Pôle d’échanges multimodal

Boulevard de Berlin, 44000 Nantes

227

Programme

12 750 m² d’équipements publics : gare routière, gare de taxis, parking loueurs, parking vélo de 1 470 places, 11 400 m² de bureaux et 3 700 m² d’espaces végétalisés.

Concepteurs

  • AIA LIFE DESIGNERS
  • DREAM

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • BATI NANTES
  • Nantes Métropole Aménagement

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2025

Surface(s)

12 750 m² d’équipements publics : gare routière, gare de taxis, parking loueurs, parking vélo de 1 470 places11 400 m² de bureaux et3 700 m² d’espaces végétalisés

Coûts

41,13 M€ HT

Documents

Situé aux abords immédiats de la nouvelle gare de Nantes, le Pôle d’Échange Multimodal (PEM) et son programme tertiaire fédère au sein d’un même volume, infrastructures de mobilité et deux sièges d’entreprises locales : Lucca et Lhyfe. Porté par une maîtrise d’ouvrage partagée entre Nantes Métropole Aménagement et Bati-Nantes, l’ensemble a été conçu en conception-réalisation par les agences d’architectures DREAM et AIA Life Designers et le groupement d’entreprises ETPO (mandataire), André BTP et Briand Bois.

Le projet a reposé sur une co-construction étroite entre la maîtrise d’ouvrage publique et privée, le groupement d’entreprises mandataire en conception-réalisation et l’équipe d’architectes. Cette organisation a permis de créer un écosystème unique, fondé sur le dialogue et l’intelligence collective.
La coordination constante entre les multiples parties prenantes, publiques comme privées, a favorisé une vision partagée du projet et permis de concilier ambitions architecturales, enjeux techniques et objectifs environnementaux. De cette synergie est né un bâtiment cohérent, innovant et fédérateur, véritable fruit d’une démarche collective.

Situé aux abords immédiats de la gare de Nantes, le Pôle d’Echange multimodal (PEM) et son programme tertiaire s’inscrivent au cœur du renouvellement urbain du quartier. Conçu comme un signal architectural, le projet incarne les enjeux de la ville de demain : mixité d’usages, mobilité décarbonée et qualité des espaces de travail.
Dans un même volume, il fédère infrastructures de transport, services publics, bureaux et espaces paysagers. L’ensemble est connecté à l’espace public et au grand paysage nantais. Avec 1 470 emplacements vélos, il accueille l’un des plus vastes parcs de vélos de France et crée un nouveau point de convergence entre la gare ferroviaire, la gare routière et la ville. Sa volumétrie joue avec les rythmes du site et s’inscrit dans une composition pensée à l’échelle du piéton en mouvement.
S’élevant sur neuf niveaux — quatre pour le PEM, cinq pour les bureaux — le projet propose une réponse simple à une complexité programmatique. Sa conception s’appuie sur des principes clairs : sobriété des volumes, lisibilité des accès, confort d’usage et forte ambition environnementale. Le choix de la verticalité limite l’emprise au sol et libère de vastes espaces publics. Les flux piétons, voyageurs et salariés ont été hiérarchisés pour fluidifier les circulations. C’est l’expression de la ville en mouvement qui façonne l’architecture.

Le PEM repose sur une structure poteaux-poutres en béton à grandes portées qui libère l’espace et favorise la flexibilité des usages. L’ouverture des façades, les lignes courbes et les larges baies vitrées offrent une architecture généreuse et perméable, en lien direct avec le parvis et les quais. Depuis le hall, la mezzanine vitrée révèle l’élément emblématique du projet : la boucle du “Grand 8” du parc de stationnement vélo avec ses espaces circulables, véritable sculpture habitée.

Couronnant le PEM, les bureaux se présentent comme une constellation de volumes suspendus. Leurs gabarits compacts, attachés les uns aux autres, créent une silhouette fragmentée, identifiable depuis l’espace public. Leur revêtement en tuiles de terre cuite sombre, évocation du patrimoine historique nantais, dialogue avec un jardin suspendu qui s’étend à 12 mètres de hauteur.
Ces bureaux s’ouvrent largement sur l’extérieur : loggias, terrasses et circulations périphériques prolongent naturellement les espaces de travail et instaurent une relation directe avec le paysage. Ces respirations généreuses favorisent les échanges informels, les pauses partagées et la porosité entre intérieur et extérieur.
À l’écart des codes tertiaires traditionnels, le projet propose une nouvelle approche du lieu de travail. La matière brute— bois, tuile, végétal — insuffle une atmosphère domestique et chaleureuse, invitant chacun à s’approprier les espaces. Les circulations extérieures encouragent le mouvement et multiplient les interactions spontanées, dessinant une architecture vivante et perméable, en écho à la dynamique du site.
Les plateaux reposent sur une structure poteaux-poutres en bois lamellé et des planchers CLT qui minimisent les points porteurs et maximisent la flexibilité d’aménagement. La structure bois laissée apparente crée une ambiance apaisante et propice au bien-être. Conçus comme des espaces évolutifs, les bureaux permettent de s’adapter aux besoins changeants des entreprises et des équipes.
Le jardin suspendu de 1 690 m², véritable îlot de fraîcheur, offre des vues inédites sur la gare, le Jardin des Plantes et les toits de Nantes. Situé entre les deux entités — équipement public et programme tertiaire — il agit comme un trait d’union et participe à l’équilibre global de la composition.
Au total, 3 700 m² d’espaces végétalisés — toitures, coursives, jardins — jouent un rôle actif dans le confort thermique du bâtiment. Par l’évapotranspiration des plantations, ils contribuent à rafraîchir l’air et créent une respiration paysagère en plein cœur de la ville.

Le projet a été réalisé avec une part conséquente de construction hors site fabriquée localement (38%). Cette approche a répondu aux enjeux majeurs de planning, de qualité et d’optimisation de l’espace dans un environnement contraint :
– Façades ossature bois avec menuiseries et structure en bois lamellé intégralement préfabriquées par l’usine de Briand bois à Verrières-en-Anjou (49)
– Plancher CLT fabriqué par l’usine Piveteau bois à Sainte-Florence (85)
– Balcons préfabriqués par l’usine de Briand bois à Verrières-en-Anjou (49)
– 10 800 m² d’ossature bois
– 5 mois de chantier pour l’ossature bois


Label(s) obtenu(s) : BREEAM very good, RT 2012, E3C2, BBCA niveau excellent

Bureau(x) d’études : AIA Ingénierie, AIA environnement, Zéphyr paysage, Gamba, Namixis.
Photographes : Cyrille Weiner (1-3-5-7) / Stéphane Chalmeau

Mellinet – 81 logements en structure bois et béton de chanvre

41-51 Mail de la Caserne Mellinet, 44000 Nantes

207

Programme

81 Logements (5247 m² SHAB)
4 surfaces d’activités (800 m² SU)
Un parking de 81 places en infrastructure.
R+2 à R+6 – 2ème et 3ème famille A

Concepteurs

  • Atelier d'Architecture RAMDAM
  • PALAST

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • BATI NANTES
  • ICEO

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2025

Surface(s)

6392 m² SDP5247 m² SHAB800 m² SU

Coûts

14 500 000 € HT2237€ HT/m² SDP

Documents

Depuis 2019, nous, Atelier d’architecture RAMDAM et PALAST recherchons, explorons, échangeons, débattons, convainquons, dessinons, ajustons, rêvons de la construction d’un ensemble immobilier de 81 logements aux façades de béton de chanvre. Après plus de quatre ans d’études et deux ans et demi de chantier nous sommes fiers de voir ce projet devenir réalité. D’abord dans les ateliers de Wallup Prefa où 450 modules chanvre ont été préfabriqués. Ensuite à la Caserne Mellinet de Nantes où ils ont été assemblés à la structure bois par les charpentiers d’ACDF puis enduits à la chaux.

Aujourd’hui, les habitants s’approprient les logements et demain les commerces vont s’installer. Dans quelques mois, nous l’espérons, il restera de notre aventure un immeuble vivant, intégré à son quartier, symbole qu’il est possible déconstruire avec des matériaux plus vertueux.

QUALITÉ INTÉGRATION DANS UN CONTEXTE EXISTANT
La parcelle du projet se situe à l’entrée de l’ancienne Caserne Mellinet depuis la Place du 51ème Régiment d’Artillerie.Ce nouveau quartier est divisé en six « hameaux » par les urbanistes. Notre projet constitue la dernière pièce du hameau Chapus qui assure la transition entre le faubourg Saint-Donatien et le cœur de la caserne et ses bâtiments cossus. Il en forme le front bâti, le long du grand mail piéton. Cette situation lui permet de s’inscrire véritablement dans un dialogue avec le « déjà-là » formé par les nouveaux logements, le patrimoine bâti et les arbres remarquables du mail. Le travail sur les variations volumétriques des constructions contribue à l’animation des espaces publics et à la transition subtile entre les maisons de la ville ancienne et le cœur du nouveau quartier plus monumental. Il génère sur la promenade et au sein de la parcelle une variation de l’intensité lumineuse et des ombres portées, permettant d’éviter un effet de masse. Les découpages judicieux participent à la silhouette urbaine du projet et à l’identification des logements. Ceux-ci bénéficient de vues dégagées profitant des axes paysagers et des interstices entre les bâtiments environnants. Les porches d’accès aux immeubles constituent de véritables fenêtres vers le cœur d’ilot partagé avec les immeubles voisins.

CONSTRUIRE AUTREMENT, PENSER (et dessiner) DIFFÉREMMENT
La transformation de l’ancienne caserne Mellinet, située au cœur de la ville de Nantes, représente une opportunité formidable de répondre aux enjeux de la ville contemporaine.Le projet s’inscrit dans une ambition constructive forte, en proposant une structure bois et des façades minérales en béton de chanvre enduites en cohérence avec la volonté des urbanistes de prolonger l’identité du faubourg Saint-Donatien dans le nouveau quartier. Par son écriture architecturale, le projet tend à donner à lire ce mode constructif novateur et vertueux, entre minéralité et légèreté.L’ordonnancement des niveaux bas et des niveaux hauts et l’échelle des volumes renvoient à l’architecture des bâtiments de casernement conservés. La domesticité du projet se retrouve dans l’échelle de la fenêtre, de sa proportion et de sa modénature.

Le rythme de la façade répond à la disposition des logements, et permet de séquencer les volumes, grâce à l’alternance de grandes baies et de trumeaux en béton de chanvre aux arrêtes adoucies. Ces trumeaux courbes donnent à voir la plasticité du béton de chanvre et mettent en valeur la qualité et l’intérêt d’un enduit à la chaux.L’architecture douce et subtile présente une vibration légère soulignée par les ombres portées.Ici, la réappropriation de l’une des premières plantes cultivé par l’homme permet de questionner notre manière de construire des immeubles de logements.

LE BÉTON DE CHANVRE – PROTOTYPES
Plante historique et abondante en Pays de la Loire, le chanvre est une ressource végétale renouvelable annuellement utilisée pour l’assolement. Elle a un cycle de croissance rapide et consomme très peu d’eau.
Au regard des forts enjeux économiques liés à la commercialisation de logements et compte tenu de l’échelle du projet, la question de la préfabrication hors site est abordée dès le concours. Le projet propose une manière relativement singulière de construire à partir de matériaux biosourcés, avec l’ambition plus globale de démontrer la réplicabilité du processus et l’efficience des installations techniques. Pour cela une série de prototypes a été testée,d’abord en maquette à l’agence d’architecture, puis en modélisation informatique en vue de la réalisation échelle 1 par un artisan du chanvre au stade du permis de construire, enfin, sur le chantier pendant la phase de préparation du chantier.Des évolutions de la réglementation sont ratifiées pendant l’élaboration de ce démonstrateur témoignant du caractère novateur de cette démarche. (Règles professionnelles de la construction chanvre 2024)

LE BÉTON DE CHANVRE – MISE EN ŒUVRE
Aggloméra de paille de chanvre (la chènevotte), de chaux et d’eau, le béton de chanvre est habituellement projeté ou banché sur site. L’échelle du projet nous a conduit à préconiser la fabrication des panneaux en chanvre dans les ateliers du charpentier. La dépendance au climat est ainsi limitée, le temps de séchage maitrisé. La dimension des trumeaux est optimisée.Stockés debout, ils sont faciles à transporter et à mettre en œuvre. Une fois installés, ils apporteront des qualités d’inertie et aideront à la régulation de l’hygrométrie du bâtiment.

STRUCTURE
L’infrastructure, le rez-de-chaussée et les noyaux de distribution verticaux (escaliers/ascenseurs) sont réalisés en béton. Le reste des immeubles est construit en structure poteau/poutre/planchers/charpente bois. Si le bois est très peu apparent au sein des logements en raison des réglementations en vigueur pour des immeubles de cette envergure, les discussions avec le bureau de contrôle ont tout de même permis de garder une partie des poteaux apparents, et de réaliser les espaces extérieurs privatifs en bardage.

RÉEMPLOI
Parmi les engagements du Maitre d’Ouvrage à l’aménageur, la promesse de pourvoir 26 des 81 logements de parquet de réemploi dans les pièces sèches. Issus de chantiers de déconstruction ou de réhabilitation en Pays de la Loire, la quête de gisements a parfois été délicate. La mise en œuvre le fut tout autant que la disparité de ces ressources. En résulte une expérience enrichissante et de très beaux logements.

UNE EXIGENCE CONJOINTE AVEC LA MAITRISE D’OUVRAGE
Si la relation avec les opérateurs de la promotion immobilière est parfois délicate, pour ne pas dire tendue, nous nous devons tout de même de saluer l’engagement de notre Maitre d’Ouvrage à réaliser un tel projet. Les moyens humains mis en place jusqu’à la livraison du projet et la confiance finalement accordée pendant toute la phase de chantier ne sont pas très courant.

Dès les prémices, nous, architectes des ateliers RAMDAM et PALAST avions décelé que l’ambition du projet était telle que nous ne pouvions que faire corps pour pouvoir la porter. C’est ainsi que nous avons pris la décision de ne faire qu’un ensemble à l’écriture architecturale unique. Cette posture nous a permis de faire front derrière le projet et devant notre Maitre d’Ouvrage, même aux heures les plus dures des études et de l’appel d’offres.


Label(s) obtenu(s) : Le projet atteint un niveau d’intégration des matériaux biosourcés 3 fois supérieur au niveau 3 du label : 104kg/m2 deSDP

Informations complémentaires :
Mission complète + OPC
Concours restreint Promoteur-Architectes

Bureau(x) d’études : CAN-ia (BE spécialiste du chanvre), Synergie Bois(BE structure), SoLAB (BE environnement), Rousseau (Economiste), Fondasol (Géotechnicien), Lalu (Paysagiste), Cycle-up (AMO réemploi), Quatuor (MOX et OPC)
Photographe : Charles Bouchaïb, Javier Callejas