Le projet de résidence étudiante Imagin’Erdre s’inscrit dans une réflexion sur la transformation progressive des faubourgs nantais et sur la capacité d’une opération dense à produire un cadre de vie qualitatif, sobre et intégré. Implanté sur quatre parcelles en cœur de tissu résidentiel hétérogène, le projet développe 94 logements étudiants répartis en trois bâtiments articulés autour d’un vaste jardin central conservé en pleine terre.
L’opération cherche moins à produire un objet architectural autonome qu’à prolonger les qualités d’un axe urbain majeur : continuité bâtie, présence végétale, diversité des gabarits et relation étroite entre espace public et usages quotidiens.
L’implantation des bâtiments compose une séquence urbaine rythmée le long de la rue Félix Lemoine grâce à un travail de fragmentation des volumes, de variations de hauteurs et de césures permettant d’accompagner la déclivité naturelle du site. Cette organisation permet de maintenir un dialogue équilibré avec les constructions voisines, qu’il s’agisse des petits collectifs récents ou des maisons plus anciennes du faubourg.
Le bâtiment implanté sur l’impasse Jean-Marie Mustière reprend quant à lui l’échelle plus domestique du tissu environnant et s’inscrit dans le prolongement du mur de clôture conservé partiellement sur le site, participant à maintenir une continuité sensible avec l’existant.
Le projet développe une approche environnementale fondée d’abord sur la sobriété urbaine et la valorisation des ressources existantes. La préservation du cœur végétalisé, la limitation de l’emprise automobile, l’importance accordée aux mobilités douces et l’implantation dans un secteur déjà équipé participent d’une logique de densification responsable limitant l’artificialisation périphérique. Le programme prévoit ainsi 88 stationnements vélos pour seulement 7 places automobiles.
L’écriture architecturale repose sur une palette matérielle volontairement restreinte : soubassements minéraux, enduits clairs, ardoise losangée et menuiseries aux teintes champagne composent une architecture contemporaine sobre, attentive aux matérialités nantaises et à la pérennité des ouvrages.
Une attention particulière est également portée aux usages collectifs et à la qualité du quotidien. Les espaces mutualisés — salle de convivialité, laverie, cœur d’îlot jardiné — participent à construire un cadre de vie favorisant les échanges et les sociabilités étudiantes. Les rez-de-chaussée actifs et les accès multiples contribuent à inscrire la résidence dans la vie du quartier plutôt qu’à fonctionner comme un ensemble autonome fermé sur lui-même.
À travers une intervention mesurée, attentive aux usages, aux paysages et aux continuités urbaines, le projet propose ainsi une manière de densifier sans rupture d’échelle ni démonstration formelle, en cherchant un équilibre entre intensité urbaine, qualité résidentielle et sobriété environnementale.
Bureau(x) d’études : D'ici là paysage, Tual, IBA, Simon Ingénierie, Naonec
Photographe : @huca