Critère 1 — Une exigence portée conjointement entre maîtrise d’ouvrage et maîtrise d’œuvre, où le dialogue de projet élève le niveau d’ambition
Le projet du campus EPF est né d’un dialogue engagé dès les phases esquisse et avant-projet sommaire. Ce temps d’échange approfondi entre maîtrise d’ouvrage, entreprise mandataire, maîtrise d’œuvre et futurs usagers a permis de dépasser une simple réponse programmatique pour construire une vision commune du projet et de son ambition.
La confiance instaurée au cours de ce processus a favorisé une véritable émulation collective autour de l’identité pédagogique et des valeurs portées par l’EPF. La compréhension fine des modes d’enseignement, des enjeux d’innovation et de la volonté de faire du campus un support démonstrateur des transitions environnementales a nourri les choix architecturaux, constructifs et spatiaux du projet.
Le dialogue itératif mis en place avec la maîtrise d’ouvrage a permis d’affiner progressivement les usages, les matérialités, les volumes et l’évolutivité du bâtiment afin de proposer un équipement à la fois robuste, pédagogique et évolutif.
Cette démarche commune se traduit notamment par une trame constructive rationnelle et favorable à l’évolutivité, l’utilisation conjointe de matériaux biosourcés et minéraux, les façades à ossature bois, ainsi que l’intégration d’un mur trombe en terre participant à la fois au confort thermique, à l’inertie du bâtiment et à la dimension pédagogique du campus.
Au-delà de la seule performance technique, le projet affirme ainsi une ambition partagée : faire du bâtiment un véritable outil d’apprentissage, capable d’incarner concrètement les valeurs d’innovation, de sobriété et de responsabilité environnementale portées par l’école.
Critère 2 — Une approche attentive aux ressources et aux contextes, proposant des réponses adaptées aux enjeux environnementaux contemporains
Le projet du nouveau campus EPF s’est inscrit en lieu et place d’un parking imperméable libre de toute construction au sein du quartier de l’ancienne base sous-marine dans le port de Saint-Nazaire. L’école jouxte l’ancienne gare récemment réhabilitée et reconvertie ainsi que le théâtre Simone Veil. Elle amorce le développement et la redynamisation du quartier initié avec l’étude urbaine de l’agence ANMA.
Le projet EPF est conçu avec une volumétrie simple, compacte et fonctionnelle, cherchant à s’intégrer harmonieusement à son environnement.
Partant d’un volume maximum à R+4, le projet se déhanche, en fonction des orientations, des accès, et de son organisation. Dans la filiation de la fiche de lot, le bâtiment propose un épannelage progressif allant de R+2 au Sud jusqu’à R+4 au Nord.
La façade principale, située à l’Ouest présente un débord de protection solaire à partir du R+1, qui rappelle l’ancien auvent de la gare des voyageurs. La marquise béton se dilate au niveau du hall d’accès du bâtiment et guide les visiteurs vers le hall d’entrée central. Cette façade offre un accès sécurisé et abrité, distinct des flux logistiques situés au Nord-Est et au Sud-Est.
L’enveloppe du bâtiment est constituée de façades en ossature bois et de menuiseries tramées, qui permettent une interaction entre l’intérieur et l’extérieur. La transparence du bâtiment offre une vue sur l’activité et la vie intérieure, selon le plan et les orientations.
Des modénatures bois verticales et horizontales en saillie participent à la protection solaire passive tout en répartissant les pleins et les vides.
Critère 3 — Une conception répondant aux usages actuels, tout en anticipant les évolutions à venir
L’organisation du bâtiment en plan et en coupe est dictée par un objectif de clarté dans la disposition des fonctions, et de rationalité des systèmes techniques.
Cette grande lisibilité est intensifiée par :
– L’intégration d’une « saillie repère » sur la façade ouest signalant l’accès et y accompagnant les visiteurs avec la marquise en béton et la protection solaire.
– Un Atrium central révélant la coupe du bâtiment et donnant immédiatement à lire les diverses fonctions de manière intuitive.
– Un dispositif efficace et limpide de circulations verticales et horizontales.
– Une répartition de chaque pôle du projet (Enseignements, administratif, vie étudiante, locaux techniques, …) dans des formes simples pour une appréhension logique des espaces. — Une diffusion dans les étages des bureaux d’enseignement a été imaginé avec l’EPF pour une plus grande agilité dans les échanges quotidiens.
Tramé, le bâtiment se développe sur 4 niveaux (R+3 & attique) présentant un système de plan similaire tout en respectant les spécificités fonctionnelles de chaque pôle.
Ce système de plan est structuré à chaque niveau, par une large circulation horizontale Nord- Sud naturellement éclairées, connectée aux espaces extérieurs, et deux blocs de distributions verticales.
Le toit a une place prédominante dans ce projet. Le projet, par sa forme, crée des vides contenus (Atrium), des échancrures vers la ville et le ciel (les terrasses et loggias) qui sont autant d’espaces partagés, mutualisés, ou supports d’applications pédagogiques, comme la terrasse à R+4.
Trame structurelle : un atout du projet
Notre projet revendique l’usage d’une trame structurelle, omniprésente et identitaire des façades.
Cette trame est une composante importante dans l’écriture architecturale du projet, mais surtout, elle garantit une efficacité structurelle et une excellente modularité des locaux. Elle permettra notamment d’appréhender les ajustements du projet avec simplicité.
Critère 4 — Une recherche sensible de qualité architecturale et paysagère, alliant audace et intégration
Les espaces extérieurs de pleine terre sont composés d’espaces engazonnés, de haies, de massifs plantés, d’arbustes ainsi que d’arbres de moyennes et hautes tiges venant structurer les abords du projet. Cette trame végétale participe à la requalification d’un site aujourd’hui très imperméabilisé, tout en recréant des espaces de respiration et des continuités paysagères. Les essences retenues sont adaptées au climat océanique et au caractère exposé du site.
Les terrasses paysagées prolongent cette ambition en offrant des usages extérieurs qualitatifs et largement végétalisés.
« des matériaux vertueux pour une satisfaction durable ». Cette ambition guide notre approche à toutes les échelles du projet, de la volumétrie aux détails constructifs.
Le bâtiment repose sur une structure béton associée à des façades à ossature bois (FOB), conciliant robustesse, modularité et performance environnementale. Les menuiseries aluminium laquées et le parement minéral Caréa participent à une écriture architecturale sobre, pérenne et contemporaine. La qualité des matériaux et le soin apporté à leur mise en œuvre garantissent une excellente durabilité ainsi qu’un faible coût d’entretien, dans une logique de développement durable et de maîtrise du cycle de vie du bâtiment.
En cohérence avec la pédagogie du Campus tournée vers l’ingénierie des transitions, le projet intègre également une dimension géosourcée avec la création d’un mur Trombe en terre crue issue d’extractions locales, intégré à une salle de réunion. Véritable dispositif passif de régulation thermique, il constitue également un support pédagogique valorisant les ressources et savoir-faire du territoire.
Bureau(x) d’études : CAIRN (TCE) – ASCIA (structure et économie) – Inddigo (Développement Durable) – Alhyange (Acoustique) – Ingetel (Réseaux)
Photographe : Juan Cardona