Pôle d’échanges multimodal

Boulevard de Berlin, 44000 Nantes

133

Programme

12 750 m² d’équipements publics : gare routière, gare de taxis, parking loueurs, parking vélo de 1 470 places, 11 400 m² de bureaux et 3 700 m² d’espaces végétalisés.

Concepteurs

  • AIA LIFE DESIGNERS
  • DREAM

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • BATI NANTES
  • Nantes Métropole Aménagement

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2025

Surface(s)

12 750 m² d’équipements publics : gare routière, gare de taxis, parking loueurs, parking vélo de 1 470 places11 400 m² de bureaux et3 700 m² d’espaces végétalisés

Coûts

41,13 M€ HT

Documents

Situé aux abords immédiats de la nouvelle gare de Nantes, le Pôle d’Échange Multimodal (PEM) et son programme tertiaire fédère au sein d’un même volume, infrastructures de mobilité et deux sièges d’entreprises locales : Lucca et Lhyfe. Porté par une maîtrise d’ouvrage partagée entre Nantes Métropole Aménagement et Bati-Nantes, l’ensemble a été conçu en conception-réalisation par les agences d’architectures DREAM et AIA Life Designers et le groupement d’entreprises ETPO (mandataire), André BTP et Briand Bois.

Le projet a reposé sur une co-construction étroite entre la maîtrise d’ouvrage publique et privée, le groupement d’entreprises mandataire en conception-réalisation et l’équipe d’architectes. Cette organisation a permis de créer un écosystème unique, fondé sur le dialogue et l’intelligence collective.
La coordination constante entre les multiples parties prenantes, publiques comme privées, a favorisé une vision partagée du projet et permis de concilier ambitions architecturales, enjeux techniques et objectifs environnementaux. De cette synergie est né un bâtiment cohérent, innovant et fédérateur, véritable fruit d’une démarche collective.

Situé aux abords immédiats de la gare de Nantes, le Pôle d’Echange multimodal (PEM) et son programme tertiaire s’inscrivent au cœur du renouvellement urbain du quartier. Conçu comme un signal architectural, le projet incarne les enjeux de la ville de demain : mixité d’usages, mobilité décarbonée et qualité des espaces de travail.
Dans un même volume, il fédère infrastructures de transport, services publics, bureaux et espaces paysagers. L’ensemble est connecté à l’espace public et au grand paysage nantais. Avec 1 470 emplacements vélos, il accueille l’un des plus vastes parcs de vélos de France et crée un nouveau point de convergence entre la gare ferroviaire, la gare routière et la ville. Sa volumétrie joue avec les rythmes du site et s’inscrit dans une composition pensée à l’échelle du piéton en mouvement.
S’élevant sur neuf niveaux — quatre pour le PEM, cinq pour les bureaux — le projet propose une réponse simple à une complexité programmatique. Sa conception s’appuie sur des principes clairs : sobriété des volumes, lisibilité des accès, confort d’usage et forte ambition environnementale. Le choix de la verticalité limite l’emprise au sol et libère de vastes espaces publics. Les flux piétons, voyageurs et salariés ont été hiérarchisés pour fluidifier les circulations. C’est l’expression de la ville en mouvement qui façonne l’architecture.

Le PEM repose sur une structure poteaux-poutres en béton à grandes portées qui libère l’espace et favorise la flexibilité des usages. L’ouverture des façades, les lignes courbes et les larges baies vitrées offrent une architecture généreuse et perméable, en lien direct avec le parvis et les quais. Depuis le hall, la mezzanine vitrée révèle l’élément emblématique du projet : la boucle du “Grand 8” du parc de stationnement vélo avec ses espaces circulables, véritable sculpture habitée.

Couronnant le PEM, les bureaux se présentent comme une constellation de volumes suspendus. Leurs gabarits compacts, attachés les uns aux autres, créent une silhouette fragmentée, identifiable depuis l’espace public. Leur revêtement en tuiles de terre cuite sombre, évocation du patrimoine historique nantais, dialogue avec un jardin suspendu qui s’étend à 12 mètres de hauteur.
Ces bureaux s’ouvrent largement sur l’extérieur : loggias, terrasses et circulations périphériques prolongent naturellement les espaces de travail et instaurent une relation directe avec le paysage. Ces respirations généreuses favorisent les échanges informels, les pauses partagées et la porosité entre intérieur et extérieur.
À l’écart des codes tertiaires traditionnels, le projet propose une nouvelle approche du lieu de travail. La matière brute— bois, tuile, végétal — insuffle une atmosphère domestique et chaleureuse, invitant chacun à s’approprier les espaces. Les circulations extérieures encouragent le mouvement et multiplient les interactions spontanées, dessinant une architecture vivante et perméable, en écho à la dynamique du site.
Les plateaux reposent sur une structure poteaux-poutres en bois lamellé et des planchers CLT qui minimisent les points porteurs et maximisent la flexibilité d’aménagement. La structure bois laissée apparente crée une ambiance apaisante et propice au bien-être. Conçus comme des espaces évolutifs, les bureaux permettent de s’adapter aux besoins changeants des entreprises et des équipes.
Le jardin suspendu de 1 690 m², véritable îlot de fraîcheur, offre des vues inédites sur la gare, le Jardin des Plantes et les toits de Nantes. Situé entre les deux entités — équipement public et programme tertiaire — il agit comme un trait d’union et participe à l’équilibre global de la composition.
Au total, 3 700 m² d’espaces végétalisés — toitures, coursives, jardins — jouent un rôle actif dans le confort thermique du bâtiment. Par l’évapotranspiration des plantations, ils contribuent à rafraîchir l’air et créent une respiration paysagère en plein cœur de la ville.

Le projet a été réalisé avec une part conséquente de construction hors site fabriquée localement (38%). Cette approche a répondu aux enjeux majeurs de planning, de qualité et d’optimisation de l’espace dans un environnement contraint :
– Façades ossature bois avec menuiseries et structure en bois lamellé intégralement préfabriquées par l’usine de Briand bois à Verrières-en-Anjou (49)
– Plancher CLT fabriqué par l’usine Piveteau bois à Sainte-Florence (85)
– Balcons préfabriqués par l’usine de Briand bois à Verrières-en-Anjou (49)
– 10 800 m² d’ossature bois
– 5 mois de chantier pour l’ossature bois


Label(s) obtenu(s) : BREEAM very good, RT 2012, E3C2, BBCA niveau excellent

Bureau(x) d’études : AIA Ingénierie, AIA environnement, Zéphyr paysage, Gamba, Namixis.
Photographes : Cyrille Weiner (1-3-5-7) / Stéphane Chalmeau

Renaturation de l’entrée de la vallée de la Chézine

vallée de la Chézine – du boulevard du Massacre à la Salle Oger, 44100 Nantes

103

Programme

Finalisation de l’opération d’aménagement ZAC Vallon des Dervallières

Concepteurs

  • de Long en Large - paysagistes concepteurs (mandataires)

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Nantes Métropole Aménagement

Thèmes

  • Aménagement

Année de réalisation

2024

Surface(s)

1,2 hectares

Coûts

246 000 € pour le secteur Chézine (du boulevard du Massacre au gymnase Oger) - 29 000 € pour le secteur Le Nain pour : décroutage des enrobés, renaturation des sols, travaux d’adaptation des réseaux, réfection de chemins, maçonnerie des murs en pierre, petits éléments de mobilier, sols pavés, platelage bois, plantations

Documents

La vallée de la Chézine, au niveau du boulevard du Massacre, constitue une des entrées de la ville de Nantes ; entrée qui se fait ici à pied ou à vélo, par un espace de nature. La vallée de la Chézine est une des branche de l’étoile verte nantaise, appelée «vallée mosaïque». Cet espace est très fréquenté pour les loisirs du week-end ou les déplacements quotidiens ; il portait jusqu’alors des traces d’aménagements plus anciens : une voirie et ses équipements désormais inutiles et hors contexte, de l’éclairage urbain… et un aspect général très dégradé. Les continuités piétonnes et cyclables étaient compliquées, engendrant de nombreux chemins alternatifs qui, progressivement dégradaient les pieds d’arbres et milieux attenants. De plus, certains secteurs et chemins étaient particulièrement impraticables durant l’hiver, en raison d’inondations régulières par ruissellement (la topographie du site couplée à la présence des boulevards urbains à proximité génère un ruissellement très important à cet endroit).

En poursuivant les objectifs de mise en valeur du site, de prise en compte des usages et de respect des milieux, le projet a donc été l’occasion de travailler sur différents sujets :
• désimperméabiliser les sols et redonner de la place à la nature dans un ancien site urbain,
• rendre lisible et requalifier l’entrée de la vallée de la Chézine, côté boulevard du massacre, en ouvrant sur la vallée et la promenade,
• repenser la hiérarchie et l’organisation des chemins, les connecter aux rues voisines, travailler leur accessibilité,
• sanctuariser certains espaces pour permettre à la prairie de se développer, protéger les arbres existants des effets du tassement racinaire dû à une très forte fréquentation,
• compléter la trame arborée et anticiper le renouvellement de certains arbres et masses arbustives/arborées,
• permettre l’accessibilité et la traversée du site y compris en période de fort ruissellement et dans le respect du maintien de l’alimentation en eau des zones humides.

Pour cela, nous nous sommes attachés à proposer des aménagements simples et en continuité des espaces existants : les sols sont désimperméabilisés, les chemins sont repris dans un matériau plus drainants, une passerelle en bois est créée pour traverser à pied sec le secteur de prairie humide, les éclairages nocturnes sont limités pour renforcer la trame noire, les entrées de site sont délimitées par un ensemble de murs en pierre qui constituent aussi des points d’assise.
Le mobilier est sobre et constitué principalement du bois issu des abattages d’arbres vieillissants (hors contexte ou présentant un danger potentiel) ; l’ensemble du bois est d’ailleurs réemployé sur site.
Les plantations ont été réalisées principalement en jeunes plants et selon les méthodes de boisements d’avenir menées par la ville de Nantes. Quelques arbres tiges et cépées complètent cette stratégie de plantation.

Ce projet s’inscrit dans le cadre de l’achèvement de la concession d’aménagement sur la ZAC du Vallon des Dervallières ; la mission initiale consistait en la finalisation de l’opération d’aménagement, visant à résoudre un ensemble de problèmes d’aménagements ponctuels. Le travail mené en amont avec la maîtrise d’ouvrage, l’équipe de quartier et différents services de la ville de Nantes a révélé la nécessité d’élargir la commande et de penser le projet de façon plus globale : à l’échelle de la vallée et du quartier. Cette première étape de l’étude et du projet a été importante pour amorcer un travail collectif qui s’est particulièrement concrétisé avec la direction Nature et Jardin de la ville de Nantes. Les temps de diagnostic et surtout de chantier ont été nourris par les échanges avec les équipes gestionnaires du site, ce qui a permis d’adapter les proposition et d’anticiper les sujets de gestion.
Les inondations par ruissellement ont été un sujet particulièrement compliqué à gérer en chantier (avec des dégradations sur les revêtements mise en place), ce qui a nécessité des échanges avec les services et des reprises après la livraison.

Aujourd’hui, après deux années de vie, la structure globale du projet est fonctionnelle, la nature reprend ses droits et les continuités d’usages sont assurées. L’intervention est presque imperceptible et tend à s’effacer progressivement. Le travail de projet se poursuit maintenant à travers la gestion du site par les équipes de la DNJ.


Informations complémentaires :
MAPA

Bureau(x) d’études : AGEIS – bureau d'étude VRD
Photographe : de Long en Large

Bois Hue

rue du Bois Hue, 44000 Nantes

138

Programme

Aménagement du secteur du Bois Hue, en partie espace Classé pour en faire un nouveau parc nantais, en lisière de la ZAC Erdre Porterie à Nantes.
L’opération doit permettre d’offrir de nouveaux lieux d’usage, complémentaire à ceux quartier, en respect avec le caractère patrimoniale et écologique du site.
La concertation doit être au cœur de la démarche, à la rencontre des habitant du quartier, des riverains immédiat du site et de la Direction Nature et Jardin de la ville de Nantes, futur gestionnaire du site.

Concepteurs

  • super8

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Nantes Métropole Aménagement

Thèmes

  • Aménagement

Année de réalisation

2025

Surface(s)

31 000m²

Coûts

240 000€

Documents

Le Bois Hue (3.5 ha dont 1.3 ha en site classé) bénéficie d’une situation privilégiée à Saint Joseph de Porterie, entre secteur urbanisé récent (Zac Erdre Porterie) et site naturel protégé de la Vallée de l’Erdre.
Les traces du site historique du château du Bois Hue sont encore visibles de par la présence d’une pièce d’eau située au cœur du bois en espace boisé classé, d’un puits et du patrimoine bâti réhabilité et habité (logis et longères privés de l’ancienne ferme).
Autour du bois, s’articule un ensemble varié de milieux, prairies, bosquets, bassin de rétention plus récents, en partie aménagés à l’occasion de la création de la Zac.
Le projet d’aménagement du Bois Hue part de la volonté de mise en valeur ces espaces, par une lisibilité de parcours et d’usages contextualisés pour en faire demain un nouveau parc dans le réseau des jardins nantais.

Les aménagements et usages projetés sont développés dans le respect du déjà-là, à savoir, le patrimoine arboré, le sol vivant, le petit patrimoine bâti, mais également les habitants riverains. Et cela doit se faire en tirant profit de l’ensemble des espaces autour du bois Hue : le bois, la colline, le bosquet, la prairie, en les liant dans un tout cohérent et vivant.
Super8 pose donc les ambitions suivantes, qui seront partagées avec l’aménageur de la Zac, Nantes Métropole Aménagement, et le futur gestionnaire, la Direction Nature et Jardin de la ville de Nantes :
– une approche sobre et peu interventionniste sur les aménagements proposés,
– la conservation de l’esprit champêtre du bois,
– la préservation et pérennisation du patrimoine historique et végétal,
– l’accueil d’usages variés pour tous les publics.
Ces ambitions nous donnent le cadre de grands principes d’interventions, déclinés selon cinq thématiques :
AMENAGER
– Signaler les «portes du bois», pour créer les limites du futur parc
– Canaliser les cheminements de balade et limiter le tassement des espaces naturels
– Préserver, baliser et unifier les différents espaces par la déclinaison d’une typologie de clôtures
PROTEGER
– Restaurer et mettre en valeur le petit patrimoine bâti
– Conforter les continuités bocagères et les différentes niches écologique
ENTRETENIR
– Entretenir le plan d’eau et ses pourtours
– Gérer de façon différenciée et saisonnière la prairie du château
– Entretenir et régénérer le boisement
VALORISER
– Maintenir et conserver les ouvertures visuelles sur l’ancien château et la vallée de l’Erdre
ÉQUIPER
– Créer des éléments totems pour enrichir d’une nouvelle singularité le bois
– Implanter du mobilier pour conforter et spatialiser les usages

LE BOIS HUE, LA PIECE D’EAU, LA VUE SUR LES CHAMPS (en site classé)
C’est le cœur du projet, et c’est à partir de là que l’ensemble des éléments du projet vont se décliner.
L’ensemble du bois n’a pas vocation à être parcouru, donc des clôtures de type agricole, avec des piquets de châtaignier battus sont mis en place, pour isoler certaines zones, faciliter la régénération naturelle du boisement, sécuriser les abords de la pièce d’eau et éloigner les cheminements des franges habitées. Ces cheminements sont simplement matérialisés par des copeaux en partie issus des tailles sanitaires portées sur certains arbres vieillissants et un unique banc est installé sur un point de contemplation entre l’étang et prairie en contrebas. L’objectif est de maintenir la déambulation dans le bois, mais de ne pas y apporter d’autres usages qui seront plus pertinents et moins intrusifs ailleurs.

LE VERGER (en site classé)
En face de l’ancien château, il constitue une des entrées du parc.
Son implantation fait écho à l’ancien ordonnancement de ce secteur, une cour comprise entre deux longères, vue sur la vallée. La réintroduction d’anciennes variétés fruitières comme le cormier offre un support pédagogique sur le patrimoine, la flore et le développement de la faune. Comme pour la pièce d’eau, le seul mobilier proposé ici sera uniquement un banc en bois de châtaignier.

LA GRANDE PRAIRIE (pour partie en site classé)
Ouverte sur la façade opposée de l’ancien château, la grande prairie est au contact direct des nouvelles résidences de la Zac.
Au-delà d’offrir une simple perspective, ce vaste espace ouvert doit marquer l’entrée du parc. On y conforte l’usage récréatif en installant de nombreux mobiliers, plateformes et grandes tables, on y redessine une allée directement reliée au bois et on la cerne partiellement de clôtures, pour marquer une frange, l’entrée du parc du Bois Hue.
Comme partout ailleurs, le mobilier sera le moins intrusif possible sur le sol déjà en place. Les travaux ne nécessitent pas d’engins lourds, pas de déblais, pas de fondations. L’ensemble des éléments sont en bois non traités, châtaignier, chêne, pin douglas ou robinier, adaptés aux différentes situations.

LA COLLINE ET LE BOSQUET DES CABANES (hors secteur classé)
De l’autre coté du bois, une zone « technique » sépare le bois du quartier. Un bassin d’orage et une colline enfrichée, monticule artificiel délaissé des fouilles archéologiques préalable aux premières opérations de logement de la Zac, longe le mur d’enceinte du bois.
Au pied de la colline, un bosquet non entretenu est en partie approprié par les enfants du quartier. Ils y ont construit quelques cabanes rudimentaires, et accroché des balançoires aux branches des chênes.
Encore plus qu’ailleurs, c’est ici que le dialogue établi avec les riverains et les services techniques prend tout son sens dans l’enrichissement du projet.
Avec le service espace verts tout d’abord, avec qui nous discutons pour convenir du juste degré d’intervention pour créer des cheminements au travers du taillis et des ronces, dans un souci d’intervention minimale, mais engagée (le roncier offre un refuge privilégié pour la faune locale). La colline et le taillis deviennent alors un lieu à hauteur d’enfant, à explorer et à escalader. Le bassin est contourné par un chemin alternatif de copeaux. Entre les deux, une ancienne plateforme technique, accueille un nouveau mobilier d’agrès sportifs, à destination des joggeurs qui traversent pour notamment rejoindre les bord de l’Erdre voisine.
Puis avec les enfants et les parents du quartier, après avoir pris le temps d’expliquer pourquoi les balançoires et les petites cabanes construites de palettes ne pourraient pas rester dans un espace public ouvert à tous, nous avons travaillé avec les enfants à la définition de la cabane idéale, puis réinterprété cette utopie dans un ouvrage normé et pérenne. C’est ainsi trois structures ornementales qui sont installées sous les arbres, toujours avec le même principe de bois brut et de pieux battus, trois sculptures animalières qui apportent une réelle singularité et valeur à cette ancienne parcelle délaissée.


Bureau(x) d’études : APE, Egis
Photographe : Jean-Christoph Rousseau

Parvis de la médiathèque – Ilot Sanglerie

15 rue des Écoles, 44840 Les Sorinières

102

Programme

L’îlot de la Sanglerie est à proximité immédiate du centre-ville. C’est un lieu de croisement intergénérationnel, entre les aînés et les jeunes générations qui offre des usages mixtes au public : avec la proximité de la maison médicale, l’EPHAD, l’école, les commerces du centre, les logements et qui se renforce aujourd’hui avec la nouvelle médiathèque et son parvis : nouveau lieu de partage et d’échange. La réflexion menée sur le renouvellement urbain de cet îlot s’inscrit dans une volonté plus globale de se réinventer, de remettre en perspective la qualité des services et des espaces publics du centre-ville pour offrir un cadre urbain qualitatif aux habitants et répondre à l’évolution de sa population et de ses besoins. C’est dans ce contexte que l’Atelier du Lieu a accompagné Nantes Métropole Aménagement pour concevoir la requalification des espaces publics : rues, parvis de l’école et de la médiathèque, chemins piétons.

Concepteurs

  • Atelier du Lieu

Commune

  • Les Sorinières

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Commune des Sorinières
  • Nantes Métropole Aménagement

Thèmes

  • Aménagement
  • Urbanisme

Année de réalisation

2024

Surface(s)

5,5 ha

Coûts

333 400€ HT

Documents

La réflexion porte sur le renouvellement urbain de l’îlot Sanglerie jouxtant le centre-ville des Sorinières. Il s’agit de définir le programme de la nouvelle médiathèque et d’étudier la mise en œuvre opérationnelle de l’étude urbaine réalisée sur ce secteur, avec Nantes Métropole, en 2014. Le sujet a été pensé de façon globale pour répondre aux enjeux de développement de la commune. Conforter le pôle intergénérationnel de la Sanglerie participe à remettre à l’échelle le centre-ville des Sorinières. En résulte une attention particulière sur la qualité de la forme urbaine ainsi que sur la multiplication des connexions douces.

Commande Maîtrise d’ouvrage/Maîtrise d’œuvre :
Afin d’écrire le projet culturel puis d’établir un programme pour la nouvelle médiathèque, en parallèle de l’étude de programmation urbaine, l’équipe a travaillé avec les habitants, élus, technicien, BDLA et la DRAC à la préprogrammation. Cette démarche innovante s’est construite en différents ateliers en 2017 :
– Un atelier rêve pour laisser les habitants et les bénévoles imaginer leur médiathèque du futur librement,
– Une matinée de visite d’équipements en illustration et approfondissement des suggestions du premier atelier,
– Un atelier programmation pour échanger sur l’esquisse de programmation proposée par l’Atelier du Lieu,
– Une réunion de travail avec les élus et techniciens,
– Un comité technique,
– Une plénière pour une expérimentation à l’échelle 1 de la pré-programmation .

En 2018, avec Nantes Métropole Aménagement, l’Atelier du Lieu, Zephyr paysage et A3Gi ont retravaillé les études de 2014 dans le cadre d’une mission de MOE des espaces publics, de la rue des écoles et de la Sanglerie au parvis de la médiathèque, en passant par la venelle piétonne à créer, tout en menant la mission d’analyse des ilots à construire.

L’agence d’architecture Tetrarc a été retenue pour réaliser le nouvel équipement avec des logements superposés. Les extérieurs faisant partie intégrante des attentions, il a été décidé de prolonger la démarche de concertation une fois le chantier bien avancé afin de visualiser les lieux :
Encadrées par l’Atelier du Lieu, plusieurs rencontres ont fait évoluer les aménagements :
– Un panel sur la base du volontariat.
– Un « atelier distanciel » réalisé durant la période Covid pour enrichir et coproduire autour du projet en cours et informer les habitants, riverains, utilisateurs et usagers de la médiathèque et de l’école.
– Un « atelier grandeur nature », mené en collaboration avec Tetrarc, où le projet a été tracé selon ses dimensions et emprise réelles. Cette rencontre a permis de multiples discussions entre les usagers et utilisateurs de la bibliothèque, Nantes Métropole et la maîtrise d’œuvre. La « matière » récoltée a pour objectif d’enrichir les scénarios de projet en respectant les orientations des élus qui statueront sur le projet final.
– Des temps d’échanges avec des acteurs spécifiques : école, médiathèque.
Les travaux d’aménagements du parvis ont alors pu avoir lieu en même temps que ceux de l’équipement, en incorporant les retours de ces ateliers.

Ce jour, les réflexions continuent autour de l’ilot C, dont le périmètre foncier a été sécurisé et élargi par la commune, et de la venelle nord encore à aménager. Bien que dessinée, elle est liée à l’ilot B, de logements dont le projet retenu est mené par l’agence JBA.

Usages/fonctionnalités :
Lieu de passage et de rencontre, les extérieurs de la médiathèque ont été pensés comme un espace public pouvant s’adapter à divers usages. Le parvis, ouvert sur la rue des écoles, invite les passants à s’arrêter, traverser et déambuler. Une colline végétalisée, aux contours arrondis, occupe le centre de la placette. Légèrement surélevée, elle est un îlot de fraîcheur qui structure l’espace, permet de s’asseoir tout au long de son pourtour ou encore offre un parcours de motricité libre. En son cœur, une rose des vents ou planétarium, selon les imaginaires, dessine le circuit d’un jeu de billes. Cet espace, nommé « La bulle » a été concerté avec les usagers. Il offre ainsi un terrain de jeu idéal, laissé à l’interprétation, pour les enfants. Le parvis mène au jardin vivrier. Espace à l’ambiance colorée, il permet aux visiteurs de repartir avec des herbes aromatiques ou de cueillir un bouquet. Les cheminements doux, notamment ceux menant au centre-ville, ont fait l’objet d’une requalification. Leur prolongation permet d’améliorer la connexion entre les logements et les différents équipements. En parallèle, les rues adjacentes ont été pensées pour développer les modes alternatifs à la voiture. La chaussée a été rétrécie, au profit de bandes cyclables, de la gestion de la desserte des cars et bus, de trottoirs élargis et de plantations participant à la sécurisation de l’ensemble de la voie.
La venelle nord piétonne offrira quand à elle un maillage doux et végétal, une ambiance de forêt au cœur de cet espace urbain, et des espaces ludiques qui compléteront l’offre du parvis, en lien avec la médiathèque et l’école.

Environnement, ressources :
L’îlot est inclus dans une structure paysagère forte, mais aux masses végétales éparses. La requalification du site a permis de lier les différentes entités pour former une trame verte plus cohérente. L’aspect paysager a été finement travaillé pour faciliter cette lecture du lieu. Ainsi, des masses arbustives ont été plantées en limite de propriété. Jouant un rôle de pare-vue, elles protègent les espaces de vie tout en conservant une certaine porosité, afin de ne pas fermer le site. Les essences végétales intéressantes repérées sur site ont été conservées autant que possible. En parallèle, les joints enherbés des pavés assurent la continuité entre les espaces minéralisés et les espaces végétalisés.

La Sanglerie constitue désormais un pôle mixte de « bien-vivre ensemble », en extension directe du centre-ville. Se voulant être un espace public adapté à des usagers de tout âge, il prend en compte les impacts du changement climatique pour rester confortable en toute saison. La couleur claire du revêtement du sol limite l’absorption de la chaleur en cas de température élevée, et lutte ainsi contre l’effet d’îlot de chaleur urbain. La gestion des eaux pluviales a été pensée à la parcelle, de façon aérienne. Un caniveau recueille les eaux de pluies, qui, grâce à la légère pente du parvis, arrivent dans l’ouvrage de régulation de 150 m² qui sert aussi d’espace de jeu et participe à l’ilot de fraîcheur qu’est le parc de l’EPHAD. L’infiltration dans le sol est complémentée par la colline centrale, semi-perméable de par ses espaces plantés et l’utilisation de pavés adaptés.

Intégration esthétique :
Ce secteur, comme d’autres aux Sorinières, montre une volonté de proposer des architectures contemporaines et urbaines. Leurs formes et implantations en lien avec l’espace public sont remarquables, et témoignent de l’extension du centre-ville urbain : mairie annexe, pôle enfance, EHPAD… Les projets sélectionnés répondent à cet enjeu de prolongement de l’urbanité des Sorinières.

L’aménagement des espaces publics donne aussi à voir l’ambition architecturale et conforte l’urbanité du centre-ville sur et vers l’îlot de la Sanglerie. Il révèle le cœur d’îlot et crée un lien entre les fonctions du site, à la fois parvis végétal et urbain de la médiathèque, à la fois complément de la sortie des écoles, ou enfin, possible sortie du parc de l’EHPAD et prolongement de ce dernier grâce à l’ouvrage de régulation végétalisé.


Informations complémentaires :
Type de marché : procédure ouverte adaptée

Bureau(x) d’études : A3Gi VRD, Zephyr paysage
Photographe : Germain ROZO, Atelier du Lieu

Aménagement du Jardin Extraordinaire, deuxième phase

1 Rue Joseph Cholet, 44100 Nantes

108

Programme

Le projet d’extension du Jardin extraordinaire s’inscrit dans la continuité de la première phase d'aménagement livre en 2019. Le projet a pour ambition la consolidation du projet déjà engagé, tout en ouvrant de nouveaux usages et de nouvelles expériences de parcours : espaces marais, espaces vergers tropical, bassin de baignade de faible profondeur en gestion biofiltre,... L’ensemble s’ancre dans le projet urbain d'ensemble du Bas Chantenay, dont les orientations structurent les choix d’aménagement. La cale Misery y joue un rôle central, comme point de convergence des parcours du coteau, de la plaine et du fleuve.

Concepteurs

  • Carta Reichen et Robert associés urbaniste
  • Phytolab paysagiste concepteur mandataire

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Nantes Métropole Aménagement

Thèmes

  • Aménagement

Année de réalisation

2025

Surface(s)

1.7 ha

Coûts

6 330 000 € HT

Documents

Le projet d’extension du Jardin extraordinaire s’inscrit dans la continuité de la première phase d’aménagement livre en 2019. Le projet a pour ambition la consolidation du projet déjà engagé, tout en ouvrant de nouveaux usages et de nouvelles expériences de parcours : espaces marais, espaces vergers tropical, bassin de baignade de faible profondeur en gestion biofiltre,…
L’ensemble s’ancre dans le projet urbain d’ensemble du Bas Chantenay, dont les orientations structurent les choix d’aménagement. La cale Misery y joue un rôle central, comme point de convergence des parcours du coteau, de la plaine et du fleuve.

Le projet repose sur une lecture fine des dynamiques écologiques existantes et sur leur amplification. La végétation en place est considérée comme une ressource structurante, conservée et intégrée dans le dessin global. Les sols sont désimperméabilisés afin de favoriser l’infiltration naturelle des eaux.

L’eau devient un élément central du fonctionnement écologique du site, circulant en circuits fermés, maîtrisés et renouvelés.
Les milieux sont diversifiés afin de multiplier les habitats et renforcer la biodiversité locale. Zones humides, espaces rocailleux et formations boisées composent un système écologique complexe et continu.
L’équipement spécifique de baignade naturelle de faible profondeur dispose d’un dispoditif de phytoépuration permettent de traiter l’eau sans recours au chlore, en s’appuyant sur les capacités des végétaux.Le jardin étendu propose une diversité d’usages qui transforme le site en véritable espace d’exploration urbaine.

L’ensemble du projet s’inspire de l’univers de Jules Verne pour nourrir l’imaginaire des parcours. Le jardin devient ainsi un espace narratif où chaque séquence propose une forme de découverte. Les usages combinent loisirs, contemplation, exploration et pratiques sportives douces. Cette diversité permet une appropriation large et évolutive du site par les usagers. Le jardin s’affirme comme un lieu vivant, ouvert et en constante activation.

La baignade naturelle constitue un nouveau cœur vivant du projet, accessible et ouvert à tous les publics. Sa faible profondeur et son traitement écologique en font un lieu de détente autant que de rafraîchissement.
Autour de cette pièce d’eau, les usages se déploient dans une ambiance végétale et paysagère continue, offrant des expériences sensibles et évolutives.
. La via ferrata introduit une dimension sportive et immersive, en lien avec le relief de la carrière, et en compléments des voies d’escalades existantes sur le site.
. La laurisylve propose une immersion sensorielle au cœur d’un espace boisé propice à l’exploration.
. Le verger tropical et les jardins thématiques enrichissent les ambiances et les temporalités du site.
. Le marais constitue un espace de transition vivant, franchissable et animé par le mouvement de l’eau.
. Les dispositifs aquatiques, brumes et écoulements renforcent la dimension expérientielle du lieu.

Le projet s’inscrit dans une logique d’intégration fine au paysage du Bas Chantenay.
Il prolonge les continuités géographiques entre coteau, plaine et fleuve en les traduisant en formes paysagères. Le dessin général repose sur une organisation souple, inspirée des dynamiques naturelles du site.
Les transitions entre les différents milieux sont traitées comme des gradients plutôt que des ruptures.
La mémoire géologique de la carrière reste perceptible dans la composition du paysage.
L’eau, la roche et la végétation structurent ensemble une esthétique cohérente et évolutive.
Les ambiances varient entre milieux luxuriants, zones humides et espaces plus ouverts.
Le projet joue sur les contrastes tout en maintenant une continuité d’ensemble.
Les dispositifs architecturaux restent discrets et intégrés au vocabulaire paysager.
Les références à l’imaginaire vernien introduisent une dimension narrative dans la lecture du site.
Les effets de brume et de lumière participent à une scénographie sensible du jardin.
Le paysage devient un espace d’expériences visuelles et sensorielles en mouvement permanent.


Informations complémentaires :
Marché subséquent relatif à l'accord cadre de maîtrise d’œuvre urbain pour l'aménagement du Bas-Chantenay

Bureau(x) d’études : SCE BET VRD, Jacques Chevalier fontainerie
Photographe : Phytolab

Les petites écuries de Mellinet, arts du feu et du faire

1-4 Square Mathurin Méheut, 44000 Nantes

147

Programme

Requalification des écuries de la zac Mellinet en centre d’artisanat d’art, d’enseignement, résidence d’artiste, galerie d’exposition

Concepteurs

  • LAUS architectes mandataire ; collectif VOUS architectes associé ; LA TERRE FERME paysagiste

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Nantes Métropole Aménagement

Thèmes

  • Aménagement
  • Architecture

Année de réalisation

2025

Surface(s)

735 m² surface plancher réhabilitée2012 m² aménagement extérieur

Coûts

1 785 000 €HT

Documents

** Accueillir des artisans en cœur de ville **

Les petites écuries réunissent autour d’une cour intérieure ouverte au public, des ateliers des arts du feu, des salles d’enseignement, des résidences d’artistes, et une galerie d’exposition. En dialogue avec le quartier de la ZAC de Mellinet, ce lieu est propice à la flânerie, la création, la production.
Dans un contexte où la ville de Nantes cherche à réinjecter des activités artisanales en centre-ville, la renaissance des petites écuries passe par le faire et la transmission. Pour permettre la réalisation du projet, Il s’agissait d’une part d’assurer la venue des preneurs, et les conditions de leurs occupations. D’autre part d’adapter les lieux aux besoins des artisans mais aussi au voisinage résidentiel qui ne doit pas être gêné par leurs activités. Les architectes ont accompagné la maîtrise d’ouvrage dans le questionnement de la programmation, des modes d’exploitations, la recherche des artisans, puis les adaptations du projet aux exigences règlementaires et d’usages inhérentes à leurs activités. Cette conversation au long court (diagnostic, études et chantier) s’est tenue avec la ville de Nantes, Nantes Métropole Aménagement, les acteurs de la ZAC, l’école des beaux-arts, et les artisans.

** Requalifier pour inviter **

Autrefois fermées à la ville par un mur en moellons, les écuries de l’ancienne caserne Mellinet constituaient une enclave dans l’enclave. Le projet rend poreuse cette limite sans l’effacer, pour montrer ces nouveaux usages sur la ville. La cour traversée et le mur d’enceinte percé et restauré ménagent ainsi des points de vue et des entrées invitantes.
Pour allier l’ouverture au public d’un site d’intérêt patrimonial avec la découverte des artisanats du feu, des dispositifs spatiaux et paysagers instaurent une cohabitation sereine entre visiteurs et travail des artisans. La requalification propose de préserver l’esprit du lieu, tant dans l’intervention architecturale que paysagère, grâce au réemploi et à des actions douces sur l’existant. Si l’attitude générale est de lire les interventions (réparations, réutilisations, suppressions, ajouts, etc.), celles-ci sont arrangées de façon à ne pas immédiatement distinguer l’inchangé du changé, l’hérité du réorganisé. C’est aussi lié au fait que les parties modifiées prolongent les façons de faire originelles. Ce lissage qui n’en est finalement pas un, favorise le sentiment d’autorisation des utilisateurs dans leur appropriation des lieux, les encourage à réintervenir et fabriquer à leur manière.

** La durabilité par le soin **

Des éléments iconiques de l’ancienne caserne militaire sont réutilisés : les portails, grilles, et marquises en serrurerie sont rénovés et repeints. Un abreuvoir maçonné est transformé en bac planté d’herbes aromatiques. Des pavés granits sont réutilisés en maintien des terres et soubassements des bancs. Certains proviennent des écuries, d’autres de la déconstruction des bâtiments de la caserne Mellinet. Des plots en pierre qui servaient autrefois à attacher des chevaux sont replacés dans la cour en protection de zone plantées.
La nature du terrain ne permettant pas l’infiltration des eaux pluviales, des auges galva ont été rapportées en pied de chute d’eau pluviales pour retenir les eaux de toiture avant leur rejet dans les fils d’eau de la cour puis le réseau d’eau pluviale de la ZAC. Ces auges sont plantées, quelques-unes en eau élèvent des nénuphars.
Ainsi, certains ouvrages sont laissés en l’état ou réparés (sols pavés, murs maçonnés, toitures ardoises, certaines menuiseries bois) ; d’autres sont remplacés (menuiseries extérieures bois) ; d’autres encore mélangent existant et neuf (dauphins fontes et auges neufs en pied de descentes d’eaux pluviales existantes). Lorsque les bâtiments sont frangés pour permettre un fonctionnement en enfilade (des ateliers par exemple), cela se voit.
Dans des volumes intérieurs qui dosent aspect brut et interventions soignées, les stratégies de chauffage se règlent sur les occupations. Les parties non chauffées montrent leurs murs existants, accueillent parfois des boites neuves en ossature bois isolées (ce sont des espaces de travail chauffés et abrités des ateliers bruyants). Les parties chauffées sont isolées en béton de chanvre.
Le projet adopte volontairement une esthétique du réparé, de l’économie de moyens et matières. Il défend une durabilité par le soin.


Informations complémentaires :
procédure adaptée

Bureau(x) d’études : BETEM be tce ;ALHYANGE Socotec smart solution acousticien
Photographe : Théophile Trossat ; Vous ; Laus ; Nantes Métropole Aménagement (drone)

Réhabilitation patrimoniale du bâtiment de troupe B19 de la caserne Mellinet en hôtel d’entreprises

14 rue Cécile Brunschvicg, 44000 Nantes

157

Programme

Bâtiment classé au titre du patrimoine de la caserne à préserver de la ZAC Mellinet, secteur ABF. Espaces de travail et d’échanges pour des entreprises des secteurs du numérique, de l’économie sociale et solidaire et des industries culturelles et créatives, mises aux normes d’accessibilité.

Concepteurs

  • DLW (architecte mandataire)

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Nantes Métropole Aménagement

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2023

Surface(s)

Bâtiment SP 1 993 m² / SU 1 964 m²

Coûts

2 830 192 €HT valeur 2023 dont 75 000 €HT VRD – Aménagements extérieurs

Documents

Commande — Dialogue et ambition partagés

La relation entre Nantes Métropole Aménagement et l’agence DLW s’est construite sur une exigence réciproque : un maître d’ouvrage attentif à la maîtrise budgétaire, mais ouvert à une démarche architecturale affirmée, sortant des solutions convenues pour répondre aux contraintes d’un site enclavé, de faible superficie, imbriqué dans un environnement de chantiers multiples. Ce dialogue de projet a permis d’élever le niveau d’ambition bien au-delà d’une simple remise en état, pour engager une transformation sensible et cohérente d’un bâtiment classé au patrimoine de la caserne Mellinet.

Intégration esthétique — Contraste assumé, discrétion maîtrisée

L’identité du projet repose sur un équilibre entre fidélité au contexte patrimonial et affirmation d’une écriture contemporaine. À l’extérieur, la réhabilitation reste délibérément discrète : la façade en enduit, rafraîchie par un simple nettoyage haute pression, retrouve sa teinte claire et neutre d’origine. Seules les menuiseries en aluminium sombre, au dessin épuré et aux larges ensembles vitrés, signalent avec retenue le caractère contemporain de l’opération. Le traitement des limites entre passé et présent devient ainsi le moteur du projet : à l’intérieur, la mise à nu partielle des murs en moellons de pierre dialogue avec la lumière naturelle et les vitrages séparant cellules et circulations, générant des ambiances de travail à la fois riches et confortables. L’audace est intérieure, discrète en façade — une posture cohérente avec les prescriptions de l’Architecte des Bâtiments de France.

Environnement et ressources — Valoriser l’existant

Le projet s’inscrit pleinement dans une démarche de sobriété et de pérennité. Le réemploi de la structure existante — murs en moellons, planchers en hourdis de briques, planchers collaborants, charpente mixte métal et bois — constitue le premier geste environnemental : conserver, consolider, valoriser plutôt que démolir. L’isolation par l’intérieur préserve l’intégrité de l’enveloppe patrimoniale tout en améliorant les performances énergétiques du bâtiment. La mobilisation de savoir-faire locaux liés au traitement de la pierre et des matériaux anciens participe à la transmission de compétences artisanales. Le projet démontre ainsi la capacité du patrimoine bâti à être approprié et transformé avec pertinence, sans recours excessif à des ressources nouvelles.

Usages et fonctionnalités — Souplesse, confort, évolutivité

L’hôtel d’entreprises se conçoit comme un lieu de travail atypique et attractif, pensé pour la diversité des usages et l’évolution des besoins. La modularité des espaces permet d’accueillir une grande variété de structures, favorisant la mixité des activités et les synergies entre entreprises. Les notions d’échange, de partage, de transparence et de souplesse guident la conception des circulations et des cellules, éclairées en second jour par un dispositif vitré continu. Le confort des ambiances intérieures — acoustique, qualité de la lumière naturelle, richesse des matériaux bruts — contribue à la qualité du cadre de vie quotidien des usagers. L’entretien du bâtiment a été anticipé dès la conception, avec des choix de matériaux durables et une lisibilité structurelle qui facilite les interventions futures.


Informations complémentaires :
Procédure négociée

Bureau(x) d’études : OTEIS (TCE), SERDB (acoustique)
Photographe : Simon Guesdon / DLW