Aménagement du groupe scolaire Fellonneau

15 rue Fellonneau, 44000 Nantes

191

Programme

Initialement, le groupe scolaire Fellonneau était réparti sur 2 sites mitoyens. L’objectif du projet était de rassembler sur celui de l’actuelle école élémentaire l’ensemble des activités : maternelle, élémentaire, péri et extra-scolaire, restauration.
Le programme comprenait la restructuration du bâtiment de l’élémentaire existant ainsi que la construction, en extension, d’un nouveau bâtiment. La nécessaire réorganisation des cours de récréation comprenait donc deux espaces distincts mais en contact, physique et visuel, accessibles depuis une entrée unique. Lors du concours, le programme sur les abords du bâtiment était assez restrictif et plutôt conventionnel : zone sportive, assises, piste pour les tricycles en maternelle et jardin calme. Mais une fois les études lancées, plusieurs données majeures sont venue l’incrémenter voir en modifier l’esprit général. Les objections citoyennes à la réduction des espaces libres pour les enfants ont fait évoluer et agrandir le périmètre du projet. Il a ainsi englobé l’Ensemble Boisé Classé (EBC) et à l’issu d’une concertation avec l’équipe pédagogiques et les services dédiés de la Ville de Nantes, une nouvelle faisabilité, devant intégrer la plus grandes parts possible des attentes, a poser les bases de la refonte du projet (pourtant déjà en phase PRO). L’espace multisport pouvant désormais s’envisager mutualiser avec la vie de quartier, il à trouvé sa place, à l’ouest, dans le prolongement du bâtiment réhabilité. Le souhait de contact avec le vivant pour les enfants, de fraicheur et de conservation des Tilleuls, mais aussi de transparence avec la future sente végétale et ludique en frange ouest de la parcelle se sont imposés comme nouveau programme.

Concepteurs

  • Architecte mandataire Atelier Giet architecture pour la construction
  • Moss Paysage

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Ville de Nantes

Thèmes

  • Aménagement

Année de réalisation

2024

Surface(s)

7 000m2 (parcelle aménagée)

Coûts

914 500,00€HT (1 098 000,00€TTC)

Documents

Une attention aux ressources et aux contextes, en réponse aux enjeux environnementaux contemporains ;
En plein coeur du quartier Saint Félix, le groupe scolaire Fellonneau occupe une place de choix dans le projet urbain développé par l’agence Volga, inséré dans un nouveau maillage d’espaces publics.
Les enjeux du projet étaient : offrir une réelle qualité d’usage malgré la réduction dimensionnelle des espaces extérieurs et être exemplaire en terme de développement durable et de création d’îlot de fraicheur.
En réponse au jeu graphique méthodique de l’architecture dévelloppée par l’agence Giet, des rubans végétales souples, nommés « Cernes végétales » devaient envelopper la nouvelle école et constituer des lisières pour les espaces extérieurs différemment habités : les cours, la terrasse maternelle, le jardin calme. La lisière d’enceinte calquée sur la limite de la nouvelle sente public et le mur périphérique en pierre au sud et à l’est, était formée de trois sous-ensembles aux typologies végétales distinctes :
– La lisière d’accueil arbustive caduque et/ou persistante, non allergène et peu fructifiante, absorbant une partie des eaux pluviales de la cour. Elle mène au sas d’entrée, commun pour les deux cours.
– La lisière centrale qui permet l’accès aux deux cours, avec des arbres de petites et moyennes tiges y émergent.
– Le jardin calme à la palette végétale variée et plus travaillée offrant un plaisir visuel depuis les classes et la cantine.
La deuxième cerne végétale, la lisière haute est située sur la terrasse de l’école maternelle. Très bien exposée, elle est composée principalement d’un mélange de plantes vivaces et graminées adaptées à des conditions de plantation en terrasse (épaisseur de terre végétale réduite, fort assèchement en été, …)Les arbres sont conservés au maximum avec l’ajout de l’EBC (de grands cêdres aux silouhettes freles mais de très grandes tailles), dont les pieds sont désimperméabilisés et replanté tout en laissant des espaces accessibles aux enfants pendant les temps de récréation.
Dans la cour maternelle, le circuit des tricycles fait le tour d’une pièces centrale comprenant une aire de jeux et un platelage couvrant et protégeant les racines des Tilleuls. En lisière de la cour, deux espaces engazonnés avec du mobilier permettent de faire classe à l’extérieure et des activités manuelles (bacs de matériaux).
Dans la cour élémentaire, un espace central accueille des jeux (dans un espace en copeaux de bois) et des
espaces engazonnés sur plusieurs hauteurs, avec l’intégration d’assises. Un large espace planté est rendu accessible aux enfants et des platelages bois viennent à la fois protéger les arbres et proposer des assises et/ou estrades de jeux.
Le parti pris initial à ainsi du évolué et intégré les demandes issues de la concertation et des retours citoyens. Sans perte de sens, mais avec agilité, le projet a gagné en cohérence avec le contexte élargi de la parcelle et le projet mené par la Direction Nature et Jardins (DNJ) de la Ville. Avec la mise en œuvre d’un enrobé clair, de dalles alvéolaires enherbées, d’un pavage en granit breton et d’un mobilier sur mesure en construction mixte bois-métal, l’opération s’avère être exemplaire dans l’application des nouveaux guides de conception des établissements
scolaires.

Une conception qui répond aux usages d’aujourd’hui tout en anticipant les évolutions de demain ;
Le programme a fait l’objet d’un remaniement en cours de projet afin d’intégrer les enseignants et les parents
d’élèves dans les réflexions sur les nouvelles cours. Lors de la concertation, il est ressorti un besoin d’accès aux espaces plantés, de zone de jeux mais aussi des zones de repos, plus calmes. Le projet a été alors remanié pour proposer de véritables bosquets plantés au milieu des deux cours : certains accessibles et d’autres non. Les matériaux ont été choisis pour répondre à cette problématique d’accès à la nature : bois, copeaux de bois, corde,… Le mobilier est principalement en bois et de fabrication locale (jeux, platelage, bancs, bacs de matériaux et tables de piquenique, poteaux-corde).

Le projet d’aménagement des cours du groupe scolaire Fellonneau a permit une véritable dés-imperméabilisation des espaces de récréation. Les espaces plantés sont généreux et variés tant sur leur nature (massifs, toiture végétalisée, engazonnement, prairie, …) que sur leur accessibilité. Les espaces sont également multiples, permettant une grande diversité d’activités: jeux, seul ou en petit et grand groupe, repos, classe à l’extérieur, sport, … Des jeux de matérialité et de hauteur dans le sol viennent enrichir les expériences de motricité proposées dans la cour, faisant de ces deux espaces extérieurs de vrais espaces pédagogiques.
La toiture terrasse vient apporter une vue sur des plantations aux étages et participe à cet effort de végétalisation des espaces extérieurs, gage de bien-être.

une recherche sensible de qualité architecturale et paysagère, alliant audace et intégration ;
La terrasse plantée a été pensée dès le début du projet, en lien avec l’agence d’architecture Giet. Les épaisseurs et la technicité du substrat ont été définies en amont pour que la structure de la terrasse les intègre, notamment au niveau du recouvrement des joints de dilatation et de la charge admissible. Un mélange allégé a ainsi été mise en œuvre afin de réduire le poids sur la toiture terrasse que la structure doit supporter. La palette a été adaptée pour un milieu asséchant en s’inspirant des plantes de montagnes, notamment alpines, tout en choisissant des essences au fleurissement important, permettant de donner à voir l’évolution des saisons.

Un dialogue exemplaire entre maître d’ouvrage et concepteur.

Le projet s’est consolidé grâce aux échanges entre notre équipe et la ville et bien évidemment, en concertation avec l’équipe enseignante et les parents d’élèves afin de concevoir un aménagement juste qui répond aux besoins de l’école et des enfants.
L’entretien de l’aménagement a été confié aux équipes de gestion de la ville. Les palettes des plantations ont été discutées avec les services afin de s’assurer des capacités de suivi et d’entretien de la place par la suite. Il a été privilégié des essences adaptées au climat local et qui nécessitent peu d’entretien, ce qui permet de réduire les besoins en eau, en amendement et en taille par exemple.
Enfin, le dialogue a été continue et bienveillant entre la MOA et la MOE, avec pour but commun le bien-être des enfants qui seront amenés à grandir, apprendre, découvrir dans cette école et ses espaces extérieurs. La volonté commune de proposer une cour oasis ou chaque enfant pourra y trouver sa place a permis ce dialogue et ces échanges enrichissants.


Informations complémentaires :
Concours

Bureau(x) d’études : BET VRD TECAM, BET fluide hqe opc ALTEREA, BET GO béton bois, AREST
Photographe : Moss Paysage

Jardin des lauriers

Place des lauriers, 44100 Nantes

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Programme

L’ancienne place des Lauriers s’est progressivement refermée sur elle-même malgré l’installation de la maison de quartier en 1994 (enclavement spatial, essoufflement des commerces dû à son éloignement des axes de circulation, conjoncture économique...) En l’an 2000, sous l’impulsion notamment de l’association Bellevue 2000 dont Michelle Palas fût la co-fondatrice et présidente, le tramway passe par la place, permettant ainsi une ouverture et des liens entre les différents secteurs de ville et du grand ensemble. Le projet urbain du Grand Bellevue acte la démolition de la barre du Doubs, ouvrant de manière significative en 2018 ce lieu sur le grand paysage de la Loire. Le PNRU prévoit alors le reconstruction d’un bâtiment en de logements qui s’ouvraient à terme vers la nouvelle maison de santé (livrée en 2022 et située le long du boulevard Jean Moulin). En 2018, une concertation a été menée sur les aménagements des espaces extérieurs attenants à la maison de quartier. Dans l’attente du projet immobilier, une prairie fleurie est semée et des aménagements temporaires voient le jour. A la demande forte des habitants et des associations, un changement programmatique s’opère avec la création actée d’un vaste espace de respiration et de verdure, comme pouvait l’être la place des Lauriers (en remplacement de l’opération immobilière projetée). Le jardin fait donc l’objet d’une consultation en 2023. Plusieurs enjeux majeurs ont été identifié : A l’échelle du projet du Grand Bellevue et du quartier, créer de véritables pôles d’attractivité. Réfléchir le jardin en résonance avec les autres squares et parcs du quartier en l’intégrant dans un maillage existant et en devenir - Maintenir les vues telles que définies au projet Grand Bellevue. Donner une identité au jardin et raconter une histoire. Favoriser une cohabitation des usages et usagers par une co-visibilité des usages. Répondre aux besoins définis notamment lors de la concertation qui a eut lieu en 2018 pour le « square MHCB » déjà réalisé: S’amuser – bouger, se retrouver, jardiner, se détendre, s’informer, se diriger, se connecter. Penser le jardin comme un espace public pour tous : non genré, inclusif, accessible…Un espace ludique, animé et convivial. Repenser l’espace de jeux pour les enfants. Aménager une aire d’entraînement d’art du déplacement (parkour) en lien avec l’association dédiée du quartier. Aménager un projet en faveur du développement durable : économe en eau, favoriser la biodiversité, achat durables, origine des plantes, désartificialisation, perméabilité des sols et une prise en compte de la trame noire. Affirmer la présence de l’eau et son intérêt ludique et de rafraîchissement. Donner au jardin une qualité paysagère : travailler les limites, les interfaces avec le bâti (Tour du Doubs et notamment le rez de chaussée –Plan B) et avec l’espace public (tram et parvis du collège) ; renforcer la strate arboré – créer un véritable îlot de fraîcheur à l’échelle du jardin en cohérence avec le Projet du Grand Bellevue ; limiter les surfaces minérales au strict nécessaire. Prise en compte de politique de l’arbre de plus en plus affirmée. Préserver l’existant et penser l’avenir (boisement d’avenir…).

Concepteurs

  • Moss Paysage

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Ville de Nantes - Direction Nature et Jardins

Thèmes

  • Aménagement

Année de réalisation

2025

Surface(s)

3600m2

Coûts

LOT 1 - VRD: 334 470€ HT LOT 2 - Espace vert et mobilier: 398 820€ HT LOT 3 - Structure: 151 475€ HT LOT 4 - Fontainerie et têtes en résine: 148 039€ HT Fourniture et transport des enrochements: 54 704€ HT

Documents

Une attention aux ressources et aux contextes, en réponse aux enjeux environnementaux contemporains ;

Le jardin des Lauriers – Michelle Palas est un nouveau jardin au sein du quartier de Bellevue. C’est un lieu central d’animation sociale au centre de plusieurs équipements structurants : la Maison des Habitants et du Citoyen, l’arrêt du tramway, le Rez-de-chaussée associatif de la tour du Doubs, la future Halle du plan B, le pôle commercial autour de la boulangerie, l’immeuble du DRAC avec ces activités sociales et associatives, le collège… Il s’inscrit dans une transformation cohérente des espaces publics du Projet de Renouvellement Urbain du Grand-Bellevue (quartier ANRU). Deuxième pôle structurant après le place Mendès-France, ce jardin vient compléter l’archipel des parcs et jardins alentours.

En opposition avec la dalle très imperméable existante, ce jardin offre une perméabilité et une autonomie de gestion de l’eau. Le jardin des Lauriers – Michelle Palas constitue un jardin-place au coeur du quartier, non loin du Bas de Chantenay. Quatre milles mètres carrés d’espace de respiration, « végétales » ouverts sur le grand paysage de La Loire

Une conception qui répond aux usages d’aujourd’hui tout en anticipant les évolutions de demain ;

S’appuyant sur l’armature existante de la traversée nord/sud créé en 2021 qui lie le collège Debussy à la Maison de Santé, le jardin propose un équipement complémentaire aux parcs et jardins adjacents (la Meta, le square des Rossignols). L’offre de loisirs et de pratiques sportives s’y diversifie : ce lieu rayonne au-delà du secteur avec l’installation de structures d’Art du Déplacement intégrée au paysage.

Au fil du temps, des cheminements pratiques ont été créés sur la « prairie fleurie » laissant percevoir des itinéraires naturels. Ces cheminements sont redessinés et viennent proposer une structuration des espaces : l’espace d’art du déplacement, un large espace ouvert et engazonné avec table de piquenique (les ateliers de concertation réalisés avec les associations locales ont fait ressortir la demande d’un espace ouvert permettant la pause et/ou les événements), un bassin de rétention en prairie avec un large platinage bois et des bancs pour des moments plus au calme et intimes, un boisement d’avenir pour créer un îlot de fraicheur au sein du nouveau jardin, et enfin, le nouveau parvis du collège.

Plusieurs milieux constituent le jardin des Lauriers. La partie haute : « la Lande urbaine», rochers et plantations basses d’où émergent des pins et arbres tiges, accueille l’Art du Déplacement. La pelouse devant la tour du Doubs crée un espace libre, ouvert aux pratiques sportives et événementielles.
Le milieu s’enrichit vers une prairie en bassin récupérant les eaux de pluie. Entre-deux, dans la trame verte déjà constituée par le groupe d’arbres de l’enceinte du collège, un nouveau boisement d’avenir va s’étoffer. Reliant directement la grande traverse, le parvis du collège est un espace plus apaisé, revêtu de matériaux qualitatifs.

une recherche sensible de qualité architecturale et paysagère, alliant audace et intégration ;

Situé à la jonction entre le plateau de Bellevue et la vallée de la Loire, sur la ligne de crête du massif armoricain qui structure la géographie locale, le site s’ouvre largement vers le sud depuis la disparition de la barre du Doubs en 2020. L’objectif est de faire émerger le sillon en exprimant la géologie des lieux sous forme d’enrochements granitiques pour constituer à la fois un paysage particulier avec la plantation d’essences de milieux acides, tout en proposant des équipements « naturels » pour l’Art du Déplacement.

Le jardin est un site avec une grande prise au vent. Pour préserver les espaces et permettre de profiter du jardin et ses aménagements sans être dans les courants des vents dominants, deux grands pare-vents ont été pensés, en structure métal et lattes de bois verticale. Ils sont support de plantes grimpants et de panneaux d’exposition. L’un des pare-vents intègre un bestiaire nantais éructant par leurs nasaux de la brumisation en été.

Un dialogue exemplaire entre maître d’ouvrage et concepteur.

Le projet s’est consolidé grâce aux échanges constructifs entre notre équipe et les différentes entités des maîtrises d’ouvrages : la Direction Nature et Jardin, LOMA (Loire Océan Métropole Aménagement) Maîtrise d’ouvrage du Grand Bellevue, Nantes Métropole Habitat et Nantes Métropole, la maison de quartier, l’équipe du collège Claude Debussy.

La maitrise d’ouvrage avait de grandes attentes sur les aménagements du jardin. En effet, les dialogues citoyens avaient été très clairs sur les revendications des habitants du quartier. A ces attentes se sont ajoutées les ambitions de développement durable portée par la maitrise d’ouvrage et notre équipe, toujours dans un souci de sobriété et d’économie de projet.


Informations complémentaires :
Participation du collège Claude Debussy, limitrophe au plantation du boisement d'avenir.

Bureau(x) d’études : ECR Environnement, Atelier Puzzle, Collectif Fils
Photographe : MOSS Paysage