Bibliothèque Municipale

8 rue Anne de Bretagne, 44360 Vigneux-de-Bretagne

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À Vigneux-de-Bretagne, dans le bourg de La Paquelais, la bibliothèque municipale occupait initialement une pièce unique d’une cinquantaine de mètres carrés, en annexe d’un ancien équipement périscolaire. Animée par l’amicale laïque et une équipe de bénévoles, elle se trouvait à l’étroit, tandis que les espaces attenants, progressivement libérés, restaient vacants.

La commande formulée par la commune relevait d’une logique d’ajustement : étendre la surface, mettre aux normes, améliorer le fonctionnement. Toutefois, dès les premiers échanges, une autre lecture du lieu s’est imposée.

Le projet s’est construit dans un dialogue étroit entre maîtrise d’ouvrage, bénévoles et maîtrise d’œuvre. Au-delà des besoins exprimés, les échanges ont révélé un attachement au bâtiment, pourtant simple dans son écriture architecturale, et une attention portée à ce qu’il pouvait déjà contenir. Cette convergence a progressivement élargi l’ambition du projet : ne pas seulement adapter un équipement, mais engager une transformation attentive, à partir de ses qualités existantes.

Le cadre économique étant très contraint, le projet s’inscrit dans une logique d’économie de moyens et de valorisation de l’existant. Ici, le bâtiment constitue la première ressource du projet. Les interventions se concentrent sur l’intérieur, en privilégiant des interventions de retrait plutôt que d’ajout. Les strates accumulées — faux plafonds, doublages, revêtements — sont déposées pour révéler une charpente bois traditionnelle et des murs en pierre jusque-là masqués. Cette mise à nu, engagée en concertation avec les acteurs du projet, redonne au lieu une épaisseur matérielle et une amplitude spatiale, sans transformation de l’enveloppe.

Cette économie de moyens s’accompagne d’une attention portée aux matériaux et à leur mise en œuvre. Le projet privilégie des solutions issues de filières biosourcées, notamment à travers l’emploi d’un sol en fibre de lin et d’un plafond constitué de panneaux en fibre de bois participant à la fois à l’ambiance et au confort acoustique. L’isolation de la toiture est renforcée afin d’améliorer la performance énergétique du bâtiment. Le système de chauffage, récemment remplacé avant l’intervention, est conservé, avec de simples adaptations ponctuelles, notamment le déplacement de certains radiateurs pour accompagner la nouvelle organisation des espaces.

Dans cette continuité, le réemploi du mobilier existant devient un principe actif du projet, complété ponctuellement par des éléments neufs dimensionnés au plus juste. À l’échelle du chantier, cette approche a également favorisé le recours à des entreprises locales, dont certaines implantées sur la commune, prolongeant ainsi la logique de ressource à l’échelle du territoire.

L’organisation spatiale s’appuie sur les usages et leurs évolutions possibles. La bibliothèque est pensée comme un lieu traversé par des pratiques diverses — consultation rapide, lecture, travail, accueil de groupes — sans cloisonnement rigide. Un grand volume central, rendu lisible par la dépose des plafonds, structure l’ensemble.

La mise en accessibilité constitue un élément structurant du projet. Les espaces existants présentaient des différences de niveaux entre l’ancienne bibliothèque et les surfaces libérées. Une rampe est ainsi mise en place pour effacer une marche isolée, accompagnée d’un mobilier sur mesure en bois. Ce dispositif assure simultanément plusieurs fonctions : sécurité des usagers, continuité des parcours, mais aussi support d’usages — assises, postes de consultation, rangements — et délimitation d’un espace pouvant accueillir des temps collectifs ou événementiels. Il permet de maintenir une continuité spatiale tout en proposant des situations différenciées.

Cette logique se prolonge dans le traitement des éléments techniques et des espaces de service. Un sanitaire accessible est créé sous l’escalier, à partir d’un recloisonnement qui intègre un bloc technique plus large. Celui-ci regroupe les fonctions nécessaires au fonctionnement de l’équipement : mise en accessibilité des sanitaires, intégration d’un monte-charge reliant les niveaux, et création d’un local ménage au rez-de-chaussée. Le dessin en courbe de ce cloisonnement accompagne les circulations, invite à la déambulation et participe à une partition souple entre les espaces enfance, jeunesse et les accès réservés aux bénévoles à l’étage.

Une banque d’accueil sur mesure est également intégrée au projet. Elle regroupe les fonctions nécessaires aux bénévoles — gestion des prêts, outils informatiques, rangements — tout en prenant en compte les exigences d’accessibilité. À proximité, un espace de tisannerie est aménagé, offrant un lieu de convivialité partagé entre bénévoles et usagers.

Les niveaux supérieurs, jusque-là peu exploités, retrouvent une fonction logistique et d’atelier. L’intégration d’un monte-charge accompagne cet usage et participe à l’amélioration des conditions de travail des bénévoles, au cœur du fonctionnement quotidien de l’équipement.

L’intervention s’attache ainsi à mettre en cohérence ce qui est déjà là, en limitant les apports et en clarifiant les usages. La matérialité existante — bois, pierre — est prolongée par des interventions sobres, cherchant une continuité plutôt qu’un contraste. Une signalétique discrète accompagne les parcours, dans une logique d’accessibilité et de lisibilité partagée.

Sans transformation visible de son enveloppe, la bibliothèque se redéfinit par l’intérieur, à partir de ses ressources propres et des usages qu’elle accueille. Le projet affirme ainsi une posture : faire avec ce qui est déjà là, révéler plutôt qu’ajouter, et inscrire la transformation dans une continuité matérielle, spatiale et d’usages. L’équipement trouve un nouvel équilibre, à la fois discret et structurant, entre transformation des espaces, adaptation aux pratiques et attention portée aux ressources mobilisées.


Informations complémentaires :
MAPA

Photographe : Charles Bouchaïb

La Jamétrie

La Jamétrie, 44360 Vigneux-de-Bretagne

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Programme

Transformation d’un bâtiment agricole en logement

Concepteurs

  • Figura

Commune

  • Vigneux-de-Bretagne

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Maîtrise d'ouvrage privée

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2023

Surface(s)

76m2

Coûts

140 000€HT clos couvert

Documents

Le projet prend place dans un hameau en périphérie de la métropole nantaise. Au milieu des champs, le projet se situe au coeur d’un ancien site de production agricole, dont les bâtiments ont progressivement muté d’un usage productif, à celui de logements.

En second rideau d’une parcelle privée, un bâtiment agricole du XIXème siècle est transformé en logement. En vue d’augmenter le volume habitable sont projetées une surélévation et une extension du bâti.

Nous recensons les artefacts présents sur le bâtiment existant, les conservons, les ré-interprétons, afin que la construction contemporaine conserve l’âme de l’ancien, reprenant ses caractéristiques : linteau en granit, ouvrants posés en feuillure, non-alignement des ouvertures, gabarits d’ouvertures libres, débords de chevrons, couverture en ardoises naturelles, enduit chaux-sable contretypant la teinte des jointoiements du moellons existant.

Ce projet s’emploie à révéler les qualités d’un existant, rapportant à son architecture une ossature hybride bois/béton, support de nouveaux usages et travaillant le séquençage des vues sur un jardin domestique partagé et sur le paysage productif environnant.


Bureau(x) d’études : Sisba
Photographe : Anne-Claire Héraud

Belle des Champs

Privée, 44360 Vigneux-de-Bretagne

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Programme

transformation d’un domaine agricole en un centre de création artistique et thérapeutique

Concepteurs

  • studio bali

Commune

  • Vigneux-de-Bretagne

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Privée

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2024

Surface(s)

habitation : 208 m² SP rénovationbâtiments annexes : 140 m² SP rénovation

Coûts

725.000 € HT rénovation25.000 € HT VRD

Documents

Aux portes de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, parmi le bocage préservé, un couple de thérapeutes acquiert un magnifique terrain agricole de près de 4 hectares. Cet écrin de prairies humides, bordé de haies boisées et de ruisseaux, se prête à l’accueil d’activités artistiques en pleine nature.
Le bâtiment principal, communément dénommé « la maison », conserve un usage d’habitation privée, tandis que les bâtiments annexes sont consacrés à l’accueil du public. Ainsi, « le hangar » devient une salle d’activités multiples et « l’appentis » attenant est transformé en vestiaires.
À l’origine, l’ensemble des constructions tournent le dos au paysage. La réhabilitation commence donc par un important travail de restructuration, de couture et de connexion aux extérieurs. Des ouvertures magistrales sont créées pour bénéficier de vues lointaines et donner à lire la nouvelle identité des bâtiments.
Raison d’être du lieu, le soin de la nature et des personnes guide tous les aspects du projet architectural.
Les bâtiments sont rénovés dans l’emprise existante avec une importante amélioration de leurs performances thermiques, grâce à une réfection sérieuse des enveloppes (dalles, murs, toitures) et un remplacement des menuiseries extérieures.

Du côté de l’habitation, l’escalier est déplacé sur deux niveaux, de la périphérie vers le cœur. Le rez-de-chaussée devient un grand espace de vie libre, organisé autour d’un noyau fonctionnel (pièces d’eau, escalier, poêle à bois) et encadré par un épais linéaire d’agencement en périphérie. Les grandes baies procurent un sentiment d’immersion dans le paysage, que renforce l’usage de matières naturelles chaleureuses : pierre, bois, tomettes, terre crue…
Le chantier terre crue comprend les travaux de prélèvement (dans une ferme voisine) et de transformation de la matière, dans une volonté de rendre visible le processus de fabrication et de renouer avec un acte de construire conscient, raisonné, vivant.
Le dernier niveau de combles est isolé pour accueillir des chambres supplémentaires surmontées d’une mezzanine. Le palier en double hauteur est éclairé par une lucarne géante, en balcon sur le paysage, structurée autour de la ferme centrale existante. Les pièces de charpente remplacées (épicéa) sont laissées brutes et les pièces conservées sont peintes de la même teinte que les murs et plafonds, de manière à lire les différentes strates d’intervention.

Dans le même esprit, la façade longue du hangar transformée en façade rideau offre une vue panoramique sur le paysage grandiose.
Laissé libre, le généreux volume intérieur existant est traité avec des matériaux nobles : parquet massif, parement et mobilier bois, textiles tendus.
La création de cet équipement va de pair avec la réfection d’un appentis attenant, qui propose deux espaces de vestiaire en adéquation avec les saisons : un vestiaire d’hiver, hors d’eau, hors d’air et isolé, posé sur une dalle en chaux-pouzzolane, et un vestiaire d’été, hors d’eau et ventilé naturellement.
Le hangar et l’appentis sont reliés par une large plateforme en caillebotis métallique, elle-même protégée par les débords de toiture qui caractérisent les silhouettes des bâtiments rénovés.
L’ensemble est revêtu de planches de bois brutes qui sont prélevées dans les forêts locales par la Coopérative Bocagère, filière bois locale.

Au-delà du projet architectural, ce chantier a permis de mettre en lien des acteur·ices du territoire engagé·es sur la question de la ressource (bois, terre, paille) et de renforcer la structuration des filières locales, par l’organisation de rencontres et visites en forêt.


Bureau(x) d’études : ACS Chantal (structure), Aireo Energies (fluides)
Photographe : Gaëtan Chevrier, Laura Severi, studio bali, Hervé Cariou

Halle et aménagements urbains

Rue du Miron, 44360 Vigneux-de-Bretagne

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Programme

Création d’une halle polyvalente et aménagement de ses abords

Concepteurs

  • MUR Architectes

Commune

  • Vigneux-de-Bretagne

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Mairie de Vigneux de Bretagne / Loire Atlantique Développement

Thèmes

  • Aménagement
  • Architecture

Année de réalisation

2025

Surface(s)

4 850 m² d’espaces publics dont 600 m² de halle

Coûts

688 000€ HT (2025)

Documents

Dans un contexte de forte attractivité résidentielle, de sobriété foncière (renouvellement urbain) et de revitalisation du cœur de ville (AMI Centre-bourg), Vigneux-de-Bretagne souhaite poursuivre la réflexion urbaine sur le site du Miron, entamée dans le cadre de l’élaboration du PLUi en 2019 (OAP sectorielle et thématique).

Il s’agit du renouvellement urbain d’une friche commerciale en plein cœur de bourg, à deux pas de l’église. En lieu et place d’un ancien supermarché, 30 logements, des cellules commerciales, une halle publique et de nouveaux espaces publics composent le programme mixte de cette opération de moins d’un hectare.

Dans ce cadre, nous avons réalisé la halle qui s’implante sur l’étendue la plus plane du terrain, le long de la rue du Val-de-Gesvres. Occultée à l’est, elle reste ouverte sur les autres points cardinaux permettant à cet espace de se déployer sur son environnement proche et d’offrir une perméabilité d’usage. Notre volonté était de proposer une surface rationnelle et accueillante.

De par sa structure, la halle mêle la finesse du métal et la chaleur du bois, marquée par sa charpente en mouvement. La couverture est percée de généreux puits de lumière octroyant un éclairage naturel ainsi qu’une échappée visuelle vers le ciel. Le volume est accentué par une succession simple et symétrique de toitures à deux versants.

Les points d’ancrage au sol de cet ouvrage sont décalés à l’axe de chacune des travées afin de dégager les extrémités. De ce fait, ces files porteuses latérales libèrent ce vaste espace à destination du marché des commerçants, mais offrent également de larges possibilités d’appropriation pour la commune et ses habitants.

Le paysage ainsi reconstitué, intégrant la préservation des arbres existants, se prolonge par une plantation généreuse de nouveaux végétaux. Une attention particulière est portée à l’infiltration naturelle des eaux pluviales, notamment grâce à l’utilisation de pavés drainants en coquillages. Les eaux de toiture sont quant à elles récupérées dans des réservoirs, permettant un usage raisonné de l’eau pour l’entretien, le nettoyage et l’arrosage.


Bureau(x) d’études : Città up (urbanisme / paysage) ; TUGEC (VRD) ; ECMS (économie) ; BETREC (structure) ; ISOCRATE (fluides)
Photographe : François Dantart