La réflexion porte sur le renouvellement urbain de l’îlot Sanglerie jouxtant le centre-ville des Sorinières. Il s’agit de définir le programme de la nouvelle médiathèque et d’étudier la mise en œuvre opérationnelle de l’étude urbaine réalisée sur ce secteur, avec Nantes Métropole, en 2014. Le sujet a été pensé de façon globale pour répondre aux enjeux de développement de la commune. Conforter le pôle intergénérationnel de la Sanglerie participe à remettre à l’échelle le centre-ville des Sorinières. En résulte une attention particulière sur la qualité de la forme urbaine ainsi que sur la multiplication des connexions douces.
Commande Maîtrise d’ouvrage/Maîtrise d’œuvre :
Afin d’écrire le projet culturel puis d’établir un programme pour la nouvelle médiathèque, en parallèle de l’étude de programmation urbaine, l’équipe a travaillé avec les habitants, élus, technicien, BDLA et la DRAC à la préprogrammation. Cette démarche innovante s’est construite en différents ateliers en 2017 :
– Un atelier rêve pour laisser les habitants et les bénévoles imaginer leur médiathèque du futur librement,
– Une matinée de visite d’équipements en illustration et approfondissement des suggestions du premier atelier,
– Un atelier programmation pour échanger sur l’esquisse de programmation proposée par l’Atelier du Lieu,
– Une réunion de travail avec les élus et techniciens,
– Un comité technique,
– Une plénière pour une expérimentation à l’échelle 1 de la pré-programmation .
En 2018, avec Nantes Métropole Aménagement, l’Atelier du Lieu, Zephyr paysage et A3Gi ont retravaillé les études de 2014 dans le cadre d’une mission de MOE des espaces publics, de la rue des écoles et de la Sanglerie au parvis de la médiathèque, en passant par la venelle piétonne à créer, tout en menant la mission d’analyse des ilots à construire.
L’agence d’architecture Tetrarc a été retenue pour réaliser le nouvel équipement avec des logements superposés. Les extérieurs faisant partie intégrante des attentions, il a été décidé de prolonger la démarche de concertation une fois le chantier bien avancé afin de visualiser les lieux :
Encadrées par l’Atelier du Lieu, plusieurs rencontres ont fait évoluer les aménagements :
– Un panel sur la base du volontariat.
– Un « atelier distanciel » réalisé durant la période Covid pour enrichir et coproduire autour du projet en cours et informer les habitants, riverains, utilisateurs et usagers de la médiathèque et de l’école.
– Un « atelier grandeur nature », mené en collaboration avec Tetrarc, où le projet a été tracé selon ses dimensions et emprise réelles. Cette rencontre a permis de multiples discussions entre les usagers et utilisateurs de la bibliothèque, Nantes Métropole et la maîtrise d’œuvre. La « matière » récoltée a pour objectif d’enrichir les scénarios de projet en respectant les orientations des élus qui statueront sur le projet final.
– Des temps d’échanges avec des acteurs spécifiques : école, médiathèque.
Les travaux d’aménagements du parvis ont alors pu avoir lieu en même temps que ceux de l’équipement, en incorporant les retours de ces ateliers.
Ce jour, les réflexions continuent autour de l’ilot C, dont le périmètre foncier a été sécurisé et élargi par la commune, et de la venelle nord encore à aménager. Bien que dessinée, elle est liée à l’ilot B, de logements dont le projet retenu est mené par l’agence JBA.
Usages/fonctionnalités :
Lieu de passage et de rencontre, les extérieurs de la médiathèque ont été pensés comme un espace public pouvant s’adapter à divers usages. Le parvis, ouvert sur la rue des écoles, invite les passants à s’arrêter, traverser et déambuler. Une colline végétalisée, aux contours arrondis, occupe le centre de la placette. Légèrement surélevée, elle est un îlot de fraîcheur qui structure l’espace, permet de s’asseoir tout au long de son pourtour ou encore offre un parcours de motricité libre. En son cœur, une rose des vents ou planétarium, selon les imaginaires, dessine le circuit d’un jeu de billes. Cet espace, nommé « La bulle » a été concerté avec les usagers. Il offre ainsi un terrain de jeu idéal, laissé à l’interprétation, pour les enfants. Le parvis mène au jardin vivrier. Espace à l’ambiance colorée, il permet aux visiteurs de repartir avec des herbes aromatiques ou de cueillir un bouquet. Les cheminements doux, notamment ceux menant au centre-ville, ont fait l’objet d’une requalification. Leur prolongation permet d’améliorer la connexion entre les logements et les différents équipements. En parallèle, les rues adjacentes ont été pensées pour développer les modes alternatifs à la voiture. La chaussée a été rétrécie, au profit de bandes cyclables, de la gestion de la desserte des cars et bus, de trottoirs élargis et de plantations participant à la sécurisation de l’ensemble de la voie.
La venelle nord piétonne offrira quand à elle un maillage doux et végétal, une ambiance de forêt au cœur de cet espace urbain, et des espaces ludiques qui compléteront l’offre du parvis, en lien avec la médiathèque et l’école.
Environnement, ressources :
L’îlot est inclus dans une structure paysagère forte, mais aux masses végétales éparses. La requalification du site a permis de lier les différentes entités pour former une trame verte plus cohérente. L’aspect paysager a été finement travaillé pour faciliter cette lecture du lieu. Ainsi, des masses arbustives ont été plantées en limite de propriété. Jouant un rôle de pare-vue, elles protègent les espaces de vie tout en conservant une certaine porosité, afin de ne pas fermer le site. Les essences végétales intéressantes repérées sur site ont été conservées autant que possible. En parallèle, les joints enherbés des pavés assurent la continuité entre les espaces minéralisés et les espaces végétalisés.
La Sanglerie constitue désormais un pôle mixte de « bien-vivre ensemble », en extension directe du centre-ville. Se voulant être un espace public adapté à des usagers de tout âge, il prend en compte les impacts du changement climatique pour rester confortable en toute saison. La couleur claire du revêtement du sol limite l’absorption de la chaleur en cas de température élevée, et lutte ainsi contre l’effet d’îlot de chaleur urbain. La gestion des eaux pluviales a été pensée à la parcelle, de façon aérienne. Un caniveau recueille les eaux de pluies, qui, grâce à la légère pente du parvis, arrivent dans l’ouvrage de régulation de 150 m² qui sert aussi d’espace de jeu et participe à l’ilot de fraîcheur qu’est le parc de l’EPHAD. L’infiltration dans le sol est complémentée par la colline centrale, semi-perméable de par ses espaces plantés et l’utilisation de pavés adaptés.
Intégration esthétique :
Ce secteur, comme d’autres aux Sorinières, montre une volonté de proposer des architectures contemporaines et urbaines. Leurs formes et implantations en lien avec l’espace public sont remarquables, et témoignent de l’extension du centre-ville urbain : mairie annexe, pôle enfance, EHPAD… Les projets sélectionnés répondent à cet enjeu de prolongement de l’urbanité des Sorinières.
L’aménagement des espaces publics donne aussi à voir l’ambition architecturale et conforte l’urbanité du centre-ville sur et vers l’îlot de la Sanglerie. Il révèle le cœur d’îlot et crée un lien entre les fonctions du site, à la fois parvis végétal et urbain de la médiathèque, à la fois complément de la sortie des écoles, ou enfin, possible sortie du parc de l’EHPAD et prolongement de ce dernier grâce à l’ouvrage de régulation végétalisé.
Informations complémentaires :
Type de marché : procédure ouverte adaptée
Bureau(x) d’études : A3Gi VRD, Zephyr paysage
Photographe : Germain ROZO, Atelier du Lieu