Création d’une place et d’un square, quartier Collines du Cens

boulevard Schuman (appelé Route de Rennes) et rue Pierre Yvernogeau, 44300 Nantes

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Programme

Dans le cadre du renouvellement urbain et de la densification du bâti du quartier « Collines du Cens » , reconversion de voiries en espaces publics apaisés et création d’une centralité de quartier. Aménagement des trottoirs au pied des nouveau bâtiments mixtes habitat/social/commerces/équipements. Transformation d’un double giratoire en carrefour à feux et station verrou pour le Chronobus, intégration des cycles par une voie magistrale. Square clôturé avec aire de jeux, verger, jardin de fleuriste, fontaine à boire, meridiennes, terrain de pétanque. Parvis de l’école (niveau AVP).

Concepteurs

  • atelier Campo
  • mandataire
  • Paysagiste concepteur

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Nantes Métropole pôle Nantes Centralité
  • Unité Aménagements Espace Public Philippe BELLIOT chargé de Projets

Thèmes

  • Aménagement

Année de réalisation

2025

Surface(s)

TOTAL: 16 270 m²square: 1500 m²

Coûts

Plan guide: 3 millions € HTTranche 1: 1,9 million € HT

Documents

Bilan surface désimperméabilisée : augmentation de 50%
Bilan arbres : nombre d’arbres doublé (60 conservés, 60 ajoutés = 120 au total)
Nombre de places de stationnement voitures divisé par 2 (total = 38)
Nombre de places de stationnement vélos doublé (total = 44)
Bilan réemploi : 74% d’énergie économisée, 39 % de GES économisés (d’après Nantes Métropole, calculateur SEVE-TP)

Cette mission au long cours s’est déroulée sur 6 ans, avec un premier plan guide en 2019-2020 puis une maitrise d’œuvre pour la réalisation d’une première tranche de travaux livrée fin 2025, représentant la partie principale du plan guide. Pour opérer cette requalification, les intentions de projet sont riches :
• Rendre plus urbain le boulevard pénétrant de la « route » de Vannes, artère majeure qui supporte un trafic très intense (20 000 véhicules jours), en apaisant la vitesse, en réduisant la place de la voirie au bénéfice des traversées piétonnes et en aménagent un axe magistral pour les cycles.
• Dans le quartier, favoriser l’espace des déplacements actifs, dont les piétons en priorité.
• Desservir les commerces qui animeront la place, soigner l’image d’entrée d’un quartier redynamisé.
• Valoriser le patrimoine arboré, qui fait l’identité du quartier, et mettre en scène la liaison vers la vallée de la Chézine branche de l’Etoile Verte nantaise.
• Améliorer la desserte des écoles pour s’inscrire dans les nouveaux plans sanitaires et de sécurité.
• Aménager en lieu et place d’un parking un square de proximité avec des jeux d’enfants et des assises ombragées pour se retrouver.

L’origine du projet :
Le contexte social de ce renouvellement urbain était tendu, car les habitants percevaient la densification comme une perte de qualité pour leur quartier. En effet, les espaces verts résiduels de cette ancienne bretelle de voie rapide étaient occupés temporairement par un petit skateparc (peu fréquenté) et de grands arbres plantés dans les années 1980. La polarité commerciale d’origine (bar-tabac, boulangerie, pharmacie…), peu fonctionnelle et vieillissante, avait le mérite d’exister.
Les larges voies de l’ancienne bretelle étaient converties en parking public qui, de par sa proximité avec l’axe d’entrée de ville, était accaparé par des voitures ventouses et du stationnement relai. L’offre de places était bien supérieure au besoin (définit par une étude de stationnement). Ce parking était aussi le théatre de mésusages nocturnes. Malgré cela, les habitants percevaient ce parking comme une nécesité pour la vie des commerces et un plus pour leur quartier.
Le PLUM ayant débloqué la constructibilité des abords des axes structurants, une OAP ciblée sur le quartier a réduit les emprises routières à un gabarit de rue et dégagé deux grandes parcelles constructibles. Deux opérations immobilières mixtes successives ont transformé le quartier en vaste chantier pendant plusieurs années. Cette densification constituait une amélioration en terme de fonctionnalités : les rez-de-chaussée commerciaux sont devenus lisibles depuis le boulevard, la mairie annexe est rénovée et ses locaux modernisés et adaptés aux usages, le cabinet médical est accessible aux PMR, les commerçants et habitants on gagné leurs places de stationnement dédiées dans les parkings aux sous-sols des immeubles.
Malgré toutes ces améliorations à la clé, la population ressentait un ras-le-bol des travaux et campait sur des positions conservatistes, craignant par la perte de stationnements, la perte d’attractivité du quartier….
La concertation et le plan guide
Dans le nouvel esprit participatif nantais, qui envisage l’aménagement des espaces publics par la concertation en priorité, ce quartier Schuman en général et la rue Yvernogeau en particulier, ont fait l’objet d’un plan guide co-construit avec les habitants et usagers, invités plus largement que les seuls riverains du périmètre de projet. C’est dans ce contexte que l’agence SCOPIC (communication et concertation) emporte la mission de plan guide, accompagnée de l’atelier Campo (conception du plan guide) et CERAMIDE pour la partie technique et économique. Le trinômee vient prolonger une démarche participative au long court, dans la suite d’un Plan Paysage et Patrimoine réalisé sur le quartier quelques années auparavant par Nantes Métropole (réalisation : agence MAP).
Le diagnostic participatif a été un succès. Organisé sous forme d’une permanence avec un stand sur place et une première marche organisée en fin de semaine et fin de journée, il a permis de mobiliser à la fois actifs, retraités, parents, enfants. Les commerçants, l’école et le collège proche ont été concertés dans une démarche parallèle, plus ciblée, pour prendre en compte leurs besoins spécifiques.
Par la suite, un cycle de trois ateliers de co-conception organisés en petits groupes a fait ressortir les besoins de la vie de quartier : en premier lieu, des espaces libres pour se retrouver et faire vivre le lien social et la convivialité. Ensuite, la réduction de la vitesse, favorisée par le gabarit de voie rapide, l’amélioration de traversée du boulevard (20 000 véhicules/jours !), la connexion avec la vallée du Cens toute proche (Plan Paysage) et une offre de jeux et d’espace vert de proximité à l’échelle du quartier.
Nantes métropole a ajouté à cette programmation habitante les politiques publiques qui visent à : rendre la rue à tous, piétons et personnes âgées en priorité, mettre le parvis de l’école aux normes d’apaisement et de Vigipirate, l’intégration des cycles, la désimperméabilisation, l’agradation de la canopée pour diminuer l’effet d’ilot de chaleur (très marqué ici à cause des voiries surdimensionnées), la gestion des livreurs à vélo et scooters, l’inclusion de sanitaires publiques, la prévention situationnelle pour rendre le quartier plus inclusif, en particulier la nuit.
Campo a rajouté une ambition à cela en proposant d’exploiter le gisement d’enrobé routier pour envisager un projet de réemploi ambitieux.
En cours de mission, la crise sanitaire du Covid a chamboulé l’organisation des ces ateliers. Scopic a du mettre en place un nouveau format de mise en partage à distance. Campo a enregistré une vidéo de présentation du plan guide, diffusée aux participants, qui se sont réunis en une grande visio-conférence (pour la première fois pour nombre d’entre eux !) pour faire leurs retours sur les propositions.
La démarche a abouti à un plan guide largement illustré et un rapport de concertation, qui ont été présentés en réunion publique et exposé en mairie annexe.
La mission d’étude
Campo a par la suite emporté la mission de maitrise d’œuvre entant que mandataire avec Céramide et Iprocia (mission base + ACI + SYN). Campo a assuré la mission d’Assistance à la Consultation et l’Information du public. L’équipe a été retenue pour son ouverture à la concertation et sa précision sur le réemploi.
La phase étude a débuté avec la concertation d’un panel d’habitants, qui a pu donner son avis sur l’esquisse globale. Le travail de co-conception s’est approfondi sur la partie square, avec la production de scénarios détaillés et d’une esquisse de synthèse. Les participants ont pu réaliser leurs propres maquettes d’intention de projet par groupes, avec du matériel fabriqué par Campo. Les scénarios ont été partagés et le projet s’est affiné, jusqu’à faire consensus. Campo a ensuite réalisé une implantation du projet directement sur place avec des tracés à la craie sur le sol du parking libéré pour l’occasion, que les participants ont pu arpenter lors de la seconde visite de site.
Le projet
Dans le contexte de densification urbaine précédemment décrit, le projet se définit comme une extension de l’urbanité de centre-ville, qui atteint maintenant ce quartier jusqu’ici resté périphérique, avec des espaces libres spacieux mais sous-exploités. L’espace restant a vocation à devenir la « place du village », qui jusqu’alors faisait défaut. Le projet doit créer l’agora ou se retrouver au quotidien et où organiser les événements qui rythmeront la nouvelle vie de quartier. C’est aussi la ville du quart d’heure qui se réalise, avec un ensemble d’aménités à proximité des lieux d’habitat. La réduction des emprises routières et la conversion de la route en boulevard urbain, plus favorable à la marche, au vélo et au bus, est aussi un moyen pour relocaliser la vie de quartier et diminuer les nuisances du trafic (les habitants se disaient très impactés par l’engorgement de la route de Rennes.
Le boulevard
L’apaisement du boulevard est l’action première dont découle la redéfinition du quartier. L’emprise routière qu’occupait un double giratoire impossible à franchir par les modes actifs, a cédé la place à un carrefour à feu optimisé, qui libère l’espace nécessaire à la création d’une station verrou pour le Chronobus. La traversée en deux temps en traversant un large ilot central arboré, est facilitée, en plus des feux tricolores. Ce terre-plein central joue le rôle de verrou (empêche de doubler un bus à l’arrêt) et casse la vitesse des voitures. L’espace public est hautement qualifié avec la mise en œuvre par Eurovia de massives bordures en granit, d’asphalte et de mobilier identitaire de la centralité nantaise.
La place
Elle est composée de trois fragments que forment la grande place, le parvis de la mairie et l’entrée de la rue Yvernogeau, tous trois unifiés par un revêtement de sol continu. Les piétons sont protégés de la voirie par des potelets (pas de bordures), des massifs arbustifs et des rangées de stationnements en long (zone bleue). La place forme un grand tapis de pierre, cadré sur la façade classique de l’ancienne mairie. L’esplanade est globalement dégagée pour accueillir les animations, simplement ponctuée d’arbres d’ombrages existants ou plantés, dont le pied émerge de pavés enherbés. Des massifs périphériques, plus touffus, préservent du bruyant boulevard. Le calepinage très travaillé, mêmlant trois teintes de pierres différentes et dessinant un motif de lignes de largeurs variables, parfaitement posées par les compagnons paveurs, met en valeur le cadre urbain d’exception de la place.

Le square
Ce nouveau lieu de convivialité s’inscrit dans la continuité de l’allée aux cèdres (Nouvelles Hébrides), qui remonte depuis la vallée du Cens. Il se situe à la croisée des parcours vers l’école et le chemin du Petit-Port, vers le Cens, vers les commerces et la station de Chronobus. Le square accueil une promenade et une croisée élargies, agrémentée de bancs où s’asseoir pour se rencontrer. La grande aire de jeux, le carré du fleuriste / potager, le solarium, la fontaine à boire et le terrain de pétanque, offrent diverses possibilités d’usage et d’appropriation. Le square est ceint d’une clôture en fer forgé, mais n’est pas fermé de portes. Le tressage d’acier réalisé par les artisans de Qub évoque une palissade en osier poétique.

La désimperméabilisation et la végétalisation
Les pieds des arbres revêtus d’enrobé ont été largement élargis et ont retrouvé des sols vivants respirants. Le sous-sol de la place est composé d’une grande fosse continue de mélange terre-pierre, couvert d’une couche respirante de gravillon qui draine la condensation à la sous-face du revêtement, qui est la première cause du soulèvement racinaire. Les massifs sont plantés selon une dizaine de palettes végétales différentes, adaptées aux micro-situations. Chaque mélange est lui-même composé à partir d’une quinzaine d’essences de vivaces, graminées et bulbes, avec un objectif d’amplitude adaptative et de couverture optimale du sol.

Le réemploi
Le grand challenge du chantier du square, relevé par Arbora, est la réalisation des partie minérales à partir de matériaux de réemploi issus du site. Le chantier a également réemployé l’ensemble des bordures en granite déposées sur place. Pour le square, le projet prévoyait un sol calepiné à partir de pavés d’enrobé et des murets structurants construits avec des blocs d’enrobé. La première étape a consisté à découper le sol de l’ancien parking en blocs réguliers comme une tablette de chocolat, puis les stocker sur palette. La quantité nécessaire au projet n’a pas été atteinte avec le seul parking. Les autres parties e voirie ne pouvant être exploitées à cette phase, il a fallu aller découper des blocs sur une autre voirie Nantes Métropole. Mais l’épaisseur d’enrobé étant insuffisante pour le page de sol (16cm), ce nouveau gisement de 5 cm a été utilisé pour les murets. Campo et le Pôle ont donc complété le besoin avce un reste de stock de blocs bétons inutilisés sur le parvis de la Gare Nord. Une planche d’essai a permis de choisir le bon calepinage alternat lignes de blocs d’enrobé et lignes de blocs béton. Le résultat donne un sol très esthétique, animé par ses variations de couleur et de granularité.
L’inauguration de cet espace public a été reportée pour cause d’élection municipales, mais d’ors et déjà, le retour est unanime: l’aménagement est une réussite.


Informations complémentaires :
Appel d’offre ouvert
Financement 100% Nantes Métropole

Bureau(x) d’études : Céramide bureau d’études VRD, environnement, mobilité Iprocia bureau d’études circulation
Photographe : atelier Campo

Pêcherie pédagogique et observatoire en bord de Loire

Longue Mine, Etang de la Croix Rouge, 44115 Basse-Goulaine

108

Programme

Observatoire paysager, pêcherie pédagogique

Concepteurs

  • 0101 architectes (Architectes)
  • Atelier Le Vôtre (Paysagiste Concepteur
  • mandataire

Commune

  • Basse-Goulaine

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Nantes Métropole

Thèmes

  • Aménagement

Année de réalisation

2025

Surface(s)

50m² surface de plateforme et passerelle d'accès

Coûts

96.000 € montant de travaux

Documents

La Pêcherie pédagogique de l’Étang de la Croix Rouge, à Basse-Goulaine, est née d’un dialogue étroit entre Nantes Métropole, la commune de Basse Goulaine, les usagers de l’association des pêcheurs et l’équipe de maîtrise d’œuvre. Ce travail collectif a permis de transformer un équipement fragile et discret en un lieu de transmission ouvert au public, capable de rendre visible un patrimoine vernaculaire ligérien aujourd’hui menacé de disparition.

La pêche au carrelet appartient à l’imaginaire des rives de Loire, cette technique est même un patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. Les pêcheries, constructions légères, souvent construites par les pêcheurs eux-mêmes, ponctuent le paysage fluvial depuis des décennies. À l’Étang de la Croix Rouge, la pêcherie existante, installée depuis plus de trente ans, témoignait déjà de cette relation patiente entre l’homme, le fleuve et le territoire. Malgré la fragilité apparente de ses poteaux, elle tenait toujours debout, protégée par une zone relativement calme du courant. Mais son état ne permettait pas un accueil du public ni une transmission pédagogique de cette pratique.

Le projet propose ainsi une nouvelle pêcherie « école », pensée comme un outil d’apprentissage autant qu’un belvédère tourné vers le paysage ligérien. Implantée dans le prolongement de l’accès historique entre deux arbres conservés, elle s’inscrit avec précision dans le site existant afin de préserver les usages et la mémoire du lieu. Son avancée sur la Loire reste mesurée, la passerelle améliore l’accessibilité et permet un accueil de tous les publics.

L’ouvrage développe une écriture architecturale volontairement simple et lisible. Une passerelle descend doucement vers l’eau et conduit à une plateforme ouverte d’où l’on peut observer la manipulation du carrelet, regarder les variations du fleuve, le ciel ou les couchers de soleil. La transparence des caillebotis métalliques laisse apparaître l’eau sous les pas, renforçant la sensation d’être suspendu entre berge et fleuve. Les ailes latérales suspendues en porte-à-faux au-dessus de l’eau permettent l’accueil de groupes scolaires, d’associations ou de visiteurs venus découvrir un savoir-faire local souvent méconnu.

L’attention portée aux ressources et au contexte a guidé l’ensemble du projet. Les interventions sur le site restent minimales : aucun arbre supprimé, aucune imperméabilisation supplémentaire, pas de béton, des fondations en pieux battus et un chantier léger, principalement préparé en atelier afin de limiter les nuisances et les interventions dans cette zone humide sensible. Les périodes de travaux ont également été adaptées au rythme écologique du site.

Au-delà de sa fonction pédagogique, la pêcherie participe à une réflexion plus large sur les petits équipements publics liés aux paysages du quotidien. Le projet ne cherche ni l’objet spectaculaire ni la reconstitution patrimoniale. Il propose plutôt une architecture attentive, capable d’accompagner les usages présents tout en préparant leur transmission future. Entre infrastructure discrète, observatoire paysager et lieu de rencontre, la Pêcherie pédagogique de l’Étang de la Croix Rouge réactive un fragment du patrimoine ligérien en lui donnant une nouvelle place dans le territoire contemporain.


Bureau(x) d’études : ECTS structure, OCE environnement
Photographe : ©0101-Fabian-Scholz (3 à 10) ©RGiangrande (photos 1 et 2)

Renaturation de la cour d’école la Ferrière

2 avenue de la Jeunesse, 44700 Orvault

140

Programme

Transformation d’une cour d’école entièrement bitumée (3 000 m² d’enrobé) en espace paysager polyvalent : terrain d’aventure, classes dehors, potagers pédagogiques, gestion des eaux pluviales à ciel ouvert, L’opération doit favoriser le réemploi des matériaux du site. La conception doit être conduite en concertation avec les enseignants, les parents et les élèves, pendant l’année scolaire.

Concepteurs

  • Atelier Campo — paysagiste concepteur
  • mandataire

Commune

  • Orvault

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Lucas Migliasso
  • Sébastien Piermé ; Responsable : Fanny Cassat Direction Éducation Enfance Jeunesse (DEEJ) : Stéphanie Brest
  • Ville d'Orvault — Direction de l'Aménagement Durable et de la Transition Ecologique (DASTTE) :

Thèmes

  • Aménagement

Année de réalisation

2025

Surface(s)

4 900 m²

Coûts

205 000 € HT

Documents

CONTEXTE
Sur le plateau de la Cravate, à Orvault, le groupe scolaire de la Ferrière s’inscrit dans un quartier dense — crèche, maternelle, collège, gymnase, terrains de sport — avec des vues vers les vallées du Cens et de la Chézine. Héritage de la reconstruction, la cour est presque intégralement minéralisée avec 3 000 m² d’enrobé occupés par un terrain de football et 800 m² de pelouse sur la périphérie : Un îlot de chaleur au cœur du quartier. Sa requalification est l’occasion d’introduire de nouveaux sols vivants, l’eau de pluie, des milieux diversifiés.
1 — UN DIALOGUE DE PROJET AU SERVICE D’UNE AMBITION COMMUNE
La Ville d’Orvault, à travers sa Direction Éducation Enfance Jeunesse, a porté cette transformation avec une exigence claire : faire de la cour un outil pédagogique adossé à l’espace récréatif. Les orientations ont été construites avec les enseignants et les représentants des parents d’élèves, de la phase esquisse à la phase Chantier.
La concertation s’est appuyée sur des dispositifs concrets. Une maquette installée dans l’école a permis aux enfants de suivre l’avancement des études. Dans le cadre de leurs projets pédagogiques, les classes ont décrit le bestiaire de la cour — dessins et textes selon les niveaux — une matière que les sculpteurs du collectif MONsTR ont intégrée à la conception des mobiliers. Un chantier de plantation a associé les élèves à la réalisation. Le chantier de travaux s’est déroulé pendant l’année scolaire, adapté au rythme des classes.
Un an après la livraison, la DEEJ a engagé la cour dans sa démarche d’éducation au développement durable : premières animations d’observation des insectes, étiquetage botanique des massifs en projet, charte d’usage co-rédigée avec les élèves. Une enquête post-chantier pilotée par la DEEJ alimentera un retour d’expériences pour les futurs projets de renaturation de la commune.
2 — UNE ÉCONOMIE DE PROJET ANCRÉE DANS LES RESSOURCES DU SITE
La surface imperméable est passée de 3 000 m² à 1 450 m² : 1 550 m² d’enrobé ont été débitumés, soit −52 % de surface imperméable. Les milieux vivants sont passés de 800 m² à 1 980 m² (× 2,5). Les eaux de pluie des toitures et des surfaces imperméables de la cour (1 900 m²) sont orientées gravitairement vers une noue d’infiltration de 42 m³ — restituant au sol plus de 1 500 m³ par an, sans recours au réseau pour les épisodes courants.
Le système est entièrement à ciel ouvert, dimensionné par le bureau d’études Sit&A dès la phase AVP. Depuis les descentes de toiture, l’eau est guidée vers une rigole traversant la cour, disposée à hauteur d’enfant : les élèves y font des barrages, y font flotter des bateaux de fortune, manipulent l’eau avant qu’elle ne rejoigne la noue (surverse vers le réseau en cas de saturation). Le tracé suit la pente naturelle du terrain, modelée par les terrassements du projet.
Les matériaux de démolition ont été réemployés sur place, avec l’intention de rendre le geste visible et d’anoblir le matériau : les dalles d’enrobé ont été retravaillées en murets de soutènement des massifs, en calepinage de sol, et pour former le lit de la rivière sèche. Les terres ont été revitalisées in situ. Les troncs de chênes arrachés par la tempête Ciarán en 2023 ont été inventoriés et relevés dans les vallées du Cens et de la Chézine par l’atelier campo avant toute conception. Le collectif MONsTR, artisans sculpteurs, les a transformés en mobiliers et jeux sur mesure — à partir du relevé des gisements et du bestiaire imaginé par les enfants.
3 — UNE COUR PENSÉE POUR ÉVOLUER AVEC SES USAGERS
La cour propose des ambiances différenciées : enrobé conservé pour les jeux de ballon, pelouse renforcée, parcours d’équilibre en bois, cabanes, espace de classe dehors sous les arbres, rigole et noue accessibles, massifs plantés par thématiques géographiques (chaque massif est une cohabitation entre végétation locale et la végétation d’un continent), carrés potagers. Les sols varient — copeaux, sable, gravier, végétal — et diversifient les usages à chaque âge.
La composition des massifs a été construite avec les services de la Ville : espèces adaptées aux aléas climatiques, peu exigeantes en entretien. Un an après la livraison, un passage par vacances scolaires suffit. Le carnet de gestion co-rédigé par l’atelier campo et les services municipaux permet aux jardiniers de la Ville de prendre le relais en autonomie.
La cour est référencée dans l’Observatoire des Cours Oasis. L’enquête pilotée par la DEEJ nourrira un guide pour les futurs projets de la commune.
4 — UNE TRANSFORMATION QUI DONNE À VOIR
Les provenances des matières présentes dans la cour sont lisibles : les chênes sculptés viennent des vallées proches, le paillage minéral est l’enrobé d’origine concassé, les murets façonnés en dalles d’enrobé de la cour, la rigole propose l’eau du ciel comme jeu. Le chantier de transformation de la cour a été organisé comme un temps d’apprentissage pour les enfants. Les phases bruyantes — démolition, décaissement — se sont déroulées pendant les vacances scolaires ; les phases à forte valeur technique, en période de classe. Les enfants ont visité le chantier, posé des questions aux compagnons, suivi la transformation de leur cour, et participé activement à la plantation des massifs.


Label(s) obtenu(s) : Référencé Observatoire des Cours Oasis (observatoire-oasis.fr). Démarche EDD portée par la DEEJ d’Orvault.

Informations complémentaires :
Surface imperméable : 3 000 m² → 1 450 m² (−52 % d’enrobé).
Surface en milieux vivants : 800 m² → 1 980 m² (× 250%).
Noue d’infiltration : 42 m³. 39 % de la cour recueille gravitairement les EP.
Réemploi : bitume concassé, terres revitalisées in situ, troncs de chênes (tempête Ciarán) sculptés par le collectif MONsTR. Référencé dans l’Observatoire des Cours Oasis (observatoire-oasis.fr). Démarche EDD active post-livraison (observations d’insectes, étiquetage botanique, charte d’usage co-rédigée avec les élèves).

Bureau(x) d’études : Sit&A — conseil VRD et hydraulique ; Fabien Leduc — concepteur design jeux
Photographe : atelier CAMPO

Aménagement du Jardin du Mail Tharon

17 Rue du Chevecier, 44730 Tharon-Plage — commune de Saint-Michel-Chef-Chef

121

Programme

Désaménagement de terrains de tennis en cœur de bourg, conception participative, aménagement d’un jardin public fondé sur le réemploi des matériaux du site et la désimperméabilisation des sols.

Concepteurs

  • Atelier Campo — paysagiste concepteur
  • mandataire

Commune

  • Tharon-Plage — commune de Saint-Michel-Chef-Chef

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Commune de Saint-Michel-Chef-Chef

Thèmes

  • Aménagement

Année de réalisation

2023

Surface(s)

5000 m2 de surfaces aménagées

Coûts

350 000 € HT

Documents

CONTEXTE
La commune de Saint-Michel-Chef-Chef s’étire entre deux entités distinctes : le bourg historique de Saint-Michel, tourné vers ses terres agricoles, et Tharon-Plage, station balnéaire fondée en 1904, face à la côte de Jade. Entre eux, la vallée du Calais, petit fleuve côtier, trace un corridor écologique précieux — une coupure verte qui structure l’identité paysagère de la commune bien au-delà de son rôle hydraulique.
À la charnière de cette coulée verte et du boulevard Ernest Chevrier, artère commerciale de la station, le Mail Tharon occupe une position stratégique : seuil de la trame verte, parvis du marché estival, marqueur de l’entrée de ville depuis la Route Bleue vers le front de mer. « Dès le parvis du Mail, se sentir à Tharon en promenade. » Cette phrase, issue de la concertation de 2021, résume l’attente des habitants : retrouver dans cet espace la qualité de l’arrivée dans une ville balnéaire, la douceur d’un seuil habité.
Ce qui était jadis un square polyvalent — jeux, pétanque, tennis, ombrages — avait progressivement perdu sa vocation. Les courts de tennis, peu fréquentés, avaient laissé place à un terrain vague de 5 000 m² : imperméabilisé à plus de 90 %, clôturé de hauts grillages, entouré d’une haie persistante chronophage. Seuls trois bosquets de pins, enracinés dans un sol sablonneux, affirmaient encore le cachet balnéaire de Tharon et la continuité de la pinède urbaine si caractéristique de la station.
La transformation de ce site est le premier maillon opérationnel du plan guide municipal, co-construit dans le cadre de la démarche Petite Ville de Demain. L’objectif est double : redonner au Mail sa fonction d’espace public de rencontre, et démontrer qu’un aménagement sobre, fondé sur les ressources du site, peut être reproductible à l’échelle de la commune.
1 — UN DIALOGUE INITIAL FONDATEUR DU PROJET
La municipalité de Saint-Michel-Chef-Chef a inscrit la démocratie participative au cœur de sa feuille de route. Dès juin 2021, une visite exploratoire réunissant une vingtaine d’habitants, d’élus et d’usagers a posé les bases du programme. La parole des participants a été unanime : retrouver au Mail la « fonction d’altérité » que cet espace public avait toujours portée entre les deux bourgs.
Six objectifs d’aménagement ont émergé de cette concertation : retrouver la figure du mail sous une forme contemporaine ; préserver les témoins de la clairière sportive (colonnades, club-house) ; accueillir tous les publics sans exception — générations, personnes à mobilité réduite, cyclistes, visiteurs saisonniers, résidents permanents ; créer un refuge ombragé pendant les heures chaudes ; travailler dans le respect des riverains, avec une empreinte carbone modeste ; et dégager, par l’économie du projet, un budget pour la rénovation des trottoirs attenants.
Ce programme n’a pas été soumis à la maîtrise d’œuvre comme une liste de prescriptions. Il a été le point de départ d’un dialogue continu avec les élus, les services techniques et les entreprises. Les arbitrages ont été partagés : choix du paillage minéral sur échantillons validés in situ, conservation du sol d’un court de tennis pour la plaine de jeux, échantillonnage en temps réel des substrats végétaux. Ce mode opératoire — où la décision de chantier est une décision de conception — n’est possible que lorsque la maîtrise d’ouvrage fait confiance au processus autant qu’au résultat.
La commune porte également une vision à long terme cohérente avec les enjeux contemporains : réduction de 50 % de la consommation de foncier (loi ZAN), maîtrise de l’éclairage public, rééquilibrage démographique d’une population vieillissante (17,5 % d’habitants de plus de 65 ans). Le Mail est le premier acte visible de cette ambition.
2 — UNE ÉCONOMIE FONDÉE SUR LES RESSOURCES DU SITE
La commune hérite de son développement des Trente Glorieuses d’un stock considérable de surfaces imperméables et carbonées : voiries surdimensionnées, parkings, équipements sportifs en enrobé et béton. Plutôt que d’exporter ces matières et d’en importer de nouvelles, le projet prend le contra-pied : déconstruire sans exporter, valoriser sans prélever ailleurs.
Quatre principes ont guidé le processus. Premier : déconstruire et valoriser les produits de déconstruction in situ, sans transport ni mise en décharge. Deuxième : désimperméabiliser et revitaliser les sols à partir des matières existantes — graves de carrière, terre végétale en place, broyat de haie, compost. Troisième : rendre visible la transformation des matériaux réemployés, en construire un paysage qui tient et qui dure. Quatrième : démontrer que ce processus est reproductible.
En pratique : les dalles de béton et d’enrobé des courts de tennis sont devenues murets de soutènement, assises, lit de rivière sèche. Un paillage minéral — mélange de béton drainant et d’enrobé criblé — a été défini sur place, par échantillonnage avec les services techniques et l’entreprise, jusqu’à trouver la granulométrie et la tonalité qui conviennent aux herbacées. Le sol d’un ancien court a été conservé pour accueillir la plaine de jeux centrale : ses lignes résiduelles jouent avec la disposition des équipements.
Du côté végétal, les substrats ont été fabriqués à partir des ressources du site, préservant ainsi les terres agricoles environnantes. Les massifs associent espèces locales du milieu rétro-littoral et variétés plus exotiques, en strates élaborées qui limitent l’évapotranspiration. Résultat : 77 % du site est désimperméabilisé. Quatre camions seulement ont quitté le chantier — pour les fondations des poteaux métalliques du grillage d’enceinte.
L’économie dégagée sur les coûts de préparation, de terrassement et de fournitures a été réinvestie dans les équipements de loisirs — directement issus des souhaits de la concertation.
3 — UN JARDIN QUI MULTIPLIE LES USAGES
L’axe historique du mail est libéré et cadré par les bosquets arborés rénovés. La figure du mail — effacée par des décennies d’équipements sportifs — est retrouvée sous une forme contemporaine, traversante et ouverte. Le jardin est organisé autour d’une succession d’ambiances : le terrain d’aventure, la plaine de jeux centrale, les milieux plantés, les assises.
La balançoire-nid permet aux enfants de « prendre de la hauteur et de voir plus loin que les adultes, en direction de la vallée du Calais ». La tyrolienne, plébiscitée lors de la concertation, est l’activité phare pour les grands enfants. L’allée en béton lisse — seul ouvrage neuf du jardin — sinue entre les équipements et assure l’accessibilité PMR de l’ensemble du site. Elle relie progressivement les différents lieux, prolongeant l’expérience de la déambulation dans un jardin de dimension modeste.
La pergola et ses écureuils métalliques ont été réalisés par l’artiste Sarah Renaud, forgeronne, en résidence de juin 2023, logée par la commune dans le gîte municipal. L’intervention de l’artiste et de son équipe a animé le chantier, invitant les habitants à suivre la transformation en cours — moment d’art public en acte qui a renforcé l’appropriation du jardin.
Le jardin fonctionne à l’année comme en été : refuge ombragé pour les plagistes, square de quartier pour les résidents permanents, étape pour les cyclistes de la Route Bleue, espace de rencontre lors du marché estival. Cette polyvalence n’est pas un pis-aller : elle est le cœur du programme. Et parce que le processus de réemploi est désormais documenté, la démarche peut être répliquée pour l’ensemble des espaces publics de Tharon.
4 — FAIRE AVEC LE DÉJÀ-LÀ POUR REVELER LE SITE
La « re-molition » — terme des urbanistes Simone et Lucien Kroll pour désigner la transformation douce du tissu existant — est ici pleinement revendiquée comme posture de projet. Les matières du jardin sont lisibles dans leur provenance : les murets sont faits des dalles du site ; le paillage minéral est l’enrobé d’origine concassé ; les assises et soutènements témoignent de la vie antérieure du lieu. Rendre visible la transformation des matériaux réemployés, c’est aussi mettre en valeur l’agilité des compagnons qui les ont travaillés.
La conception a été itérative et dynamique : allers-retours permanents entre inventaire des matériaux disponibles, prototypes à l’échelle du site, et arbitrages partagés avec la maîtrise d’ouvrage et les entreprises. Cette approche a permis d’intégrer la part d’incertitude inhérente au réemploi — variation des gisements, adaptation des substrats — sans jamais perdre ni le cap ni le délai. Concertation, conception et réalisation du jardin ont duré moins de deux ans.
La topographie est marquée par ces murets formant soutènement et assises. À partir d’un matériau peu noble — de l’enrobé cassé —, le projet construit une micro-topographie expressive, qui donne de l’épaisseur à un site autrefois plan et imperméable. Les pins restants, les colonnades du club-house, les lignes résiduelles des courts : chaque « déjà-là » est convoqué, réinterrogé, mis en dialogue avec les nouveaux usages.
Si le jardin encore jeune peut paraître trop minéral, la désimperméabilisation de 77 % du site est une réussite durable pour la santé des sols et pour le rôle de pas japonais du Mail dans la trame verte et bleue de la commune. Ce faible niveau d’investissement n’a pas permis de produire des indicateurs rigoureux sur les bénéfices environnementaux — mais il a démontré qu’une démarche exigeante, sobre et transmissible est possible, même avec des moyens très contraints.


Label(s) obtenu(s) : Démarche Petite Ville de Demain (PVD) — Commune de Saint-Michel-Chef-Chef

Informations complémentaires :
Désimperméabilisation de 77 % du site (3 850 m² restitués au sol vivant). Réemploi intégral in situ : dalles de béton et enrobés issus des courts de tennis transformés en murets de soutènement, assises et paillage minéral. Seuls 4 camions ont quitté le site (fondations des poteaux). Pergola et sculptures métalliques réalisées par l’artiste Sarah Renaud (résidence juin 2023). Tyrolienne, balançoire-nid, allée PMR. Premier maillon opérationnel du plan guide Petite Ville de Demain (PVD) de la commune. Opération livrée en moins de 2 ans (concertation, conception, réalisation).

Bureau(x) d’études : /
Photographe : atelier CAMPO

Collège Joséphine Baker

24 rue du Stade, 44320 Chaumes-en-Retz

134

Programme

Construction neuve comprenant un collège pour 600 élèves, un restaurant scolaire et 4 logements de fonction.

Concepteurs

  • AIA LIFE DESIGNERS
  • mandataire

Commune

  • Chaumes-en-Retz

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Département de Loire-Atlantique (44)

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2024

Surface(s)

3 100 m² surface utile 4 996 m² surface de plancher

Coûts

12,7 millions d'euros HT Date de valeur : 2022

Documents

Le collège répond à une double dynamique : le besoin d’accompagnement de la prise en charge scolaire du Département au regard de la croissance démographique et le développement de la commune de Chaumes-en-Retz qui souhaite réunifier ses deux bourgs (Arthon-en-Retz et Chéméré). La situation du terrain en transition entre le bourg pavillonnaire, les étendus maraichères et le complexe sportif (salle des Genêts) lui offre l’opportunité de tirer profit de cet environnement : être visible et constituer le trait d’union entre les deux polarités urbaines en positionnant le collège comme un acteur majeur du développement urbain.

Le projet proposé exprime cette idée de maillage à la frontière entre l’urbanité (le bourg) et le paysage de bocage typique du pays de Retz. Le collège tend à consolider les liens entre l’Homme et nature, entre le bâtiment et le site, à partir d’une démarche essentiellement sensible, toute en lumière, centrée sur la création d’espaces généreux, espaces de rencontres et dans un maillage urbain cohérent.
Cette approche qui allie efficacité et générosité, qui s’appuie sur l’usage et la vocation paysagère, est un élément essentiel de réponse à une qualité d’environnement de travail qui soit en phase avec les pratiques, les besoins et les contraintes actuelles.

Le projet met en scène une expression architecturale du changement d’échelle urbaine : deux corps de bâtiments en simple rez-de-chaussée viennent dialoguer avec le bâti environnant (pavillons aux toits en tuile). Le dessin des pignons et des pentes de toits permet d’inscrire les volumétries des bâtiments dans le tissu urbain alentour, reprenant forme et couleur des habitations locales. Ce dispositif est surmonté d’un volume en R+2 de nature plus institutionnelle offrant une nouvelle direction urbaine au quartier. C’est en somme une représentation du passage de l’enfance à l’adolescence.

Le travail partagé entre maitre d’œuvre et maitrise d’ouvrage se traduit également par de nouvelles typologies d’espaces adaptés aux besoins des jeunes et à la nécessité d’évolution des pratiques et des pédagogies :
– une cour de récréation nouvelle génération, intégrant des espaces variés, paysagés, inclusifs, laissant place à l’appropriation et à l’accueil de tous ainsi qu’à la possibilité de faire classe en extérieur (travail mené avec le conseil départemental qui a sollicité des designers et sociologues),
– un CDI (ou centre de connaissance et de culture) et une restauration baignés de lumière, prolongés par des extérieurs accessibles pour des activités complémentaires,
– des sanitaires qui répondent aux besoins croisés de surveillance, de bien-être, de sécurité et de propreté,
– une trame de classe évolutive pour permettre les adaptations pédagogiques.

Le projet du collège apporte une réponse aux problématiques environnementales en privilégiant le recours à des matériaux biosourcés, locaux, à l’impact carbone faible, peu transformés et/ou recyclables en fin de vie comme le bois utilisé en éléments structurels (FOB et planchers mixtes bois-béton) et de finition intérieure (protections murales, agencement).
L’ambition d’une production énergétique low-tech et performante a mené au choix d’installation d’une chaufferie bois et de récupérateurs d’énergie sur les groupes froids. La mise en place d’une enveloppe performante (isolant biosourcé dans les FOB) et d’un système de simple flux inversé répond également à ces problématiques de performance et de simplicité des systèmes défendus par le Département.
Les conforts thermique et acoustique ont ainsi été des enjeux forts de la conception du bâtiment, pour assurer aux usagers un confort optimal, tout en garantissant une simplicité vis-à-vis de la maintenance et l’entretien pour le maitre d’ouvrage.
Aussi, les sujets de santé et bien-être ont fait l’objet de réflexions entraînant des choix de matériaux sains et bons pour la qualité de l’air intérieur : isolant biosourcé, matériaux de finitions sains, ventilation naturelle adaptée, et choix d’espèces végétales non toxiques et non allergènes.
Niveau E+C- : E3C1 / Démarche biosourcée de niveau 2 (matériaux biosourcés, locaux et bas carbone) / Démarche NF HQE bâtiment tertiaire /
Etanchéité à l’air < 0,8 m3/h.m2


Label(s) obtenu(s) : Niveau E+C- : E3C1 / Démarche biosourcée de niveau 2 (matériaux biosourcés, locaux et bas carbone) / Démarche NF HQE bâtiment tertiaire /
Etanchéité à l’air < 0,8 m3/h.m2

Informations complémentaires :
Concours loi MOP

Bureau(x) d’études : AIA Ingénierie, AIA Management, AIA Environnement, AIA Territoires, Groupe GAMBA, NAMIXIS-SSICOOR, BEGC.
Photographe : © AIA Life Designers architecture – photo : Guillaume Satre