GINA

4 rue Suzanne Képès, 44200 Nantes

21

Programme

Bureaux dédiés notamment à l’accueil de la filière Santé (Station S, CHU), restaurant et ateliers (occupés par Redeem - entreprise de réemploi de dispositifs médicaux, le hall Santé et la maison des Enfants). 42 places de stationnement en sous-sol destinés à l’ensemble des immeubles du bloc G

Concepteurs

  • BEAL&BLANCKAERT (mandataire)
  • De long en large (paysagiste)
  • Officina (suivi DET)

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • NOVAPOLE Immobilier (filiale de LOD et de la Banque des Territoires)

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2025

Surface(s)

5 430m² SP

Coûts

12 millions €HT compris stationnement (année 2025)

Documents

Gina au cœur du quartier de la santé sur l’ile de Nantes à proximité du futur CHU a été pensé pour accueillir des petites et moyennes entreprises du secteur médical à des loyers modérés. La réponse architecturale devait ainsi conjuguer plusieurs exigences : économie de moyens, modularité, qualité d’usage et attention particulière au bien-être des futurs occupants.
De la rencontre entre Novapole Immobilier/Loire Océan Développement, historiquement aménageur mais ici opérateur, et l’agence Béal Blanckaert, reconnue pour son approche frugale et sensible de l’architecture, est né un projet singulier, à rebours des standards habituels du bâtiment tertiaire.
Partagé avec la SAMOA aménageur de l’ile de Nantes, le choix d’un concours fondé non pas sur une simple « image » mais sur une note méthodologique sans perspective extérieure a permis d’éviter l’écueil d’un projet démonstratif cherchant davantage à séduire qu’à répondre concrètement aux usages. Grace à un dialogue constructif, le projet s’est ainsi construit collectivement entre la maîtrise d’ouvrage, les architectes et les bureaux d’études spécialisés, autour de valeurs communes et grâce à des workshops organisés toutes les deux semaines.
La démarche collaborative portée par l’architecte et la maîtrise d’ouvrage a permis de développer une architecture à la fois simple, flexible et facilement appropriable par ses occupants. Le projet repose sur des principes clairs et rationnels : une trame structurelle rigoureuse, une hauteur sous plancher généreuse de 3,16 m permettant d’envisager l’évolution future des usages, des réseaux techniques pensés dès l’origine, dimensionnés au plus juste et concentrés dans les trames centrales afin de libérer les espaces. Le choix d’un chauffage et rafraîchissement par le sol associé à un plancher technique garantit également une grande souplesse d’aménagement dans le temps.
Cette réflexion s’est aussi traduite dans les parcours et les usages collectifs du bâtiment, avec la création de doubles hauteurs servant à la fois de lieux de rencontre, d’espaces traversants et de respirations lumineuses,
Autant de choix qui participent à la maîtrise des coûts — enjeu devenu aujourd’hui incontournable — sans jamais conduire à une architecture standardisée ou banale. Bien au contraire, cette démarche a permis de faire émerger des espaces généreux, lumineux et accueillants, en relation constante avec des extérieurs végétalisés répartis à tous les niveaux du bâtiment : cour commune et espaces de travail partagés pour les ateliers du rez-de-chaussée, terrasses couvertes, jardins suspendus et lieux de pause ouverts sur le paysage.

L’approche frugale a permis de concevoir un bâtiment tertiaire confortable grâce à des solutions passives et un recours limité aux équipements techniques (sans climatisation ni BSO). La structure mixte bois béton permet d’utiliser chaque matériau au mieux dans ses caractéristiques techniques. Une dalle active à chaque niveau, permet de supprimer le principe de terminaux en métal (carbone) qui complexifie le recloisonnement, au profit d’une solution de chauffage doux et homogène par le sol et qui pourrait offrir également la possibilité d’un rafraîchissement estival. Les eaux pluviales sont récupérées pour alimenter les WC et l’arrosage. De grandes terrasses végétalisées offrent un accès extérieur à chaque étage. Les façades sont réalisées en tuiles poreuses permettant un rafraichissement léger de l’ilot de chaleur en déphasage par évapotranspiration tandis que la toiture accueille des panneaux photovoltaïques.

Ce projet, mené conjointement par les architectes, les bureaux d’études et la maîtrise d’ouvrage, s’est développé dans une démarche de conception libre de tout a priori et sans recherche d’une image démonstrative à laquelle les usages auraient ensuite dû s’adapter. L’architecture s’est au contraire construite comme l’expression directe des réponses structurelles, organisationnelles, environnementales et éthiques apportées au projet.
Les façades traduisent ainsi les besoins réels du bâtiment : contreventements visibles, retraits générés par les espaces plantés, mise en valeur de la structure mixte bois-béton, ou encore brise-soleil fixes dont l’inclinaison spécifique permet d’éviter le recours à des systèmes motorisés, plus coûteux et plus carbonés. Les matériaux sont laissés bruts, sobres et durables, sans éléments superflus.
À rebours de nombreux projets tertiaires contemporains, souvent caractérisés par des façades répétitives et des espaces intérieurs standardisés, Gina propose une vision singulière du lieu de travail et de l’architecture. Le projet se construit à travers une multitude d’attentions portées aux usages, aux espaces, aux matériaux, aux détails et aux ambiances, permettant selon nous une véritable appropriation par ses occupants. Un bâtiment vivant, avant tout.


Label(s) obtenu(s) : En cours : certification BEE, Label E3 C1 et biosourcé niveau 1

Informations complémentaires :
19 millions de coût d’opération. Financement = 80% emprunts et 20% fonds propres Novapole.

Bureau(x) d’études : OTEIS, INGEBOIS, Cabinet HEDOND
Photographe : Stephane Chalmeau, Yann L’hostis

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