Aux portes de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, parmi le bocage préservé, un couple de thérapeutes acquiert un magnifique terrain agricole de près de 4 hectares. Cet écrin de prairies humides, bordé de haies boisées et de ruisseaux, se prête à l’accueil d’activités artistiques en pleine nature.
Le bâtiment principal, communément dénommé « la maison », conserve un usage d’habitation privée, tandis que les bâtiments annexes sont consacrés à l’accueil du public. Ainsi, « le hangar » devient une salle d’activités multiples et « l’appentis » attenant est transformé en vestiaires.
À l’origine, l’ensemble des constructions tournent le dos au paysage. La réhabilitation commence donc par un important travail de restructuration, de couture et de connexion aux extérieurs. Des ouvertures magistrales sont créées pour bénéficier de vues lointaines et donner à lire la nouvelle identité des bâtiments.
Raison d’être du lieu, le soin de la nature et des personnes guide tous les aspects du projet architectural.
Les bâtiments sont rénovés dans l’emprise existante avec une importante amélioration de leurs performances thermiques, grâce à une réfection sérieuse des enveloppes (dalles, murs, toitures) et un remplacement des menuiseries extérieures.
Du côté de l’habitation, l’escalier est déplacé sur deux niveaux, de la périphérie vers le cœur. Le rez-de-chaussée devient un grand espace de vie libre, organisé autour d’un noyau fonctionnel (pièces d’eau, escalier, poêle à bois) et encadré par un épais linéaire d’agencement en périphérie. Les grandes baies procurent un sentiment d’immersion dans le paysage, que renforce l’usage de matières naturelles chaleureuses : pierre, bois, tomettes, terre crue…
Le chantier terre crue comprend les travaux de prélèvement (dans une ferme voisine) et de transformation de la matière, dans une volonté de rendre visible le processus de fabrication et de renouer avec un acte de construire conscient, raisonné, vivant.
Le dernier niveau de combles est isolé pour accueillir des chambres supplémentaires surmontées d’une mezzanine. Le palier en double hauteur est éclairé par une lucarne géante, en balcon sur le paysage, structurée autour de la ferme centrale existante. Les pièces de charpente remplacées (épicéa) sont laissées brutes et les pièces conservées sont peintes de la même teinte que les murs et plafonds, de manière à lire les différentes strates d’intervention.
Dans le même esprit, la façade longue du hangar transformée en façade rideau offre une vue panoramique sur le paysage grandiose.
Laissé libre, le généreux volume intérieur existant est traité avec des matériaux nobles : parquet massif, parement et mobilier bois, textiles tendus.
La création de cet équipement va de pair avec la réfection d’un appentis attenant, qui propose deux espaces de vestiaire en adéquation avec les saisons : un vestiaire d’hiver, hors d’eau, hors d’air et isolé, posé sur une dalle en chaux-pouzzolane, et un vestiaire d’été, hors d’eau et ventilé naturellement.
Le hangar et l’appentis sont reliés par une large plateforme en caillebotis métallique, elle-même protégée par les débords de toiture qui caractérisent les silhouettes des bâtiments rénovés.
L’ensemble est revêtu de planches de bois brutes qui sont prélevées dans les forêts locales par la Coopérative Bocagère, filière bois locale.
Au-delà du projet architectural, ce chantier a permis de mettre en lien des acteur·ices du territoire engagé·es sur la question de la ressource (bois, terre, paille) et de renforcer la structuration des filières locales, par l’organisation de rencontres et visites en forêt.
Bureau(x) d’études : ACS Chantal (structure), Aireo Energies (fluides)
Photographe : Gaëtan Chevrier, Laura Severi, studio bali, Hervé Cariou