ENVIRONNEMENT RESSOURCE
Le contexte
Le site du projet se trouve dans un contexte urbain déjà bâti et essentiellement constitué de maisons individuelles. Ce sont d’ailleurs ces maisons qui forgent l’identité du quartier par des similitudes marquantes.
Comme on peut le voir sur la vue aérienne ancienne, toutes ces maisons datent des années 50 et ont donc été édifiées en période de reconstruction. On peut également remarquer un plan « modèle » de maisons jumelées qui jalonnement le territoire. Elles ont toutes des façades pignons qui s’affichent et caractérisent l’habitat. Il en découle un volume archétypal qui acquiert le statut de paradigme, voire de règle urbaine et architecturale. Ce volume reproductible définit une image relativement homogène du quartier qui pourrait même être monotone si elle n’était pas contrebalancée par deux éléments : les variations d’implantation par rapport à l’alignement et leur dispersion sur le territoire. Toutes ces maisons constituent un quartier avec une belle diversité tout en maintenant une lecture d’ensemble urbain cohérente.
On trouve dans la rue Joseph Barnave deux implantations différentes du bâti. Sur la rive nord les maisons jumelées sont détachées de leurs limites séparatives, avec entre elles des respirations régulières. Sur la rive sud, elles sont regroupées par quatre. Elles sont construites sur la mitoyenneté et affichent des pignons aveugles sur la rue. Leur implantation est décalée par rapport à la voie.
Toutes les maisons semblent rechercher une orientation Est/Ouest, ce qui est cohérent à la lecture des règles urbaines qui ont forgées les grands principes de la reconstruction. Les ensembles de la rive sud sont à mi-chemin entre collectif et individuel quand les maisons jumelées de la rive nord s’apparentent davantage à de la maison individuelle avec un adressage clair sur la rue. Toutes ces maisons affichent une simplicité de volume et d’écriture. L’ensemble est rehaussé par la qualité des matériaux : Du granit en chaine d’angle et linteaux qui régionalisent cette architecture.
Le projet
Le site du projet, aujourd’hui un terrain de tennis clos, apparaît comme une enclave dans cet environnement bâti. Cette opportunité de projet se saisit de l’histoire urbaine et architecturale de ce micro-territoire : l’alignement singulier de chacune des maisons voisines et le volume iconique des façades pignon. Ce dernier, dans la configuration des maisons jumelées, avec un toit en pente de 30°, permet de dégager un volume habitable plus conséquent pour chacune des habitations : Un volume à décliner
Le projet s’inspire de cette forme mais requestionne la manière d’habiter afin de donner une réponse ambitieuse à la construction de nouveaux logements et à la poursuite du développement de la commune. 14 logements intermédiaires permettent de réinitialiser les rapports sociaux et d’en créer d’autres. Cette nouvelle échelle résidentielle s’intègre avec finesse dans le tissu urbain. Le volume iconique est décliné. Le pignon est étiré en insérant différentes typologies. Cette résidence est pensée dans une logique collective pour répondre au plaisir d’habiter et de se divertir.
La parcelle a un linéaire de façade rue de 26 mètres pour 48 mètres de profondeur. Le projet est étiré dans la profondeur de la parcelle. En complément, il s’inscrit dans le rythme variable des implantations des maisons voisines et il est à distance des limites séparatives. L’ensemble de ces retraits créent des espaces d’agrément pour tous les logements.
Le volume paradigme est extrudé dans sa hauteur tout en conservant sa géométrie. Le programme est égrené dans la variation des hauteurs. L’ensemble est contenu dans la silhouette unique du quartier.
Le quartier apparaît peu végétalisé. Le projet profite des espaces dégagés et d’une orientation avantageuse pour réintroduire du végétal et préserver des espaces de pleine terre. Au Sud/Ouest, une bande végétale est constituée d’un espace commun, de jardins individuels et se retourne sur la rue.
Même si la forme urbaine des maisons voisines est érigée au statut de modèle, l’architecture du projet qui en épouse le paradigme en écho, reste neutre, blanche, légère et gracile. Ses contours sont évanescents et flous, sans inimitié envers le voisinage. La volumétrie est suggérée. Les arrêtes de rives latérales sont ouvertes sous forme de coursives et balcons. Elles apportent de la porosité au projet en évitant une confrontation de volumes trop franche et brutale. Dans cet objectif, les avant toits sont perforés. Ce poinçonnage confère de la légèreté au projet.
Cette disposition architecturale et constructive appelle à l’utilisation d’un matériau dont la forme permet de s’affranchir d’une structure qui serait trop présente. Une ondulation de la matière, une forme vaporeuse, est la technique la plus douce pour donner de l’inertie et s’affranchir d’une structure primaire. Cette toiture se décline en couverture par continuité du profil ondulé : Une économie d’expression et de moyens, une esthétique de la nécessité.
Le choix de la toiture claire est motivé par la volonté d’amplifier l’effet albedo et évite en conséquence l’effet surchauffe que génère une toiture sombre.
Le projet exploite les potentialités du site tout en renouvelant les propositions urbaines du quartier. La reprise du pignon sur façade comme forme iconique du quartier et l’équilibre des échelles lui permet de s’intégrer avec finesse dans son tissu urbain. Les nouvelles typologies traversantes utilisent au mieux l’orientation du bâtiment en venant placer les pièces de vie au Sud/Ouest. Cette orientation permet d’avoir un éclairage naturel important dans les pièces de vie filtré par les façades épaisses dans la continuité du bâtiment principal. La forme bâtie, compacte, avec un taux de mitoyenneté élevé est un gage de performance thermique, renforcée par des espaces communs (locaux vélos par exemple) en dehors du bâti principal pour éviter les poches froides.
Informations complémentaires :
Financement :
Procédure concurrentielle avec négociation.
Bureau(x) d’études : ISOCRATE, DIGUET SB, ECMS
Photographe : AÜD ARCHITECTES