Aménagement du parc de la Rive d’Estuaire

Avenue St Hubert, 44600 Saint-Nazaire

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Programme

La Ville de Saint-Nazaire souhaite révéler la présence et la puissance de la Loire, poursuivre le réaménagement de la promenade du front de mer jusqu’au Petit Maroc, aménager un nouvel espace public majeur et fédérateur, avec de nouveaux usages récréatifs et conviviaux, sur la rive de l’estuaire de la Loire. Le Grand Port Maritime dispose d’un foncier stratégique sur l’avant-port de Saint-Nazaire, situé sur le Petit Maroc. Son ambition est de valoriser le patrimoine bâti et paysager de ce site au potentiel exceptionnel, de le rendre plus attractif pour les habitants, usagers et visiteurs et d’ouvrir de nouvelles perspectives vers la Loire, dans le prolongement du front de mer. La Ville de Saint-Nazaire et le Grand Port Maritime de Nantes Saint-Nazaire se sont associés pour imaginer et concevoir ensemble ce vaste projet de requalification des espaces publics du Petit Maroc. Ils ont décidé de missionner une équipe de concepteurs afin de réaliser un plan-guide commun puis de disposer d’un maître d’œuvre unique pour l’étude et la réalisation des différents espaces publics du Petit Maroc, dont le parc cœur d’Estuaire, imaginé comme aboutissement du Front de Mer côté Loire, à l’instar de la plage de Villès-Martin côté Sud.

Concepteurs

  • PHYTOLAB- paysagistes (mandataire)
  • Studio Vicarini (concepteur lumière)

Commune

  • Saint-Nazaire

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Ville de Saint-Nazaire et Grand Port Maritime de Nantes Saint-Nazaire

Thèmes

  • Aménagement

Année de réalisation

2025

Surface(s)

1.8 ha

Coûts

• Lot 1 : terrassement, assainissement, revêtements et réseau dragage CHARIER – 1 184 704€HT • Lot 2 : réseau et mobilier éclairage BOUYGUES – 338 638€HT • Lot 3 : aménagements paysagers et mobiliers EFFIVERT – 544 202€HT

Documents

1. Commande Moa / Moe

En 2023, la ville de Saint-Nazaire et le Grand Port Maritime de Nantes Saint-Nazaire souhaitent mettre en valeur leur territoire commun de l’île du Petit Maroc. Grande surface libre avec des atouts indéniables, le Petit Maroc apparaît (à l’exception du Rocher) comme délaissé et renvoie, au quotidien, une image de site à l’abandon : espaces publics intégralement revêtus en enrobés, usages indéfinis, vastitude des lieux, déconnection à la fois du centre-ville, de l’océan, de la Loire et du port, etc.
Notre équipe de maîtrise d’œuvre multidisciplinaire est retenue dans le cadre d’un appel d’offre pour un accord-cadre. Ainsi, en plus de Phytolab mandataire du groupement, l’équipe se compose d’Artelia (bureau d’études techniques), du Studio Vicarini (concepteur lumière), d’Interland (Architectes urbanistes), de l’Atelier Mima (Architectes) et de BOC (programmiste).
Partenaires de longue date, les membres de l’équipe ont l’habitude de travailler ensemble, et par ailleurs, le territoire nazairien est pour certains d’entre eux un lieu plusieurs fois traversé, éprouvé. Ainsi, Phytolab a déjà travaillé à plusieurs reprises pour la ville de Saint-Nazaire. Et cette connaissance du terrain facilite les échanges avec les interlocuteurs techniques ou les élus, rencontrés à de nombreuses reprises au travers de comités techniques, de comités de pilotage, de réunions sur site qui ont permis de collecter toutes informations pour produire une carte à l’image du site.

2. Intégration / esthétique

Contexte
Pour le visiteur pressé, le Petit Maroc ne présente a priori que peu d’intérêt, si ce n’est le stationnement sur les grandes surfaces d’enrobé.
Pourtant le « Rocher » est le point de départ de toute l’histoire de Saint-Nazaire. Il est une ancienne presqu’île où s’édifièrent les premières habitations. Il est le premier port de la ville, abrité par le Môle terminé en 1835. Il est modelé au fil des siècles, remblayé au Nord et à l’Est, séparé du continent en 1907 lors de la création de l’écluse Sud. Et il est détruit, comme le reste de la ville, durant la Seconde Guerre Mondiale. C’est un lieu de profondes mutations, plus connu aujourd’hui sous le nom de Petit Maroc.
Le Petit Maroc est une destination pour le travail certes, un port industriel, mais également un lieu de promenade comme le montrent les anciennes cartes postales avec le jardin de l’entrepôt ou encore la grande estacade. Mais ce qui fait de lui un site vraiment unique est que cette tradition a perduré et qu’aujourd’hui encore il reste un lieu d’événements et un fabuleux belvédère : mise à l’eau de Paquebot comme le France, ou plus récemment le plus grand voilier du monde l’Orient Express Corinthian, ou encore le Festival des Escales.
Et il change encore. Il absorbe les époques grâce à sa grande plasticité. C’est un lieu d’histoire à la géographie unique qu’il s’agit de replacer au cœur de la vi(ll)e.
Le parc de la rive d’estuaire est également un lieu de mémoire et de commémoration. Le site présente un belvédère sur l’œuvre de l’artiste réunionnais et malgache Jean-Claude Mayo et qui commémore l’abolition de l’esclavage (installée depuis 1989). Par ailleurs, le site du Petit Maroc a été aux premières loges de l’opération Chariot (27 mars 1942), opération britannique qui visait à rendre inutilisable certains équipements dont la forme Jobert. Tous les ans, des cérémonies s’y déroulent et différents totems disposés dans le parc retracent les événements. Enfin, dernier point, l’écomusée ainsi que l’Espadon, sous-marin que l’on peut visiter, complètent ce tableau patrimonial.
Intentions du projet
Dans le cadre de la mission de maîtrise d’œuvre, après avoir édité un plan guide sur l’ensemble du Petit Maroc, un des secteurs a pu être identifié, celui de la façade Est le long de la rive d’estuaire. Le projet porte en lui le premier geste de préfiguration et s’inscrit dans le réseau d’espaces publics de la ville de Saint-Nazaire. Il est pensé comme l’aboutissement du Front de Mer côté Loire, à l’instar de la plage de Villès-Martin côté Sud. La transformation de cette partie du plateau du Petit Maroc a immédiatement été imaginée en parc par la ville de Saint-Nazaire permettant ainsi de révéler la dimension de loisirs qui parcourt ce site depuis le XIXème siècle.
Hier l’emprise du site était consommée par un parking dont l’usage initial s’était drastiquement réduit suite à l’arrivée du pont de Saint-Nazaire. Les revêtements étaient aux mieux désuets, aux pires impraticables car soulevés par les racines des pins (une largeur considérable de l’avenue de Saint-Hubert ainsi que de nombreuses places de stationnement étaient neutralisées). Le large dalot du réseau de dragage du Grand Port ne permettait pas une promenade adaptée à tous les publics le long de la rive car les grandes dalles béton qui le recouvraient, étaient cassées et plus ou moins soulevées les unes par rapport aux autres.
Mais le potentiel était considérable et la vue extraordinaire.
Le patrimoine arboré donnait une ossature à ce grand terrain vague et, dans sa partie Nord, un air de bout du monde très agréable. Le site accueille une grande Halle possédant une belle charpente et un terrain de basket. Les deux équipements sont d’ailleurs maintenus dans le cadre des réaménagements.
Aux abords du vieux Môle, de belles pierres de bord à quai apportent une qualité inestimable en même temps qu’une rudesse propre à ces lieux.
Le parc a pour ambition d’offrir un nouveau lieu pour les Nazairiens mais également de d’être en mesure d’accueillir les grands événements comme le Festival des Escales, de permettre l’exploitation du Grand Port.
Composition du parc
La composition du parc de la Rive d’estuaire est le jeu de lignes simples, tendues. Les matériaux font parfois écho à la promenade du front de mer, et parfois sont ancrées dans le site du Petit Maroc. C’est un lieu de métissage entre la ville et le port.
La promenade en béton lisse, et dédiée aux piétons, se développe depuis le vieux Môle jusqu’à l’écomusée et permet de profiter de la vue sur mer et des marqueurs du paysage de l’estuaire avec le pont de Saint-Nazaire, le port industriel, la côte brévinoise et bien sûr le Môle et son phare iconique. Quelques équipements ponctuent la promenade côté parc, tout en s’attachant à rester dans une grande sobriété : grandes tables de pique-nique, bancs filants et bornes d’éclairage.
Le parc est traité en modelés légers à modérés afin de démultiplier les points de vue et les jeux de cache-cache avec le grand paysage (et les parents) mais il y a aussi un grand terrain plat qui permet les jeux de balles. Un cheminement en dallage d’enrobé au travers du « vallon » offre une alternative à la promenade du bord de mer en se faufilant entre les dépressions et les buttes.
La plus grande butte (+3.80m par rapport au niveau fini) accueille un gradinage béton et devient un théâtre de verdure orienté vers le pont de Saint-Nazaire. Support d’animations du site, il permet l’organisation de spectacles pour les associations mais également pour le festival des Escales, ou encore de belvédère pour les mises à l’eau des bateaux des Chantiers de l’Atlantique.
Une allée centrale dont l’emprise s’appuie pour partie sur l’ancienne avenue de Saint-Hubert, est dédiée aux modes doux et les caniveaux en pavés granite d’hier retrouvent naturellement leur place dans le projet.

3. Usages / fonctionnalités

Accessibilité pour tous
Le parc Rive d’Estuaire, dédié aux modes doux et en particulier aux promeneurs, est naturellement limité en accès véhicule.
L’avenue St-Hubert est travaillée en impasse côté Nord tout en maintenant un accès aux stationnements existants de l’Ecomusée et en permettant le demi-tour pour les cars déposant les touristes pour les départs de croisières sur l’estuaire. Dans sa séquence au droit du parc, elle est dédiée aux modes doux et en particulier aux cycles. De nombreux supports sont ainsi disposés de part et d’autre de l’allée centrale. Cependant, l’accès à l’allée centrale est toujours possible pour les véhicules techniques autorisés. Par ailleurs, le projet a dû tenir compte des accès nécessaires pour les travaux de dragage du bassin de Saint-Nazaire par le Grand Port (le réseau a été entièrement repris au droit du parc), l’accès à la cale du vieux Môle (accès SNSM notamment), et l’accès car pour les départs croisières. Et enfin, un stationnement pour les véhicules légers a été ménagé au Nord du site (76 places environs + 6PMR).
Afin de permettre au plus grand nombre de profiter du nouveau parc, de nombreux bancs dont des bancs séniors sont répartis dans le site. Il a été fait le choix de mise en œuvre de revêtements roulants pour la promenade principale le long de l’estuaire (en béton dans la continuité des aménagements du front de mer) avec un bord à quai avec saignées pour une permettre une détection à la canne. Des grandes tables offrent des emplacements pour les fauteuils roulants. A noter que le site accueillera prochainement des sanitaires.

Equilibre entre espaces libres et équipements
Le parc doit permettre d’accueillir de grands événements et d’offrir des équipements tout au long de l’année. Ainsi, on y trouve des tables de pique-nique XXL, un théâtre de verdure pour Les Escales et événements portés par des associations ou la ville (borne foraine à disposition), un terrain de basket (existant avant le projet et accueillant des compétitions), trois terrains de pétanque, un terrain d’aventure, une grande emprise pour jeux de ballons (en complémentarité par rapport aux usages des écoles qui utilisent le plateau du Petit Maroc pour les séances d’EPS).
Des habitants et des usagers consultés
Des ateliers ont été réalisés durant les études afin de construire un projet partagé. Les habitants ont pu partager leur quotidien et soumettre des idées pour le futur parc. De plus, différents interlocuteurs du Grand Port ont été rencontrés pour des aspects techniques et programmatiques, de la capitainerie au pôle immobilier, du service responsable du dragage aux lamaneurs. Enfin, pour poursuivre cette démarche, le centre de formation SNSM ainsi que l’écomusée ont été consultés sur leurs fonctionnement et leur besoin.

Choix des revêtements, mobiliers et palette végétale
Lors des comités techniques, qui ont eu lieu à chacune des phases du projet, les détails ont été affinés afin de permettre une prise en main du site par les services techniques après le chantier la plus optimum possible. Du choix de l’essence du bois, à la palette végétale adaptée aux conditions de bord de mer et la gestion à terme des espaces verts, aux des ouvrages pour le nouveau raccordement du réseau de dragage. Les mobiliers standards ont été définis selon la charte de la ville (bancs, corbeilles, bornes foraines, supports vélos, potelets…) afin de simplifier l’entretien et les remplacements. Par ailleurs, la présence de l’équipe technique du Festival des Escales durant les études et surtout durant la phase chantier ont permis de réaliser des adaptations « en direct » pour encore plus d’efficience lors des événements qui seront organisés dans le parc.

4. Environnement / ressources
Réemploi
Un des objectifs du projet est la réutilisation des matériaux en place, soit parce que leur état est très satisfaisant – c’est le cas de l’enrobé sous la halle qui a été réalisé récemment – soit en les récupérant – c’est le cas des surfaces de parking qui ont été décroutées pour être réutiliser en dallage du cheminement du vallon. Les pavés des caniveaux ont également être récupérés pour venir cadrer l’allée centrale. Les bordures en granite ont été utilisées posées en dallage sous certains bancs et tables de pique-nique. Le reste a été mis à disposition pour un autre chantier sur le Petit Maroc. Les modelés du cœur du parc sont réalisés à partir des déblais pollués du site, ce qui a permis de réduire considérablement les exports vers les filières de tri. Et enfin, la terre végétale qui a été mise en place après amendement est issue de curage de fossé du territoire nazairien. Elle a été amendée avec du compost issue d’un centre situé à Pont-Château. Dernier point, des troncs tombés lors des tempêtes ont été scénographiés dans le parc et deviennent tantôt un parcours d’aventures, tantôt un banc sorti de contes fantastiques.

Santé
Offrir un nouveau parc aux Nazairiens participe à mailler le territoire de lieux plantés, d’esplanades vertes et apporte de nombreux bienfaits sur la santé mentale et physique des plus jeunes aux plus anciens. Ainsi, dès cet été, il sera désormais possible d’avaler les 4km entre la plage Villès-Martin et le parc de la Rive d’Estuaire dans un espace dédié, plantés de nombreux arbres et ponctués de plusieurs parcs, en vélo, en courant ou en marchant. On y retrouve également des lieux de convivialité avec les terrains de pétanques, le terrain de baskets ou encore les grandes tablées.

Gestion de l’eau
Le bilan de surfaces désimperméabilisées entre un parking et un parc est évidemment positif, ainsi on passe de 12% de surfaces perméables à 60%.
Mais c’est à grande échelle que ce projet prend tout son sens : les usages, qu’ils soient en lien avec l’exploitation du Grand Port ou celui des Escales demandent des surfaces minérales, du « tout carrossable », et l’émergence d’un parc dans ce type d’environnement fait exception. Il est le fruit d’échanges constructifs entre l’ensemble des interlocuteurs.


Informations complémentaires :
Marché subséquent relatif à l'accord-cadre de maîtrise d’œuvre urbaine pour l'aménagement du secteur du Petit Maroc
Projet financé par :
– département de Loire-Atlantique : 413 568 € HT
– fond vert :163 468 € HT
– contrat Pays de la Loire 2026 : 788 705 € HT
– fond de concours Saint-Nazaire agglomération – La Carene : 500 000 € HT

Bureau(x) d’études : Artelia bureau d'études techniques, Studio Vicarini concepteur lumière, Interland architectes urbanistes, Atelier Mima architectes, BOC programmiste

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