maroc. Les modelés du cœur du parc sont réalisés à partir des déblais pollués du site, ce qui a permis de réduire considérablement les exports vers les filières de tri. Et enfin, la terre végétale qui a été mise en place après amendement est issue de curage de fossé du territoire nazairien. Elle a été amendée avec du compost issue d’un centre situé à Pont-Château. Dernier point, des troncs tombés lors des tempêtes ont été scénographiés dans le parc et deviennent tantôt un parcours d’aventures, tantôt un banc sorti de contes fantastiques.

Santé
Offrir un nouveau parc aux Nazairiens participe à mailler le territoire de lieux plantés, d’esplanades vertes et apporte de nombreux bienfaits sur la santé mentale et physique des plus jeunes aux plus anciens. Ainsi, dès cet été, il sera désormais possible d’avaler les 4km entre la plage Villès-Martin et le parc de la Rive d’Estuaire dans un espace dédié, plantés de nombreux arbres et ponctués de plusieurs parcs, en vélo, en courant ou en marchant. On y retrouve également des lieux de convivialité avec les terrains de pétanques, le terrain de baskets ou encore les grandes tablées.

Gestion de l’eau
Le bilan de surfaces désimperméabilisées entre un parking et un parc est évidemment positif, ainsi on passe de 12% de surfaces perméables à 60%.
Mais c’est à grande échelle que ce projet prend tout son sens : les usages, qu’ils soient en lien avec l’exploitation du Grand Port ou celui des Escales demandent des surfaces minérales, du « tout carrossable », et l’émergence d’un parc dans ce type d’environnement fait exception. Il est le fruit d’échanges constructifs entre l’ensemble des interlocuteurs.


Informations complémentaires :
Marché subséquent relatif à l'accord-cadre de maîtrise d’œuvre urbaine pour l'aménagement du secteur du Petit Maroc
Projet financé par :
– département de Loire-Atlantique : 413 568 € HT
– fond vert :163 468 € HT
– contrat Pays de la Loire 2026 : 788 705 € HT
– fond de concours Saint-Nazaire agglomération – La Carene : 500 000 € HT

Bureau(x) d’études : Artelia bureau d'études techniques, Studio Vicarini concepteur lumière, Interland architectes urbanistes, Atelier Mima architectes, BOC programmiste

Le Plessis

Rue du Plessis, 44600 Saint-Nazaire

106

Programme

Réhabilitation de 120 logements collectifs répartis en 4 bâtiments, et réaménagement des espaces extérieurs

Concepteurs

  • AÜD ARCHITECTES mandataire
  • LA TERRE FERME paysagiste concepteur

Commune

  • Saint-Nazaire

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • SILENE

Thèmes

  • Aménagement
  • Architecture
  • Urbanisme

Année de réalisation

2025

Surface(s)

Surface habitable : 7 200 m² Surface parcelle : 18 376 m²

Coûts

Coût total : 5 483 260 euros HT dont - VRD : 680 000 euros HT - Aménagements extérieurs : 350 000 euros HT

Documents

COMMANDE MOUV/MOE

Le projet est issu d’un processus plutôt qu’un produit.
Démarche indissociable d’une concertation, d’échanges avec tous les intervenants, en créant une relation de travail constructive, un dialogue permanent, entre :
– – SILENE
– – La Ville
– – Les Habitants
– – CERUR
– – Architectes & Paysagiste

La volonté a été de prolonger la démarche entreprise par SILENE avec CERUR, Sociologues & Urbanistes, Agnès Lemoine, qui a établi une enquête sociale auprès des habitants.

En se saisissant des résultats de cette enquête établie auprès d’un échantillon représentatif des habitants :
– Aboutir à un diagnostic partagé.
– S’inscrire dans la démarche initiée sur ce Quartier Prioritaire de la Politique de la Ville

OBSERVER & RELEVER :
– Dimension sociale, un regard fin sur les pratiques du territoire et des espaces communs
– Contexte historique
– Contexte paysager
– Approfondir l’analyse urbaine aux abords de chacun des bâtiments
– Analyse sur les pratiques des espaces communs intérieurs et extérieurs
– Pathologies éventuelles non visibles
– Relevés des parties communes pour l’électricité et l’éclairage extérieur
– Relevés et prise de connaissance des installations techniques intérieures aux logements (plomberie, chauffage, ventilation, électricité)
– Objectif d’exhaustivité en phase étude pour éviter les surprises en phase travaux
– Visite de logements pour palier à toutes les incertitudes en phase étude.
– Rencontre des habitants
– Questionnaire sur les problématiques connues afin d’en déterminer les origines. Des questions ouvertes établies de concert avec SILENE et CERUR permettant aux habitants :
– Exprimer leurs souhaits et aspirations
– Retranscrire le regard qu’ils portent sur leur résidence
– Etre force de proposition sur l’évolution de leur immeuble
– Connaître leur savoir faire

Diagnostic en marchant
– Déroulement sur une journée.
– Groupe composé d’un pilote Architecte avec son regard, un rapporteur, un photographe, un preneur de note et un garant du temps.
– Les problèmes sont pointés, les dysfonctionnements, mais aussi les atouts et richesses du secteur.
– Temps convivial, un événement festif.
– Travail de synthèse fait par le groupe ainsi qu’une restitution collective.
– Compte-rendu élaboré et diffusé.
– Témoignage de compréhension de la particularité de chacun, hors normalisation, individuellement ou en groupe
Ces rencontres cherchent à entendre les demandes souvent non formulées et permettent une interprétation plus fine des demandes. Il faut entrer en empathie pour qualifier des paroles souvent mal formulées souvent par manque de mots.
– Principe d’une Journée « Barnum »
– Démarche de formation active mettant l’habitant en capacité d’agir, ce qui provoque un impact non seulement sur l’apprentissage personnel et aussi sur la capacité à s’investir/participer à la vie sociale de la résidence et du quartier.
– repositionner l’acte d’habiter au cœur de la résidence
– Fédérer les habitants autour d’un projet qui leur est destiné
– Inverser l’isolement croissant des foyers en rétablissant du collectif

INTEGRATION ESTHETIQUE
La commune de Saint Nazaire bénéficie d’ambiances urbaines variées :
– Bords de mer : Ecriture balnéaire
– Estuaire : Ambiance et Ecriture portuaire et de faubourg
– Brière…

C’est dans ce dernier, en frange Nord de la Commune, que se situe la résidence le Plessis.
Même si la contournante Ouest et les voies ferrées marquent une rupture physique avec ce paysage, le panorama très ouvert vers la parc de Brière est embrassé.

La résidence est située à l’articulation :
– Ensemble pavillonnaire à L’Ouest
– Equipement scolaire à L’Est
Un lieu traversé matérialisé par les chemins de chèvre.
Il ne constitue pas une exception dans ce tissu.
– Les volumes sont de hauteur contenue en R+3
– Les masses font écho aux bâtiments d’équipement

Une superposition d’une vue aérienne de 1950 et de ce jour met en évidence l’inscription sur des tracés historiques. Il est constaté un léger décalage de l’alignement des bâtiments par rapport à la voie.
Il n’y a pas de notion façade rue ou jardin. C’est le traitement des espaces extérieurs qui leur donne leur statut.
– Desserte des différentes adresses d’un seul coté de la rue
– Façade Ouest non active

Cette résidence est une composante essentielle de la vie de ce quartier à l’échelle des équipements et du paysage qui le composent.
La voie de desserte intérieure est inscrite dans le réseau viaire du quartier.
– Deux accès automobiles depuis les voies publiques avec une circulation en boucle.
– La résidence apparait composée autour de sa voie intérieure.
– Linéarité de la composition
– Favorise la vitesse de circulation accentuée par l’effet de glissement
– Répartition des stationnements uniquement fonctionnelle et quantitative.
De beaux sujets qualifient la résidence. Ils participent au caractère très arboré du quartier dans lequel la végétation semble infiltrer l’architecture.
Par contre, les espaces extérieurs (stationnements, entrées, liaisons douces, jardins, plantes) sont mal adaptés aux usages des habitants.
La répartition des stationnements est uniquement fonctionnelle et quantitative.

L’ensemble est d’une modernité cohérente avec un parallélisme parfait qui ne s’oppose pas au réseau viaire ou encore à la trame parcellaire du quartier : Une légère inflexion.
La composition avec décalages et glissements définit différents espaces communs dont le statut n’est pas défini.

Dans cet environnement paysager et architectural caractérisé, le projet consiste en la réhabilitation thermique des bâtiments et des espaces extérieurs. La proposition n’est pas uniquement technique. Le tout participe au renouvellement de l’image des bâtiments.
En s’appuyant sur un diagnostic exhaustif, tant paysager, architectural, d’usages et technique, le projet a pour objectif :
– Garantir un traitement urbain qualitatif d’accompagnement
– Enrichir de la silhouette architecturale
– Favoriser les perméabilités.
– Sécurisation des cheminements
– Une matérialité et un traitement à l’échelle du grand paysage.
– Augmenter la qualité d’usage.

Un local encombrant existant au milieu du site sera démoli. Cette modification lui enlève son caractère central au profit d’un aménagement plus fluide.
Tous les logements, quelque soit leur typologie, ont sensiblement la même surface de balcon. Il est identifié que les grandes typologies sont défavorisées. Des extensions de balcon pour les types 04 sont développées sur les façades Ouest à chaque extrémité des linéaires.

Chaque adresse a actuellement un hall qui ouvre directement sur l’escalier de distribution. Des SAS sont créés. Ils apportent une réponse multiple à différentes problématiques. Ils constituent à la fois un tampon thermique et par cet appendice, séquencent les linéaires de façade, jalonnent la circulation automobile et permettent de mieux identifier l’adressage.
Il a été identifié des désordres sur les actuels balcon en béton. Le projet se saisit de cette difficulté pour redéfinir l’écriture général des bâtiments. A une composition verticale est substituée une écriture horizontale.

Par une succession de strates à la matérialité différente, le projet dialogue à l’échelle du paysage. Une alternance d’enduit et de bois permet de lisser, de moderniser et d’intégrer dans l’écriture générale le dessin des balcons nouvellement créés.
Pour identifier chacune des adresses, la teinte de la partie enduite est différente. La ville a été associée, via l’architecte conseil, aux essais sur site des couleurs avant tout engagement de travaux de mise en peinture, sous couche et finition.

La résidence, rue du Plessis à Saint Nazaire est installée dans un parc qui comprend un grand nombre d’arbres plantés en moyenne il y a 50 ans. Quelques uns sont remarquables, très peu, beaucoup sont abîmés, morts en partie. Les essences ne sont pas très variées (moins de 10) et certaines sont peu adaptées aux usages (stationnements, liaisons douces) comme le murier. Peu d’arbustes et aucune vivace ne sont présents dans le parc.
Les arbres sont plantés ça et là, parfois sur des buttes, peut être pour dessiner ou refermer des espaces. Cette configuration ne les aide pas à survivre : l’eau de pluie ne reste pas à leurs pieds, les usagers grimpent sur les buttes et piétinent le pied des arbres.
Aujourd’hui le parc a besoin d’être régénéré afin de faire perdurer son caractère arboré et de développer sa biodiversité, au sein de ce paysage plat et venté, à la lisière du marais de Brière.

A l’appui d’un diagnostic phytosanitaire, il est décidé la suppression d’une trentaine d’arbres morts, malades ou peu adaptés, la plantation d’une soixantaine d’arbres, en creux, de façon à ce qu’ils accueillent l’eau de pluie à leurs pieds. Les arbres seront placés dans des banquettes d’arbustes et de vivaces plantés densément (5 plants/m2) et donc impénétrables et non piétinables. plus de 5000 m2 de plantation d’abres, arbustes et vivaces sont réalisés afin de créer plus de biodiversité.
Les arbres seront plantés de manière à dessiner des pièces ou bosquets aux usages différents et empruntant le vocabulaire d’un parc : alignement pour souligner une grande cour et les stationnements, square, place, jeux d’enfants, etc.

PAYSAGE

Le contexte urbain
La résidence du Plessis/La Berthauderie, au bord du marais de
Brière, est cernée par des équipements scolaires, sportifs
et un quartier résidentiel au Sud et à l’Ouest. Les
bâtiments sont vieillissants et les espaces extérieurs sont
mal adaptés aux usages des habitants.

Le projet d’aménagement et d’urbanisme
Le projet est redessine des liaisons douces continues autour
des bâtiments reliant les immeubles à leur environnement proche,
tout en identifiant un véritable parc de la résidence.
Les circulations piétonnes desservent un espace « côté cour » et un
espace « côté jardin ».

Côté cour, les circulations des véhicules sont redessinées avec un
marquage au sol et des matérialités favorisant une circulation
plus sécurisée et moins de surfaces enrobé. Les entrées sont plus lisibles, évidentes.
Un grand alignement se poursuit sur toute la longueur Nord/Sud de la
résidence. Les pieds de bâtiments sont plantées. Des appuis vélos
et des bancs sont installés. Un réemploi massif d’enrobé décrouté
et de bordures T2 permet la confection de 550ml de muret façon pierre sèche.

Côté Jardin, des espaces ouverts (grandes pelouses, place
stabilisée, square) ou fermés (bosquet de jeux, jungle, bosquets plantés)
caractérisent chacun des jardins derrières chacun des 4 immeubles.
Charmes, acacias dorés, sorbiers de oiseaux et petits fruits cohabitent
avec les pins et chênes conservés et élagués. Les couronnes des arbres sont
relevées pour remettre en lumière la résidence. Les allées et contre-allées dessinent le parc
et offrent un adressage clair et franc à la ville


Informations complémentaires :
Procédure avec négociation.
Financement essentiellement par prêts de la CDC.

Bureau(x) d’études : ISOCRATE, DIGUET SB, ECMS, AGE
Photographe : AÜD ARCHITECTES, LA TERRE FERME

Côté Court

Rue Joseph Barnave, 44600 Saint-Nazaire

104

Programme

Construction de 14 logements collectifs locatifs

Concepteurs

  • AÜD ARCHITECTES

Commune

  • Saint-Nazaire

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • SILENE

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2024

Surface(s)

SHAB : 846 m² SP : 873 m²

Coûts

Coût total HT : 1 712 460 euros Dont - VRD/ espaces verts : 109 025 euros - Fondations profondes : 45 000 euros

Documents

ENVIRONNEMENT RESSOURCE

Le contexte

Le site du projet se trouve dans un contexte urbain déjà bâti et essentiellement constitué de maisons individuelles. Ce sont d’ailleurs ces maisons qui forgent l’identité du quartier par des similitudes marquantes.

Comme on peut le voir sur la vue aérienne ancienne, toutes ces maisons datent des années 50 et ont donc été édifiées en période de reconstruction. On peut également remarquer un plan « modèle » de maisons jumelées qui jalonnement le territoire. Elles ont toutes des façades pignons qui s’affichent et caractérisent l’habitat. Il en découle un volume archétypal qui acquiert le statut de paradigme, voire de règle urbaine et architecturale. Ce volume reproductible définit une image relativement homogène du quartier qui pourrait même être monotone si elle n’était pas contrebalancée par deux éléments : les variations d’implantation par rapport à l’alignement et leur dispersion sur le territoire. Toutes ces maisons constituent un quartier avec une belle diversité tout en maintenant une lecture d’ensemble urbain cohérente.

On trouve dans la rue Joseph Barnave deux implantations différentes du bâti. Sur la rive nord les maisons jumelées sont détachées de leurs limites séparatives, avec entre elles des respirations régulières. Sur la rive sud, elles sont regroupées par quatre. Elles sont construites sur la mitoyenneté et affichent des pignons aveugles sur la rue. Leur implantation est décalée par rapport à la voie.

Toutes les maisons semblent rechercher une orientation Est/Ouest, ce qui est cohérent à la lecture des règles urbaines qui ont forgées les grands principes de la reconstruction. Les ensembles de la rive sud sont à mi-chemin entre collectif et individuel quand les maisons jumelées de la rive nord s’apparentent davantage à de la maison individuelle avec un adressage clair sur la rue. Toutes ces maisons affichent une simplicité de volume et d’écriture. L’ensemble est rehaussé par la qualité des matériaux : Du granit en chaine d’angle et linteaux qui régionalisent cette architecture.

Le projet

Le site du projet, aujourd’hui un terrain de tennis clos, apparaît comme une enclave dans cet environnement bâti. Cette opportunité de projet se saisit de l’histoire urbaine et architecturale de ce micro-territoire : l’alignement singulier de chacune des maisons voisines et le volume iconique des façades pignon. Ce dernier, dans la configuration des maisons jumelées, avec un toit en pente de 30°, permet de dégager un volume habitable plus conséquent pour chacune des habitations : Un volume à décliner

Le projet s’inspire de cette forme mais requestionne la manière d’habiter afin de donner une réponse ambitieuse à la construction de nouveaux logements et à la poursuite du développement de la commune. 14 logements intermédiaires permettent de réinitialiser les rapports sociaux et d’en créer d’autres. Cette nouvelle échelle résidentielle s’intègre avec finesse dans le tissu urbain. Le volume iconique est décliné. Le pignon est étiré en insérant différentes typologies. Cette résidence est pensée dans une logique collective pour répondre au plaisir d’habiter et de se divertir.

La parcelle a un linéaire de façade rue de 26 mètres pour 48 mètres de profondeur. Le projet est étiré dans la profondeur de la parcelle. En complément, il s’inscrit dans le rythme variable des implantations des maisons voisines et il est à distance des limites séparatives. L’ensemble de ces retraits créent des espaces d’agrément pour tous les logements.
Le volume paradigme est extrudé dans sa hauteur tout en conservant sa géométrie. Le programme est égrené dans la variation des hauteurs. L’ensemble est contenu dans la silhouette unique du quartier.

Le quartier apparaît peu végétalisé. Le projet profite des espaces dégagés et d’une orientation avantageuse pour réintroduire du végétal et préserver des espaces de pleine terre. Au Sud/Ouest, une bande végétale est constituée d’un espace commun, de jardins individuels et se retourne sur la rue.

Même si la forme urbaine des maisons voisines est érigée au statut de modèle, l’architecture du projet qui en épouse le paradigme en écho, reste neutre, blanche, légère et gracile. Ses contours sont évanescents et flous, sans inimitié envers le voisinage. La volumétrie est suggérée. Les arrêtes de rives latérales sont ouvertes sous forme de coursives et balcons. Elles apportent de la porosité au projet en évitant une confrontation de volumes trop franche et brutale. Dans cet objectif, les avant toits sont perforés. Ce poinçonnage confère de la légèreté au projet.

Cette disposition architecturale et constructive appelle à l’utilisation d’un matériau dont la forme permet de s’affranchir d’une structure qui serait trop présente. Une ondulation de la matière, une forme vaporeuse, est la technique la plus douce pour donner de l’inertie et s’affranchir d’une structure primaire. Cette toiture se décline en couverture par continuité du profil ondulé : Une économie d’expression et de moyens, une esthétique de la nécessité.
Le choix de la toiture claire est motivé par la volonté d’amplifier l’effet albedo et évite en conséquence l’effet surchauffe que génère une toiture sombre.

Le projet exploite les potentialités du site tout en renouvelant les propositions urbaines du quartier. La reprise du pignon sur façade comme forme iconique du quartier et l’équilibre des échelles lui permet de s’intégrer avec finesse dans son tissu urbain. Les nouvelles typologies traversantes utilisent au mieux l’orientation du bâtiment en venant placer les pièces de vie au Sud/Ouest. Cette orientation permet d’avoir un éclairage naturel important dans les pièces de vie filtré par les façades épaisses dans la continuité du bâtiment principal. La forme bâtie, compacte, avec un taux de mitoyenneté élevé est un gage de performance thermique, renforcée par des espaces communs (locaux vélos par exemple) en dehors du bâti principal pour éviter les poches froides.


Informations complémentaires :
Financement :
Procédure concurrentielle avec négociation.

Bureau(x) d’études : ISOCRATE, DIGUET SB, ECMS
Photographe : AÜD ARCHITECTES

Réhabilitation de 96 logements locatifs sociaux à la résidence Jules Guesde

Rue de Jules Guesde, 44600 Saint-Nazaire

123

Programme

Réhabilitation de 96 logements locatifs sociaux – Ajout de balcons et d’espaces de vie complémentaires – Rénovation environnementale – Ajout d’une chaufferie centrale

Concepteurs

  • Richard Faure Architectes (RFA)

Commune

  • Saint-Nazaire

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • SILENE

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2023

Surface(s)

5 959 m² (SHAB) 6792 m² (SP) 8 259 m² (parcelle)

Coûts

5.662 M€ (Coût comprenant VRD)

Documents

Par sa volumétrie de type barre, la résidence Jules Guesde se démarque avec contraste de son environnement immédiat au coeur de la ville de Saint Nazaire.

Le choix des matériaux employé dans la réhabilitation des aménagements de façade et du traitement des sols permet d’estomper ce contraste en générant une nouvelle image.

De fait, nous avons fait le choix de travailler les façades avec des matériaux “naturels et bruts” (bois et métal) qui se patineront dans le temps et apporteront de la valeur aux bâtiments. Les couleurs utilisées sont sobres (blanc et gris). Le traitement des façades est semblable pour les 3 bâtiments, ils sont isolés par l’extérieur et revêtus d’enduit mince. Celui-ci est ponctuellement interrompu par du bardage bois qui vient dynamiser la façade.
Afin d’accroître le confort des logements, des balcons, plus grands et plus profonds que ceux existants, sont ajoutés. Certains sont refermables façon loggia. Ils ont pour fonction de servir de filtres visuels et acoustiques entre voiries et logements, et peuvent être utilisés été comme hiver. Une structure en profil métallique carré et laqué blanc leur sert de support, les balcons sont disposés de manière aléatoire sur cette trame rigide.

Le grand jardin central, constitué de nombreux grands arbres conservés, est entièrement redessiné avec l’ajout de noues, bosquets et de circulations.


Informations complémentaires :
Procédure adaptée

Bureau(x) d’études : Racine Carrée (Economie), Gueguen Perennou (Fluides, thermique), Seba (Structure), Eland (Paysages), Legavre (VRD), Acoustique & Environnement (Acoustique), Ascot (OPC)
Photographe : Richard Faure