La Halte de la Gilarderie

218 - 220 - 222 rue de la Gilarderie, 44200 Nantes

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Programme

transformation de trois logements de fonction en halte transitoire pour des personnes exilées

Concepteurs

  • studio bali

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Une Famille Un Toit 44

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2025

Surface(s)

460 m2 SP rénovation

Coûts

554.000 € HT

Documents

2015. Lors de la crise migratoire, les trois logements de fonction vacants de la Gilarderie constituent un refuge pour de jeunes exilés. L’entreprise RTE, propriétaire des maisons, engage une procédure d’expulsion, à laquelle s’oppose le voisinage.
La presse couvre l’événement, des collectifs de soutien se mobilisent et la situation reste en suspens.
Dans ce contexte incertain, l’association Une Famille Un Toit 44 joue un rôle de négociation auprès de la mairie et des propriétaires.

En parallèle, d’autres personnes s’investissent pour améliorer les conditions de vie dans les trois maisons surpeuplées. Un relevé architectural et social est réalisé par le collectif saga et des étudiant·es de l’école d’architecture de Nantes. Il donne lieu à l’élaboration d’un cahier des charges et des premières propositions d’aménagements, en particulier la transformation des garages et des buanderies en rez-de-chaussée.

2018. RTE cède les maisons à l’association Une Famille Un Toit 44, en vue de la création d’une halte transitoire pour les personnes exilées.
Par la suite, par le levier des aides nationales à l’amélioration de l’habitat (ANAH), l’équipe de maîtrise d’œuvre (studio bali architectes) orchestre la rénovation lourde de cette architecture des années 50. Le projet comprend la rénovation thermique globale du bâtiment, la mise à nu de la maçonnerie existante, la mise en accessibilité du rez-de-chaussée, la réintégration des loggias à l’espace habitable des chambres, et la réfection complète des réseaux.

Côté rue, la transformation des garages en rez-de-chaussée et la réintégration des loggias inusitées à l’étage ont participé à redéfinir l’identité architecturale des maisons devenues ensemble bâti.
Les accès sont repositionnés côté jardin et desservis par une longue coursive en caillebotis, qui assure l’accessibilité aux personnes à mobilité réduite. Des auvents métalliques protègent les entrées.
La fine silhouette des marquises, les décalages de nus des menuiseries et le jeu de textures des enduits à la chaux assoient une écriture architecturale sobre et sensible.

Les espaces intérieurs privilégient une esthétique brute : éléments de structure et réseaux en cuivre laissés apparents, conservation des sols existants et simple ragréage à l’emplacement des anciennes cloisons.
Un soin particulier est apporté aux cuisines collectives, qui sont magnifiées par des matériaux de qualité et des détails soignés, alliant beauté et robustesse pour les usages du quotidien.

À l’étage, la réintégration des loggias dans la surface habitable permet de reconfigurer les chambres et salles d’eau pour un usage collectif.
Le nouveau cloisonnement est réalisé en terre allégée, dans le cadre de chantiers participatifs encadrés par la SCOP L’Aronde et Terre d’argile. Les enduits terre crue, ravivés par de beaux badigeons, offrent douceur et chaleur aux occupant·es.

Malgré le caractère très social de l’opération, l’ensemble des acteur·ices se sont mobilisé·es pour développer une architecture saine et durable, à travers la déconstruction soignée du bâti existant, l’emploi de matériaux biosourcés (fibre de bois, terre crue) et la mise en place d’une démarche participative.


Informations complémentaires :
rénovation thermique subventionnée par l’ANAH

Bureau(x) d’études : Allassa Energie
Photographe : Gaëtan Chevrier, studio bali