Pension de famille Maison Les Bords de Sèvre

8 rue du Camareux, 44120 Vertou

95

Programme

Pension de famille de 24 logements T1 et espaces de vie collective. La Maison Les Bords de Sèvres propose un accompagnement individuel, qui doit permettre à chaque personne de retrouver une stabilité et une plus grande autonomie dans les domaines de la santé, de l’accès aux droits et de la vie sociale. L’équipe de la pension de famille favorise également des moments de partage et de convivialité entre les personnes accompagnées, les salariés et les bénévoles de l’établissement. Bâtiment certifiée BEE avec label bio-sourcé niveau 3. Façades ossature bois, isolation paille et bardage en bois brûlé. Production de chaleur par géothermie verticale avec participation financières de l'ADEME.

Concepteurs

  • LE BARON - GAUTIER ARCHITECTES

Commune

  • Vertou

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Fondation Petits Frères des Pauvres

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2024

Surface(s)

Surface utile : 734 m² Surface dans œuvre : 946 m² Surface de plancher : 960 m²

Coûts

Coût de construction total : 2 445 606 € HT dont : - Bâtiment : 2 229 359 € HT - VRD : 136 999 € HT - paysage : 18 548 € HT - forages géothermie : 60 700 € HT

Documents

La pension de famille Les Bords de Sèvre trouve sa place dans un environnement d’exception : le Prieuré Saint Pierre, en bord de Sèvre nantaise, à Vertou. Ce lieu est marqué par l’existence d’un patrimoine végétal de grande qualité, qui doit être préservé. La présence de ce parc paysagé, ainsi que d’un mur en moellons qui ceinture l’ensemble du site, apporte beaucoup de qualité au lieu, et constitue une sorte d’écrin pour le projet.
Pour s’intégrer dans ce site exceptionnel, nous avons conçu un bâtiment monolithique dont la forme s’adapte parfaitement aux caractéristiques de la parcelle. Les façades se positionnent en effet parallèlement aux limites du terrain, avec un retrait de cinq mètre par rapport au mur d’enceinte. Le projet s’intègre dans son environnement comme un bloc sculpté, taillé au scalpel pour s’ajuster au mieux à son écrin. On retrouve cette idée de monolithe sculpté jusque dans la toiture du bâtiment, formée d’une couverture à deux pentes ayant un faîtage en diagonale, qui crée des jeux de façades aux égouts inclinés. L’adaptation « sur mesure » du bâtiment au site lui donne un caractère très compact. La forme donnée au projet permet en effet l’optimisation des surfaces de façade et de couverture par rapport à la surface de plancher développée, ce qui est favorable à la performance énergétique et environnementale du bâtiment, ainsi qu’à une rationalisation des coûts de construction.

Le site du prieuré Saint Pierre est marqué par la présence de matières naturelles brutes : mur de pierre, façade en bois de la maison de vacances, présence végétale forte au niveau du parc. Il nous a semblé pertinent, pour la matérialité de la pension de famille, de rester dans une gamme de matières naturelles, afin de respecter l’esprit du lieu et de ne pas dégrader ses qualités esthétiques. Pour cela, nous avons réalisé des façades en bois brûlé. Cette teinte noir charbon, qui conserve cependant une certaine brillance à la lumière, donne un caractère raffiné au bâtiment.

Le travail d’échange, de réflexion et de concertation réalisé avec la fondation Petits Frères des Pauvres nous a amené à proposer un lieu qui recrée en son sein la distinction entre espace public et espace privé, avec une réflexion sur la complémentarité entre les notions d’intimité et de partage.
Le logement est le « chez soi », le lieu du soi. C’est un refuge, un lieu de repli, un espace dont on a la maîtrise. C’est l’espace de l’intime.
Les espaces communs sont les lieux du partage. Ce sont des espaces dans lesquels on accepte de ne pas être seul à décider. Et dans lesquels on est confronté à l’autre. Où, dans un sens, on se met en danger. Mais cette « prise de risque » que constitue la rencontre avec l’autre n’est possible de manière sereine et apaisée que si l’on sait que l’on dispose d’un repli, d’un refuge, d’un chez soi préservé de toute intrusion.
Entre les deux, il y a l’espace public. Les espace de transition entre le chez soi et les espaces partagés. Communément, la rue. Cet espace transitoire porte en lui un intérêt tout particulier. En effet en tant qu’espace d’entre-deux non défini complètement, il autorise les rencontres impromptues, les croisements inattendus. Il est parfois le témoin de petits accros du quotidien qui sont à l’origine de rencontres, d’échanges, et finalement de partage. L’espace public de la rue constitue donc le lieu dans lequel s’amorce la rencontre avec l’autre. C’est la première étape vers le partage.

La Maison des Bords de Sèvres intègre cette réflexion sur la dualité entre les lieux de l’intime et les lieux du partage, mise en tension par cet espace transitoire et catalyseur qu’est la rue, l’espace public.
Son organisation s’articule autour d’une rue intérieure sur les deux niveaux, qui distribue l’ensemble des logements et des espaces partagés. Cette rue intérieure n’est pas un simple couloir de distribution. Sa forme architecturale casse les codes visuels et spatiaux des dégagements classiques, grâce à un fonctionnement autour d’un noyau central qui permet de dilater l’espace et de ménager des micro-centralités, et à l’existence de puits de lumière qui mettent en relation les deux niveaux.
Cette rue intérieure est éclairée naturellement. Elle permet les vues vers le paysage et vers les espaces partagés. Elle offre des recoins où il est possible de s’arrêter pour discuter. Elle est suffisamment large, et évite l’écueil du couloir avec les portes des logements de part et d’autre en vis-à-vis. Elle fonctionne comme un espace public, et permet la valorisation du parcours à son logement. Chaque parcours est différent, et chacun peut identifier facilement son logement au sein de cette rue intérieure.
Les espaces partagés trouvent leur place au milieu de cette rue intérieure, et sont ouverts au sud sur le parc. Ils disposent d’une grande terrasse, et sont largement vitrés afin d’être très lumineux.
Ils sont à proximité directe avec les espaces des salariés et des bénévoles, à l’entrée de la pension.

En concertation avec la maîtrise d’ouvrage, nous avons mis en place une stratégie environnementale ambitieuse, qui touche plusieurs aspects du bâtiment :
– La production de chaleur avec la mise en œuvre d’une PAC sur sondes de géothermie verticales (7 sondes réparties sur le site), qui permet de décarboner le chauffage, et d’atteindre un niveau passif (sans certification).
– Le recours aux matériaux bio-sourcés avec la mise en œuvre de façades à ossature bois, avec une isolation en paille. Cette mise en œuvre permet d’atteindre le label bio-sourcé niveau 3 de la certification BEE.
– Une construction hors site des façades, y compris leur bardage, qui a permis l’optimisation de la durée du chantier, la réduction des déchets et des nuisances.
– Un système porteur qui permet le décloisonnement des logements si nécessaire dans le futur, dans le sens de l’évolutivité de la construction.


Label(s) obtenu(s) : Certification Bâtiment Énergie Environnement (BEE) avec label bio-sourcé niveau 3.
Niveau passif sans certification.

Informations complémentaires :
Concours de maîtrise d’œuvre privé, lauréat en 2020.

Bureau(x) d’études : ECB, SISBA, A-TECH GRAND OUEST, BET LUC MOREAU, BLC MAITRISE D'OEUVRE
Photographe : François Dantart

Centre de soins de psychiatrie

1 boulevard de la gare, 44390 Nort-sur-Erdre

101

Programme

Centre de soins de psychiatrie comprenant un centre médico-psychologique pour adultes, un centre médico-psychologique de gérontopsychiatrie, et hôpital de jouer et un centre d'accueil thérapeutiques à temps partiel.

Concepteurs

  • LE BARON - GAUTIER ARCHITECTES

Commune

  • Nort-sur-Erdre

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • ESPYLAN

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2023

Surface(s)

Surface utile : 723 m² Surfance dans oeuvre : 1032 m² Surface de plancher : 1041 m²

Coûts

Coût de construction total : 2 438 077 € HT Dont : - Bâtiment : 2 251 255 € HT - VRD / paysage : 161 332 € HT - forages géothermie : 55 490 € HT

Documents

Exigence portée conjointement entre la maîtrise d’ouvrage et la maîtrise d’œuvre, où le dialogue de projet élève le niveau d’ambition :
La conception du centre de soins est le fruit d’un important travail de concertation et d’échanges entre la maîtrise d’ouvrage et la maîtrise d’œuvre, en particulier sur les enjeux suivants :
– L’acoustique, qui est un enjeu important, avec une exigence de confidentialité au niveau des espaces de consultation.
– Le fonctionnement, qui doit permettre aux patients de se repérer facilement afin de favoriser un sentiment de sécurité.
– La performance et la décarbonation de la production de chaleur, pour assurer un coût de fonctionnement stable et optimisé. Cela est rendu possible grâce à de la géothermie.
– L’entretien et la maintenance. Compte-tenu de l’importance du parc immobilier d’EPSYLAN, et des problématiques de dégradation qui peuvent être rencontrées, un travail sur la pérennité des façades, la facilité de leur entretien ou de leur réparation été mené, qui nous a conduit à mettre en œuvre un bardage métallique pérenne sur l’ensemble du bâtiment.

Approche attentive aux ressources :
La production de chaleur est réalisée au moyen d’une PAC sur sondes de géothermie verticale. Réalisation de 5 sondes de 130 mètres de profondeur sur site, sous le parking. Cette production de chaleur, associée à une isolation par l’extérieur du bâtiment, permet d’atteindre un niveau RT 2012 -20% sur le Cep et le Bbio.

Conception répondant aux usages actuels, tout en anticipant les évolutions à venir :
Un des enjeux principaux de la conception de ce centre de soins est la capacité du bâtiment à orienter facilement le public, afin de favoriser un sentiment de sécurité. Pour cela nous avons travaillé sur la notion de repère, en mis en place une organisation claire et rationnelle qui permet d’orienter naturellement les personnes depuis l’entrée de l’établissement vers les espaces dédiés.
Le hall est le premier contact de l’établissement. Largement vitré sur la rue et baigné de lumière, il assure la transition entre l’espace public et les espaces confidentiels du centre de soin. Mais il a surtout une fonction de distribution des différents pôles. Par son organisation spatiale en double hauteur, il oriente les visiteurs vers l’étage et le secrétariat du CMP au moyen d’un grand escalier ouvert, positionné face à la porte d’entrée.
Les différents espaces de soins sont organisés et distribués autour d’îlots située en partie centrale du bâtiment, en qui renferment des espaces techniques et les sanitaires. Une double circulation s’organise autour de ces îlots, avec en partie centrale un puits de lumières qui éclaire naturellement le bâtiment en son cœur.
La structure du bâtiment a été conçue à partir des façades porteuses, et de refends béton parallèles aux façades, qui correspondent aux circulations. Ce système permet le cloisonnement libre de l’ensemble des espaces de consultation et de soin, ce qui permet d’anticiper les évolutions à venir du bâtiment.
Le travail de la lumière naturelle a été le fil conducteur de notre conception, vis-à-vis de l’organisation intérieure du bâtiment. Tous les espaces sont largement vitrés sur l’extérieur, de manière à respecter les exigences du calcul du Facteur Lumière Jour, ce qui assure le bon éclairage naturel des locaux. Mais pour favoriser la notion de repère, et l’idée d’un bâtiment sécurisant et rassurant, nous nous sommes attachés à éclairer naturellement tous les espaces de dégagement et de circulation. A commencer par le hall qui est largement vitré, mais aussi les circulations des deux étages qui sont éclairées en leur centre par le puits de lumière et à leurs extrémités par des fenêtres. Ce confort visuel et lumineux, perceptible dans les images que nous proposons, participe au travail sur la notion de repère, à favorise le caractère sécurisant et appropriable de l’établissement.

Recherche sensible de qualité architecturale et paysagère :
L’identité visuelle du bâtiment est suffisamment forte pour faire signal dans le paysage communal, afin de fonctionner comme un point de repère. Le bâtiment est immédiatement identifiable, et signifie de manière évidente son caractère public. Il renvoie l’image d’un lieu accueillant, ouvert à tous. Pour cela, nous avons pris le parti de proposer un bâtiment compact, à la volumétrie simple mais travaillée. En effet, le bâtiment est plutôt ramassé et optimisé avec un étage seulement, ce qui permet de limiter l’impact visuel de l’implantation de la construction dans son environnement. Ses façades présentent de légers plis qui suivent les limites parcellaires du terrain et s’adaptent à la présence des arbres au niveau de la gare. Un bardage en cassettes de teinte aluminium anodisé confère au bâtiment un aspect contemporain, qualitatif et pérenne. Enfin, la toiture en trois parties présente un dessin qui donne à l’ensemble une certaine dynamique, tout en affirmant la volumétrie travaillée du bâtiment.
L’entrée de l’établissement est immédiatement identifiable par la présence du grand hall, vitré sur deux niveaux, qui crée une césure dans la construction. Là encore, la notion de repère est favorisée.
Sur la façade sud, une loggia colorée marque la présence du bâtiment vis-à-vis du parking et de l’amorce du boulevard de la gare, comme si le bâtiment regardait vers le centre de Nort-sur-Erdre. Ce creux dans le bâtiment fonctionne comme un signal urbain qui permet de repérer rapidement le bâtiment dans le paysage. Ainsi, le bâtiment renvoie l’image d’un monolithe sculpté et creusé, qui vient trouver naturellement sa place sur la parcelle, en se jouant des contraintes physiques du terrain que sont la proximité avec les voies ferrées et le boulevard de la gare. Cette architecture, qui ne cherche pas à être démonstrative, propose néanmoins des caractéristiques affirmées qui permettront aux patients d’identifier et de reconnaître rapidement le centre de soin, et de s’approprier ce bâtiment, sans que ce dernier ne présente une connotation


Label(s) obtenu(s) : RT 2012 -20%

Informations complémentaires :
Marché public.
Concours de maîtrise d’œuvre, lauréat en 2019.
Participation financière de l'ADEME pour la mise en oeuvre de la géothermie.

Bureau(x) d’études : OTEIS, ATPS
Photographe : François Dantart, Alexis De Dumast (vue drone)