COMMANDE / MAITRISE D’OUVRAGE / MAITRISE D’ŒUVRE
La résidence NIDÉA s’inscrit dans le projet urbain Champ de Manœuvre, au Nord-Est de Nantes, sur un site singulier, le Bois Sauvage, habité par une végétation dense. Le projet est né d’une volonté partagée entre Nantes Métropole Habitat et l’équipe de maîtrise d’œuvre de proposer une forme d’habitat social attentive aux usages quotidiens, à la qualité des espaces extérieurs et au rapport au vivant.
La réflexion s’est construite autour d’une question centrale : quelle forme d’habitat collectif peut aujourd’hui offrir de véritables qualités d’usage dans le logement social, aussi bien en locatif qu’en accession ? Le projet développe ainsi une attention particulière aux espaces partagés et aux transitions entre espace collectif et sphère intime. Cette démarche a conduit à concevoir un ensemble où la générosité des circulations, la multiplicité des vues et la présence du paysage participent pleinement à la qualité de vie des habitants.
ENVIRONNEMENT / RESSOURCES
La résidence est constituée d’un linéaire de maisons mitoyennes, installé au premier plan Rue René Rivet, et d’une bande de logements intermédiaires au second plan, décomposée en deux parties, de part et d’autre d’une faille révélant l’entrée du bâtiment. Ainsi fractionné en deux grands ensembles, le projet permet l’inclusion de la végétation existante à la composition bâtie et la préservation des arbres hautes tiges du site et de ses abords.
Le cœur d’îlot constitue un filtre aux vis à vis entre l’immeuble collectif et les maisons. Alimenté en eau par des noues, il est aussi un paysage singulier à regarder au fil des saisons avec des végétaux de zones humides, des massifs arbustifs, les sujets conservés et de nouveaux arbres à floraisons intéressantes.
Le système constructif en prémurs béton a été choisi pour limiter les interventions lourdes sur ce site contraint et préserver les chênes.
USAGES / FONCTIONNALITÉS
Nous nous sommes interrogés sur ce qui permet de qualifier aujourd’hui l’espace de vie dans l’habitat social et nous nous sommes naturellement orientés vers le rapport entre l’intérieur et l’extérieur. Les contraintes de typologie, de surface, de cahier des charges à respecter produisent des plans de logements optimisés. La marge de manœuvre se situe alors dans l’espace entre clos et ouvert. Dans le cadre de ce projet, préservant un cœur d’îlot végétal, la question prend toute sa valeur. Notre proposition traite du « vivre-ensemble » en élargissant les capacités d’usage, en qualifiant les espaces pour les transformer en lieux de vie selon le désir des futurs habitants. La générosité des espaces de transition, l’étagement des limites entre public et privé, la qualité des seuils, le tissage des vues proches et lointaines, sont autant d’éléments qui permettent de créer du lien et donc de « bien voisiner » au fil des saisons.
INTÉGRATION / ESTHÉTIQUE
L’écriture architecturale du projet repose sur une composition fragmentée de volumes à doubles pentes qui s’insère avec douceur dans le site. L’alternance de petites entités permet de réduire l’impact du programme tout en donnant au projet une silhouette identifiable.
Le projet cherche une forme de sobriété où la répétition des éléments et la palette de matériaux limités produisent une unité d’ensemble. Les façades monochromes en béton lasuré captent les variations d’ensoleillement et les ombres portées de la végétation ; les menuiseries en bois et les éléments de serrurerie galvanisée apportent finesse et profondeur aux façades.
Les loggias, protégées par des tôles perforées, les jeux de retraits et les grands châssis vitrés en bois participent à une architecture attentive aux usages autant qu’au paysage. Le projet propose ainsi une image du logement social généreuse, durable et ancrée dans son territoire.
Bureau(x) d’études : Betom, ECMS, Zephyr paysages
Photographe : Juan Cardona