Les petites écuries de Mellinet, arts du feu et du faire

1-4 Square Mathurin Méheut, 44000 Nantes

70

Programme

Requalification des écuries de la zac Mellinet en centre d’artisanat d’art, d’enseignement, résidence d’artiste, galerie d’exposition

Concepteurs

  • LAUS architectes mandataire ; collectif VOUS architectes associé ; LA TERRE FERME paysagiste

Commune

  • Nantes

Maître(s) d'ouvrage(s)

  • Nantes Métropole Aménagement

Thèmes

  • Aménagement
  • Architecture

Année de réalisation

2025

Surface(s)

735 m² surface plancher réhabilitée2012 m² aménagement extérieur

Coûts

1 785 000 €HT

Documents

** Accueillir des artisans en cœur de ville **

Les petites écuries réunissent autour d’une cour intérieure ouverte au public, des ateliers des arts du feu, des salles d’enseignement, des résidences d’artistes, et une galerie d’exposition. En dialogue avec le quartier de la ZAC de Mellinet, ce lieu est propice à la flânerie, la création, la production.
Dans un contexte où la ville de Nantes cherche à réinjecter des activités artisanales en centre-ville, la renaissance des petites écuries passe par le faire et la transmission. Pour permettre la réalisation du projet, Il s’agissait d’une part d’assurer la venue des preneurs, et les conditions de leurs occupations. D’autre part d’adapter les lieux aux besoins des artisans mais aussi au voisinage résidentiel qui ne doit pas être gêné par leurs activités. Les architectes ont accompagné la maîtrise d’ouvrage dans le questionnement de la programmation, des modes d’exploitations, la recherche des artisans, puis les adaptations du projet aux exigences règlementaires et d’usages inhérentes à leurs activités. Cette conversation au long court (diagnostic, études et chantier) s’est tenue avec la ville de Nantes, Nantes Métropole Aménagement, les acteurs de la ZAC, l’école des beaux-arts, et les artisans.

** Requalifier pour inviter **

Autrefois fermées à la ville par un mur en moellons, les écuries de l’ancienne caserne Mellinet constituaient une enclave dans l’enclave. Le projet rend poreuse cette limite sans l’effacer, pour montrer ces nouveaux usages sur la ville. La cour traversée et le mur d’enceinte percé et restauré ménagent ainsi des points de vue et des entrées invitantes.
Pour allier l’ouverture au public d’un site d’intérêt patrimonial avec la découverte des artisanats du feu, des dispositifs spatiaux et paysagers instaurent une cohabitation sereine entre visiteurs et travail des artisans. La requalification propose de préserver l’esprit du lieu, tant dans l’intervention architecturale que paysagère, grâce au réemploi et à des actions douces sur l’existant. Si l’attitude générale est de lire les interventions (réparations, réutilisations, suppressions, ajouts, etc.), celles-ci sont arrangées de façon à ne pas immédiatement distinguer l’inchangé du changé, l’hérité du réorganisé. C’est aussi lié au fait que les parties modifiées prolongent les façons de faire originelles. Ce lissage qui n’en est finalement pas un, favorise le sentiment d’autorisation des utilisateurs dans leur appropriation des lieux, les encourage à réintervenir et fabriquer à leur manière.

** La durabilité par le soin **

Des éléments iconiques de l’ancienne caserne militaire sont réutilisés : les portails, grilles, et marquises en serrurerie sont rénovés et repeints. Un abreuvoir maçonné est transformé en bac planté d’herbes aromatiques. Des pavés granits sont réutilisés en maintien des terres et soubassements des bancs. Certains proviennent des écuries, d’autres de la déconstruction des bâtiments de la caserne Mellinet. Des plots en pierre qui servaient autrefois à attacher des chevaux sont replacés dans la cour en protection de zone plantées.
La nature du terrain ne permettant pas l’infiltration des eaux pluviales, des auges galva ont été rapportées en pied de chute d’eau pluviales pour retenir les eaux de toiture avant leur rejet dans les fils d’eau de la cour puis le réseau d’eau pluviale de la ZAC. Ces auges sont plantées, quelques-unes en eau élèvent des nénuphars.
Ainsi, certains ouvrages sont laissés en l’état ou réparés (sols pavés, murs maçonnés, toitures ardoises, certaines menuiseries bois) ; d’autres sont remplacés (menuiseries extérieures bois) ; d’autres encore mélangent existant et neuf (dauphins fontes et auges neufs en pied de descentes d’eaux pluviales existantes). Lorsque les bâtiments sont frangés pour permettre un fonctionnement en enfilade (des ateliers par exemple), cela se voit.
Dans des volumes intérieurs qui dosent aspect brut et interventions soignées, les stratégies de chauffage se règlent sur les occupations. Les parties non chauffées montrent leurs murs existants, accueillent parfois des boites neuves en ossature bois isolées (ce sont des espaces de travail chauffés et abrités des ateliers bruyants). Les parties chauffées sont isolées en béton de chanvre.
Le projet adopte volontairement une esthétique du réparé, de l’économie de moyens et matières. Il défend une durabilité par le soin.


Informations complémentaires :
procédure adaptée

Bureau(x) d’études : BETEM be tce ;ALHYANGE Socotec smart solution acousticien
Photographe : Théophile Trossat ; Vous ; Laus ; Nantes Métropole Aménagement (drone)

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