Extension patinoire du Petit Port

Bd du Petit Port, 44000 Nantes

4

Programme

Le projet porte sur l’extension de tribunes dans le complexe multisports du Petit Port et sur la création d’un espace multi-activités en extension sur les locaux. Les contraintes techniques, réglementaires et de mise en œuvre sont très fortes. Le chantier est réalisé en site occupé avec une date livraison contrainte par reprise championnat.

Concepteurs

  • FAU Fouquet architecture urbanisme ( mandataire )

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Nantes Gestion Equipement

Thèmes

  • Architecture

Année de réalisation

2025

Surface(s)

1200 m2 dont 600 m2 extension

Coûts

1 319 000 € HT

Documents

Trou de souris et bibendum

Ce projet répond aux besoins du club de hockey sur glace qui évolue en ligue 1, le Nagh. Il s’agit de développer son offre publique avec une salle convivialité et une augmentation du nombre de sièges en tribune. La nouvelle tribune s’installe au-dessus et au droit des vestiaires, la salle de convivialité au-dessus de la terrasse extérieure de ces vestiaires.

Ce projet d’extension et réhabilitation comprend :
– la création d’une tribune fixe de 209 places supplémentaires dans l’emprise de la halle existante, en face de la tribune actuelle
– Une extension en toiture de l’actuel bâtiment des vestiaires sur le chemin de la Censive du Tertre, abritant un espace convivialité, 2 terrasses couvertes et un bloc sanitaire
– la réhabilitation des vestiaires existants au rdc et leur mise aux normes
Le projet d’extension prend place uniquement en toiture des vestiaires et ne modifie pas le terrain actuel. L’extension nécessite la mise en œuvre d’une nouvelle structure indépendante, les charges ajoutées ne pouvant reposer sur la construction existante pour des raisons de règlementation sismiques. Une structure bois composée de portiques posés sur micropieux est créée pour porter le volume en extension, implantés contre le mur de façade courbe des vestiaires en RDC, dans l’emprise des actuelles jardinières et de l’emprise foncière.
La nouvelle tribune s’installe dans le volume, au droit des vestiaires. Elle est également composée d’une structure indépendante de l’existant pour répondre aux règles sismiques. Les micro-pieux traversent la dalle existante et le vide sanitaire afin d’assurer la descente de charges et la stabilité de l’ouvrage.
Les portiques, éléments de structure en contact avec l’existant sont posés sur appuis glissants afin que les deux structures, le gradin et l’extension, soient indépendantes au plan sismique.
Compte tenu des contraintes d’insertion dans l’existant, fonction des enjeux sismiques, des contraintes dimensionnelles de l’existant (passages sous poutres) qu’il faut ne pas modifier pour ne pas avoir à justifier l’ensemble de la structure aux Eurocodes actuels et enfin des contraintes de planning chantier, l’intervention sur les ouvertures en façade était limité à une période de déglaçage et remise en glace de la patinoire de deux mois, ce projet revenait d’une certaine manière à faire rentrer des ronds dans des carrés pour atteindre le but recherché.
Le nombre de sièges à créer en tribune était déterminé par les dimensions des existants en longueur et profondeur, les règles sécurité incendie, les conditions de vue sur le terrain. Le projet optimise le nombre de places (209). La surface de la salle de convivialité était quant à elle dimensionnée par le programme. Cette dernière était très en deçà de la surface de toit terrasse existante, et trop peite relativement à l’échelle de l’équipement. Le risque d’un volume sur rue sous-dimensionné nécessitait un travail sur l’échelle de l’enveloppe.
Si, pour la tribune et les inscriptions dans l’existant, il a fallu passer dans un trou de souris, à l’inverse, pour l’extension, il a fallu survitaminer le volume, à l’instar des protections des hockeyeurs dont les volumes des protections gonflent étrangement les corps des joueurs.

Commande et Moa
Le projet aura été l’occasion pour NGE et Fau, avec l’ensemble de la Moe, de construire une relation de confiance. Le contexte était particulièrement sensible pour deux raisons. Le projet était suivi par la ville de Nantes et la Métropole du fait de l’engagement des collectivités auprès du club, le Nagh. Pour ce dernier, la réalisation du projet dans les temps conditionnait son équilibre économique et sa place en Division 1.
Pour Nge la livraison était donc attendu pour le mois de novembre 2025, par le club, mais aussi par les associations et les usages de loisirs.
Une partie de travail de projet aura été de composer dans la durée avec la diversité des attentes et des contraintes. Aussi, Moa et Moe ont développé une forte relation partenariale sur la durée de la mission, études et chantier, sans jamais perdre de vue les enjeux qualitatifs du projet. Chacun ayant bien en tête que la qualité de la réception par les utilisateurs était également un enjeu. La conduite de projet a été saluée par la Ville et la Métropole de Nantes, le résultat par les utilisateurs, et le club.
Environnement
Le projet développe les enjeux de la robustesse développée par O Hamant : une amélioration des conditions d’habitabilité au plan individuel et collective, et reliée aux enjeux environnementaux du nouveau régime climatique.
Un premier point est de composer au plus juste, et au plus près, avec les existants. Le travail de lecture de l’existant, volumes, structures et règles de sécurité, gestion des fluides… a permis d’identifier les conditions d’intervention les plus justes, notamment en minimisant les interventions sur les structures existantes. Les marges de préservation se jouant par endroit à 2 ou 3cm près. Pour Fau, réhabiliter, rénover c’est d’abord explorer la stratégie de valorisation de l’existant afin d’économiser les ressources.
Le second est de réaliser une extension en bois, mettant en valeur la capacité du bois à répondre aux enjeux d’extension d’un projet dont la charpente initiale, des années 1970 est aussi en bois. Le déploiement à l’extérieur de la charpente bois est le juste prolongement de l’existant et l’affirmation d’une matérialité à moindre impact carbone fonction des contraintes fortes du contexte de projet. Cette matérialité se développe dans la salle de convivialité, dans les terrasses attenantes, les parements. Avant cette dimension du visible il y a le principe de robustesse qui se traduit ici par des composants simples, accessibles et finalement démontables ou modifiables si demain l’équipement devait disparaître ou changer de destination.
Le troisième tient d’une part au développement de locaux complétant le programme initial et développant des potentialités d’usages non déterminés, terrasses couvertes notamment. On ne peut concevoir les enjeux environnementaux indépendamment des conditions d’usages, de propositions socio-spatiales. Cet enjeu d’usage s’articulant ici avec un enjeu de langage architectural et de son partage.

Usage
Le projet comporte trois registres. La rénovation partielle des vestiaires existants et l’adaptation des flux du fait de la réorganisation induite par la création de la nouvelle tribune et de la salle convivialité. La création d’une tribune parfaitement accessible et créant une relation de qualité à l’aire de jeu, une optimisation des conditions de visualisation des pratiques. La création de lieux de convivialité.
Le premier consiste en intervention de rafraichissement et de mise aux normes, notamment incendie.
Le second est un travail de calage très précis afin de générer des conditions de visions du jeu optimales pour tous les usagers dans un contexte de fortes contraintes liées aux existants, aux règles de sécurité et aux normes sismiques. La pente du gradin, le positionnement des assises, composent avec une structure qui s’efface pour laisser libre la vision sur l’aire de jeu en tous points et notamment sur les buts ou le bord de l’aire de jeu. Un garde-corps en verre garantit cette vision. Une plateforme en haut du gradin permet de regarder le jeu également. Elle assure la transition avec la salle de convivialité qui est séparée du gradin par une paroi transparente et un sol continu.
La salle de convivialité bénéficie d’une vue sur l’aire de jeu et l’enceinte de la patinoire. Des tablettes s’installent sous poutre de manière à former une niche qui invite à visionner les parties. La salle de convivialité s’installe dans la charpente bois créée. Elle est ouverte sur la patinoire et se prolonge de part et d’autre par des terrasses qui proposent des usages en extérieur, augmentant ainsi le programme. C’est un des enjeux ici que de générer un potentiel d’usages indéterminés sur la base du programme initial.

Esthétique
Explorer le langage environnemental de l’architecture est un sujet central pour Fau. Explorer le langage c’est construire l’ouvert, relier sans assigner. Explorer le langage environnemental de l’architecture c’est rechercher quelles sont les formes d’expressions qui traduisent cette ère nouvelle et en devenir qui est notre condition. Le nouveau régime environnemental, ou climatique, est un monde fluctuant, incertain. Un monde plus hybride et pluriel que la totalité homogène de l’idéal moderne. En ce sens, le seul affichage de la matérialité écologique est une expression qui bien que nécessaire est incomplète car trop littérale. Elle doit être pluralisée par des liens multiples et peu hiérarchisées. Une polysémie, où vivre avec le trouble est plus urgent et constructif que l’expérience d’un ordre qui n’a jamais été. C’est ce que nous avons recherché.
L’écriture du projet veut construire un langage qui articule enjeux environnementaux, enjeux d’usages et enjeux de représentation de la destination du projet. Pour les tribunes l’enjeu est l’effacement de l’intervention au service de la vision du jeu. C’est une ligne simple, un monochrome gris qui accueille le gradin et les assises dans le volume existant.
Pour l’extension un premier enjeu est d’installer un volume dialoguant avec l’architecture existante et à l’échelle de celle-ci. Un second enjeu est de développer des liens et dialogues entre le lieu, le programme, sa destination.
Le projet s’installe sous un toit blanc qui prolonge les toits existants, dans largeur du toit principal, dans le prolongement des plis et crètes de la surface blanche.
La double courbure blanche côté rue est générée par la courbe existante, par les peintures de paysage aux toits organiques de Brueghel l’ancien. Manière d’organiser un dialogue entre rationalité de l’épure de la charpenterie et forme empirique du proche en proche. La courbe répond aux platanes proches, le bois tracé au bois courbé. A terme la surface servira d’écran pour projeter images ou scores des matchs de hockey. Ce grand toit blanc opalescent augmente la volume intérieur et abrite les terrasses extérieures, tout en orientant la vue vers l’intérieur du gymnase. Le pli et la structure de la charpente, la répétition des travées bois, évoquent une nef inversée. Un navire pour les corsaires ? En tout état de cause, on souhaite bon vent à cette équipe : Favet Neptunus Eunti.
L’écriture est à la croisée du narratif et de l’abstrait, elle est parlante et silencieuse, elle est volonté d’expression et résultante d’un donné simplement prolongé. La structure est rigoureuse, et il fallait l’être pour passer au centimètre près, en même temps que la double courbure est difforme, un gonflement sans autre raison que d’être cela, un jeu avec la forme, pour le plaisir du jeu.


Bureau(x) d’études : Bollinger & Grohmann (structure), Aréa études Nantes (fluides), CMB (économiste &Opc), ITAC (acoustique)
Photographe : Philippe Ruault

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