Aménagée au début des années 2000, dans le cadre de l’extension de la ligne de tramway 3, la place de la Chapelle était un espace public fonctionnel et apaisé mais où le végétal faisait défaut. L’objectif du projet était de végétaliser et désimperméabiliser les espaces identifiés par la collectivité comme îlot de chaleur, du fait de l’imperméabilisation significative des sols et de la forte exposition et réverbération lumineuse.
Une démarche de concertation a été mise en place dès le démarrage de l’étude, avec des permanences sur site pour aller à la rencontre des habitants, usagers, commerçants et acteurs du quartier, en phase de diagnostic pour recueillir les attentes et premières idées, puis pour présenter les différents scénarios d’aménagement. Cela a permis de conforter les enjeux de la requalification, avec des actions à mener sur la qualité du cadre de vie, mais aussi sur les mobilités et les usages :
– Valoriser et développer la richesse des fonctions et le caractère vivant du quartier
– Valoriser le réseau de cheminements piétons
– Dynamiser et mettre en lien les équipements sociaux, culturels et éducatifs au cœur du quartier
– Conforter la vocation commerciale de la place de la Chapelle et ses abords
La mission d’assistance à la consultation et à l’information du public s’est ensuite poursuivie par une présentation du projet sous forme d’exposition / déambulation sur site, d’une réunion publique ouverte à l’ensemble des bouguenaisiens, puis de temps d’information durant le chantier. Il s’agissait pour la métropole et la ville de Bouguenais d’impliquer les habitants et acteurs du quartiers des Couëts dans un projet ambitieux de réappropriation de l’espace public et de lutte contre les îlots de chaleur, afin de conforter la centralité des Couëts en tant que pôle urbain de la ville.
Les espaces publics existants présentant à la fois une unité de traitement, une composition affirmée et une attention forte portée aux détails, l’intervention a consisté à s’inscrire dans la continuité de l’opération initiale, en valorisant ses qualités et particularités d’aménagement, tout en questionnant les usages et l’occupation actuelle des espaces pour permettre d’accroître la présence végétale : quelle place pour l’automobile ? quelles opportunités de végétalisation par typologie d’espaces (stationnements, rue, …) ? quelles possibilités d’adaptation du marché sur le site ? …
Le repositionnement du marché hebdomadaire a constitué un élément clé de la requalification, permettant la végétalisation et le développement d’usages sur la placette piétonne située à l’avant de la chapelle, auparavant monofonctionnelle et entièrement minérale. Le marché a été déplacé sur rue, avec un principe de fermeture à la circulation le jeudi matin, permettant le maintien des accès aux commerces et équipements de part et d’autre (supérette, commerces de proximité, école, centre socio-culturel, mairie annexe, …) et en conservant une visibilité depuis le tramway.
Par ailleurs, une étude de stationnement a permis de montrer qu’un redimensionnement de l’offre de parkings était envisageable sur le secteur en maintenant un fonctionnement adapté aux commerces et équipements. L’ensemble des stationnements ont été retraités avec un revêtement semi-perméable végétalisé et leurs abords ont été plantés de manière à agrémenter et procurer de l’ombre à ces espaces. Une poche de stationnement située à l’avant du centre Marcet a également pu être supprimée au profit d’un espace végétalisé à vocation récréative et sportive (bancs, tables de pique-niques, tables de ping-pong, jeu de boule), dans la continuité du square Freinet au nord.
Sur le secteur de la place de la chapelle, les sols en béton décroûtés en vue d’accueillir les revêtements infiltrants ou les espaces de pleine terre ont été mis en stock puis réemployés pour créer des transitions avec les espaces végétalisés, des zones d’infiltration entre les stationnements, ou encore des circulations en pas japonais. Plus en arrière, les abords du centre socio-culturel et de la mairie annexe, auparavant traités de manière routière en enrobés, ont été qualifiés dans une continuité de traitements de sol et en confortant l’accompagnement végétal. De manière générale, les continuités piétonnes ont été développées et sécurisées afin d’irriguer l’ensemble des espaces de la centralité.
Une palette végétale riche et diversifiée, comprenant strate arborée, arbustive et herbacée, a été introduite tout au long des espaces aménagés, avec des essences ornementales sur la place de la Chapelle, et des essences comestibles (arbres fruitiers et arbustes à petits fruits) au niveau du square créé.
Informations complémentaires :
Démarche « Places et Placettes » Nantes Métropole, dont l’objectif est de réaliser des espaces publics de qualité, ouverts et accessibles, adaptés au changement climatique et aux activités quotidiennes.
Financements : PPI 2021 / 2026
Type de marché : procédure adaptée
Mission : maîtrise d’œuvre complète + assistance à la Concertation et Dialogue Citoyen
Bureau(x) d’études : OCE ingénierie, Agence Radar
Photographe : Roberto Giangrande