86 logements In’Wood

Rue du Chêne Jaunais, Ilot BS4b, ZAC Champ de Manoeuvre, 44300 Nantes

172

Programme

Construction de 86 logements : 52 logements en accession libre et maîtrisée, 34 logements locatifs sociaux familiaux, local de convivialité, jardin partagé, parc de stationnement semi-enterré de 87 places ; 4 plots en quinconce implantés sur un socle de parking commun.

Concepteurs

  • BAP (paysagiste)
  • DLW (architecte mandataire)

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Tolefi Promotions et Harmonie Habitat

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2024

Surface(s)

SP 5 773 m²

Coûts

8 938 849 €HT dont 232 173 €HT Terrassements – VRD et 185 835 €HT Aménagements extérieurs

Documents

Commande — Dialogue et ambition partagés

Le projet s’est construit dans un contexte de maîtrise d’ouvrage double — promoteur (Tolefi Promotions) et bailleur social (Harmonie Habitat) —, en dialogue constant avec l’aménageur de la ZAC et l’équipe de maîtrise d’œuvre urbaine pilotée par l’Atelier 234. Cette gouvernance complexe a exigé une démarche de projet rigoureuse.

Intégration esthétique — S’inscrire entre les arbres

Longtemps à l’abandon, l’ancien terrain militaire du Champ de Manœuvre s’était mué en une enclave boisée dense, peuplée de chênes de grande taille. Le projet prend acte de ce contexte remarquable et en fait le fondement de son écriture architecturale : habiter entre les arbres, contempler la lisière des bois.
Quatre plots en quinconce se glissent entre les arbres existants, avec des volumétries différenciées et des hauteurs contrastées qui évitent tout effet de masse. Le bâti se plisse pour que la nature s’exprime. Les découpages généreux dans les volumes confèrent à l’ensemble un aspect géométrique, presque abstrait, que vient animer une alternance de parements bois aux teintes claires et foncées. Un motif unitaire traverse et relie les quatre bâtiments : la fenêtre carrée, déclinée en différentes surfaces, carré dans le carré, dessinant une verticalité affirmée tout en ménageant une variété d’ouvertures propre à chaque plot. Les loggias en creux — en double hauteur, en longueur ou en angle — affirment l’effet stèle des bâtiments, tout en offrant des espaces intimes ouverts sur la nature. Depuis les appartements, la forêt s’entrevoit comme un tableau.
Le traitement des abords accompagne cette intention : jeux de gradins et d’escaliers en façade, cheminements vers un jardin central en dalle, sentiers s’enfonçant directement dans les bois.

Environnement et ressources — Une approche attentive au site et au vivant

La préservation du patrimoine arboré — de nombreux chênes de grande taille — constitue une composante essentielle de l’aménagement, impliquant des contraintes hydrogéologiques intégrées dès la conception. La biodiversité existante n’est pas seulement protégée : elle est mise en valeur et rendue habitable. Les façades bois et les isolants biosourcés inscrivent le projet dans une démarche de construction cohérente avec l’ambiance forestière du site et attentive à la santé des occupants. La production de chauffage et d’eau chaude sanitaire est assurée par des pompes à chaleur collectives. Le projet a obtenu le label E3C1, témoignant d’une performance énergétique et environnementale exigeante, vérifiée dans le cadre de la démarche E+C-. La pérennité des savoir-faire et la sobriété des choix constructifs participent à une logique de durabilité à long terme.

Usages et fonctionnalités — La qualité du quotidien, du sol à la canopée

Le programme présente une mixité de statuts qui répond aux enjeux de diversité résidentielle du territoire. Une attention particulière a été portée au parcours vers « chez soi » : escaliers extérieurs, cheminements, sentiers conduisant directement à la forêt. Ces seuils soigneusement dessinés qualifient l’expérience quotidienne des habitants. Les espaces collectifs — bacs à plantation, tables pour pique-niquer, coffres à outils — entretiennent un rapport de proximité à la nature et favorisent le lien entre usagers. Tous les logements sont traversants, en angle, ouverts sur l’extérieur par des loggias généreuses. Le confort d’usage est pensé dans sa durée : les espaces collectifs et les accès sont conçus pour évoluer avec les usages, et la qualité des aménagements extérieurs — jardin sur dalle, gradins, sentiers — offre une réelle évolutivité des modes d’habiter en lien avec la nature.


Label(s) obtenu(s) : Performance NRJ-env : E3C1, PAC collectives pour la production de chauffage et eau chaude sanitaire

Informations complémentaires :
Procédure négociée

Bureau(x) d’études : AREST (structure), POUGET CONSULTANTS (fluides, thermique, développement durable), WIGWAM (étude environnementale démarche E+C-), IC.TEC (économiste), ITAC (acoustique), EXE (OPC)
Photographe : Simon Guesdon

Groupe scolaire Les Plantes

19 Rue des Plantes, 44100 Nantes

155

Programme

Restructuration et extension : création d’une nouvelle école maternelle (5 classes), rénovation et extension de l’école élémentaire (12 classes), création d’un restaurant scolaire et d’une salle polyvalente, salle de motricité, UEE, ALSH, restaurants scolaires.

Concepteurs

  • BAP (paysagiste)
  • DLW (architecte mandataire)
  • FARO (architecte associé)

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Ville de Nantes

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2023

Surface(s)

SP 3 646 m² dont 1 694 m² neuf

Coûts

6 090 302 €HT dont 507 248 €HT VRD et 197 253 € HT Aménagements extérieurs

Documents

Commande MOA/MOE

Le projet s’inscrit dans le schéma directeur des écoles de la Ville de Nantes, cadre de gouvernance ambitieux prévoyant la restructuration d’une vingtaine d’établissements à l’échelle communale. Le dialogue entre maîtrise d’ouvrage et maîtrise d’œuvre a orienté la démarche dès l’amont : maintenir le groupe scolaire en activité durant les travaux, composer avec un bâti existant des années 1960 à préserver partiellement, et répondre à un programme dense dans une parcelle enclavée de cœur d’îlot. Cette contrainte partagée a nourri une réflexion commune sur l’économie des moyens, le phasage du chantier « habité » et la qualité d’usage finale, traduisant une ambition portée conjointement tout au long du projet.

Intégration esthétique

Implanté dans le quartier résidentiel Breil-Barberie, le groupe scolaire était peu lisible depuis l’espace public. Le projet saisit l’opportunité de la restructuration pour offrir à l’école une nouvelle présence sur le quartier, sans rupture brutale avec son contexte. La démarche repose sur une sobriété architecturale assumée. Les extensions dialoguent avec les volumes existants en béton — leur trame structurelle saillante, leur minéralité — par un matériau unitaire et pérenne : le zinc naturel. Les joints verticaux des nouvelles façades font écho aux trames de l’existant, tandis que de larges ensembles vitrés prolongent les bandeaux horizontaux hérités. Un volume facetté en R+2, greffé en proue sur la rue Marie-Thérèse Eyquem, signale l’entrée et crée une nouvelle façade urbaine, marquant le caractère institutionnel de l’équipement sans ostentation.
Les préaux et galeries filantes, en charpente bois couverte de bac acier et bardage ajouré, stratifient les façades sud et créent une transition douce entre intérieur et extérieur. Le mouvement des toitures — plis montants et descendants — anime les volumes sans effet superflu, tout en assurant une gestion simple des eaux pluviales.
L’aménagement des abords s’appuie sur le déjà-là : les cours existantes sont recomposées à l’économie, le patrimoine arboré est respecté et complété. Dans les cours, de larges buttes plantées, buttes de jeux, marquages ludiques animent les espaces et offrent des filtres solaires naturels depuis le rez-de-chaussée. En référence au nom de l’école, les essences végétales plantées enrichissent la diversité existante.

Environnement et ressources

La démarche environnementale est structurante, intégrée dès la conception. Le projet répond aux exigences de la RE 2020, niveau E3C1. Les constructions neuves sont réalisées en structure mixte bois-béton — ossatures bois (MOB), refends bois, planchers intermédiaires bois — privilégiant des filières mieux sourcées et réduisant l’empreinte carbone du chantier. Le zinc en façade et en toiture est choisi pour sa pérennité et sa faible maintenance. La gestion de l’eau est intégrée au parvis d’entrée par des volumes de rétention des eaux pluviales. La qualité sanitaire de l’air est assurée par une ventilation naturelle et double-flux. L’éclairement naturel des classes est optimisé, notamment grâce au jardin des classes. La restauration scolaire bénéficie de panneaux photovoltaïques en toiture, et l’ensemble est raccordé au réseau de chaleur urbain. La biodiversité est prise en compte par le renforcement de la palette végétale.

Usages et fonctionnalités

L’organisation génère des zones de vie distinctes et identifiables. Cette mixité fonctionnelle au sein d’un même ensemble répond aux usages actuels tout en ménageant des espaces évolutifs. La mobilité est repensée : les flux piétons et motorisés sont dissociés, le cheminement des écoliers est sécurisé, et un parvis généreux organise les flux aux heures de pointe. Un accès livraison spécifique est créé. Les nouvelles classes élémentaires bénéficient d’un confort et s’ouvrent sur le jardin des classes, espace pédagogique innovant. Le restaurant scolaire et la salle polyvalente, en lien avec la rue, offrent un cadre de qualité pour la pause méridienne. Les espaces dédiés aux enseignants et aux personnels sont intégralement rénovés. Les matériaux durables et les protections solaires fixes anticipent la pérennité et la facilité d’entretien.


Informations complémentaires :
Concours

Bureau(x) d’études : ECGG (économiste), INDDIGO (thermique, fluides et HQE), SYMBIANCE (acoustique), EXE (OPC)
Photographe : François Dantart / DLW – Faro

Institut public Ocens pour jeunes déficients visuels

2 Rue René Dunan, 44200 Nantes

178

Programme

Construction neuve d’un Institut public médico-social d’éducation sensorielle.
Bâtiment tertiaire et d’enseignement avec locaux pédagogiques, d’activité, de formation, détente et restauration, salles de réunions et de conférence 200 places, bureaux. Le public accueilli est constitué d’enfants et de jeunes adultes principalement. Les locaux tertiaires sont destinés au personnel de l’institut.

Concepteurs

  • BAP (paysagiste)
  • DLW (Architecte mandataire / Mobiliers fixes)

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Institut public Ocens

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2023

Surface(s)

Bâtiment SU 1 647 m² et SP 2 208 m², stationnement extérieur 400 m²

Coûts

6 015 534 €HT (projet n° 1 5 696 474 €HT valeur 2023 + projet n°2 réaménagement du siège et des espaces extérieurs 319 060 €HT valeur 2025) dont 226 803 €HT Terrassements – VRD – Assainissement tranchées souples et 245 435 €HT Aménagements extérieurs

Documents

1 Commande · MOE : Dialogue, ambition et gouvernance partagés

Ce projet naît d’une fusion institutionnelle entre deux établissements nantais accompagnant des enfants et adolescents déficients visuels et auditifs : l’Institut Public La Persagotière (IPP) et l’Institut des Hauts Thébaudières (IHT), réunis sous le nom d’Institut Public OCENS. Cette genèse singulière appelle une démarche de maîtrise d’œuvre à la hauteur de l’ambition du maître d’ouvrage : non pas simplement construire un bâtiment de plus, mais réunir deux cultures institutionnelles dans un cadre architectural porteur de sens.
Le dialogue entre maîtrise d’ouvrage et maîtrise d’œuvre s’est construit autour d’une exigence partagée : celle d’une architecture qui ne soit pas neutre, mais véritablement adaptée à ses usagers, et en particulier à des enfants dont la perception sensorielle du monde diffère profondément de la norme. Cette ambition commune a gouverné chaque décision de conception — du système constructif au choix des matériaux, de l’organisation spatiale à la qualité des ambiances intérieures. La composition de l’équipe témoigne d’une démarche pluridisciplinaire où la synergie entre compétences élève le niveau d’exigence collective.

2 INTÉGRATION ESTHÉTIQUE — Contexte, dialogue et audace maîtrisée

Implanté en bord de Sèvre Nantaise, entre un espace boisé classé aux chênes centenaires et un bâtiment existant à l’architecture expressive (IPP, Forma 6, 2016), le projet assume pleinement la complexité de son contexte. Loin de s’imposer, il choisit l’analogie plutôt que la rupture, le dialogue plutôt que la compétition.
La volumétrie fragmentée — jeux de glissements, d’emboîtements, d’avancées et de retraits — répond à la composition du bâtiment existant en créant un entre-deux actif, un espace extérieur séquencé et habité. La césure verticale qui divise le projet en deux masses distinctes n’est pas qu’un geste formel : elle dégage des vues depuis le cœur du bâtiment vers la Sèvre, elle allège la lecture de l’équipement dans son environnement, elle cadre la placette publique naissante avec une précision urbaine.
Le traitement des façades en bardage bois pré-grisé — alternance de surfaces lisses et de clins texturés, stratification horizontale des niveaux — instaure un dialogue sensoriel avec le bois attenant. La teinte gris-brun foncé entre en résonance avec la nature préservée des bords de Sèvre, évoquant les écorces des arbres, tout en s’harmonisant avec le bâtiment existant. La beauté ici n’est pas décorative : elle est matérielle, tactile, climatique. Un peu comme un balcon sur la forêt.
Au dernier niveau, la salle de conférence en avancée avec son balcon belvédère incarne l’audace du projet : geste architectural signifiant, il offre une expérience paysagère forte tout en marquant l’ancrage du programme dans son territoire.

3 ENVIRONNEMENT & RESSOURCES — Un bâtiment engagé, sobre et durable

L’engagement environnemental du projet ne se limite pas à une performance chiffrée, aussi remarquable soit-elle (RE 2020 niveau E2C3, Cep : 41 kWhep/m²/an, label PEFC). Il s’incarne dans des choix constructifs cohérents et cohérents avec le contexte.
Le système constructif bois-béton — noyaux béton, poteaux-poutres et planchers mixtes en pin Douglas — optimise le recours à chaque matériau selon ses qualités propres. Il réduit significativement l’empreinte carbone du chantier, accélère la mise en œuvre et limite les nuisances dans un environnement urbain habité. Les isolants biosourcés (laine de bois, biofib chanvre-coton-lin) prolongent cette logique de matériaux sains et décarbonés.
Le projet préserve l’intégrité de l’espace boisé classé — limite de constructibilité respectée, recul soigneux ménageant le système racinaire des grands sujets —, et valorise ce patrimoine végétal comme cadre de vie et de vues principal de l’extension. La gestion de la biodiversité est intégrée dès la conception : coefficient de biotope respecté, plantation compensatoire des arbres abattus hors EBC, parking extérieur végétalisé avec sept arbres. Le bioclimatisme guide l’orientation du bâtiment, le dimensionnement des percements en bandeaux horizontaux et les casquettes pare-soleil au sud, garants du confort sans recours excessif aux systèmes actifs. La pérennité est inscrite dans le choix d’une filière sèche en structure bois, réversible et évolutive.

4 USAGES & FONCTIONNALITÉS — Une architecture au service de ses usagers

Ce bâtiment accueille un public particulier — des enfants et jeunes adultes déficients visuels — et cette singularité est le moteur profond de toutes les décisions architecturales. L’accessibilité n’est pas ici un simple respect normatif : elle est le cœur du projet.
Les cheminements guidés dès l’entrée (bande de guidage en fonte aspect oxydé, béton sablé repérable au toucher), la richesse tactile des façades intérieures prolongeant les textures extérieures le long des couloirs, la structure très contrastée des plafonds en solives et ilots acoustiques participent à une structuration de l’espace perceptible par les déficients visuels — tout cela constitue une réponse fonctionnelle, ergonomique et sensible. L’architecture devient matière, elle devient accessible.
La mixité programmatique est ambitieuse : locaux pédagogiques, espaces de formation, salle de conférence de 200 places, bureaux, détente et restauration constituent un équipement complet, à la fois ouvert sur la ville et protecteur pour ses usagers. La connexion souterraine avec l’IPP — parking, circulations — crée un campus fluide, une continuité de mobilité entre les deux tranches. L’évolutivité est intégrée dès la conception : la structure poteau-poutre libère les plateaux et autorise des réorganisations futures sans contrainte structurelle majeure.
La qualité des ambiances — lumière naturelle généreuse au sud sur le bois, terrasse plantée au premier niveau offrant un espace de détente véritable pour usagers et personnels — répond à une vision globale du confort et du bien-être dans laquelle l’architecture réconfortante n’est pas un luxe, mais une condition de l’apprentissage et du soin.

Publié dans AMC Les 100 bâtiments de l’année, 2023 — DLW Architectes, Nantes


Label(s) obtenu(s) : RE 2020 E2C3, label PEFC

Informations complémentaires :
Concours

Bureau(x) d’études : ECSB (structure bois et béton), POUGET CONSULTANTS (thermique, fluides, HQE, SSI), ECGG (économiste), ITAC (acousticien), GCA (VRD), EXE (OPC)
Photographe : Simon Guesdon / DLW