Collège Anne Frank

2 allée Anne Frank, 44800 Saint-Herblain

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Programme

le nouveau collège Anne Frank de Saint-Herblain a été conçu pour accueillir une capacité maximale de 600 élèves (dont les effectifs de la SEGPA).
À cela s’ajoute l’activité de sa cuisine centrale qui, bien que située dans l’établissement, prépare chaque jour près de 2 000 repas pour nourrir également les élèves d’autres collèges du secteur.
Programme détaillé :
Enseignement : Salles de cours généralistes et spécialisées adaptées, incluant une SEGPA inclusive (pôles Hygiène Alimentation Services et Production Industrielle).
Administration & Vie scolaire : Bureaux administratifs à l’organisation logique, espaces enseignants, CDI et locaux d’accompagnement pédagogique.
Restauration : Une cuisine centrale dimensionnée pour produire 2 000 repas par jour, desservant les élèves et enseignants du site ainsi que les collèges Ernest Renan et Nantes Centre (Vial), avec une réserve de production.
Logements de fonction : 3 appartements indépendants (T4) dotés chacun d’un garage de 18 m² ou d’une place de stationnement aérienne selon les contraintes.
Technique : Locaux dédiés à la maintenance et aux équipements techniques (notamment les centrales de traitement d’air – CTA).

Concepteurs

  • K ARCHITECTURES

Commune

  • Saint-Herblain

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • DÉPARTEMENT DE LOIRE ATLANTIQUE

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2025

Surface(s)

Surfaces : - Pas de rénovation / Uniquement de la construction Surface utile : Collège : 4 936 m2 // Logements (x3) : 282 m2 Surface plancher : Collège : 6 385 m2 // Logements (x3) : 309 m2 Surface parcelle : 12 590 m2 Surfaces extérieures aménagées : 8 577 m2 (dont 217 m2 de préau et 236 m2 de passerelle préau)

Coûts

Coûts : - Coût HT travaux : 16 800 000 € HT - Année de valeur : 2022

Documents

SYNTHESE suivant thèmes du règlement
Collège Anne Frank – Saint-Herblain
1. Insertion urbaine et identité architecturale
• Contexte et Mixité : Implanté en lisière du quartier prioritaire du Grand Bellevue, le collège dépasse sa fonction d’enseignement pour devenir un repère républicain, un vecteur de mixité sociale et un havre protecteur favorisant l’émancipation.
• Limites et Abords : L’entrée s’organise autour d’une grande arche solennelle. Le projet refuse les ruptures brutales ville/collège au profit de filtres successifs, de clôtures et de façades jouant sur les opacités pour préserver l’intimité sans isoler. Le déplacement des sculptures de l’artiste Diem Phung Thi crée un pont mémoriel avec l’ancien établissement Ernest-Renan.
• Esthétique et Détail : La recherche de « beauté » s’incarne dans la cohérence globale du lieu, générant dignité et fierté chez les usagers. Les transparences, la lumière naturelle et l’audace des façades texturées en bois et ardoise brisent l’austérité institutionnelle. Le détail technique (passerelle, façades) est magnifié pour devenir une ornementation utile.
2. Performance environnementale et ressources
• Biodiversité et Eau : La cour de récréation rompt avec le modèle bitumé pour devenir un écosystème dynamique (îlots de fraîcheur, pleine terre, accueil de la faune). Les sols poreux et les noues paysagères permettent l’infiltration directe des eaux de pluie dans la parcelle.
• Énergie et Matière : La conception bioclimatique (compacité, orientation, protections solaires) réduit drastiquement les besoins de chauffage. Le recours massif aux matériaux biosourcés (bois piégeant le carbone) et géosourcés démontre la viabilité d’un grand équipement bas carbone.
• Éthique et Pérennité : Le projet valorise le réemploi (gestion de chantier et patrimoine artistique). L’ardoise garantit la robustesse face au temps et un faible coût de maintenance, tandis que les structures intérieures en cloisons sèches assurent la réconfigurabilité des espaces face aux futures réformes.
3. Fonctionnalité, confort et communauté
• Usages et Mobilité : Co-conçu via une démarche de design de service avec les usagers, le collège s’organise de façon fluide autour de sa cour intérieure, pensée comme une place urbaine. Elle distribue les pôles, simplifie la lisibilité des flux et favorise l’inclusion et la mixité des genres.
• Lien et Confort : Les apports solaires sont optimisés sans éblouissement. Le bois offre une ambiance chaleureuse et acoustique performante. Les zones d’attente et le pôle culturel décloisonnent les fonctions pour tisser des liens étroits entre élèves, enseignants et personnels.
• Entretien : Intégrés dès la conception, les agents de maintenance ont permis d’optimiser la gestion quotidienne : revêtements faciles à nettoyer, réduction des points d’eau superflus en laboratoire et accès direct aux réseaux techniques.
4. Une gouvernance par synergie de compétences
La réussite du collège Anne Frank repose sur la substitution d’un management par contrôle méthodologique des tâches par une véritable synergie de compétences entre K ARCHITECTURES et le Département de Loire-Atlantique.
• Partenariat horizontal : Les chargés d’opération ne se sont pas limités à un rôle de censeurs budgétaires ou de contrôleurs de conformité. Ils ont agi en partenaires, utilisant leur maîtrise des contraintes publiques pour libérer l’audace plastique et environnementale des architectes.
• Confiance et agilité : Ce climat de responsabilité partagée a permis une résolution collective et agile des aléas de chantier, loin des logiques de blâme contractuel. En supprimant les circuits de validation bureaucratiques lourds, l’énergie s’est concentrée sur l’optimisation du bâtiment. Le projet prouve qu’une maîtrise d’ouvrage éclairée, misant sur l’intelligence collective, est la condition sine qua non de la haute qualité architecturale.


Label(s) obtenu(s) : pas de label visé

Informations complémentaires :
– Type de marché : CONCOURS

Bureau(x) d’études : BATISERF, Solab, BMF conseil, Zephyr paysage, MBA, AIA management, BEGC cuisines
Photographe : Guillaume Amat

Musée Dobrée

1 place Jean V, 44000 Nantes

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Programme

Réhabilitation des bâtiments existants, privilégiant un usage d’exposition pour le Palais Dobrée et le Manoir Jean V, et création d’extensions neuves pour intégrer accueil, boutique, espace de restauration légère, salle polyvalente (conférences, expositions, événements), avec valorisation et requalification des espaces extérieurs

Concepteurs

  • Atelier Donjerkovic (architecte du patrimoine)
  • Atelier Moabi (Paysage)
  • Atelier Novembre (architecte mandataire)
  • Ateliers Adeline Rispal (Scénographie)

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • DÉPARTEMENT DE LOIRE ATLANTIQUE

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2024

Surface(s)

5 000 m² SU soit 7 400 m² SP, dont 1000m² d'extension enterrée (démoli 1 200 m²)

Coûts

32 M€ HT de travaux (valeur 2024)

Documents

Enjeux du projet : un contexte sensible à réunifier
En plein cœur de Nantes, le musée Dobrée abrite des collections uniques par leur richesse et leur diversité tout en réunissant un ensemble patrimonial remarquable constitué de trois bâtiments d’époques et de factures différentes : le palais (bâtiment du XIXe siècle d’inspiration néo-romane), le manoir Jean V (bâtiment du XVe siècle) et le bâtiment Voltaire (caractéristique de l’architecture brutaliste des années 1970).
Outre la rénovation lourde de ce bâti existant, le principal enjeu du projet a donc consisté à résoudre la question de l’unité du lieu en intervenant notamment sur la redistribution des flux et la simplification des parcours des visiteurs, mais également à créer des espaces fonctionnels tout en révélant les potentialités de ce patrimoine bâti. Par une approche globale et sensible, les propositions architecturales, paysagères et scénographiques s’attachent ainsi à répondre à l’ambition du Département de Loire-Atlantique « de révéler et faire rayonner le site du musée Dobrée dans toute son originalité ». En requalifiant ce parc muséal et urbain, le futur domaine a pour vocation de devenir une composante forte de l’identité de la Ville et un des nouveaux leviers de son attractivité.

— Intentions architecturales et paysagères
Initiée par une pente douce qui se glisse entre le manoir de la Touche et le bâtiment Voltaire, une promenade libre d’accès met en scène les édifices et relie les différents espaces extérieurs du site. Le projet paysager participe pleinement au fonctionnement de l’établissement en affirmant ses accès, et en liant les différents bâtiments du domaine pour les inscrire dans un ensemble cohérent et convivial sans conflit de gestion ni d’usages. Quatre espaces s’entrecroisent ainsi : une promenade végétalisée hors douane participant à la vie de quartier pour flâner et se détendre ; un vaste jardin dédié aux activités ludiques et aux jeux d’enfants ; un parvis pour profiter d’un café à l’ombre des arbres ; et enfin un cœur de jardin (sous douane) pensé comme une pièce de musée qui invite le visiteur à contempler les détails architecturaux du palais.
Souhaitant susciter à la fois curiosité et étonnement, le projet architectural propose des ponctuations qui animent les parcours et rendent lisibles les composantes du site. Une écriture identitaire et contemporaine est ainsi conçue pour permettre à la fois de signaler une nouvelle urbanité, de prolonger par son originalité l’énigme de l’œuvre singulière de Thomas Dobrée mais aussi de résoudre délicatement la question de l’unité du lieu.
Agissant comme un fil conducteur, un matériau unique est utilisé pour signifier les interventions nouvelles : le glacis de la rampe qui accompagne dès l’entrée le visiteur, l’auvent qui identifie les espaces d’accueil, le volume ajouré du noyau vertical du manoir de la Touche et l’incision pratiquée dans le jardin central. Le choix s’est porté sur des parements ou profils métalliques dont la texture et les oxydations jouent par mimétisme avec la richesse des couleurs des moellons granitiques du manoir de la Touche, des schistes et pierres de Chauvigny du palais Dobrée et des bétons architectoniques du bâtiment Voltaire. La cohérence de cette intervention vient agir, sans ambiguïté, comme un trait d’union pour requalifier le site.

— Approche scénographique de ce musée de collectionneur
Les collections du musée Dobrée sont constituées de 135 000 œuvres et racontent 500 000 ans d’Histoire (de la Préhistoire au XXe siècle) sur 5 continents. Déployant ce fond exceptionnel, le musée offre un espace permanent d’exposition de plus de 2 000 m² dans le palais, complété par un espace d’expositions temporaires de 400 m² dans le manoir.
Pour ce musée d’objets, le projet scénographique propose au public une approche intimiste en grande proximité avec les collections. L’ambition est de concevoir un « musée à vivre » : plus qu’un lieu d’expositions, il est pensé comme lieu de vie où le public peut librement découvrir les collections par des approches diverses, des rencontres culturelles mais aussi selon ses envies – faire une pause, lire, contempler, étudier, ou se restaurer à la terrasse du café, participer à une visite guidée ou à un spectacle.
Porté par le Département de Loire-Atlantique, ce projet de rénovation souhaite donc révéler toute l’originalité de ce lieu atypique, ainsi qu’offrir aux futurs visiteurs une expérience muséographique unique, vivante, accessible à tous les publics.

— Réconcilier les époques et anticiper les usages à venir
Cette ambitieuse restructuration a ainsi conduit à des interventions relativement conséquentes pour répondre aux objectifs de fonctionnalité, d’attractivité et d’évolutivité. Bien que les bâtiments ne soient pas protégés au titre des monuments historiques, ils font partie du patrimoine nantais et constituent, avec les collections, le fonds patrimonial de l’institution.
Il est donc apparu nécessaire de valoriser et prolonger la mémoire du site par de justes interventions contemporaines, sans ostentation, en se nourrissant de toutes les données du site, des époques les plus anciennes aux interventions du XXe siècle, considérant que chacune a contribué à écrire un pan d’histoire de ce lieu très apprécié des habitants.

— Qualité de la relation entre le maître d’ouvrage et l’équipe de maîtrise d’œuvre
Outre la modernisation du musée, les intervenants qui ont porté ce projet avaient pour point de mire l’idée d’un équipement confortable et fonctionnel qui puisse « produire » du lien, c’est à dire créer les conditions de rencontres entre les différents publics, une institution qui contribue à engendrer des opportunités ou des invitations.
Le travail conjoint de la maîtrise d’ouvrage et de l’équipe de maîtrise d’œuvre a en ce sens stimulé les imaginations pour apporter une réponse architecturale, patrimoniale, paysagère et scénographique globale et cohérente. Il a permis un dialogue riche, à l’image de la complexité de ce morceau de ville.
Au-delà du concours, ce processus de réflexion a pu s’enrichir d’un dialogue fécond, nourri notamment de réunions publiques participatives.


Informations complémentaires :
Musée fermé depuis 2011 ; premier concours recalé par la justice administrative en 2014 ; second concours loi MOP (avec l’Atelier Novembre lauréat) en 2017.
Financement (50 M€ TDC, Toutes Dépenses Confondues, dont 32 M€ HT de travaux) :
– Département de Loire-Atlantique
– Etat / Ministère de la Culture (via la Direction régionale des affaires culturelles des Pays-de-la-Loire, à hauteur de 4,5 M€)
– Région Pays-de-la-Loire (à hauteur de 3 M€)

Bureau(x) d’études : Oteis (Tce, Opc, Economie, Ssi & Sécurité), Jean-Paul Lamoureux (Acoustique), Innovision (Audiovisuel, Multimédia, Numérique), Temeloy (Conception lumière), Chevalvert (Graphisme, Signalétique)
Photographes : ©Luc Boegly (photos : 1 et 12 à 19) ©Shimmura Takuji (photos : 2 à 11 et 20)