Construction du lycée d’enseignement général, technologique et professionnel « Alice Milliat » de 1000 élèves extensible à 1200 élèves

10 rue du Grand Savoir, 44160 Pontchâteau

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Programme

Construction neuve d’un bâtiment d’enseignement secondaire comprenant : - un hall bioclimatique, des salles de cours, des salles polyvalentes, foyer des élèves un CDI, des bureaux administratifs - un pôle technologique comprenant des ateliers de sciences de l'industrie et système d'informations numériques - un pôle professionnel et industriel comprenant une halle aéronautique - une restauration collective - 1550 couverts par jour - un internat (80 lits) et 8 logements de fonction 1000 élèves extensibles à 1210 élèves. 725 élèves général et technologique avec extension possible à 935 élèves 2850 élèves professionnel : pôle tertiaire et pôle matériel

Concepteurs

  • ARS - architectes urbanistes associés

Commune

  • Pontchâteau

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Région des Pays de la Loire

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2024

Surface(s)

17 480 m² SDP, extérieurs : 17 505 m²

Coûts

34 M€ HT valeur Mars 2025 Aménagements extérieurs : 512 735 € HT VRD Terrassement : 1 174 607 € HT

Documents

1. Commande / MOE
La réalisation du lycée polyvalent de Pontchâteau s’est inscrite dans une démarche de co-conception exigeante, dictée par une forte ambition éco-responsable de la Maîtrise d’Ouvrage qui visait le niveau « Excellent » du référentiel HQE BD 2016®. Pour y répondre, la Maîtrise d’Œuvre a instauré une gouvernance axée sur l’analyse en coût global, conciliant une gestion rigoureuse des investissements avec une sobriété d’exploitation future. La synergie de l’équipe de conception s’est traduite par le choix d’un bâtiment unique et compact afin de regrouper l’ensemble des filières (générale, technologique et professionnelle). Cette stratégie de compacité a permis d’optimiser le foncier, de préserver les qualités naturelles du site et de garantir un dialogue constant entre les impératifs programmatiques de la Région et la réalité technique du projet.
2. Intégration esthétique
Le projet s’est intégré avec délicatesse au cœur d’un site bocager remarquable en frange de tissu pavillonnaire. Le parti architectural a composé harmonieusement avec la topographie et a tiré parti d’un ruisseau existant pour structurer le plan de masse : le corps de bâtiment principal s’est installé au sud, tandis que les logements de fonction ont occupé la berge nord. Les limites séparatives et les abords ont été traités de manière douce grâce à un parvis paysager équipé de passerelles métalliques à platelage bois qui ont franchi le cours d’eau, mettant ainsi en valeur ce corridor écologique. L’audace du projet a résidé dans le traitement de ses façades. Le rez-de-chaussée a présenté un ancrage minéral fort en béton architectonique matricé de motifs végétaux verticaux, tandis que les étages se sont habillés d’une vêture en écailles d’inox poli. Ce parement réfléchissant a créé un dialogue poétique avec le paysage en pixelisant les variations du ciel et de la végétation au fil des saisons. En signal d’entrée, le volume du CDI s’est élancé vers le parvis, magnifié par des lames de verre coloré qui ont rythmé et coloré la lumière.
3. Environnement / Ressources
L’engagement environnemental du projet s’est traduit d’abord par le choix de matériaux pérennes et biosourcés. Structure bois : poteau poutre en douglas et épicé, panneau de pin massif en CLT collé, charpente en épicéa lamellé-collé, isolation intérieure des murs en fibre de bois. Réemploi des arbres existants dans les parements intérieurs de la restauration. Sur le plan énergétique, le lycée a affiché une haute performance avec une réduction de 25 % par rapport au Bbio max réglementaire. Le mix énergétique a reposé sur une chaudière biomasse qui a couvert 100 % des besoins de chauffage et d’eau chaude sanitaire (notamment pour l’internat et la restauration), complétée par un appoint gaz, tandis que les logements de fonction ont bénéficié de pompes à chaleur aérothermiques individuelles. La biodiversité a été préservée par la valorisation du ruisseau, qui a été remis à ciel ouvert.
4. Usages / Fonctionnalités
Conçu pour offrir une qualité de vie optimale à ses usagers, le bâtiment a organisé la mixité de ses programmes au sein d’une organisation spatiale claire et inclusive. La compacité de la construction en R+2 a limité les distances de parcours intérieurs, qui ont été structurés autour d’un grand hall en atrium et d’un vaste préau bioclimatique vitré, véritable cœur de vie abrité des vents dominants. Pour renforcer la convivialité du lycée, des espaces informels de coworking sont proposés le long des circulations.
L’ensemble de la cour est végétalisé et bénéficie dans son prolongement de l’espace paysager du corridor écologique. La préservation des espèces tant végétales qu’animales a été un enjeu du projet. Les mobilités ont été soigneusement différenciées : les accès piétons et vélos ont été sécurisés depuis la gare routière et le parvis, tandis que la logistique et le stationnement du personnel ont été relégués sur une voie périphérique en enrobé drainant. L’ensemble du site a garanti une accessibilité PMR totale. Le confort des usagers a été assuré par une orientation Nord-Sud majoritaire des salles de cours, favorisant l’éclairage naturel tout en évitant les surchauffes. Enfin, le projet a anticipé l’évolutivité des usages : la structure a permis des extensions futures déjà planifiées au plan de masse, les ateliers professionnels ont offert des plateaux libres modulables sans poteaux intermédiaires, et les réseaux techniques ont été sectorisés pour permettre une utilisation autonome de l’amphithéâtre, de l’internat ou de la restauration en dehors des périodes scolaires.


Label(s) obtenu(s) : Label bâtiment biosourcé répond au niveau E2C1. BBC Effinergie 2017, certificat HQE BD niveau excellent

Bâtiment basse consommation : le bâtiment atteint le niveau BBC Effinergie 2017, qui correspond à de très basses consommations pour les postes chauffage / ventilation / eau chaude sanitaire / éclairage (RT2012-25% et niveau E2 du label E+C-). Pour arriver à ces résultats, nous avons opté pour :
o Une enveloppe thermique fortement isolée, calquée sur les principes du bioclimatisme, et d’une grande compacité (Bbio-50%)
o Un système de chauffage 100% biomasse (granulés de bois) à haut rendement (chaudière à condensation)
o De la ventilation par insufflation ou via double flux avec échangeur de chaleur
o Des espaces lumineux et à éclairage LED généralisé
o Une pompe à chaleur au CO2 pour la production de l’eau chaude sanitaire de l’internat
o Une récupération d’énergie des groupes froids de la cuisine
o Bâtiment bas carbone : niveau C1 du label E+C- : intégration d’éléments bois dans la construction (planchers, façades, charpente), minimisation de l’impact carbone des produits de construction dans le choix des produits (linoleum, peinture et isolants biosourcés,…)

Informations complémentaires :
Concours , Type de marché : Loi MOP.

Bureau(x) d’études : EGIS Bâtiments Centre-Ouest, BEGC, ACOUSTIBEL, OBIO PAYSAGE
Photographe : Sergio GRAZIA

Rénovation énergétique, et restructuration extension du Collège public René Guy Cadou de 34 divisions (1200 élèves)

185 boulevard René-Guy Cadou, 44150 Ancenis

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Programme

Réhabilitation – Restructuration et extension de locaux, et rénovation énergétique globale – 34 divisions d'enseignement général, 1 SEGPA, 1 demi-pension et 4 logements de fonction. Aménagement intérieur et extérieur cours et préau. Travaux réalisés en site occupé urbain avec cohabitation des élèves, trois phases de chantier, installation de salles de classe préfabriquées type modulaires bois pour permettre le phasage. Gestion des modulaires pendant la durée du chantier. Restructuration et réorganisation des flux. Rénovation énergétique du bâtiment, traitement des façades par structure ossature bois rapportée, isolation par l'extérieur et habillage bardage métallique. Préfabrication de l’ensemble. Rénovation complète du collège.

Concepteurs

  • ARS - architectes urbanistes associés

Commune

  • Ancenis

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • département de la loire atlantique

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2023

Surface(s)

7 900 m² SDP Surface utile : 8 625 m² dont 8 084 m² Su réhabilitée et 541 m² SU créée

Coûts

10,5 M€ HT valeur juin 2024

Documents

1. Commande / Maîtrise d’Œuvre (MOE)
Le projet de réhabilitation globale du collège René Guy Cadou à Ancenis a été porté par un groupement de maîtrise d’œuvre à la fois qualifié et ancré localement. Emmenée par l’agence ARS – architectes urbanistes associés (architecte mandataire), l’équipe a associé de manière complémentaire EGIS Bâtiment Centre-Ouest pour l’ingénierie tous corps d’état, BEGC pour l’ingénierie des grandes cuisines et ACOUSTIBEL pour l’expertise acoustique.
La gouvernance mise en place a reposé sur une démarche partenariale et itérative forte avec le Département de Loire-Atlantique. Dès la phase concours, le projet s’est structuré autour d’une synergie collaborative poussée grâce à l’adoption du protocole BIM. La maquette numérique partagée a permis un dialogue simultané et une réactivité optimale entre architectes et ingénieurs, ce qui a sécurisé l’enveloppe budgétaire et la pertinence technique avant même le début du chantier. La démarche de l’équipe a accordé une importance primordiale à la phase de diagnostic initial, transformant la commande en un véritable projet de co-construction où les orientations méthodologiques, le phasage et la gestion des interfaces de co-traitance avaient été rigoureusement anticipés.
2. Intégration esthétique
Face à un établissement qui souffrait d’une image hétérogène et fragmentée par des extensions successives, le parti architectural a proposé une requalification volumétrique forte qui a redonné une identité claire et valorisante au collège au sein de son quartier. Le projet a dialogué harmonieusement avec le contexte environnant en utilisant la teinte blanche comme un cadre unificateur majeur. Ce squelette pérenne en panneaux composites a capté la lumière et a redéfini l’esthétique globale du site, y compris pour les logements de fonction qui ont adopté un traitement résidentiel assorti.
L’audace du projet a résidé dans le traitement graphique de ses façades. À l’intérieur des cadres blancs, les ouvertures ont été rythmées par un jeu de fines lames métalliques verticales aux couleurs franches (rouge, bleu, orange, vert et jaune) posées sur des fonds sombres à l’aplomb des vitrages, ce qui a créé un effet cinétique et scintillant. Le projet réinterprète la thématique d’origine avec des bandeaux colorés autour des ouvertures sur des façades blanches et redonne une image identifiable au collège Cadou. Le traitement architectural a été appliqué de manière équivalente sur toutes les orientations, refusant ainsi l’existence de façades secondaires dégradées. Le soin apporté aux détails s’est manifesté particulièrement dans le réaménagement des abords et la requalification des limites : l’entrée principale est devenue un signal urbain fort, matérialisé par un auvent protecteur et une rampe d’accès douce parfaitement intégrée au paysage qui a guidé intuitivement les usagers.
3. Environnement / Ressources
L’ambition environnementale du projet a été dictée par la sobriété énergétique, visant une réduction des consommations de 40 % par rapport à la réglementation thermique de l’existant. Pour y parvenir, l’équipe a fait le choix technique majeur d’une enveloppe hautement performante en s’appuyant sur la préfabrication industrielle en atelier de caissons isolants à ossature bois (épicéa). Le projet s’appuie sur une technique hors site de façades ossature bois rapportées, apportant l’isolation thermique des façades avec intégration des menuiseries, s’appuie en parement de la structure béton existante. Cette technique biosourcée a limité l’impact carbone, a valorisé des savoir-faire de construction raisonnée et a réduit drastiquement la durée d’intervention sur le site ainsi que les nuisances de chantier.
La pérennité et le cycle de vie des matériaux ont guidé chaque arbitrage : l’utilisation de panneaux composites durables et autonettoyants en partie basse a garanti une haute résistance aux chocs, tandis que les lames métalliques thermolaquées ont supprimé tout besoin de découpe ou de traitement ultérieur sur le site. Sur le plan des installations techniques, la performance a été assurée par le remplacement des anciennes installations par des chaudières gaz à condensation à haut rendement et une ventilation mécanique optimisée, le tout piloté par une Gestion Technique du Bâtiment (GTB) ergonomique. Enfin, la santé des occupants a fait l’objet d’une attention stricte à travers une méthodologie rigoureuse de confinement et de désamiantage, tandis que les aménagements extérieurs ont intégré la préservation des écosystèmes existants, notamment la mare écologique du site.
4. Usages / Fonctionnalités
Le projet a placé le confort des collégiens et du personnel de l’établissement au centre de ses préoccupations spatiales. L’optimisation du confort thermique d’été et de la qualité lumineuse a fait l’objet de simulations numériques dynamiques (STD) et d’études du Facteur de Lumière du Jour (FLJ), conduisant à l’implantation de protections solaires passives individualisées (casquettes en aluminium) sur les façades les plus exposées. À l’intérieur, la qualité d’usage s’est traduite par une signalétique chromatique intuitive dans les circulations et par l’utilisation de tasseaux de bois ajourés associés à des feutres acoustiques pour garantir un grand confort sonore dans les espaces partagés comme la restauration, le foyer ou la salle de musique. La réhabilitation intérieure du collège a permis une réorganisation des flux et des secteurs d’enseignement pour un usage approprié facilitant le repérage et la surveillance. Un patio central est réorganisé pour créer un lieu événementiel.
La mobilité et l’accessibilité universelle ont été intégrées de façon fluide grâce à la mise aux normes PMR de l’ensemble des pôles (administration, enseignement, loge) et à la création d’un nouveau local vélos sécurisé et visible depuis l’accueil. L’entretien et la maintenance ont été anticipés dès la conception pour simplifier la vie de l’exploitant : des garde-corps périphériques continus ont sécurisé les toitures et des escaliers extérieurs dédiés ont permis d’accéder directement aux locaux techniques sans traverser les zones d’enseignement. Enfin, le lien avec les usagers et la continuité de service public ont été préservés grâce à une planification minutieuse en six phases, qui a limité les interventions bruyantes aux périodes de vacances scolaires et a permis une réhabilitation pièce par pièce sans interruption de l’activité pédagogique.


Informations complémentaires :
Type de marché : concours – réalisation en loi MOP

Bureau(x) d’études : EGIS Bâtiments centre-Ouest, BEGC, ACOUSTIBEL
Photographe : Simon GUESDON